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La Gazette pour les lunes 9, 10 et 11 est disponible par ici Le voyage est un retour vers l'essentiel 3725701551
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 Le voyage est un retour vers l'essentiel

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L'Ours du Sud
Jorah Mormont
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MessageSujet: Le voyage est un retour vers l'essentiel   Le voyage est un retour vers l'essentiel EmptyMer 18 Sep - 10:28


Famille Mormont
An 302, lune 10, semaine 1



Son cœur cognant dans sa poitrine était presque douloureux tant il battait à tout rompre. Sa nervosité s’observait dans la raideur de ses épaules et l’immobilité rigide de sa silhouette sur le pont du navire. Et bien que son visage demeurait impassible comme à son habitude, Jorah avait rarement été aussi nerveux. Les rivages de l’Île-aux-Ours étaient apparus voilà quelques minutes mais ils paraissaient encore bien trop lointain pour que son angoisse n’ait tout loisir de croître d’avantage. Dire qu’il était nerveux était un euphémisme. Parmi toutes pensées, une seule revenait à intervalle régulier : tout se jouerait aujourd’hui. Des années de regrets, de lutte, d’espoir allaient se résumer à cet instant où il poserait le pied sur le sable glacé. Il tentait en vain de s’empêcher d’imaginer l’accueil qui lui serait réservé.

Sa nuit avait été perturbée par de fréquents réveils et la journée était passé à une telle lenteur que son impatience se disputait à son appréhension depuis bien trop longtemps déjà. Il était littéralement à fleur de peau. Alors que l’après-midi était entamée, ils ne tarderaient plus à arriver et la progression du navire allait de pair avec l’agrandissement de la silhouette enneigée des collines rocailleuses de ses terres natales. Il ne sut combien de temps passa tandis que le drapeau aux armoiries de la maison Glover qui flottait au vent leur permit d’être identifié de la terre ferme. L’angoisse ayant finalement prit le pas sur l’impatience, il lui sembla que les minutes défilèrent soudain à une vitesse vertigineuse, pour les voir enfin appareiller au ponton.

« Nous v’la arrivé, Ser! » le prévint-on inutilement, la cécité n’ayant pas encore prit possession de son être.

Avec raideur, Jorah remercia le marin d’un léger signe de tête. Rassemblant ses maigres possessions, constituées d’un baluchon, de son arc et son carquois qu’il passa autour de son buste, par dessus son armure, il entreprit de descendre par la passerelle pour enfin poser pied à terre. Ces terres qui furent un jour sienne. Il posa un long regard vers les sommets de l’Île où reposait la modeste demeure des Mormont. Une foule de souvenir se rappelaient à lui. Il les enfouie au fond de son esprit, désirant garder l’esprit clair. Partout autour, de nombreux hommes descendirent en même temps que lui, habitué à ce rituel coutumier tandis que la capitaine donnait ses ordres. Il le rejoint bientôt et après un long soupir destiné à se donner du courage, Jorah lui emboîta le pas vers la terre ferme. Bien entendu, des gardes les attendaient au bout du ponton. Le chevalier put voir qu’ils étaient nombreux, aussi loin qu’il puisse observer, et lourdement armés. Quelques femmes se distinguaient dans les effectifs. Il reconnu là des mesures de sécurité importante. L’Île était sur le qui-vive, ce qui ne l’étonna guère.

« Bienvenue Capitaine ! » salua l’un d’eux, visiblement familier du bonhomme, en lui serrant la main avec chaleur tandis que Jorah se contenta d’un salue de la tête silencieux, « Vous nous ram’nez un peu de monde à ce que je vois ? »

Ce dernier, relativement jeune, adressa un regard interrogateur vers l’Ours déchu avant d’observer les autres arrivants derrière eux. Son coéquipier, en revanche, était plus âgé et fixa son attention sur lui, le dévisageant avec attention. Son regard dériva sur sa tenue et capta l’emblème de la famille sur son armure, il se fit alors plus dur tandis qu’il le relevait vers le visage du chevalier. Jorah sut instantanément qu’il l’avait reconnu et soutint son regard.

« Oui, une traversé fructueuse pour une fois. D’ailleurs … » dit le capitaine d’un air ennuyé en captant l’échange de regard, « J’vous ramène quelqu’un, qui, paraît-il est attendu par Lady Mormont. Voici Ser Jorah Mor... »

Sa voix mourut dans sa gorge tandis qu’il sentait le malaise s’installer. Il ne sut rapidement plus où se mettre. Le silence se prolongea alors que le jeune soldat vit à son tour l’emblème sur l’armure et observait Jorah, les sourcils froncés et la bouche pincée. Au comble de la gêne pour cette livraison visiblement tout sauf désirée par le peuple de l’île, le capitaine finit par bredouiller avoir des choses à faire avant de s’éclipser, les laissant seuls. De nombreux regards s’étaient tournés en leur direction, la plupart fronçant les sourcils d’un air désapprobateur. Ils s’étudièrent longuement avant que le plus jeune n’ouvre finalement la bouche.

« Vous êtes vraiment Ser Jorah Mormont ? » demanda-t-il, plus incrédule qu’agressif.

La question en sous-entendait une autre. Il se demandait visiblement quel folie le prenait de remettre les pieds sur cette île alors qu’il n’y était plus le bienvenue depuis longtemps. Jorah aurait bien été tenté d’approuver cette interrogation, tant le rejet qu’il sentait dans le regard des natifs fut violent. Oui, que faisait-il ici, n’est-ce pas ? Pourtant, il s’y attendait, il s’y était préparé. Ce n’était pas eux qui seraient les plus difficiles à convaincre, cependant. C’était dire l’ampleur de la tâche qui l’attendait. Le plus vieux des soldats lança un regard de reproche à son coéquipier, désapprouvant manifestement qu’il lui accorde le droit de porter encore le nom de leur famille seigneuriale. Il ne laissa pas le temps à Jorah de répondre qu’il cracha :

« Qu’est-ce qui nous prouve que Lady Dacey vous attend ? Pourquoi voudrait-elle de vous auprès d’elle après c’que vous nous avez fait ? »
« Je crois que cela ne regarde qu’elle. » répondit Jorah, ouvrant pour la première fois la bouche depuis qu’il avait posé pied à terre, « Je suppose qu’elle aura laissé des ordres à ce sujet. A moins qu’elle n’est changé d’avis sans m’en avoir informé ... »

C’était une possibilité mais Jorah connaissait assez Dacey pour savoir qu’elle aurait eut l’honnêteté de lui faire parvenir sa décision à un moment ou un autre, soit à Corneilla avant son départ, soit en envoyant un corbeau à son adresse à Motte-la-Forêt, là où il devait obligatoirement se rendre pour prendre le navire lui permettant la traversé. Ça n’avait pas été le cas et le chevalier nordien était donc confiant quant à ce qu’il affirmait et soutint son regard d’un air détaché. Le soldat lui lança un regard noir pour toute réponse, lui confirmant par là les ordres qu’il avait reçu.

« J’vous préviens, vous s’rez pas r’çu comme vous vous imaginez. » le menaça-t-il finalement, comme seule possibilité d’expression de sa désapprobation frustrée par la décision de son Seigneur, prenant la route du donjon.
« Je ne m’imagines rien de tel. » répondit Jorah, en toute sincérité, tandis que le jeune lui emboîtait le pas, « Je sais parfaitement à qui j’ai affaire et ce qui m’attend. »

Il dépassèrent la petite foule qui s’était formée à l’arrivée du navire et progressèrent ainsi vers le village, qu’ils traversèrent sous les nombreux regards le dévisageant. Si certains semblaient simplement surpris et curieux de voir débarquer un étranger en armure sur leur terre, d’autres le reconnurent instantanément. Les murmures s’élevèrent sur son passage, parfois assez audible pour qu’il en entendent le contenu destiné à le blesser. Leur colère était vive. Bien que ses émotions lui étreignaient le cœur, et probablement aussi la gorge, il n’en laissa rien paraître. Une part de lui savait mériter tout cela. Ce n’était pas eux qui lui importait le plus.

Son regard fixé sur le donjon en bois, Jorah progressait en silence, la partie libre de sa cape de fourrure voletant dans son sillon. L’angoisse ne l’avait pas quitté et se ravivait de plus belle. Arrivés au abord du village, un étrange duo leur barra le passage. Un ours, énorme, et une fillette juchée sur son dos les empêchait d’avancer. Cette dernière brandit un lance-pierre et l’arma avant de déclarer :

« Plus d'étranger ! Repars ou j'agirais. »

Jorah l’observa longuement. Très jeune, probablement dans les cinq ans, blonde et les cheveux bouclés, elle était passablement crasseuse mais malgré tout ravissante. Ses yeux étaient bleus et alors qu’elle le fixait avec détermination, il reconnu Dacey dans ses yeux identiques à ceux de sa cousine. Il avait en face de lui la fille aînée de Dacey, il en était certain. Cette réflexion, et sa contemplation, l’empêcha de répondre assez rapidement et il reçut un projectile dans l’épaule pour tout rappel.

« Je peux viser le visage. » prévint-elle, menaçante, en rechargeant de nouveau son arme, tirant des sourires aux deux soldats qui n'intervient pas le moins du monde.

Ils se décalèrent même, laissait le chevalier se débrouiller avec la gamine qui n’avait pas froid aux yeux. Jorah les observa brièvement faire, avant de reporter son attention sur l’enfant, en oubliant presque l’Ours sur lequel elle était juché. Il avait connu Neige, et il n’y avait aucune surprise à observer un ours domestiqué en ce lieu. La fillette le dévisagea en silence, le détaillant avec aplomb. Il eut un instant l’irrésistible envie d’esquisser un sourire, sûrement en raison de toutes ses émotions qui se partageait en lui et qui ne demandaient qu'à sortir, mais il se retint, conservant une expression neutre.

« Et pourquoi tu portes un ours sur ton armure, déjà ? » demanda-t-elle alors, « T'es pas un ours ! Je connais les ours. »
« J’ai été un Ours de cette île autrefois. Cette armure date de cette époque, et elle ne m’a jamais quitté. » répondit-il calmement, « Je suis venu rencontrer ta mère, jeune Maeve. Je suis ici à sa demande. »

Une étincelle fit briller le regard de l'enfant et un air suspect s’installa sur son visage juvénile. L’ours poussa soudainement un grognement peu avenant, manifestement sensible aux émotions de la fillette. Jorah détourna son attention d'elle pour observer la bête qui grognait dans sa direction. Il ne manquerait plus qu’il périsse sous les crocs d’un ours sur son île natale. Quelle ironie se serait !

« Qui t'as parlé de moi ? » demanda la jeune Mormont, sa drôle d’arme plus que jamais tendue dans sa direction.
« Ta cousine Marthe lorsque je l'ai croisé à Corneilla. » avoua-t-il en la regardant de nouveau mais gardant un œil attentif sur l'animal, « Et ta mère également. »

Soudainement, la bête sembla attirée par quelque chose et détourna son attention vers l’arrière, d’où progressait une silhouette se dirigeant dans leur direction. Jorah sentit son estomac faire une cabriole. La regardant approcher, il demeurait malgré tout déterminé à l'affronter.

Voilà que les Ours se rassemblent …


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« L'Île est sa rédemption. Sa volonté d'être pardonné. L'Île est le dernier ponton, la dernière escale avant rien. »
« Please. »
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MessageSujet: Re: Le voyage est un retour vers l'essentiel   Le voyage est un retour vers l'essentiel EmptyDim 22 Sep - 8:24


Famille Mormont
An 302, lune 10, semaine 1



La nouvelle s’était répandue sur l’ensemble de l’île de la même manière que le brouillard s’était épaissie au fil des jours. Epais, lourd, il étouffait les moindres tentatives de s’en extirper alors qu’il s’installait ici tel le fléau qu’il se fallait vaincre. Seule la tempête serait à même de s’en débarrasser, et encore, peut être parviendrait-il à résister à ses assauts pour élire domicile plus avant. Le souffle manquait à plusieurs reprises, avide de survie, il parvenait tout de même à s’engouffrer dans les bronches des insulaires pour leur laisser l’opportunité d’avancer, de survivre. A quel prix ? Seuls les souvenirs habitaient les Ourses et leurs protégés comme si ils feignaient la création d’autres. Ils se juxtaposaient dans les moindres recoins, rappelant combien la vie était paisible avant. Avant que tout ne bascule et délivre ce message terrible auquel personne n’avait été préparé. Certes, toutes avaient pu compris depuis bien longtemps que ce temps viendrait, mais aucune n’avait voulu ne serait-ce qu’en apercevoir le délai. Parce que tout était bien plus facile lorsque le présent l’emportait, lorsque les souvenirs veillaient à leur rappeler qu’ensemble elles tenaient debout. Alysane ne craignait en rien ce retour vers cette banalité, l’épreuve qu’elles subissaient ne faisait que démontrer combien elles restaient unies face au désarroi et au changement. Néanmoins, il persistait une gêne certaine quant au délai pour parvenir à ce temps là. Quand ? La patience de l’Ourse n’avait jamais été mise à aussi rude épreuve qu’en ces temps. Et ce fait n’avait de cesse que de s’accroître encore et encore alors que les situations lui donnaient l’impression de lui échapper. Rien ne serait plus jamais comme avant. Le mal avait rongé une partie bien trop importante de leurs âmes pour oser envisager le meilleur retour. La mère avait cette impression grandissante de perdre un peu plus sa fille chaque jour qui passe. Parce qu’elle se retrouvait incapable de savoir comment la consoler. Ou plutôt parce qu’elle se trouvait incapable de savoir comment se consoler elle-même pour fournir ce même soutien à son aînée. La gardienne de l’île se terrait dans sa tanière, s’isolait du reste, dans l’espoir de recouvrer cette force qu’on lui connaissait. Elle lui faisait défaut depuis la mort de sa mère, depuis l’absence marquée un peu plus chaque jour de celle qui avait été un pilier pour elle. Alors elle s’enfermait derrière sa colère, désirait déplacer n’importe quel obstacle dans le but de satisfaire cette haine qu’elle dissimulait, au risque de se blesser. Combien de temps cela devrait-il durer ? Elle se ressaisissait à chaque fois pour mieux replonger dans cet énervement quelques heures plus tard, parce que tout lui échappait. Et la nouvelle du retour de celui qui les avait trahis n’arrangeait en rien cette situation. Bien au contraire, cela l’empirait. Cependant, son avis n’avait pas eu lieu d’avoir eu une quelconque résonnance dans les débats de sa sœur et Seigneur. La décision avait été prise bien avant qu’elles n’aient eu le temps de faire leur deuil et prouvait d’une certaine façon combien Dacey œuvrait pour la paix de leur domaine. Les frasques s’étaient déversées sous des flots houleux, la plupart des habitants de l’île avaient du en entendre les bribes. Mais pourtant, Alysane se rangeait au côté de son aînée non sans lui avoir asséné sa fugacité aux travers d’un « Ton souhait, ta respons’bilité, j’veux rien à voir av’lui. ». Est-ce que leur mère aurait désiré cela ? Dans ses songes les plus enfouis, l’Ourse aurait souhaitée qu’elle se range de son côté, pourtant, elle la connaissait bien assez pour savoir que tôt ou tard ce jour serait venu. Le repousser était certainement le mieux, seulement, elle n’était pas en charge de le décider.

L’agacement n’avait eu de cesse de se lire jour après jour sur les traits tirés de la jeune femme. Aux mêmes images que ses sœurs, elle portait les stigmates de cette douleur qu’elle réfutait. Heureusement, Lyra avait pu les rejoindre pour supporter elle aussi ce dessein difficile. Elles tenaient toutes ensemble et ce même si Lyanna paraissait la plus faible d’entre elles. La jeune fille nécessitait d’un temps beaucoup plus long que ses aînées pour se sortir de cette torpeur. Et il y avait des moments, où certes, il était très énervant de la voir se morfondre de cette manière. L’épuisement mettait en évidence des séries de querelles derrière lesquelles se dissimulait la tristesse et le manque de patience. Toutes ressentaient ce besoin de changement, d’une sorte de renouveau grâce auquel elles pourraient entrevoir autre chose. Mais le brouillard persistait. L’on pouvait même le tailler au couteau, qu’il ne bougeait pas d’un pouce. Heureusement que ses enfants se portaient bien et qu’Edrick reprenait des forces. Cela aidait énormément l’Ourse à avancer ou du moins à apaiser ses colères dans les moments les plus difficiles. Car malgré son silence anormal, il n’en restait pas moins qu’elle avait besoin de leurs présences à tous. Tout comme elle avait besoin des présences de ses sœurs et de leurs oursons. Tout n’était qu’une succession de parallèles contradictoires qu’elle ne comprenait pas. Alors envisager le pardon lui paraissait complètement infaisable. Pas alors qu’elles venaient tout juste de perdre leur mère et surtout pas face à cet Hiver.

Le discernement des voiles en approche l’informait de l’arrivée de ce navire qu’elle reconnaissait. Les nouvelles marchandises permettraient de remplir les greniers pour quelques semaines supplémentaires. La survie des siens s’assurait de cette manière, en plus d’autres pratiques bien connues du Nord. Ce fut dans cette optique que l’Ourse se décida d’aller en direction du port, afin d’apporter son aide dans le rangement. Ainsi, elle se confondait avec son berceau, prouvant que les Mormont demeuraient intactes malgré tout. Laissant ses enfants en bas âge sous l’autorité de la Fleurette, la jeune femme prévint son compagnon de ses intentions et en profita pour s’occuper de Neige. Cette ourse tant aimée de feue sa mère, lui rappelait combien il lui avait été difficile de pouvoir accepter Guerrier dans les premiers temps. Ce dernier le lui rappelait sans vergogne à chaque fois qu’il s’installait sur les monticules de bûches qu’elle venait tout juste de terminer. Aussi sa relation avec Neige différenciait pour beaucoup celle qui se comparait à l’ourson. Et toutes deux partirent l’une derrière l’autre en direction du port. Les pas de la mère s’apparentaient à ceux de l’ourse derrière elle. Lourds, lents, ils reflétaient cet état d’esprit qu’elle alimentait depuis plusieurs jours. Elle arrangeait les fourrures qu’elle portait en couche épaisse sur ses épaules au moment où elle crut reconnaître l’intonation de sa nièce, Maeve. Rapidement l’un de ses sourcils se releva doucement, songeant, déjà, aux diverses aventures devant lesquelles la petite tête blonde allait probablement lui rapporter les détails les plus courageux. Cette enfant prouvait, comme pouvaient le faire Petit Ed, Joer et Benjen, combien il était facile de continuer. Leur tristesse paraissait si éphémère qu’il arrivait à Alysane de les envier pour cela. Ainsi sa force lui serrait revenue intacte depuis bien des nuits. Sa réflexion fut rapidement tarit pour disparaître au moment où elle entendit du grave répondre aux aigus de la petite. Sa distance lui empêchait de distinguer les voix et donc les paroles qui s’en découlaient néanmoins ce timbre se rappelait à elle comme une claque qu’elle prenait en revers sur sa figure. L’Ourse s’arrêta de manière nette, stoppant au passage les pas de la bête derrière elle, alors qu’elle n’était pas encore vue. Devait-elle faire demi-tour ? Certainement pas ! Elle était chez elle et lui… La colère gonfla ses poumons et s’inscrivit derechef sur son visage. « J’compte sur toi pour m’suivre ! » adressa t-elle sur un ton ordonnateur à Neige avant de poursuivre sa route. Cette fois-ci, son pas se révélait beaucoup plus lourd et sûr, à l’image de ce qu’une Mormont était à même de dévoiler pour dissuader tout étranger de pénétrer sur leur île.

Et elle ne porta pas même un regard devant cette silhouette qui se rapprochait de plus en plus devant elle. Reconnaître sa présence l’indignait et la décevait au point qu’elle ne désirait en rien le voir. « L’tranger connaît l’ch’min, l’a pas b’soin d’toi. » interpella la tante derrière sa nièce, flanquée de plus prêt par Neige. « T’f’rais mieux d’venir m’aider. » Elle venait tout juste d’arriver à sa hauteur et lui montrait la direction du port à l’aide de son menton avant de porter un regard vers les deux gardes présents. Mais forcément la petite Maeve voulait en connaître davantage sur la personne devant elle. « Non y a déjà assez de tas de bois. » commença t-elle tout en regardant sa tante. « Je dois le surveiller, les étrangers sont dangereux. » « On va pas au tas d’bois, on va p’nser aux autres ! » rétorqua la tante tout en sachant que son message toucherait aussi bien sa nièce que celui qui se présentait devant elles. « Moi je pense à maman, je dois protéger maman. Arrête de me déranger et vas-y toute seule. » Cette réponse prouvait à Alysane combien l’enfance engendrait des états dénués de toute moralité. Pourtant, elle ne sembla en rien s’en offusquer et se contenta simplement de reprendre son chemin « Comm’t’veux, juste qu’l’tranger l’est pas dang’reux, c’t’un sudiste rien d’plus. » Cette fois-ci son regard croisa celui de l’homme devant elle. Fermée, elle le percuta au niveau de son épaule pour passer son chemin en compagnie de Neige et se contenta simplement d’aller en avant comme si elle n’avait rien vu. La colère se faisant, ses oreilles bourdonnaient avec intensité, l’empêchant d’entendre la dernière remarque de la petite Maeve. « Tante Aly, tu veux pas m’aider à le renvoyer sur son bateau ? » Une autre Mormont l’aura probablement entendu, puisque la nouvelle avait du se répandre comme ce même brouillard qui dissimulait la gardienne de l’île.


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Ours grognon aux enfants mignons .Forte personnalité aux reflets argentés. Impatiente mais souriante, tu apportes la joie sous ton toit .Ours au fort caractère qui veille sur ses terres
merci Edrick
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MessageSujet: Re: Le voyage est un retour vers l'essentiel   Le voyage est un retour vers l'essentiel EmptyDim 22 Sep - 15:59


Famille Mormont
An 302, lune 10, semaine 1



Les yeux clos, la Mormont se concentrait sur ses sensations. Le froid mordant qui engourdissait ses pommettes, le vent qui sifflait dans ses oreilles et les pâles rayons de soleil, peinant à percer les épais nuages, qui apportait un peu de lumière derrière ses paupières. Ce n'était que des ombres qui défilaient, des voluptes sombres qui se mouvait à chacun de ses mouvements de tête. L'insulaire avait arrêté son entraînement, enlevant son bandeau, déposant ses armes aux sols, elle restait dans ce silence contemplatif, se délectant de ce bref moment de paix. Car au milieu des bruissements des feuilles, Jorelle entendit des cris d'enfants et toute son attention se tourna alors vers eux. Elle essayait de déterminer à qui cette voix perçante appartenait, mais le prénom fut vite dévoilé : « Mève ! Tu criches ! ». Bien que la petite fille protestait avec vigueur, Edwin continuait à défendre son point de vu : « Tu vas pas t'faire attraper toua ! Monter sur g'rrier c'est cricher ! ». Et la dispute continua avec cette même volonté... Puis, sans aucune envie, la Mormont ouvrit les yeux et aperçût l'ours de Dacey filer dans le village, la jeune Maeve sur le dos.

Jorelle souriait, un peu bêtement devant la mine déconfite de son fils adoptif, s'abaissant à sa hauteur, elle caressa son nez de ses mains gelées. Pourtant, même si elle ne s'était pas annoncée, l'enfant n'avait pas sursauté, mais avant qu'il puisse dire quoi que ce soit, l'insulaire le questionna : « c'est l'heure du bain c'est ça ? ». Le petit bonhomme fit une légère mou et lâcha un « moui » plein de tristesse, « c'est toujours moua le pr'mier. Ch'ui pas assez rapide ». Toutefois, bien que cela semblât réellement dramatique pour lui, elle ne put s'empêcher de pouffer de rire : « faut être plus malin, pas plus rapide ». Jamais Jorelle n'aurait imaginé pouvoir être aussi affectueuse avec cet enfant, car justement, il était à elle. Ce manque d'instinct maternel n'avait rien avoir avec ses origines, mais la Mormont avait toujours été comme cela. Les bambins ne l'attiraient pas, certes, elle faisait l'effort pour ses neveux et nièces, elle avait participé à leurs éducations, mais c'était tout. Elle ne les aimaient pas et ils lui rendaient bien. Elle se rappelait le jour où un mioche lui avait mordu la jambe. Non, jamais elle n'aurait cru agir de la sorte sans y être forcé. Depuis la disparition de sa Maege, l'insulaire avait adopté un tout autre comportement, peut-être parce qu'elle savait ce que c'était d'avoir une mère absente et qu'elle refusait de lui faire subir la même chose. Jory pouvait faire l'effort pour ce petit sauvageon. D'être meilleur, car elle était là son aspiration, dépasser ses limites.

Comme l'avait prévu l'ourson, la Fleurette l'attrapa bien vite et lui, sous les conseils avisé de son aînée, devint plus malin : « Mève s'ballade avec g'rrier » dit-il avec un air innocent. Une seule phrase avait changé les plans de la nourrice, elle le confia alors à une autre servante et Jorelle proposa de l'aider pour la retrouver. L'héritière de l'île aux ours était douée pour se dissimuler, mais elle l'a connaissait suffisamment bien pour savoir où elle se dirigeait. Toutes deux arpentaient les chemins escarpés et virent au loin l'ours qui ne bougeait guère. Il semblait y avoir Alysane, en compagnie de Neige, mais elle n'en était pas sûr. Le brouillard s'était levé.

La Mormont avança droit devant elle, se rapprochant de sa position. La jeune fille semblait viser quelqu'un avec son arme de prédilection. Rien de plus normal dans la vie de cette oursonne, à vrai dire, toutefois, la Fleurette fit craquer une branche sous son poids ce qui fit immédiatement réagir Jorelle. Instinctivement, elle fit un pas rapide vers le côté. Elle avait déjà subi les impulsivités de sa nièce, Maeve était... prompt à tirer, mais malheureusement, elle n'eut le temps de prévenir la Fleurette qui était sur ses talons. Comme elle l'avait envisagé, les doigts de la petite oursonne cédèrent sous l'étonnement et la pierre fila telle une flèche. La nourrice se prit le caillou dans l'épaule et se mit alors à crier, autant par douleur que par peur. Il faut dire qu'elle ne s'était pas attendue à se faire canarder par son propre camp. Se frottant l'épaule, la rouquine observa la jeune fille qui lâcha un « oups » avec cette moue enfantine. Ce à quoi elle répondit, avec une voix plaintive : « Bien visé lady Maeve ». Mais son visage, qui était déformé par la douleur, se métamorphosa par la surprise, car contrairement à Jorelle qui ne l'avait pas encore remarqué, Robyn avait reconnu l'homme qui se tenait devant l'ours dompté. Les joues légèrement rouges, elle fit une révérence de la tête pour saluer l'ours déchu : « nous vous attendions plus tôt Ser Jorah » constata-t-elle avec une neutralité bienveillante, « je vois que vous avez eu le droit à un accueil... chaleureux ». Puis son attention se concentra sur l'héritière de l'île qui descendit de guerrier et qui lui murmura : « surveille-le, j'dois amputée le bras de la Fleurette et j'reviens ». La jeune fille lança un regard noir à Jorah et avertis sa tante avec force en prenant la main de la nourrice : « c'est un ours étranger et sudiste ! Fait attention ». Ayant toujours la main sur son épaule, elle suivit de près l'oursonne qui commençait à lui tirer le bras, mais elle se retourna une dernière fois pour ajouter : « bienvenu chez vous » avec ce sourire qui l'a caractérisait tant.

Durant tout ce temps, Jorelle était resté silencieuse, caressant la tête de guerrier, elle observait la scène qui était à ses yeux... étrange. Les sourcils levés, mais le front plissé, elle fixait Jorah, puis la Fleurette avec perplexité. Elle ne se rappelait pas que les deux avaient été amis, ou quoi que ce soit d'autres d'ailleurs. Et que dire de ce : bienvenu chez vous qui la rendait indécise, car dans les faits, n'était pas si faux que cela. Jorelle restait face à lui, dans ce silence qui devenait presque gênant, car elle ne savait pas vraiment quoi dire. Pourquoi ce n'était pas Lyra qui était là ? Jorelle arrêta de caresser l'animal pour croiser les bras, tout en reculant légèrement comme pour fuir doucement ces retrouvailles plutôt embarrassantes. Guerrier en profita alors pour ouvrir grand la gueule, montrant ses dents et postillonnant sur l'ours déchu. Certains passant se retournèrent, sursautant, tandis que d'autres se mirent à rire, Jorelle, elle, restait impassible. Après tout, si le Jorah prenait peur, c'est qu'il était définitivement plus un Mormont. Puis l'ours s'assit dans un bruit sourd, se mit à bâiller dans un râle bruyant et lécha la joue de Jory : « et bien on va pas rester là toute la journée, j'présumes qu'on va au même endroit... » dit-elle en s'essuyant avec un morceau de sa cape, la tête déconfite.


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MessageSujet: Re: Le voyage est un retour vers l'essentiel   Le voyage est un retour vers l'essentiel EmptyJeu 17 Oct - 9:39


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La silhouette féminine d’Alysane s’approchait d’un pas lourd, suivi de celle plus lourde encore d’un ours bien connu, mais Jorah remarqua d’emblée la détermination dont la jeune femme faisait preuve pour éviter de le regarder. Non, elle ne détournait pas le regard lâchement, il n’était juste qu’un élément du décor indigne de son attention. L’avait-elle seulement vu ? Il s’était longtemps demandé quel serait sa réaction lorsque leur regard se croiseraient. Elle était la dernière des Ours qu’il n’eut revu depuis son exil. Il l’imaginait la plus en rogne à son propos. Elle était la plus protectrice, la plus portée sur la famille. Il n’était même pas certaine qu’elle puisse lui pardonner un jour ce qu’il leur avait fait.

Les mots durs qui franchirent la barrière de ses lèvre confirmèrent ses doutes. Elle avait très bien vu ce qui se jouait sous ses yeux. Elle savait pertinemment qui il était. Son indifférence lui serra le cœur mais il comprit également qu’elle acceptait, plus ou moins, son retour bien que de mauvaise grâce. Elle savait parfaitement où il se rendait, et qu’il y était attendu. Il n’était pas naïf au point d’imaginer que sa volonté d’éloigner la jeune Maëve soit en sa faveur, afin de le débarrasser de cet obstacle. Non, à dire vrai, il le prenait plutôt comme un désir d’éloigner l’enfant d’un danger qu’il représenterait pour elle. Bien qu’il méritait cette méfiance, il ne put empêcher ses émotions de l’étreindre. Se savoir étranger, et le constater de ses yeux n’avaient pas la même portée. S'il l’avait deviné avant, il en était maintenant certain, ce retour au source ne serait pas de tout repos.

Cette impression s’en trouva renforcer lorsque la jeune Oursonne refusa l’invitation de sa tante à la suivre, ne l’entendant pas de cette oreille, et prétextant devoir protéger l’île des dangereux étrangers. Elle parlait de lui. Jorah Mormont, l’indubitable étranger, le paria, le rien. La réplique de l’aîné lui apparu comme une nouvelle pique à son encontre. Pourtant, elle ne l’avait toujours pas regardé, à se demander si il ne développait pas une paranoïa. Le regard fixé sur elle, l’Ours déchu la regarda reprendre son chemin, suivi de Neige. Alors qu’elle se trouvait tout proche, leurs regards se croisèrent enfin. Le sien n’exprimait que méfiance et colère. Le visage fermé, elle le dépassa, percutant son épaule. Il reçu ce geste comme une claque, tandis qu’il fit deux pas en arrière afin de laisser passer l’ours qui la suivait et qui était visiblement peu disposé à le contourner. Le visage du chevalier s’était figé. Pendant ce temps, la jeune héritière de l’île interpellait sa tante, tentant de la retenir mais Jorah put observa le dos de cette dernière au loin, tandis qu’elle s’éloignait en direction des plages, indifférente aux appels de sa nièce.

« Alysane ... » appela-t-il à son tour d’une voix faible, sans même savoir ce qu’il attendait en retour.

Il ne reçut pas plus de réponse. Peut-être était-ce mieux ainsi ? Au lieu de le dépasser à son tour, Neige s’arrêta un instant à sa hauteur, reniflant son odeur un petit moment comme si il cherchait à vérifier qu’il était bien cet homme qu’il avait autrefois connu, avant de reprendre sa route d’un air pataud. Il le regarda faire, le visage plus fermé que jamais, avant de le suivre du regard, lui et sa nouvelle maîtresse qui s’éloignaient toujours plus. Il tentait d’ignorer les regards des deux soldats sur lui, ne voulant par leur donner la satisfaction de deviner ses pensées. Il finit pourtant par poser ses yeux au sol, une boule dans la gorge, tentant de digérer cette brève rencontre qui, si elle ne s’était pas si mal déroulée compte tenu du contexte, ne restait pas moins le reflet de ses erreurs et du chemin qu’il devait encore parcourir pour retrouver l’estime des siens.

Ce ne fut que lorsqu’il entendit une exclamation de douleur qu’il releva brusquement la tête, se rappelant soudain à la maigre menace que représentait la petite blonde. Son regard tomba pourtant sur la Fleurette et il resta un moment interdit. Une question idiote lui traversa l’esprit : Que faisait-elle ici ? Tout à sa surprise de la retrouver, car il n’avait pas imaginé un instant la revoir bien que cela relevait d’une évidence certaine, il la regarda se frotter l’épaule. La jeune Maëve avait visiblement atteint une cible moins bien protégé que lui-même avec son armure, et avait fait mouche, une fois de plus. A en croire l’air coupable de l’enfant, elle ne l’avait pas fait exprès, ou en tout cas n’avait-elle pas reconnu sa cible immédiatement. La rousse remarqua soudain sa présence, et sembla partager sa surprise. Jorah ne put empêcher une interrogation de franchir ses lèvres :

« Robyn ? »

Ils s’observèrent un instant, avant qu’elle ne le salue, les joues soudain rosées. Il eut comme une étrange impression de déjà vu, mais la chassa rapidement tandis qu’il accueillit ses mots avec une drôle émotion qu’il ne chercha pas à comprendre. Elle n’avait pas changé d’un pouce et il reconnu immédiatement la bienveillance contenue dans sa voix. Sa plaisanterie le sortie de sa torpeur.

« Oui, je ... J’ai effectivement fait connaissance avec la jeune Lady Maeve. » répondit-t-il enfin avec un sourire un peu forcé, « J’ai fais au plus vite compte tenu de la saison et du chemin à parcourir depuis Corneilla. » se sentit-il obligé d’ajouter sans en connaître réellement la raison.

Il ne sut qu’ajouter tandis que l’Oursonne rejoignait sa nourrice et l’emmenait avec elle. Sa vieille amie, ou du moins l’avait-elle été, prit malgré tout le temps de lui souhaiter la bienvenue avant de s’éloigner. Il se contenta d’un signe de tête en remerciement alors qu’il remarquait enfin la présence de Jorelle à ses côtés, tout prêt du jeune ours sur lequel était jusqu’ici perché l’enfant. Cette dernière les observa, semblant se demander ce dont elle était témoin. Le silence s’installa, gênant, chargé des non-dit du passé et de l'étrangeté du contexte présent, tandis qu’elle caressait l’animal.  

« Jorelle. » la salua-t-il, rendu encore moins confiant qu’il ne l’avait été à leur retrouvaille à Corneilla, c'était dire !

Elle croisa alors les bras et soudainement, l'animal cracha dans la direction du chevalier. S’il fut surprit, il resta malgré tout stoïque devant l’évident rejet de l’animal. Des rires s’élevèrent autour, et notamment de la part des soldats l’accompagnant. Jorah tourna son regard dans leur direction, les fixant tour à tour d’un air impassible. Le plus jeune soldat, soudain mal à l’aise comme prit en faute, se sentit obligé de se racler la gorge. Son compagnon soutint son regard, pas impressionné le moins du monde. La voix de sa cousine ramena finalement tout le monde à la réalité et Jorah retourna son attention sur elle. Il accueillit son invitation à reprendre route avec soulagement.

« Bien entendu. Allons-y. »
dit-il alors qu’il emboîtait le pas aux deux soldats qui reprirent la route sous les pseudo-ordre de leur lady.

Ils entreprirent alors de grimper la partie la plus escarpée du chemin, rejoignant progressivement le donjon. Concentré sur son souffle, Jorah garda la silence, observant avec attention son environnement. Il connaissait désormais la position de Jorelle quant à sa personne, et savait pertinemment qu'elle ne désirait nul échange plus poussé avec lui. De plus, il avait besoin de cet instant pour se ressaisir et se recentrer sur ce qui l'attendait encore. Cette étrange impression de nouveauté superposée à ses souvenirs reprit place au fur et à mesure qu'ils progressaient. Les vieilles images affluèrent dans son esprit. Ils franchirent finalement les portes de la demeure. Son regard s'attarda un instant sur la statut à son entrée. Il peinait à croire qu’il était de retour chez lui.


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MessageSujet: Re: Le voyage est un retour vers l'essentiel   Le voyage est un retour vers l'essentiel EmptyLun 18 Nov - 16:52

Le voyage est un retour vers l'essentiel

An 302, Lune 9, semaine 4



Jorah Mormont & Famille Mormont

Assise bien droite dans une chaise recouverte d’une peau de chèvre usée, Lyra lisait. Ses yeux gris parcouraient sans vraiment d’entrain les lignes serrées, à la calligraphie appliquée, d’un lointain mestre lié à la famille Mormont. Un instant d’inattention et elle dut se reporter à la page d’avant alors qu’elle se rendait compte qu’elle venait de lire quatre fois la même phrase et qu’elle avait de fait oublié la précédente. De quelle chronologie de l’Île aux Ours s’agissait-il déjà ? Elle l’ignorait et l’absence d’intérêt ne la poussa pas à vérifier - une fois encore - la date du carnet de cuir. Elle étouffa un bâillement et se résolut à fermer sans bruit le calepin et à le laisser reposer sur ses genoux tandis qu’elle étirait ses pieds devant l’âtre. Le feu glouton grignotait sans relâche les bûches dont les os craquaient d’être ainsi dévorés. La brune fit gigoter ses orteils nus qui projetèrent de grandes ombres sur le mur de pierres à côté d’elle. Un chat vagabond qui s’était introduit dans la forteresse de rondins s’écrasa sur le mirage, ses griffes crissant sur cette proie qu’il n’attraperait pourtant jamais. L’archère s’amusa quelques secondes de le voir ainsi désœuvré, mais mit fin à ce petit jeu, peinée de voir le félin s’échiner en vain.

« Allez, viens me voir, » l’appela-t-elle en prenant cette voix trop aiguë qu’elle utilisait toujours pour parler à Mouton, son chien. « Minet, minet… »

Mais l’animal ne lui accorda même pas un regard, lui présenta son derrière et s’enfuit en direction des cuisines après un dernier regard mauvais vers les ombres désormais évanouies. L’archère souffla de ce soupir las que les gens malheureux lâchent parfois. Elle enfouit ses pieds entre les poils de l’épaisse fourrure d’ours qui recouvrait les dalles noires et ferma les yeux.

Depuis son retour sur l’Île aux Ours, elle peinait à se concentrer. Son âme trop occupée par les récents tourments de la vie l’empêchait de se fixer nettement sur une tâche et sa grossesse compliquée n’arrangeait rien. Condamnée à garder le lit, comment ne pouvait-elle pas songer à sa mère ? Comment ne pouvait-elle pas s’inquiéter pour sa jeune sœur Lyanna qui semblait inconsolable ? Comment ne pouvait-elle pas prier les Anciens Dieux pour la protection de Brandon, parti en direction de Winterfell pour protéger le Nord des sauvageons ? Et comment ne pas penser à ce bébé qu’elle aimait déjà tant et qui menaçait chaque jour de s’échapper ?
Malgré tout, elle se sentait chez elle et de voir ses sœurs suffisait, pour l’instant, à l’apaiser et à la distraire le jour. La nuit, en revanche, les mauvaises pensées l’assaillaient et chaque matin, elle redoutait le crépuscule suivant.

Des éclats de voix la tirèrent de sa torpeur. Le chien de berger y répondit bien vite par des aboiements d’alerte. Ses sœurs et leurs enfants étaient dehors, mais les voix ne ressemblaient en rien au brouhaha habituel qu’ils généraient.
Instinctivement, Lyra voulut se redresser, mais un coup de pied agacé lui ébranla les entrailles. Elle se rassit bien vite en fronçant les sourcils. Un grincement et un courant d’air glacé lui indiqua que quelqu’un venait de rentrer dans le grand hall de bois.

« Alysane ? » héla-t-elle en se dévissant la nuque pour regarder derrière elle.

Mais c’était bien une silhouette masculine qui se tenait là, dans la clarté du jour. Lyra cligna des yeux, ses pupilles habituées à la pénombre ne discernant pas nettement les traits du nouvel arrivé.

« Jorah ? » s’étonna-t-elle. Il semblait aussi éberlué qu’elle, à observer tantôt la maison des ourses, tantôt la fille de sa tante.

Son cousin arborait son armure où l’insigne de l’ours éclatait. Ses yeux éreintés par le voyage reflétaient étrangement l’âme fatiguée de la troisième ourse. Et l’espace d’un instant, ce fut comme s’il n’était jamais parti. Comme s’il avait toujours été ici, dans le hall sombre, mais chaleureux de la demeure des Mormont. Comme s’il rentrait simplement d’un court voyage…
Mais les regards froids de ses sœurs, restées dans l’entrebâillement de la porte, la rappelèrent bien vite à la réalité. Ainsi, elles n’étaient pas au courant, elles non plus. Elles hochèrent la tête dans sa direction et repartirent dans le halo blanc de l’extérieur, désireuses de s’éloigner rapidement de ce cousin indésirable. Sous ce nouvel éclairage, Jorah ne semblait pas à sa place. Comme un étranger qui jurait dans le paysage. Comme si Lyra avait oublié qu’il avait un jour appartenu à cet endroit.
Elle se sentit tentée d’agir comme lui incombait les lieux. Froidement. Avec indifférence. Dans une colère muette. Dans le Conflans, le territoire avait été neutre, vierge de tout passé honteux. Ici, sur l’Île aux Ours, les choses étaient différentes. L’histoire suintait des murs, hurlait dans la forêt, faisait frémir les villages… Mais la chasseuse était lasse d’amertume. Son cousin ne devait pas subir ce qu’elle lui avait déjà pardonné, peu importait l’endroit. Le moment de flottement persista quelques secondes toutefois. Elle, ne sachant que dire, et lui encore surpris de se trouver ici.

« Je ne savais pas que tu devais venir… Tu ne m’as donc rien dit ! » le gronda-t-elle gentiment.

Ils s’étaient vus lors du mariage de Sansa Stark à Corneilla. « Il y a une éternité… » songea-t-elle. « Et il y a seulement quelques lunes. » Lyra avait espéré que l’ancien héritier repartirait avec elles dans le Nord. Un rêve bien naïf qui c’était bien sûr soldé par une nouvelle séparation. Bien que cela lui ait fendu le coeur, elle avait bien convenu qu’il s’agissait de la meilleure décision à prendre. Pour le moment. Et il semblait que ce moment avait pris fin. Mais était-ce Jorah ou Dacey qui en avait décidé ainsi ? Son aînée ne lui avait fait part d’aucune visite familiale.

« Je m’excuse de ne pouvoir t’embrasser, » dit-elle en retenant un sourire. « Je n’arrive pas à me lever ! Décidément, je ne sais pas comment t’accueillir ! »

Elle gloussa en tenant son ventre, déjà imposant malgré les cinq lunes de grossesse. Son petit gabarit ne facilitait pas les choses. Lorsqu’elle avait quitté Jorah, elle ne savait même pas qu’elle était enceinte. Et voilà qu’il la retrouvait toute maladroite et bedonnante. La situation était tellement incongrue. Jorah, de retour sur l’Île aux Ours. Avait-on déjà entendu pareille farce ? Une farce bien heureuse, malgré tout.

« Que viens-tu faire ici ? » lui demanda-t-elle sous l’apparence de la conversation, l’inquiétude perçant pourtant dans sa question. « Ne te méprends pas, je suis heureuse de te voir ici, mais… Je croyais que… Dacey sait-elle ? »

Il venait de se jeter dans la gueule des ourses en totale conscience et Lyra ne savait ce qui ressortirait de son entretien avec la nouvelle dirigeante de l’Île aux Ours ni ce que son cousin espérait.

 


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MessageSujet: Re: Le voyage est un retour vers l'essentiel   Le voyage est un retour vers l'essentiel EmptyVen 29 Nov - 11:41


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Le souffle un peu court sous l’effort qu’il venait de faire en grimpant jusqu’ici, Jorah s’arrêta dans le hall, le regard parcourant les lieux d’un air tranquille. Pourtant, il peinait à maintenir son impassibilité habituelle. Rien ne semblait avoir changé. Les meubles, les décorations sommaires et les odeurs lui semblaient identiques à son souvenir. Les images affluèrent de nouveau, le frappant de plein fouet. Une émotion étrange – était-ce de la peine ou de la joie ? - l’étreignit, tant et si bien qu’il en oublia ceux qui l’accompagnait. Il ne vit pas Jorelle s’éloigner, peu désireuse de poursuivre cette rencontre à présent qu’ils étaient arrivé à destination, ni même les soldats qui l’encadraient toujours, tandis que les fantômes de son passé reprenait vie sous ses yeux. Son attention était toute tourner sur les lieux, il ne savait s’il se sentait enfin à sa place, ou au contraire en total décalage avec le lieu. Soudain, une voix attira son regard, par la porte menant à la pièce principale, et il en aperçu la source.

Prêt du feu, Lyra était assise. Surpris de la trouver là alors qu’il s’attendait à rencontrer Dacey, son regard chercha alentour à la recherche de cette dernière. Sa jeune cousine demeurait seule, cependant. Elle l’observait avec étonnement, faisant étrangement écho à sa propre surprise. Le temps sembla se suspendre, alors qu’il se perdait de nouveau dans la contemplation des lieux, son regard passant du décor à la silhouette au coin du feu, comme pour tenter de remettre de l’ordre dans ses idées. Mais rapidement, son regard s’attarda sur elle et il fronça les sourcils, l’observant avec plus d’attention. Cette dernière reprit la parole, le grondant gentiment et la bienveillance du ton qu’elle employa l’incita à s’approcher alors qu’il n’avait encore dit mot, cherchant à déceler ce qui avait changé chez elle depuis leur dernière rencontre. Les deux soldats restèrent en retrait, visiblement incertains quant à l’attitude à adopter, tant l’acceptation de la jeune Mormont à la présence pourtant l’indésirable de l’Ours déchu était palapble.

Alors qu’elle s’excusait de ne pouvoir venir à sa rencontre, riant nerveusement de la situation, les rouages de son esprit se mirent en place et son regard tomba sur les mains de sa cousine, protégeant un abdomen légèrement proéminent. Fixant ce ventre, partagé entre choc et fascination, il s’approcha jusqu’à venir s’agenouiller en face d’elle.

« Lyra. » murmura-t-il, en relevant les yeux vers son visage, un peu hébété.

C’était une chose de découvrir après coup la maternité de ses cousines, s’en était une autre que de le constater et de le vivre en personne. Une preuve de plus que le temps avait passé et qu’il ne l’avait pas vu filer. Elle ne lui laissa pourtant pas le temps de réagir plus, l’interrogeant sur les raisons de sa présence. Elle sembla inquiète et il la rassura d’emblée.

« C’est Dacey qui m’a invité à venir. Enfin, elle … disons qu’elle m’a imposé un ultimatum que je ne pouvais -et ne voulais- refuser. » répondit-il évasif, se rappelant soudain à la triste raison de sa présence. Incapable d’ignorer sa découverte, il reprit pourtant, éloignant l’ombre de Maege de ses pensées : « Par les Anciens Lyra, je ne savais pas. Depuis quand ? »

Il se senti immédiatement idiot d’avoir exprimé cette réflexion à voix haute. Bien entendu qu’il ne pouvait le savoir. Ils ne s’étaient pas vu depuis Corneilla et rien n’indiquait à l’époque qu’elle puisse porter la vie en elle. Rien qu’il n’ait pu déceler en tout cas. Le savait-elle déjà à ce moment-là ? Il l’ignorait. Mais il était désormais évident qu’un enfant grandissait en son sein au vue de la rondeur qu’affichait son ventre.

« Je-, mes félicitations. » s’entendit-il prononcer par automatisme, « Est-ce que Brandon est ici avec toi ? »

Si la nouvelle ne pouvait être que source de joie, elle provoqua malgré tout sa peine. Non pour lui-même, mais bien pour elle, car cette grossesse arrivait au pire des moments dans sa vie de femme. Elle, qui venait de perdre sa mère, s’apprêtait désormais à en devenir une à son tour. Nul doute que l’absence de Maege devait lui peser plus fortement encore. Un triste coup du sort. Il se sentit soudain incertain, ne sachant comment traduire par les mots ses pensées, sans se montrer maladroit. Hésitant un instant, il posa finalement sa main sur son avant-bras.

« Je suis désolé que tu ne l’ais appris dans ces circonstances. » ajouta-t-il finalement.

Je suis désolé tout court aurait-il eut envie d’ajouter. Leur regards se croisèrent. Il n’osa pas.


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MessageSujet: Re: Le voyage est un retour vers l'essentiel   Le voyage est un retour vers l'essentiel EmptyJeu 2 Jan - 6:00

Le voyage est un retour vers l'essentiel

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Jorah Mormont & Famille Mormont

Derrière eux, le chat, étonné et agacé par tout ce vacarme était sorti des cuisines. Il s’assit à une distance qu’il jugea appropriée et lécha ses babines encore blanches de lait. Il s’intéressa quelques secondes au spectacle avant de bâiller et de fermer ses gros yeux jaunes. Il ne les rouvrit que quand Jorah, tout hébété, se dirigea vers sa cousine en faisant crisser ses semelles sur les pierres grises du grand hall.

Lyra s’amusa de le voir si décontenancé alors qu’il s’agenouillait auprès d’elle pour être à sa hauteur, comme un adulte qui viendrait parler à une enfant. Finalement, c’était ce que la jeune femme avait ressenti durant de longues années. Elle n’était alors qu’une petite chose fragile, incapable de se défendre, alors que l’ancien héritier menait des batailles qu’elle ne comprenait même pas.
Aujourd’hui, cependant, elle s’apprêtait à devenir mère. Et c’était elle qui devrait protéger le petit être délicat qui ne dépendrait que d’elle. Elle aurait pu en être terrorisée. Après tout, c’était un sentiment très lourd que de porter sur ses épaules l’existences de deux personnes. À la moindre erreur… Au moindre faux-pas… Mais elle était chez elle et elle se sentait prête. Brandon serait là, lui aussi. Elle était incapable de penser qu’il pouvait lui arriver quelque chose désormais qu’il se trouvait lui d’elle, au coeur du danger.

L’exilé s’arracha quelques secondes à l’émerveillement de sa découverte pour lui détailler les raisons de sa venue. La brune acquiesça. Elle ignorait tout de cet ultimatum que Dacey avait présenté à leur cousin. Depuis qu’elle était rentrée et en raison de son état qui l’affaiblissait de jour en jour, elle avait remarqué que ses soeurs la tenait à l’écart de certaines conversations. Elle ne leur en voulait pourtant pas. Elle leur en était même redevable. Certains jours, elle se trouvait si éreintée et éteinte qu’elle ne parvenait pas à réfléchir correctement. La faire participer à des décisions importantes aurait été contre-productif. Elle s’en désolait, mais elle était réaliste. Les ourses agissaient de la sorte pour la préserver.

« Depuis Corneilla, » lui apprit-elle en se dandinant sur le fauteuil pour s’installer plus confortablement. « Je l’ignorais lorsque nous nous sommes vus. »

Lui aurait-elle dit si elle avait su ? Probablement pas. Elle avait gardé ce secret plus de deux lunes durant avant même de le révéler à son époux. Elle avait assisté à assez d’accouchements et à assez de fausses-couches dans les villages de l’Île aux Ours pour savoir que les premières semaines étaient les plus à risques. Elle n’aurait pas supporté d’annoncer la bonne nouvelle et de perdre l’enfant. Sa mère n’avait même pas été mise au courant. C’était cette réalité qui la peinait sûrement le plus. Elle ne pourrait plus changer cela désormais.

« Merci Jorah, » le remercia-t-elle chaleureusement. « Mais tu me les répèteras lorsque le bébé sera né. Le plus dur reste à faire ! »

Elle tentait de paraître enjouée, mais il était évident que l’accouchement l’angoissait. Ses mains se serrèrent dans les plis de son lourd châle tricoté et elle manqua de faire tomber l'énorme livre sur ses genoux. Elle n’avait pas la plus robuste des constitution physique et elle peinait déjà à se mouvoir alors que penser du jour où elle donnerait la vie ? Elle se rappelait encore des hurlements de bêtes sauvages de ses soeurs… Elle ne tarderait pas à être confrontée, elle aussi, à cette épreuve dont l’issue pouvait être dramatique.

« Brandon est à Winterfell, » lui apprit-elle avec un pauvre sourire. « Il a répondu à l’appel de lord Stark… J’ai reçu un corbeau de sa part, il y a quelques jours. Plusieurs membres de la famille Norroit ont quitté les montagnes pour le rejoindre. »

Évidemment, elle était fière de la bravoure et du dévouement de son époux. Mais cela ne l’avait pas empêché, au fond d’elle, de souhaiter désespérément qu’il reste à ses côtés. Elle savait cependant que les choses n’auraient pu être autrement que ce qu’elles étaient aujourd’hui. Il n’aurait pu demeurer à l’abri sur l’Île aux Ours alors que d’autres risquaient leur vie.
Quant aux Norroit, il n’avait pas été fait mention de qui demeurer sur les terres de leur famille et qui gagnait Winterfell. Certaines familles du Nord, celles les plus proches de la Garde de Nuit avait entièrement été décimée. Lyra ne savait guère qui était encore en vie parmi les rangs de sa belle-famille. Elle s’en inquiétait également et attendait toujours patiemment les nouvelles qui lui distillait Brandon.

La sollicitude de Jorah la toucha et l’arracha à son anxiété.

« Moi aussi, » lui avoua-t-elle. « Moi aussi… »

On s’agita soudain dans la grande demeure de rondins. Le chat, à nouveau embêté, s’enfuit en courant. Des soldats Mormont, tout vêtus de cuir et d’acier se postèrent non loin de Jorah. Une invitation à l’escorte.

« Lady Mormont est prête à vous recevoir, » annonça-t-il d’une voix dure. « Suivez-nous. »

Lyra serra une dernière fois la main de l’ancien héritier en guise d’encouragements.

« Nous continuerons cette conversation plus tard, mon cousin. »


Elle termina par un murmure :

« Et bonne chance. »

Ce n’était pas de chance dont il avait besoin. Ils en avaient conscience tous les deux. Mais ces trois petits mots ne pouvaient guère lui faire de mal.

 


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