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 Avons-nous tant changé, ma cousine ? [PV Lyra]

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MessageSujet: Avons-nous tant changé, ma cousine ? [PV Lyra]   Avons-nous tant changé, ma cousine ? [PV Lyra] EmptyDim 26 Mai - 19:17


Lyra Norroit & Jorah Mormont
An 302, lune 4, fin de semaine 3



Détaché de ses fonctions auprès de la Typhon-née pour le déjeuner, le Bouclier-lige en avait profité pour se restaurer en compagnie des garde du château. C’était de nouveau l’effervescence à Corneilla. Lorsqu’il traversait les couloirs des appartements, Jorah observait domestiques et suivantes s’affairer à plier bagage. La cour du château, et ses alentours, commençait à se vider lentement. Les noces étaient terminées et leurs conclusions avaient certainement précipité le départ de certaines délégations. Comme elle avait pu en reculer d’autres. Le décès du suzerain du Conflans avait ébranlé tout le domaine et l’inquiétude était sur toute les bouches. Il avait également contrecarré ses propres plans.

La situation ne lui avait pas laissé beaucoup d’occasion de s’entretenir avec la princesse quant à son projet de départ. Ni même avec le nouveau Lord, son époux. Il n’osait troubler cette période de deuil. Tout comme il n’aimait pas l’idée de laisser la jeune femme livrée à elle-même, bien qu’il la sache bien entourée. Il la pensait vulnérable, peut-être même en danger, et il était partagé entre son désir de se montrer présent pour elle et celui de saisir l’opportunité de retrouver les siens. Pourtant, le temps allait lui manquer.

Il traversait d’ailleurs le camp des bannerets quand une silhouette familière attira son regard : Lyra. Elle s’affairait auprès d’autres Nordiens, semblant bien connaître les hommes qui l’entouraient. Son cœur manqua un battement lorsqu’il comprit qu’ils commençaient à charger carrosses et charrettes. Le Nord s’en irait bientôt, il le savait. Mais il n’était pas encore prêt. La bannière qui flottait au dessus d’eux ne portait pas les couleurs des Mormont, cependant. C’était celui du Clan des Montagnes Norroit.

Partagé entre deux sentiments, l’urgence et la retenue, il finit par s’approcher, lentement. Il observait sa cousine, les hommes des montagnes, mais aussi les bannerets alentours. Ils semblaient les seuls sur le départ. Posté à quelques mètres, il attendit qu’elle le remarque pour ouvrir la bouche :

« Bonjour Lyra. »

En son fort intérieur, comme lorsqu’il avait retrouvé Dacey, son cœur s’était emballé. Mais il avait conservé toute neutralité. Il ignorait tout de sa réaction. Elle avait toujours été la plus douce, il ne l’imaginait pas s’attaquer à lui avec violence. Mais peut-être avait-elle changé ? Ou bien l’ignorerait-elle ? Il avait été trop longtemps absent pour savoir véritablement sur quel pied danser. Sa discussion avec Dacey n’avait fait que renforcer cette appréhension. Bien qu’elle lui ai personnellement pardonnée, à sa façon, celle d’une Ours blessée, il avait réalisé ce qu’il leur avait infligé à toutes. Rien ne lui garantissait un accueil similaire par ses autres cousines. Il avait beaucoup trop à se faire pardonner.

Détournant son regard de celui de sa cousine, il observa les bannières flottant au vent et le remue-ménage qui les entourait, avant de le porter de nouveau sur elle. Il lui semblait que tout lui échappait. Un retour dans le Nord s’avérerait bien plus compliqué que tout ce qu’il avait pu s’imaginer dans ses songes les plus désespérés, sur Essos. Il arrivait possiblement trop tard.

« Aurais-je tant manqué qu’une union avec le clan des Montagnes m’ait aussi échappé ? »

Cette idée lui fit plus mal qu’il ne le pensait. Elles étaient désormais des femmes, des mères, des tantes. Il était heureux pour elles, ne leur souhaitant que le bonheur auquel il n’avait eu le droit, mais il ne pouvait empêcher ses pensées. Lui n’avait aucune place parmi elles, n’était plus rien. Un presque inconnu. Une honte, un songe, un rien.

Une situation immuable ? L’espoir le réfutait. La raison n’en était pas si certaine.


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MessageSujet: Re: Avons-nous tant changé, ma cousine ? [PV Lyra]   Avons-nous tant changé, ma cousine ? [PV Lyra] EmptyMar 25 Juin - 17:44

Avons-nous tant changé ma cousine ?

An 302, Lune 4, semaine 3



Jorah Mormont & Lyra Norroit

« Ah fait chier ! »

La voix gutturale de Brandon fit écho au craquement peu engageant de la charrette des Norroit. D’un coup sec, la roue fut éjectée du manche en bois et l’intégralité des provisions pour le voyage ainsi que les couvertures et les malles glissèrent pour se répandre dans la boue. Le géant roux sauta à terre pour constater l’étendu des dégâts, dépité.

« Est-ce que tout va bien ? » le héla un des soldats sur la cariole de devant.

Il secoua la tête.

« Est-ce que tout a l’air d’aller bien ? »

« Que s’est-il passé ? »

« J’ai cassé cette foutue roue ! » ragea-t-il en lançant son bras droit en l’air.

Lyra, qui supervisait la préparation de la caravane Norroit non loin, s’approcha de l’origine du grabuge. Elle savait les Nordiens prompts à quitter Corneilla. En particulier après le désastre qu’avait été le mariage de lady Sansa et d’Hoster Nerbosc. La plupart ne voulait plus être là lorsque le procès commencerait. L’hiver était là et les routes seraient prochainement difficilement circulable. Tous souhaitaient rentrer chez eux avant de rester bloqués dans le Conflans indéfiniment. Et son époux semblait être le plus pressé de tous. Ils ne partaient que dans une semaine, au mieux, mais il avait tenu à être prêt dès aujourd’hui.

« Allons, on va réparer ça… » le calma-t-elle en posant sa main sur son avant-bras. « Je vais aider. »

Il bougonna avant de prendre place à l’arrière de la charrette. L’Ecorce vint le rejoindre et tous les deux se préparèrent à la lever. La brune désembourba la roue qui était aller s’échouer dans une flaque et la fit docilement rouler.

« Levez à trois ! Un… Deux… Trois ! »

Dans un grand ébranlement et un concert de craquement, les muscles des bras des hommes se contractèrent et la cariole se souleva juste assez pour que Lyra puisse glisser le centre de la roue dans la poutre de bois. Ils pataugeaient tous les trois dans la gadoue et elle avait bien conscience – en prenant en compte leurs grognements – qu’ils ne tiendraient pas longtemps, bien que l’orgueil masculin se garde bien de le lui communiquer clairement. Après trois grands coups d’épaule, la roue finit par rentrer assez profondément pour soutenir la charrette. Tous soupirèrent en cœur et l’archère essuya ses mains couvertes de boue dans les plis de sa robe.

« Alors comme ça, tu es encore assez fort pour soulever une cariole… » taquina-t-elle gentiment l’Ecorce.

Celui-ci leva les yeux au ciel avant de se figer, le regard portant au-dessus de son épaule. Son visage déjà bourru se ferma et l’ombre du sourire né de la blague de la jeune femme disparu. Brandon, quant à lui, se contenta de croiser les bras sur sa poitrine, son expression indéchiffrable.

« Regardez qui voilà… »

Lyra jeta timidement un coup d’œil derrière elle. La voix qui résonna dans le calme brumeux du Conflans confirma ce qu’elle avait deviné. Sa gorge se serra et il lui sembla que ses bras venaient de tomber.
Jorah avait changé. Les années passées loin du Nord ne l’avaient pas épargné et il arborait une mine burinée par le soleil, la solitude et le questionnement. En revanche, il avait conservé sa grande stature et le charisme discret, mais bel et bien existant de sa présence. Un instant, elle se l’imaginait comme n’étant jamais parti, vivant encore parmi elles, cette ombre réconfortante qui patientait silencieusement au coin de l’âtre immense de leur maison de rondins. Il ne sonnait pas faux, sur cette île qui l’avait vu naître. La réalité la rattrapa pourtant lorsqu’elle se remémora ses fautes. Des fautes qu’ils n’avaient jamais vraiment payées. Lui en voulait-elle encore, à ce fantôme qui se présentait humblement à elle ? Lui en avait-elle jamais voulu ? La troisième fille de Maege était un être incapable de rancune. Déçue, elle l’avait été. Terriblement déçue. Mais ce qui était fait était fait.

« Tu as vieilli, » sourit-elle.

Avait-il changé, cependant ? Ses yeux gris, les mêmes que les siens, se perdirent parmi les soldats Norroit, parmi les étendards aux chardons et finirent par échouer sur le visage de son époux. Brandon n’avait pas encore pipé mot. De réaliser son mariage semblait le peiner. Un éclair de tristesse figea même ses iris. Il n’avait pas été là et peut-être que, si les choses avaient été différentes, il aurait été celui qu’elle aurait choisi pour l’accompagner sous le barral.

« Beaucoup de choses se sont passées depuis que tu es parti… »

Dacey et Alysanne étaient devenues mères. Jorelle avait vécu tant d’aventures intrépides qu’il lui était impossible de toutes se les remémorer, un chapitre clôturé par un accident et une adoption. Lyanna avait grandi, si bien grandi qu’elle ressemblait aujourd’hui à leur mère dans son adolescence, tout le monde s’accordait pour le dire. Et Lyra, quant à elle…

« Voici mon époux, Brandon Norroit, » les présenta-t-elle en l’invitant à s’approcher. « Peut-être vous connaissez-vous déjà ? »

Mais l’héritier se contenta d’un hochement de tête sec. La réputation de Jorah le précédait et il n’avait aucune raison de se montrer avenant avec lui. Il avait entaché la famille de sa femme et plus largement le Nord par ses actes irréversibles. Gênée par cette froideur, la chasseuse s’approcha de son cousin sous l’œil mauvais de l’Ecorce.

« Tu m’as manqué, » dit-elle simplement en lui tenant les mains.
 


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MessageSujet: Re: Avons-nous tant changé, ma cousine ? [PV Lyra]   Avons-nous tant changé, ma cousine ? [PV Lyra] EmptyJeu 4 Juil - 4:31


Lyra Norroit & Jorah Mormont
An 302, lune 4, fin de semaine 3



« Tu as vieilli »

Cette réflexion eu le don de lui décrocher un petit rire alors qu’elle l’observait en souriant. Était-ce donc la seule chose qu’elle voyait en lui après tant d’années ? Les signes du temps passés ? Toujours mieux que d’y voir un traître, cependant, il ne s’en plaindrait pas. Il n’avait pas eu tord dans ses espoirs la concernant. Jamais elle n’aurait été capable de rancune et de méchanceté à son égard. Ceci n’était certainement pas étranger à sa visite. Elle était bien la seule qu’il avait osé venir voir de lui-même jusqu’ici. Malgré tout, il se sentit soulagé, conscient qu’un poids se déchargeait de son cœur.

« Peut-être ... » admit-il avec un sourire, « Mais fort heureusement, je perds moins vite mes cheveux que ton oncle. »

D’instinct, ils retrouvaient cette complicité qui les liait autrefois et l’Ours déchu en fut heureux. Elle était la seule à l’accueillir avec chaleur, cependant. Les deux hommes qui l’encadraient abordaient une mine contrariée qui contrastait fortement avec le sourire de la jeune Ourse. L’ancien Seigneur de l’île-aux-Ours n’était pas surprit. Pénétrer le camp de la délégation nordienne ressemblait exactement à ce qu’il s’était imaginé. On le dévisageait, la moindre personne le reconnaissant lui ou le blason sur son armure, lui jetait alors des regards noirs. Il le savait, la rancune était tenace au Nord. Et l’honneur plus important encore. Sa simple présence était un affront pour nombre d’entre-eux. Il n’était pas assez bête pour l’ignorer, le plus sage aurait été encore de ne pas s’attarder. Pourtant il le fit, ne ressentant aucun danger, ni aucune peur.

Il reconnu rapidement l’Ecorce au côté de sa cousine. Celui-ci était natif de leur île, un bon soldat et un homme de confiance. Visiblement, il accompagnait toujours Lyra partout où elle se rendait. Certaines choses ne changeait pas contrairement à ce qu’elle disait. Bien que ce dernier ne semblait pas ravi de le revoir, il lui adressa malgré tout un léger signe de tête. Il avait été un de ses hommes, il ne l’oubliait pas. Ce dernier ne prit pas la peine de répondre, préférant conserver son regard noir, ce dont Jorah ne se formalisa pas. Il avait cent fois mérité tout ça.

Se fut néanmoins l’homme qu’elle lui présenta qui attira le plus son attention. Comme elle le devinait, l’un et l’autre n’étaient pas des inconnus. Jorah était bien en peine de se rappeler si il l’avait déjà rencontré personnellement, mais il connaissait bien son père, le Seigneur de son clan dit 'Le Norroit", auprès de qui il avait combattu durant la guerre. Le grand homme roux refusa de s’approcher, malgré l’invitation de son épouse, ce qui sembla gêner cette dernière. Il le salua malgré tout d’un geste sec et contraint ce que Jorah lui retourna en prononçant un simple « Messire Brandon ». Il se tourna de nouveau vers l’objet de sa visite, sa douce cousine, pour répondre à son interrogation.

« Nous ne nous sommes jamais rencontré, je crois bien. » lui dit-il avant de se retourner vers son désormais époux, « Mais je connais votre père qui, je l’espère, se porte bien. »

Ainsi, il ne s’était pas trompé, cet homme avait épousé Lyra devant les Anciens. D’un premier abord, le bonhomme ne semblait pas chaleureux. Il y avait fort à parier que cela n’était dû qu’à sa présence, il l’espérait tout du moins. Lyra méritait ce qu’il y avait de mieux, mais elle semblait heureuse. Il fut coupé dans son observation du jeune Norroit par cette dernière. S’étant rapprochée, elle prit ses mains dans les siennes. Leurs regards se croisèrent de nouveau et il retrouva cette douce chaleur qui lui était propre dans ses pupilles. Ils avaient échangé tant de ses regards autrefois, durant leurs parties de chasse. Plus encore, se furent ses mots qui le touchèrent, et il serra ses doigts d’archère avec plus d’émotion qu’il ne l’aurait cru. Combien de fois avait-il imaginé ces retrouvailles ? La gorge un peu serré, il n’en laissa pourtant rien paraître, préférant répondre avec ironie.

« Nul doute que tu es la seule, ma Cousine. »

Il lui adressa un demi-sourire, comme pour lui montrer qu’il acceptait entièrement cet état de fait. Ce fardeau était le sien. Et cette situation demeurerait sa condition, elle ne devait pas s’en formaliser à sa place. Ses sœurs et elle l’avaient déjà trop porté durant ses années d’exil. C’était à lui que revenait le rôle d’assumer ses erreurs, à présent. Et pour elles, il était prêt à les assumer enfin.

« Je suis désolé. » dit-il finalement. De ça il était certain. Mais la suite des mots eurent beaucoup plus de mal à sortir, « Toi aussi … Tu n’imagines pas à quel point votre absence fut difficile. Je regrette le mal que je vous ai fait. Et je regrette tout ce que j’ai pu manquer. »

Occultant le regard des deux hommes sur eux, il continua sur sa lancée, posant finalement une main hésitante sur son épaule.

« Comment vas-tu ? Es-tu heureuse ? »


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MessageSujet: Re: Avons-nous tant changé, ma cousine ? [PV Lyra]   Avons-nous tant changé, ma cousine ? [PV Lyra] EmptyLun 19 Aoû - 20:59

Avons-nous tant changé ma cousine ?

An 302, Lune 4, semaine 3



Jorah Mormont & Lyra Norroit

Ses mains étaient grandes et chaudes. Réconfortantes, presque, malgré les cicatrices qu’elle n’avait pas besoin de voir pour sentir. Combien d’épées étrangères avaient-elles tenues ? Combien de tissus exotiques avaient-elles effleurées ? Combien de doigts bruns, noirs et blancs avaient-elles saisies ? Désormais, c’étaient les siens qu’elles serraient. Et elle les serraient en retour. Avait-elle un jour espéré le revoir ce cousin plus vieux dont la présence était devenue une habitude ? Elle n’en savait rien. Elle ne mentait pas, cependant. Jorah lui avait manqué. Jamais elle n’avait fait part de ce sentiment à sa famille. D’ailleurs, elles ne parlaient que très rarement du fils de Jeor. Il était encore vu comme une tache noire sur l’écusson, l’ombre d’un blason qu’il n’avait pas eu le force d’élevé. Peut-être serait-il toujours appréhendé de la sorte. Le mouton noir. Drôle de farce pour un ours. Pourtant, malgré ses fautes, Lyra l’aimait et n’avait jamais cessé de l’aimer. L’ancien héritier des Mormont arborait la même mine réjouie, bien que l’éclat de la honte ne quitte jamais vraiment les traits accusés de son visage. Il en serait sûrement toujours ainsi.

La référence à son père arracha un sourire à la jeune femme. Elle n’avait pas vu l’oncle Jeor depuis plusieurs années et elle se le représentait assez aisément comme un vieil homme bourru et mal léché, drapé de noir, à la moue renfrognée et autoritaire. C’était un homme bien à qui on avait brisé le coeur. Que Jorah puisse en parler avec désinvolture cachait son déshonneur.
Sans se départir de sa moue amusée, elle fit mine d’inspecter le sommet du crâne de son cousin en se dressant sur la pointe des pieds. La plupart de ses cheveux, blondis par trop de soleil, étaient d’une finesse alarmante. Par endroit, il était facile de distinguer la peau.

« Je n’en serais pas si sûre… » s’amusa-t-elle. « Mais oncle Jeor va bien. »

Dans son dos, l’archère avait presque oubli l’atmosphère pesante. Son époux et l’Écorce, toujours sur leurs gardes, n’avaient pipé mot et gardaient un silence tantôt solennel, tantôt hostile. Pourtant habituée à lire l’état d’esprit de ceux qui l’entourait, de revoir son cousin bouleversait tant la troisième fille de Maege qu’elle remarqua à peine le salut de Jorah non rendu par le soldat Mormont. Elle remarqua en revanche la froideur de Brandon. Dérangée par celle-ci, elle lui répondit par une oeillade peinée. Elle aurait voulu s’excuser auprès de son mari et auprès de son cousin de les mettre chacun dans une situation aussi inconfortable. Néanmoins, elle ne pouvait chasser ni l’un, ni l’autre.

« Il va bien, » répéta pourtant Brandon d’une voix tranchante.

La politesse s’arrêta là. Il se retourna tout d’un bloc et les hommes Norroit qui s’étaient machinalement arrêtés l’imitèrent. Ensemble ils se mirent en tête de réparer définitivement la cariole et de la charger à nouveau. Il n’y avait pas de pire mépris que l’ignorance et les mutiques clans du Nord étaient passés maîtres en la matière. Lyra sut à cet instant qu’elle ne tirerait rien de plus à son époux pour le moment. Paradoxalement, l’Écorce, lui, se rapprocha.

L’ironie mouillée de tristesse de Jorah lui firent hausser les sourcils.

« Que veux-tu dire ? » demanda-t-elle, étonnée. « Tu es allé voir mes soeurs ? »

L’idée lui paraissait saugrenue tant elle était dangereuse. S’ils s’étaient vus, quels mots étaient-ils capables de s’échanger ? Lyra savait pertinemment ce que pensait ses aînées et ses cadettes de leur cousin. Et les sentiments n’étaient ni nostalgiques ni plein de pardon. La perspective d’une telle rencontre lui serra la gorge. Mais il y avait quelque chose dans le pauvre sourire de Jorah qui lui confirma sans qu’il n’ait à le dire que sa route avait croisé celle d’autres Mormont bien moins accueillantes qu’elle.

Avant qu’elle n’ait le temps de rétorquer, il prononça la phrase qu’il n’avait jamais dit lors de son exil. Il n’en avait pas eu le temps aussi elles n’avaient jamais réellement su s’il regrettait ses actions. Aujourd’hui, il confirmait ce que Lyra avait secrètement espéré depuis longtemps. S’il était désolé, s’il avait des remords alors cela prouverait définitivement qu’il était un homme bien. Elle ne pouvait pas se l’imaginer vendre des hommes et des femmes, briser des vies, et avoir la conscience tranquille. Pourtant, le doute ténu, secret, mauvais, subsistait et la laisser parfois imaginer du pire. Ses grands yeux gris se remplirent de larmes, mais aucune ne vint glisser sur ses joues, si bien qu’elle regardait le visage de Jorah sans le voir, ondulant à travers la surface d’une ondine radieuse.

« Je suis rassurée, tellement rassurée, » bredouilla-t-elle. « Que tu sois un homme bien. Que tu n’ai pas changé. »

Elle frotta ses yeux d’un revers de main et soupira pour se ressaisir.

« Je serai ravie de tout te raconter, » sourit-elle. « Mais il faudra me raconter, toi aussi. »

Sa grosse main vint se poser sur son épaule.

« Je vais bien. Je suis très heureuse… » Quelque chose qu’elle n’aurait pas été capable de dire il n’y avait pas si longtemps. « Et toi… ? Jorah il y a tant de choses que j’aimerais te demander, mais je crois que je perds tous mes mots. »

En effet, enfin, la surprise de le revoir la percutait et il lui semblait être devenu simplette.

« Pourquoi es-tu revenu ? »


Les intonations dures, inflexibles de l’Écorce glacèrent l’atmosphère chaleureuse des retrouvailles.
 


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