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 La lune qui rêvait du soleil

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MessageSujet: La lune qui rêvait du soleil    La lune qui rêvait du soleil  EmptySam 4 Jan - 20:47

La lune qui rêvait du soleil

An 302, Lune 9, semaine 4



Talya de Tyrosh & Wayra Wyl

C’était une fin de journée magnifique. Le soleil, éreinté par l’hiver, se couchait plus tôt, même à Dorne, en dépit de ses rayons toujours aussi incendiaires. Il laissait la place à une lune tranquille qui se hissait lentement au-dessus de la dernière lueur orangée de l’horizon, pour rejoindre le bleu sombre du ciel. Plus clémente que son frère, l’astre blanc offrait juste assez de sa lumière pâlotte pour peindre les jardins de Lancehélion d’une atmosphère éthérée. Les étoiles scintillaient dans les eaux noires des fontaines qui semblaient alors piquées de lucioles. L’air était lourd de l’arôme suave des oranges mûres et des fleurs apprivoisées. Tout était si paisible.

Wayra préférait la quiétude de la nuit à Lancehélion. Aux premières lueurs de l’aube, le moment de la journée qu’elle préférait pourtant, la vie s’agitait trop fort dans la capitale. Elle hurlait, trépignait, impatiente de s’éveiller de ce sommeil contraignant. Dans les Montagnes Rouges, l’aurore était sereine, encore lourde de rêves et la brune aimait cheminer en silence parmi les songes des hommes. Elle se sentait libre.
Ici, les choses étaient différentes. Et si les matins n’étaient plus faits pour elle, alors elle dompterait la nuit. Seul un idiot oserait se promenait de nuit à Wyl. Elle y était parfois contrainte, mais elle se méfiait toujours de l’obscurité. Dans les jardins du palais princier, les ombres étaient devenues ses amies. Dès que le soleil se couchait, toutes les âmes fuyaient vers la ville pour profiter des marchés nocturnes et de l’ambiance enjouée des rues. Le château se vidait avant de s’endormir. Alors, telle une vipère, elle jaillissait de sa tanière pour aller profiter du calme et de la chaleur que dégageaient encore les pierres gorgées de soleil.

Le crayon de charbon crissait sur les feuilles épaisses de son journal alors que les fontaines s’animaient sous ses doigts. L’une d’entre elle avait particulièrement l’attention de la Wyl. Une sirène dorée aux lèvres couleurs de rubis desquelles s’échappaient un filet d’eau glougloutant. Elle lui trouvait un air ridicule à toujours vomir de l’eau ainsi.
« Et dire que cela ne fait que deux semaines, » pensa-t-elle. Les doigts déjà noirs, elle s’évertuait pourtant à minutieusement dessiner les ombres des écailles de la queue de la statue. « Deux semaines coincée ici. Je n’aurais jamais dû accompagner Albin. Jamais. »

D’un tremblement énervé, son trait dérapa. La pauvre fontaine qu’elle trouvait déjà absurde se trouva rayée d’une grande rayure noire. Elle en voulait à son époux de lui avoir imposé cela.

« Rah ! » ragea-t-elle.

Elle ferma brusquement son carnet et le jeta négligemment sur le banc à côté d’elle. Tout ceci était inutile. Wayra tentait de sortir de sa tête en dessinant, mais cela n’effaçait pas la réalité pour autant. Elle était prisonnière de Lancehélion. Prisonnière de cette cage dorée pendant encore deux longues semaines. Une éternité. Sa soeur l’aurait accusée d’être dramatique. De quoi se plaignait-elle ? Elle était logée chez les Martell et pouvait goûter à cette vie de fastes dont Wynn rêvait tant… Mais la fille aînée du Roi Sauvage se sentait à l’étroit. Étriquée dans ce palais auquel elle ne parvenait pas à s’habituer.
Le lendemain de leur rencontre avec Perros, Albin lui avait annoncé qu’ils demeureraient une lune à la capitale pour attendre le mariage de la Princesse Arianne. Les Martell n’en avaient-ils pas assez des unions ? La dernière en date s’était si bien terminée ! Et pourquoi diable l’obligeait-on a toujours assister à ces mascarades ?
Elle avait été tentée de retourner à Noirmont sans son mari. Tant pis. Mais cela n’aurait fait que froisser et sa belle-famille et la famille princière. Elle avait beau ne pas être la plus intelligente de la famille, elle savait au moins que quitter Lancehélion maintenant ne lui apporterait que des tracas. Cela ne l’empêchait pas d’en mourir d’envie.

Avec un soupir, elle appuya son menton sur sa paume. Elle n’avait plus qu’à prendre son mal en patience.

 


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MessageSujet: Re: La lune qui rêvait du soleil    La lune qui rêvait du soleil  EmptyVen 10 Jan - 15:06

La lune qui rêvait du soleil.

An 302, Lune 9, semaine 4.



Wayra Wyl & Talya de Tyrosh.



La journée touchait à sa fin. Talya ne l'avait pas vue passer, comme c'était souvent le cas. Elle avait passé une grande partie de la mâtinée en compagnie de son époux, avant que les affaires de celui-ci ne les séparent. La jeune femme avait donc vaqué à ses occupations, seule ou en compagnie de Myria et Elena. Les deux Dorniennes étaient respectivement entrées à son service avant le Tournoi de Lestival, et après ce dernier. Si toutes deux étaient légèrement plus jeunes que la Princesse, cette dernière devait avouer que leur compagnie n'était pas désagréable pour autant ! Dans le cas contraire, la jeune femme ne les aurait sans doute pas gardé à son service pendant une année ! La Tyroshi en arrivait à se dire que les journées seraient bien mornes, sans leur présence ! Plus encore après les récents événements...

Sentant une profonde colère renaître en son cœur, Talya secoua la tête quelques instants, comme pour chasser ces pensées parasites de son esprit. Ses colères étaient parfois telles à ce sujet que Myria avait finit par en parler à Mestre Myles, afin qu'il lui fournisse une décoction visant à calmer la Princesse qu'elle servait. Si la jeune femme avait d'abord très mal prit l’initiative, qui remontait à plusieurs semaines à présent, elle ne pouvait que l'approuver à l'heure actuelle. La colère la plongeait comme dans un état second, et lorsqu'elle reprenait ses esprits, pour ainsi dire, la jeune femme ne pouvait que faire face aux conséquences de ses coups de sang... Sa colère ne s'exprimait que trop facilement à son goût, à cause de cette pauvre folle... Myria avait eu une très bonne idée pour la calmer, c'était un fait... La décoction apaisait ses nerfs, tendus à la fois par la colère et par la tristesse... Deux comparses qui semblaient toujours l'attendre, tapies dans un recoin de son esprit...

Quentyn ne savait rien de la décoction. Pour le moment, la Princesse avait jugé préférable de  ne pas lui en parler. Cela restait entre Myria, le Mestre Myles et elle-même. De plus, elle n'abusait pas du breuvage, comme l'avait conseillé l'homme de la Citadelle. Et quand bien même elle en aurait eu l'envie, cela se serait révélé impossible. La chose avait un goût des plus infâmes ! Par Trios, comment des plantes pouvaient-elles être si mauvaises ?! Pour l'ôter de sa langue, la jeune femme était obligée de consommer du thé ou d'autres boissons bien plus appréciables ! Plongée dans de telles pensées, Talya jouait machinalement avec le gobelet qu'elle tenait toujours entre ses mains, tandis que son regard noisette était perdu dans l'immensité du ciel. Le soleil était désormais couché, et avec lui, la chaleur disparaissait. La lune était désormais la reine de ces lieux, et avec son règne venait une certaine fraîcheur, bienvenue malgré l'hiver.

Cessant de regarder à travers la fenêtre, Talya reposa son gobelet sur son bureau, sur lequel s'amoncelaient de nombreux ouvrages et des parchemins tout aussi divers. Le meuble était placé de la sorte que la jeune femme puisse profiter de la lumière du jour sans problème, tout en ayant une vue assez agréable du reste du palais et de ses plus proches alentours. Au moment où le gobelet métallique rencontra le bois, un léger son s'en dégagea. Son qui fit sursauter Myria, qui somnolait sur un siège tout proche. D'un geste apaisant de la main, auquel la Princesse adjoignit un sourire de la même nature, Talya fit signe à l'autre jeune femme que tout allait pour le mieux.

« Va donc dormir un peu, Myria. Tu es épuisée, et tu le sais très bien. commenta la Princesse, sur un ton doux.
- Princesse, êtes-vous sûre ? s'enquit l'intéressée, ensommeillée.
- Sûre et certaine. répondit Talya, son sourire toujours aux lèvres. Je vais aller m'aérer un peu l'esprit avant d'aller me reposer à mon tour.
- Laissez-moi vous accompagner, alors !
- Myria, prends donc congé. ordonna la jeune femme, son ton s'étant fait légèrement plus autoritaire. Vous avez besoin de repos, Elena et toi. Nous nous reverrons au lever du jour, et si j'ai besoin de votre aide, j'enverrai quelqu'un vous prévenir.
- … Bien, votre Altesse... » finit par dire la jeune noble, en étouffant difficilement un bâillement.

Talya retrouva le sourire en voyant l'autre jeune femme se lever et quitter la pièce avant elle. Les choses étaient mieux ainsi. Myria et Elena avaient aussi été ébranlées par les récents événements, et la jeune femme se devaient de les soutenir et de veiller à leur bonne santé autant qu'elles avaient pu le faire pour elle. Se saisissant d'un himation cousu dans une étoffe orangée finement tissée et le glissant sur ses épaules, la Princesse quitta ensuite les lieux, emportant avec elle un petit ouvrage à la couverture de cuir. Il s'agissait-là d'un présent qu'elle avait reçu peu de temps après son mariage, des mains de son époux. Ce dernier ayant apprit que son épouse tentait de se faire à l'histoire de Dorne avait prit l'initiative de lui procurer un abrégé de cette dernière. Un abrégé qui n'était qu'une base, bien sûr. Talya ne comptait pas s'en contenter ! Elle avait déjà terminé l'ouvrage une première fois, par ailleurs. Dans les faits, la jeune femme ne le relisait que pour en dégager les éléments les plus intéressants, afin d'approfondir ses recherches par la suite !

Il ne fallut pas énormément de temps à Talya pour rejoindre les jardins du Palais Vieux. Si ces derniers étaient moins impressionnants que les Jardins Aquatiques, une forteresse n'ayant que peu de place pour un tel agrément, la Princesse leur trouvait tout de même un certain charme. Il était également possible d'y trouver un certain nombre de cachettes, afin de pouvoir être seule avec soi-même, ou pour converser sans être vu ou entendu par des personnes n'y étant pas invitées. Si de jour, les lieux resplendissaient dans la lumière du soleil et de ses cruels rayons, de nuit, les jardins semblaient dégager comme une aura de mystère ainsi qu'un profond calme. Si de jour, il était fréquent d'y croiser des serviteurs de passage ainsi que certains habitants du palais, de nuit, cette agitation cessait. Les lieux respiraient alors le calme, ce dernier n'étant troublé que par les bruits de quelques insectes, le ruissellement de l'eau dans les bassins et les fontaines, ou encore par les vols discrets des oiseaux nocturnes.

Talya erra un moment dans les allées vides des jardins, appréciant la caresse du froid sur sa peau. L'hiver était là, c'était un fait. A Dorne, il restait cependant assez doux. L'hiver... Tyrosh le connaissait-elle ? La jeune femme ne pouvait qu'en douter. Sans doute aurait-elle pu encore y songer un moment, si une voix ne l'avait pas fait sursauter. Et dire que la Princesse se pensait seule ! Il semblerait qu'elle se soit lourdement trompée ! Retrouvant contenance, la jeune femme ne put s'empêcher de chercher l'origine de cette voix. Une voix de femme, semblait-il. Une femme passablement courroucée, sans aucun doute possible...

Au fil de ses pas, Talya discerna également la présence de l'une des multiples fontaines dont été doté le Palais Vieux. Il était vrai qu'il faisait généralement plus frais auprès des bassins. En pleine journée, ils étaient souvent pris d'assaut pour cela, par ailleurs. De nuit, ils ne faisaient que rafraîchir d'avantage encore l'atmosphère, cependant. Quelques pas de plus suffirent à la jeune femme pour voir de voir de quelle fontaine il s'agissait. Une sirène l'ornait et c'était de sa bouche que l'eau jaillissait. La Princesse détourna cependant bien vite son regard de l'ornement. Une jeune femme se trouvait assise sur un banc, non loin de la fontaine à la sirène. Si l'obscurité ambiante n'était pas encore des plus épaisses, plus encore avec la lumière lunaire, Talya eut tout de même quelques difficultés à retrouver le nom de l'autre jeune femme.

« Oh, bien le bonsoir, Lady Wayra. commença la Princesse, qui avait enfin remis un nom sur l'autre personne qui se trouvait en ces lieux, en sortant définitivement de l'ombre bienveillante des plantes des alentours. Belle soirée, n'est-ce pas ? »

En prononçant ces quelques phrases, la Tyroshi avait plongé quelques instants son regard dans la toison nocturne, avant de baisser à nouveau la tête. Si elle ne faisait pas erreur, Lady Wayra était arrivée voilà quelques jours, en compagnie de son époux afin de ramener le neveu de ce dernier sur les terres de ses ancêtres. La famille ne quitterait d'ailleurs pas les lieux de sitôt. Les noces de la Princesse Arianne approchaient, et il était sans doute plus aisé de les attendre ici, plutôt que le trio ne regagne immédiatement son fief... Pour le quitter à nouveau peu de temps plus tard.

« … Vous semblez contrariée... Est-ce que tout va bien ? » s'enquit la jeune femme, brisant à nouveau le silence, en se rendant compte de la mine de l'autre noble.

Il était vrai que Talya ne connaissait pas réellement la Wyl. Pour ainsi dire, elle ne connaissait que la réputation de cette famille des Montagnes Rouges. Une réputation qui aurait de quoi faire frisonner n'importe qui, il est vrai. Pour autant, la jeune femme se trouvait dans la demeure des Martell, et était l'invitée de la famille d'adoption de la Princesse. Aussi, cette dernière se devait d'oublier sa réputation et de penser à son bien-être, comme toute bonne hôtesse qui se respecte. A cela, il fallait ajouter que la jeune Tyroshi nourrissait une certaine curiosité à l'égard de cette famille à la sinistre réputation. Si elle ne pouvait pas douter du fait que cette dernière était fondée, Talya se faisait tout de même un devoir de se rendre par elle-même de la vérité des choses. Après tout, chaque personnalité avait ses propres caractéristiques et ne pouvait pas se limiter à la seule réputation familiale d'une personne.

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MessageSujet: Re: La lune qui rêvait du soleil    La lune qui rêvait du soleil  EmptyMer 15 Jan - 20:57

La lune qui rêvait du soleil

An 302, Lune 9, semaine 4



Talya de Tyrosh & Wayra Wyl

Il lui semblait que la sirène dardait sur elle un oeil goguenard. Que devant son désarroi, sa bouche rouge s’étirait en un petit sourire mesquin. Le soleil éclairait de ses derniers rayons son visage doré, créant des ombres moqueuses sur la surface parfaitement lisse. Et à mesure que l’astre disparaissait, les expressions de la fontaine changeaient sans que Wayra ne parvienne à les discerner distinctement. Sans vraiment y réfléchir, elle reprit son calepin.
Bien que la colère constante qui bouillait en elle n’ait pas disparu, elle était subitement atténuée par l’atmosphère. Et son dernier coup de sang avait vidé sa tête. Aussi, c’était l’esprit vide qu’elle s’adonnait maintenant aux croquis qu’elle agrémentait de petites notes. Ces dernières n’étaient pas vraiment des poèmes, Wayra n’avait pas l’âme d’une littéraire, mais des descriptions brutes de ce qu’elle voyait et ce qu’elle ressentait. Des choses qu’elle était incapable de prononcer. Elle n’avait jamais été forte avec les mots aussi, elle préférait écrire. Au moins, ainsi, elle avait le temps de réfléchir.

Une statue que je trouvais intéressante, traça-t-elle avec application.

Elle relut sa ligne puis roula des yeux. Elle n’était peut-être pas aussi douée pour l’écriture qu’elle aimait se le faire croire.

Une lumière douce attira son regard. Une bougie venait d’être éclairée sur le rebord de la fenêtre des appartements qu’elle occupait avec son époux. Celui-ci devait avoir regagné leur chambre. Une brise légère secoué les voilages qui dansèrent un instant avant de retomber, inertes. Une ombre passa furtivement, mais la brune était trop loin pour reconnaître la silhouette. La Wyl détourna rapidement des yeux, comme si elle craignait d’être vue, malgré le camouflage végétal que lui offrait les plantes luxuriantes.
Elle ne détestait pas Albin. La cohabitation était simplement compliquée. Elle ne savait guère comme agir avec lui.

Des bruits de pas et le froissement des feuilles attirèrent son attention et Wayra se mit derechef sur ses gardes. Elle avait beau ne rien risquer dans l’enceinte du Palais Vieux, ses habitudes et l’instinct tenace qui l’habitaient avaient la vie dure. Un fichu orange vif tranchait avec l’obscurité verdoyante. Après quelques secondes à plisser des yeux, la vipère reconnut le visage de l’observatrice. Talya de Tyrosh. Elles ne s’étaient jamais parlées. La fille du Roi Sauvage n’avait même pas assisté à son mariage avec Quentyn Martell. Pour une fois qu’elle ne se rendait pas à une fête à Lancehélion ! Cette fois là, Whissan s’y était rendue en compagnie d’Amareï et de Wasen, pour le plus grand plaisir de ce dernier. C’était Albin, lors de la première semaine de leur séjour, qui l’avait désignée comme l’épouse du fils de Doran. Wayra n’aurait jamais pu le reconnaître sans cette information.

« Bonsoir Princesse Talya, » répondit-elle, avare de paroles. « Hum, » fit-elle en acquiesçant.

Oui, la soirée était belle, l’étrangère avait raison. Néanmoins, la Wyl aurait préféré la poursuivre seule. Enfin, ce château était si grand et grouillait si bien de monde qu’il était impossible de rester tranquille bien longtemps. Et la grande menace des conversations badines planait toujours au-dessus de sa tête dès qu’elle osait mettre un pied en dehors de ses appartements.

« Je vais bien, je vais bien, » grogna-t-elle en battant l’air avec sa main gauche.

Il était pourtant évident dans le ton qu’elle employait qu’elle était contrariée. La Wyl n’avait jamais été femme à maintenir un sourire de façade, art dans lequel sa mère excellent, et sa personnalité n’avait rien d’affable. Il était facile de lire en elle comme dans un livre ouvert. Elle avait bien conscience de cette tare.

« Ma main n’est juste pas fichue de tenir un crayon comme il faut, c’est tout. »

Du menton, elle désigna le carnet de cuir qu’elle avait pris soin de refermer à côté d’elle. Bien sûr, son agacement était en partie dû à cela. Mais elle n’allait certainement pas mentionner son questionnement sur son mariage et son malaise quant à sa présence à la capitale à une parfaite inconnue.

Après quelques secondes de silence pesant, sur fond ambiant de gargouillis d’eau et de chants de criquets, la brune s’obligea à faire la conversation.

« Vous connaissez mon nom ? » s’étonna-t-elle.

Elle était certaine que la plupart des habitants du palais l’ignorait. Non pas que cela lui déplaisait. Au contraire.

« Ah, c’est peut-être Elena, c’est ça ? C’est elle qui vous l’a dit ? »

Sa cousine Forrest était entrée au service de la Princesse Talya il y avait quelques temps. Cela lui rappela que depuis son arrivée, elle ne lui avait guère parlé. L’avait-elle seulement aperçue ? Après tout, Wayra ne faisait pas réellement d’efforts pour se mêler au monde.

Ses yeux violets tombèrent sur le livre que la tyroshi tenait contre elle.

« C’est un peu tard pour lire, non ? »

En effet, le soleil était définitivement mort et la lune transparaissait déjà à travers les nuages noirs de nuit.

 


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MessageSujet: Re: La lune qui rêvait du soleil    La lune qui rêvait du soleil  EmptyDim 26 Jan - 16:56

La lune qui rêvait du soleil.

An 302, Lune 9, semaine 4.



Wayra Noirmont & Talya de Tyrosh.



La Wyl devenue Noirmont semblait peu loquace. Mais de cela, Talya s'en doutait. En apprenant que sa cousine se trouvait en ces lieux, Elena lui avait apprit quelques petites choses à son sujet, et le caractère de l'autre jeune femme en faisait partie. La Princesse devait avouer qu'Elena et sa cousine partageaient quelques points communs, aussi bien au niveau de leur apparence qu'au niveau de leur caractère. Dans les deux cas, cela s'expliquait sans doute par la région d'origine des jeunes femmes, mais également par ce sang qu'elles partageaient. Les Montagnes Rouges n'étaient pas l'endroit le plus calme de Dorne, tout ses habitants devaient le savoir. Que même les femmes aient fini par se forger un certain caractère allait de soi, plus encore à Dorne. Il y avait une grande différence entre les femmes de ces terres, et celles qui se trouvaient dans les autres Couronnes, à n'en pas douter. Toujours est-il que le fait que certaines familles dans des régions frontalières aient mauvaise réputation était également logique, d'une certaine manière... A chaque conflit, n'étaient-elles pas les premières touchées et concernées ?

Lady Wayra finit par lui rendre son salut, tout en acquiesçant à ses propos. Pour le reste, il n'était complexe de remarquer que quelque chose sembler agacer l'autre jeune femme. La question était plutôt l'origine de cette contrariété à peine voilée. Talya n'eut cependant pas le temps d'interroger Wayra à ce sujet, que déjà, cette dernière lui expliquait la raison de son état. Le regard de la Tyroshi passa donc de son interlocutrice au carnet de cuir qui se trouvait sur le banc juste à côté d'elle. Ainsi, c'était donc cela... La Princesse était bien placée pour savoir quel agacement l'on pouvait ressentir lorsqu'un travail requérant précision et concentration ne se passait pas comme prévu !

« Vous visez juste. commença Talya, non sans un sourire. Elena n'est que peu bavarde par moments, mais il lui arrive de parler de siens quand le cœur lui en prend, bien que je ne pensais pas vous rencontrer ici. »

Si Myria était très proche de sa famille, au point que la Princesse s'amusait du fait qu'on leur faisait porter parfois plus souvent des lettres en provenance de Boycitre, que de Tyrosh alors que les frères de Talya lui écrivaient fréquemment, il n'en allait pas de même pour Elena. La jeune femme était plus secrète, plus discrète, à ce sujet. Dans un premier temps, la Tyroshi n'avait connu la famille de sa dame d'atours qu'en se renseignant sur les familles nobles que comptait sa patrie d'adoption, au moment où il lui avait fallu s'entourer à la cour. Elena était donc la fille aînée de Lord et Lady Forrest, la première de trois filles au total et avait également deux frères, dont un qui hériterait du fief familial le moment venu. Telle avait été l'étendue de ses connaissances à ce sujet, avant qu'Elena ne décide de se confier un peu, après plusieurs mois à son service.  

Talya ne pouvait pas donner tout à fait tort à l'autre jeune femme. Les doux rayons du soleil n'étaient désormais plus qu'un souvenir, de même que leur chaleur qui pouvait aussi bien être ardente, que bienveillante. Cependant, la Princesse avait bon espoir que la lune ne reste pas enveloppée dans un manteau nuageux, ce soir. Quand le ciel était bien dégagé, il était tout à fait possible pour la Tyroshi de s'installer sur un banc pour lire une heure ou deux, loin de l'agitation qui pouvait régner dans le Palais Vieux le reste du temps. Si la jeune femme appréciait ce brouhaha, qui la rassurait d'une certaine manière, il lui arrivait tout de même d'avoir besoin de calme de temps à autre. Bien sûr, il arrivait des moments où la nuit était bien trop sombre pour qu'une telle activité soit possible. Dans de tels cas, la jeune femme restait dans ses appartements, ou ne sortait que quelques instants pour s'aérer avant de rejoindre son époux. Il arrivait d'ailleurs à ce dernier de l'accompagner, quand le cœur lui en disait.

Mais ce soir-là, la Princesse était seule. Du moins, elle pensait l'être jusqu'à temps de tomber sur Lady Wayra. Ses plans de ce début de soirée étaient donc remis en question. Un fait qui ne dérangeait pas Talya, au demeurant. Ce livre, elle l'avait déjà lu plusieurs fois, dans les faits. Aussi, son énième relecture pouvait bien attendre encore un peu. Après tout, c'était elle qui était venue à la rencontre de la Dornienne et ne comptait pas se dérober à présent, alors qu'elle avait l'occasion de se faire une opinion à son sujet et au sujet des siens !

« La lumière de la lune me suffit généralement pour lire. avoua la jeune femme, calmement. Du moins, lorsque le ciel est clément, je vous l'accorde. »

La clarté du ciel laissait en effet à désirer, parfois. Pour ce qui était de ce soir-là, quelques nuages noirs s'amoncelaient ici et là, masquant dans certains cas les étoiles qui auraient du être visibles. Si la lune restait claire, les choses pouvaient rapidement changer, c'était un fait. Toujours est-il que la Tyroshi doutait qu'elle aurait pu lire longtemps, au vu de la situation actuelle. Plus encore avec le vent qui accompagnait la nuit certains soirs. L'hiver était là, c'était un fait. La vraie question était plutôt sa durée. La jeune femme n'avait encore jamais connu de long hiver, contrairement à des personnes plus âgées. Si ces hivers se sentaient rarement à leur puissance maximale en Essos, ce n'était pas pour autant qu'ils étaient sans conséquence dans certaines régions... Forte de cette pensée, Talya se fit mentalement la promesse d'écrire rapidement à ses frères, pour leur demander si tout se passait bien de leur côté. Cela apaiserait sans aucun doute ses craintes...

« … Si je puis me le permettre, que dessiniez-vous, avant que la nuit ne tombe ? » reprit Talya, en espérant que sa demande ne semblerait pas trop indiscrète à l'autre jeune femme.

La Princesse doutait de pouvoir réellement aider Wayra, à ce sujet. Si la jeune femme savait écrire et compter sans aucune difficulté, elle devait avouer que la peinture ou le dessin n'avaient jamais fait partie de ses domaines de compétences. Pour ce qui était de l'art, seules la danse et la musique avaient trouvé grâce à ses yeux et à ses propres capacités. L'exercice du dessin n'avait fait que lui donner mal aux doigts, tout en l'exaspérant face à ses propres créations. Aussi, la Princesse se contentait de quelques schémas quand une idée particulière lui venait. Cela lui suffisait amplement. Aussi, Talya doutait de réellement pouvoir offrir son aide à Lady Wayra, si toutefois elle lui demandait son avis. Néanmoins, la Princesse savait apprécier la beauté des objets d'art qui pouvaient passer entre ses mains ou sous son regard. La jeune femme avait d'ailleurs quelques uns de ces objets particuliers dans ses appartements, n'ayant pas eu le cœur de les laisser à Tyrosh, bien qu'Aryos n'aurait pas manqué d'en prendre le plus grands des soins, Talya en avait la certitude.

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MessageSujet: Re: La lune qui rêvait du soleil    La lune qui rêvait du soleil  EmptyDim 2 Fév - 0:21

La lune qui rêvait du soleil

An 302, Lune 9, semaine 4



Talya de Tyrosh & Wayra Wyl

L’étrangère glissa un regard étonné vers le carnet fermé. Wayra s’en sentit derechef gênée. Son journal était une part de son intimité. Des pensées chaotiques et confuses qu’elle était incapable d’exprimer et qui prenaient sens lorsqu’elle les couchait avec application sur le papier. Certes, cet exercice lui permettait de prendre du recul, de se détendre même, parfois, mais il était également une brèche, une porte entrouverte à l’oeil extérieur… une vulnérabilité qui la dérangeait. Le dédain et l’agacement l’avait faite parler comme s’il ne s’agissait de rien. En réalité, pour la Wyl, dévoiler l’existence de ce cahier, était un bouleversement. En particulier lorsqu’il s’agissait d’une parfaite inconnue. Sa famille savait pertinemment que la secrète fille de Warden aimait à se confier à des oreilles qui n’iraient jamais rien répéter. Son frère Wasen se moquait souvent d’elle à ce sujet. Et même si, bourrue, elle jouait à l’indifférente, elle ne pouvait s’empêcher de se sentir terriblement honteuse.
L’air de rien, farouche, elle posa sa main sur la couverture, comme si ce geste pouvait soustraire le carnet à ce monde et aux âmes curieuses. Puis, elle toisa la nouvelle Martell sans plus regarder son journal. Après tout, il était censé avoir disparu.

Cela dû fonctionner puisque la Princesse sembla s’en désintéresser. Elle enchaîna sur Elena. Il y eut un sourire dans sa voix et sur son visage lorsqu’elle prononça le nom de sa dame de compagnie. Ainsi, elles semblaient bien s’entendre. Il était étrange pour la Wyl de s’imaginer sa cousine ici, en résidente à long terme. Si les Forrest n’était pas si ombrageux que les Wyl, ils avaient en commun le caractère aride des Montagnes Rouges et une fierté dangereuse qui avait souvent fait parler d’elle par le passé. Quel dornien ne connaissait pas la légende fondatrice de leur maison ? Ils auraient vaincu et tué un roi bieffois. De là était né leur blason, le nom de leur château et leur devise. Quant aux Wyl, c’était un autre roi qui avait subi leur courroux, ainsi que son cousin bien aimé. Si le premier n’était pas mort, on attribuait ses lubies périlleuses aux morsures de serpents offertes de la part des vipères de Dorne. Et de là était né leur blason, le nom de leur château et leur devise… Peut-être était-ce pour cela que les deux familles s’entendaient si bien et étaient si fortement liées.
Wayra n’échappait pas à la règle et avait une affection particulière pour ses cousins.

« Et que raconte-t-elle ? » lui demanda-t-elle avec un rictus. « De gentilles choses, j’espère. »

La vipère ne voyait pas vraiment ce qu’Elena aurait pu raconter de bon à son sujet. Après tout, Wayra n’était pas quelqu’un de bien. Elle avait tué des hommes et des femmes, frappé, volé, menacé… Sa réputation était faite dans les montagnes et sa cousine n’était pas sourde.
Pour la première fois, la brune se demanda ce que la Forrest pensait d’elle. Après tout, elles avaient presque le même âge, avait une passion commune pour les chevaux et se ressemblaient assez… Assez pour s’entendre. Mais les Wyl ne parlait jamais de leur activité à la tête des Anjoman, ni des paris équestres truqués, ni des meurtres, ni rien de tout ça. Cela ne se disait pas, certes, mais cela se savait. L’avait-elle dit à Talya ? Talya avait-elle seulement eu besoin d’Elena pour avoir eu vent de cette sombre renommée ?
Elle agissait en tout cas comme si elle l’ignorait.

La Wyl lui servit un air dubitatif lorsqu’elle lui expliqua pouvoir lire la nuit. Avait-elle des yeux de chouette ? Wayra n’avait jamais rien entendu de tel. Non pas qu’elle ait déjà été une grande lectrice, mais lorsque l’envie saugrenue la prenait, même la lumière vacillante des bougies, le soir, n’était pas assez.

« Hé bien, c’est bien la première fois que j’entends ça… Vous m’en direz tant. Il faudra me dire si vous venez dans les Montagnes Rouges. Je vous embaucherais avec des mirettes pareilles. »

Bien sûr, elle ne pensait pas un mot de ce qu’elle disait. Allons, allait-elle sérieusement traîner une Princesse de Dorne dans des chemins caillouteux et redoutables ? Parfois, elle restait toute une nuit en amont d’un passage à attendre les cargaisons marchandes au petit matin pour pouvoir dérober leur contenu. Les pauvres pèlerins finissaient tous au fond d’un ravin et on entendait plus jamais parler d’eux. « Ah, en voilà d’autres qui ont été avalés par les Montagnes Rouges… » Tout le monde savait l’endroit risqué. Aussi, les disparitions n’inquiétaient jamais trop longtemps. Et les Wyl pouvait continuer leur petit manège en toute sécurité. Bien sûr, les choses risquaient désormais de se calmer, maintenant que Worian était fiancé à Gwyneth Ferboys et que la famille de cette dernière souhaitait sécurisé une voix commerciale plus forte…
Mais enfin, tout cela, la tyroshi n’avait pas besoin de le savoir.

Finalement, l’attention de son interlocutrice revint sur le fameux carnet. Wayra se mit tout naturellement sur la défensive, désormais que l’agacement était passé. Ses doigts effleurèrent le cuir de la couverture, comme pour s’assurer qu’il était bien fermé.

« Rien de spécial, » fit-elle. « Des choses que je ne suis pas habituée à dessiner, c’est tout. »

Il était vrai que l’architecture et, globalement, toutes les choses créées par la main de l’homme ne trouvaient guère grâce à ses yeux. Les angles étaient trop droits, les formes trop alambiquées pour appartenir à la nature, le seul sujet qu’elle maîtrisait… La fille de Warden se plaisait à dessiner le vide des grands espaces, à s’imaginer le souffle liant ce qui était visible et ce qui ne l’était pas… Elle trouvait dans les montagnes désolées, dans les vautours voraces et dans les rivières desséchées plus de beauté et plus de divin que dans n’importe quel bâtiment doré ou sculpture tarabiscotée.

« Mais qu’est-ce que vous lisez d’ailleurs ? » l’interrogea-t-elle, désireuse de changer de sujet.

 


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MessageSujet: Re: La lune qui rêvait du soleil    La lune qui rêvait du soleil  EmptyDim 9 Fév - 23:55

La lune qui rêvait du soleil.

An 302, Lune 9, semaine 4.



Wayra Noirmont & Talya de Tyrosh.



Talya ne cilla pas lorsque l'autre jeune femme posa sa main sur son carnet, le soustrayant à sa vision. Le message était clair, clair comme de l'eau de roche. Aussi, la Princesse détourna son regard de l'ouvrage. Une confrontation n'était pas dans son intérêt. Dans les faits, elle n'était dans l'intérêt d'aucune des personnes présentes. La Tyroshi avait conscience que sa curiosité pouvait être très mal interprétée. Aussi faisait-elle en sorte de la refréner, bien que cela pouvait parfois beaucoup lui en coûter. Si les Wyl ne pouvaient que l'intriguer, de part leur réputation, ce n'était pas pour autant une raison pour leur faire un interrogatoire. Il faudrait avoir perdu l'esprit pour en arriver à une telle extrémité.

« Elena reste Elena. se contenta de répondre Talya, tout en sachant que son interlocutrice verrait sans doute où elle voulait en venir. Elle ne m'a pas caché son ressenti, et je leur remercie. » continua la jeune femme, tout en conservant un grand calme.

Il faudrait bien plus de quelques mois à la cour de Lancehélion pour changer la Forrest du tout au tout. Changerait-elle, par ailleurs ? Talya ne l'espérait pas. La franchise de sa dame d'atours lui était précieuse, bien que mordante. Dans un monde où les illusions étaient parfois complexes à percer au jour, avoir une telle alliée était un avantage de poids. Qu'importe la réputation des Forrest ou des Wyl, dont sa dame d'atours descendait également. Il fallait toujours voir plus loin que les ombres qui semblaient entourer certaines personnes pour se rendre compte de leur véritable identité... Qu'importe leur nature... Bien sûr, il fallait agir avec prudence dans la plupart des cas. Plus encore dans la situation actuelle. Mais le jeu en valait sans doute la chandelle.

Talya pouvait se vanter d'avoir une vision exercée, de nuit. Si cette dernière était souvent bien trop noire pour espérer y voir quoique ce soit, la lumière de la lune et celle des étoiles pouvaient tout à fait permettre à la jeune femme de faire des tâches simples. Il fallait bien cela, pour savoir se diriger sur le pont d'un navire en pleine nuit, ou faire les mesures qui s'imposaient pour se diriger. Rester en mouvement était la plupart du temps une nécessité pour ne pas se faire attaquer par des pirates ou d'autres personnages du même acabit... Aussi, savoir manipuler certains instruments dans la pénombre et y prendre des notes se révélait plus que nécessaire. C'était une aptitude vitale sans doute, et ce même si la mer était des plus paisibles, Talya devait avouer que le fait de pouvoir se déplacer sans torche par nuit claire et sans aide était toujours bon à prendre, aussi bien sur les flots qu'ailleurs. Trios seul savait combien de fois elle avait pu utiliser ses aptitudes pour se faufiler dans les rues de Tyrosh sans se faire prendre, réservant sa torche pour les périodes où le ciel nocturne était noir comme de l'encre !

« Je pense que la mer me convient bien d'avantage. avoua Talya, sur le ton de la plaisanterie. Aussi capricieuse et dangereuse puisse-t-elle être ! »

Les Montagnes Rouges étaient sans doute tout aussi dangereuses, c'était un fait. Combien de personnes s'y étaient rendues et n'en étaient jamais revenues ? La mer devait également être un pareil cimetière... Et pourtant, Talya s'y plaisait. Bien sûr, la jeune femme avait connu quelques tempêtes. A Tyrosh, qui n'en avait pas connu ? Cela n'empêchait pas la Princesse d'apprécier le fait de se trouver sur le pont d'un navire, voire au niveau de sa proue pour profiter du calme de la mer et des créatures qui se montraient parfois aux yeux des voyageurs de passage !

La jeune femme n'insista pas en voyant la réaction de l'autre personne qui se trouvait en ces lieux. Pour autant, Talya ne pouvait s'empêcher d'émettre des réserves sur le jugement de la Noirmont envers ses propres œuvres. Les artistes ne se satisfaisaient jamais de leurs créations. Il s'agissait sans doute là d'un fait universel. Il y avait toujours quelque chose à modifier, à améliorer. Un petit détail qui clochait... La Princesse avait connu ce sentiment de nombreuses fois. Il lui arrivait si souvent de trouver des fausses notes alors qu'elle jouait, là où les autres personnes présentes n'entendaient rien de particulier...

« L'Histoire de Dorne de la Princesse Nymeria à la Princesse Daenerys, par Mestre Alfar. répondit machinalement la Princesse. Si je ne peux pas nier l'intérêt de ce livre, je dois avouer que les batailles et les guerres y sont racontées avec une grande platitude. »

Sous la plume de cet homme, les guerres devenaient de simples données chiffrées, sans doute faussées qui plus est. Si Talya ne savait que trop bien qu'il ne s'agissait-là que d'un abrégé, il restait fort dommage de se limiter à quelques chiffres et à quelques mots pour décrire des batailles qui avaient forgé Dorne ! Et que dire du manque de détails dont souffraient certaines parties ! Si les Dragons n'avaient pas été aussi imposants, sans doute auraient-ils été oubliés eux-aussi !

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