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 L'innocence est la plus faible des défenses

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MessageSujet: L'innocence est la plus faible des défenses   L'innocence est la plus faible des défenses EmptyDim 14 Juil - 9:57

   Les enfants du village que Marthe a l'habitude de fréquenter sont alignés par pairs, face à face. Les chocs répétés des épées en bois forment les notes d'une symphonie presque harmonieuse. Mais ce que Marthe voit ne lui plaît guère. Elle est bien consciente que les autres enfants de son âge sont moins bien formés qu'elle au maniement des armes. Ce n'est pas par hasard qu'elle a accepté, à leur demande, de leur inculquer quelques rudiments martiaux. Elle a été sincèrement touchée par leur requête. Elle prouve, à elle-seule, que même les plus jeunes représentants du peuple souhaite participer à la défense de l'île. L'enthousiasme a malgré tout laissé place, au fil des jours, à une irritation profonde. Pas à cause des faibles progrès observés mais parce qu'elle a l'impression qu'elle n'est pas une bonne mentor. S'ils meurent, ce sera en partie de sa faute. Elle n'est pas prête à assumer un tel poids. Ses épaules croulent déjà sous le chagrin depuis que Maege a été enlevée à l'affection de sa famille. Ses pensées sont écrasées par une honte qu'elle sait illégitime mais qu'elle n'arrive pas à chasser. Chaque fois qu'elle pose le regard sur Lyanna, c'est pour se rappeler qu'Edrick est revenu en vie et qu'elle, elle a perdu sa maman. Elle a peur qu'elle le lui reproche dans un accès de souffrance. C'est sûrement pour ça qu'elle évite sa plus jeune tante depuis quelques jours. Et leur altercation musclée aura également contribué à les éloigner. Elle n'arrive pas non plus trouver les mots qui pourraient aider ou les attentions qui seraient capables de soulager le chagrin de sa maman et de ses soeurs. Elle voit son monde s'écrouler, happé par une tempête de douleur, et elle n'arrive pas à endosser un autre rôle que celui de l'impuissance. Marthe ne sait pas si elle doit rester ou fuir. Elle ne sait plus grand chose, en fin de compte.

   Un grognement de douleur la soustrait à sa contemplation absente. L'un des enfants, qui a presque son âge, vient de mettre au sol son partenaire d'entraînement. Il fait semblant d'enfoncer la lame factice dans le torse du vaincu et affiche un sourire goguenard. « T'es mort ! » La remarque n'a rien de méchant. Le vainqueur offre même sa main à son camarade pour l'aider à se relever avant de chercher, d'un regard, l'approbation de Marthe. Il ne l'obtient pas. Son sourire disparait quand il voit la jeune Mormont se diriger vers lui d'un pas décidé. L'Oursonne sait déjà qu'elle fait une erreur. Pourtant elle a besoin de la faire. Elle est forcé de suivre cette petite voix qui l'incite à satisfaire sa peine. « T'crois qu'c'est un jeu ? Tu penses qu'tu peux rigoler comme ça d'la mort ? » Il lui aura suffit d'associer le mot du trépas à une forme de joie pour qu'elle se sente insultée. Non, ce n'est pas elle qu'il a insulté. C'est sa grand-maman. Elle aimerait, égoïstement, que tout le monde arrête de rire. Ils n'ont pas le droit de ressentir de la satisfaction ou de la joie. C'est... blessant. « Vas-y ! Montre-moi c'que tu comptes faire quand la meute d'Fort-Terreur viendra ici pour t'boltoner ! » Elle écrase la pointe de son épée d'entraînement sur son épaule mais l'incitation ne provoque rien d'autre qu'une passivité détestable. Elle s'est déjà battue avec ce gamin par le passé. Il n'avait pas hésité à relever le défi, alors. Mais depuis la mort de Maege, les gens se montrent bien trop précautionneux à son égard. Ca lui rappelle ce qu'elle a perdu et l'enferme dans la peau d'une victime dont il faut avoir pitié. Elle déteste ça ! L'épée s'écrase à nouveau sur le garçon. Elle le percute sans délicatesse au niveau de la joue. Enfin, elle a droit à un regard courroucé. Sa troisième attaque est bloquée et un bref combat s'installe. L'Oursonne a bien vite le dessus sur le roturier et l'envoie au sol sans le moindre retenue. Il se relève. Le duel n'a plus rien d'amical lorsqu'il reprend. Les coups sont portés avec rage d'un côté comme de l'autre. L'échange arrive à son terme lorsque la fille d'Alysanne écrase la garde de son épée en bois sur le nez de son adversaire. Il tombe au sol et elle, elle récidive. Le sang apparaît et fait hésiter l'Oursonne. Pas assez. Un autre coup fuse. Le suivant est bloqué par une main qui se referme sans douceur autours de son poignet. « Lady Marthe !?! » Le ton réprobateur mais également apeuré de l'adulte extirpe enfin la gamine de sa transe agressive.

   Elle dégage sa main avec une force encore héritée de la colère et se redresse. Elle ne parvient pas à maîtriser les tremblements de fureur qui continue de la soumettre. La jeune Mormont sait qu'elle est allée trop loin. Elle sait qu'elle n'avait pas le droit de faire ce qu'elle vient de faire. Tout ceci est contraire à ses principes les plus fondamentaux. Elle est triste. Mais elle ne parvient pas à être désolée. Ses yeux se détournent du sauveur et se portent sur la victime. Elle s'agenouille et glisse sa bouche au niveau de l'oreille de ce dernier. « Toi aussi, t'es mort... » murmure-t-elle à son tour. L'enfant prend alors conscience du cercle qui s'est formé autours de la scène. Toutes ces regards la mettent à nue et crèvent son âme. Elle hoche la tête de gauche à droite avec l'espoir, peut-être, que cela puisse annuler ses derniers actes. Elle aimerait dire quelque chose. Nuancer son action et effacer les souvenirs qu'elle aura laissé dans les esprits de tous ces gens auxquels elle tient mais à qui elle n'arrive plus à prouver son affection. Elle lâche son arme avec dégoût et recule d'un pas. Puis d'un autre. La seule issue semble être la proche orée de la forêt. Elle essaie une dernière fois de poser des mots sur ses sentiments puis, n'y parvenant pas, laisse ses jambes l'emporter loin de la petite foule.


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MessageSujet: Re: L'innocence est la plus faible des défenses   L'innocence est la plus faible des défenses EmptyMar 16 Juil - 9:08

   « Quand j'suis partie, j'vous ai d'mandé d'prendre soin des gens qu'j'aime ! » Le ton est chargé de reproches. Le regard de l'Oursonne est résolument ancré sur ses bottes tandis qu'elle s'applique, à l'aide d'un petit bout de bois, à en chasser la boue durcie qui les recouvre. Elle est en colère. Elle est toujours en colère depuis qu'elle a découvert les blessures de son papa et qu'elle a compris que Maege avait été enlevée à son affection par le Bolton. Cette colère, elle n'arrive pas à la considérer autrement que comme une puissante alliée. C'est la seule chose, au fond, qui lui permet de tenir bon et de s'accrocher à ce monde méprisable. Elle hait Ramsay. Elle essaie d'imaginer son visage à chaque fois que la voix de la vengeance susurre des mots doux dans le creux de son âme en péril. « Quand on a appris la dispar'tion d'Maege chez les Glover, j'vous ai supplié de nous la ram'ner ! » Cela fait de longues minutes qu'elle évoque les différents griefs qu'elle reproche à son interlocuteur. Celui-ci à la décence, au moins, de garder le silence et de ne pas chercher à se justifier. Elle n'en attendait pas moins venant de lui. « On vous a sûr'ment toutes dit combien elle était importante pour nous ! Vous l'saviez, qu'sa mort allait nous faire d'mal ! Ouais, vous l'saviez très bien ! » insiste-t-elle en hochant la tête. « Et en plus vous m'avez privée d'Lya' et  ma m'man semble plus vraiment m'voir ! » Elle cesse son nettoyage nonchalant et saisit avec plus de force le petit bout de bois. Ses bras tremblent sous l'effort alors qu'elle entreprend de le briser. Elle cède. L'Oursonne lance les deux fragments sur le corps de son interlocuteur. Pas de réaction. L'enfant se lève et pose sa main sur son visage. Avec plus de délicatesse, cette fois-ci. Elle se surprend encore à espérer une réponse. Sa colère continue de s'amplifier. « J'ai été tell'ment bête d'vous faire confiance... » concède-t-elle. Son front se pose contre celui de l'accusé. Elle ferme les yeux tandis que sa chair continue de tapoter le bois à rythme régulier. Les larmes n'arrivent plus à sa manifester. Elle en est heureuse. Elle ne sait pas si la souffrance à une fin mais les perles qu'elle n'arrive plus à déverser annoncent peut-être l'arrivée d'une épilogue. « Vous existez même pas vraiment, hein ? » Elle s'écarte d'un pas et écrase son pied contre le visage sculpté. Ses poings se joignent à la fête. Elle ignore la protestation de ses doigts ou les lancées de ses jambes. Elle continue encore un instant. Le temps de fatiguer son corps déjà éprouvé par le chemin parcouru pour rejoindre le barral. La gamine se laisse ensuite tomber sur le tapis de la neige et s'y allonge de tout son long. La morsure du froid est presque immédiate. Elle aussi, elle l'ignore. Son attention est captée par le ciel grisâtre et déjà envahi par une part d'obscurité. « Et moi, j'continue d'parler à un arbre ... » Plus qu'à l'arbre en question, c'est à elle-même qu'elle en veut. L'enfant imagine la réaction que Dacey pourrait avoir si elle avait été témoin de la scène qui vient de se produire à l'ombre du barral. Est-ce qu'elle lui en voudrait ? Elle se demande si la ferveur de la nouvelle guide des Ourses survivra au tragique épisode que traverse leur Maison.

   « Lady Marthe ! » Elle reconnait immédiatement la voix rocailleuse même si, cette fois-ci, elle semble purgée de ses habituels reproches. Marthe soupire. « Juste Marthe... » Elle se redresse et considère le vieillard qui s'approche d'elle. Elle n'a plus vraiment envie de le fuir depuis qu'il a sauvé la vie de son papa. Elle éprouve de la reconnaissance. Elle imagine bien les raisons de sa visite, celles qui l'ont poussé à franchir une telle distance dans le froid de l'hiver pour venir la retrouver. « J'm'excus'rai pas ! Il l'a cherché ! » Le Mestre lui oppose un regard dubitatif et semble finalement approuver la détermination de la fille qu'il a vu grandir. Pas assez, visiblement, pour l'empêcher de soulever un argument judicieux. « Vous lui avez cassé le nez ! » L'enfant détourne le regard et observe les branches défeuillées des arbres proches. Le vieillard hésite et elle comprend qu'il n'est pas venu pour lui faire des reproches. « Il s'en remettra... » L'Oursonne, surprise, se résout à observer son interlocuteur. C'est tout ? Elle a déjà été sermonnée pour des actes bien moins graves. Elle se souvient de la fessée qu'elle a reçue lorsque, plus petite, elle a renversé de l'encre sur ses précieux parchemins. La gamine recule brutalement son épaule lorsque la main de l'érudit tente d'atterrir avec délicatesse dessus. Elle le défie de recommencer de ses opales céruléennes. Il ignore l'avertissement et récidive. Elle dégage une nouvelle fois son épaule mais baisse les armes lors de la troisième tentative de son opposant. Elle se laisse presque docilement attirer contre le torse de l'homme. L'Oursonne essaie de se dégager de l'étreinte ferme qui l'enveloppe. Elle frappe maladroitement de ses poings les flancs de son geôlier. Elle manque de le faire trébucher mais la résistance s'estompe lentement. Et finalement, l'éclat étouffé des pleurs de l'enfant s'extirpe de la bure du Mestre tandis que ses bras juvéniles se referment à leur tour autours de ce rassurant pilier de chair.


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MessageSujet: Re: L'innocence est la plus faible des défenses   L'innocence est la plus faible des défenses EmptyMar 30 Juil - 5:50

   « T'sais qu'tu peux m'en parler si t'as envie... » L'Oursonne croise brièvement le regard du garçon et elle fait à nouveau de son mieux pour l'éviter à nouveau. Elle refrène une remarque acerbe, induite par l'agressivité qui réussi à la dominer depuis quelques jours. Non, elle ne se fâchera pas avec Tom. Elle ne peut pas se fâcher avec tout le monde, elle n'en a pas la force. Ce jeune mâle de son âge est un véritable ami. Du moins est-ce ainsi qu'elle le considère. Ils ont grandit côte à côte. Ils se connaissent par coeur. Ce monde, ils l'ont appréhendé ensemble. Marthe compare souvent ce fils de pêcheur à un Lyanna masculin. Il possède le pouvoir de la faire sourire constamment. Ou presque. Aujourd'hui, tandis que leurs pas les mène de l'autre côté du village, il ne parvient pas à l'amuser. Sa présence n'en reste pas moins réconfortante. Avec lui, la vie semble souvent un petit peu plus simple. Et c'est encore plus vrai depuis que la fille d'Alysane ne voit plus Lyanna. Son temps libre, désormais, elle le passe avec lui. Du moins, lorsqu'elle n'éprouve pas le besoin de se retrouver seule au milieu du silence de la forêt. « C'pas bien d'garder toutes les choses tristes pour soi ! Mon père dit qu'ça rend les gens fous ! » insiste-t-il avant de bomber le torse et d'écarter les bras. C'est le roi des imitations. « Lady Marthe ! Vous devez vous confier si vous espérez un jour être à la hauteur de vos glorieux ancêtres ! » Elle reconnaît immédiatement le Mestre et une esquisse de rire franchit le seuil de ses lèvres. Elle le réprime aussitôt, presque honteuse de parvenir à ressentir autre chose que de la tristesse.  « T'es bête ! » le réprimande-t-elle gentiment. « Ouais, sûr'ment un peu ! Mais c'est pour ça qu'tu m'aimes bien, tu t'rappelles ? » Elle lui concède cette victoire. Le regard insistant du garçon lui fait toutefois comprendre qu'elle ne s'en tirera pas à si bon compte. « J'ai pas envie d'en parler ! » Le ton est catégorique et Tom admet à son tour sa défaite. « J'peux au moins savoir où on va ? » « Ouais ! Faire la guerre ! » Elle le perd aussitôt dans son sillage. Marthe s'arrête à son tour quelques pas plus loin et se retourne pour lui décocher un regard impatient. « C'est une plaisant'rie, hein ?! » Elle ne sait pas ce qui la fait le plus rire : son air abasourdi ou son incapacité à détecter la présence d'un mensonge ?

   Tom est cependant bien vite rassuré lorsqu'ils se retrouvent tout deux devant l'archerie du village. Marthe, bras croisés, observe avec hésitation la porte de bois qui la sépare encore de l'intérieur de la bâtisse. Elle ne sait pas si elle est encore en deuil. L'absence de Maege n'est pas vraiment devenue supportable. Mais l'ombre de sa mort a laissé place aux souvenirs des moments partagés ensembles. Edrick est tiré d'affaire et s'il est encore convalescent, il pourra la voir grandir. Le monde n'est pas aussi beau qu'avant. Mais il est moins laid qu'il l'était les premières semaines qui ont suivi la mort de sa grand-mère. C'est peut-être de ça dont le Mestre parlait lorsqu'il lui disait que la vie reprenait toujours le dessus. Si le temps des peines est révolu, celui de la vengeance doit lui succéder.  L'Oursonne sert ses poings. « Oh oh ! Pourquoi j'ai l'impr'ssion qu'tu vas faire une b'tise ? » « Viens ! » Elle lui saisit le poignet et l'entraîne à sa suite. Une fois à l'intérieur, le duo se retrouve très vite pris en charge par le fabricant d'arc. « Lady Marthe ?! J'espère que vous n'avez pas eu de problème avec l'arc que je vous ai vendu ? » s'inquiète-t-il toutefois. « J'vous ai d'jé dit d'arrêter d'me donner du vous, Godfried ! » soupire-t-elle en retour. « Elle a l'impression d'être une Lady, après ! » s'amuse Tom dans la foulée. « C'qu'elle est, en fait, quand on y pense ! » Le coude de Marthe s'écrase contre le flanc du garçon et un cri de douleur vient ponctuer son agaçante remarque. « J'ai b'soin d'un nouvel arc ! D'guerre, cette fois ! Et d'flèches, aussi ! Beaucoup ! C'possible ? » L'artisan n'a pas l'air enchanté. L'adulte qu'il est aura déjà compris ce qu'elle compte faire de cette arme. « Il me faudra un peu de temps pour fabriquer une arme qui conviendra à votre taille...  » « Godfried ! » « ... À ta taille ! » Marthe le récompense par un sourire qui est pourtant loin d'égaler ceux qu'elle avait l'habitude d'offrir avant le retour de son papa. « C'pas grave ! J'peux attendre un p'tit peu ! Et pour les flèches ? » « Il v... t'en faut combien ? » « Ils ont c'bien d'soldats les Bolton ? » Tom et Godfried échangent un regard et les deux finissent par hausser les épaules. Si une noble n'en pas la moindre idée, comment pourraient-ils le savoir ? « On a qu'à dire une centaine ! » Elle dépose toutes ses économies sur le comptoir puis se montre à nouveau hésitante. « Tu veux v'nir avec moi ? Parce qu'il t'faudrait aussi un arc ! » Il faut quelques instants à Tom pour comprendre qu'elle s'adresse bien à lui. « La guerre, j'aime autant la faire aux p'ssons, moi !  » « Ah oui c'vrai, t'es un pêcheur ! » L'arrogance qu'elle essaie d'insuffler à ses mots n'arrive pas à tromper son ami. Il sait bien qu'elle accorde autant de respect aux nobles qu'aux roturiers et que sa remarque n'est rien de plus qu'une tentative pour éveiller son ego. « C'toujours mieux qu'une Lady ! » Cette fois-ci il esquive le coup de coude et se rue à l'extérieur en rigolant. L'Oursonne ne tarde pas à lui emboîter le pas mais s'arrête toutefois sur le seuil de l'échoppe. « Parlez pas d'ma c'mmande à ma f'mille, hein ! C'est un s'cret ! »

   « Ca t'dirait pas d'te concentrer un peu ? » Cette fois, Marthe est vraiment agacée. L'arc est une discipline importante et ce qu'elle est en train d'enseigner à Tom pourrait bien lui sauver, un jour, la vie. Mais ce dernier trouve toujours matière à s'amuser de la situation. Et lorsqu'il envoie une nouvelle flèche à quelques pieds de la cible, il se met à nouveau à rire. Il se calme toutefois bien vite lorsqu'il découvre le regard de la jeune Mormont et son sourcil arqué. « Oh ça va ! J'aim'rais bien t'voir avec un trident, moi ! » « Ben f'gure-toi qu'j'en ai un, d'Trident ! Deux, en fait, depuis que Maege est morte ! » Elle a hérité de l'un des deux autres tridents amenés par Meera sur l'Ile aux Ours. La gamine se rend compte qu'elle vient de dire à haute voix que sa grand-maman est morte. C'est... un progrès ! Tom capte cette prise de conscience et, habilement, continue d'alimenter la conversation pour ne pas laisser le chagrin revenir à la charge. « Parce que tu pêches, maint'nant, toi ? » « Ben ouais ! C'est J'relle qui m'apprend ! On a même fait une journée sur l'bâteau d'ton père ! Il t'a rien dit ? » « Si mais j'pensais qu'c'était juste une autre d'tes idées b'zarres et qu't'allais t'lasser ! » « Non non ! J'vais même m'battre avec mon trident quand j'le maîtris'rai bien ! Ca s'ra mon truc à moi, t'vois ? Chaque femme d'ma f'mille à une arme à elle et j'ai décidé qu'pour moi, ce s'rait celle-là ! » « Ouais mais... t'as d'jà l'arc ! » « Ca c'est aussi l'truc d'Lyra ! J'veux quelqu'chose à moi, t'comprends ? » « Ouais mais t'es sûre qu'une grosse fourchette c'est l'meilleur choix ? » « Si ça peut p'cher du p'sson, ça peut p'cher du Bolton ! » Il hausse les épaules. L'argument n'est pas extrêmement convainquant mais il aurait bien du mal à s'y opposer. Une pression de Marthe sur son bras le pousse à reprendre son entraînement. Une nouvelle flèche fend l'air et se perd bien loin de la cible en paille. « Rhooo mais ?! Va f'lloir qu'j'te montre combien d'fois comment on fait ? » « Eh oh ! J'suis un p'cheur moi, pas un ch'sseur ! » « Ben t'as qu'à imag'ner qu'la cible, c'est un gros p'sson ! Si t'arrives à embrocher des trucs tout gluants, t'arrives à planter une flèche dans un rond ! C'est d'la logique ! » « D'la logique d'noble, ouais ! » Marthe lève les yeux au ciel et s'approche pour imprimer au corps de son ami la position idéale pour un tir. Elle reste collé contre lui, déterminée à l'accompagner d'un bout à l'autre de son tir. Elle ne compte pas racheter une autre centaine de flèches pour compenser celles que Tom s'acharne à perdre. « Là j'crois qu'j'vais faire un truc vr'ment stupide ! » « Pr'viens-moi plutôt quand tu f'ras un truc intelli... » Elle ne peut pas terminer sa phrase. C'est un peu dur, forcément, de s'exprimer lorsque les lèvres d'un garçon se posent subitement sur les vôtres...


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MessageSujet: Re: L'innocence est la plus faible des défenses   L'innocence est la plus faible des défenses EmptyMer 31 Juil - 10:03

   « Et après il a dit qu'il v'drait bien m'voir avec un trident ! Alors j'lui ai dit qu'j'en avais d'jà deux ! » explique-t-elle. « Et c'est là qu'il t'a embrassée ? » Emryck semble suspendu aux lèvres de l'enfant et son large sourire laisse aisément penser qu'il se régale de la situation. L'air outré de la fillette l'amuse au plus haut point. Mais il est bon public et même si cela doit faire une bonne quinzaine de minutes qu'elle lui raconte son histoire, il ne montre aucun signe de lassitude. « Non ! Attends ! Après il m'dit un truc du genre oh la la j'pensais qu'c'était juste une autre d'tes idées b'zarres ! Pas du tout qu'je lui dit ! Et là j'lui explique que j'vais m'battre avec l'trident, qu'c'est pas juste pour la p'scaille ! » « Et c'est à c'moment-là... » « Non, t'jours pas ! Tu penses qu'à ça où c'moi ? » Des rires s'élèvent des tablées voisines et Marthe prend conscience que son public est bien plus vaste qu'elle l'imaginait. Elle dévisage, gênée, les différents clients de l'auberge. « J'vois pas c'qu'y'a d'drôle hein ! On m'a violée l'bouche j'vous f'rais r'marquer ! » Les rires s'accentuent, parfois soutenues par l'alcool mais toujours animés par la joie de revoir la jeune Mormont retrouver son aplomb. L'Oursonne finit même pas joindre son rire aux leurs. Très brièvement. Elle ne trompe personne. Tout le monde, ici, est conscient qu'elle n'est pas vraiment fâchée. Oui, c'est vrai, elle a apprécié le contact des lèvres de Tom sur les siennes. C'était... doux. Pas comme les câlins de ses parents ou de ses tantes. Non, une autre forme de douceur. Les joues de l'enfant s'empourprent. « Fais pas attention ! Vas-y, continue ton histoire ! » Son garde l'incite à poursuivre en lui tapotant gentiment la main. Elle le connaît depuis quand, Emryck ? Elle a l'impression qu'il a toujours fait partie du décor. Il n'est pourtant pas bien vieux. La gamine s'est toujours montrée agréable avec les hommes d'arme de sa famille. Il en va de même pour les villageois. Mais c'est seulement lorsque le jeune homme a été affecté à sa protection qu'elle a véritablement appris à le connaître. Le voyage à Corneilla a renforcé un lien déjà fort. Les épreuves qui les attendaient à leur retour, aussi. Cela fait pourtant peu de temps que le soldat accepte de la tutoyer et de la traiter comme une amie. Il le fait aujourd'hui avec un naturel désarmant, pour le plus grand plaisir de la jeune noble. Elle l'aime beaucoup, Emryck. En fait, elle l'adore ! C'est un peu son confident et son expert en garçons ! Normal, c'en est un ! Et puis il lui a bien fallu trouver quelqu'un pour répondre à ses questions puisque son papa est trop embarrassé pour le faire. « J'sais plus où j'en étais... » « Au moment où tu dis à Tom que tu veux te battre avec un trident ! » Oui, c'est juste ! L'enfant reprend une gorgée de jus de groseille et s'éclaircit la gorge avant de reprendre. « Ben après il s'est m'qué ! Il a dit qu'j'aurais pu choisir autre chose qu'une grosse f'rchette ! Et là j'lui dit quelque chose du genre gnagnagna si ça peut tr'er du p'sson, c'peut aussi tr'er du Bolton ! Il savait plus quoi dire ! » « Et... »  « Non ! D'bord il a encore perdu une d'mes flèches ! Alors j'me suis un peu én'rvée mais pour son bien, tu comprends ! Et comme j'voulais pas d'voir comm'der encore plus d'flèches parce qu'j'ai plus d'or, j'voulu guider ses gestes alors j'me suis un peu r'pprochée de lui !» Emryck n'ose même plus ouvrir la bouche pour poser la seule question dont la réponse semble le captiver. Marthe hoche la tête de gauche à droite et douche une nouvelle fois ses attentes. « C'est l'moment où il m'dit qu'il va faire un truc d'bile ! Alors moi j'lui r'ponds qu'il f'rait mieux d'me dire quand il f'ra un truc int'lligent ! On gagn'rait forc'ment du temps, comme ça ! »

   Le silence retombe et l'Oursonne dévisage les personnes proches. Ils l'observent en retour. L'enfant doit un peu descendre de son tabouret pour décocher un petit coup de pied dans la cheville d'Emryck. C'est ce moment qu'il a choisi pour refréner sa curiosité ? C'est une blague ! « Bon ben t'l'as pose ta qu'stion ou bien ? » « C'est ce m'ment là qu'il t'as embrassée alors, j'présume ? » « Mais oui !!! » « Toutes mes félicitations ! Et l'mariage, il est pour quand ? J'suis invité ? » « T'sais Emryck... P'rfois, j'vraiment envie d'te faire du mal ! » Son rire déclenche celui des autres. Il lui ébouriffe les cheveux d'un geste paternaliste avant de se redresser et de lever sa coupe. « Vous entendez ça, vous autre ? Notre p'tite Dame grandit ! Elle s'est trouvée un amoureux ! Moi j'dis qu'ça mérite bien qu'on lève nos coupes pour fêter ça ! » Le silence reprend une nouvelle fois ses droits pendant que les clients vident volontiers l'alcool que leur soif avait réussi à épargner jusque-là. Marthe les imite avec son jus de groseille sans vraiment savoir si on se fiche d'elle ou si la fierté qu'elle devine dans certains regards est réelle. Le levé de coude terminé, le soldat se tourne à nouveau vers sa jeune maîtresse. « Et tu as réagis comment ? Dis-nous tout ! » Quelle drôle de question ! « Ben j'l'ai d'foncé ! » L'ambiance perd tout de suite en intensité. Marthe se fend d'un sourire amusé. Non, ça ne s'est pas exactement passé comme ça...


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MessageSujet: Re: L'innocence est la plus faible des défenses   L'innocence est la plus faible des défenses EmptyDim 25 Aoû - 23:20

   Elle considère le bleu, ou peut-être le violet, qui forme un cercle disgracieux autours de l'oeil. Elle se mordille les lèvres et essaie malgré tout de faire comme si tout allait bien. « T'as l'air d'aller... bien ! » Le regard qui brille au milieu de l'hématome n'a pas l'air très enclin à la plaisanterie. Elle détourne le sien sur le morceau d'écorce avec lequel elle fait jouer Ser Jochat. Le silence devient très vite gênant mais Marthe le préfère encore aux explications qui devront lui succéder. Elle sait que Tom est venu chercher des excuses. Et elle, elle sait qu'elle n'a pas à lui en faire. Il serait tentant de faire jouer sa place dans la hiérarchie du monde pour refuser ce plaisir au roturier. Mais ce ne serait pas vraiment juste. Elle sait qu'elle a mal réagi. Elle a eu le temps d'accepter l'idée. « T'm'as défiguré ! » Tout de suite les grands mots... C'est vrai qu'il a une tête bizarre avec son oeil au beurre noir mais il reste malgré tout Tom. Il ne sera pas handicapé à vie. Ormund lui a assuré qu'il n'allait pas mourir. Ce n'est pas parce qu'elle n'a pas osé aller chercher son camarade chez lui qu'elle ne s'est pas inquiétée, un peu, de son sort. « T'exagères... Pis t'as l'air d'un gu'rrier comme ça ! » « Un gu'rrier qui s'est fait battre par une fille ! » Elle n'aime pas l'emphase qu'il met sur ce dernier mot. Elle fronce les sourcils. On dirait presque que c'est la responsable de tout ceci !« T'avais qu'à pas m'agresser ! » « T'agresser ? Marthe ?! J't'ai fait un b'sou ! » Elle rougit tandis qu'il montre tant de facilité à rappeler ces faits qui la gênent. Elle observe très vite les environs mais elle se rassure lorsque elle constate qu'ils sont bien seuls, là, assis à califourchon sur ce tronc terrassé par la foudre. À part Ser Jochat mais lui, il ne compte pas vraiment. « Sur les lèvres !  Et sans m'avertir ! » finit-elle par protester. « Comme ça, la pr'chaine fois qu'tu veux m'faire une su'prise du genre, tu d'manderas ! C'est d'l'éducation ! » Elle n'aime pas le sourire qui se dessine lentement sur les lèvres de Tom. Elle n'aime pas non plus l'air goguenard qui entre à son tour dans la danse. « C'veut dire qu'y'aura une pr'chaine fois ? » Elle grimace et détourne le regard. Il a mis le doigt sur le coeur du problème et a compris que ce n'est pas l'acte en lui-même qui a dérangé l'Oursonne mais plutôt le fait d'avoir été prise par surprise. « J'pas dit ça ! » Mais elle pense tellement fort qu'elle n'a pas besoin de l'exprimer. C'est évident. Et Tom se révèle plutôt doué pour comprendre ce que les lèvres de son amie refusent souvent de prononcer.

   La Mormont parvient difficilement à changer de sujet malgré ses tentatives répétées pour esquiver les questions gênantes. Il lui faut évoquer les nouvelles inquiétantes qui se sont répandues dans le Nord pour réussir à vaincre la ténacité de Tom. « Des milliers ? » L'Oursonne acquiesce à regret. « C'est c'qui s'dit en tout cas ! » Elle hausse les épaules pour marquer leur impuissance sur le sujet. L'île est située stratégiquement et n'aura peut-être pas trop à souffrir de la présence des sauvageons. Mais Arya, Torrhen et Wylla n'auront peut-être pas la même chance. Elle espère qu'ils iront bien. Et, secrètement, elle espère également que les sauvages du nord du Nord iront rendre une petite visite au Bolton. C'est cet espoir qui l'empêche de considérer cette invasion comme une mauvaise nouvelle absolue. Marthe est toutefois consciente que la présence de tous ces barbares sur les terres du Nord empêchera Robb de se concentrer sur Ramsay. La vengeance des Mormont semble encore s'éloigner. La chance n'est franchement pas de leur côté. « T'crois qu'ils vont v'nir jusqu'ici ? » « F'drait qu'ils trouvent d'bateaux ! » « S'ils savent escalader l'Mur, ils savent sûr'ment construire des n'vires ! » Il n'a pas tort. En réalité elle ne sait pas vraiment de quoi ces gens-là sont capables. Son assurance réside avant tout dans le fait que les Ours ne les laisseront jamais poser le pied sur les rivages de l'île. « P't-être, ouais... » concède-t-elle. « T'as pas l'air inquiète ! » Elle confirme la pertinence de sa remarque d'un signe de la tête. « Ils m'pêchent pas d'dormir ! » Et pourtant elle n'est pas épargnée par les cauchemars. Mais les protagonistes de ces derniers ne sont pas des sauvageons. Ils arborent des boucliers frappé d'un homme écorché. Les sauvageons sont peut-être leurs ennemis mais le plus redoutable d'entre eux ne vient pas d'au-delà le Mur. « T'l'as vois t'jours dans tes rêves ? » Maege... Oui, elle n'arrive pas à chasser la mort de sa grand-mère de ses songes. Elle l'a acceptée. Autant qu'on puisse réellement accepter une chose pareille. Il aura fallu de longues semaines pour se résigner. Elle ne guette plus le rivage du haut des falaise, espérant voir surgir la silhouette de la Mère des Ours. Elle ne reviendra pas. Le chagrin s'est atténué mais le désir de vengeance, lui, continue de s'accentuer. « Ca ira mieux quand on l'ra v'gée ! » Tom tente de poser une main compatissante sur la sienne mais elle la recule et lui décoche un regard d'avertissement. Il se ravise et se contente alors des mots. « J'suis sûr qu'le Loup va rendre j'stice ! » Il essaie de l'apaiser et elle le sait bien. Elle hoche la tête en silence. Oui, Robb les vengera. Elle ne voit aucune raison de penser le contraire. Et ce faisant, le Roi du Nord fera ce qu'elles devraient elles-même faire. La diplomatie n'aide pas. Elle complique seulement les choses. Marthe désapprouve ainsi la politique de Dacey. Ou plutôt, elle ne la comprend pas. Mais elle est assez sage maintenant pour savoir que si sa tante agit de cette manière, ce n'est pas sans une bonne raison. Elle a autant envie de faire couler le sang du Bolton que le reste de la famille. La différence, c'est qu'elle a également des responsabilités envers l'île et ses habitants. L'Oursonne ne l'envie pas. En tout cas, si la gamine se confie plus aisément sur ce sujet, si elle arrive désormais à poser des mots plus précis sur les sentiments qui sont nés de la perte de Maege, elle ne parvient toujours pas à en parler aisément.

   Le silence retombe et Marthe accorde son attention à Ser Jochat. Elle grimace lorsque les griffes s'enfoncent dans ses doigts. Lorsqu'elle relève finalement le regard, elle découvre le sourire amusé de Tom. La réaction de Marthe est immédiate. « Oh oh » Il va refaire une bêtise, lui, c'est certain ! « Eh, Marthe !? » Elle fronce les sourcils et l'invite à parler d'un signe de la tête. Il semble décidé à faire durer le suspens. « Quoi ?! » « C'est quand qu'tu vas m'l'avouer ? » « T'avouer quoi ? J'te cache rien, hein ! » « Qu't'as aimé mon b'sou ! » « Rhoooo ! » Elle est agacée, oui. Et amusée, aussi. Elle n'arrive pas à refréner son sourire. « Jamais ! » « J'me d'mande ce que Lyanna en pense, elle ! » Elle reste estomaquée devant cette phrase qu'elle n'avait pas vue venir. La jalousie s'empare d'elle presque immédiatement. Elle plisse les yeux pour jauger l'air innocent de son interlocuteur mais ce dernier se relève et s'éloigne, lui rappelant au passage que la nuit ne va pas tarder à tomber et qu'il vaut mieux rentrer. L'Oursonne reste immobile encore un instant puis lui emboîte le pas en trottinant avec la ferme intention de le rattraper ! « Eh ! Attends ! T'as fait quoi avec Lya ?! » Oui, elle ne marche pas. Elle court. Autant au propre qu'au figuré, à présent !


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MessageSujet: Re: L'innocence est la plus faible des défenses   L'innocence est la plus faible des défenses EmptyVen 20 Sep - 1:03

   Elle déteste cette sensation de faiblesse, cette impression d'impuissance. Son corps entier est appesanti par cette peur qui succède irrémédiablement à la plupart de ses sentiments. Elle voit le sang maculer la neige et la transformer en morbide expression artistique. Elle perçoit l'acier qui s'enfonce dans la chair tendre et surgit à nouveau à l'air libre, recouvert de fluide carmin. Elle entend les cris agressifs et les rires sournois qui viennent former, avec les plaintes glaciales du vent, une litanie particulièrement cruelle. Où sont les dieux ? Que sont devenus les Hommes ? Marthe tend la main en direction de la Mère des Ourses et hurle son prénom. Le spectacle reste pourtant indifférent à l'intervention de la spectatrice. Un corps chute lourdement au sol et le regard vrillé de souffrance de la gamine rencontre celui, maintenant figé pour l'éternité, de Maege Mormont. Ce n'est qu'à partir de cet instant que les soldats des Bolton, ces pions machiavéliques, lui accordent leur attention. Ils s'avancent vers l'Oursonne et l'acier brille à nouveau, faiblement, sous le pâle ciel du Nord. Les lames s'abattent et Marthe se redresse en sursaut, couverte d'une sueur qui semble défier les températures glaciales de l'hiver. Elle regarde à gauche, elle regarde à droite. Les soldats qui l'entourent font mine de n'avoir rien remarqué et se concentrent davantage sur l'océan nacré de néant et les dangers qu'il pourrait charrier sur ses flots. La fatigue se lit sur son visage juvénile et les cernes bleutées qui continuent de s'alourdir prouvent son manque de sommeil. Elle pourrait se trouver au fond de son lit en cet instant. Mais, ce faisant, son sentiment d'impuissance aurait encore été renforcé. La gamine sait bien qu'elle n'est pas réellement utile, là, sur le rivage qui flanque le village aux pieds du donjon. Elle suppose qu'en cas d'attaque des Écorchés, sa présence ne fera que peu de différence. Elle sait aussi qu'elle sera probablement figée par le dégoût ou la peur lorsqu'elle pointera sa première flèche sur un adversaire avec l'intention de le tuer. Son jeune âge la conforte dans l'idée qu'elle est insignifiante. Son destin se résume peut-être, à l'instar de son rêve, à un simple acte de présence.

   L'enfant lâche un soupir qui se transforme en nimbe blanchâtre. Elle observe le vent l'emporter dans l'obscurité tandis qu'elle s'emmitoufle dans sa fourrure avec l'espoir de sauvegarder cette chaleur qui s'acharne à la fuir. Les flammes du brasero captent ensuite avec aisance le regard de l'Oursonne. Elle l'y noie, ainsi que ses pensées. À tel point qu'elle remarque à peine l'arrivée de Tom. Ce n'est que lorsqu'il s’assoit à ses côtés et met en péril l'équilibre de la bûche sur laquelle elle s'est installée qu'elle s'extirpe définitivement des bras du sommeil. Elle remarque qu'il tient à la main l'arc qu'elle lui a offert. Celui avec lequel elle a aussi appris à tirer. Elle se souvient un instant de Lyra et des moments passés en sa compagnie, des années plus tôt. Elle doute qu'elle puisse être une aussi bonne enseignante que sa tante mais le fils du pêcheur a fait des progrès. Peut-être qu'elle sert à quelque chose, en fin de compte... « J'rien m'qué ? » Elle lui répond par un léger sourire. Il n'est pas un soldat. Il n'est d'ailleurs même pas une recrue. Mais cela fait maintenant des nuits qu'il fugue de chez lui pour venir la retrouver. Son père a le sommeil lourd et c'est une bonne chose pour lui. Et pour elle. « À part Em'ryck qu'a ess'yé d'jouer d'la flûte, non, rien d'bien p'ssionant ! » explique-t-elle en levant un regard taquin en direction de l'intéressé. « Avouez qu'j'ai progressé quand même ! » Il adopte un air vexé ainsi que le vouvoiement qu'il utilise lorsqu'ils ne se trouvent pas seuls. « Pr'gressé ? C'pas l'mot qui m'vient à l'esprit... » « J'suis un artiste incompris ! » Il pousse le dramatisme à son paroxysme et le vice jusqu'à déposer le revers de sa main sur son front. Les deux enfants répliquent par un rire puis le soldat s'éloigne. « C'tait si horrible qu'ça ? » s'enquit Tom avec curiosité. Marthe hoche la tête tandis que son sourire s'accentue. « C'tait atroce ! » Mais si le groupe n'a pas pu entendre une mélodie convenable, il a en revanche partagé de nombreux rires. Emryck n'a définitivement rien d'un musicien mais il n'a pas son pareil pour réchauffer les cœurs ou l'ambiance. Sans lui, sans Tom, l'Oursonne aurait peut-être pu devenir comme Lyanna. Un fantôme. Leur présence fut aussi salutaire que celle de sa famille. « J'me d'sais qu'j'allais p't-être rendre une p'tite viste à Lya' d'main ! » Son camarade l'observe avec étonnement. Il a souvent entendu Marthe se plaindre de sa tante et de son comportement lors de leur dispute. « Pour l'ach'ver ? » Le coude de la gamine s'écrase contre le flanc du jeune adolescent et elle le gratifie d'un regard d'avertissement. « Non mais s'rieusement ? T'vas aller la voir pour d'vrai ? » Il considère de toute évidence qu'il s'agit d'une mauvaise idée. Elle partage son opinion. L'Oursonne ne sait pas ce qu'elle pourra bien dire à sa tante ni même si elle envie de lui parler. Elle lui manque, c'est certain. Elles ont grandi ensemble et au-delà du lien familial qui les unies, il y avait une profonde amitié. Mais il se trouve que l'enfant est rancunière. Très rancunière. Alors même si elle est consciente de ses torts et qu'elle ne souhaite pas que leur ignorance mutuelle perdure, faire le premier pas reste une démarche compliquée. « Faudra bien qu'on s'r'parle un jour ! C'ma tante, qu'même ! Pis l'île est pas assez grande pour qu'on s'vite toute not' vie ! » Elle doute qu'il puisse comprendre l'énergie qu'elle doit déplayer pour faire comme si son aînée n'existait plus. Elle n'est pas assez forte pour faire la guerre à la souffrance, aux Bolton et à Lyanna en même temps. Les deux premiers sont de véritables ennemis qui sapent ses espoirs et sa joie. C'est à cause d'eux que la troisième s'est muée en adversaire. Mais plus elle y pense et plus elle se dit que tout ceci n'a pas le moindre sens. « S'tu meurs, j'peux r'cupérer ton n'vel arc ? » C'est au tour de la gamine d'afficher un air outré. « Jamais d'la vie ! » proteste-t-elle. Ses armes iront à ses frères et à sa soeur. « Mais j'pourrais t'r'filer mes vieilles bottes ! »  « J'ai d'plus grands pieds qu'toi ! Elles m'iraient pas ! » ronchonne-t-il en retour. « Ouais c'est d'mmage, hein ! » Un sourire carnassier se dessine sur ses lèvres. La mort s'est invitée dans leurs vies mais également dans leurs conversations. En l'évoquant régulièrement, en trouvant les moyens de s'en amuser, elle devient moins effrayante. Mais à chaque fois que le silence reprend ses droits, comme en cet instant, elle redevient plus pesante.

   Un groupe de soldats passe devant le duo. Marthe réplique à leur signe de tête de la même façon et les regarde s'éloigner le long du rivage puis disparaître dans l'obscurité. « T'penses qu'ils vont bientôt v'nir ? » « Les Bolton, t'dis ? » Il lui répond par l'affirmative et lui confirme qu'il n'évoquait pas les sauvageons qui ont attaqué les terres du Nord. L'Oursonne hausse alors les épaules. « J'pense pas ! Les s'vageons r'présentent un risque trop important pour les cont'nentaux et y f'drait qu'y c'struisent pas mal d'bateaux ! Pis c'est l'h'ver ! » Elle voit beaucoup de raisons qui pourraient pousser le Bolton a demeurer chez lui. Elle ne croit pas à une invasion de l'île. « Alors p'rquoi t'passes ton temps à les attendre s'tu crois pas qu'ils vont d'barquer ? » Elle hausse les épaules. « Parce que l'Bolton, c'est un fou ! Et qu'les fous, y font j'mais c'qu'on attend d'eux ! » résume-t-elle sobrement. Elle en sait assez sur la stratégie pour savoir que l'effet de surprise est une arme puissante. Elle le voit lorsqu'elle s'entraîne avec ses aînées ou lorsque on lui parle des batailles que des armées en remporté, grâce à la ruse, contre des troupes plus puissantes. « Mais c'pas vr'ment eux qu'j'attends pour d'vrai, t'sais ? C'est L'ra et J'rah ! » Tom fronce les sourcils tout en observant son ami. Il semble croire à une plaisanterie. « Quoi ?! » « Jorah ? LE J'rah ? » « Ouais ! » « Le cr'minel ? » insiste-t-il. « C'pas vr'ment un cr'minel ! Il est juste... b'zarre ! » Elle se sent forcée de défendre son petit-cousin malgré le comportement de ce dernier à Corneilla. « B'zarre ? On parle bien du Mormont qu'a v'du des gens et qui a v'lé ta f'mille ? » « Il était... Il était am'reux ! » balbutie-t-elle tout en cherchant des justifications aux actes inconsidérés de l'exilé. « Et alors ? Moi j'vends pas d'gens pour t'payer d'trucs ! » « C'pour ça qu'tu m'offres j'mais rien ? » réplique-t-elle en arquant l'un de ses sourcils. « J'suis pauvre, hein ! J'suis un fils d'p'cheur, moi ! Pas un noble !» « Ben t'as qu'à m'ffrir du p'sson ! » Il la regarde, interloqué. « La pr'chaine fois j'te ramène d'la pouascaille s'tu veux, hein ! » « Non mais j'veux pas d'pou'scaille, oh ! » « Tu viens d'dire qu'tu veux des c'deaux ! » « Non, j'juste dit qu'tu m'en f'sais j'mais ! »  « Et c'veut pas dire qu'tu veux just'ment qu'j't'en fasse, ça ? » « Ben non ! C'veut juste dire c'que c'veut dire ! » « Maint'nant j'sais p'rquoi m'père dit qu'les femmes sont c'pliquées ! » Elle s'amuse bien vite de l'air perdu qui s'est installé sur son visage. Un sourire répond au sien et la tension enfantine qui s'était installée se fait très vite balayer par la volubilité de leur discussion. « Jorah, hein ? » répète-t-il comme s'il n'arrivait pas à y croire. « Va y'avoir d'l'ambiance ! » Difficile de lui donner tort. Il est fort probable que le calme de l'île soit troublé par les cris ou le fracas des armes lorsque son petit-cousin posera pied à terre. « T'as même pas idée... » soupire-t-elle.


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