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Toutes les nouveautés de la MAJ sont à retrouver ici ! Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen) 3725701551
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 Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen)

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MessageSujet: Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen)   Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen) EmptyJeu 18 Avr - 22:17

Retrouvailles de non-ditsPrise au dépourvu
Tavish
Cafferen
Clarysse
Varnier
Une fine couche de neige blanche recouvrait le jardin. Deux bulbes de jacinthes sortaient déjà leurs tiges vertes et allongées. Quelques mottes d'herbes perçaient également ce manteau blanc. Les arbustes semblaient nus. Clarysse avait l'impression que c'était hier que cette petite parcelle de jardin arborait des couleurs jaunes et orangées. Il n'y avait pas si longtemps, elle n'avait pas ce sentiment que ce petit bout de paradis lui serait arraché. L'insouciance l'habitait et rien ne l'aurait poussé à quitter Herbeval. Voilà presque une semaine qu'elle se trouvait dans le château de son enfance. Ces visages familiers ne l'avaient finalement pas rassurée. Au contraire, cela l'avait déchirée de se rendre compte qu'elle n'appartenait déjà plus au rouage de la mécanique de son château. Elle était Lady Varnier désormais, et c'était ainsi qu'on l'appelait. Sa cape bordeaux glissa sur le sol enneigé dans un froissement glacial qui rompait avec le silence qui régnait autour d'elle. Où était le chant des oiseaux?

Elle leva la tête pour observer le ciel. Il était d'un bleu intense et le soleil éclairait le Bief avec douceur, malgré cette saison que tout Westérien redoutaient car elle ralentit la vie et apporte son lot de mystère. Elle soupira et ferma quelques instants ses paupières. Les recommandations d'Ethan ne fonctionnaient pas. La jeune femme se sentait toujours aussi angoissée. Comment en venait-elle à se sentir triste à la simple vue d'un jardin... Elle qui avait pu être si souriante.
"Lady Varnier!"
Le nom lui fit crisser des dents. Elle ne se tourna pas de suite à l'écoute de son nom. La voix reprit donc:
"Lady Varnier!"
Elle daigna ouvrir les yeux et tourner sa tête vers la servante qui se tenait devant elle, visiblement un peu stressée. Les rumeurs circulaient sur le fait que la soeur de lord de la Nouë était revenue la mine basse à Herbeval. Certains suggèraient une dispute conjugale. D'autres envisageaient des violences de la part de son nouvel époux. Et encore d'autres disaient qu'elle était malade et qu'elle n'arrivait plus à remonter la pente. Qui détenait la vérité? Même Clarysse ne savait pas trop ce qui la chagrinait tant et lui causait cette peur viscérale de devoir de nouveau partager la couche de son époux. Pourtant, malgré les rumeurs, elle tenait à se présenter digne de son rang. Elle répondit sans émotion: "Oui. Vous désirez ma chère?". Elle ne put cacher une pointe d’agacement dans une voix qu’elle aurait voulu douce. Décidemment, Clarysse n’était plus la même depuis qu’elle était lady Varnier. Ô Mère, faîte que cet état soit provisoire.
"Ser Tavish Cafferen arrive au château, il a été aperçu. Voulez-vous qu'on aille vous changer pour que vous l’accueilliez dans la cour? Ou souhaitez-vous y aller ainsi?"
Clarysse blêmit. Elle ignora si la servante décela cette réaction chez elle. Ses mains se précipitèrent sur son estomac, quelque chose en elle se contractait.
"Oh.. Je vois. Merci bien ma chère, mais mon frère se chargera de l'accueillir, je vais les laisser s'entretenir sans les déranger. Si Ser Tavish arrive à Herbeval ainsi, c'est qu'il doit avoir des affaires à régler."
Un mélange de pensées embruma son esprit alors que la servante lui tournait désormais le dos. Elle ne voulait pas le voir… pas maintenant. Pas maintenant qu’un sourire était si difficile à décocher. Peut-être qu’Elbois aurait la décence de ne pas dire que sa sœur ne se trouvait plus à Midburg ni au mariage de Sansa Strak et Hoster Nerbosc. Elle se mit à fuir dans sa chambre précipitamment, oubliant de ne pas montrer aux habitants du château qu’elle était bouleversée. Elle ne voulait pas qu’on la voie, elle ne voulait pas parler, elle ne voulait pas le voir être heureux alors qu’elle en demeurait incapable. Non, c’était décidemment trop tôt.
Une servante plus jeune se trouvait dans sa chambre, elle semblait ranger quelques effets. Clarysse avait le regard embrumait mais elle tint bon encore quelques secondes :
« Sortez, s’il vous plaît. Si on demande à me voir, faites savoir que je ne me sens pas bien. »
La jeune fille à la natte sortit, laissant seule la dame de Midburg. La chambre de son enfance n’avait pas changé. Il manquait juste quelques affaires comme son miroir, ses rubans et ses ses poupées qui ont été données et qu’elle avait conservait si longtemps. Il s’agissait d’une vraie chambre de dame. Une adulte… Il serait temps, à vingt-deux ans.

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MessageSujet: Re: Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen)   Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen) EmptySam 20 Avr - 23:41

Retrouvailles de non-dits.
An 302, Lune 5, semaine 1

En prenant la route pour Herbeval, emblème de son adolescence,  Tavish ignorait qu’il rejoignait aussi celle qu’il avait tant bien que mal tâché de chasser de ses pensées. Clarysse faisait partie de ses souvenirs mais de sa vie présente également et il ne désirait nullement l’oublier ou la rayer de sa vie. Il chérissait d’ailleurs tout particulièrement leur correspondance, même si les lunes passant l’avaient rendue plus lointaine et moins chaleureuse. Simplement, il ne devait plus penser à ce qu’il aurait aimé qu’ils soient, dans ses rêves idéalistes. Cela ne servait plus à rien. Clarysse avait revêtu les armes contrastées d’une autre maison du Bief et lui s’apprêtait à offrir son manteau vert et blanc à la nièce du seigneur de Bosquebrume. Les dés étaient jetés et il lui fallait impérativement mettre cela derrière lui.

Heureux de retrouver son frère de cœur, vertueux seigneur d’Herbeval, Tavish ne s’était nullement attendu à apprendre de celui-ci la présence de sa sœur en ces lieux. Clarysse était désormais Clarysse Varnier, épouse d’Ethan Varnier. Que faisait-elle dans le fief de son enfance ?

Tavish ne s’était pas préparé à revoir la jolie blonde avec qui il avait partagé tant de rires et de taquineries. Car si Clarysse était une jeune femme d’apparence timide, il l’avait connue sur un autre jour que celui là et avait entrevu d’autres facettes de sa personnalité que le commun des mortels. C’est pourquoi d’ailleurs, il s’était imaginé une réciprocité des sentiments entre la bieffoise et lui. Cependant, lorsqu’Elbois lui avait appris que Clarysse s’intéressait à l’un de ses prétendants, malgré la déception, il avait tâché d’accepter que son bonheur se fasse loin de lui et de ce qu’il avait imaginé en rêve. Son intérêt pour ce prétendant sembla se confirmer quand, dans ses écrits car Clarysse se fit plus distante. Tavish comprit que si Ethan Varnier occupait les pensées de la demoiselle, celle-ci pouvait estimer malséant de se comporter de manière trop proche avec d’autres hommes. Il fallait se résigner, se dit-il. Il tâcha de le faire.

Depuis l’annonce de ses fiançailles avec Shoren, Tavish n’avait pas revu celle qui entre temps, était devenue lady Varnier. Et malgré la place importante qu’avait Clarysse dans son cœur, il redoutait qu’ils se revoient pas si tôt. Bien sûr, il serait heureux de voir Clarysse heureuse en mariage, devenue lady d’une grande maison de la noblesse bieffoise et cela, d’ailleurs, pourrait l’aider à aborder son propre mariage dans le plus grand optimisme. Une chose était étrange toutefois. Comment se faisait-il qu’une jeune mariée comme Clarysse soit déjà séparée géographiquement de son époux ? Un événement était-il passé sous censure ? Au fond, Tavish avait déjà une petite idée de la raison qui pouvait expliquer une telle situation ; des débuts d’union plus difficile que prévu. Et cela ne rendrait guère leurs retrouvailles des plus simples…

Lorsque Tavish avait officieusement demandé la main de Clarysse à Elbois, celui-ci avait refusé, avançant deux raisons. La première l’avait profondément offensé car elle témoignait d’un obstacle toujours infranchissable pour son ami ; ce nom de Storm, qu’il avait longtemps porté, cette basse naissance qui le rendait socialement inférieur à lui. La seconde l’avait déçue, mais il ne l’avait pas remise en cause ; Clarysse s’intéressait déjà à un autre prétendant, avait dit Elbois. Et qui était-il pour débarquer et se mettre en travers du destin de la plus ravissante gemme du Bief ? Comme la distance mise par Clarysse dans ses écrits suivants semblait confirmer un nouvel attachement à un autre homme, Tavish avait tenté de se faire une raison. Mais peut être cet homme qui avait visiblement séduit Clarysse se révélait être différent de la première impression qu’il avait donnée ? A l’idée que l’époux de son amie d’enfance puisse se montrer maltraitant à l’égard de cette dernière, le sang de Tavish Cafferen ne faisait qu’un tour. Et pourtant, dans ce monde de la noblesse auquel il ne pensait pas un jour appartenir, tout n’était qu’apparences et il convenait de préserver ses émotions les plus fortes et les plus vraies derrière de la politesse et de la retenue. Un nouveau nom ne transformerait pas l’homme ; il resterait l’honnête orageois qu’il était mais à sa nouvelle position s’attelait de nouvelles responsabilités, et il se devait de s’en montrer digne.
Il ne devait pas l’oublier ; son propre mariage approchait. Il s’apprêtait à épouser Shoren Mertyns, ses pensées devaient aller à sa fiancée. C’était elle qu’il devrait rendre heureuse, c’était à elle qu’il devrait consacrer son attention car ils seraient bientôt liés pour toujours devant R’hllor.

Pourtant, il ne pouvait se résigner à ne point aller s’enquérir de l’état et du bonheur de Clarysse. Elle n’était pas venue l’accueillir et c’est vrai, cela ne l’avait pas étonné puisqu’il avait totalement ignoré la nouvelle de sa présence. Mais maintenant qu’il savait qu’elle se trouvait en ces lieux, il ne comprenait pas pourquoi elle n’était pas venue le saluer. Il lui paraissait peu probable que son arrivée ne lui ait pas été rapportée…Alors que se passait-t-il ? Pourquoi se tenait-elle loin de lui ? Si son cœur devait bientôt n’appartenir qu’à Shoren Mertyns, il se serrait pourtant à l’idée que Clarysse lui en veuille pour une raison ou pour une autre.  Il avait donc besoin de savoir.

Les couloirs d’Herbeval, cette demeure dans laquelle il avait vécu, ils les connaissaient par cœur. Il les arpenta donc sans risquer de se perdre, alors que certains souvenirs adolescents remontaient à la surface. Alors qu’il approchait de la porte de la chambre qui avait toujours été celle de l’unique fille de la famille, une servante l’interpella.
« Ser Tavish, Lady Varnier ne désire pas être dérangée. », dit-t-elle.
« Oh, très bien. », fit-il. Il préférait ne pas insister car un homme qui insisterait pour frapper à la porte d’une femme mariée, même si c dernier l’a cotoyée toute son enfance, ça ne serait guère bien vu. Il fit donc mine de repartir dans la direction inverse, mais une fois la domestique hors de son champs de vision, alla malgré tout frapper à la porte de la dame de Midburg.
« Lady Clarysse ? », dit-il. « C’est moi, Tavish. Je sais que je ne devrais peut-être  pas vous déranger mais…Je ne peux me résoudre à ne pas vous saluer alors que je vous sais ici. »


[6.2]


Armes intactes Rêves brisés •
La vie, il l’avait remarqué, avait parfois un cruel sens de l’ironie. Autrefois, il devait se taire car il était un Storm. Aujourd’hui, il le devait parce qu’il était un héritier. 

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MessageSujet: Re: Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen)   Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen) EmptyDim 21 Avr - 16:17

Retrouvailles de non-ditsDilemme de la raison et du coeur
Tavish
Cafferen
Clarysse
Varnier
Elle ne saurait dire si elle avait souhaité que ce jour arrive ou non. Peut-être l’avait-elle toujours redouté. Vous savez, les jeunes filles sont des rêveuses. Elle s’imagine à chaque fois le plus doux des romans de chevalerie. L’amour courtois a fait des ravages chez la gente féminine, notamment celle qui vivait dans un cocon familiale qui ne leur apprenait pas à se blinder dans la vie. Rajoutez en plus l’imaginaire que rend possible l’expression littéraire et vous avez le droit à un cœur brisé. Clarysse n’avait souhaité qu’une seule chose dans sa vie : que sa famille soit heureuse et fonder la sienne. Néanmoins, à voir ses cousines de Hautjardin se vanter de quelques aventures, elle en était venue à rêver la sienne. Une belle vie à côté du seul homme qu’elle n’avait pas eu besoin de séduire. De toute manière, elle en aurait été incapable. Celui qui avait toujours été présent et qui avait su la faire courir, rire à pleine gorge et se confier. Celui qui lui avait fait entrapercevoir que le monde ne se limitait pas au petit paradis de passions que représentait le Bief.
La jeune femme n’avait pas vu ce premier amour depuis un peu plus d’une année. Elle avait longtemps pensé qu’elle aurait pu surmonter la perte de l’espoir de quitter Herbeval à ses côtés. C’était sans compter sa propre faiblesse. Peut-être avait-elle manquait d’une mère ou de la présence d’une amie au féminin pour lui expliquer ce que signifiait le mariage. Pour elle le devoir avait toujours été synonyme de vie et de droiture. Il était impossible pour elle d’envisager de ne pas ressentir des émotions positives en accomplissant son devoir. La jeune bieffoise se sentait particulièrement coupable de ne pas savoir faire ce que l’on attendait d’elle. Elle se dit que les dieux devaient la trouver indigne des Sept paradis. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison qu’entre retrouver son époux qui la forcera à faire un héritier à son retour et retrouver son premier amour, elle avait une préférence. Elle serrait dans ses mains le pendentif en forme de fleur qu’elle tenait de sa mère et qu’elle portait au cou. Un geste plein de sens et de désarroi.
Il était là. Elle était là. Cette rencontre n’aurait pas dû avoir lieu dans l’ordre normal des choses. Peut-être d’ailleurs c’était-elle assez cachée. Peut-être, comme elle s’en était persuadée, cette complicité n’avait rien à voir avec l’amour pour lui. Elle s’était elle-même montée l’esprit dans une illusion qui fut pendant des années douces et une année plus que douloureuse. Comme elle aurait aimé pouvoir démêler ses sentiments pour à la fois ne pas montrer un tel spectacle à ses proches et à la fois être elle-même plus heureuse. Elle priait chaque soir pour que ce mariage soit heureux. Mais en même temps, son cœur lui dictait une autre voie. Une voie plus tortueuse.
Durant cet aparté mental, Clarysse n’avait pas pu retenir quelques larmes alors qu’elle ne cessait de triturer son pendentif. Mais, elle revint à elle alertée par des voix dans le couloir. Elle reconnut celle de sa servante et celle de Tavish. Une voix qui éveillait en elle de lointain souvenir. Son cœur se serra davantage. Heureusement, la servante exécuta sa tâche à merveille. Le jeune homme fut éconduit. Il sait que je suis là, mais il ne me verra pas… Suis-je sauvée ? Second sursaut de la part de la jeune bieffoise, Tavish était de retour. Son âme était percée. Elle revoyait tous ces mots tracés sur les parchemins qu’ils s’étaient envoyés. Ses mots qui devenaient de plus en plus tendres. Les émotions et les sourires que chacune de ces lettres avaient suscités chez elle. Elle revivait tout dans un marasme de déception et de peine. Aucune réponse ne lui vint à la bouche alors qu’elle entendait cette voix lui demandant d’ouvrir sa porte. Elle était tiraillée comme elle n’avait jamais pensé pouvoir l’être une fois dans sa vie. Cette vie dictée par les hommes et qu’elle partageait avec les Sept. Jamais elle n’aurait pu penser que prendre son destin en main signifiait faire des choix. Pas même une seule fois elle aurait aussi imaginer que les choix avaient des conséquences. Et alors, elle était même à des lieux de pouvoir deviner que ces conséquences se répercutaient sur d’autres personnes en plus qu’elle. Son frère, sa famille, la fiancée de Tavish Cafferen, nombre de gens qu’elle pourrait blessée en ouvrant cette porte.

Alors, pour une fois, Clarysse suivit son cœur et fit ce choix. Après ces interminables secondes d’attente, voire peut-être minutes, elle courut ouvrir la porte de sa chambre. Elle ne savait pas si elle trouverait encore celui qui la bouleversait tant dans ce couloir. Elle l’espérait. Malgré tout ce qu’elle pouvait ressentir et ce qu’elle pensait devoir faire, elle mourrait d’envie de le revoir. Elle n’avait pas pris le temps de sécher son regard, d’essuyer les traces qu’avaient laissées quelques larmes sur ses joues, ni même de calmer son souffle qui s’était accéléré dans la précipitation de son geste qui avait arrêté ce pitoyable dilemme. « S-s-… Ser Tavish. »
Elle déglutit et laissa cette impression d’irréel envahir le face à face. A la vue de son ami et correspondant, lui qui avait été présent dans les moments difficiles de la famille de la Nouë, la jeune femme ne put réprimer un sourire. Décidemment, malgré ce qui s’était passé et les années, ce visage familier lui procurait toujours un état de réconfort. Quelques instants, Clarysse Varnier eut l’impression de redevenir Clarysse de la Nouë, la douce sœur du seigneur d’Herbeval. Son sourire s’élargit davantage et ses yeux brillèrent d’une joie qui ne faisait plus partie de son quotidien depuis des mois.
« Cela fait si longtemps… » Prononça-t-elle d’une voix un peu cassée par le silence de ses heures passées à se morfondre.
Encore une fois, le temps joua le tour de la subjectivité. La jeune femme n’en avait plus aucune notion alors qu’elle se réveillait enfin. Pas une pensée n’était pour Ethan Varnier, cet homme qui pourtant était à ses côtés à chaque instant depuis son mariage, celui qui noircissait ses jours.
Puis, enfin, elle prit conscience de sa tenue. Elle frotta frénétiquement ses deux joues et renifla. Ses mains déplissèrent les pans de sa robe dans un geste plus que nerveux. Elle toussota et reprit une posture plus droite.
« Je… Excusez ma tenue, je ne suis pas très en forme. Que faites-vous à Herbeval ? »
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MessageSujet: Re: Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen)   Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen) EmptyMar 23 Avr - 0:04

Retrouvailles de non-dits.
An 302, Lune 5, semaine 1

- Lady Clarysse ?, répéta-t-il, alors que les secondes passaient sans qu’aucun son ne sorte de la pièce close derrière laquelle la bieffoise aux cheveux blonds se trouvait. Il aurait presque laissé tomber le titre ; après tout, ils s’étaient cotoyés des années durant et les Ser et les Lady n’étaient point forcément de rigueur entre de tels amis d’enfance. Mais, Clarysse était aujourd’hui l’épouse d’un bieffois important et il ne désirait pas lui manquer de respect en omettant les deux syllabes qui précédaient son prénom sans savoir pourquoi elle se tenait éloignée de lui, et à quel point cela pourrait être une mauvaise idée.

Tavish attendit encore quelques secondes devant la porte. Il se prépara à frapper une nouvelle fois mais se ravisa et décida de préserver sa salive. Clarysse ne tenait visiblement pas à le voir. Si cela le blessait, il ne pouvait cependant insister et aller ainsi contre son souhait. Bien sûr, la curiosité était forte à l’idée de comprendre ce qui se passait. Mais peut-être n’était ce tout simplement pas le bon moment. Peut-être se joindrait-elle à eux plus tard, pour dîner…Ou peut-être…Peut-être repartirait-il sans avoir pu la saluer, ce qui, d’autant qu’il s’en souvienne, n’était jamais arrivé.

Le soldat avait tourné les talons et fait quelques pas dans le couloir quand la porte s’ouvrit. Tavish se retourna et découvrit Clarysse devant lui, ravissante comme toujours. Mais sa beauté n’est pas ce qui le frappa le plus. La gemme d’Herbeval avait les yeux humides et tristesse et inquiétude se devinait sur son visage, malgré ce faible sourire qui s’y dessina alors que leurs regards se croisaient.
Le même phénomène se produisit chez Tavish. Malgré l’angoisse que suscitait chez lui le fait de se trouver face à une Clarysse visiblement désemparée, il ne put réprimer un sourire en la voyant à nouveau de ses yeux et en entendant à nouveau le son de sa voix. Il y a eu une attraction. Il y a eu une forte envie d’aller vers elle et de lui offrir une étreinte qu’il ne pouvait pourtant prodiguer. Il y résista. S’il ne s’était pas préparé à revoir Clarysse aujourd’hui, alors qu’il prendrait bientôt Shoren pour épouse, il devait néanmoins se montrer prudent. Il ne devait pas oublier sa place et celle de Clarysse, ni les responsabilités qui pesaient sur ses épaules de futur seigneur.

« Lady Clarysse. », dit-il. Clarysse De La Noue, il l’avait déjà vue triste. Et ce n’était même pas prémédité lorsqu’il lui offrit ce sourire réconfortant qui lui avait toujours réservé en de pareilles occasions. A vrai dire, il n’avait pas vraiment de contrôle sur ce sourire. C’était naturel. C’était un sourire comme un autre à vrai dire, mais il avait ce quelque chose d’indescriptiblement rassurant. C’était le sourire qu’il réservait à Clarysse lorsqu’il sentait qu’elle n’allait pas bien, sans vraiment s’en rendre compte.  C’était ce sourire là qui avait brisé la glâce entre eux, qui avait envoyé paître les convenances et les différences de statut social. Ce sourire qui avait donné plus de courage à la fière bieffoise après le décès de son seigneur père que Tavish ne pouvait l’imaginer. Ce sourire qui criait plus fort que nul mot que tout irait bien.
« Trop longtemps…. », ajouta-t-il aux mots de la dame, toujours souriant. Il sentit qu’il fallait mieux ne pas évoquer ses larmes, pas tout de suite. Il s’était passé trop de choses depuis leur dernière rencontre. Des lunes chargées d’événements s’étaient écoulées. Alors qu’il se trouvait à Lestival, Clarysse rencontrait son fiancé pour la première fois. Alors qu’elle l’épousait, Tavish rencontrait à son tour sa future dame. «. Je suis désolé si je vous aie dérangé, je ne voulais pas me montre insistant mais…l’envie de vous saluer était trop forte. », déclara-t-il, en réduisant lentement l’espace qui les séparait dans ce couloir.

Clarysse sembla alors prendre conscience des vestiges de ses larmes et tâcha de s’en débarrasser. Elle prétexta qu’elle n’était pas en forme, exerçant ainsi une censure sur ce que Tavish devinait comme étant une douleur tout autre que de la fatigue. C’était les sentiments de Clarysse qui se trouvaient heurtés, pour une raison qu’ il ignorait et au sujet de laquelle il ne pouvait que formuler des hypothèses. Une chose était certaine en revanche, la fatigue n’était en rien la cause de ce qu’il lisait dans son regard. C’était son cœur qui parlait à travers ses yeux et non son corps.

« Vous n’avez pas à vous excuser. C’est moi qui vous aie dérangé, le blâme me revient.
», dit-il d’abord. « Me faut-il une bonne raison pour venir rendre visite à mes fleurs préférées ? », plaisanta-t-il ensuite, comme à son habitude.  « Je suis venu discuter avec votre frère. Rien d’officiel. Mais, mieux vaut que je vienne le voir de temps en temps, autrement il deviendra bien trop sérieux. », ajouta-t-il avec humour, utilisant cette fois ce trait de caractère de son frère de cœur pour détendre l’atmosphère et redonner le sourire à Clarysse. Il ne fallait pas y voir de moquerie ; Tavish respectait beaucoup Elbois, celui-ci le savait bien. C’était un jeune seigneur consciencieux et droit, et en réalité, lorsqu’on le connaissait vraiment, il pouvait faire preuve d’humour et de facétie. Il suffisait de penser aux quatre cent coups qu’ils avaient fait, ensemble, dans leur jeunesse. Mais c’était là l’ami, l’ami très proche, et non le seigneur. Et certes, le devoir et les responsabilités l’avaient changés. Plus proche de la fois, plus sérieux, Elbois n’en demeurait pas moins proche de son ami de naissance illégitime. Pour cette amitié là, il avait même su ranger ses préjugés dans un tiroir à l’égard d’une conversion religieuse qu’il ne pouvait pas comprendre, mais qu’il ne jugeait pas, au moins.

« Je me demandais quand nous nous reverrions...Cela me fait vraiment plaisir d’avoir l’occasion de vous parler à nouveau… C'est une surprise. Une bonne surprise mais une surprise tout de même car j'ignorais tout à fait que vous vous trouviez à Herbeval en ce moment. », dit-il. Il avait préféré lui laisser l’opportunité de s’exprimer sur les raisons de sa présence dans son fief natal sans lui retourner purement et simplement la question qu’elle lui avait posée. Tavish avait pour sa part été habile avec sa réponse. S’imaginant que c’était le mariage de Clarysse qui ne devait pas la satisfaire et qui expliquerait le plus vraisemblablement sa présence en ces lieux familiers, il avait préféré ne pas évoquer le sien dans la réponse qu’il avait fourni. Cependant, s’il ne voulait pas se montrer trop agressif en abordant d’emblée ce sujet, il se sentait incapable de ne pas lui poser, d’une manière ou d’une autre, la question de son état. Comment allait-elle ? Qu’est ce qui l’amenait déjà loin de sa nouvelle maison ? S’il ne désirait pas la brusquer, surtout durant pareilles retrouvailles, il voulait savoir. Surtout avoir vu son visage tâché de larmes…

[6.5]


Armes intactes Rêves brisés •
La vie, il l’avait remarqué, avait parfois un cruel sens de l’ironie. Autrefois, il devait se taire car il était un Storm. Aujourd’hui, il le devait parce qu’il était un héritier. 

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MessageSujet: Re: Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen)   Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen) EmptySam 4 Mai - 9:38

Retrouvailles de non-ditsPantin disloqué
Tavish
Cafferen
Clarysse
Varnier
Il existe ces liens indélébiles qui perdurent malgré toutes les blessures et le temps. Revoir Tavish lui procurait cette sensation. Bien qu’elle aurait voulu être une autre, user de la tromperie pour se présenter comme la dame Varnier, elle ne pouvait cacher sa joie et son soulagement d’être auprès de celui qui a partagé la douce enfance de Herbeval. Ce lien préexistait le carnage de la vie. Clarysse se laissa envahir par ce sentiment et ne put effacer son sourire familier teinté de tristesse. Pourtant, elle lui en voulait un peu de ne pas être venue l’enlever. Mais, à ce moment précis, ça n’avait aucune trace d’importance. Les mots n’étaient que superflus face à l’essentiel. Elle jouait avec ses mains, visiblement nerveuse, malgré le bonheur de revoir ce visage. Quand elle entendit sa voix, les souvenirs des jeux et les espiègleries infantiles lui revenaient en mémoire. Avant d’avoir été un amour raté, Tavish représentait cette douce réminiscence.
« Jamais vous ne me dérangerez. » déclara-t-elle presque d’instinct. Son ton avait presque été trop abrupt. Cela provoqua un excès de rougeur sur ces joues qui contrasta avec le blond de ses cheveux. Ses yeux brillaient, illuminés tels des gemmes azurs. On ne saurait dire si c’était de mélancolie ou de joie. Seule l’émotion était palpable. Où était donc passé la convenance et le charme de la dame du Bief ? Même le petit rire qu’elle laissa s’échapper d’entre ses lèvres ne semblait pas être digne de l’image de la femme mariée qu’elle aurait voulu renvoyer au monde. Elle ne sut pas quoi répondre à ce compliment et plaisanterie. Venir ainsi, spontanément à Herbaval, oublier les obligations le temps de rendre visite à des amis, il n’y avait bien que Tavish pour l’exprimer avec sincérité. Clarysse avait l’impression que tous ses déplacements et décisions avaient été prémédité par une raison impérieuse qui la dépassait : le devoir en particulier. Néanmoins, aujourd’hui cela lui pesait. Son regard se baissa alors que son sourire s’élargit : « J’ai pourtant l’impression que cela fait une éternité que nous nous ne sommes point vu. Je suis heureuse que vous rendiez encore visite à Elbois. » Alors, pourquoi ressentez-elle cette pointe de jalousie ? Pourquoi aurait-elle voulu qu’il vienne la voir elle et qu’il empêche cette série d’évènements. Décidément, Clarysse ne comprenait pas encore sa part de faute dans ce qui s’était passé. Elle n’avait pas non plus réellement agi. Se laisser porter avait été sa seule action et elle le payait cher.
Puis, cette phrase lui échappa telle une sentence. Rien ne présageait cela. La douce Clarysse prit un air fantomatique. Son visage devint aussi lisse et pâle qu’une céramique. Ses yeux perdirent dans un vide ancestral et elle devint une personne qu’elle n’avait jamais été auparavant. Tavish ne pouvait reconnaître en cette réaction la Clarysse d’antan. Nul besoin de préparer sa salive, cette phrase semblait sortir de l’âme déchirée de la femme brisée. Une phrase venant d’outre-tombe : « A quoi bon prendre au sérieux la vie, puisque de toutes façons ne nous en sortiront pas vivants ? » La plaisanterie de Tavish prit une teinte lugubre. Et son regard dénuait de censure et empli de lassitude se leva vers son ami d’enfance.
Les couches ombrageuses de la réalité embrumèrent ce lien originel. Revoir ce jeune orageois sonnait le clairon de sa perte. La bataille allait commencer. Il fallait demeurer digne voire peut-être mentir. Chose dont elle était incapable. Déjà qu’elle avait bien mis dans l’embarras Elbois avec les rumeurs qui allaient circuler sur le fait que l’épouse Varnier ne se rendit pas avec son mari au mariage d’Hoster Nersboc et de Sansa Stark. Elle ne voulait pas que cette situation entache sa famille… Surtout qu’Elbois avait tant œuvré pour préserver le prestige de la maison de la Nouë. Ce n’était pas le moment de baisser les armes. Tavish devait avoir l’impression d’être face à une bipolaire. Ces réactions saccadées et impulsives la trahissaient probablement. A vrai dire, elle sentait encore dans ses entrailles ce déchirement. Le déchirement de la Jouvencelle.
« Pardonnez-moi encore… Je… Je vous l’avez dit, je ne me sens pas très bien. » Elle tourna le dos, ce signe était probablement une invitation implicite pour que Tavish entre dans sa chambre en la suivant. Cette chambre qui était encore celle d’une enfant, seuls les poupées, les fleurs et la lumière de l’été n’y étaient plus. Alors qu’elle s’avançait car elle ressentait le désir de s’asseoir, elle répondit à l’interrogation qui brûlait sur toutes les lèvres : « Je suis ici parce que je ne me sens pas bien. Voilà. Mon époux a surement préféré ne pas afficher sa mélancolique femme au mariage Nerbosc/Stark. Ce que je conçois parfaitement. Je m’estime heureuse de ne pas être répudiée ou envoyée chez les septa. Alors je vais demeurer ici le temps du long voyage de mon clément époux. Puis, j’essaierais de me montrer digne et de lui procurer un héritier. »
A ce dernier mot, la voix de Clarysse se dissout tout comme son corps sembla se disloquer. Les séquelles d’une mélancolie qui dura des mois. Elle se rattrapa à un guéridon qui portait une lampe. Cette dernière se brisa sur le sol alors que les patins du meuble glissaient sous le poids de la jeune femme. Elle tenta par la suite de se redresser. Décidemment, il fallait qu’elle sorte de cette torpeur au plus vite. Elle tourna la tête, extrêmement gênée vers un Tavish qui devait avoir l’impression de se trouver face à une étrangère. Son regard était égaré et paniqué.


HRP: Désolée pour le temps de réponse, je suis en plein mémoire Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen) 1608107938
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MessageSujet: Re: Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen)   Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen) EmptyMer 8 Mai - 2:43

Retrouvailles de non-dits.
An 302, Lune 5, semaine 1

La spontanéité de Clarysse l’avait étonné. La gemme blonde d’Herbeval était une jeune femme réfléchie, qui pensait à ce qu’elle allait dire avant de parler afin de respecter les convenances que ce monde leur avait imposé. Fidèle aux codes de ce microcosme auquel elle appartenait, la jeune fille l’avait jadis regardé avec ce regard que lui réservait la plus grande partie des privilégiés de ce monde. Elle l’avait regardé comme on regarde un bâtard. Et puis….Que s’était-il passé exactement pour qu’elle change son regard sur lui et qu’il change son regard sur elle ? Clarysse se pliait à la censure et aux bonnes manières, Tavish aimait les femmes tempétueuses comme la région dans laquelle il avait vu le jour. Il aimait le franc parler, les femmes qui n’avaient pas froid aux yeux et oser se jouer des tromperies de ce monde de paraître. Adolescent, il avait rêvé des dorniennes et de leur caractère si enflammé aux dires des chansons, bien que cette région et la sienne soient de vieilles ennemies.
Clarysse était belle, c’était indéniable. Elle l’avait toujours été. Mais ce n’était pas que cela. Il n’avait pas suffit qu’elle soit belle pour qu’il ressente ce qu’il ressentait à son égard. Pourquoi toutes ces choses qui auraient pu le repousser chez une autre femme, l’avait attendri chez Clarysse ?

Tavish était, au contraire de Clarysse, quelqu’un de naturellement spontané. Sa spontanéité, il avait du apprendre à la mettre de côté parce que sa place n’était guère dans la lumière, encore moins dans le Bief. Il avait du faire l’effort de se taire, de réprimer ses plaisanteries et ses sourires car il n’était pas chez lui à Herbeval, et qu’il n’était pas celui sur qui les regards devaient se poser. Des élans de spontanéité ils se souvenaient donc d’en avoir réprimé de nombreux, surtout en public. Une image en particulier lui revint pourtant en mémoire. Il se revoyait dans le jardin que Clarysse entretenait. C’était un endroit qu’elle affectionnait tout particulièrement. Il en connaissait l’importance symbolique et était touché qu’elle lui eut permit d’y accéder. Alors qu’elle lui parlait de ses fleurs, les touchant de ses doigts fins pour s’enquérir de leur état, le regard de Tavish se perdit sur son visage. Elle avait du le sentir, ce regard profond, car elle se tourna vers lui et lui demanda pourquoi il la regardait ainsi. C’est vrai, elle lui parlait des fleurs, ne devait-il pas plutôt regarder les fleurs, lui aussi ?
« J’ai envie de vous embrasser. », il avait eu envie de dire. Il dut regarder ailleurs car s’il n’avait pas rompu ce lien entre son regard et le sien, il n’aurait probablement pas pu s’empêcher de parler. Bien sûr, il le fit de cet air décontracté qu’il lui sied tant, sourire aux lèvres, comme toujours. Il regarda les fleurs. Il n’avait nullement envie de les regarder, peut importe leur beauté cependant, il le devait. Car il ne pouvait dire de telles choses à une femme comme Clarysse. Cela lui était interdit. « C’est juste que…. Cela se voit que vous y êtes vraiment attachées à ces fleurs, et que vous en prenez grand soin. C’est beau à voir. On dirait presque moi et mon arc. » Une petite plaisanterie pour sauver la mise, comme souvent depuis qu’il vivait à Herbeval et qu’il lui convenait mieux de sourire au « Storm » dont le gratifiait même Elbois que de s’en montrer blessé.

« Et oui, je ne compte pas cesser de l’embêter de si tôt. », répondit-il lorsque Clarysse se dit heureuse de voir qu’il rendait toujours visite à Elbois. Il voulut ajouter quelque chose, afin de signaler qu’Elbois n’était pas le seul qu’il était heureux de voir lorsqu’il venait à Herbeval mais la formulation ne lui vint pas à l’esprit. L’image de Clarysse, de profil, se penchant vers les jacinthes et les effleurant de ses doigts ainsi que le souvenir de ce qu’il n’avait pu dire en cet instant précieux et qu’il avait pourtant ressenti si profondément dans son coeur était aujourd’hui des plus douloureuses.

Elle lui avait demandé ce qu’il faisait là. Il lui retourna donc prudemment la question, ayant cependant une idée de la réponse. Une femme fraîchement mariée qui s’éloignait du fief de sa nouvelle famille s’éloignait probablement surtout de son mari. Et c’est le regard vide et le ton las qu’elle lui répondit, entre la mélancolie et le lugubre, comme devenue l’ombre d’elle-même.

L’inquiétude s’était dessinée sur le visage de Tavish, de même que l’incompréhension. Il se souvenait d’avoir vu Clarysse triste. C’était d’ailleurs après la mort du seigneur des lieux, alors que la jeune fille vivait un deuil difficile, que l’orageois avait appris à la connaître, soucieux de lui redonner le sourire. En cet instant, il n’y parvint pas. Il ne l’avait jamais entendue si sinistre. La tempête qui existait en lui s’était tue. Il sentit milles questions lui traverser l’esprit. Toutes exprimaient la même chose ; que lui avait-il fait, cet homme qu’elle avait épousé ? Mais ce fut la tristesse qui l’emporta sur la colère, la tristesse de la voir ainsi et d’être impuissant. Car quoi qu’il dise, quoi qu’il hurle, il ne pourrait rien faire. Clarysse était mariée à Lord Varnier. Elle l’était.

La vie, il l’avait remarqué, avait parfois un cruel sens de l’ironie. Autrefois, il devait se taire car il était un Storm. Aujourd’hui, il le devait parce qu’il était un héritier.
Et ce fut silencieusement qu’il suivit Clarysse qui se dirigeait vers la chambre qu’elle avait quitté. Il s’arrêta toutefois sur le pas de la porte, sans même réfléchir. Son esprit avait bien ancré l’information du mariage de la bieffoise et si un homme, n’était pas le bienvenu dans la chambre d’une jeune fille sans chaperon, il ne fallait même pas se poser la question pour ce qui était d’une femme mariée. Le regard du chevalier parcourut la pièce. Il s’était entendu déglutir et sa salive avait pris le goût amer de son impuissance à parler. Il cherchait ses mots, ne parvenant pas à les trouver.

« Je… », il commença. Je ne devrais pas entrer ici, était ce qu’il s’apprêtait à dire. Mais elle l’interrompit, et heureusement il aurait sans doute regretté d’avoir dit cela. Elle avait besoin de lui parler, il le sentait. Alors qu’importe les convenances, n’est ce pas ? Ce n’était qu’une chambre. Parfois, les rumeurs se répandaient même sans qu'aucune erreurs ne soient commises, naissant de nulle part. Il en savait bien quelque chose.

Cette porte, il la franchit pourtant sans hésiter lorsqu’il vit Clarysse flancher. Une lampe se brisa sur le sol en milles morceaux, comme l’aurait fait de la céramique. Clarysse avait failli s’effondrer, comme terrassée par le poids des émotions qu’elle exprimait. Tavish s’était précipité pour la rattraper. Inévitablement, ils furent alors bien trop proches l’un de l’autre que ce que les nobles du Bief toléreraient. Sa main était sur sa taille et lorsqu’elle tourna la tête vers lui, le regard égaré et inquiet, il sut pourtant le retenir.
Rien, il ne dit rien.
Son regard ancré dans celui de cette femme qui représentait tant pour lui et qui en ce moment était si triste et apeurée, il était incapable de parler. De ce bras qui l’avait soutenu et qui faisait le tour de sa taille, il l’attira à lui. Il la serra dans ses bras. Sa parole fut cette étreinte. Il eut envie de l’embrasser mais par sur les lèvres cette fois. Il eut envie de déposer un baiser sur son front. Et cela faisait sens après tout, car une femme lui avait un jour dit qu’un tel baiser exprimait un désir de protection. Oh qu’il aimerait pouvoir la protéger. Mais, il ne le pouvait.

Il résista à cette envie en serrant Clarysse plus fort encore dans ses bras. La porte de sa chambre était restée ouverte et si quelqu’un les voyait comme ça, les pires suspicions seraient sans doute exprimées. Mais, elle avait besoin. Elle avait besoin de savoir qu’il était là. Et il avait besoin de lui montrer qu’il l’était.
Il l’était…
Là, maintenant.
Mais qu’en serait-il de demain ?

Il espaça son étreinte et en le faisant, une certaine gêne l’envahit. Il posa malgré tout la question qu’il désirait poser et qui pourtant risquer de le faire souffrir terriblement. Il y avait en effet fort à parier que peut importe ce que Clarysse lui confierait, il se trouverait incapable de l’aider réellement. Ethan Varnier était son époux. Il n’était rien, lui.

« Que vous a-t-il fait ? », dit-il une première fois, dans un soupir. Avec Tristesse. Avec Inquiétude. Avec Raison.
« Que vous a-t-il fait ? », répéta-t-il, sur un ton identiquement calme mais pourtant si différent. Avec Colère. Avec Indignation. Avec Emotion.


[7.5]



Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen)   Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen) EmptyJeu 9 Mai - 0:13

Retrouvailles de non-ditsL'aveu
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Que fais-je ? Je lui ai dit et pourtant je ne me sens pas mieux… Je sombre. Tout ce que nous faisons contient des conséquences et je déteste me projeter ainsi. J’aurais dû retenir mes larmes et mes mots. Ils n’ont fait qu’accentuer la souffrance qui sommeillait en moi. J’aurais mieux fait de ne rien lui dire et de m’effacer. Je me ridiculise et je lui donne à voir un spectacle que je retenais depuis bien trop longtemps. Je voulais pourtant lui en parler à lui. Si les mots ne sortaient pas en sa présence, ils resteraient muets à jamais. Aurais-je dû poursuivre en usant de la censure envers lui et moi-même ?
Clarysse gardait son poing fermé et serré sur sa poitrine, à l’endroit où son cœur battait à la chamade et semblait transpercer son corps. Jamais elle n’aurait pu imaginer ce qui allait se produire par la suite. Jamais elle n’aurait pensé sentir ainsi le corps de son ami d’enfance aussi proche d’elle. Sa chaleur se propageait dans son corps frigorifié par la terreur et la solitude. A travers toutes ses convenances et ses codes, il y avait ce qu’il y a de plus commun à tous les hommes : la détresse. Cette détresse se résume à l’impuissance de contrôle dans tout ce qui se passe dans une vie. Roturier, noble ou étranger, tous les hommes étaient victimes de cette terrible fatalité. Cette chaleur que venait offrir spontanément Tavish à Clarysse était de cette trempe-là. La Bieffoise le sentait au plus profond de son âme. Elle la reconnaissait. C’était celle que l’Orageois avait placé dans chacun de ses sourires et ses paroles quand elle était affligée par la mort de son paternel. Il n’y avait rien d’étranger, finalement, à cette étreinte. Ainsi, après une pétrification de surprise, elle ferma les paupières, se laissant emporter par l’indéniable vérité : elle était malheureuse depuis des mois et seul Tavish pouvait la sortir pleinement de cette torpeur. La jolie blonde préserva cet instant. Elle n’était pas arrivée à un point de rendre cette étreinte à l’homme qui l’avait prise par surprise. Cependant, elle ne le repoussa pas et se laissa porter par le don qu’il lui faisait. Les mots étaient désormais inutiles. Le chevalier lui avait bien fait comprendre dans son geste qu’il l’aiderait toujours, peu importe ce qui les séparait. Pour la première fois depuis longtemps, Clarysse de la Nouë se sentit entière.
Elle demeura muette et interloquée par ce qui venait de se passer. Son regard se plongea dans celui de son ami et elle lut en lui une grande tristesse. Elle culpabilisa d’avoir créé cette situation inconvenante, qui, en plus, causait du souci à l’homme qu’elle aimait autant que ses frères. Alors, incapable de le soutenir plus longtemps, elle baissa ses yeux, incapable de trouver une réponse convenable à l’interrogation du chevalier orageois. Mais quand il la réitéra, d’un ton plus sec voire intransigeant, elle releva ses yeux et un tremblement prit légèrement sa lèvre inférieure. Les mots, elle les avait sortis auparavant. Les faits, elle les avait évoqués. Maintenant, il désirait connaître le sentiment qui faisait face à cette réalité. En cherchant la réponse à prononcer, Clarysse se rendit compte à quel point elle était ridicule. Elle n’avait pas été violentée. Loin de là. Même si leur première nuit de noces fut un cauchemar pour elle et que le regard de l’accouplement l’avait écœurée et effrayée, Ethan Varnier n’avait pas cherché à réitérer l’expérience sans son consentement. Pourtant, ils allaient devoir le… refaire. C’était ça. Juste ça. Mais, rien que le fait d’y penser, son cœur se brisait. Puis, il y avait lui : Tavish. Celui qu’elle avait aimé en secret. Son regard se fit plus intense. Elle plaqua sa main devant sa bouche, se détourna du jeune et homme, ne lui affichant que son dos afin de dissimuler une montée de larmes. Toujours pas de réponse… Pas d’excuses valables à son malheur. Qu’allait-elle pouvoir dire ? Quelle phrase allait-elle pouvoir préparer durant ce laps de temps où elle lui tournait le dos ? Une nouvelle ruse ? Une nouvelle tromperie? Il méritait une réponse maintenant qu’il l’avait vu dans cet état. Mais rien… rien… rien ne lui montait aux lèvres.
Finalement, elle prit une profonde inspiration, plaquant ses deux mains sur son abdomen. Elle tourna un visage aux yeux brillants vers son ami d’enfance.
« Il a pris ce que j’aurais voulu te donner. » dit-elle sans une explication de plus. Elle laissa l’écho de ses paroles remplir la pièce. Elle ne pouvait plus le cacher. Il devait savoir.
Une minute plus tard, elle ferma ses yeux et dit dans un souffle presque inaudible, mais étrangement apaisé : « Je n’arrive pas à m’offrir à lui. »


HRP: J'ai hésité et... je lui ai fait dire ! Trop d'émotion ! C'était maintenant ou jamais ahaha Après ils parleront entre adultes mariés ou presque Rolling Eyes
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MessageSujet: Re: Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen)   Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen) EmptyDim 12 Mai - 10:38

Retrouvailles de non-dits.
An 302, Lune 5, semaine 1


Tavish attendait une réponse. Mais que pourrait-t-il bien faire de cette réponse ? Son impuissance face à la situation le torture. Il y avait des choses qu’il vaut mieux ignorer et peut être la réponse de Clarysse au sujet de son mariage en faisait partie…Mais il aurait été incapable de garder sa salive, de s’abstenir de demander. La tristesse qu’il lisait dans les yeux de la blonde qu’il avait cotoyé des années durant le désole. Il ne se souvenait pas l’avoir vu un jour si désespéré et cela lui brisait le cœur de se sentir incapable de lui venir en aide. Le contact visuel se rompit entre eux lorsque Clarysse détourna la tête, se retenant de pleurer. Tavish renonça à lui tendre la main à nouveau. Il lui laissa de l’espace. D’abord parce qu’il sentait qu’elle en avait besoin, ensuite parce qu’il ne savait pas exactement comment il convenait d’agir et enfin, parce qu’il venait de prendre conscience que cette étreinte qu’il avait offert à la nouvelle dame de Midburg pouvait les compromettre tous les deux. Qu’aurait dit Elbois, s’il était passé à l’instant, les surprenant enlacé ainsi ? Il en avait fallu si peu pour qu’à Castral-Roc le clairon des rumeurs compromettantes lancées ne retentissent. Et pourtant, dans l’Ouest, Tavish n’avait pas commis le moindre faux pas à l’égard de Lady Walda, celle qui comme lui, s’était retrouvée au centre de ces fausses rumeurs, heureusement rapidement étouffées.  Tavish ne devait pas l’oublier. Il était un ancien bâtard. Sa réputation, toujours entachée des caractéristiques aussi mensongères que dénigrantes qu’on prêtait au Sand, Storm ou Stone, était aussi fragile que de la céramique. Il lui serait sans doute toujours plus compliqué de se justifier face à de telles accusations, il lui serait sans doute toujours plus difficile d’être cru alors qu’il parlait honnêtement alors que dans les Sept Couronnes, on chantait la propension à la tromperie, soit disant naturellement élevée chez les enfants nés illégitimes.
Quand enfin, Clarysse lui fait face à nouveau, elle semble déterminée.  Et elle est. Car renonçant à préserver les apparences, elle se livre sans censure, répondant avec une sincérité qui ne saurait être mise en doute à la question de son ami.

A nouveau, le silence. Le silence qui parle quand les mots ne peuvent le faire. Le silence qui à lui seul veut dire qu’on ne comprend pas, qu’on ne sait pas quoi dire, ou tout simplement qu’on n’était  pas préparé à devoir répondre à cela….Et parfois, tout à la fois. Mais le silence très vite rompu par une question factice.
« Quoi ? », dit Tavish, aussi perdu que surpris. C’est une question factice dans le sens où elle n’a pas lui d’être. Il a très bien entendu. Il a très bien compris ce que Clarysse voulait dire. Mais ce « quoi », il ne peut le retenir. Peut-être car au fond, il aimerait que sa réponse change. Qu’il apprenne qu’il a mal entendu. Car si ce qu’il apprend là, à l’instant, ce qu’il comprend….aurait pu être une joyeuse nouvelle, la plus joyeuse de toute, elle ne l’est pas. Il est trop tard. De trois lunes seulement. Trop tard, pourtant.

Clarysse lui avait pourtant conté, par missive, sa rencontre avec ce sérieux prétendant. Elle semblait l’apprécier. C’était ce qu’Elbois lui avait également dit. Clarysse était déjà intéressée par un prétendant, c’était ses mots. Un prétendant sérieux, contre qui il ne pouvait rivaliser. Cet Ethan Varnier de Midburg lui offrait un avenir bien plus prometteur que celui de Lady de Bourgfaon, épouse d’un ancien Storm et d’un hérétique de surcoit.

« Je croyais que vous l’appréciez…Vos lettres, vous disiez…. » Le né-Storm ne peut plus regarder le regard empli de larmes de son amie d’enfance alors qu’il tente de comprendre, perdu. Bien sûr, la première raison du refus d’Elbois était une raison de classe sociale, de différence de naissance car bien que légitimé, Tavish était né Storm et ne constituait pas le plus prestigieux des partis. Mais, il avait aussi dit que Clarysse avait noué un lien avec un autre. Et cela, bien sûr, l’avait encouragé à tourner la page. Si Clarysse était heureuse avec un autre, qui était il pour venir secouer son bonheur ? Et lorsque les lettres de Clarysse s’était fait plus rare et plus distante, Tavish y avait vu la manifestation de cet attachement à cet autre homme. Il était normal que Clarysse prenne ses distances de toute ambigüité, par fidélité à cet homme avec qui elle désirait construire quelque chose…C’est machinalement qu’il s’assoit lentement, sous le poids de ses émotions impromptues, sur le bord du lit de la jeune mariée. Il soupire, les yeux rivés sur le sol. « Je croyais que vous l’aviez choisi… », déclare-t-il dans un murmure, exprimant tout haut ses pensées actuelles. Et s'il ne dit encore qu'il l'aurait choisie, elle, cela se comprend peut être dans ce triste étonnement...

« Je n’arrive pas à m’offrir à lui. », dit Clarysse dans un souffle qui ne passe pourtant pas inaperçu dans le silence religieux de la pièce.

A cause de lui. Elle n’arrive pas à s’offrir à son époux car elle pense à lui. Tavish se sent d’ailleurs soudain comme indigne de cet amour réciproque dont il avait rêvé. Les femmes aiment mieux que les hommes, pense-t-il. Malgré ses sentiments pour Clarysse, sachant la relation impossible, il n’avait eu aucune difficulté à partager son lit avec d’autres femmes. Il se sent d’autant plus indigne lorsque le visage de Shoren lui revint en mémoire. Il repense à l’embarras de sa jeune fiancée âgée de seize ans seulement lorsqu’il mentionne maladroitement la cérémonie du coucher, dans le but de la rassurer en lui disant qu’une telle chose ne sera pas pratiquée durant leurs noces. Il se souvient de son embarras, de sa gêne. De toute évidence, Shoren semblait effrayée à l’idée de se retrouver nue face à un homme. Peut-être provoquera-t-il chez elle la peine qu’Ethan Varnier provoque à Clarysse. Peut-être tremble-t-elle de désarroi à l’idée de devoir consommer ce mariage qui sera le leur. Etre possiblement responsable d’une telle peine chez une autre femme lui donne une impression de monstruosité, d’autant plus lorsque dans sa tête, à sa réflexion au sujet de Shoren, retentisse ses mots « Et pourtant, il le faut… »

« S’est-il montré brutal ou violent envers vous ? Ne fait-il pas preuve de patience ?... », s’enquit Tavish, regardant à nouveau Clarysse. Il se lève à nouveau et s’approche de son amie. « Il vous plaisait pourtant, avant votre mariage, n’est ce pas ? » Tavish cherche à comprendre, mais n’a-t-il pourtant pas, au fond déjà compris ?

*

[8.4]
HRP : Bon désolé on en est pas encore à des aveux du côté de Tavish, il est trop étonné pour ça pour l'instant  Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen) 2397634754 . Là, il va peut être comprendre qu'Elbois a menti, à voir  Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen) 2397634754 ....


Armes intactes Rêves brisés •
La vie, il l’avait remarqué, avait parfois un cruel sens de l’ironie. Autrefois, il devait se taire car il était un Storm. Aujourd’hui, il le devait parce qu’il était un héritier. 

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MessageSujet: Re: Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen)   Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen) EmptyMar 14 Mai - 15:04

Retrouvailles de non-ditsLe désir
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Cet aveu résonnait dans cette pièce tel le clairon d’une bataille à venir.
Comment avaient-ils pu passer à côté de cette réalité ? Clarysse avait rompu toutes les barrières. Probablement qu’elle le regretterait une fois que cette scène se terminerait. Elle qui avait toujours eu l’impression d’accomplir son devoir. Elle qui semblait se trouver sur un chemin sans embuche où le monde tournait autour de la manière d’honorer les Sept. Elle avait, depuis quelques lunes désormais, l’étrange impression que les miracles n’existaient pas. « Les dieux sont cruels parce qu’ils sont des dieux ».

Cette confession lui avait tout de même permis de retenir ses larmes. Telles des gemmes reflétant toutes la complexité de ses attentes, ses yeux examinaient avec intensité la réaction de Tavish. Dans cet aveu, elle s’était adressée à l’homme, à l’adolescent, à son « très cher Tavish ». A celui à qui elle avait écrit qu’à jamais, peu importait ses choix, il resterait « son bien aimé ». Elle savait que pour Elbois, s’en était de même. L’Orageois avait tellement été une présence salvatrice lors de la mort de leur père, que pour l’un comme pour l’autre, le Storm de Bourgfaon avait été d’une aide précieuse. Elbois, lui, pourtant si intransigeant sur ce que devait être la vie dans l’embrasure des Sept, tolérait un adepte de Rh’llor dans sa maison. Cet acte qui pourrait simplement révéler le besoin de garder des alliances et de ne pas vouloir causer le scandale, avait beaucoup de signification pour le Lord e la Nouë. Et cela, Clarysse le savait pertinemment. Il était le cinquième membre d’une fratrie alors qu’ils devaient prendre en main un fief bien qu’ils n’avaient pas encore vingt ans. Elbois était devenu la figure du Père et Clarysse, dès le décès de sa mère, avait essayé d’accorder une présence maternelle à ses petits-frères. Tavish Storm avait été la personne qui leur permis le mieux d’affronter ce malheur et ces nouvelles responsabilités alors qu’ils avaient été élevés dans la douceur angevine d’Herbeval. Rien ne les avait préparé à cela. L’ancien écuyer du Bief représentait le bien-être et la sérénité. Pour Clarysse, au fil des lettres, il avait été même l’espoir. Elle se souvenait à quel point elle avait espéré être nommée dame d’atour de Margeary avec comme égoïste dessein de ne pas se marier trop tôt pour pouvoir attendre Tavish. Tous ces espoirs… Tous ces rêves de Jouvencelle… Ils avaient été réduits à néant.
Pourtant, cette étreinte avait signifié beaucoup pour Clarysse. Elle avait sonné le glas de son aveu. Jamais elle n’avait eu un contact aussi proche avec un autre homme que son époux : Ethan. Mais, quand ça avait été l’héritier de Midburg, la jeune bieffoise, ignorante des codes et de ce qui l’attendait, sans qu’une figure maternelle ne lui révèle le secret de la mariée, elle avait été tétanisée. Rien à voir avec cette étreinte qui, certes inhabituelle et gênante, mais qui, en même temps, l’avait en quelque sorte apaisée. Alors, peut-être y avait-il un autre espoir ? L’espoir que la vie ne se résume pas à étreindre une personne au regard lubrique et qui cherche à vous placer un héritier dans le ventre. Comment séduire autrement que dans la confiance ? Clarysse ignorait tout désir… Alors, celui-ci se mêlait à ce sentiment de sécurité que lui avait procurait Tavish durant des années et qu’il avait condensé dans cette étreinte.

Un immense pincement au cœur atteignit la jeune blonde. Son examen se transforma en vague d’empathie. Son exclamation et sa surprise se changèrent en regret et en désarroi. La nouvelle Varnier ne savait pas interpréter cette réaction. Était-ce parce qu’il avait tant d’affection pour elle qu’il se trouvait désolé de ne pas la voir heureuse en mariage ? Était-ce parce qu’il aurait aimé trouver quelqu’un de bien pour son amie d’enfance ? Loin de tout calcul ou d’analyse psychologique, Clarysse fut juste peinée de le voir si dérouté. Bien entendu que partager son sentiment avait eu un peu l’effet d’un soulagement. Elle qui avait scellé son cœur dans une armure qui l’avait plongé dans la plus sombre des dépressions. Néanmoins, la tranquillité de son ami n’était pas un prix à payer. Elle se retenait de s’élancer vers lui pour le rassurer comme elle l’aurait fait avec son frère ou… comme elle devrait le faire avec son époux. La Bieffoise se contenterait d’observer son expression et le voir s’effondrer sur le bord de son lit. Elle demeura droite et se mordit la lèvre inférieure pour se retenir d’un geste inconditionné. Elle en avait assez fait et ne désirait pas le plonger dans plus d’embarras. Alors, Clarysse se contenta de faire non de la tête, le regard baissé, et réellement désolée.
« Une femme ne choisit pas… D’autant plus quand on fait partie de ces femmes qui pensions que les Sept nous protègeraient quoiqu’il nous arrive. On en vient à se demander s’il y a un droit chemin. Voir même si la dignité dont nous avons fait preuve sert réellement à quelque chose. Dans tous les cas, nous finissons au même endroit et nous servons un seul dessein. »
Elle soupira et finit tout de même par s’approcher de Tavish. Elle se retint tout de même de s’agenouiller auprès de lui. Elle qui avait cette habitude de préserver la distance. Aujourd’hui, elle avait l’impression d’avoir besoin de garder un contact avec cet homme qui lui avait tant manqué. Comme s’il pouvait disparaître de nouveau. Ce freinage un peu brusque dû être remarqué par Tavish. Elle n’avait fait qu’un pas qui s’arrêtait net. Ses paupières se fermèrent, comme si elle ravalait ce geste. Être femme changeait bien des choses… Mais être dame ne changeait rien. Elle restait celle qui devait rester éloignée de tous ses désirs et qui ne maîtrisait pas sa vie. Alors, l’ombre de son âme s’exprima, l’autre Clarysse, celle qui avait été créée à Midburg :
« Nous commençons dans la couche et nous finirons de même. » déclara-t-elle sans censure. Une affirmation crue, fataliste, mais bel et bien lucide et dite d'un air implacable.

Elle rouvrit ses paupières et plongea son regard dans celui de Tavish.
« J’ose espérer que votre fiancée appréciera sa condition de femme. Je pensais être faite et née pour cela. Je m’enchantais à l’idée de mon mariage, mais, désormais, cette idée m’est insupportable. Je sais que vous, vous rêviez de bien des choses, sauf ce qui vous est arrivé. Vous qui n’imaginiez pas être héritier ou même marié à une jeune femme de bonne condition. Vous obtenez toutes ces choses et accomplissez votre devoir. Comme un fils béni. Cependant, moi, qui attendait le jour où j’embrasserais la condition de la Mère, moi qui faisais les louanges de ma famille, moi qui vous exprimais ma gratitude envers les Sept, me voilà devenue une fille bien ingrate… »
Elle secoua sa tête. « Une femme ingrate. »
Clarysse ne put s’empêcher de rougir quand elle vit Tavish s’approcher d’elle. Cette fois, ce n’était plus la surprise qui dominait le sentiment de son corps. Elle était paralysée par un sentiment bien plus haut et intense… Bien plus interdit. Son souffle se coupait quand il posait ses questions qu’elle écoutait que d’une oreille. Le seul fait qu’il soit près d’elle avait anéanti tout ce qui l’entourait. Ils n’avaient jamais été aussi proches. La bienséance aurait voulu que Clarysse recule d’un pas, mais elle ne put s’y résigner. Une sorte de chaleur se mit à habiter tout son corps. Ses joues s’embrasèrent davantage les mots de Tavish l’atteignait. Il lui fallut quelques secondes pour, enfin, réussir à lui répondre : « N… N… Non… Il a juste dit que, à son retour du mariage de Sansa Stark et d’Hoster Nersboc… Il… Il… J… J-e… Je devrais honorer le mariage de gré ou de force. ». Ils étaient trop proche. Elle aurait voulu trouver le courage de reculer et de redevenir l’innocente Clarysse, la fée d’un royaume sans souci comme Herbeval. Mais, elle le ressentait si fort, qu’elle ne pouvait plus le nier.

Ce n’était pas les hommes qui l’effrayaient mais bel et bien cet homme, si sûr de lui et si pressant. Ce bel et grand Ethan dégageait une confiance en lui qui écrasait la délicate fleur du Bief. Mais, quand c’était Tavish qui se trouvait si près d’elle qu’elle aurait pu sentir son souffle… Elle aurait voulu poursuivre. S’approcher davantage. Aucune terreur ne s’imprégnait d’elle. Désormais, Clarysse ne pouvait le nier… C’était évident. La couleur de ses joues, son souffle, son regard, son air ahuri, tout la trahissait : elle le désirait.
« Il… Il a été patient, je crois. Mais nous ne pouvons plus attendre. J’ai déjà vingt-deux ans. Nous… Nous allons devoir forcer les choses et les corps. » Elle retenait sa salive, ne sachant que dire d’autre. « Et… Qu’il me plaise ou non n’a jamais été la question. Seul son parti compte, comme me l’a déjà dit mon frère. Je… Je vous l’ai dit. J’aurais aimé… » Elle ne put finir sa phrase. Elle tourna la tête mais ne put se résoudre de faire ce pas en arrière.

HRP: le post a été édité au cas tu avais vu la première version. J'ai juste rajouté le dialogue de fin.
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MessageSujet: Re: Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen)   Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen) EmptyLun 27 Mai - 18:02

Retrouvailles de non-dits.
An 302, Lune 5, semaine 1


« Il a pris ce que j’aurais voulu te donner »
Les mots de Clarysse semblaient résonner encore dans cette pièce interdite qu’était sa chambre de jeune fille. Alors qu’elle niait l’avoir choisi, ce bieffois dont elle portait désormais le nom et les armes, Tavish tâchait de comprendre. Pourquoi, dès lors, ne lui avait-elle pas dit plus tôt ? Pourquoi avait-elle feint de se réjouir de ce mariage futur ?

Peut-être était- ce pour les mêmes raisons qu’il avait feint de s’en réjouir pour elle quand pourtant, chaque fois qu’il lisait le nom de ce fiancé sur les parchemins en provenance d’Herbeval, son cœur se serrait dans sa poitrine, souffrant de devoir renoncer à des rêves inaccessibles et de ne pas être cet homme qui la verrait marcher au bras d’Elbois jusqu’à lui, vêtue d’un vert clair qu’elle abandonnerait pour un vert plus foncé. Mais, le poing de la frustration relâchait son emprise lorsque Tavish tâchait de ne point penser égoistement. Clarysse allait être heureuse. Là, dans le Sud, proche d’une famille suzeraine, avec cet homme qu’elle semblait apprécier. Cela avait été sa seule consolation dans ce déchirant abandon de ses fantasmes vains ; elle avait choisi cet homme parmi d’autres prétendants. Elle voulait être avec lui. C’était un choix qu’il devait respecter. Elle l’avait choisi.

Une femme ne choisit pas, avait-elle dit.

Tavish baissa les yeux. De son côté-là, il avait toujours eu le choix. Parmi toutes les femmes, il pouvait choisir. Deux catégories de femmes seulement lui avait été refusées. Les nobles et les dorniennes. Le premier interdit, il n’avait jamais désiré le briser. Le deuxième en revanche, avait été la curiosité de son jeune âge. Sachant pertinemment qu’il ne pourrait jamais épouser une dornienne et qu’un interdit tacite planait sur lui quand à en fréquenter une de trop près, il avait souvent laissé les chansons bercer son imaginaire masculin, se demandant si tout cela était vrai, ce que l’on disait à leur sujet ; étaient-elles de si incroyables amantes ? Etaient-elles si différentes des autres femmes ? Il l’avait découvert un jour, par hasard et par chance, une chance qui semblait le poursuivre dans bien des domaines, lui refourguant sur les épaules la pesante responsabilité de s’en montrer redevable.

Si le premier de ces deux interdits ne l’avaient jamais attiré plus que de raison, c’était qu’il n’avait rien d’attractif. Trop souvent enfermées dans une hypocrite bienséance, écrasées sous le poids de l’étiquette, inintéressantes par leur transparence et leurs permanents rôles de figuration, les nobles jeunes filles ne créaient pas, en général, chez le jeune adolescent qu’il était la moindre fascination ou curiosité.
Clarysse n’était pas bien différente de ces jeunes filles nobles. Demandez à un autre bâtard ce qu’elle a de plus que la fille d’un autre seigneur. En dehors de sa beauté, n’était-elle pas aussi timide, aussi réservée, aussi effacée que les autres ? Qu’avait-elle de différent alors ? Tout. Elle était unique parce que son cœur l’avait décidé ainsi. L’amour.

L’ironie de la situation lui aurait presque donné envie de rire de rage. Non pas contre Clarysse. Mais contre le monde, contre R’hllor peut-être même, pour tester ainsi les hommes et les mettre devant les plus difficiles des choix, ces choix impossibles, infaisables, ces choix qui leur donnent l’impression qu’ils n’ont pas le choix. A la place, il resta ainsi silencieux, les yeux rivés sur le sol et ne les releva qu’au moment où Clarysse parla de manière à nouveau si funeste. Ces paroles réconfortantes qu’ils s’étaient répétées selon lesquelles Clarysse était heureuse et que c’était donc mieux ainsi, ces sourires qui s’étaient malgré tout timidement dessinés sur son visage quand l’amour pur et simple se débarrassait de la jalousie et qu’il s’imaginait capable de sourire sans regret en la voyant embrasser son époux, heureuse et sincère…Tout cela s’était envolé et avait laissé un vide. Que lui restait-il désormais pour se montrer réconfortant face à cette jeune femme qui parlait plus tristement que jamais ?

« Ne dites pas cela…», formula-t-il malgré tout. Mais cette réponse, dite d’un air absent, avait tardé et sans doute Clarysse l’avait-elle remarqué. Repensant à sa mère morte en couches, à Alyssa emportée par la peste qui l’avait rapidement terrassée alors qu’elle venait de donner la vie, Tavish répèta pourtant ces mêmes-mots avec plus d’assurance dans la voix cette fois. « Ne dites pas cela. »

Non, elle ne pouvait dire cela. Il refusait d’imaginer qu’elle puisse quitter ce monde comme elle avait quitté ses rêves inavoués. Non. Il ne le permettrait pas. Devant l’idiotie de sa réflexion, il en voulut encore plus à R’hllor. Son impuissance le faisait bouillonner. Il ne pourrait rien faire, oui, bien sûr. Que pouvait-il faire ? Rien. Seul R’hllor pouvait. « Il ne permettrait pas que R’hllor le permette. », dans ce cas. A nouveau frappé par l’idiotie de sa pensée comme par le blasphème qu’elle comportait, il secoue la tête. Malgré son impuissance avérée, il nie une telle idée. Il ne veut pas penser à cela.

Cette fois, le sourire nerveux et ironique lui échappe. Si Clarysse, qui se réjouissait de tout cela, a déchanté, que va-t-il advenir de Shoren ? Cette idée de mariage lui est déjà insupportable et sa condition de future épouse d’un ancien bâtard et d’un adorateur du feu la révulse probablement. Leur mariage semble déjà n’être qu’une vaste blague prédestinée à un échec que Tavish veut pourtant à tout prix éviter. Une blague, c'est cela. Tout cela est une cruelle plaisanterie.

« Vous n’êtes pas une femme ingrate. »
Ses mots sont assurés et dépourvus de la moindre hésitation, presque comme s’il lui interdisait de penser une telle chose. Se rendant compte du manque de douceur de ses mots, il tâche de se rattraper. « Vous ne l’êtes pas. », dit-il plus calmement en ancrant un regard doux dans le sien. Très vite pourtant, il doit détourner les yeux. Si Clarysse est une femme ingrate qui est il, lui, le bâtard qui a tout obtenu sur les malheurs de Byron, d’Erich, d’Alyssa, de Lorent, sans jamais avoir rien fait pour s’élever ainsi ? Quel homme est-il, lui qui va épouser une jeune fille de seize ans et qui, malgré la peine retentissante dont Clarysse lui fait part en lui témoignant de sa réticence à l’idée d’honorer son devoir conjugal, s’entend penser qu’il devra honorer et le sien et que Shoren aussi ?...

A moins que ? Tavish s’est levé, pensant qu’il pourrait y avoir autre chose. Inquiet à l’idée qu’Ethan soit tout simplement un homme violent, indigne de la fleur délicate qu’est Clarysse. Mais non. Clarysse le lui assure, ce n’est pas le cas.
Ce qu’Ethan fait subir à Clarysse n’est donc pas plus horrible que ce qu’il devra peut-être faire subir à Shoren ; le poids du devoir. Quel horrible mot, en cet instant. Le devoir. Et quelle horrible constatation ; il ne vaut visiblement pas mieux que cet homme qui semble avoir fait de Clarysse le spectre d’elle-même. Nul monstre ne se cache derrière le nom d’Ethan Varnier, nul gargouille capable de le faire sentir plus digne par l’effet de la comparaison. Est-ce cela qu’il s’apprête à faire de Shoren ?

« J’aurais aimé… »

Leurs corps sont attirés l’un vers l’autre comme par l’effet d’une mystérieuse force phyisque. Le désir, Tavish l’a déjà connu. Mais il n’est pas question que de désir, en cet instant.

Elle est là, la femme qu’il a toujours voulu rendre heureuse. Elle est là et elle est malheureuse par son absence, par la distance qui s’est créée entre eux, par les liens qui l’unissent à un autre et par les responsabilités qui le retiennent ailleurs. Elle est là, cette noble jeune fille qu’il n’a jamais eu le droit d’aimer et que son cœur a pourtant choisi, sans qu’il ne sache vraiment pourquoi, sans qu’il ne puisse le comprendre.
Le cœur a ses raisons….

Elles sont là, ses secondes décisives. Il les reconnait. Elles ne préviennent pas lorsqu’elles arrivent et elles ne restent pas longtemps, fugaces comme le passage d’un printemps trompeur, mais elles peuvent tout faire basculer, d’un côté comme de l’autre et n’acceptent pas l’immobilisme. Ces secondes là ne laissent que deux choix.
« Moi aussi… », avoue-t-il. Son regard fixe ses lèvres. Elle a détourné la tête mais n’a pas reculé. Elle est toujours là, si proche de lui. « Je l’ai toujours voulu, même quand je n’avais pas le droit de le vouloir. », dit-il. Il ose poser sa main sur sa joue et remonte vers ses cheveux blonds comme le blé. Mais à quoi bon lui dire cela ? Non, il doit se taire. C’est trop tard maintenant, n’est ce pas ? A quoi bon ?...

L’amour. Le devoir.
L’amour. Le devoir.
L’amour. Le devoir.


Pourquoi sont-ils si incompatibles ?

S’il cède à l’envie de l’embrasser, comment fera-t-il ensuite pour se détacher d’elle alors que leurs deux corps semblent crier silencieusement ce désir mystique de se rapprocher et de communier pour ne faire qu’un ? Il ne pourra pas…Ils ne pourront pas…

« Et si je n'apprécie point les promesses, car si peu souvent sont-elles tenues, puis-je tout de même vous demander de m'en faire une? Celle de continuer à me faire preuve de la même honnêteté dont vous avez fait preuve ce soir. Et je vous fais la même promesse en retour. »

Les mots de Lady Shoren reviennent frapper sa conscience du devoir. Peut-être aurait-il souhaités ne point les entendre, ne point s’en rappeler en cet instant où tout lui dit de céder à son désir et de faire taire sa raison…Mais, il les a entendus. Il a donné sa parole. S’il cède, il ne pourra le nier. Or, voilà une chose qu’il ne pourrait avouer à sa future épouse. Cela détruirait le faible équilibre qu’il a tenté de construire durant leur première rencontre. Un équilibre extrêmement fragile, basé sur une seule chose, la seule chose que Shoren a avoué apprécié chez lui ; son honnêteté.
Sa main quitte le doux contact de sa peau et c’est de toutes ses forces qu’il s’arme pour prononcer les mots qui suivent.
« …mais c’est trop tard. Nous ne pouvons pas… »

Comment un homme si passionné que lui se retrouve-t-il à agir ainsi ?

Un nom. Un titre. Un poids. Ainsi, c’est donc cela, être noble ?

Il soupire. Son regard a quitté celui de Clarysse pour s’ancrer sur le sol. Quelle horrible sentence. Qu’il déteste devoir la prononcer. Quelle est grande sa propre déception, en entendant son propre verdict. Comment dès lors pourrait-il regarder en face celle de la femme qu’il aime ?

*

HRP : Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen) 1608107938


Armes intactes Rêves brisés •
La vie, il l’avait remarqué, avait parfois un cruel sens de l’ironie. Autrefois, il devait se taire car il était un Storm. Aujourd’hui, il le devait parce qu’il était un héritier. 

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MessageSujet: Re: Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen)   Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen) EmptyMar 28 Mai - 0:15

Retrouvailles de non-ditsSpasmes et regrets
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Cafferen
Clarysse
Varnier
Comment penser autrement quand on ne connaît que souffrance à chaque levée du soleil et qu’on a l’impression que la nuit s’est éteinte avec nos rêves ? Que fait-on quand on n’a pas la force d’esprit de penser autrement que ce petit bonheur qu’on s’est imaginé et qu’on a repassé en boucle dans nos flâneries juvéniles ? Comment avoir la largesse d’esprit d’imaginer que la joie puisse se trouver dans une autre entité ? Clarysse avait trop le cœur empli d’émotions, ces derniers temps, pour lever les yeux vers le ciel et comprendre le destin que lui offrait les Sept. Ce jour-là, elle n’était que tristesse et il état fort probable qu’elle regrette d’avoir tant dévoilé son cœur à Tavish. Mais, en même temps, il ne pouvait en être autrement. Tout ce qui avait été enterré par son éducation et son devoir ressortait à la vue de cet amour perdu.

Ce jeune homme avait toujours su la rassurer dans ces moments où l’avenir semblait incertain. Clarysse avait toujours rêvé d’une vie simple : honorer sa famille et les Sept. Elle avait été éduquée ainsi. Avoir cultivé de tels sentiments l’embrasait car elle ne pouvait contrôler cette passion dont elle ignorait tous les rouages. Herbeval avait toujours été un lieu de dignité et de convenances. Comment aurait-elle pu apprendre à contrôler son cœur ? Elle se sentait si coupable et désespérée. Les mots de son frère, bien qu’ils eussent été plus que bienveillants, et qu’elle savait à quel point cela avait dû lui coûter de comprendre son mal-être, n’avaient pas suffi à apaiser son ardeur. Tout n’avait pas été dit et Clarysse le sentait bien. Elbois n’était pas Tavish. Cette simple phrase de celui qui avait toujours su rendre les choses plus légères à Herbeval avait permis à Clarysse de sourire. Un de ces sourires tristes qui annoncent pourtant que toutes joies n’a pas disparu dans un être. Pourtant, la jeune bieffoise se sentait honteuse et ingrate d’avoir cultivé de tels sentiments au point d’avoir permis des rumeurs à Midburg. Le départ de son époux pour Corneilla avait signifié un soulagement, comme son retour dans son fief natal, mais, également, l’échec. La jeune dame sentait que dans son obstination à ne pas changer de perspective, elle ne vivrait jamais pleinement heureuse. Dans cette contrainte du « et si… », la jeune fille ne voyait plus d’avenir. Heureusement, cette présence orageoise qui avait su radoucir son cœur savait encore si prendre pour apaiser ses tourments.

Cette familiarité demeurait comme une évidence. Clarysse ne connaissait pas cette spontanéité et ne savait pas comment gérer toute cette émotion. Cette amère certitude habitait l’esprit de la jeune mariée : les gestes sont plus chauds et plus rassurants avec son chevalier. Rien n’avait prédit ce dénouement. Au départ, elle était plus que mal à l’aise en la présence du bâtard de Bourgfaon. Comment le nommer, lui qui n’est pas noble mais mangeait à la table du seigneur ? Devait-elle le saluer aussi allégrement que ces frères, lui qui partageait les entraînements de son aîné ? Pouvait-elle lui adresser des sourires, lui qui était un jeune homme et, elle, une jeune femme ? Peu de temps après le départ de son chevalier pour d’autres aventures, Clarysse avait eu l’occasion de séjourner à Hautjardin auprès de sa cousine et d’autres dames de sa condition. Elle se savait ignorante et maladroite avec le sexe opposé et les jeux courtois qui ont toujours animé la cour. Ces jeux sans dénouement qui ne servent qu’à charmer pour obtenir des grâces et ensuite mieux intriguer ne l’intéressait pas. Là-bas, la jeune bieffoise avait pu observer également qu’elle pouvait, et même devait, aspirer à un mariage bénéfique pour elle et sa famille. L’union de la fleur et de l’hermine était inespérée et une très belle occasion. Ce malheur était une boule dans son estomac, impossible à démêler ou à comprendre. Cette facilité qu’elle avait à s’adresser à Tavish, créée petit à petit, au fil des sourires, des discussions, persistait malgré les années… Il était le seul à pouvoir l’écouter parler des fleurs qu’elle cultivait avec passion et acharnement sans se montrer lasser. Il était le seul qui semblait ne pas la trouver ennuyeuse ou dénuée de sens. Elle aurait voulu franchir cette évidence. Ce pont qui n’existait pas entre elle et Ethan Varnier. Tavish était de ces personnes qui savaient se montrer accessibles. Alors, pour Clarysse, il était devenu bien plus que le bâtard de Bourgfaon.

Elle avait pu se montrer hautaine dans ses lettres, surtout quand elle revenait de son séjour à la cour des roses. L’influence des dames de Hautjardin avait terni une partie de son innocence. Et puis, Clarysse avait été élevée pour avoir ce genre de rêves. Pourtant, il était et restait son « bien aimé Tavish ». Cette personne auprès de laquelle, toutes ces valeurs qu’on lui avait inculquées n’importaient peu. Elle pouvait être Clarysse. De la Nouë, Varnier, peu importait. Durant ces heures passées dans le jardin d’Herbeval, quand le jeune homme et la jeune fille se retrouvaient pour un échange de sourire et de banalités, elle était une bieffoise naïve et pleine de vie qui portait un regard ému sur la vie. Puis, de retour à table, pour le dîner, elle respectait l’austérité qu’on imposait à ceux qui devaient vivre dans le respect des Sept et de la noblesse. Leur condition n’avait d’intérêt que cette existence qui se voulait au-dessus des autres, parfois… du moins pour la jeune blonde… malgré eux.

Puis, vint cette phrase fatidique. Celle qui lui arracha le cœur. « Moi aussi. ». Ce sentiment d’incompréhension et d’incertitude se démêlait enfin. Cet amour si improbable et si primaire était partagé. Clarysse ne put retenir une expression de stupeur et d’émotion. Une larme coula le long de sa joue pâle. Le touché du jeune homme lui brûlait les lèvres et l’âme. Elle aurait voulu lui répondre. Lui rendre ce sentiment de communion et de compréhension. Pourtant, elle était paralysée. Aucun mot ne vint se poser sur ces lèvres, car c’était inutile. De toutes manières, elle en aurait été incapable. Dans leurs regards, ils savaient tout deux qu’ils étaient fautifs de cette croisée des chemins qui n’eut jamais lieu. Ils savaient comment le monde les avaient arrachés de ce jardin d’Herbeval, un été de l’année 295. Cet été avait laissé place à un hiver qui semblait sans fin ; et le souvenir s’effacerait avec le retour des bourgeons.

Cette vérité la blessait et lui procurait en même temps le plus grand des bonheurs.
Puis, elle intensifia son regard, presque résignée. Du moins, autant que la phrase qu’il lui sortit. Clarysse avait l’impression de sentir encore son touché sur sa joue. Ce touché qui a frôlé sa larme et ses cheveux. Tavish regardait le sol et elle ne pouvait rester de marbre face à cette révélation. Elle attrapa les mains de Taivish et plongea son front sur son torse. Un sanglot lui échappa. Quelques secondes passèrent où les deux amoureux restèrent plongés dans le silence d’Herbeval. Puis, la fraîchement Varnier rompit le silence empli de regrets :
« Pourquoi, alors, n’êtes-vous jamais venu me chercher ? » Elle renifla et leva un visage strié par les larmes vers l’Orageois de son cœur. « Je n’espérais que cela… » Elle reprit, à bout de souffle, presque paniquée ou énervée « Que sous l’information qu’Elbois cherchait à me marier et me présentait des prétendants, vous viendriez demander ma main. » Elle secoua sa chevelure blonde, vraiment abasourdie et malheureuse de voir ces destins croisés. « Je pensais, donc, que mes rêves de jeunes filles n’étaient que des illusions; des tours de ma naïveté, comme beaucoup aiment à me le rappeler. Alors, j’ai cru que mes sentiments étaient une erreur de ma nature et de mon cœur, que jamais personne ne comprendrait, que j’étais ridicule et que toute cette histoire que je me racontais en boucle n’était qu’absurdité. »
Un long soupire lui échappa et elle se calma. Un dernier reniflement, elle relâcha les mains de son aimé et recula enfin. Le regret fit place à la résignation.
« Je pensais qu’une dame de ma condition ne pouvait pas… ne devait pas… Mais, au fil des lettres… Ce manque après votre départ... » Elle était confuse, perdue dans ses souvenirs de petite-fille. Elle se voyait se raconter cette histoire, puis la niait, puis la retrouver vivace quand elle ouvrait un parchemin qui venait de son chevalier. « Je n’ai jamais voulu quitter Herbeval. Je souffre d’être loin de ceux que j’aime et de ce lieu qui contient mes plus beaux souvenirs. Mais, le quitter auprès de vous, aurait été le plus doux des déchirements. » Elle ferma les yeux, souffrant d’une douleur invisible et émotionnelle. « Ne plus pensez à vous a été la plus difficile des batailles… Et je la mène encore. Tout cela dépasse la raison. »
Clarysse se tourna vers Tavish, le défiant presque du regard.
« Quand vous m’avez annoncé que, vous aussi, vous aviez un projet de fiançailles… J’ai inventé cette histoire qu’un Ethan Varnier me plaisait. Mais, il n’est même pas venu à Herbeval. Je n’étais même pas là pendant les négociations. Il s’agissait d’un émissaire. J’ai rencontré Ethan à Midburg, dans ce grand château où l’air sent le sel et les fleurs. Il était si… Tout ce que j’aurais aimé si je ne rêvais uniquement d’être au bras d’un homme galant et puissant. Mais… J’ai appris la douceur à Herbeval… Ainsi qu’auprès de vous. »
Puis, elle cessa de le toiser et se radoucit. Un rictus qui symbolisait toute cette tragi-comédie lui vint aux lèvres. Elle était si désarçonnée et horrifiée de sa situation qu’elle en venait à la trouver ironique. Clarysse était à deux doigts de perdre pied. D’une voix qu’on ne lui connaissait pas, elle lâcha, tel le venin du serpent : « Je suppose que c’est de ma faute. Je mérite mon sort. J’ai péché en vous désirant et en oubliant mon devoir. »

Puis, elle perdit pied et en vint à s’asseoir sur le lit. Son regard vide fixait le sol.
« Comment aurais-je pu oser vous dire cela sans passer par ces mois de frayeurs et de solitudes à Midburg ? »
Le triste spectacle auquel assistait Tavish devait le perturber. Clarysse, dans sa déprime, avait ces sauts d'humeur qui ne lui appartenaient plus. Cette panique et cette inquiétude qui avaient pris la place de son innocence, se révélaient de plus en plus. Elle jouait seule la pièce de théâtre. Tavish ne pouvait qu'espérer la rassurer. Quant à elle, ses pensées et ses regrets embrouillaient son esprit et elle se trouvait incapable de penser. C'était comme si son destin et son corps ne lui appartenait plus. Tavish... Ethan... Plus rien n'avait de l'importance... Clarysse sombrait. Son séjour à Midburg l'avait éteinte. Elle craignait que ce ne soit pour toujours.


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MessageSujet: Re: Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen)   Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen) EmptyMar 28 Mai - 12:47

Retrouvailles de non-dits.
An 302, Lune 5, semaine 1


Les bras de Tavish entourent Clarysse dans une étreinte silencieuse, seulement brisées par les sanglots étouffés d’une jeune femme désespérée. Son regard glisse vers la porte, toujours ouverte. Il se rend compte qu’il n’en a plus rien à faire qu’on les trouve ainsi. Il devrait en avoir quelque chose à faire. Il n’est pas noble depuis deux ans qu’il en a déjà marre de faire ce qu’il doit. Plus que jamais, il comprend son père, lui qui n’a jamais voulu devenir seigneur. Lui qui, le devenant, s’est transformé en un autre homme, perdant sa tendance provocatrice, ses sourires permanents, sa passion. Ecrasés par le poids du devoir. Il soupire tout en lui caressant les cheveux. Elle l’aime aussi. Désormais, il le sait, il ne peut l’ignorer et pourtant il ne peut plus rien en faire.

Son regard empli de larmes capte le sien quand soudain elle lui pose la question fatidique. Elle semble en colère face à cette inaction qu’elle ne comprend pas, cette inaction qui en réalité n’a pas existé. Car Tavish est venu à Herbeval avec cette idée de la demander en mariage. Il s’en souvient sans peine dans les détails, comme si cela s’était passé la veille. Il se souvient de son état d’esprit, de la joie qui emplissait son cœur. Il peut presque encore la ressentir alors qu’elle prend aujourd’hui le goût amer du regret car ce qui suivit n’apporta que déception. Légitimé, il était maintenant autorisé à rêver d’elle. Il entrait dans ce monde qu’il avait effleuré de ses doigts et il pouvait l’amener dans le sien, dans son fief, dans sa vie.

Combien de fois, en regardant Clarysse, avait-il pensé « Ah, si je n’étais pas un Storm… » ? Oh et pourtant, il ne détestait pas être un Storm. Il avait accepté sa condition, il s’en jouait plus qu’il la maudissait, il l’avait embrassée pour qu’elle ne puisse plus le blesser. Mais pour Clarysse, que n’aurait il rêve de porter un nom plus prestigieux que le sien ? Alors oui, évidemment, lorsque cela était arrivé, il avait immédiatement pensé à elle. Il y avait presque vu un signe de son nouveau dieu qui le poussait dans les bras de cette femme, un signe du destin qui lui permettait d’aller chercher cette fleur défendue qui maintenant lui était accessible. Et en quittant Port-Réal et le roi Rhaegar, il n’avait plus pensé qu’à cela. Sur la route, il avait imaginé leur mariage et leur bonheur. L’amour qu’il avait à donner était sur le point d’exploser maintenant que la perspective de pouvoir le libérer exister. Il avait eu envie de lui offrir milles présents et milles baisers, pour rattraper toutes ces lunes où il avait du s’y refuser.

Et Elbois avait dit non. Il avait dit non en raison du statut mais il avait également ajouté que Clarysse avait déjà des prétendants, dont un qui lui plaisait. La colère de Tavish avait été aussi grande que sa déception, seulement très peu de temps après, Elbois avait perdu sa fille et le jeune homme avait mis de côté sa rancœur pour le soutenir dans cette épreuve. Et là, Clarysse avait déjà changé. Plus distante, plus froide, il crut qu’elle avait en effet décidé de s’éloigner de lui car un autre occupait ses pensées. Cela faisait sens au vu de ce que lui avait dit Elbois. Tavish ignorait que c’était son départ précipité d’Herbeval, sur le coup de sa colère, qui était à l’origine de la froideur de Clarysse. Et lorsque leur correspondance s’était faite plus espacée et moins intime, de même, il avait pensé qu’il ne servait à rien de revenir discuter avec Elbois. Qu’il devait accepter le choix de Clarysse et la laisser tranquille puisqu’au fond, de toute façon, elle ne partageait pas les mêmes sentiments.

A la question « pourquoi n’est il pas venu la chercher », Tavish s’apprêtait à répondre.
« Je… »
C’est le seul mot qu’il a le temps d’articuler car déjà Clarysse reprend, la respiration haletante. Je suis venu, s’apprêtait-il à dire. Une révélation, qui, il s’apprête à la découvrir, serait peut-être bien plus lourde de conséquences qu’il ne peut le penser.

Il écoute Clarysse lui dévoiler ses sentiments et se reconnait dans les batailles qu’elle lui dit avoir mené et mener encore. Tracer un trait sur son nom, enterrer ce rêve de bonheur partagé dans l’union d’un même nom…Cela avait été plus que difficile. Il croyait y être parvenu enfin car il pensait Clarysse heureuse avec son époux. Mais apprendre qu’elle ne l’était pas avait ravivé toutes les douleurs et relancé le combat.
Alors que Clarysse lui fait face, le défiant presque du regard, mise en colère par sa douleur et sa déception et qu’elle lui dit que ce prétendant n’est pas venu à Herbeval, il percute enfin.
Elle ne l’avait pas rencontré de prétendant qui lui plaisait. Pas avant Midburg…

Elbois lui avait menti.

Le choc est immense alors que sans doute, il ne devrait pas l’être. Tavish a toujours aimé cet ami qu’il considère comme un frère mais il lui connait des défauts. Elbois n’avait pas été des plus honnêtes ce jour là. Il avait un peu tourné autour du pot, alors que ce qu’il tentait de ne pas dire tel quel pour ne point le vexer se lisait sans peine dans ses hésitations et sa gêne. Il était un ancien bâtard, c’était bien là le seul problème. S’il était né Cafferen, alors il n’y aurait pas eu d’opposition. C’était ça, le seul problème. Cependant, quand il avait ajouté que Clarysse avait de toute façon déjà un prétendant qui lui plaisait, Tavish ne s’était pas douté qu’il s’agissait d’un mensonge. Pourquoi Elbois mentirait-il là-dessus ? Pourquoi inventer cela, alors que déjà il venait de lui refuser sa proposition ?

Oh mais peut-être parce qu’il savait qu’elle dirait oui. Peut-être parce qu’il savait que Clarysse l’aimait lui. Peut-être parce qu’il savait que la seule chose qui le détournerait complètement de cette idée, qui tuerait dans l’œuf le risque qu’il revienne avec la même idée en tête, pour insister, était qu’il sache qu’en se faisant, il la mettrait dans l’embarras et nuirait à son bonheur. Un bonheur avec un autre qui n’existait pas. Un bonheur factice. Un mensonge.
Les mensonges d’Elbois et de Clarysse s’étaient regroupés pour ne faire qu’un. Ils s’étaient complétés et étaient devenus ainsi plus vrais que nature. Une énergie destructrice est venue se longer dans les extremités de son corps. Il sent le besoin de s’en débarrasser. De frapper dans quelque chose. De détruire un pan de mur, un objet, peut importe. De détruire comme sa confiance vient à nouveau d’être détruite.

C’est comme s’il étouffe. L’air de cette pièce semble s’être empli de souffre. Il a besoin de sortir, de marcher…De le confronter.

Qu’il lui ait menti, qu’il est dit qu’elle avait d’autres prétendants pour qu’il puisse plus facilement faire le deuil de cette idée…C’était une chose. Mais s’il lui avait menti en connaissance de cause…S’il lui avait menti en sachant que leurs sentiments étaient partagés, en ayant repéré des signes qui le montrait. Là…
Ses mains viennent exercer une emprise sur son crâne alors qu’il ne peut plus supporter cet immobilisme et avance vers un mur, de dos à Clarysse. Le mur l’appelle, il a envie d’aller se rompre les phalanges contre lui. Pour ne pas exploser et lâcher des mots qu’il pourrait regretter. Il est venu. Elbois lui a laissé entendre qu’elle en aimé un autre. Son menton se baisse, sa tête s’enfouit dans ses mains.

IL EST VENU ! ET ELBOIS LUI A MENTI !

Il se retourne d’un seul coup lorsqu’il l’entend cracher que cela est sans doute de sa faute, sur un ton des plus acerbes, qui sans doute, cherche à faire vibrer en lui la corde de la culpabilité de cette inaction passée. Il secoue la tête, ayant revêtu lui aussi ce rictus tragi-comique qui ne lui ressemble pas mais qui est l’œuvre de la colère, et s’apprête à prouver son innocence en accusant un autre.
« Non, non…Ce n’est pas de votre faute… »
Il commence cette phrase avec de la rancœur dans la voix sur un ton qui laisse à penser qu’il va bientôt dire de qui est ce la faute.

Elbois.

Il a refusé. Il a dit qu’il n’accepterait pas, qu’il ne le pouvait, et que cela jetterait un froid sur leurs deux familles. Ce que ni l’un ni l’autre ne voulait.

Il a refusé. Il a dit que ce n’était pas ce que son père aurait voulu pour Clarysse. Qu’il devait lui trouver le meilleur des partis.

Mais surtout, il a refusé. Il a inventé qu’elle en aimait un autre.

Il a envie de le crier. Pourquoi ne le fait-il pas, alors ? Sans qu’il n’en aie encore compris la raison, une censure s’exerce sur ses mots alors qu’il voit Clarysse tressaillir. Cet air plein de rancœur qu’elle a tenté un instant de se donner, elle ne peut le revêtir très longtemps. La réalité remonte à la surface. Ce que son esprit n’a pas encore assimilé, son cœur l’a ressenti. S’il lâche ça maintenant, s’il laisse sa colère exploser et ses soupçons éclater sans filtre, ce sentiment de trahison qu’il ressent actuellement, Clarysse le ressentira alors elle aussi. Et elle n’a pas besoin de ça. Elle n’a pas besoin de perdre confiance en son frère. Pas maintenant. Pas comme ça.

Sa phrase se fige et lentement il cesse de secouer la tête de droite à gauche. Sa main vient couvrir sa bouche derrière lequel ce rictus d’ironie s’est évanoui pour laisser place à une autre émotion.

Il pense alors à la protéger plus qu’il ne pense à lui montrer qu’il la protège. Son silence peut paraître agaçant. Son attitude semble sans doute suspecte à Clarysse. Il semble en colère, il semble savoir quelque chose. Pourquoi a-t-il fait non de la tête pour ne rien expliquer ensuite ? Parce qu’il ne peut pas veiller à tout. Il doit déjà veiller à se taire et cette tâche réclame toute ses forces mentales. Il n’a pas pu, en même temps, veiller à son apparence.

« J’ai besoin de sortir un instant…Je suis désolé… », l
âche-t-il avec regret avant de quitter la pièce. Que cela peut paraître lâche et que cela pourtant lui réclame du courage.

Il doit parler à Elbois. Tout de suite.
*

HRP :
Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen)   Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen) EmptyMar 28 Mai - 14:58

Retrouvaille de non-ditsBlessée sans le savoir
Tavish
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Tout se brouillait. Plus rien n’avait de conséquences. Le corps de la jeune bieffoise semblait épuisé et vidé. Elle ne savait plus comment réagir. Il aurait pu s’écrouler sur ce lit ou elle aurait passé le reste de la journée blottie dans un néant. Elle garda son regard plongé dans un point indéfinissable. Tout était remonté comme une vague qui avait submergé le reste. Désormais, certaines choses lui paraissaient évidentes. Ce sentiment de vide complet lui était étranger depuis bien une année désormais. Rien ne semblait pouvoir la sortir de sa torpeur.
Pourtant, l’énergie de Tavish à ses côtés se faisaient de plus en plus intense. Alors qu’elle sentait la tension descendre en elle, elle fut surprise de sentir celle de son chevalier monter en flèche. Jamais la jeune bieffoise n’avait vu son ami réagir ainsi. Lui pourtant si calme et si capable de tourner toutes les situations à la légèreté et à la douceur semblait ne pas savoir se détacher de ses émotions. A vrai dire, quand elle vit la mâchoire de l’Orageois se crisper, elle prit peur. Elle se trouvait exténuée, mais Tavish persistait dans une colère qu’elle ne comprenait pas.
Clarysse regretta cette conversation, amèrement… Elle n’aurait jamais voulu susciter de telles émotions au chevalier qui habitait son cœur. Même Ethan, lorsqu’il était venu dans ses appartements l’enquérir de son projet d’aller dans le Conflans sans elle, n’avait pas réagi ainsi. Il avait un regard dur et sévère, il semblait à bout, mais en même temps contraint. Même le chevalier d’hermine, qui avait toutes les raisons du monde d’être en colère contre sa femme, n’avait pas eu ses membres et muscles aussi crispés par l’emportement.

« T-Tavish. » essaya-t-elle pour ramener l’Orageois dans la chambre de la jeune fille.

De plus, plus l’exaspération s’intensifiait dans la pièce, plus les deux amants interdits risquaient de se faire surprendre. Même si Clarysse s’était faite portée pâle.

« T-Tavish… Je vous en prie, que se passe-t-il ? »

Sans réponse de sa part, la belle blonde se sentait emplie de panique. Elle avait envie de se confondre en excuses. Que les Sept lui viennent en aide. Jamais elle n’aurait dû souhaiter un amour hors mariage. Jamais elle n’aurait dû souhaiter la disparition de son époux. Jamais elle n’aurait dû mettre son très cher ami dans une telle situation. La culpabilité lui remontait dans la gorge. Comment le calmer ? Elle ne possédait pas ce talent de déjouer les émotions par l’humour. Si Elbois était là, peut-être aurait-il pu attendrir son ami et lui dire que sa sœur n’était qu’une écervelée qui espérait plus que ce qu’elle avait déjà.  Mais, Elbois ne devait jamais savoir que Clarysse avait dévoiler tous ses sentiments à son ami. Il ne fallait pas qu’il voit leur état respectif. Elle se dit qu’elle avait dit des choses déplacées. Peut-être qu’ils auraient pu être heureux si elle avait avoué sans détour ses sentiments à Tavish. Elle était la seule responsable de son destin. Des paroles lointaines revinrent à son esprit. Elle se souvient d’une puissante dame du Conflans qui l’avait prévenue de ce qui arrivait aux jeunes filles qui se laissaient porter par les hommes. Leur destin ne leur appartient plus. Alors, la bieffoise s’en voulait d’avoir accusé Tavish. Son empathie ne supportait pas de le voir dans cet état.

« Ser Tavish, je vous en supplie… Je regrette ce que j’ai dit ! Répondez-moi. Ce n’est pas de votre faute. J’aurais dû vous dire ce que je ressentais sans détour. Mais, à l’époque, j’avais l’impression que toutes les décisions qu’on prenait pour moi seraient les bonnes. J’étais indécise. J’avais l’impression que je n’avais pas mon mot à dire. Mais, désormais que je suis mariée, je me rends compte qu’une dame peut agir en faveur de son destin par d’autres voies… J’aurais dû être bien plus courageuse. S’il vous plaît, calmez-vous. Je regrette mes propos. »


Mais, le chevalier déboula et sortit de la chambre. Clarysse n’osait pas le suivre dans cette voie. Les serviteurs risquaient de les surprendre. Elle s’était faite portée pâle et le château savait que la dame de Midburg était arrivée à Herbeval très mal au point. La voir ainsi suivre Tavish aurait trahi les deux amis. Elle resta muette et démunie. Pourtant, un accès de colère la prit de cours. Les paroles de Liane Vance résonnait dans sa mémoire, plus réelle que jamais.
Alors, elle se leva du lit. Bien que décoiffée et le visage meurtri par les larmes, elle attrapa la manche de son chevalier alors qu’il était sur le parvis de sa chambre. Elle ne pensait pas au bonheur si personne ne le voit sortir ou le malheur s’ils étaient surpris.

« Revenez me dire au revoir. Je ne veux plus qu’on soit des étrangers l’un pour l’autre comme durant ces dernières lunes. Réfléchissez. Je comprends que je vous ai mis dans l’embarras. Je le suis, moi aussi. Mais je ne vous en veux pas. Au contraire. J’ai besoin de vous. Ne me quittez pas comme ça. Promettez-moi de revenir ou si vraiment vous désirez quitter Herbeval, par ma faute, j’attendrais votre lettre quand vous serez prêt. Ne me laissez plus… Ser Tavish. »

Elle lâcha sa manche et recula de deux pas pour retourner dans sa chambre.
Son regard azur et brillant fixait la chimère de son cœur. Elle espérait ne pas l’avoir trop mis en colère.
« S’il vous plaît. »
Elle préférait l’avoir comme ami, comme frère, plutôt que de le perdre de nouveau.
« Vous êtes le seul ami que j'ai et en qui j'ai la plus grande des confiances. »
Le seul qui voyait Clarysse et non la petite noble cérémonieuse et simplette que d'autres pouvaient voir.


HRP:
 


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MessageSujet: Re: Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen)   Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen) EmptyMar 28 Mai - 18:52

Retrouvailles de non-dits.
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Réalisant que sa colère, pourtant nullement dirigée vers elle, a fait naître chez Clarysse un sentiment de culpabilité, Tavish regrette son emportement qui doucement s’atténue. Il ne peut rester de marbre en entendant ses paroles, même s’il sait qu’il doit quitter la pièce avant de ne finir par trop parler.

Mais, il ne peut pas la laisser s’en vouloir. Il ne peut pas laisser Clarysse croire qu’elle a fauté en se confiant à lui. Il ne peut pas lui laisser croire qu’il lui en veut de ne pas lui avoir confié ses sentiments plus tôt. Comment le pourrait-il ? Il sait, sans le vivre, que la pression qui pèse sur les épaules des femmes quant à respecter les convenances est bien plus lourde que sur celles des hommes. Il suffit de voir comme on se montre tolérant envers les hommes qui collectionnent les conquêtes et comme une veuve est parfois mal regardée lorsqu’elle se remarie, comme si elle trompait la mémoire d’un époux qui de toute évidence ne fait plus partie de ce monde.

D’une démarche rapide, due à son empressement à confronter Elbois et à savoir jusqu’où a été ce mensonge, Tavish passe à une démarche plus lente. Ses pas ralentissent pour finalement s’immobiliser alors que Clarysse, justement, arrive à sa hauteur et l’attrape par la manche.
Son regard plonge à nouveau dans le sien alors qu’elle le supplie de ne pas laisser tomber. De ne pas devenir un étranger pour elle. Il sait que s’il commence à parler, il pourra peut être en dire trop, mais il ne peut la laisser croire ça. Sa main se pose sur bras. Les voilà à nouveau lié par un double contact. Elle qui le retient, lui qui par un autre geste, tâche de la réconforter.

« Clarysse…Ce n’est pas de votre faute si je m’emporte. Je ne vous en veux pas le moins du monde. Ni pour ce que vous ne m’avez pas dit autrefois, ni pour ce que vous m’avez dit aujourd’hui. Vous ne manquez absolument pas de courage et vous n’êtes fautive de rien. Je vous en prie, n’allez pas croire que je vous en veux. N’allez pas croire que vous n’auriez pas du parler ou que vous êtes une « femme ingrate » comme vous dites, parce que vous avez éprouvé ce que j’éprouve aussi pour vous…Je vous promets que ma colère n’est nullement dirigée contre vous. Je vous promets que vous n’avez rien fait de mal. Je vous en prie, n’allez pas croire tout cela. S’il vous plait. »

Toute colère semble en cet instant s’être envolée. C’est étonnant la vitesse à laquelle, lorsque la voix de Clarysse avait à nouveau retentit, cette énergie destructrice avait quitté ses poings pour aller se transformer en autre chose, en une boule de tristesse au fond de la gorge.

Il la suit et revient dans cette pièce qui pourtant semblait littéralement l’étouffer quelques secondes plus tôt. Il ne peut la laisser ainsi.

« Pardonnez moi cet excès de colère…C’est juste… »,
Il tente de trouver autre chose à dire que la vérité, sans pour autant mentir. Mais, il n’a pas le cœur à mentir.  Ni même à masquer la vérité. « Je ne compte pas partir maintenant. Je ne partirais jamais comme ça, je… » Il dévie plutôt sur les inquiétudes qu’elle lui a mentionné et tâche de la rassurer.

A nouveau, comme s’il prenait une seconde claque en plein visage, il percute. Il allait dire qu’il n’était jamais parti si vite et il se souvint soudain qu’il l’avait déjà fait. Une fois. Cette fois là. La fois où il a demandé à Elbois s’il pouvait prétendre à la main de sa sœur et que celui-ci a refusé. Il est venu lui dire au revoir, bien sûr, comment ne l’aurait il pas pu ? Mais il était empli de colère et de déception devant la réaction d’Elbois et sur son visage, sur un visage toujours aussi souriant que le sien, sans doute cela fut il frappant. L’aurait-elle pris comme un rejet ? Se serait-elle culpabilisée de sa possible froideur, comme elle se culpabilise à l’instant de sa colère ?

Le remord l’atteint alors qu’il comprend sa part de responsabilité dans ce que Clarysse a pu penser de ses sentiments. Il soutient son front de sa main. A nouveau, sa précédente phrase est restée en suspens, figée dans le temps. Il laisse doucement son donc tomber contre un pan de mur de la chambre de Clarysse. Les yeux fermés derrière sa main qui cache son regard, il se remémore cet instant.

« Après ma légitimation, je suis venu ici. », dit-il d’une voix calme. « Je suis parti précipitamment, bien plus tôt que je l’avais prévu. J’étais en colère et sans doute ne l’ai-je pas aussi bien caché que je le pensais. Peut-être avez-vous pensé que j’étais en colère contre vous…Ce n’était pas le cas…Je n’ai jamais été en colère contre vous. J’étais venu parler à Elbois…Et je… »
Le besoin de poursuivre est tellement fort. D'autant plus qu'elle vient de lui dire qu'il était l'ami en qui elle avait le plus confiance. Assez de ces mensonges, assez de ces non-dits. Comment pourrait-il encore se taire ? L’ombre d’un instant, il ne peut se retenir. Il ne veut pas mentir à Clarysse, même s'il ne veut pas non plus que Clarysse en veuille à Elbois. Peut-il lui dire la vérité, tout en défendant suffisamment Elbois pour qu’elle ne lui en veuille pas, pour que les relations avec son frère n’en soit pas trop entachée ? Sa colère semble l’avoir quittée, au profit de la mélancolie. Et soudain, il ne peut se retenir...

« J’étais venu lui parler de vous… »

Cela lui échappe. Dans un soupir. A voix basse. Et malgré le sentiment de libération que cela lui fait de le dire, il a comme le pressentiment amère qu'il n'aurait pas du. Peut-être est ce encore temps de se censurer, peut-être n'a-t-elle même pas entendu ces mots...L'a-t-il vraiment dit, ou l'a-t-il seulement pensé ? Son regard dégagé de sa main qui lui cachait une partie du visage, il sonde Clarysse.

Par R'hllor tout puissant, il souhaitait ne pas avoir mal fait. Mais au fond de lui, il sentait que son devoir aurait été de se taire...


HRP : Ce rp est en train de m'achever Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen) 1608107938


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MessageSujet: Re: Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen)   Retrouvailles de non-dits (pv Tavish Cafferen) EmptyMar 4 Juin - 12:58

Retrouvaille de non-ditsTerrible révélation
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Incroyablement seule.

Voilà ce que ressentait Clarysse qui retenait son ami. Elle savait quand faisant cela, elle retenait un mirage qu’elle ne pourrait jamais atteindre. Mais c’était mieux que d’imaginer le perdre. Elle se sentait comme tirailler entre l’évidence et le moindre mal. Elle-même n’aurait pu mettre des mots sur ce qu’elle ressentait. Ce serait mentir que de dire que l’avoir retrouvé, qu’avoir enfin pu parler librement, ne l’avait pas libéré d’un poids. D’ailleurs, elle ignorait l’existence de ce poids avant de l’avoir senti s’en aller. Cette nouvelle légèreté avait laissé un vide à remplir, mais pour le moment, l’aveu était son premier problème. Elle cherchera à remplir ce vide immense que la disparition d’un quelconque espoir de rentrer dans un foyer au bras de Tavish venait de creuser.
Heureusement, elle se rendit compte qu’elle n’avait pas offensé son ami. Elle avait encore une chance de conserver un peu de leur relation. Leurs liens avaient l’effet d’une bulle d’air pour la jeune bieffoise. Comment avait-elle pu l’oublier ? Comment s’en passer ?
Si soulagée de voir qu’il y avait autre chose, et qu’ils ne désiraient pas la rejeter en bloc, elle reprit des couleurs. Pourtant, elle le sentait bien, il y avait cet autre chose… Si elle n’était pas la cause de sa colère, quelle était-elle ? Elle restait là, laissant Tavish la rassurer pour ce lien si précieux qu’il partageait, mais en même temps, elle cherchait à comprendre la réaction précédente. Alors qu’elle laissait chaque parole lui caresser le cœur, elle cherchait dans le regard de son ami de toujours le sens de tout ceci. Leur désarroi pouvait être partagé, leur déception également. Mais, cette chose de plus qui avait tant crisper le calme Tavish lui échappait.

Son chevalier lui disait qu’il ne partirait plus… Clarysse ne savait plus quoi penser. Il n’avait pas été là lorsqu’Elbois avait commencé à négocier son mariage. Il n’avait pas été là quand elle se rendait à Midburg avec Orys. Il ne l’a pas défendu alors qu’elle sentait le poids du corps de son époux l’écraser et la percer à jamais. Il ne lui avait pas parlé. Elle, non plus, à vrai dire… Ils ne s’étaient pas rassurés l’un et l’autre, comme auparavant ils savaient si bien faire, à l’aide de sourire, de regard et de tendresse.

Mais, alors, pourquoi cette promesse ? Pourquoi ne la fuirait-il pas elle, alors qu’elle était le goût du péché et de l’insaisissable ? Il y avait bien la possibilité qu’ils soient tous deux des victimes dans cette histoire et qu’ils avaient pour devoir de se soutenir dans leur mariage et leur résignation respective ? Ils étaient avant tout de très bons amis… Mais, victime de quoi ? Ils avaient été les acteurs de leur malheur ! Qu’est-ce qui emportait tant que cela son ami ?

Tavish semblait profondément hésité à lui parler. Elle ne se sentait pas le courage à lever le silence alors qu’elle avait déjà tant dit sur ce qu’elle ressentait. Ouvrir davantage son cœur lui semblait impossible. C’était à lui de répondre, désormais. Et, il le fit…
« Après ma légitimation, je suis venu ici. »

« Je m’en souviens bien » répondit-elle en imitant le calme de son ami. « Vous n’étiez pas resté longtemps. » Cette fois-là lui avait brisé le cœur. Elle avait eu cette impression que, maintenant qu’il était un noble, il avait d’autres occasions d’avoir des conversations avec des jeunes femmes et des bien plus intéressantes qu’elle. Elle s’était sentie nulle et lésée. Comme si, maintenant qu’il était son égal, il avait bien mieux à faire que de parler à une jeune fille aussi fade qu’elle. Quelle tristesse avait envahi son cœur ce jour-là.
Tavish poursuivit son récit.
« Elbois… Et je… »

Elbois ? Les deux jeunes hommes étaient très amis. Qu’avait-il pu bien se passer pour générer toute cette colère ? Et quel rapport avec elle ?

Clarysse mit un temps à faire les connections fatales. Pour elle, le fait que Tavish et elle ne soient jamais unis et son frère Elbois n’avaient aucun rapport, deux entités bien distinctes. Elle resta sans voix et sans pensée une longue minute. Il est venu… Tavish voulait tant la même chose qu’elle qu’il l’avait demandé à son frère. Comment ? Pourquoi ? Elle avait suggéré cette idée à son aîné. Elle lui avait dit, alors qu’ils discutaient sur le fait qu’il fallait vraiment lui trouver un mari. « Et pourquoi pas, Tavish Cafferen. Il a un haut-rang désormais. ». C’était une réponse logique. Ils étaient comme frères, ils auraient pu l’être effectivement. Ils auraient pu enfin être tous de la même famille. De plus, toutes ses paroles de leur père au sujet des Cafferen, la chance d’avoir une telle amitié et une douce dette envers eux. « Rien n’unit plus deux hommes que les armes et la famille » avait un jour lâché leur père. C’était un principe qui faisait vibrer les de la Nouë de générations en générations. Pourquoi Elbois n’aurait-il pas voulu réaliser cette union ? Il savait qui était Tavish et savait Clarysse craintive et réticente à quitter Herbeval. Tavish avait été sa seule et unique suggestion. Pourquoi ?

Cette question résonnait avec intensité dans le crâne de la désemparée. Cette révélation semblait irréelle. Elle se sentait si dévastée qu’elle n’avait même plus la force de pleurer. Elle se contenta de reculer et de rompre le contact qu’elle avait avec son chevalier. Elle recula encore et encore, pas par pas, titubant. Elle s’écroula assise sur le bord de lit et le regard fixé sur un point invisible. Aucun mot ne sortit de sa bouche qu’elle sentait subitement extrêmement sèche. Elle vrillait. C’était trop d’émotions et de révélations pour son cœur en vrac. Elle finit par reposer son regard sur Tavish et cette immense interrogation que son esprit envoyait à l’univers se formula enfin :

« Mais, pourquoi ? »
Elle essayait de se contenir et de ne pas laisser exploser ce qu’elle ressentait car, elle avait le pressentiment que, cette fois-là, elle n’arriverait pas à se calmer. Elle répéta plus fort :
« Mais pourquoi ? »
Puis, débordant d’émotions, ses larmes la trahirent davantage. Elles coulaient incessamment sur ses joues, semblant ne pas pouvoir s’arrêter, n’attendant aucun sanglot pour dévaler en cascade :
« Pourquoi… Pourquoi ? POURQUOI ? »

Son dernier mot se perdit dans un sanglot. Son frère avait-il seulement la moindre idée de comment elle se sentait depuis ces derniers mois ? Elle secouait la tête et essayait d’essuyer ses larmes.

« Je…Je… Pourquoi Elbois aurait-il fait ça ? Il m’avait dit que vous aviez des vues sur des prétendantes orageoises, ce qui permettrait d’asseoir votre nouvelle légitimité. »

Elbois connaissait le tempérament de Clarysse, il savait que quitter Herbeval était un acte loin d’être anodin pour elle. Il connaissait sa timidité et ses craintes. Ethan Varnier était un noble d’une ampleur charismatique qui écrasait le jeune blonde. Elle se sentait une poupée de chiffon à côté de ce noble ambitieux, héritier d’une maison prestigieuse. Elbois regrettait-il d’avoir choisi Ethan plutôt que Tavish ? Pour quelles raisons ? Pourquoi ce choix ? Sa sœur avait conscience qu’elle aurait dû se mêler des négociations de son mariage. Néanmoins, elle n’arrivait pas à ressentir cette révélation autrement que comme une trahison. Sa main plaquée devant sa bouche, comme étonnée de sa colère, elle essayait de contenir ses larmes qui coulaient incessamment sur ses joues, dans un silence morbide. Se calmer lui semblait hors de portée.

« Je ne comprends pas pourquoi il m’a offerte à un homme qui vit si loin de ma maison… Midburg… Je l’ai pensé très fort… Je ne le cachais pas tant que cela, sans non plus faire un étalage de mes craintes. J’ai soufflé à mon frère l’idée que si je devais quitter Herbeval, - ce qui m’arrachait le cœur,- ce serait à votre bras que je souffrirais le moins. »
Un nouveau sanglot la prit de cours. « Il m’a trahi, vous pensez ? »


HRP:
 


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L'amour est un piège, quand il apparaît on ne voit que sa lumière, pas son ombre. Alors, tout devient qu'une sombre mélancolie (±) le son de l'âme.
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