RSS
RSS
Les liens utiles

Règlement
Contexte
Intrigues
Annexes
Avatars
Divers Bottins
Personnages non jouables
Postes Vacants
Scenarios
Invités
Partenariats


 
AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Pensez à nous envoyer vos plans si vous en avez Wink
Nous avons besoin de monde dans les Îles de Fer, l'Orage et le Val ! Points à la clé !
MAJ le week end du 1/2 juillet Wink

Partagez | 
 

 [FB]"See our dreams all die" | pv.Ynis

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Le Soleil Noir
avatar
Le Soleil Noir
Valar Dohaeris
No foe may pass
Ft : Olivier Martinez
Messages : 859
Date d'inscription : 19/06/2016

MessageSujet: [FB]"See our dreams all die" | pv.Ynis   Dim 4 Juin - 18:31

"See our dreams all die"

An 297, Lune 12, Semaine 3



Ynis & Ryon

 
La forte odeur de l’encens se mêlait à celles des différents onguents et substances d’embaumement. Le parfum des bâtonnets que l’on faisait brûler tout à côté de la table de travail s’élevait en lourdes volutes qui restaient comme en suspens dans l’air de la pièce. Plongé dans l’obscurité, l’endroit était baigné d’une fraicheur certaine qui rappelait, s’il en était besoin, que l’Etranger avait une nouvelle fois frappé la Grâcedieu de son oeuvre. Immobile devant l’établi, la main du Soleil Noir tenait le linceul pâle qui couvrait pudiquement le petit corps. Ses yeux noir étaient baissés vers ce nouveau coup porté par le destin. Une profonde tristesse les animait, bien que son visage restait de marbre face au macabre spectacle qu’il s’imposait à lui-même. Ses doigts ornés de bagues se resserrèrent sur le tissus. L’enfant était belle. Son corps potelé n’avait rien à voir avec celui qu’arboraient ses deux frères, le jour de leur naissance. Son visage doux malgré la mort était déjà encadré de quelques boucles sombres. Elle semblait presque dormir. Longtemps il contempla cette enfant qui n’avait jamais vécu, et qui pourtant était bel et bien là, devant lui, inanimée. A quelques pas derrière l’héritier se tenait le mestre seul, ses aides avaient quitté la pièce pour laisser à l’Allyrion l’intimité que l’étiquette exigeait dans ce genre de moments. “Lady Ynis était enceinte de…” La voix presque timide à cet instant du vieux disciple de la citadelle fût presque immédiatement interrompu par le ton cinglant du dornien “Six mois. Presque sept.” Pressentant la colère naissante dans la voix basse du brun, le vieil homme essaya tant bien que mal de trouver la façon adequate de s’adresser à lui. Comme peu de gens à la Grâcedieu, le mestre faisait parti de ceux qui connaissait les colères du Soleil Noir, et jusqu’où elles pouvaient le porter. “Ser, il n’y a pas eu de symptômes. L’enfant est né sans vie.” Les mots de l’homme à la chevelure grisonnante ne sembla pas faire le faire réagir, alors que ses prunelles noires étaient toujours baissées vers le visage de cette fille perdue. “Lady Ynis a commencé à ressentir des douleurs. Tout a été très vite. Lorsque je l’ai accouchée, l’enfant était déjà morte.” Ce n’était pas la première fois que cela arrivait. Depuis les presques dix années que duraient leur mariage, les fausses-couches avaient été nombreuses, sans que l’on en trouve l’explication. La lady de la Grâcedieu, plus dévote que les septons, y avait vu la punition divine de son propre orgueil d’autrefois, lorsque de son fait, elle avait provoqué la fin d’une alliance prometteuse avec les Dayne. Si les Dieux leur avait accordé deux fils, leur constitution était fragile, leur santé délicate. Ils étaient trop jeunes pour que l’on puisse dire si l’un des deux survivrait jusqu’à devenir un jour Lord de la Grâcedieu. Le plus âgé n’avait que quatre ans, pourtant Ryon se questionnait d’ores et déjà sur ses capacités à suivre l’enseignement classique d’un écuyage auprès d’un chevalier. Ces interrogations qui portaient avant tout sur la pérennité de la Maison Allyrion, tous ceux qui habitaient le domaine se les étaient déjà posées en voyant les silhouette maigrichonnes des enfants souvent souffrants du couple qui règnerait un jour sur la Sang-Vert et le désert. “Où est-elle?” “Dans vos appartements Ser. Mais à cette heure-ci elle doit se reposer. Ser! C’est le milieu de la nuit. Ser Ryon!” Mais déjà la silhouette de l’Allyrion avait disparu dans l’encadrement de la porte, pour s’enfoncer dans les couloirs plongé à cette heure tardive dans un totale obscurité.
La chambre était plongée dans le silence. Au travers des fins voiles qui pendaient aux larges arches de pierre sculptée, la lumière de l’astre nocturne venait couvrir le décors d’un éclat pâle et bleuté. Les pas feutrés de l’Allyrion le menèrent jusqu’au pied du grand lit. Allongée sur les draps son épouse paraissait dormir, la semi-obscurité ne lui permettant pas d’affirmer si elle était, à ce moment là, plongée dans les limbes du sommeil. Même dans les ténèbres de la nuit, sa jeunesse lui parut frappante. Mais elle faisait preuve de tant d’aplomb, de sagesse aussi, qu’il en oubliait souvent qu’elle avait l’âge de son fils bâtard. A ses yeux pourtant, elle ne serait jamais une enfant. Toutes les épreuves qu’ils avaient traversé pour enfin donner la vie, elle les avait payé de sa jeunesse. Une jeunesse passée à faire face à la mort, une culpabilité qui était devenue le fardeau de l’héritier. Si prendre pour épouse une femme si jeune avait été une idée difficile à accepter pour l’homme à la vie déjà faîte qu’il était lors de leur mariage, il se rendait compte désormais qu’à ses côtés elle n’aurait jamais de jeunesse semblable à celle dont pouvait jouir les filles de Dorne. Au lieu de cela, elle luttait pour donner la vie, pour la Grâcedieu. Pour lui. Son regard à l’éclat sombre glissa sur la chevelure blonde qui s’écoulait en cascade sur les épaules dont la peau avait eut tôt fait de faire sienne l’or du soleil du désert. Le cuir des bottes de l’Allyrion était encore tapissé par endroit de la poussière de la route, de même que ses vêtements. Il avait chevauché sans s’arrêter depuis Lancehélion, pour être aux côtés de son aimée le plus vite qu’il lui fût possible, à défaut d’avoir été là pour cette épreuve plus terrible encore que les précédentes. Il portait sur lui l’odeur des chevaux et du désert. Ses cheveux tombaient en boucles ébènes sur ses yeux tout aussi sombres. Baissant la tête, il contourna le lit pour aller au chevet de la née-Ferboys. S’appuyant de sa main sur le matelas, lentement il s’assit tout à côté d’elle, son regard baissé vers son visage. Pendant quelques instant il demeura immobile, savourant simplement d’entendre la respiration délicate de son épouse. Il était pourtant loin d’être serein. Son coeur endurci par la guerre et par le temps était incapable de comprendre pleinement ce que pouvait ressentir la jeune femme, de cela il en était conscient. De même que sa nature sévère et mutique n’apportait pas le réconfort que certains avait déjà cherché auprès de lui. “Ynis.” Sa voix vint briser le silence de la nuit. La porte laissée entrouverte de la chambre laissa entendre les pleurs lointains d’un enfant. Ryon reconnu ceux de leur plus jeune fils, pour autant il ne se leva pas. Les enfants avaient été laissés aux soins de nourrices pour laisser à leur mère le repos dont elle avait besoin.



© DRACARYS


+Ryon Allyrion+
"aahh...une maison, trois enfants...et tellement de fenetres " - Morticia Addams

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Dorne
avatar
Dorne
Valar Dohaeris

Ft : Diane Kruger
Multi-Compte : Aelinor Connington
Messages : 67
Date d'inscription : 12/05/2017

MessageSujet: Re: [FB]"See our dreams all die" | pv.Ynis   Lun 5 Juin - 0:33

Lune 3, semaine 12 de l’an 297, Ynis Allyrion regardait ses fils jouer en silence. Doucement, elle caressait son ventre arrondi par une nouvelle grossesse. Une grossesse qui était prometteuse. Pour la troisième fois, la jeune femme n’avait pas perdu son futur enfant dans les tous premiers mois. Elle avait vu le mestre un peu plus tôt et tout semblait aller bien. C’était une belle journée, annonciatrice d’une future naissance. A 24 ans, la née Ferboys était sur le point de donner naissance pour la troisième fois. Alors son visage au teint hâlé par les doux rayons du soleil de dorne affichait un sourire serein. Sa suivante de toujours, lady Boiselau et sa nourrice étaient aussi présente. Elles veillaient avec elle sur ses fils.

Mais en fin de journée, lorsque la future mère se leva pour rejoindre ses appartements, une violente douleur dans le bas du ventre manqua de la faire chuter. Sa suivante la retint in extrémiste et avec l’aide de sa nourrice, elle fut conduite immédiatement dans leurs appartements. La douleur était insoutenable, lancinante. La mère serra les dents mais déjà de son front commençait à perler de la sueur. Allongée sur son lit, elle agrippa le bras de lady Boiselau et lui demanda d’aller chercher le mestre. Son regard inquiet chercha le visage rassurant de sa nourrice. Elle avait toujours été là. Elle l’avait toujours soutenue. Elle cherchait dans ses yeux une explication à son mal. Elle ne pouvait donner naissance maintenant. C’était trop tôt, trop tôt. Elle était enceinte de presque sept mois, mais c’était trop tôt. Et pourtant elle avait mal, si mal. Et ses enfants, qui s’occupaient de ses enfants. Une nouvelle contraction lui arracha un cri alors que le mestre faisait irruption dans la pièce. Elle attrapa les draps et ses doigts se resserrèrent dessus à s’en faire mal. Lorsque l’homme aux cheveux grisonnant tenta de lui toucher le ventre, la dornienne le fusilla du regard. Elle ne voulait pas qu’il la touche. Elle voulait que ce cauchemar s’arrête. Elle voulait que tout cela soit fini. Le mestre se recula et d’un simple regard échangé avec Lady Boiselau, cette dernière su immédiatement ce qu’elle avait à faire. C’était suffisamment urgent et grave pour que Ryon revienne de Lancehélion sur le champ. Il devait rentrer parce que cette fois, les complications avaient lieu bien tard dans la grossesse augmentant par là-même le risque de perdre la mère.  La nourrice caressa les cheveux de celle qui pouvait être sa fille et s’éclipsa. Ynis n’avait rien dit mais elle se doutait que la blonde se préoccupait tout autant de ses enfants vivants que de celui à venir.

Pendant plusieurs heures, personne ne fut autorisée à venir dans la chambre. Les cris de la mère déchirait parfois le silence qui avait enveloppé La Grâcedieu. Tous se demandaient comment cela allait se terminer. Et au bout de plusieurs heures, la délivrance enfin, ou comment vivre le pire cauchemar de sa jeune vie de mère. L’enfant était une fille, une fille et si Ynis laissa un magnifique sourire illuminer son doux visage, ne pas entendre les cris de son nourrisson la plongea dans une inquiétude mortelle. Pourquoi elle ne criait pas ? pourquoi était-elle aussi inerte ? Pourquoi le mestre ne lui donnait pas ? Pourquoi ? Pourquoi ? Ynis Allyrion tenta de se relever mais la main ferme d’un assistant l’obligea à se rallonger. La mine défaite, le mestre ne prononça pas un mot d’empressa de quitter les lieux emportant avec lui l’enfant morte. « Non ! Rendez-la-moi ! Rendez-la-moi ! Je veux l'avoir ! » hurla la mère qui venait de comprendre. Morte, elle n’avait jamais vécu. Elle venait de donner naissance à un enfant mort. C’était pire que tout, pire que les saignements d’avant. C’était pire que de ls perdre si jeune. Finalement, ses fausses couches des premiers mois, elle avait appris à les gérer, à vivre avec. Mais cette fois c’était différent, il y avait eu l’espoir. A plusieurs reprise, Ynis Allyrion laissa sa détresse envahir la pièce. Le mestre ne revenait pas et la presque mère qu’elle était, utilisait ses dernières forces pour tenter qu’on le lui amène sa fille qu’elle aimait déjà. Les larmes roulaient sur ses joues et à force de pleurs et de cris, épuisée, la fatigue l’emporta.

Elle n’entendit pas son époux passer le seuil de sa porte. Elle ne l’avait d’ailleurs pas entendu l’ouvrir. Ce ne fut que lorsqu’il lui parla qu’elle quitta le domaine du rêve et ouvrit un peu les yeux. Elle fuit rapidement le regard sombre de son époux. Elle avait honte, si honte d’avoir perdue cette enfant. C’était de sa faute, de sa faute. C’était elle qui les portait. Mais son corps refusait encore de la lasser être mère. Elle tourna légèrement la tête de l’autre côté. Surtout ne pas le regarder. Elle ne voulait pas lui montrer sa détresse de toute façon il ne pouvait comprendre. Personne ne pouvait comprendre. Elle se sentait si…vide à l’intérieur. C’était comme il lui manquait une partie de son être. « Perdue, encore… » Ynis Allyrion ne souffla que ces quelques mots qui avait un goût amer. Perdue, elle l’avait perdue, la blonde serra les poings avant de se mettre à se frapper le ventre. Elle se détestait pour cela. Et malgré le fait qu’elle ait dormi un peu, la culpabilité d’avoir perdue cette enfant était toujours aussi insoutenable. Elle se frappait, encore et encore. Elle n’avait qu’une seule idée, se faire mal, mal et encore mal parce que la douleur et la tristesse était trop grande. Parce que pour oublier qu’elle avait si mal intérieurement, elle voulait souffrir physiquement. C’était sa punition, sa propre punition. « Je n’ai pas su la protéger. Elle était si petite. » articula péniblement la dornienne entre deux sanglots. Elle avait failli en tant que mère, en tant qu’épouse. Elle ne pensait pas pouvoir encore plus souffrir après tout ce qu’elle avait enduré, elle avait eu tort de sous-estimé la mesquinerie des Sept. Pourtant elle n’était pas en faute, si ?


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Le Soleil Noir
avatar
Le Soleil Noir
Valar Dohaeris
No foe may pass
Ft : Olivier Martinez
Messages : 859
Date d'inscription : 19/06/2016

MessageSujet: Re: [FB]"See our dreams all die" | pv.Ynis   Lun 5 Juin - 18:14

"See our dreams all die"

An 297, Lune 12, Semaine 3



Ynis & Ryon

 
Assis sur le grand lit couvert de draps brodés, il attendit qu’elle se réveille. Le son de sa voix l’avait bel et bien sortie d’un sommeil que l’obscurité lui avait seulement permis de deviner. Mais aussitôt que les yeux aux prunelles azuréennes s’ouvrirent ils se détournèrent de lui. Son visage tout entier était tourné de sorte à éviter ce contact qu’il était venu chercher, bien qu’il se doutait d’une telle réaction de la part de son épouse. Aux premières paroles qu’elles prononça, Ryon ne répondit rien. Nous en aurons d’autres. Voilà ce qu’il lui avait répété tant de fois par le passé, mais qu’il ne lui disait pas aujourd’hui. Le matin était encore loin, pourtant dans la nuit il ne sut prononcer l’une de ces phrases réconfortantes et qui lui paraissaient si banales. Infection, hémorragie, non viable, le mestre avait à chaque exposé son avis sur les nombreuses fausses-couche de la lady, mais pas cette fois-ci. Et le drame s’en trouvait doté d’un terrible goût de fatalité. Etait-ce donc vrai? Etait-il possible que les Sept se complaisent ainsi à punir les erreurs passées de la Maison Allyrion, qui les vénérait pourtant avec une ferveur peu commune? Ces Dieux qu’il priait chaque jour, se pouvait-il donc qu’ils continuent malgré ses prières à s’acharner sur eux? La lady de la Grâcedieu était en ce moment-même dans le Septuaire, le mestre Harian le lui avait dit. Elle y passerait la nuit, comme à chaque fois.
La silhouette de la jeune femme s’anima soudainement, alors qu’elle se mettait à frapper de ses poings fermés ce ventre qui avait porté l’enfant de longs mois durant. Devant la violence de son geste, l’héritier resta tout d’abord coi devant la détresse qui transpirait de cette colère qu’elle avait avant tout contre elle-même. Ne supportant pas de la voir se faire ainsi du mal jusqu’à peut-être s’en blesser, si cela n’était pas déjà fait, il la stoppa. Ses larges mains se saisirent des poignets fins qu’il plaqua avec force sur les draps. Restant de marbre devant le chagrin de son épouse, il n’avait toujours soufflé mot. Il se refusait à lui mentir, à la rassurer bêtement sur un avenir qu’il lui avait promis plus d’une fois les dix années passées. Les dames de compagnies, les nourrices, diraient ce que bon leur semblerait à leur lady, tous les plus beaux mensonges du monde pour la voir sourire de nouveau. Mais pas lui. “Je l’ai vue.” Il parlait doucement bien que les pleurs de la jeune mère devaient déjà avoir alertés tout l’étage qui ne dormait que d’un oeil pour elle et seulement elle. “Elle était belle.” Ryon soupçonnait qu’une des suivantes de son aimée se trouva déjà tout près de la porte de leurs appartements, mais n’osait rentrer à cause de lui. Ses yeux noirs se promenaient sur le visage de la dornienne sans trouver les mots qu’il aurait voulu être capable de lui dire à ce moment là. Mais il n’était pas idiot, et il n’était pas dans sa nature de s’appuyer sur de faux espoirs comme on en donne souvent trop aux enfants. Il n’avait pas été élevé comme cela, et il n’était pas comme cela.
Maintes fois il avait questionné les mestres de Lancehélion, de Denfert, du Grès, et tous lui avaient répondu la même chose. Quelque fût la nature du mal qui empêchait sa femme de mener à bien ses grossesses, sa jeunesse ne lui accorderait pas indéfiniment de survivre à ses épreuves avec la même force qu’elle avait manifesté jusqu’à maintenant. Il était encore trop tôt pour savoir si ce nouvel incident aurait des conséquences sur sa santé, et pour cette raison le mestre avait prévenu que son état serait surveillé de près dans les jours à venir. Il craignait sans doute une infection, ou un saignement qui aurait échappé à sa vigilance. “Ynis. Tu as espéré cette enfant autant si ce n’est plus que je l’ai espérée moi-même. Comment peux-tu t’accuser d’une telle chose?” Ses yeux cherchaient les siens, pour mieux l’en convaincre. “Ce n’était pas ta faute.” D’au dehors leur parvenait l’odeur de l’eau et des plantes que l’air chaud faisait remonter jusqu’aux hauteurs de leurs appartements. Les insectes de la nuit faisaient entendre leur chanson, sans que cela ne rende plus supportable le lourd silence qui pesait dans la chambre. Dans le couloir les cris avaient cessés, et l’on n’entendait plus que la rumeur lointaine  de gazouillis apaisés. “Altaï a arrêté de pleurer. Il te réclamait.” Sa main lacha celle de la jeune femme pour écarter de son front quelques boucles blondes, avant de carresser du dos de sa main le creux de sa joue. Son geste était tendre. “Tu sais ce que cela veut dire? Cela veut dire qu’il grandit.” Sa paume vint se glisser contre la joue de la lady, son pouce dessinant la ligne de sa pommette. “Mais il a encore besoin de toi. Et Silas aussi. Ils ont tous les deux besoin de leur mère.” Leur désir de voir un jour naître de leur union un enfant qui fût doté de la force et de la santé était une chose, la volonté des Septs en était une autre. Et pour la première fois, Ryon se résignait à accepter ce destin qui leur était de toute évidence imposé par une force contre laquelle ils ne pouvaient aller. Allez contre la fatalité était un chemin incertain et dangereux, et il ne l’imposerait pas à sa jeune épouse.


© DRACARYS


+Ryon Allyrion+
"aahh...une maison, trois enfants...et tellement de fenetres " - Morticia Addams

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Dorne
avatar
Dorne
Valar Dohaeris

Ft : Diane Kruger
Multi-Compte : Aelinor Connington
Messages : 67
Date d'inscription : 12/05/2017

MessageSujet: Re: [FB]"See our dreams all die" | pv.Ynis   Sam 17 Juin - 0:44

La jeune femme frappait son ventre à s’en faire mal. Et pendant ce temps, son époux restait muet. Il n’avait pas dit un mot, il n’avait soufflé aucune phrase réconfortante. Et le plus terrible dans tout cela, c’était qu’elle ne savait si elle devait lui en vouloir pour cela ou au contraire le remercier. C’était si étrange. Elle avait besoin d’entendre que ce n’était juste pas le bon moment, qu’elle en aurait d’autres, qu’ils…en auront d’autres. Et en même temps, ses phrases devenaient de plus en plus insupportables face à la dure réalité. Ynis Allyrion était incapable de donner la vie à un être parfaitement normal. Elle aurait ses deux fils, mais leur santé trop fragile les empêcherait de devenir de grands chevaliers, elle le savait pertinemment.

Et puis finalement, l’Allyrion se décida à l’arrêter dans sa folie. Ses larges vinrent entourer les poings serrés de la mère les obligeant à rester immobiles. Mais il ne souffla pas un seul mot...encore. Ynis resta là, sans bouger, seules ses larmes amères dévalaient les ovales de ses pommettes. Et le silence fut brisé, enfin. La Blonde attendait cela comme une délivrance. Elle était belle qu’il avait dit. Elle ne savait pas. Elle n’avait pas eu le droit de la voir. On lui avait arraché cet être sorti de son corps trop vite. Elle n’avait pas pu la voir. Les paroles de son époux sonnaient comme un ultime coût de poignard qu’on venait enfoncé dans ses entrailles. Comment les mestres avaient-ils pu lui faire cela. C’était la chair de sa chair. Et à ces pensées, son regard devint noir, presque aussi noir que les prunelles de son époux. Jamais elle ne leur pardonnerait ce qu’elle percevait comme une trahison. Son regard lançant des éclairs, elle fit face à l’homme qu’elle avait appris à connaître et à aimer. « Je ne sais pas… je ne l’ai pas vue. » lâcha-t-elle. C’était entre le reproche d’avoir eu un privilège qu’on ne lui avait pas accordé et la tristesse de ne pas avoir pu prendre pleinement conscience de la mort de sa fille. Pourtant il n’était pas en tort. Il ne l’avait jamais été. Il avait toujours été présent dans ces épreuves. Mais personne sauf peut-être d’autres mères ne pouvaient pleinement comprendre la détresse qui submergeait en cet instant la dornienne. Il fallait le vivre pour le comprendre et elle remerciait les sept que seule elle en souffre autant.

Ryon Allyrion tenta de la convaincre que ce n’était pas de sa faute. Qu’elle voulait cet enfant plus que tout au monde, plus que lui-même. Elle le sentait, les yeux de l’héritier de La Grâcedieu cherchaient les siens alors que ceux de la jeune femme avait déjà à nouveau fuit au loin, se perdant dans l’obscurité de la pièce. L’odeur du dehors commençait à embaumer de son doux parfum la chambre du couple. Ynis se laissait apaiser par les effluves alors qu’au loin dans les couloirs, les pleures de son second fils ne se faisaient plus entendre. Oui, ses enfants grandissaient, pour le moment. Mais combien de temps ce bonheur allait-il duré ? Alors qu’elle venait blottit sa joue contre la paume de la main de son époux, une terrible angoisse s’empara de la mère et future Lady des lieux. « Tu… tu ne veux pas me quitter ? » demanda soudainement, inquiète Lady Ynis Allyrion. Tellement d’années s’étaient écoulées. Elle avait appris à aimer cette nouvelle ville. Elle commençait doucement à prendre quelques décisions et à s’impliquer davantage dans sa gestion sous la houlette de sa belle-mère. Elle faisait tout pour ses fils alors l’idée qu’elle puissent être répudier lui donnait des frissons. Pourtant si son incapacité à donner des enfants viables persistait, cela finirait bien par arriver.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé
Valar Dohaeris

MessageSujet: Re: [FB]"See our dreams all die" | pv.Ynis   

Revenir en haut Aller en bas
 
[FB]"See our dreams all die" | pv.Ynis
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Mes poèmes (By Dreams-of-poetry)
» Live your dreams
» DB Dreams !
» Flavia Albina ¤ Real things in the darkness seem no realer than dreams...
» Eva « Please don't see just a girl caught up in dreams and fantasies

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Dracarys :: Westeros :: Dorne :: La Gracedieu-
Sauter vers: