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 Every flight begins with a fall {FB / Myrielle}

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L'Émissaire du Conflans
Lucas Nerbosc
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MessageSujet: Every flight begins with a fall {FB / Myrielle}   Every flight begins with a fall {FB / Myrielle} EmptyMer 28 Aoû - 19:53


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« Corneilla | 302, lune 4, semaine 4 »

Une journée que Tytos avait rejoint le sol humide des jardins de Corneilla. Une semaine que l’ancien seigneur avait douloureusement expiré son dernier souffle. Depuis, Lucas vivait dans un drôle de monde. Une bulle de douleur s’était formé autour de lui. Chaque fois qu’on s’adressait à lui, il lui semblait que la voix venait de très loin. Toutes les couleurs semblaient avoir perdu de leur vitalité. Il n’y avait plus que le noir de la nuit et le blanc de la neige qui recouvrait la région dans une atmosphère cotonneuse. L’émissaire du Conflans avait cru rechuter lorsque le mestre avait annoncé le décès de Tytos. Malgré la grossesse de sa femme qui lui donnait beaucoup à espérer, l’espace d’une bonne journée, il lui sembla que plus rien n’avait d’intérêt pour l’avenir. C’était toutes ses convictions les plus profondes que cet assassinat avait remises en question. Lui, toujours défenseur de la paix. Lui et son pacte secret avec Barbara Bracken pour espérer un avenir meilleur au Conflans. Son père avait fait preuve de dévotion toute sa vie envers sa région, avant même d’en obtenir la suzeraineté, et c’est ainsi qu’il avait été remercié. De quoi laisser un goût doublement amer en bouche du chevalier et lui donner envie de baisser les bras pour de bon. Oui, Lucas avait été prêt à tout abandonner, malgré le soutien de son épouse et des amis présents. C’est de finalement voir l’état de son propre frère qui donna un regain d’énergie et de volonté au chevalier de la famille. Il avait bien conscience de ne pas pouvoir se permettre de s’apitoyer sur son sort. Au-delà de son mariage, il avait toutes sortes d’autres obligations. Il ne pouvait pas laisser Brynden seul, sans aide, sans soutien. Combien de fois leur avait-on dit qu’ils n’étaient tout deux que deux faces d’une même pièce ? Si complémentaire ? Sa promesse à son frère remontait à tellement longtemps maintenant, il n’était plus temps de revenir dessus, mais bien au contraire de l’honorer. Alors tant bien que mal, Lucas s’était redressé, et tentait de faire face chaque jour, aidé de Marianne, pour lui-même pouvoir tendre une main à son aîné, et tenter de trouver une façon de calmer sa colère et sa rage froide.

Malgré sa détermination, nul ne pouvait ignorer la fraîcheur de la blessure, et beaucoup restait à faire pour pouvoir considérer cet événement comme derrière eux, à commencer par le procès du bâtard, pour lequel Lucas n’avait aucun amour. Néanmoins, chaque jour, le chevalier Nerbosc prenait sur lui, et tentait un effort supplémentaire par rapport à la veille. Ses pas aujourd’hui l’avait mené dans la bibliothèque de Corneilla. Il espérait pouvoir y trouver son frère cadet, puis le mestre pour quelques discussions. Il commença à parcourir les quelques rangées de rouleaux et autres ouvrages reliés, notant l’absence de Hoster, lorsque son regard se posa sur une chevelure blonde qu’il reconnaissait comme étrangère aux Nerbosc. Lucas s’arrêta aussitôt et ne put retenir un léger soupir de surgir de ses lèvres. A part ses plus proches amis, l’orphelin avait du mal à faire bonne figure et à enchaîner de banales paroles avec ses connaissances. Il n’avait aucune envie d’entendre de nouvelles condoléances de la part d’inconnus. Mais lorsque celle-ci se retourna, il put constater avec soulagement qu’il s’agissait de Myrielle Lannister. Un sourire aimable, bien que teinté de tristesse, prit racine sur son visage. “Lady Myrielle, comment allez-vous ?” commença-t-il d’une voix douce en approchant d’elle. Il prit place à la table à laquelle la jeune femme s’était installée. “Je ne pensais pas vous trouver là, vous cherchez à vous cacher de quelqu’un ? Quel ouvrage avez-vous trouvé ?” ajouta-t-il d’un air qui se voulait complice, avant de reprendre son sérieux. “Je suis navré de ne pas avoir pris le temps de vous voir plus tôt… je pensais pouvoir le faire juste après le mariage mais…” Il n’y avait guère besoin d’en dire plus, l’épouse de Patrek avait été aux premières loges.

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MessageSujet: Re: Every flight begins with a fall {FB / Myrielle}   Every flight begins with a fall {FB / Myrielle} EmptyJeu 19 Sep - 13:34

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Baignée dans la douce lueur de l'âtre crépitant, je savourais chaque instant de cette quiétude retrouvée. Voilà près d'une semaine que nous étions les hôtes de Nerbosc de Corneilla. Pour les épousailles du troisième de la fratrie tout d'abord, puis pour les funérailles du seigneur des lieux. Tytos mis en terre, Corneilla n'avait pour autant pas encore enlevé ses habits de deuil. Patrek tenait à assurer les fils du défunt de son indéfectible amitié et de son soutien.
Et il fallait bien le dire, sans rien enlever à la qualité de l'accueil des Nerbosc, dans ces circonstances où la gaieté n'était pas de mise, je m'ennuyais ferme. Quelques promenades dans la campagne enneigée parvenaient à me fournir une excuse suffisamment acceptable pour fuir un peu l'atmosphère endeuillée de Corneilla. Aujourd'hui, c'était à la bibliothèque que j'étais venue chercher l'évasion salutaire. De temps à autres, le bois craquait et faisait voler une étincelle, ce qui ne manquait pas de me faire sursauter avant de replonger dans ma lecture.

Cette fois, le bruit qui me tira de ma rêverie était bien différent. Comme un froissement. Le chuchotement des feuilles entre elles. Je tressaillis, le cœur battant. Je ne tolérais plus si bien qu'auparavant d'être surprise...
Lorsque je reconnus la silhouette masculine qui s'approchait comme celle de Lucas Nerbosc, je repris ma respiration.

"Lady Myrielle, comment allez-vous ? Je ne pensais pas vous trouver là, vous cherchez à vous cacher de quelqu’un ? Quel ouvrage avez-vous trouvé ? Je suis navré de ne pas avoir pris le temps de vous voir plus tôt… je pensais pouvoir le faire juste après le mariage mais…"

Tandis qu'il prenait place à ma table de lecture, je levais doucement la main, comme pour interrompre ce qui ressemblait à des excuses:

-Je vous en prie...

Le deuil avait frappé la famille Nerbosc de la plus effroyable des manières, un jour de fête et de célébrations. La foudre nous eût tous moins transis. J'appréciais l'intention du fils puîné et sa déférence à mon égard, que j'interprétais comme un signe d'amitié, mais il m'était évident que les excuses n'avaient pas leur place entre nous et vues les circonstances. J'avais déjà eu l'occasion de présenter à chaque membre de la famille suzeraine du Conflans mes condoléances, de concert avec mon époux. Je ne connaissais rien de Tytos Nerbosc, sinon ce que j'avais eu le temps de voir de lui avant son trépas et ce que m'en avait dit Patrek et Lucas en un autre temps. Et il me semblait qu'il n'était pas indigne qu'on le pleure et qu'on souffre de sa disparition.

Je considérais son fils du regard. Quelques instants me suffirent pour remarquer ses traits tirés et pâles. Il me semblait me revoir à la mort de Mère. Ce sentiment de vide, de douleur infinie, de larmes taries, je le connaissais. Et quand bien même l'âge adulte nous prépare au passage des générations, la mort d'un parent nous rend tous orphelin. Je me souvenais d'avoir cherché la solitude alors que tout un chacun venait m'assaillir de paroles de réconfort pourtant bienveillantes mais qui n'en rendaient la perte que plus réelle et tangible encore. Je voulais que l'on me laisse seule avec ma douleur, la comprendre, l'apprivoiser et peut-être accepter qu'elle ferait partie de moi pour toujours.

Peut-être était-ce cette solitude que Lucas venait chercher ici. La compagnie des livres est parfois plus souhaitable que celle des hommes pour le cœur meurtri. J'admet que j'étais de celle-là ce soir. Une de ses questions laissait deviner qu'il m'avait percée à jour... L'atmosphère qui planait sur Corneilla était passée de la plus douce euphorie des noces à celle, pesante, du deuil. Et elle ne manquait pas de raviver certaines plaies en moi qui peinaient à se refermer. Lucas semblait l'avoir deviné, mais je n'étais pas prête à l'admettre.

En guise de réponse à l'une de ses questions, je refermais l'ouvrage ouvert sur mes genoux, laissant ainsi voir sa couverture et son titre: "Le Chevalier des Larmes. De la vie et des faits héroïques du Chevalier-Dragon". Un ouvrage peu commun entre les mains d'une dame. Aussi je m'expliquais sans attendre, un sourire aux lèvres:

-Je ne l'ai pas relu depuis presque vingt ans... Mon frère Daven en possédait un exemplaire, offert par notre père pour le préparer à son éducation de chevalier. Mais ma septa refusait catégoriquement que je l'ai entre les mains et menaçait de me corriger sévèrement. Alors tous les soirs quand les chandelles étaient éteintes, je me glissais dans la chambre de mon frère pour le lui subtiliser. Je l'ai lu en quelques nuits à peine, à la lumière de la pleine lune. J'avais tellement peur de ne pas pouvoir en continuer la lecture le lendemain. Et ma septa de me trouver la mine défaite, le matin, et de s'en désoler sans comprendre, tandis que je m'endormais à demi sur mon ouvrage de broderie...

Un léger rire s'échappa de ma gorge à l'évocation de ces souvenirs d'enfance, comme un hommage rendu à l'innocence et aux jours heureux. Bien malgré nous, et au delà de toute vraisemblance, Lucas et moi avions partagé tant en quelques mois de captivité que lui livrer un peu de moi ne me coûtait pas. Je ne me sentais tenue devant lui par aucune dignité féroce à défendre.
Ma dignité, il l'avait vu s'étaler sans vergogne sur le pont de ce maudit navire qui nous amenaient, pieds et poings liés sur les Iles de Fer. Je n'avais jamais posé le pied sur un bateau, encore moins par gros temps et j'ignorais tout de ce mal qui saisit les tripes des marins au moment de leur premier voyage en mer. J'avais crû en mourir. Et en ces circonstances, alors que nous luttions chaque instant contre le désespoir - et pour ma part- l'humiliation, le soutien que je reçus de ser Nerbosc lui valu ma reconnaissance immédiate et éternelle.

Et entre ce jour et aujourd'hui, il s'était passé tant encore que les faux-semblants n'avaient décidemment plus leur place entre nous. C'est pourquoi je me permettais de lui retourner sa question, concernée et compatissante:

-Et vous? Comment allez-vous?
‹c› Vanka



Lioness

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MessageSujet: Re: Every flight begins with a fall {FB / Myrielle}   Every flight begins with a fall {FB / Myrielle} EmptyDim 6 Oct - 18:09


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« Corneilla | 302, lune 4, semaine 4 »

Il y avait quelque chose d’apaisant à se trouver là dans la bibliothèque. Les lieux étaient calmes, la chaleur et la lumière étaient douces. Même le craquement des meubles en bois parvenaient doucement à affaiblir la bulle qui entourait le chevalier depuis la mort de son père. Et puis il y avait Myrielle et sa présence étrangement réconfortante. C’était une tempête pour le moins spectaculaire qu’ils avaient traversée ensemble, et ils en étaient revenus vivants. Pas entier. Pas indemne. Il serait présomptueux de le penser. Mais ils avaient survécut et continuaient de se battre. Voir la jolie blonde lui sourire de la sorte lui rappelait tout cela et lui donnait un peu plus de force pour les jours à venir. Parce que c’était ce qui l’inquiétait. Pas de la même façon que lors de son séjour dans les geôles humides et froides des Greyjoy, non. Mais parce qu’il lui fallait imaginer chaque nouvelle journée sans son père. Se faire à l’idée qu’il ne le verrait plus siéger à son bureau, qu’il n’entendrait plus sa voix résonner entre les murs de Corneilla, il n’était plus là pour l’inspirer et le guider au quotidien. Marianne allait avoir leur enfant et il avait mille et une question à lui poser sur ce que cela signifiait que de devenir père. Il ne pourrait jamais les lui poser. Oh, comme il regrettait de ne pas avoir pu goûter à la joie de lui annoncer la naissance à venir. Chaque jour était un nouvel apprentissage de la sorte. Il songeait à tout ce qu’il ne pourrait plus partager avec lui, tout ce qu’il serait obligé de faire différemment maintenant que l’ancien seigneur des Nerbosc n’était plus. Une pensée accablante, au poids écrasant, qu’il tentait de dompter comme il le pouvait. Et Myrielle lui rappelait qu’il le pouvait. N’avaient-ils pas vu pire finalement ? Le deuil était universel après tout.

Son visage retrouva une certaine lumière lorsque la née Lannister lui montra le livre qu’elle feuilleté avant qu’il ne vienne la déranger. C’était bien un sourire qu’il lui offrait alors qu’il écoutait Myrielle raconter l’histoire qui la liait à l’ouvrage. Il savait que la Lionne n’était pas du genre à se dévoiler aisément, alors il appréciait d’autant plus l’anecdote. Lucas n’avait d’ailleurs aucun mal à l’imaginer. “Je vois que déjà à l’époque, il était impossible de vous faire plier si votre esprit était décidé. L’histoire est-elle aussi palpitante que dans vos souvenirs ?” commença-t-il avec un regard bienveillant, alors qu’il souriait toujours. “Comment vont ser Daven et Lady Alyx d’ailleurs ? Les avez-vous vu avant de venir à Corneilla ?” Si le Nerbosc n’était guère familier avec le Lion, il connaissait déjà mieux l’héritière de la Dent D’Or, rendue cousine par les Frey. Le chemin entre eux était bien sinueux sur l’arbre généalogique, mais il existait pourtant bel et bien. Si Lucas s’était pris d’affection pour elle lors de leur première rencontre, elle lui avait fait une impression bien différente lorsque leurs routes s’étaient croisées à nouveau. Le caractère de la petite brune malgré son jeune âge l’avait particulièrement marqué et il avait depuis appris à faire attention à ses côtés ainsi qu’auprès de toutes les femmes de cette région. Alors il craignait un peu la réponse de son amie de fortune, mais il aurait été impoli de sa part de ne pas la poser.

Alors que ses doigts se promenaient doucement sur les fibres de bois de la table, la question retournée de Myrielle lui fit baisser le visage un instant en direction du sol, alors que son sourire parvenait à subsister bien que ses reflets n’aient plus les mêmes reflets chaleureux. Sa bouche finit par s’entrouvrir pour laisser échapper un discret soupir, mais elle se referma sans qu’un seul mot n’est pu en faire autant. C’est finalement sa tête qui fut secouée légèrement, avant qu’enfin sa voix ne se fasse entendre. “Pas très bien je crois. Mais il me semble que c’était à prévoir… malheureusement.” ajouta-t-il avec un éclat de rire sans joie. Nul doute que même Rhaegar Targaryen n’a guère dû se montrer heureux de la mort de son fou de père. “Tout me semble encore si irréel. Impossible même. Et puis avec cet Harry entre nos murs, attendant sa sentence, mais sans l’ombre de nouvelles de Lord Jonos… Ca n’aide pas à apaiser les tensions à voir toute cette histoire avec un peu plus de recul.” Qu’il lui était simple de se confier à Myrielle, presque naturel. Il n’avait pas à faire le tri entre les différentes histoires pour omettre tout ce qui touchait aux Îles de Fer comme lorsqu’il s’adressait à son épouse, bien qu’il fasse un grand nombre d’effort pour que ça ne soit plus le cas. “L’avenir me semble si incertain à présent, alors que mon père le rendait toujours si prometteur. Pas que je doute de mon frère, non loin de là. Il a passé toute sa vie à être éduqué pour prendre sa suite. Mais mon père n’est pas mort de vieillesse paisiblement dans son sommeil. Nous avons été attaqué sous notre toit, par nos paires, alors que nous n’avons jamais voulu que la paix et la prospérité du Conflans… Quelle part cela laisse-t-il à l’espoir ?” demanda-t-il d’un air soudainement absent. Lucas finit par relever le visage et ses yeux croisèrent ceux de la jeune lionne, le tirant de sa litanie. Il secouant aussitôt le visage comme pour l'aider à s’extirper de cet état. “Je suis navré ! Loin de moi l’envie de vous rendre votre fin de journée plus morose encore. Vous veniez là pour un mariage, quelque chose de festif et voilà que vous subissez à nouveau tout cela.” Il lui offrit un sourire compatissant en approchant sa main d’elle sur la table, mais sans la toucher. “J’ai répondu honnêtement. A votre tour à présent Lady Myrielle.” Nulle politesse là, il s’agissait bel et bien de l’expression de son amitié pour la jeune femme.
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MessageSujet: Re: Every flight begins with a fall {FB / Myrielle}   Every flight begins with a fall {FB / Myrielle} EmptyDim 17 Nov - 17:32

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La présence de Lucas, même dans ce lieu étranger pour moi, avait quelque chose de réconfortant et de familier. Voilà plusieurs mois que nous nous échangions des missives régulières, que nous prenions des nouvelles sincères de chacun. Notre captivité partagée avait tissé les premiers liens, notre correspondance épistolaire les avait resserrés. Nous n’avions eu que peu l’occasion d’échanger de nouveau de vive voix, il est parfois plus aisé d’être loquace sur le papier, mais j’étais satisfaite de voir qu’il n’en était rien entre nous. Aussi, à sa question sur la qualité du roman que je tenais entre les mains, je lui répondis avec une légère moue en secouant ma tête tandis que je reposais l'ouvrage devant moi:  « Pas tant que je le pensais, je dois bien l'admettre. Je crois que c'était avant tout le goût de l'interdit et mon maigre triomphe qui me le rendait si savoureux... »

Puis comme Lucas évoquait mon frère et ma belle-sœur, je poursuivais : « J'ai eu l'occasion de voyager dans l'Ouest en ce début d'année, peut-être savez-vous que, son épouse, ma cousine, a mis au monde un enfant à la fin de l'année passée. Une fille, leur première née. Une merveille, vigoureuse et déjà très éveillée, je trouve... »

J’avais tenu avec ravissement ce petit corps chaud contre le mien, contemplé la douceur de ses traits et la sérénité peinte sur son visage poupin. J’en avais été comblée autant que meurtrie, sans savoir ce qui bouleversait mes tripes. Etait-ce parce que j’étais parvenue à l’âge où l’on voit ses proches et ses connaissances assurer leur descendance, signe de l’irrémédiable fuite du temps ? Etait-ce parce que le fruit de mon union avec Patrek tardait à venir ? Etait-ce parce que mon père ne cessait de m’en faire le reproche chaque fois que le sujet s’y prêtait ? Je doutais de ne jamais connaître la maternité, j’en avais le sourd instinct et j’avais fini par m’y résigner, sans pour autant totalement l’accepter.

Et tandis qu’il répondait à ma question finale, une ombre passa sur son visage. Lucas trouva pourtant un léger trait d’esprit à glisser, comme j’avais déjà pu le voir faire, même dans les circonstances les plus pesantes. Il n’avait rien d’un homme sombre ou mélancolique, pourtant je devinais comme la perte brutale de son père devait l’affecter. Et combien, pudique, il devait lui coûter de mener ce deuil avec si peu d’intimité. Plus encore, c’était tout son socle de valeurs que Ser Nerbosc avait vu s’effriter et vaciller. Etrangère au Conflans, j’ignorais tout ou presque cet Harry, mais la Lionne en moi réclamait le prix du sang pour celui de son seigneur et suzerain. Pourtant, l’heure et la circonstance ne se prêtaient pas à la véhémence. En signe de mon soutien, je me saisis de sa main posée non loin de la mienne et la serrait gentiment. Un geste qui pourrait passer pour équivoque à des yeux non avertis, mais qui ne l’était pas pour nous. Je le faisais taire avec une pointe d’humour que je n’espérais pas mal venue:
« Voilà que vous vous excusez de nouveau, ser Lucas ! Allons, outre cet Harry il n’y a ici que des hommes d’honneur, fidèles à votre père de son vivant et autant à son défunt souvenir. Justice sera faite, cela ne fait aucun doute. Gardez confiance dans le Père, même si ses desseins nous sont souvent obscurs... »

En voilà un qui ne craignait pas de nous envoyer des épreuves pour jauger notre force et notre résilience. Cela aurait dû me révolter contre cet être supérieur qui m’avait durement éprouvée, mais dans le même temps, cela me donnait confiance. Si l’on pouvait survivre à la mort d’un père ou d’une mère, à la privation de cet amour inconditionnel qui surpasse tous les autres, on pouvait survivre à tout. Comment, alors, ne pouvait-on pas se relever de ce que nous avions vécu sur les Iles de Fer ?

Comme j’aurais pu – du- m’y attendre, il me retourne la question. Ce n’est pas que de la courtoisie et je le sais.
J’ouvre les lèvres pour répondre. Bien, devrais-je dire. Beaucoup mieux. Ma vie reprend.
Mais, tandis que mon regard croise ses prunelles claires qui semblent me scruter, mon audace vacille. Je le crois capable de lire les tréfonds de mon âme. Le mensonge est bien trop gros. Il n’y mordrait pas, je le sais.  C’est pourtant le même laïus interminable que je rabâche à qui veut bien l’entendre lorsque le sujet de ma captivité est abordé. La vérité, je la garde pour moi, car je sais que personne ne veut réellement l’entendre. Si mon trouble des quelques premiers mois était accepté, ou à tout le moins toléré, j’ai bien compris que plus les jours passaient -les lunes même- plus il devenait étrange et inconfortable aux gens de mon entourage que leur impuissance à le résoudre chagrinait ou, pire, incommodait.

Non. Non, je ne vais pas bien… La solitude m’effraye autant que je fuis la foule. Je m’étouffe dans l’obscurité mais aucun soleil de parvient à réchauffer mon corps gelé. Je ne supporte pas de me trouver dans une pièce sans en avoir d’abord repéré la sortie. Ma peau et mes cheveux me semblent toujours imprégnés de cette odeur d’iode et de sel qui me révulse. Lorsque Tytos Nerbosc s’est effondré devant nos yeux, j’ai ressenti une peur panique et si la main de Patrek ne m’avait fermement tenue à cet instant là, sans doute me serais-je enfuie à toutes jambes, dans la crainte d’une nouvelle attaque fer-née. Même ici, si loin des côtes…
La voilà ma vérité. Rien n’est plus comme avant. Et je doute de redevenir un jour celle que j’étais autrefois…

Mais cela, puis-je le lui dire ? A lui qui a partagé mon enfer et qui vient une nouvelle fois d’être frappé, sans pitié, par le destin le plus cruel ? Quelle amie serais-je si je lui livrais ma vérité crue, sans égard pour sa douleur et sa vulnérabilité présentes ? Elevée en Lionne j’ai été formée à protéger les miens et uniquement ceux de mon sang, afin de ne jamais prêter le flanc et éviter tout conflit de loyauté. Mais par la force des choses, loin de mon clan, j’ai découvert qu’il est bon, parfois, de savoir forger des alliances dénuées de tout calcul. La nôtre, celle de Lucas et moi, avait été aussi impromptue que vitale. Et elle nous obligeait à la transparence la plus totale. Je pouvais mentir à mon frère et à ma sœur. Je pouvais mentir à mon père. A Patrek, même. Mais pas à Lucas.

Il savait.

« Le jour ça va mieux… Les nuits… Sont encore… »_ je passais ma langue sur mes lèvres sèches, se confier par écrit est chose plus aisée que de vive voix_ « Notre mestre m’encourage à boire du lait du pavot, mais je n’y tiens pas. »

Je baissais le regard. Le vinsonge n’était pas suffisant, c’était tout ce qu’il avait trouvé pour soulager ma détresse. Mais je m’y refusais obstinément car le lait de pavot restait pour moi associé aux souffrances et à l’agonie de ma mère. J’avais conscience que ce n’était qu’un pansement de fortune sur une plaie bien plus vaste. Un pis-aller que je me voyais déjà prendre jusqu’à la fin de mes jours, perdant peu à peu mes sens et devenir spectatrice de mon existence. Sans jamais pu avoir connaître la paix. La paix véritable. Nous étions libres depuis une année pleine, et pourtant… La même question ne cessait de me hanter, sans parvenir à la résoudre. Avec un sourire triste, je la partageais avec mon compagnon d’infortune, devenu ami de confiance :

« Quand reviendrons-nous, ser Lucas ? »

Car il me semblait n’avoir jamais quitté ma prison. Pis encore, autrefois faite de roche et de fer, bien réelle, voilà qu’elle était devenue invisible et impalpable, mais pour autant toujours bien là. Bien malgré moi, je sentais mes yeux brûler de larmes taries. La mascarade à laquelle je me livrais tous les jours m’était devenue insupportable. Plus qu’une question, c’était là un véritable appel à l’aide.
‹c› Vanka


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MessageSujet: Re: Every flight begins with a fall {FB / Myrielle}   Every flight begins with a fall {FB / Myrielle} EmptyDim 8 Déc - 16:23


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« Corneilla | 302, lune 4, semaine 4 »

Si les anciens otages des fer-nés étaient plus habitués à échanger sur leurs nuits remplies de cauchemars ou leurs difficultés à faire face au quotidien, Lucas n’en appréciait pas moins les anecdotes sur l’enfance de la Lannister, curieux de découvrir cette autre facette de sa personnalité et de son histoire, bien loin de ce qui les avait ensuite réunis. La moue déçue de Myrielle et son commentaire peu flatteur tirèrent un léger éclat de rire moqueur à Lucas. “Sans oublier que le temps à le don d’affadir ce que nous adulons enfant…” répondit-il d’une voix un peu distante, témoignant du propre écho qu’il trouvait dans le témoignage de la lionne. Il y avait tant de choses dont il avait rêvé enfant, des choses qui obnubilaient tout son quotidien, pour lesquelles il avait hâte de quitter l’innocence de l’enfance et pénétrer dans l’âge, pour finalement se trouver déçu du résultat. Comme beaucoup de jeunes garçons qu’on formait au combat, il avait rêvé de guerre et de gloire, loin d’avoir conscience des réelles conséquences d’un tel vœu. Bénis sont les ignorants. Une expression qu’il avait entendu plus d’une fois dans la bouche de son père par le passé et il ne l’avait jamais trouvé plus véridique depuis ses combats à Salvemer.

Le Nerbosc revint à lui pour écouter la réponse de Myrielle quant au couple formait par le frère et la cousine de cette dernière. La nouvelle de l’accouchement de lady Alyx le prit quelque peu de court et cela pouvait se lire sur son visage. L’histoire de la grossesse ne lui était pas inconnue, mais qu’en était-il de l’arrivée d’une nouvelle génération à la Dent d’Or ? Il fouillait sa mémoire, cherchant à se rappeler si le mestre ou son père lui avait transmis la nouvelle, qui aurait pu venir directement des Lefford comme de leurs alliés Frey qui faisaient le lien entre Nerbosc et seigneurs de la Dent d’Or. Oui, on avait dû l’en informer, mais cela ne l’avait pas marqué. Tant de détails lui échappaient à présent. “Je crois qu’on me l’avait dit, effectivement. Avec Lestival, puis le chemin retour et finalement les préparatifs du mariage, je dois reconnaître que je n’en suis plus certain… J’irais vérifier auprès du mestre que nous avons bien félicité le jeune couple, ou nous dépêcher de le faire si cela n’a pas été fait.” Il lui offrit un sourire poli. S’il y avait bien quelqu’un qu’il ne cherchait pas à vexer, c’était l’héritière de Leo Lefford, il avait vu la brunette à l’oeuvre lorsqu’elle avait quelqu’un qui lui déplaisait. Sa famille avait assez d’ennemis en ce moment pour ne pas jouer avec les foudres de Lady Alyx.

Lorsqu’il fut question du deuil qu’il traversait, Lucas se livra sans détours, conscient de l’effet salvateur de ses échanges avec Myrielle. Il tressaillit légèrement lorsqu’elle vint poser sa main délicate sur la sienne, reprenant pleinement conscience du réel qui l'entourait à ce moment là. Il offrit un sourire reconnaissant à la jeune femme et s’il ne dit rien, son regard en disait suffisamment long sur sa gratitude. Les mots d’encouragements qu’elle eut ensuite accentuèrent d’ailleurs son sourire. S’il reconnaissait son manque d’espoir en cet instant, la Lannister ne ménageait pas ses forces pour lui insuffler à nouveau. “Je l’espère sincèrement Lady Myrielle… En tout cas, pourrais-je vous demander de continuer à prier le Père pour les Nerbosc ?” Nul doute que sa propre femme Marianne s’évertuait déjà à cette tâche, mais si vraiment les Sept avaient leur mot à dire dans l’histoire de cette famille, une prière de plus ne serait pas de trop. Cependant, elle ne pouvait pas venir des Nerbosc, à sa connaissance, aucune personne de sa famille ne s’était détournée des Anciens. S’il avait bien prononcé son voeu de chevalier devant les Sept, ses prières ne s’étaient jamais adressées à eux. “Et si j’ai envie de vous croire plus que tout, il serait naïf de ma part de penser que nous n’avions qu’un seul ennemi ici…” Et les discours de Brynden n’avaient de cesse de le lui rappeler. Il avait toujours été le plus naïf des deux, celui qui voulait toujours voir le meilleur dans tout un chacun et n’acceptait le pire que lorsqu’il était finalement sous son nez. Mais cet aspect de lui semblait enterré définitivement à présent. “Mais vous avez raison, nos invités se sont montrés courageux et loyaux…” Chercha-t-il à raisonner pour se forcer à terminer sur une note positive, en songeant notamment au chevalier Yarwyck et au Rougefort.

Le Nerbosc ne chercha cependant pas à s’attarder sur sa propre situation et revint à la charge, délicatement, sur l’état de la jeune femme qu’il avait évoqué en tout premier lieu. Devant le doute et le silence de la Lionne, la Corneille ramena sa main libre sur celle que la jolie blonde avait posé sur sa première. Elle le soutenait et il la soutenait. C’était un échange en bon et dû forme. Respectable. Elle aurait pu mentir à n’importe qui d’autre, éloigner le sujet encore une fois avec un sourire poli et un “bien” même moyennement convaincu. Les gens n’auraient pas chercher à embêter Myrielle d’avantage avec ce sujet épineux. Cependant, Lucas aurait aussitôt su qu’elle mentait, parce qu’il en faisait de même, tout simplement. Son coeur se serra un peu plus, non sans le surprendre tant il lui semblait que l’organe ne pouvait être plus contrit que cela. Il se reconnaissait dans chacun des silences de la Lionne. Il voyait le mouvement de ses yeux qui trahissaient sa réflexion et s’était comme faire face à son reflet. Sa respiration se fit plus courte, légèrement tendue, mais il parvint ne pas perdre pied pour autant, se mettant doucement à hocher la tête par la positive. Oui il savait. Oui il comprenait. Même sans mot. Et il attendrait qu’elle soit prête à parler. Alors il ne dit rien jusqu’à ce que Myrielle soit prête à prendre la parole. Son visage reprit son léger tintement tandis qu’elle cherchait ses mots. Parce que la nuit était sa pire ennemie aussi depuis des lunes à présent. Lucas n’était finalement pas étonné d’entendre que son amie ne souhaitait pas dépendre du lait de pavot, connaissant son fort tempérament. Lui même n’avait pu s’y résoudre, mais il n’était pas certain que ses raisons soient exactement celles de la dame de Salvemer. “Je m’en suis tenu relativement éloigné aussi… je n’aime pas cet état de somnolence forcé… même si je me réveil en sursaut la nuit, au moins, je suis en mesure de me réveiller…” ajouta-t-il. Il n’y aurait rien de plus angoissant pour lui que de s’imaginer coincé dans cet état  léthargique, alors qu’une nouvelle attaque survenait. Il voulait être conscient, parfaitement conscient. Sa gorge se serra à la question de Myrielle. Il avait l’impression d’être devenu le porteur d’une mauvaise nouvelle. Il lui rendit son triste sourire et voulut lui répondre, mais ce fut à son tour de se trouver incapable de formuler ne serait-ce qu’un mot. Son visage bascula vers le sol en signe de capitulation. “Pour tout le monde nous sommes revenus. Et il n’y a plus aucune raison de nous en faire, n’est-ce pas ?” parvint-il à dire en relevant doucement son visage vers elle. Cela lui rappelait la conversation qu’il avait eu avec son amie Liane juste avant la fin de l’année précédente. Leurs blessures n’étaient pas des cicatrices visibles à l’oeil nu et il était compliqué pour leur entourage d’entendre que non, tout n’était pas fini justement et que la bataille était bien plus pernicieuse et discrète qu’un simple affrontement de soldats. “Je crois que je m’étais doucement fait à l’idée que je ne reviendrais vraiment jamais… Comme je vous l’écrivais dans une de mes précédentes lettres, je me suis obstiné à vouloir reprendre mon quotidien comme si de rien n’avait été… Sourire lorsque j’avais l’habitude de sourire. Plaisanter comme lorsque j’avais l’habitude de plaisanter. Mais tout a sonné faux et mes cauchemars ont eu vite fait de me rattraper… J’aimerais plus que tout pouvoir être ce même Lucas qu’avant les combats et la captivité. Mais je crois que je dois me faire à l’idée qu’une partie de moi est mort là-bas. Ou toujours prisonnière. En tout cas, elle n’est pas revenue avec moi. Et je ne parviens pas à voir un chemin où nous serions réunis.” La tristesse de son aveu avait rendu ses yeux verts particulièrement brillants à la lueur de la chandelle. Il s’en voulait de provoquer de la peine à Myrielle part son discours, mais comme elle ne pouvait lui mentir, l’inverse était tout aussi véridique.

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MessageSujet: Re: Every flight begins with a fall {FB / Myrielle}   Every flight begins with a fall {FB / Myrielle} EmptyVen 27 Déc - 16:58

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Lorsqu'il se confia à son tour sur son aversion vis à vis du lait de pavot, je compris que j'avais assurément fait le bon choix en le déclinant malgré les propositions de notre mestre. Je souffrais certes, mais je ne pouvais concevoir de laisser consumer mon esprit, mes souvenirs -car j'en avais encore quelques uns d'heureux- dans la brume de la torpeur. Ce n'était pas ce dont j'avais besoin. Malheureusement, j'ignorais précisément tout de ce qui pourrait m'apporter la paix.

Malgré moi, j'avais espoir que Lucas puisse me donner un début de réponse, de piste, n'importe quoi... Etranglée de tristesse, ma dernière question n'en était pas moins teintée d'espoir. Un espoir -je m'en doutais- qui s'avéra vain. Mais je remerciais Lucas de son honnêteté. Eussé-je posé la même question à mes amies ou à ma sœur, qu'elles m'auraient certainement répondue que tout irait bien. Bientôt. Et au fond de moi je savais que ce n'était pas vrai, même si c'était ce que j'avais envie d'entendre.

Et dans la voix de mon ami, comme un propre écho à mon désespoir, j'entendais résonner le sien. Et je l'avais vu à l'œuvre. Que ce soit au combat à Salvemer, ou en captivité à Pyk. Le puîné des Nerbosc n'avait rien d'un couard, ni d'un lâche. J'hésitais alors entre l'abattement le plus profond et le regain de courage. Etait-ce à dire alors que tout était perdu? Comment continuer à traverser les jours alors, si nous étions à jamais amputés d'une partie de nous-mêmes? Pourtant, à entendre Lucas, ce constat, aussi douloureux et déchirant soit-il, n'était pas une condamnation, une fin en soi. Ses mots invitaient, d'une certaine manière, à dépasser cette fracture.

« Pas la meilleure partie, je l'espère... Après la liberté, après ces longs mois d'angoisses, arriveront-ils à nous priver de nos proches aussi? »

J'avais eu l'occasion, quelques fois depuis notre retour, d'entrevoir son épouse Marianne. Une femme au sujet de laquelle Lucas s'était ouvert à maintes reprises durant notre exil forcé, une femme qui avait tenté d'intercéder en sa faveur. Et sur ses lèvres, dans son sourire, dans son regard aimant, j'avais pu la voir prendre forme comme une nymphe légendaire. Et si mes inclinations avaient été toutes autres, je jure qu'à l'entendre, j'aurais pu moi-même en tomber amoureuse. Aussi je me demandais comment cette tendresse et cet attachement qui les unissait avait pu survivre à l'épreuve. Si elle avait pu se résoudre, elle-aussi, à avoir perdu cette partie de son aimé pour toujours.

Inévitablement, cette pensée me ramena vers mon propre époux. Et vers ce fossé qu'il me semblait voir se creuser un peu plus chaque jour entre nous. Pas de cris, pas de tempêtes entre les époux Mallister. Seulement le silence. De ces silences qui disent tout.
Ce que je m'apprêtais à dire, je n'avais jamais encore osé le coucher sur le papier. C'était une réalité à laquelle je refusais jusque là de me confronter. Il le fallait pourtant. Et, si le choix de mon confident pouvait sembler étrange à des yeux mal avisés, qui mieux que lui aurait pu comprendre?

« Pour ma part, je n'arrive même plus à maintenir l'illusion. Tout dans Salvemer me rappelle... » -je tressaillis comme les souvenirs sanglants m'assaillent- « Chaque ruelle, chaque rempart, chaque orphelin, chaque veuve éplorée. J'étouffe. Comme prise au piège. Et comme vous, je n'en vois pas la fin... »

Comment pouvais-je imaginer être un jour heureuse dans ce lieu qui sentait la mort et le chaos? Parfois, je sursautais car il me semblait avoir entendu la funeste litanie venue de la Tour Retentissante, celle de la cloche de bronze qui avait annoncé les voiles noires des Fer-Nés*. Mais il n'en était rien bien sûr, et il me semblait lire dans le regard de mes suivantes cet effarement de celui qui contemple la folie.

« Alors je pars. Ou plutôt, je fuis.  Il n'y a pas un prétexte qui m'échappe... Mais il se font de plus en plus rares. De plus en plus illégitime devrais-je dire. Patrek a été patient, compréhensif... Et l'est toujours. Mais pour combien de temps encore? »

Patrek s'était donné corps et âme pour cette rebâtir cette cité, avec une ténacité qui devait forcer l'admiration et le respect. J'oserais même dire qu'il s'était efforcé de me la rendre agréable, de me la faire aimer. Mais je ne pouvais pas... Et sans le savoir, il ne m'en rendait la tâche que plus ardue encore. Parce qu'il me laissait entendre que je comptais. Pourtant j'aurais aimé pouvoir le haïr à mon tour. Libérer mon esprit de tout sentiment de culpabilité au moment de faire sceller ma litière et mes malles.
En suivant le raisonnement de Lucas si j'avais perdu une partie de moi sur les Iles de Fer, une autre assurément était ancrée à Salvemer depuis mes épousailles. Et la dernière enfin, pour toujours à Castral-Roc, sur la terre de mes ancêtres. Alors comment pourrais-je espérer être pleine et entière un jour, réconciliée avec moi-même?
‹c› Vanka


EDIT: * j'ai modifié car mon post original parlait d'une corne de brume, j'avais oublié la petite particularité de Salvemer en la matière Wink



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