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 Wayra | Fear each step

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Wayra Wyl
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MessageSujet: Wayra | Fear each step   Wayra | Fear each step EmptyMar 5 Mar - 23:19

Wayra Wyl

We're more ghosts than people




feat. Saadet Aksoy

Prénom Nom : Wayra Wyl Date et lieu de naissance : Lune 1, an 275 à Wyl Statut de sang : Noble Statut social : Lady de la maison Wyl Situation maritale : Célibataire, elle a néanmoins été mère d'un bâtard, décédé moins d'un jour après sa naissance Allégeance : Son père et les Wyl Particularité : Comme tous les Wyl, Wayra a été éduquée très jeune à l'art des poisons. En plus de les connaître sur le bout des doigts, elle est immunisée contre une grande partie d'entre eux en raison des quantités infimes qu'elle s'oblige à avaler chaque jour.

caractère

Loyale Brusque Courageuse Excessive Joueuse Sanguine Manichéenne Impulsive Obéissante Influençable


Votre personnage a-t-il confiance en la politique du Roi Rhaegar ?

Wyl et Targaryen se sont toujours affrontés. Les histoires les plus terribles sont contées au sujet de cette relation houleuse, à commencer par l'incroyable récit du roi Baelor qui a donné aux vipères des Montagnes Rouges leur blason et leurs mots. La famille même des Wyl s'est définie, aux yeux de tous, par leur opposition aux dragons.
Lorsque l'on considère ce passif virulent, comment les Wyl pourraient-ils aujourd'hui accorder ne serait-ce qu'une once de sympathie au roi Rhaegar ? Alors même que celui-ci, déclaré Roi de tout un continent, ne semble guère se préoccuper des attaques côtières de la Principauté et se débarrasse d'un frère jugé gênant et aux moeurs terribles en le mariant à l'héritière du désert ? Si Wayra ne croit pas en grand chose, les siens lui ont inculqué la loyauté et il semble que les dragons en soient totalement dénués.
Famille recluse, secrète, à la réputation fumeuse, les Wyl n'ont accordé leur confiance qu'aux Martell de Dorne. Si ceux-ci se sont entendus avec les Targaryen pour laisser la paix régner sur Westeros, qu'il en soit ainsi. Mais au moindre écart, la vipère noire sera la première à s'éveiller pour frapper son ennemi séculaire.

Quel a été l'impact du retour de la magie sur votre personnage ?

Si les légendes grouillant dans les Montagnes Rouges n'ont jamais été sourdes face à Wayra, celle-ci se garde bien d'y croire. Terre à terre, réaliste, dotée d'une imagination inexistante, la cousine de lady Wyl n'a que faire de la magie. Pendant longtemps, d'ailleurs, elle n'y a pas réellement cru. Obnubilée par son rôle très prosaïque de gardien des Montagnes Rouges, son existence n'avait et n'a toujours pas de place pour les fables, les mystères et les mages grandiloquents. D'ailleurs, de ceux-ci, elle en a rencontré un nombre incalculable, se terrant dans les dédales poussiéreux des monts carmins, tentant d'échapper à une menace qu'eux seuls connaissaient. Et jamais, malgré leurs dires, elle ne les a vus prouvés leurs paroles par des actes. Des affabulateurs.
Le fait de découvrir l'existence véritable de la magie a tourmenté sa logique implacable et l'a transformé en quelque chose de bien plus effrayant que l'émerveillement naïf de beaucoup de westerosi. Le sentiment d'être une bête traquée. Car, par le passé, les sorciers et les phénomènes inexpliqués n'ont jamais rien apporté de plus que la mort, le sang et la désolation. Ceux-ci ne feront pas exception, elle en est persuadée.

Derrière l'écran

Cendre 24 ans Un peu tous les jours, mais surtout le week-end  Wayra | Fear each step 1364414519   J'accepte le règlement et la mise en danger de mort de mon personnage


I'M BACK avec un nouveau perso  What a Face
en espérant que Wayra vous plaira  Wayra | Fear each step 3725701551

DRACARYS, avatar par CRÉDIT?, icone par CRÉDIT?


the snake bitch
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MessageSujet: Re: Wayra | Fear each step   Wayra | Fear each step EmptyMar 5 Mar - 23:19

Histoire

Blessed are those hungered by justice






An 281, les Montagnes Rouges


« Regarde, c’est un cerf. »

Au creux des Montagnes Rouges sèches et arides, l’animal paissait l’herbe rare et jaune. Dans le paysage flamboyant, la bête lointaine apparaissait comme un point clair, inhabituel et vivant dans cette nature froide et brûlante où les seules âmes étaient celles des serpents mortels et des fennecs avides. Ses grands bois lançaient de grandes ombres grises sous le soleil rasant de la fin d’après-midi et sa silhouette paraissait immense, dévorant presque l’immensité carmine.

« Il doit venir des Terres de l’Orage. »

La voix hésitant entre la chaleur et la glace de Warden roulait comme le tonnerre contre les falaises abruptes. Sa grandiloquence et son charisme dressait les cheveux de toutes les nuques, bien que les mots qu’il ait prononcés soit les plus simples et les plus banaux du monde.

« Il s’est perdu ? »

Cramponnée aux rennes, Wayra scrutait l’élaphe de ses yeux indigo, trop grands et trop violets pour les Wyl. Avec des mouvements lents, presque trop pour être humains, son père récupéra dans la sacoche pendue à la selle de la jument un carnet de cuir usé. Il le tendit à sa fille. Bien qu’ils soient loin, la distance n’était pas un problème pour elle.

Les sourcils froncés, la gamine noya chaque bruit, chaque murmure qui encombrait ses oreilles et vrilla une attention primaire sur le visage parfait de la créature. L’enfant sourit, mémorisa les détails marquants de la bête et laissa sa main guider la mine de fusain grasse sur le papier granuleux. Bientôt, les premiers traits reconnaissables apparurent. Les bois sculptés majestueux, les yeux sombres et expressifs, le pelage ondoyant sous le souffle chaud de Dorne.

Alors que le dessin prenait vie, la fillette murmura, les lèvres pincées :

« Si tu voulais seulement rester immobile un peu plus… »

Avec un grand cri, le cerf s’écroula. Jusqu’alors si paisible et magnifique, la bête s’agitait désormais désespérément au sol, soulevant de grosses volutes de poussières bronze, formant un halo sanguin autour de lui. Il ne restait plus rien de la splendeur et de l’immobilisme paisible. Il était redevenu un mortel pathétique, terrifié par la mort.

Finalement, il ne bougea plus.

« Longtemps, » souffla Wayra, déçue.

Après quelques secondes d’un silence seulement bercé par les échos fantomatiques des cris du cervidé, des ombres jaillirent des rochers. Des villageois, sans aucun doute.

Hébétée, la petite fille leva de grands yeux plaintifs vers son père. La mort n’était pas une étrangère pour elle. Néanmoins, son coeur encore tendre d’enfance ne pouvait s’empêcher de se tordre devant la vision barbare des hommes dépeçant la bête pour qui, en l’espace de quelques minutes, elle s’était mise à éprouver de l’affection.

« Père, » renifla-t-elle. « C’est injuste, il n’avait rien fait… »

Mais le regard ténébreux de Warden resta cloué sur la carcasse sanguinolente dont les bois étaient en train d’être délogés à coup de couteau.

« Père… »

Finalement, son visage se tourna vers sa fille unique. Mais il n’arborait que des traits fixes et fermés.

« Injuste ? » répéta-t-il, glacial.

Devant la mine effarée de son unique fille, son expression se radoucit pour redevenir la moue de bonhommie teintée d’éloquence que tous lui connaissaient.

« Injuste ? » reprit-il, les intonations chaudes de passion. « La vie est injuste. »

Son bras mince aux muscles ciselés par des années de pratique de combat à la lance s’étendit pour envelopper l’ensemble des montagnes décharnées et, au loin, ses doigts semblaient toucher l’eau de la mer scintillante et rosissante sous le soleil du soir.
Fascinée, Wayra observa son père qui, dans un silence où se mêlait désabusement et ironie, contemplait les terres des Wyl.

« C’est ce qu’ils appellent la civilisation, »
continua-t-il. « La terre des hommes. Terre de liberté, de justice et d’honneur. C’est ce que nous sommes censés représenter en tant que nobles. »

Il ne mentait pas. C’était ce que le mestre sans âge de la forteresse circulaire ne cessait de lui répéter. C’était ce que sa septa, une jeune écervelée naïve et pleine de bons sentiments, lui murmurait le soir avant de s’endormir. « Pour qu’elle fasse de beaux rêves » lui racontait-elle. Mais Wayra n’était pas dupe. Elle se chantonnait des songes à elle-même pour se rassurer, elle qui vivait désormais au sein de ce château inconnu à la réputation sordide. La Wyl n’avait pas besoin qu’on lui raconte des histoires. Ou alors, seulement celles de son père.

« Vois-tu la justice, l’honneur et la liberté, ma fille ? »
lui demanda-t-il.

Les yeux mauves tombèrent sur le cadavre encore chaud du cerf. Des vautours à tête chauve tournoyaient déjà en cercles parfaits. Les hommes, eux, avaient déjà disparu.

La fillette, malgré son jeune âge, avait une vision claire et très lucide du monde dans lequel elle vivait, façonné par les valeurs bien définies de sa famille et de son père. Un monde cruel, perfide et vicieux contre lequel il fallait sans cesse lutter pour parvenir à ses fins. Toutes les autres familles nobles n’étaient qu’hypocrisie et mauvaise foi, enfermées dans leurs grandes demeures bien décorées, masquant leurs vices derrière des paravent ouvragés et des voiles de soie brillants. Des mensonges, pensa-t-elle. Eux, avaient pleinement embrassé la face sombre du monde tout en prétextant bâtir une utopie sauvage. Pour les Wyl cependant, la violence ne guidait leur main que lorsque la nécessité les ébranlait tout entier. Rien n’était gratuit. Du moins, s’en persuadaient-ils.

Pour répondre à sa question restée en suspens, elle fit non de la tête.

« Brave fille. »

Sa main fine, légèrement bronzée, vint caresser les cheveux d’ébène de la petite.

Un vautour plongea vers la carcasse.



*


An 288, Wyl



Des crocs du serpent, plantés dans l’épais tissus, un liquide translucide s’écoulait. Attentive, Wayra notait mentalement les moindres faits et gestes de son géniteur, sous l’œil désapprobateur de sa mère.

Amarei Dayne n’aimait pas ce genre de pratiques. N’ayant pas été élevée dans le nord de Dorne, dans les terres sèches des Montagnes Rouges et dans la culture insensée des seigneurs serpents, elle ne comprenait pas ce passage obligé. Pourtant, derrière ses airs offusqués, lady Amarei n’était pas une sainte. Derrière sa longue tignasse blonde, comme un soleil perdu au milieu de la noirceur des monts, elle cachait un esprit malicieux et retors, aussi prêt à l’entourloupe que celui des Wyl. Elle était d’ailleurs plus habile à attirer la sympathie pour se voir servir. Pourtant, elle ne partageait pas avec eux cette âme grandiloquente qui croyait agir dans leur bon droit et surtout, pour le plus grand bien. La Dayne avait une idée bien précise de ce qu’était le bien et le mal. Les Wyl, non. Ils n’en avaient même pas conscience. Et elle aimait ou craignait trop son époux et les siens pour oser dire quoique ce soit. Autrefois, elle avait essayé. Gentiment, avec une douceur et une logique sereine. Elle s’était heurtée aux idées arrêtés et profondément enracinés des gardiens des Osseux. Alors, elle restait désormais dans l’ombre sans broncher, à observer sa fille jouer avec les serpents et, pour elle, elle aurait tout aussi bien pu tuer quelqu’un que les choses n’auraient guère été différentes. Après tout, c’était ce à quoi elle s’entraînait.

Durant l’initiation, alors que Warden détaillait avec soin et entrain chacun des venins et ouvrait délicatement le voile sur les mystères des poisons, Wayra lançait des regards interrogateurs à sa mère. D’elle, elle n’avait hérité physiquement que des incroyables yeux améthyste propres aux Dayne. Cependant, bien caché au creux d’elle, elle tenait plus du caractère de sa mère que de son père. De cela, personne ne se doutait, pas même la jeune fille. Après tout, cette nature de philosophe sensible, de gentille ruse et de sagesse pragmatique avait été tuée dans l’œuf dès sa naissance. Des relents subsistaient, néanmoins. Et Wayra était en proie à un de ses rares états d’âme alors que dans sa pogne ferme se tortillait un serpent coloré.

La seconde d’inattention suffit. Le saurien qui sentir la prise se relâcher en profita pour se tordre violemment. Les crocs trouvèrent sans difficulté la chair tendre et blanche de la jeune fille et s’y plantèrent comme dans du beurre.

Incrédule, la fille d’Amarei observa l’animal accroché à elle avec l’énergie et la colère du désespoir. Puis, la surprise passée, un cri strident s’échappa de ses lèvres.

Warden fut le premier à réagir, sous le regard horrifié de son épouse. Vifs, ses ongles se refermèrent à l’arrière du crâne du reptile et s’y plantèrent si fort que les mâchoires serrées de la bête craquèrent. L’articulation brisée, le pauvre animal ne put qu’abandonner sa prise tendis qu’il pendait désormais mollement dans la main qui le tuerait.

Les traits anguleux de la jeune fille, déformés par la peur, laissèrent place à une colère sourde. Une colère contre elle-même qui avait eu la stupidité de porter son attention sur autre chose que ce qu’elle était en train de faire, mais également sur la vipère qui avait eu l’audace de s’en prendre à elle.

Elle gémit alors que le venin glissait dans ses veines au rythme des battements effrénés de son cœur affolé. Sa vision toujours claire et acérée se tacha subitement de blanc et elle dut s’agripper à la table de bois pour ne pas tomber. La secousse fit teinter les bocaux et les fioles et certains s’écrasèrent au sol avec fracas. Les ne parvinrent cependant jamais à ses oreilles et ressemblaient plus à des murmures étouffés qu’au tumulte provoqué par sa chute.

C’est dans un brouillard total qu’elle sentit la barbe taillée de son père effleurer son bras déjà enflé alors qu’il s’échinait à sucer le poison et que le vieux mestre appelé par sa mère accourut à ses côtés.

« Cette nuit… »
« …qu’elle… »
« Au lever du jour… »
« …le poison… peut-être… »


Était-ce son lit qu’elle sentait sous son corps meurtri ? Où était-elle ? Ses paupières avaient beau être ouvertes, elle n’y voyait rien. Des bribes de phrases sans sens lui parvenaient, mais les mots étaient si lointains qu’elle aurait tout autant pu être dans un autre monde. Peut-être l’était-elle, d’ailleurs. Agonisante, sous le regard moqueur de l’étranger. Une Wyl morte à cause d’un serpent. On aura tout vu ! Déjà, elle s’imaginait les ricanements et les sourires sardoniques de personnes sans visage autour de son corps amorphe, dont les yeux recouverts de pierres peintes de violet semblaient tout et ne rien voir. C’est cette pensée affreuse qui l’obligea à s’accrocher. A s’accrocher à quoi, d’ailleurs ? Cette féroce envie de vivre, l’instinct sauvage de la survie la brûlait autant, si ce n’était plus, que le venin qui faisait bouillir son corps.

Ce fut le soleil torride de l’après-midi sur son visage qui la sortit de sa torpeur. Ses yeux enflés s’ouvrirent péniblement, dérangés par la luminosité aveuglante. Ses membres la faisaient souffrir et elle n’osait faire le moindre geste. Elle remarque qu’elle était mouillée de sueur des cheveux aux orteils. Son visage resta rivé sur le plafond haut, recouverts de tapis et de toiles suspendus aux motifs dorniens entrelacés qu’elle ne parvenait pas à distinguer nettement. Elle voulait se lever.

Avec une brusquerie propre à sa jeunesse et à sa personnalité abrupte, elle lança ses grandes jambes hors du lit et se redressa subitement, mais douloureusement. Une grimace tordit sa bouche.

Le visage froissé d’inquiétude de sa mère fut la première chose qu’elle put clairement observer alors que la fatigue était lentement chassée de sa tête.

« Wayra ? Est-ce que tout va bien ? »

Sa fille cligna des yeux. Une fois. Deux fois.

Les bandages blancs de sa main étaient tachés de sang sec. Sa peau blanche était désormais d’une vilaine couleur violine jusqu’à son coude. La même couleur que ses yeux.

« Je… Je vais bien, » réussit-elle à articuler.

Était-ce réellement sa voix ? Ces tons rauques ne lui étaient pas familiers.

« Je me suis inquiétée, » dit-elle de sa voix douce.

« Moi aussi. »


La Wyl n’était guère dotée d’humour. D’ailleurs, elle ne comprenait pas réellement la plupart des blagues et des farces, prenant tout au pied de la lettre, en particulier lorsque la plaisanterie se voulait légère. Un manque d’esprit, avait-elle entendu dire à propos d’elle. Une jeune fille bien terre à terre. Néanmoins, l’âge développait en elle un semblant de cynisme.

Amarei se rapprocha pour s’asseoir sur le lit de son unique enfant. Elle posa sa main fraîche sur l’épaule de Wayra. Dans ses yeux, elle vit que l’angoisse s’était complètement évaporée.

« Le mestre nous a dit que tu ne devais ta survie que grâce au remède… »

Guère surprise, la brune acquiesça.

« J’image que père ne se doutait pas que nous en aurions besoin pour me sauver de ma propre bêtise. »

Le remède. Un euphémisme uniquement utilisé par sa mère pour parler des poisons variés – qu’ils soient composés de venin ou de plantes - en quantité infime qu’elle buvait tous les matins sur ordre de son père depuis qu’elle était en âge de déglutir. Une pratique de rustres, selon la Dayne. Une pratique qui lui avait sauvé la vie. Car au-delà des fièvres et des souffrances qu’elle avait enduré plus jeune, la réalité était belle et bien là. Son organisme s’était adapté.

C’était une Wyl et le poison ne pourrait pas la tuer.



*


An 297, Wyl


Le bébé était là, réjoui dans un couffin sommaire, mais confortable. Sa peau rose et fripée avait été lavée, mais ses yeux bouffis restaient obstinément clos. Sa bouche, bien que fermée, laissait s’échapper de grosses bulles de bave. Une mèche brune et frisée défiait les lois de la gravité en s’obstinant à rester droite sur le crâne encore mou.

Wayra l’observait, impassible, troquant son hébétement contre une allure de détachement. Elle se sentit soudain très bête.

C’était son fils et elle ne savait pas du tout comment elle était censée réagir.

Elle avait vu sa mère agir quelques années auparavant alors qu’elle s’occupait avec une aisance naturelle de son petit frère, Wasen. Ne se posait-elle donc jamais de questions ? Savait-elle au plus profond d’elle ce qu’elle devait faire ? La brune ne s’était jamais réellement formalisée à ce sujet. Peut-être aurait-elle dû le faire. Le fait était que l’implacable et solitaire Wayra se trouvait à présent sans arme face à un bébé de quatre jours.

« As-tu décidé d’un prénom ? »

La voix timide, d’une gentillesse dangereuse d’Elios résonna dans son dos. Avec appréhension presque il s’autorisa à toucher les épaules de son amante. Elle ne bougea pas d’un cheveu, contemplant stupidement leur fils. Le jeune homme la regardait toujours avec des yeux surpris, se demandant encore comment ils en étaient arrivés là. Comment lui, un berger modeste, vivant avec une famille trop grande dans une trop petite maison, était parvenu à séduire la cousine de la future lady Wyl. Car il en était convaincu, elle était séduite.

Pour Wayra, les choses étaient plus claires. Comme chaque être humain, elle était soumise à des pulsions primaires qui ne l’avaient jamais faite rougir. Et dans la masse de brigands sans le sou, d’arnaqueurs mesquins et de petits lords véreux qui grouillaient dans les Montagnes Rouges, la mine pouponne d’Elios détonnait. C’était cette naïveté teintée d’une pureté indicible qui avait attiré la vipère - que tous s’attachaient déjà à décrire comme « une mauvaise personne » -. L’innocence angélique du berger ne s’était jamais rendu compte qu’il mourrait lentement étranglé par l’étreinte noire de la jeune femme.

En contrepartie, elle ne s’était pas rendue compte que la blancheur immaculée de l’homme avait malencontreusement déteinte sur elle.

Voilà, où ils en étaient.

A choisir un prénom pour un enfant arrivé malencontreusement sur une terre injuste, dans une vie injuste.

« Wyl, » répondit-elle simplement.

Car si elle ne pouvait ni le maudire ni le bénir par son nom de famille, il aurait l’insolence de l’arborer en prénom.

Elios ne trouva rien à redire. Pourtant, comme les autres, il regardait l’environnement avec un air de biche craintive. Malgré sa beauté originale, le château des Wyl n’inspirait pas confiance. Comment ne pas penser à tous les êtres qui avaient été emprisonnés, torturés et qui avaient trouvé la mort entre ses murs étrangement circulaires ? Comment ne pas voir, derrière les ombres brunes des voiles flottants sous le vent tiède, les fantômes déformés des âmes condamnées ? Comment ne pas entendre, derrière les gazouillements étouffés de l’enfant juste né, les râles rauques des gorges étranglées ? Ce n’était pas un environnement sain pour un bébé. Elios en était persuadé jusque dans ses tripes. La perspective de laisser son fils, son premier né, bâtard Wyl ou non, ici, le terrorisa subitement. Et dans le profil élégant et la beauté sauvage de Wayra, il ne vit plus que la chienne docile de son père, assoiffée d’une liberté qui lui serait toujours refusée. Et que lui, possédait.

« Il le porte à merveille. »


Sa voix était sourde. Son amante s’arracha enfin à l’observation muette de Wyl pour poser ses yeux sur le visage mate du jeune homme. Même si elle ne l’aimait pas, il dégageait une sympathie simple qui l’attirait, de l’attirance jalouse qu’éprouvent ceux qui veulent posséder ce qu’ils ne détiendront pourtant jamais. Elios représentait tout ce qu’elle n’était pas. Elle, si froide, à l’esprit cartésien implacable et dont les valeurs forgées par sa famille oscillaient sans cesse entre le bien et le mal, venait se lover contre la chaleur qu’il dégageait. Son corps avide ne se réchauffait jamais, cependant.

Finalement, après un moment, la fille d’Amarei se pencha doucement au-dessus du petit lit. Ses longs doigts vinrent effleurer les joues rondes de son fils qui lui répondit par un hoquet surpris. Le léger éclat de rire qui ébranla la jeune femme fut furtif, mais il eut le mérite d’exister. Un son rare que peu de gens pouvaient se vanter d’avoir entendu. Car si la cousine de l’héritière pouvait arborait des rictus sardoniques ou moqueurs, le sourire authentique qui illuminait les visages du menton jusqu’aux yeux, n’avait jamais réellement su trouver sa place sur ce visage trop dur pour être celui d’une femme. Elios en parut abasourdi.

« Je crois que je vais l’aimer, » annonça-t-elle avec une incroyable ingénuité.

Ils restèrent ainsi, blottis l’un contre l’autre, à toiser silencieusement Wyl Sand qui ne se préoccupait guère du monde qui l’entourait. Un monde auquel il ne pourrait se soustraire, malheureusement. Un monde qui aura tôt fait de l’avaler, pensa Wayra.

A la nuit tombée, Elios partit sous l’éclat blanc dans la lune, sa face pourtant chaude de soleil devenue translucide. La brune l’observa d’un air curieux, mais confiant. Elle tenait la loyauté en valeur supérieure. C’était peut-être la dernière chose qui la tenait encore éloignée de la fange. La loyauté en sa famille, en ses proches, en son nom. Son amant ne l’avait jamais trahi et lui apportait sans rechigner une présence dont elle se nourrissait goulument depuis des semaines. Un esprit simple… Des échos lointains bourdonnaient à ses oreilles. Elle les balaya inconsciemment et regagna l’intérieur du château.

Ce fut au beau milieu de la nuit qu’un grand cri la tira d’un sommeil sans rêve.

Elle se redressa d’un bond, avec un grognement de désagrément. Que se passe-t-il ? Dans le couloir déserté par la tranquillité, des lueurs valsaient désormais sous sa lourde porte de bois sombre. Des pas effrénés s’agitaient et des murmures sourds rebondissaient contre les murs.

« Il a pris le bébé ! »  

Wayra se précipita, le coeur au bord des lèvres. L’aveu de cette soudaine faiblesse ne l’effraya même pas. Chacune des fibres de son corps n’était plus dirigées que vers une seule pensée, son fils.

Dans un état second, elle bouscula les domestiques qui s’affairait, horrifiés devant l’évidence. Le berceau était vide.

« Où est-il ? » trembla la jeune mère. « Où est Wyl ? Où est mon fils ?! »

Sa colère naturelle et brutale avait repris le dessus. Oubliés les sourires et les gazouillis heureux. La Wyl avait reprit son véritable visage, celui d’une furie froide à l’empathie inexistante.

Par la fenêtre donnant sur l’intérieur de la cour, elle aperçut l’ombre fugace d’une silhouette se glissant entre les immenses piliers de marbre blanc. Elios. L’imbécile ne prenait même pas la peine d’être discret. La flamme douloureuse de la trahison incendia ses poumons. Ses ongles raclèrent la pierre. La violence doit être froide, nécessaire et sans sentiment. Jamais personnelle ou sans raison. Les mots de son père résonnaient dans sa tête et elle crut qu’elle allait exploser. La violence était nécessaire et avec raison. En revanche, les sentiments la tiraillaient de l’intérieur alors qu’elle observait, impuissante, son enfant disparaître dans la nuit.

Je vais le tuer.

Un sifflement perça l’air.

La silhouette s’écroula sur le ventre. L’oeil acéré de la brune vit très nettement la pointe de la flèche luire sous la lumière de la lune. Comme la peau brune de son amant. À l’arrière de son crâne, un volcan d’os et de liquide graisseux dégoulinaient.

Wyl mourut sur le coup, écrasé par le propre poids de son père.

Et Wayra resta plus seule encore avec sa colère et son mépris, persuadée que son père avait raison. Le monde était injuste. Il n’appartenait qu’à elle d’en faire ce qu’elle souhaitait.
Personne ne sut jamais de quelle couleur étaient les yeux du bébé.



*



An 298, sur les hauteurs de Wyl


Aujourd’hui devrait être l’anniversaire de mon fils.
Les années ont bien passé. Je n’ai pas changé. Je ne sais pas vraiment à quoi je m’attendais. À ce que le temps efface tout ? La peine, le chagrin et la colère ? J’ai découvert ce jour là que j’avais un coeur car il a été brisé. Quelle pathétique imbécile je fais.


« Hé, Wayra ! »

D’un claquement sec, elle referma le journal de cuir usé pour le dérober à la vue du gêneur.

Son frère finit de graver le petit chemin de terre ocre, serpentant entre les rochers et lui adressa un signe de tête. Dans le soleil du matin, ses cheveux d’un blond sale paraissaient presque beaux. Il n’avait pas hérité de l’incroyable chevelure dorée de leur mère, ni du noir ténébreux de leur père. En revanche ses yeux d’encre en amande étaient ceux des Wyl. Il jeta un coup d’oeil à la mer en attendant de reprendre son souffle.

« Il faut que tu viennes avec moi, » annonça-t-il, laconique.

Son aînée retint une grimace exaspérée.

« Et dire que je risquais de passer une matinée agréable… Tu me sauves du pire. »

« Très drôle, Wayra, » rétorqua-t-il en roulant des yeux. « Toujours en train de furieusement t’agiter sur ton journal, pas vrai ? »

Il lança un petit coup d’oeil mesquin vers le livre.

« Parler, c’est trop compliqué, hein ? »

La brune en rosit presque. N’étant ni dotée du charisme étouffant de son père ni de l’intelligence subtile de sa mère, elle n’exprimait que rarement ses impressions et ses sentiments. Une inclinaison renforcé par le décès brutal de son bâtard de fils.  

« Et fermer cette grande bouche, c’est trop te demander ? Qu’est-ce-que tu veux ? Une nouvelle robe ? »

Ce fut au tour de Wasen de rougir. L’idiot avait un goût tout particulier pour les belles étoffes et les vêtements ostentatoires. Il était d’ailleurs vêtu d’une curieuse façon, avec ce gilet de soie blanche trop long et ce turban vert pâle orné d’une grosse pierre orange. Wayra se demanda comment il avait fait pour grimper jusqu’à elle, sur la petite corniche escarpée surplombant la mer de Dorne. Seule sa jument, fine et élancée, parvenait à se glisser jusqu’ici.

Mais son frère parvenait toujours à la déranger.

« Pour les dettes, » soupira-t-il.

Ils se toisèrent sans un mot. Les deux Wyl ne se ressemblaient en rien, mais ils détestaient tous les deux aller racler les caisses vides de familles enorgueillies par leur statut noble depuis longtemps disparu.

« Qui ? »

« Les Montagnards. »

« Encore ? »

Il haussa les épaules. Les Montagnards étaient une bande de voyous, enracinés dans les Montagnes Rouges depuis des années. Des rebus du nord de Westeros, ayant fui leurs anciennes vies pour se terrer là. Des bandits qui empruntaient aux Wyl pour survivre.

« Quel jour splendide pour aller sucer le sang de ses victimes… » souffla-t-elle. « Allons-y. »

Wasen lui emboita le pas et la suivit attentivement à travers les cailloux. Ils retrouvèrent leurs montures et les autres membres de l’équipée - des soldats sans nom - un peu plus bas. Wayra s’autorisa une une caresse et un murmure d’encouragement à la jument, la seule créature de ce monde bénéficiant de la tendresse inconditionnelle de la jeune Wyl.

« Tu aurais pu dire non, tu sais. »

Son cadet se plaça à côté d’elle tandis que les chevaux trottaient au même rythme.

« Père nous l’a demandé. »

« Tu aurais quand même pu dire non. »

« Est-ce que tu t’entends parler des fois ? »


« Est-ce que tu t’entends parler des fois ?! »

Wayra le fusilla du regard.

« Prudence, » le menaça-t-elle.

« Tu n’es pas obligée de faire tout ce que père nous demande ! » s’obstina-t-il. « En particulier lorsque ça ne te plaît pas. »

Elle renifla de dédain.

« Je fais ce qui est bien pour notre famille. Et si notre père estime qu’aller réclamer l’argent que nous doivent les Montagnards contribue à ça, je le fais, c’est tout. »

« Les domestiques n’ont pas tort… Tu es vraiment une imbécile. »

« Oh vraiment ?! » tonna-t-elle. « Et toi alors, hein ? Qu’as-tu fait pour cette famille si ce n’est disparaître pendant deux ans ? Et revenir comme si de rien n’était ! »

Wasen était revenu il y avait un an. Revenu d’où, comment et pourquoi, personne ne le savait. Depuis son retour, on avait oublié, on lui avait pardonné et tout le monde agissait comme s’il ne s’était jamais rien passé. Tout le monde, excepté Wayra. Impossible pour elle de se détacher de ce sentiment d’amertume qui lui piquait la langue dès que son regard se posait sur son jeune frère. D’abord, elle lui en avait voulu pour le sentiment d’abandon et de rejet qu’elle avait éprouvé.

Puis, elle s’était rendue compte que les choses étaient toute autre. Wasen avait prouvé qu’il pouvait partir. À la différence de sa soeur, il avait été capable de se séparer de cette famille adorée et haïe, de se séparer de cette loyauté qu’on leur avait enfoncé dans le crâne dès leur plus jeune âge. Apparement, Warden n’avait pas tapé assez fort sur celui de son fils pour l’assommer de ses idéaux aveugles. Il n’était pas attaché à cette stupidité naïve, cette confiance étouffante qui emprisonnait sa soeur, sans que celle-ci ne s’en rende compte.

Et Wayra était jalouse.

« Qui va là ? »

La conversation s’arrêta nette lorsque deux gardes jaillirent de derrière des colonnes délabrées. Les pauvres fous n’avaient pas fière allure.

« Wayra Wyl et son frère. Dépêchez-vous de nous mener à votre lord ! »

Sa bonne humeur s’était complètement évaporée. Les hommes des Wyl, énervés par l’humeur massacrante de la lady, s’agitèrent dans leur dos.

Les Montagnards vivaient plus dans des ruines que dans un château où ils avaient établi leurs quartiers généraux. Autrefois y vivaient des rois, si l’on croyait les histoires que l’on racontait. Les sots qui y mangeaient, buvaient et baisaient aujourd'hui n'étaient guère plus aujourd’hui que des clochards vaniteux, se gargarisant du passé glorieux des précédents occupants. Les rois devaient avoir honte. Et la couronne invisible qu’ils pensaient porter, en l'honneur du lieu qu'ils occupaient, ne les empêchaient pas de quémander de l’argent aux Wyl pour donner l’illusion d’une vie grand train. Les pauvres fous ne dupaient personne.

« Si ce n’est pas la chienne des Wyl… »

Décidément.

Wayra, de par son caractère acerbe et son implacabilité, était l’envoyée favorite de son père. Sa mauvaise réputation au sein des Montagnes Rouges la précédait.

« Quelle manière d’accueillir vos invités… Digne d’un roi. »

Sylas ne se débarrassa pas de son mauvais sourire. De gros cernes mauves ornaient ses yeux injectés de sang.

« Donnez-nous simplement ce que vous devez. J’apprécierais énormément que l’on mette fin à ce supplice rapidement. »

Il écarta ses gros bras dodus avant de les lancer retomber sur ses flancs. Ses chairs flasques continuèrent de bouger un moment après la fin du mouvement. Au moins, je sais où est parti notre argent.

« Je ne l’ai pas, » annonça-t-il, presque fièrement.

« Oh, vraiment ? »

Wayra sauta de cheval avec une grâce approximative et s’approcha à grandes enjambées vers Sylas, se plantant à quelques centimètres de son visage gras. Trop stupide pour avoir peur, diront les plus méchants. D’un même mouvement, les soldats Wyl s’avancèrent, se serrant en rangs fermés derrière leur jeune maîtresse. Un geste de la part du Montagnard et les piques le perforeraient avant qu’il n’ait le temps de cligner des yeux. Wasen observait le spectacle d’un oeil las.

Une lame blanche fut brusquement posée sur la peau rouge de l’endetté.

« Je n’hésiterais pas, » menaça la brune. « Veuillez me croire. »

Un fin filet écarlate s’écoula lascivement sur la lame avant de poisser la peau blanche de la fille d’Amarei. Enfin, le vilain sourire de Sylas disparut.

« Vous ne serez pas le premier et certainement pas le dernier. »


Sa face carmine devint violette et il crachota sur la Wyl, pris d’une quinte de toux.

Le mouvement brusque suffit à faire réagir les hommes de main qui plantèrent sans réfléchir les lances acérées dans le gros corps de Sylas. Son regard confus se leva vers Wayra avant son ultime chute.

« Prenez ce qui nous intéresse, » fut la seule chose qu’elle trouva à dire.



*


An 299, Lancehélion


La tête argentée couronnée déambulait parmi les dorniens avec un flegme feint si misérablement qu’il en devenait pathétique. Les seuls cheveux blancs autorisés dans la Principauté étaient ceux de son cousin maternel, Gerold Dayne. De voir un Targaryen devenir Prince de Dorne agaçait férocement Wayra. D’ailleurs, les Wyl en général étaient loin d’avoir le cœur à la fête.

La fille d’Amarei détestait Lancehélion. Habituée au calme dangereux des Montagnes Rouges et aux espaces infinis de la nature, elle craignait les grandes villes. En plus de l’odeur de sueur et de déjections, celles-ci puaient la mort, la lâcheté et l’hypocrisie. Un repaire d’hommes et de femmes apitoyés par les lois d’une prétendue civilisation défendant de grandes valeurs, mais étranglant la liberté.

Mais elle détestait encore plus les Targaryen.

Doran Martell n’était pas un idiot. Wayra n’était pas assez sotte – en dépit de son esprit peu stratège – pour prétendre le contraire. Néanmoins, elle ne comprenait absolument pas les raisons d’un tel mariage. Elle y avait songé – peu de temps, certes – mais elle y avait songé. Aucune réponse n’avait mis un terme à ses interrogations. Pourquoi donc le Prince mariait-il sa fille unique et héritière au frère de celui qui avait déshonoré sa sœur ? Durant combien d’années, combien de siècles, les Targaryen avaient-ils tenté d’envahir Dorne ? De la mettre à feu et à sang ? Les Wyl avaient toujours œuvré pour l’indépendance, pour la protection de leur région, peu importait son coût. Première ligne, en rempart infranchissables, aux méthodes décriées, mais efficaces. Leur réputation ombrageuse et les regards en coin tantôt craintifs tantôt méprisant étaient leur héritage. Mais le dédain venait de ceux qui, enfoncés dans les terres, cachés dans le désert ou sur les côtes, n’avaient pas à jouer les gardes fous. Et les Wyl, eux, n’avaient personne pour les empêcher de tomber.

Alors, de voir un dragon entrer en héros et acclamé par leur peuple, enrageait silencieusement la brune. Le père de la mariée devait avoir une arrière-pensée. Un tel geste n’était pas gratuit. De cela, elle en était certaine. Elle avait néanmoins abandonné l’idée de le comprendre.

Son frère Wasen n’était guère plus à son aise, en dépit de la fierté qu’il avait de se pavaner parmi les badauds. Bien qu’excentrique, il n’aimait, à l’instar de son aînée, pas les foules. Il se plaisait à cultiver le contraire pourtant. Un acte ridicule pour prouver qu’il n’appartenait pas à sa famille, peut-être. Wayra ne lui adressait qu’un regard plaintif. Il était navrant.

Amarei était comme un poisson dans l’eau.  Bavarde, charmeuse et pleine d’esprit, elle voguait d’un groupe à l’autre avec un naturel incroyable. L’espace d’un instant, sa fille l’enviait presque. Elle n’était malheureusement pas en mesure de tenir une conversation spirituelle avec quiconque.

Son père, quant à lui, semblait avoir tout bonnement disparu.

Décidée à rejoindre sa cousine Whissan, elle fut retenue par deux petites mains. Worian et Wynn se cramponnèrent à elle comme deux noyés à une planche. Les jumeaux n’étaient âgés que de treize ans, mais ils prenaient le chemin de toutes les branches cadettes des Wyl : un désamour prononcé de la civilisation.

« Où est cousin Gerold ? » lui demanda Worian. « Nous ne le trouvons pas. »

Les dires sur Sombre-Astre leur étaient parvenues et lui et sa cadette lui vouaient depuis une fascination non dissimulée. Wayra secoua la tête, leur signifiant qu’elle ne savait pas.

« Wynn n’arrête pas de me faire croire que c’est Viserys… »


Dans les yeux noirs de la petite, un éclat malicieux pétillait. Elle était jeune, mais montrait des dispositions à la fourberie. En face d’elle, son frère était d’une naïveté touchante, mais compensait cette faiblesse par un grand potentiel au maniement de l’épée. Pour cela, il avait hérité de Wasen qui avait bien cette qualité que son aînée pouvait reconnaître.

« Prince Viserys ! » s’offusqua une jeune fille très sobrement vêtue qui passait par là.  

Wayra roula des yeux avant d’hésiter entre le mépris et le cynisme. Elle choisit le dernier.

« Oh, je ne savais pas que nous parlions d’un prince. »


Les rumeurs sur le petit dragon n’étaient inconnues de personne. Et bien qu’elles ne s’y connaissait pas réellement en prince, il était certain que le frère de Rhaegar tenait plus du ventripotent seigneur cafit de son propre égo que de l’idéal droit et juste qu’il était censé représenter. Si l’acceptation de sa nature profonde aurait pu attirer l’ombre de l’affection des Wyl, il restait un Targaryen et, pire que tout, il se vautrait et se complaisait dans sa propre malice, dans ses titres et dans ses avantages en plaçant son plaisir personnel avant tout le reste. En cela, Wayra ne pouvait que le mépriser. Pour elle, la violence ne pouvait être que désintéressée et froide. Nécessaire. Elle ne prenait aucun plaisir à exécuter les ordres de son père et de la branche principale. Ce n’était qu’une mission de plus à remplir pour sa famille, un exercice auquel elle se pliait pour la loyauté qu’elle défendait en vertu.

Un mauvais sourire barra son visage tandis qu’elle s’exécutait en une courbette ridicule.

« Prince Viserys, » répéta-t-elle.

Elle se tourna vers son frère et sa sœur.

« Vous avez entendu ? » fit-elle en faisant mine de les gronder. « Prince Viserys ! »

Ils reprirent son petit jeu de révérences provocatrices, arborant la même mine sarcastique.

« Maintenant, » reprit la brune, se débarrassant de toute prétendue chaleur. « Si vous voulez bien vous donner la peine de faire traîner vos oreilles ailleurs ! Et de garder votre langue pour vous ! »

Wayra était loin d’être considérée comme la plus délicate des jeunes femmes. Au contraire, sa brusquerie sauvage en froissait plus d’un.

La gamine tourna les talons le nez en l’air. La pauvre fille finirait par s’étrangler avec sa fierté un jour. Cela ne faisait aucun doute.

« Allons trouver notre cousin. »



DRACARYS, gif par CRÉDIT?


the snake bitch
Blessed are those who hunger and thirst for righteousness for they shall be filled

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MessageSujet: Re: Wayra | Fear each step   Wayra | Fear each step EmptyMar 5 Mar - 23:23

weeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeelcooooooooooooooooome
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MessageSujet: Re: Wayra | Fear each step   Wayra | Fear each step EmptyMar 5 Mar - 23:29

Une Wyl + Une signature "the snake bitch" ? Ca promet dites moi Razz Wayra | Fear each step 4095058191
Rebienvenue avec ce DC ! Haine familiale transgénérationnelle oblige, je crois que nous trouverons sûrement un lien Wink


Ser Tavish •
La vie, il l’avait remarqué, avait parfois un cruel sens de l’ironie. Autrefois, il devait se taire car il était un Storm. Aujourd’hui, il le devait parce qu’il était un héritier. 

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MessageSujet: Re: Wayra | Fear each step   Wayra | Fear each step EmptyMar 5 Mar - 23:30

SalaaaaAAAAAAAm ma noble amie :v// Wayra | Fear each step 3725701551 Wayra | Fear each step 1379299478

et n'oublie pas que si tu fais de l'ombre au sex-appeal de ton Lord, le chatiment c'est la MORT ☠️

bisous Wayra | Fear each step 2414428499
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MessageSujet: Re: Wayra | Fear each step   Wayra | Fear each step EmptyMer 6 Mar - 3:11

Re-welcome Smile



A heart of oak and we will rule again ! Oak my friends ! Oak is the new Valyrian Steel. Throw an arrow the oak will stop her. Plan an invasion, without oak you'll drawn. Nowadays you want you need the oak.
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MessageSujet: Re: Wayra | Fear each step   Wayra | Fear each step EmptyMer 6 Mar - 8:32

re-welcome Wayra | Fear each step 3103746308

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MessageSujet: Re: Wayra | Fear each step   Wayra | Fear each step EmptyMer 6 Mar - 8:51

Re bienvenue Wayra | Fear each step 1411245795
Hâte de voir ce que tu nous réserves Wayra | Fear each step 3725701551


The burning desire, To live and roam free, It shines in the dark, And it grows within me.
En absence, merci de ne pas MP ou tagguer.
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MessageSujet: Re: Wayra | Fear each step   Wayra | Fear each step EmptyMer 6 Mar - 9:14

Re Bienvenue Smile
C'est super de voir Dorne se repeupler un pu ^^


aleon (+) The first time I saw Winterfell, it looked like something that had been here for thousands of years, and would be here for thousands of years after I was dead. I saw it and I thought, ‘Of course Ned Stark crushed our rebellion and killed my brothers.’ We never stood a chance against a man who lives here.  ☾☾
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MessageSujet: Re: Wayra | Fear each step   Wayra | Fear each step EmptyMer 6 Mar - 9:52

Re-bienvenue sur le forum ^^
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MessageSujet: Re: Wayra | Fear each step   Wayra | Fear each step EmptyMer 6 Mar - 10:10

Rebienvenue Wayra | Fear each step 2414428499



honor over life
I don't know where you're going but do you got room for one more troubled soul ? I don't know where i'm going but i don't think i'm coming home. I'll check in tomorrow if i don't wake up  dead. This is the road to tuin and we're starting and the end.
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MessageSujet: Re: Wayra | Fear each step   Wayra | Fear each step EmptyMer 6 Mar - 12:04

Rebienvenue et bon courage pour ta fichette Wayra | Fear each step 77722156


The Little LionOh, “Monster.” Perhaps you should speak to me more softly then. Monsters are dangerous...
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MessageSujet: Re: Wayra | Fear each step   Wayra | Fear each step EmptyMer 6 Mar - 14:40

Re bienvenue, tu es canon en dornienne Wayra | Fear each step 1156090823


• 'Cause you're my king
and I'm your lion-heart •

 


trop heureuse d'avoir été élue:
 
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MessageSujet: Re: Wayra | Fear each step   Wayra | Fear each step EmptyMer 6 Mar - 15:37

Re bienvenue Wayra | Fear each step 2414428499
Je te souhaite bon courage pour la rédaction de ta fiche Wayra | Fear each step 2414428499


(Daenerys is different, though. Sweet and gentle, yet she is still a dragon)
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MessageSujet: Re: Wayra | Fear each step   Wayra | Fear each step EmptyMer 6 Mar - 17:00

Re-Bienvenue Wayra | Fear each step 1156090823


    Hear me Roar

    code broadsword.

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MessageSujet: Re: Wayra | Fear each step   Wayra | Fear each step Empty

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