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 La fin de toute chose

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Liane Vance
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MessageSujet: La fin de toute chose   La fin de toute chose EmptyDim 26 Mai - 13:51

Liane Vance
La fin de toute chose
Debout face au grand miroir dans mes appartements, je restais stoïque et immobile face au reflet que me renvoyait cet objet dans lequel je m’étais si souvent admirée et qui désormais me renvoyait une image de moi qui me faisait horreur. Je ne reconnaissais plus la femme que je voyais en face de moi. Où était passée l’enfant, vivante, assidue sur ses leçons mais capricieuse et trop gâtée par ce père qu’elle avait tant aimée? Où était la jeune femme qui fut heureuse de découvrir d’autres horizons et si fière de parler d’elle et des siens à tous ceux qu’elle avait rencontré sur sa route la menant au Bief ou sur ces verdoyantes et riches terres qu’elle foula jadis avec ses cousins? Où était, enfin, la femme, l’épouse, l’amante, la mère qu’elle était devenue en épousant celui qu’elle avait connu enfant et qui l’avait depuis comblé de bonheur et d’amour au point de faire d’elle une nouvelle personne? Là, face au miroir, je ne retrouvais aucune de ces trois personnalités dans les yeux, le visage ou l’attitude dans cette femme qui me renvoyait mon regard à travers la glace. Pourrais-je encore rire ou pleurer? Etais-je encore capable d’éprouver le moindre sentiment pour quelqu’un alors que j’avais commis l’irréparable envers la personne que j’aimais le plus au monde?

Des coups frappés à ma porte me firent sursauter. Sans détourner le visage du miroir, je lançais un « Oui ? » à l’attention de celui ou de celle qui venait à moi. A travers le miroir, je vis un garde ouvrir la porte et entrer de quelques pas dans la pièce:

Lady Liane? Tout le monde est prêt. me dit-il.

J’arrive, lui répondis-je sur un ton égal.

Le garde hocha la tête puis sortit en refermant la porte derrière lui. L’heure était venue pour moi d’affronter ce que j’avais fait. Me détournant du miroir, j’appelais une servante pour qu’elle m’aide à enfiler mon manteau puis je mis mes gants et me dirigeais vers le petit septuaire aménagé à l’arrière du château de Bel Accueil, encadrée de deux gardes. Une fois sur place, je retrouvais mes soeurs, mon époux, ainsi que Ronald Vance et tous ses frères venus d’Atranta. Je ne fis que voir leur visage, évitant soigneusement d’attarder trop mon regard sur l’un ou sur l’autre. Mes mains fermement jointes devant moi, je vins me placer entre mes soeurs, juste en face du corps sans vie de père, couché sur une froide dalle grise, des pierres où étaient peints des yeux bleus regardant vers le plafond posées sur ses paupières closes. On l’avait revêtit de ses plus beaux vêtements, ceux qu’il avait toujours eu coutume de mettre dans ses déplacements officiels à Corneilla ou lorsqu’il recevait quelque personnalité importante chez nous. Malgré les soins et l’encens qui fumait au quatre coins de la pièce, l’odeur de la mort était suffocante. Du coin de l’oeil, je voyais Emphyria et Rhialta porter de temps à autre la main vers leur nez, tout en essuyant du bout de leurs doigts gantés de cuir noir les larmes qui coulaient sur leurs joues blanches. Mais moi, mes yeux restaient secs et mon odorat insensible aux relents qui émanaient de feu Lord Karyl Vance. Levant finalement mon regard vers le Septon, je lui lançais un « Et bien? » glacial, suite auquel le Septon commença son office. J’avais l’impression que sa voix venait de loin, comme si nous nous trouvions tous deux à chaque extrémité d’un précipice. J’entendais une voix, mais ne comprenais pas ce qu’elle me disait. A la place, mon regard se perdit dans la contemplation du corps inanimé de mon père tandis que mon esprit, lui, se perdait dans le passé, un passé proche mais qui, en l’espace de quelques jours, parvint à détruire ma vie…

***

Voilà plusieurs jours que père ne quittait plus ses appartements. L’hiver l’avait affaibli, lui qui avait toujours été aussi solide que le roc grâce auquel nos ancêtres avaient construit Bel Accueil et son domaine. Lui qui avait toujours aimé à se promener chaque matin sur nos terres, à pied ou à cheval, allant par la même occasion à la rencontre de ceux qui habitaient sur nos terres, artisans, paysans, marchands, avait arrêté net ses sorties le jour où, s’étant fait surprendre par une impressionnante averse de neige, nous était revenu trempé et grelottant. Nous avions tous craints pour sa santé, avec son âge avancé et nos craintes furent malheureusement fondées, car il commença à avoir une toux à lui déchirer les poumons, une toux qui nous faisait mal rien qu’à l’entendre. Le Mestre lui prodigua les meilleurs soins tandis qu’il nous répétait, pour nous rassurer:

Je n’ai pas dit mon dernier mot! Ne craignez rien; je n’ai jamais été malade et ai toujours eu une santé de fer. Mon heure n’est pas encore venue. me disait-il en passant ses doigts rugueux sur ma joue pour me rassurer.

Et effectivement, il semblait doucement se remettre. La toux revenait de temps en temps, mais elle ne s’empirait plus et n’était pas accompagnée ni de fièvre, ni de sang, après l’une de ses quintes. Le Mestre était optimiste et s’il continuait de lui préparer ces remèdes à base de plantes et de miel, il lui était encore interdit de sortir tant que l’hiver ne céderait pas la place au printemps ou qu’il était certain qu’il était totalement guérit. Nous étions tous rassurés…Mais pas moi…Car au fond de mon coeur, j’espérais que cette maladie aurait eu raison de lui, ce qui m’aurait délesté d’un fardeau immense que je ne voulais pas commettre mais que, pour une raison que je ne saurais expliquer, la colère me poussait à commettre. Ceci, sans parler du cauchemar récurrent que je faisais de Salvemer et d’oncle Jason, gardait depuis quatre jours le sommeil loin de mes nuits. Je passais alors toutes ces longues et obscures heures à me tourner encore et encore dans le lit que je partageais avec mon époux, avant de finir par me lever et de déambuler sans but dans les couloirs endormis du château, une faible chandelle dans la main pour éclairer mon chemin à travers l’obscurité et le silence. Je ne croisais personne et, en ces heures profondes de la nuit où tout est calme et sans vie, j’avais parfois l’impression d’être la dernière des Vance encore en vie. N’ayant ni soeurs, ni époux, ni enfant, ni même gardes ou armée, j’étais seulement Lady Liane de la Maison Vance de Bel Accueil, une femme au coeur et à l’esprit noir qui avait fait fuir les siens loin d’elle. Famille comme amis, tous lui avaient tourné le dos et à présent, elle n’avait plus qu’une chose à attendre de la vie: sa propre mort. Ce sont ses sombres pensées sur ma propre existence qui accompagnaient chacune de mes nuits et de mes promenades nocturnes. Ceci et l’altercation récente que j’eus avec mon père, la première et bientôt la dernière de ma vie.

Sans m’en rendre compte, mes pas m’avaient poussé vers le couloir qui menait vers les appartements de mon père. Nul garde devant sa porte…Pourquoi après tout? Père était un homme aimé, apprécié, respecté des siens et sur les terres du Conflans. Et de plus, il semblait être en voie de guérison. Pourquoi donc devait-on surveiller sa porte? Peut-être parce que le danger viendrait d’une personne qui l’aimait plus que n’importe qui sur cette terre… me susurra une affreuse voix. Pendant un court instant, j’eus envie de me détourner de cette porte, de me hâter de rejoindre ma propre chambre, la chaleur de mon lit et la protection des bras de Desmond autour de moi. Mais c’était comme si derrière moi se trouvait une porte verrouillée que seul l’acte que je m’apprêtais à commettre permettrait d’en retirer les verrous. Comme dans un état second, je soufflais sur ma chandelle avant d’ouvrir la porte avec précaution et de pénétrer dans la chambre où dormait père. Il ne tirait jamais les rideaux de ses fenêtres. Il aimait à se lever en même temps que le jour, avait-il coutume de nous dire. Ainsi, sa chambre se trouvait éclairer par les pâles rayons de la lune qui arrivaient à percer les lourds nuages de la nuit et de l’hiver et par les dernières braises de l’âtre de la cheminée. Posant ma chandelle sur le rebord du meuble se trouvant prêt de la porte d’entrée, je m’approchais lentement du lit. Debout près de celui-ci, j’observais père dormir. La paix se lisait littéralement sur ses traits, une telle quiétude qui contrastait tant de notre discussion fiévreuse qui avait eu lieu il y avait si peu de temps de cela. Retirant le coussin du fauteuil près du lit et de l’une des fenêtre de la chambre, je m’assis un moment, enlaçant le coussin fermement contre mon ventre. Je le regardais dormir, sa poitrine se soulevant à un rythme régulier. Je fus comme hypnotisée par ce simple mouvement cadencé et qui pourtant, signifiait la vie. Soudain, repensant à notre conversation et à mon cauchemar qui me hantait depuis bien trop longtemps que j’avais voulu confié à père et qui l’avait prit avec tant de légèreté, je me levais et m’approchais du lit. Etait-ce la colère qui s’était insinuée dans mon coeur à la fin de cette même conversation qui avait comme décuplée ma force? Etait-ce le manque de sommeil? Etait-ce une combinaison de ces deux choses qui avait révélé quelque chose en moi que je ne soupçonnais pas? Une sourde noirceur qui y avait toujours sommeillé et qui se réveillait soudainement? Toujours est-il que mes mains se crispèrent fermement de chaque côté du coussin, que je plaquais avec force et détermination sur le visage de père. Sous l’effet du choc, il se réveilla est commença à s’agiter, voulant se dégager de mon emprise. Mais je redoublais de force en me mettant à genoux sur le matelas à ses côtés et en appuyant de tout mon poids et de toute mes forces sur le coussin qui dissimulait entièrement le visage de mon père. Ses mains trouvèrent mes avants-bras. Elles s’y agrippèrent et ses ongles voulurent griffer la peau qui se trouvait sous le tissu de ma chemise de nuit. Mais Karyl Vance était un homme âgé et encore affaibli par sa maladie dont il ne guérissait que depuis quelques jours. Moi, je n’étais certes rien qu’une femme, mais une femme que la colère avait tant aveuglé qu’elle ne réalisait plus ce qu’elle faisait. Peu à peu, les soubresauts de son corps se raréfièrent, ses mains perdirent de leur force et soudain, tout fut calme. Ses bras retombèrent le long de son corps, inanimé. Je ne m’en rendis pas compte tout de suite car je continuais d’appuyer de toute mes forces sur son visage. Les yeux clos tout du long que dura l’agonie de mon père, je les rouvris et dégageais lentement le coussin du visage de mon père. Ses yeux étaient fermés, sa bouche à demi-ouverte, son teint aussi blanc que les draps de son lit. Je me penchais vers sa bouche et tendis l’oreille, à la recherche d’un souffle de vie. Mais seul un silence de mort me répondis. Descendant du lit, mes pieds me menèrent jusqu’à l’âtre de la cheminée dans laquelle je jetais le coussin qui vint raviver les braises et le feu qui y avait crépité tout au long de la journée.

Tout à coup, ce fut comme si la lumière du feu me ramena à la réalité. Je clignais des yeux une fois, deux fois, me rendant soudain compte de l’endroit où je me trouvais. Je me retournais…et ce fut le choc. Je franchis la courte distance qui me séparait du lit mortuaire de père en courant et me jetais sur son corps inanimé en hurlant de douleur. Qu’avais-je fait? Je le secouais avec violence, criant ma peine, espérant que sous mes secousses et mes cris, père se réveillerait. Mais il n’en fut rien. A la place, ce fut la porte de sa chambre qui s’ouvrit à la volée. Deux de nos gardes arrivèrent, vêtus en hâte. Ils voulurent m’arracher à la dépouille de père mais je m’y agrippais si fort qu’ils durent s’y mettre à eux deux pour me calmer. Le Mestre entra à son tour. Il se dirigea de suite vers la dépouille de père qu’il ausculta avant de dire:

Puisse le Père accueillir l’âme de ce grand homme.

Ce fut les derniers mots que j’entendis avant de perdre connaissance… Je dormis deux jours d’affilée. Le matin du troisième jour, mes yeux s’ouvrirent sur mon époux. Il s’approcha de moi, me baisa le front puis sortit pour revenir quelques instants plus tard avec notre Mestre. Je fixais un point droit devant moi, le regard vide. Je sentais des doigts me toucher, m’ausculter. J’eus envie de leur hurler de disparaître, de me laisser. Ce n’était pas mon corps qui était malade; c’était mon âme. Et, tandis que le Mestre me posait des questions que je ne comprenais pas, ma mémoire me ramena dans le passé…A cet instant qui signa un tournant dans ma vie…

***

Il me fallait parler de cela avec quelqu’un. Je ne supportais plus ces nuits à me réveiller en sursaut, trempée de sueur et grelottant de froid. Même si j’aimais Desmond et que quelque part, ce rêve le concernait, il n’y avait qu’une seule personne à qui je pouvais me confier. Peu de temps après que les premiers rayons du pâle soleil d’hiver ce soient levés, j’entrepris d’aller voir père dans son bureau. Il ne sortait plus du château depuis sa mésaventure qui l’affecta au point que nous craignîmes tous de le perdre. Mais sa bonne santé naturelle et les bons soins de notre Mestre commencèrent à porter leurs fruits. Il se levait à nouveau et avait même recommencé à travailler dans son bureau depuis hier. Devant la porte de cette même pièce où père avait coutume de travailler, j’inspirais un grand coup avant de frapper discrètement à sa porte. Sa voix me parvint de l’autre côté de celle-ci et j’ouvris la porte. En me voyant, père sourit et se leva:

Liane! Entre, mon enfant. Viens, assied-toi. Je ne m’attendais pas à te voir si tôt réveillée.

Je ne répondis rien, préférant sourire que parler et pris place face à lui. Il m’observa un instant puis demanda, l’air inquiet:

Tout va bien? Tu as l’air si…pâle…si fatiguée.

C’est que…Je peine à trouver le sommeil ces temps-ci, père.

Père sourit et son visage prit une expression qui se voulait réconfortante: Tu t’inquiètes bien trop pour moi. Ne t’avais-je donc pas dit que j’ai une santé de fer? Vois par toi-même; je vais mieux depuis deux jours. Notre prudent Mestre n’ose encore se prononcer sur une possible guérison, mais je me sens moins faible. dit-il avant de se mettre à tousser bruyamment. Je fronçais les sourcils, le regardant avec compassion et attendant que la quinte cesse. Lorsqu’elle fut passée, il s’adossa contre son fauteuil et ferma un instant les yeux. Sa respiration était sifflante et lorsqu’il reparla, ce fut avec moins d’assurance:

Peut-être ai-je parlé un peu trop vite…

Cette note de légèreté aurait dû me faire sourire mais je n’y parvins pas.

Qu’y-a-t-il Liane? dit-il en posant un regard inquisiteur sur moi.

J’inspirais profondément, regardant mes mains dont je triturais nerveusement les doigts.

Vous allez me croire folle, père… Je vous en prie, écoutez-moi d’abord jusqu’au bout. Ne m’interrompez pas ou je ne pourrais plus poursuivre…

Père resta silencieux, me considérant avec suspicion, inquiétude…et fatigue suite à sa soudaine quinte de toux. Je pris son silence pour un consentement à ce que je me lance, ce que je fis après avoir trouvé le courage de le regarder droit dans les yeux:

Je ne trouve plus le sommeil depuis des jours père. J’ai pourtant demandé du vinsonge au Mestre, moi qui n’y ai pourtant jamais eu recours auparavant. Mais même avec cela, chaque nuit, un même cauchemar apparaît dans mon sommeil et chaque nuit, je me réveille, le souffle court et la peur au ventre. Une peur que je ne saurais expliquer et que je n’ai jamais ressentie…

Je m’arrêtais un instant; père me fixait intensément, presque anxieux d’entendre la suite:

Je me vois à Salvemer. Je suis quelque part sur les remparts de la cité. Je me sens bien et paisible puis apparaît Lord Jason. Je me sens heureuse de le revoir. Nous discutons un instant puis tout s’assombrit et lorsque je parviens à voir à nouveau autour de moi, je me trouve encerclée de cadavres. Salvemer est en feu et même détruite en certains endroits. Bien que tenant des propos étranges, Jason m’exhorte alors à le venger car tout le monde sauf son fils et son neveu semble l’avoir oublié.

Père baisse les yeux et soupire. Je m’empresse de rajouter: Son âme est tourmentée père. Tant que rien ne sera fait, oncle Jason ne sera jamais en paix…

A cet instant, père se mit à rire. Ce rire, qui autrefois me faisait rire moi aussi, me blessa profondément: Allons Liane, ce n’est là qu’un rêve. Assez sombre je te l’accorde, mais ainsi sont les rêves. Abstraits, beaux ou cruels…Mais rien de plus…

J’en restais bouche-bée qu’il prenne cela avec tant de légèreté. Je le questionnais, mes mots tombant comme des coupes de cristal qui se brisent sur le sol de pierre: Vous ne me prenez pas au sérieux, père?

Il se leva en souriant et je l’observais venir à moi. Puis il me prit les mains et me répondit: Ne te tourmentes pas pour si peu. Ce n’est qu’un rêve; n’y penses plus et tu verras. Il disparaîtra de lui-même.

Je ne croyais pas ce que j’entendais… Comment pouvait-il seulement prendre cela à la légère?! Mes yeux se remplirent soudain de larmes, des larmes de colère. D’un geste brusque, je dégageais mes mains de celles de mon père et me levais si brusquement que la chaise sur laquelle j’étais assise fut déséquilibrée et tomba en arrière sur le tapis qui décorait la pièce:

J’ai essayé, figurez-vous, lui crachais-je au visage. Je ne fais que cela, penser à autre chose. Mais à chaque fois, je revis la même chose. Toutes les nuits, j’entends les mêmes mots de la bouche de Jason Mallister et toutes les nuits, je vois la même horreur à mes pieds et autour de moi. Il faut y voir un signe, père.

Il croisa les bras. Sa voix et son visage avaient perdu de leur chaleur. Désormais il me contemplait comme s’il ne me reconnaissait pas:

Et quel signe devons-nous donc y voir, ma fille? demanda-t-il sur un ton dur, qui ne me déstabilisa pas le moins du monde car je rétorquais immédiatement: Il faut agir. Agir pour la mémoire de mon oncle, pour la mémoire de mère également. Elle est née Mallister, au cas où vous l’auriez oublié.

Cela suffit Liane! répondit-il en haussant la voix. Crois-tu que ce qui est arrivé à Salvemer ne m’a pas attristé? Les Mallister sont de notre famille…Par ta mère, par ton époux, par ton regretté oncle, par ton cousin qui se voit devoir reprendre la suite de son père. Mais que pouvons-nous faire de plus?

Agir, rétorquais-je.

ET AGIR COMMENT?! cria-t-il. Dis-le moi puisque tu n'as que ce mot à la bouche!L’hiver est sur nous et Lord Tytos a préféré donner la priorité à la reconstruction de Salvemer plutôt qu’à celle de Vivesaigues ! N’y-a-t-il pas geste plus généreux? Que te faut-il donc de plus?! Quant à nous, nous devons veiller sur notre propre survie…Non nous engouffrer dans je ne sais quelle quête pour tranquilliser tes rêves et tes nuits. Je t’ai cédé sur beaucoup de choses Liane…Mais cela…Cela est juste grotesque.

Grotesque?! Oh oui c’est vrai…Comme durant la guerre où votre père a préféré jouer la carte de la neutralité plutôt que de se prononcer pour le camp des Tully dont il était pourtant très proche, ou des Nerbosc. Il a choisit la facilité. Quel homme peut se dire loyal envers son Suzerain si c’est pour choisir au final la neutralité? De la lâcheté oui, voilà ce que c’était…Et aujourd’hui encore, alors que je vous exhorte d’agir, même si cela doit prendre des années avant que justice ne soit enfin rendue, vous préférez vous cacher derrière la générosité d’un autre. Voilà ce qui est grotesque. Vous n’êtes bon qu’à dispenser de belles paroles de loyauté mais lorsque celle-ci doit être engagée véritablement, vous vous défilez…Vous ressemblez bien à votre père; mais moi, en cet instant, je vous avoue peiner à me considérer de votre sang.

Je ne la vis pas partir, la main droite de père, dont le revers vint s’abattra sur ma joue gauche avec tant de force qu’elle me projeta à terre. Sous l’effet du choc, j’en restais sans voix, portant ma main gauche sur ma joue endolorie. Mes yeux se levèrent sur père qui me considérait de toute sa hauteur. Dans ses yeux, nulle colère…Seulement de la déception et de la honte.

Je t’interdis de parler de chose que tu ne connais pas… dit-il entre ses dents. Par amour pour toi, je vais mettre le discours que tu viens de me tenir sur ta fatigue due à ce manque de sommeil dont tu te plains. Parles-moi à nouveau comme tu viens de le faire et je t’envoie chez les Soeurs du Silence, toute mariée et mère que tu sois. Suis-je assez clair? dit-il, faisant son possible pour retenir une nouvelle quinte de toux. Lentement, je pris appui sur mes mains et me redressais. Mes yeux avaient laissé s’échapper quelques larmes de colère. Nous nous fixâmes un long moment en silence. Je ne répondis pas à sa question; pour moi elle ne méritait pas de réponse. A la place, je fis volte-face et me dirigeais vers la porte. La main sur la poignée, j’entendis encore père me dire dans mon dos:

Je n’ai jamais eu plus honte que tu sois ma fille qu’aujourd’hui Liane.

Je ne me retournais pas, ni lui répondis quoi que ce soit. A la place, j’ouvris la porte à la volée et la refermais violemment derrière moi. A travers la porte, j’entendis père se remettre à tousser et je me surpris à penser soudain: Puisses cette maladie t’emporter… On ne revit plus Lord Karyl Vance de la journée. Il dut s’aliter et ne quitta plus sa chambre jusqu’au lendemain matin. Quant à moi, la nuit venue, comme je m’y attendais, j’avais à nouveau rendez-vous avec mon oncle…Et quelques jours plus tard, je commettais l'irréparable...

To be continued...

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MessageSujet: Re: La fin de toute chose   La fin de toute chose EmptyVen 31 Mai - 12:17

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Les yeux rivés sur le corps sans vie de père, je restais là, debout près de lui, incapable de bouger tandis qu'autour de moi, ceux qui ont fait le déplacement jusqu'à Bel Acceuil pour les funérailles de père, quittaient lentement la pièce du septuaire. Mes soeurs vinrent me chercher, mais je les renvoyais en secouant la tête, suivi d'un:

Je veux rester seule avec lui.

Desmond, ayant entendu ma réponse, sorti également à leur suite et bientôt, je fus totalement seule. Je fis quelques pas de plus pour être juste à côté de sa dépouille et, les mains jointes devant moi, c'est un regard vide d'émotion et sec que je posais sur l'homme qui a toujours été le premier dans mon coeur, le seul qui m'a aimé pour ce que j'étais et telle que j'étais, avec mes innombrables défauts et mes quelques qualités. Cet homme qui m'avait élevé et avait trouvé en mon époux le fils qu'il n'avait jamais eu. Ce même homme que j'avais assassiné dans son sommeil en l'étouffant, prise d'une soudaine force et d'un accès de colère que je ne me connaissais pas. Je me plaçais derrière sa tête et, en me baissant, déposais un léger baiser du bout de mes lèvres sur son front glacé en murmurant:

Je serai digne de vous, père.

Soudain, un frisson indescriptible me parcourut l'échine. Mon visage se tourna vers le château et ses fenêtres éclairées par les feux de cheminées et les bougies pour éclairer un tant soit peu ces grandes pièces plongées bien trop tôt dans la pénombre du fait de la courte durée de luminosité de ces journées d'hiver. Un instant, j'eus l'impression qu'il se passait quelque chose dans le château, quelque chose qui requérait ma présence. Instinctivement, mes pensées convergèrent vers Diana et, lançant un dernier regard vers le corps de mon père avant qu'on ne le mette en terre, aux côtés de mon grand-père Karl Vance et de l'ensemble de nos ancêtres, je me dirigeais vers le château d'un pas vif, craignant qu'il ne soit arrivé quelque chose à ma fille.

Les gardes postés à la porte principale me l'ouvrirent et je m'engouffrais dans la chaleur du hall d'entrée. Ma femme de chambre m'attendait sagement dans un coin afin de me retirer mon manteau, ma lourde étole de fourrure et mes gants. Entendant la porte s'ouvrir puis se refermer, je vis Patrek fondre sur moi mais je l'arrêtais d'un geste de la main:

Pas maintenant, je suis fatiguée. Je monte me coucher. prétextais-je alors que la courte après-midi n'avait pas encore laissé la place au crépuscule. Retroussant les pans de ma robe, je me mis à gravir les marches menant à l'étage avant de me diriger de suite vers la chambre de Diana que j'ouvris peut-être avec trop de hâte car ma fille, jouant sagement avec ses jouets dans son lit, s'effraya et se mit à pleurer.

Oh ma chérie, pardon, je ne voulais pas t'effrayer. dis-je en la prenant dans mes bras. Je la tenais tout contre moi et la berçais tout en marchant dans sa chambre pour la calmer, déposant de temps en temps un baiser dans ses cheveux noirs. Ils commençaient à boucler comme ceux de son père, son père que je ne pouvais plus regarder en face, ni même cotoyer dans notre chambre. Depuis le décès de père, nous faisions chambre à part, lui dormant dans mon ancienne chambre, et moi dans celle de père. Je lui avais enlevé un homme qui le considérait et l'aimait comme un fils. Non je ne pouvais plus être moi-même avec Desmond, donc mieux vallait me montrer distante et vivre chacun de notre côté pour un temps, même si inévitablement viendrait le moment où Desmond voudra mettre les choses au clair...et se confronter à moi.

Soudain, comme lorsque j'étais dans le septuaire, un nouveau frisson me saisit. Un sentiment de peur m'envahit et, ne voulant pas effrayer Diana davantage, je la reposais dans son lit, maintenant qu'elle était calmée et quittais sa chambre en lui assurant que "Maman reviendrait vite." En refermant la porte de sa chambre, je posais ma main droite sur mon coeur qui battait à m'en rompre la poitrine. Mon visage se tourna vers la porte au fond du couloir, sur ma gauche, la porte de mes nouveaux appartements. Que se passait-il donc? pensais-je, ne sachant d'où me provenait cette soudaine peur qui m'envahissait. Posant ma main sur la poignée de ma porte, je l'ouvris délicatement et la refermais derrière moi, quasiment sans le moindre bruit. La grande chambre et son bureau attenant était plongée dans le silence. Tout semblait normal à mesure que je m'avançais à l'intérieur de la pièce. Tout? Loin de là, car voulant m'enquérir de mon oeuf de dragon, je découvris le coffre où je le gardais caché grand ouvert. Mon sang ne fit qu'un tour. QUOI?! Quelqu'un est venu dans ma chambre pendant que je faisais mes adieux à père et m'a volé?!?! En moins de temps qu'il n'en fallut pour le dire, je me précipitais vers le coffre pour en contempler l'intérieur. Quelle ne fut pas ma stupéfaction en le voyant, certes vide de l'oeuf mais constellé d'éclats crème et doré de ce même oeuf?!

Soudain, un petit bruit semblable à un léger grognement me parvint dans mon dos. Lentement, je me retournais, faisant face au lit dans lequel je dormais à présent, le lit dans lequel père dormait et où j'avais mis violemment fin à ses jours. M'avançant presque sur la pointe des pieds, je mis du temps à le distinguer, calfeutrer sur les draps ayant pratiquement la même teinte que son corps. Lové à l'endroit exact où père avait rendu son dernier souffle, ce n'est que grâce à ses cornes et à ses ailes dorés que je parvins à le distinguer. L'oeuf n'était pas une simple pierre fossilisée. Il contenait une créature vivante que j'avais tenu caché, qui m'avait obnubilé pendant des jours et des nuits, que je protégeais comme je protège ma fille. La bête, en me voyant, leva la tête vers moi et me considéra de ses étranges yeux. Curieusement, je n'avais plus peur. J'avais l'impression que je ressentais ce que ce...dragon ressentait. Avant que je n'arrive, j'avais peur car il avait peur. Il était seul. Mais maintenant, j'étais là. Il n'était plus seul car sa mère était à ses côtés. Je m'assis au bord du lit et le laissa venir à moi à son rythme, non sans tendre la main droite vers lui, l'encourageant à venir vers moi. Finalement, il grimpa, un peu maladroitement, sur mes genoux et s'y roula en boule tout contre mon ventre où mon second enfant grandissait. Je posais ma main droite sur son corps et ma main gauche sur mon ventre. Je n'avais plus deux mais trois enfants et je me surpris à dire:

Je te protégerai, Kaerion., les yeux regardant sans les voir la pire de lettres non lues sur le bureau près de la fenêtre, la multitude de réponse reçues suite à mes propres corbeaux envoyés dans tout le Conflans ainsi que dans les maisons amies des Vance dans le Bief ou d'ailleurs...

Corbeau annonçant le décès de Karyl Vance:
 

To be continued...

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MessageSujet: Re: La fin de toute chose   La fin de toute chose EmptyDim 14 Juil - 14:58

Liane Vance
La fin de toute chose
Quatre semaines étaient passées depuis les funérailles de père et la "naissance" de Kaerion. Le petit animal était vif, ses yeux observaient tout ce qui l'entouraient avec une curiosité mêlée d'appréhension dans son regard doré. Demandant souvent de la viande dans mes repas que j'exigeais toujours bien saignante, je lui sacrifiais la plus grande partie de cette dernière, me rabattant plutôt sur les légumes et le pain, picorant les restes que Kaerion n'aura finalement pas touché. Au départ, je passais mes journées cloîtrées dans ma chambre, prétextant ne pas me sentir bien, avoir besoin de repos en raison de ma grossesse ou tout simplement être trop fatiguée mentalement pour assumer ce nouveau rôle qui était le mien. Injustement, alors que nous faisions chambre à part et que je ne lui adressais pratiquement plus la parole, l'essentiel de la gestion de Bel Accueil reposait sur les épaules de Desmond. Un matin, allongée dans mon lit et le regard fixé sur le plafond, je me dis qu'il était temps que cela change. Kaerion dormait encore, roulé en boule sur l'oreiller sur ma gauche, là où normalement aurait dû dormir mon époux plutôt qu'un dragon. Je le réveillais malgré moi en sortant du lit car je l'entendis émettre un petit grognement de mécontentement d'avoir été réveillé par ma faute. Tirant les rideaux, découvrant un Bel Accueil ainsi que ses environs recouverts de brumes matinales, j'entrepris de me laver, de m'habiller, passant une robe noire brodée au niveau des manches de détails dorés, puis me coiffais devant mon miroir tout en observant mon reflet.

Je peinais à me reconnaître. Où était passé cette femme si remplie d'orgueil et de fierté? Où étaient passés les sourires tantôt enjoleurs, tantôt sarcastiques, que je dispensais autour de moi comme autant de bonnes paroles qui s'avéraient bien souvent creuses et vides de tout bons sentiments réels envers les autres, hormis ceux qui comptaient réellement à mes yeux? Depuis cette fameuse mais terrible nuit, il me semblait être devenue une autre personne, une femme à l'âme si noire qu'il était préférable que les rares personnes ayant de l'importance à ses yeux restent loin d'elle pour leur propre salut. Je fus dérangée dans ma propre contemplation par de rapides coups frappés à ma porte avant de voir entrer dans ma chambre, sans que je l'y ai autorisé, ma petite cousine, Marianne, la fille de mon cousin Dafyn et de son épouse Maegelle Frey. Le nom de naissance de sa mère était certes une source de profond dégoût pour moi, mais mon cousin et sa progéniture avaient sû me faire oublier ce léger détail. Néanmoins, je jetais un regard courroucé à celle-ci:

Où sont donc passées tes bonnes manières Marianne? Je ne t'ai pas autorisé à entrer, lui lançais-je en me mettant en travers de son chemin et de son champ de vision pour lui éviter d'entr'apercevoir la petite créature crème et or qui s'y trouvait couchée. Mais il semblait que ma petite-cousine ait vu quelque chose car elle fronça les sourcils, essayant de voir par-dessus mon épaule et hésitant sur les mots à employer:

Euh...J'étais venue...On s'inquiétait et...Liane qu'y-a-t-il sur ton lit? demanda-t-elle finalement.

Je soupirais "Après tout, il faut bien que quelqu'un d'autre le sache" pensais-je, puis réduisis la distance qui me séparait d'elle pour la saisir par le bras, le lui enserrant avec peut-être trop de force car elle grimaça:

Je veux que tu me jures de ne le dire à personne, ni à tes frères, ni à tes parents, à mes soeurs, à Desmond, à PERSONNE, tu m'entends? Ou je jure que tu finiras tes jours chez les Soeurs du Silence, est-ce que c'est clair?

Apeurée et inquiète, elle hocha rapidement la tête et, finalement, je desserais mes doigts autour de son bras et me détournais d'elle pour aller chercher Kaerion. Le dragon leva son regard doré vers moi, se laissa attraper et, le tenant contre ma poitrine, je l'amenais doucement devant ma petite-cousine qui recula sous l'effet du choc produit par cette vue.

C'est...c'est bien ce que je crois? dit-elle d'une petite voix fébrile.

Oui...J'avais un oeuf de dragon que je pensais fossilisé en ma possession. Je ne l'ai montré qu'à Desmond mais au vu de sa réaction, il ne doit pas savoir, pour l'heure, qu'une telle créature vit à mes côtés et aussi proche de notre fille. Je ne sais pas encore comme il réagirait face à Diana. Je préfère le garder avec moi pour l'instant. Mais il va grandir et je sais qu'un jour, je ne pourrais plus le garder dans ma chambre...

Les yeux de Marianne, soudain fiévreux, allaient de mon visage à Kaerion: Il? fit-elle d'une petite voix. C'est...un...mâle?

Oui. Je l'ai nommé Kaerion, en hommage et en mémoire de père.

Je taisais bien sûr les véritables raisons qui avaient provoqué l'éclosion de l'oeuf. Personne, jamais, ne devait savoir. Pour qui passerais-je si cela venait à se savoir? Une meurtrière ayant commis un parricide? Oui, certainement... Marianne quant à elle, tâcha de retrouver son calme en respirant lentement et profondément mais je voyais bien que cela restait insuffisant. Je m'approchais d'elle et posais ma main droite sur son épaule gauche, réduisant de ce fait la distance qui la séparait de Kaerion:

Il est encore inoffensif Marianne. C'est un enfant, comme Diana. Il a besoin qu'on le protège et un jour, ce sera lui qui nous protègera de nos ennemis. Et nous en aurons, crois-moi. Tu comprends?

La jeune fille hocha la tête, retrouvant doucement son aplomb: Qu'exiges-tu de moi?

Je lui lâchais l'épaule, ma main droite caressant doucement les petites ailes dorées de Kaerion qui observait Marianne avec sa curiosité habituelle: Rien de plus pour l'heure que de rassembler mes soeurs, mon époux, tes parents et tes frères dans le petit salon. J'ai des choses à vous dire, à tous.

Marianne hocha la tête et se dirigea vers la porte de ma chambre. La main droite posée sur la poignée, elle se retourna vers moi, voulant probablement me dire quelque chose mais n'y parvenant pas, elle me lança un sourire confiant et ouvrit la porte pour la refermer derrière elle. De mon côté, je reposais Kaerion sur le lit: Je reviens vite. lui dis-je avant de me rendre dans la chambre de Diana:

Mama! m'accueillit-elle joyeusement. Même si la prononciation restait encore approximative, je ne pouvais que fondre devant sa petite voix qui s'essayait à la parole. Je la pris dans mes bras et l'emmenais au rez-de-chaussée, me dirigeant vers le petit salon. Marianne avait été rapide; tout le monde ou presque était là. Rhialta et Emphyria vinrent vers nous dès notre entrée et rapidement, je fus entourée du reste de ma famille, de mon cousin Dafyn, de son épouse, de Walder et de Patrek; tous me posant la même question et me disant la même chose: comment je me sentais, et, c'est bon de te revoir. Je restais évasive dans mes réponses: mieux merci et moi aussi, ponctuées de sourires de circonstances, bien moins radieux que ceux dont j'étais capable autrefois. Et soudain, tout le monde se tut, regardant en direction de la porte. Me retournant pour suivre leur regard, mes yeux tombèrent sur mon époux et sur Marianne, qui était allée le chercher jusque dans les écuries. Nous restâmes pendant un moment qui me parut durer une éternité à nous contempler sans un mot. Je voyais dans les yeux de Desmond un regard rempli de questionnement pour mon comportement et mon absence, mais aussi d'amour et de soulagement de me voir enfin en-dehors de mes appartements, debout et notre fille dans les bras. Je jetais un regard à Marianne et, comprenant, elle ferma la porte:

Asseyez-vous je vous prie. leur demandais-je.

Tous trouvèrent une place assise, bien que certains durent se serrer sur le canapé face à la cheminée. Pour ma part, je pris place dans un fauteuil et posais Diana sur mes genous. Tous me contemplèrent, attendant que je prenne la parole. Un à un, je me mis à les observer. Desmond avait le regard toujours aussi dur mais une faible lueur d'amour persistait à y briller. Rhialta et Emphyria me souriaient, l'air encourageant, tout comme Marianne. Maegelle, assise aux côtés de Dafyn, attendait patiemment que je brise le silence. Patrek et Walder regardaient leurs pieds, penchés en avant, les doigts entrecroisés et les avant-bras posés sur leurs genous. Ce fut cependant Dafyn qui brisa le silence:

C'est bon de te voir debout cousine. Tu as l'air d'aller mieux.

Oui, merci, répondis-je plus par politesse que parce que c'était là la réalité, je tenais à vous rassembler ici pour deux raisons. M'excuser et vous parler de notre avenir...M'excuser d'abord. Pour mon absence de ces dernières semaines. Je n'étais pas en état de faire quoi que ce soit et, à présent que me voilà à la tête de la Maison Vance de Bel Accueil, je n'ai pas su prendre la suite immédiate de père telle que l'on l'attend d'une héritière. Cela a été la tâche de mon époux. J'ai cru comprendre que tu as su prendre ce relais avec efficacité, lui dis-je en me tournant vers lui, cherchant son regard, Sois en remercier, ainsi que tout ceux qui t'y auront aidé.

Desmond leva les yeux vers moi et, sans un mot, il finit par hocher la tête, restant dans son mutisme. Attirant Diana contre moi, je me râclais la gorge avant de poursuivre:

Bien...Cela étant dit...Notre avenir...Dans l'immédiat, notre préoccupation première sont les préparatifs de ton mariage, Rhialta. J'ai écris à Lord Paxter Redwyne. Ce dernier s'est montré très compréhensif envers mon état et notre douloureuse perte à tous. Il consent à ce que le mariage ait lieu ici, à Bel Accueil. Nous le célébrerons donc la dernière semaine de la Lune 8. Rien de grandiose; uniquement nos familles.

Ne comptes-tu pas inviter les Nerbosc? Ser Lucas et son épouse? Tu es pourtant très proche d'eux.

J'y ai songé, cousin mentis-je alors que je n'en avais jamais eu l'intention. Mais nos Suzerains auront suffisamment à faire avec le procès pour le meurtre de Lord Tytos...Et puis, je compte inviter une maison qui justifera à elle seule l'absence de tout représentant Nerbosc...

Je laissais plâner le silence à la fin de ma phrase et ce fut Walder le plus prompt à voir de qui je parlais:

Tu n'es pas sérieuse?, une question qui était tout aussi criante dans les yeux de Dafyn et de Desmond.

Je le suis on ne peut plus au contraire...Je vous ai dit que cet événement restera familial. Notre cousine m'a beaucoup écrit durant toutes ces semaines que j'ai passé isolé du reste du monde. Cela fait des années que nous ne l'avons pas vu. Dafyn, ne te manque-t-elle pas? Elle est ta soeur...

Elle est l'épouse du Bracken, rétorqua-t-il, buté.

Et l'a-t-elle choisit?? vociférais-je, Elle a accomplit son devoir, c'est tout. Mais elle reste de notre famille et elle aura toute sa place parmi nous.

Le silence qui tomba sur nous était si lourd qu'il en devenait presque irrespirable:

Viendra-t-elle accompagnée? demanda pour la première fois Desmond de sa voix neutre mais pleine de sous-entendue. Lui non plus n'aimait guère cette perspective mais entendre sa voix me procura une vague de frissons dans le dos:

C'est possible oui...Je ne le sais pas encore.

Et bien tâches de le savoir rapidement, que nous puissions nous justifier plus tard des questions et rumeurs qui courreront au sujet du mariage de ta soeur avec l'héritier des Redwyne, un mariage où les Bracken ont été invités plutôt que nos Suzerains, quand bien même ils ne pourraient venir. répondit Desmond, ulcéré, avant de se lever et de faire mine de vouloir quitter la pièce:

Vous ai-je donner l'ordre de quitter cette pièce, Ser? lui lançais-je, cinglante, en me redressant, Diana dans les bras. Les regards de mes soeurs, cousins et petits-cousins allèrent de Desmond à moi avant de préférer s'en retourner à la contemplation du sol. Desmond s'était retourné et soutenait mon regard avec aplomb, sans ciller, la mâchoire serrée. Il me fit face, les mains jointes devant lui, tel le soldat narguant ou bravant l'autorité de son supérieur.

Les Bracken seront nos invités, ma décision est prise. Est-ce clair? sifflais-je entre mes dents.

De la part de Desmond, il n'y eut ni signe d'assentiment, ni mot signifiant son accord, rien d'autre qu'une attitude droite, rigide et un air froid sur le visage.

Qui d'autres comptez-vous convier, Lady Liane? osa demander Maegelle, après un petit râclement de gorge. Mes yeux peinèrent à quitter le visage de Desmond mais je finis par lui répondre en me rasseyant:

Nous enverrons un corbeau aux Mallister, ainsi qu'aux Vance d'Atranta. Lady Desmera m'a déjà signifié sa venue, en compagnie de son époux, Ser Renly. Et les Redwyne seront bien entendus tous présents.

Pourrais-je peut-être... tenta Maegelle, mais je savais où elle voulait en venir.

Enlevez-vous tout de suite cette idée de la tête, Lady Maegelle. Aucun Frey ne passera la porte de Bel Accueil tant que je vivrais. Rendez-vous donc aux Jumeaux, si vous le souhaitez.

Mais Maegelle préféra baisser la tête et garder le silence après avoir hocher la tête en signe de déni. Bien, fis-je sèchement nous avons fort à préparer. Je suggère que nous commençions dès à présent. Merci pour votre temps. dis-je en me relevant, signifiant par là la fin de notre petite entrevue.

Mes soeurs restèrent encore un instant auprès de moi et de Diana, tandis que Marianne, Walder, Patrek, Dafyn et son épouse nous laissèrent assez rapidement pour s'en retourner à leurs occupations. Mais du coin de l'oeil, je voyais que Desmond, lui, n'avait pas bougé d'un pouce, me contemplant toujours, debout près de la porte. Finalement, je suivis mes soeurs qui quittèrent elles aussi la pièce pour m'en retourner dans mes appartements afin d'y rédiger mes lettres et m'occuper de Kaerion lorsque je fus arrêtée par Desmond, qui mit son bras gauche en travers de la porte:

Laisses-moi passer lui ordonnais-je en lui jetant un regard noir.

Liane qu'est-ce que tu as?

J'ai à faire, laisses-moi passer, préférais-je répéter.

Tu t'es vantée de cette union à Lestival puis à Corneilla. Tu aurais voulu invité le tout Westeros si tu avais pu...Et là... fit-il presque moqueur: Tu oses privilégier cette famille juste pour cette cousine que je n'ai moi-même jamais vu et dont tu ne m'as jamais parlé? Te rends-tu compte des retombées que cela va avoir sur nous tous? Tu choisis d'inviter une famille ouvertement opposée à la Suzeraineté des Nerbosc et dont l'un des membres a probablement mis fin aux jours de Lord Tytos?

On n'en sait rien; ce n'est peut-être pas lui. rétorquais-je

Arrêtes, pas à moi Liane. Tu l'as regardé et l'a qualifié toi-même d'assassin et que cela ne t'étonnerait guère, qu'un bâtard ait le sang aussi vicié pour commettre pareil acte...Et là, tu choisis de les inviter eux plutôt que Ser Lucas ou Lady Marianne? Pourquoi? Et ne me dit pas par simple envie de retrouvailles avec ta cousine...

Parce que la solution se trouve là où le Cheval se cabre... pensais-je, me remémorant les paroles de mon oncle Jason Mallister, entendues maintes fois en rêve.

Tu ne pourrais comprendre... soufflais-je. Mais Desmond me prit par les épaules et m'obligea à le regarder droit dans les yeux:

Je suis ton époux. Tu peux tout me dire. Je pensais que tu le savais...

Je refermais mes bras autour de Diana, seul rempart entre sa mère et son père: Mon amour.. murmura Desmond et mes yeux s'emplirent de larmes:

Laisses-moi passer, je t'en supplie. Je te le dirais, un jour, mais pour l'heure, laisses-moi passer. lui répondis-je la voix brisée. Desmond finit par s'écarter, à contre-coeur, et je m'engouffrais dans ce passage laissé enfin libre pour remonter à l'étage, demandant sur le chemin qu'on m'apporte de quoi manger, comme d'habitude et, remettant Diana aux bons soins de mes soeurs, je me précipitais dans ma chambre avant de refermer la porte derrière moi. Une main sur le coeur, je laissais libre cours à mon chagrin, mon corps secoué de douloureux sanglots. Puis, une fois le chagrin passé, ou du moins calmé, je me dirigeais vers le lit où se trouvait Kaerion qui semblait tout aussi affecté que moi en entendant ses petits feulements. Le prenant dans mes bras, je le posais sur mon bureau et, prenant place dans le siège attenant, je me mis à écrire. A Desmera d'abord, pour accepter sa venue anticipée à Bel Accueil, elle qui tenait absoluement être à mes côtés dans cette épreuve et ne pas avoir à attendre le jour du mariage. Aussi à ma cousine, Liane, pour lui proposer de se joindre à nous, seule ou accompagnée de ses filles, belles-filles et de son époux, si le coeur et le temps le lui permettaient. Enfin, j'envoyais un corbeau adressé à l'ensemble des résidents de Corneilla, les remerciant pour leurs lettres de condoléances envers le décès de mon père et leur justifiant que le mariage de ma soeur se ferait plutôt en petit comité, composés uniquement de membres des familles respectives de la mariée et du marié, en espérant qu'ils ne s'offusquent pas de ne pas être invité mais en songeant qu'ils avaient justement bien plus urgent à régler à Corneilla que de se rendre à pareille fête qui ne pourrait que leur rappeler potentiellement celle de Lady Sansa et du jeune Lord Hoster...

On frappa doucement à la porte. Kaerion leva la tête et me regarda, l'air calme. Ce doit être Marianne...

Entrez?

Et effectivement, c'était elle, qui m'amenait un plateau de fruits, de brioches, d'une coupe en bois dans laquelle fumait ce qui avait l'air d'être du thé parfumé au miel. Refermant la porte d'une main derrière elle, elle me posa le plateau sur ma gauche, puis s'assit en silence sur le bord du lit avant de tirer d'une de ses poches un petit paquet emballé à la hâte et qui contenait un petit morceau de viande cru, pour Kaerion. Cette attention me tira un sourire sincère et reconnaissant:

Je l'ai subtilisé aux cuisinières... me dit-elle.

Merci fis-je en tendant la main vers le morceau de viande avant de le poser devant Kaerion, qui le renifla avant d'y mordre avidement dedans. Nous l'observâmes manger en nous échangeant de temps à autre un regard complice. Une page s'était tournée et la tourner avait été horriblement difficile. Mais quelque chose de nouveau semblait nous attendre et j'avais le pressentiment que de grandes choses nous attendaient tous ici...

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