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 Only in your eyes Δ Alysanne/Jorelle

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MessageSujet: Only in your eyes Δ Alysanne/Jorelle   Only in your eyes Δ Alysanne/Jorelle EmptyVen 14 Sep - 22:37



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L’an 301, lune 9, semaine 1

Les flocons de neige dégringolaient silencieusement du ciel vaporeux, ils s’immisçaient peu à peu dans ses vêtements sombres et alourdissait sa longue tresse se décoiffant au moindre mouvement. Ses avant-bras, dénué de tissus, se pigmentait de rouges tant le froid mordait sa peau blanchâtre. Et l’ensemble de son corps était parcouru par des frissons, mais elle refusait de se couvrir davantage, sa cape la ralentissait et handicapait le moindre de ses gestes. La jeune guerrière au teint blafard tentait de participer aux activités des villageois, elle était prête psychiquement, mais son corps souffrait encore des séquelles de la chute. Si l’insulaire était têtue, les autres habitant de l’île tentait de la préserver avec la même volonté. Ils anticipaient chacune de ses décisions, l’empêchant de soulever la hache pour couper le bois ou même de le ramasser. La Mormont était frustrée et impatiente. Elle voulait retrouver son ancienne force et ne plus observer le regard de compassion qui était poser sur elle. Alors elle tournait en rond, déplaçant les bûches découper d’un coin à un autre, nourrissait les chevaux qui tractaient les rondins de bois.  

La guerrière aux regards bleutés scrutait le ciel à la recherche d’une chose invisible, tournant sur elle-même, toute son attention était orientée sur ses flocons qui s’était tarit. Elle s'ennuyait. Ses cheveux changeant de couleur au reflet du soleil étaient constellés de particules de glace, fixant ensemble quelques mèches rebelles. Et finalement, Jory s’était éloigné des villageois en prenant avec elle un long bâton, elle le faisait tournoyer entre ses doigts. Il était suffisamment léger pour être manipulé de la sorte, mais pas suffisamment pour se défendre avec.

L’insulaire abandonna ce bâton de fortune et prit dans ses mains recouvertes de gants chaud, une de ses épées. Elle était plus lourd que le bois, mais pas autant que Grand Griffe. La jeune femme tentait de faire des mouvements d'entraînement, mais ses os protestaient et la douleur lui déforma le visage. Elle avait levé son bras trop haut et tendus sa jambe trop longtemps. Ses doigts relâchèrent sa lame et vinrent à frotter délicatement ses côtes. Jory s’aida d’un arbre pour ne pas tomber et lui permit de reprendre son souffle. Elle rageait intérieurement tandis que ses yeux devenaient luisant de larme. Elle se sentait faible et haïssait se sentiment.
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MessageSujet: Re: Only in your eyes Δ Alysanne/Jorelle   Only in your eyes Δ Alysanne/Jorelle EmptyDim 30 Sep - 14:29



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L’an 301, lune 9, semaine 1

L’Hiver glaçait de plus en plus les fourrages de l’île. Il pénétrait les cavernes et glissait indubitablement sur les chemins escarpés, de manière à leur laisser un aspect craquelé. Enfin le climat reprenait de ses droits et à la manière des Stark et leur fameuse devise, les Mormonts, elles, allaient tenir. Ici, debout, elles resteraient intactes sur leurs jambes telles des ourses à même de défendre leur territoire. Malgré la rudesse et la morsure, elles continueraient d’affronter les aléas pour permettre la survie des leurs. Alysane était probablement celle qui attendait l’Hiver avec impatience. Non pas parce qu’elle appréciait l’enjeu derrière mais bien plus parce qu’elle savait pertinemment que cela leur permettrait de se retrouver toutes ensemble. Les Ourses sauraient se répondre les unes avec les autres de manière à participer à cette protection mutuelle qu’elles savaient se donner. Une protection qui n’avait plus rien à prouver d’ailleurs et qui avait eu à se décliner sous de nouvelles formes depuis l’accident de Jorelle. En effet, chacune avait participé à sa manière à son bon rétablissement. Toutes s’étaient succédé sur son lit de chevet et Alysane n’avait pas tronqué sa place contre une autre. Elle était même celle qu’on devait faire sortir de manière forcée tant elle ne voulait pas laisser sa sœur seule. Mais heureusement, Marthe était à même de pouvoir la ramener à calmer durant ces instants et lui prouver que le plus dur était derrière à présent. A moins que cela ne soit qu’une ruse pour l’obliger à manger. Le froid jouait énormément sur ses émotions depuis sa dernière grossesse. Enfin depuis sa grossesse tout simplement puisqu’elle était devenue une poule pondeuse. Quoi qu’il en soit, Alysane avait su apprendre à faire face à tout le reste, surtout depuis cet accident. Toutes avaient eu si peur de la perdre, qu’elles avaient du réapprendre à faire face à l’imprévisible. Et de la même manière que la prise d’orage de Lyra par ce poulpe Greyjoy, l’Ourse s’était renfrognée et repliée sur elle-même au moment ou Jorelle avait été ramené dans ce piètre état. Elle ne pouvait en vouloir à la petite Maeve, après tout, elle n’était pas en tort et elle avait désiré jouer tout simplement. Mais l’idée de pouvoir perdre une de ses sœurs lui avait été très difficile à affronter. Heureusement les Anciens Dieux avaient été cléments et leur avait rendu leur Jory telle qu’elle. Enfin presque, puisqu’elle était affaiblie. Pourtant, jamais l’Ourse ne douterait du côté téméraire de sa petite sœur, et elle lui faisait entièrement confiance pour retrouver toutes es aptitudes en temps voulu. Par contre, elle connaissait également son opiniâtreté pour arriver à ses fins…

Le court du temps suivait ses affres. Et déjà l’heure était venu aux réserves, les greniers se remplissaient petit à petit. Tiraillant quelque peu le ventre arrondi de l’Ourse, faisant bouger le petit être à l’intérieur, et se faisant rappeler à l’ordre par Dacey. Alysane voulait tenir, comme elle l’avait toujours fait auparavant. Mais force était de constater que la difficulté de sa volonté était mise à rude épreuve et qu’elle s’énervait beaucoup. Elle aimait ses oursons, mais elle détestait l’état dans lequel ils pouvaient les mettre quand elle les portait. Pour sûr, Edrick n’allait pas tarder à en faire les frais par une énième dispute sur le sujet. Mais finissant par prendre du recul, il lui suffisait de poser son regard sur Marthe, Joer ou Benjen pour bien vite calmer son mauvais caractère et s’en trouver plus apaisé. Posant même la main sur son ventre pour le caresser, bientôt cette petite merveille viendrait les rejoindre pour trouver sa place au sein de sa fraternité. La relève était assurée et elle touchait chacune des Mormonts. Même le petit Ed faisait parti intégrante de la fraternité. Bien sûr son handicap était quelque peu discuté, mais il avait fini par être une force à part entière et un lien qui les unissait tous aussi bien frères, sœurs que cousins pour ne former qu’une seule et même unité. Ils étaient des Mormonts.

Pour une fois solitaire dans sa marche quotidienne, Alysane avait déambulé jusqu’en direction des côtes. L’air en était toujours plus vivifiant alors que la bise marine chatouillait doucement ses narines. Le calme y était reposant également au point que cela pouvait l’amener hors du temps. Elle déambula quelques mètres le long, s’attachant à vérifier que l’horizon n’était pas menaçant. D’un blanc immaculé, il donnait l’impression de s’étendre à des miles, il était imprenable. Au moins, personne ne s’aventurerait jusqu’ici pendant un bon bout de temps. Elle remonta la fourrure de manière à cacher un peu plus son cou avant de rejoindre le chemin du retour. Sa démarche se voulait brutale, victime de ce poids qu’elle portait et bien révélatrice de ses origines. Son chemin l’amena jusque vers Jorelle, qui, s’appuyait contre un arbre. Pour l’heure, Alysane la voyait de dos et c’est avec un sourire bien audible à sa voix qu’elle l’interpella. « Tu fais un tour ? » Elle continuait d’avancer et finit par découvrir la lame gisant à même le sol. Comme elle avait pu le penser peu avant, l’opiniâtreté de Jorelle venait de se réveiller. « T’as perdu quelque chose. » Alysane venait de se baisser pour prendre le pommeau de l’épée et l’admira pendant quelques instants avant de franchir la distance qui les séparait pour lui tendre. « T’en fais pas, personne ne saura rien sur ce que j’ai vu. » Un sourire en coin étira l’embrasure de ses lèvres, c’était ça aussi d’être sœur. Etre capable de se taire dans certains moments. « Tu commences ou tu finis ? » lui demanda t-elle alors qu’elle remarquait que sa petite sœur se tenait les côtes. Elle souffrait et cela lui arracha une grimace, pire encore lorsqu’elle pu s’apercevoir que cette dernière pleurait. Alysane ne put s’empêcher de passer son bras par-dessus l’épaule de Jory et la secouer légèrement pour lui montrer qu’elle n’allait pas lui en tenir rigueur. « Allez c’est l’heure de ta pause. On s’assoit un peu pour prendre nos souffles ? Je te jure qu’une fois reposée engrossée ou non je te collerai une raclée. » Elles s’amusaient parce qu’elles avaient toujours été ainsi toutes les deux. Et puis, elle préférait revoir les étincelles défiantes dans le regard de sa petite sœur. Juste pour lui montrer qu’elle allait bien et qu’elles étaient soudées comme elles avaient toujours pu l’être.

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MessageSujet: Re: Only in your eyes Δ Alysanne/Jorelle   Only in your eyes Δ Alysanne/Jorelle EmptyMar 6 Nov - 21:06



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L’an 301, lune 9, semaine 4

Une larme glacée traça un sillon sur la joue de l’ours indomptée, elle avait échappé au contrôle maladif de la jeune femme, déclenchant une cascade de sanglot silencieux. Et tandis que la douleur pulsait entre ses côtes fragilisées, Jory se mordit la lèvre inférieure, c’était pour elle une ultime stratégie pour reprendre la maîtrise de son corps. S’il y avait bien une chose que m’insulaire exécrait, c’était ce sentiment de perte, notamment quand cette sensation de fragilité lui rappelait de mauvais souvenir. Lorsqu’elle était plus jeune, sûrement comme tous les enfants, elle faisait souvent le même cauchemar. Elle était réveillée par des cris qui déchiraient la quiétude de la nuit. Et alors qu’elle se précipitait dans les couloirs dénués de chaleur, elle avait l’impression de courir sur un sol mouillé. Ses pieds glissaient et se dérobèrent dans la chambre de Lyra. Sa sœur gisait sur le sol, transpercé de toute part. Le souffle coupé et la terreur au ventre, Jorelle suivait les hurlements, mais elle ne trouvait que des cadavres. Et ce n’est qu’en regardant par la fenêtre, les yeux remplit de larmes, qu’elle voyait l’homme qui avait massacré les siens prendre une dernière vie. Tantôt, c’était Dacey qu’elle voyait dehors, tantôt, c’était Alysanne. Les rôles pouvaient changer, mais son sentiment restait toujours le même. L’impuissance. Elle n’arrivait jamais à sauver ses sœurs, ni sa mère. Elle était toujours faible devant l’assaillant, mais elle subsistait toujours. C’était là sa plus grande peur, survivre à sa famille alors qu’elle était la plus faible. Jorelle ne pouvait pas supporter cette idée. Alors peut-être que sa situation actuelle ne ressemblait pas à ce cauchemar, mais elle n’arrivait pas à s’en détacher. Car elle revenait à ses angoisses de petites filles, elle était la plus faible et Jorelle avait besoin de retrouver sa force, son sentiment de puissance. C’est pour cette raison qu’elle était aussi dure avec sa personne, qu’elle jouait dangereusement avec ses limites.

Etre vue dans cet état de fragilisé ne lui plaisait pas, encore davantage lorsqu’il s’agissait de ses sœurs. Elle ne voulait pas qu’elles s’inquiètent pour elle et refusait d’être couvé. Jorelle avait été reconnaissante, sa famille l’avait veillé nuit et jour, l’avait aidé à se relever, mais le chemin qu’il lui restait à parcourir, elle devait l’arpenter seule. Cependant, les anciens dieux avaient décidé de jouer avec son ego. Cette voix était reconnaissable. Aly prit entre ses mains un de ses lames. Cela faisait des années qu’elle l’avait. Jory avait décidé d’apprendre à manier les armes des deux mains, au cas où. Si un jour, elle se retrouvait dénué de main droite, elle pourrait toujours se défendre. En y pensant, sa peur d’être faible avait laissé une empreinte indélébile sur sa vie et avait façonné ses choix.

Sa sœur se montrait sous son meilleur jour, et d’une douceur incroyable. Elle lui tendait son épée, la rassurait, la câlinait. Un soutient qui lui était malgré tout important : « Allez c’est l’heure de ta pause. On s’assoit un peu pour prendre nos souffles ? Je te jure qu’une fois reposée engrossée ou non je te collerai une raclée ». Jorelle lui souriait, répondant à ses sourires timides. La jeune femme rangea ses épées dans ses fourreaux, en grimaçant lorsqu’elle plia son bras en arrière. Et finalement, elle essuya ses larmes, ainsi que sa morve. « Toi comme moi, on sait très bien que tu n’y arriveras pas », dit-elle en se moquant légèrement, mais sans réellement d'être humeur moqueuse. L’insulaire s’installa sur une bûche avant de lui demander : « Depuis le temps, j’aurais dû récupérer complètement non ? ». La jeune femme dénoua sa tresse décoiffée avant d’ébouriffer sa crinière. « Je suis juste fatigué d’attendre que tout redevienne comme avant ».
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MessageSujet: Re: Only in your eyes Δ Alysanne/Jorelle   Only in your eyes Δ Alysanne/Jorelle EmptyDim 18 Nov - 11:46



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L’an 301, lune 9, semaine 1

L’impuissance était le pire sentiment qui puisse exister. Une plaie béante qui ne trouvait que rarement baume pour en panser les tiraillements. Et pourtant, ce soin existait. Aussi finement qu’il pouvait se révéler, il n’en restait pas moins une sureté derrière laquelle il était aisé de se réfugier. Une main tendue, un conseil avisé, un encouragement, un geste attendri, ce soin était à même de prodiguer des bienséances capable de vaincre ce néfaste dès lors qu’on le trouvait. Aussi fallait-il simplement se montrer patient, attentif et surtout accepter l’aide des autres. Le rôle d’une sœur consistait à savoir offrir autant qu’à recevoir. S’agissait-il là d’une force qui unissait chacune des Mormonts, celle de savoir que le côté qui faiblissait serait toujours soutenu par l’une ou l’autre sœur. Leur union était une force brute, à même de repousser les plus menaçants. Du moins s’attachaient-elles à le prouver depuis le retour de Lyra. Toutes en avaient été affecté à des degrés différents et toutes cherchaient aujourd’hui à assurer la protection des autres du mieux qu’elles le puissent. Certes, ces dernières s’amoindrissaient au profit des divers enfants présents, néanmoins, tout cela perdurait. Et cette complicité n’avait de cesse que de s’enrichir encore et encore pour se soutenir dès le moindre tracas. L’évidence s’était dévoilée au chevet de Jorelle. Alors que toutes avaient désiré la soutenir, en priant, à restant présentes, en essayant de la ramener vers la réalité et ce même si ses yeux demeuraient clos. Elles y avaient toutes crues et les Anciens avaient été cléments. Ils leur avaient rendue leur sœur, Jorelle. Voilà pourquoi l’impuissance n’en devenait que plus marquée alors que l’on se situait de l’autre côté. Alysane comprenait les tourments qui vrillaient l’esprit de sa jeune sœur. Surtout face à cet exercice qu’elle avait pu réaliser maintes et maintes fois sans aucun problème. Son cœur se déchirait devant la peine qui envahissait Jorelle. Si seulement, elle pouvait échanger leurs places, ainsi sa sœur s’en porterait mieux et recouvrerait son regard de défi, prêt à charrier tout le monde. Hélas, l’impuissance avait également un rôle différent que celui auquel sa sœur se confrontait en cet instant. Et il envahissait l’aînée alors qu’elle soutenait la plus jeune dans l’espoir de lui prouver qu’elle ne lui tiendrait jamais rigueur de quoi que ce soit. Bien au contraire, elle la rendait fière par sa volonté. Par son désir de vouloir aller en avant et donc de regagner au plus vite toute sa dextérité pour retrouver son rôle. Jorelle était également une fervente protectrice de l’île et des Ourses et même si elle éprouvait des difficultés physiquement, elle le serait toujours dans le cœur de chacune.

Toutes les deux s’assirent sur l’une des souches gisant à même le sol. Le manteau blanc s’étendait à perte de vue ou s’éparpillait par-ci par-là les diverses branches des arbres les plus majestueux. L’île avait de ce chaleureux duquel elles étaient incapables de se défaire, tant il leur était bénéfique. C’est ce qui les poussait toujours à recouvrer leurs forces et à profiter de leurs présences, comme elles étaient en train de le faire en ce moment même. Alysane désirait prouver à Jorelle qu’elle ne lui tenait rigueur de rien et que leur relation ne changerait pas. L’amusement et le défi les avaient toujours animés à toutes les deux et elle préférait revoir le sourire sur les lèvres de sa sœur plutôt que cette déception croissante. Et déjà la réponse ne tarda pas à la faire rire. La répartie de sa sœur ne l’avait pas quitté, et elle appréciait la lui retrouver. « ça reste à vérifier. » rétorqua t-elle simplement avec un air qui se voulait faussement innocent. Elle remarqua toutefois rapidement que même si les intentions étaient présentes, le cœur n’y était pas totalement. Ce qui déchirait le sien une fois de plus. Admirant les traits troublés de sa sœur, Alysane finit par laisser son regard se plonger vers l’horizon au moment où cette dernière lui demandait aussi simplement le délai de sa récupération. « J’en sais rien Jo’. » répondit-elle avec sincérité. Pour tout avouer, elle n’avait jamais fais une chute pareille et n’avait pas connaissance dans son souvenir d’un pareil accident. « Je suis pas mestre, mais… Tu marches déjà, tu arrives à tenir fermement les pommeaux, ça paraît normal et logique que tu restes marquée de l’accident. Je sais pas si ça va te revenir comme avant, mais va falloir que tu apprennes à faire différemment ce qui peut être une force aussi. T’auras des coups plus imprévisibles et c’est pas rien pour les ennemis. » Lui confia t-elle alors qu’elle regardait le visage de sa petite sœur cette fois. « T’as déjà testé face à Dacey ? Si tu veux Marthe apprend, je peux lui dire de venir te voir pour que vous vous entraîniez toutes les deux. J’aimerai bien faire de même, mais avec ce … bide prêt à exploser… et les inquiétudes de Dacey, je vais encore me faire engueuler de trop en faire. » Un sourire moqueur naquit sur l’embrasure de ses lèvres alors qu’elle cherchait une fois de plus à rassurer sa petite sœur. « On dirait pas mais je comprends ce que tu ressens. C’est pour ça que t’as petit Ed, apprends lui ce que tu ne peux plus faire. »

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MessageSujet: Re: Only in your eyes Δ Alysanne/Jorelle   Only in your eyes Δ Alysanne/Jorelle EmptyLun 26 Nov - 17:22



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Va falloir que tu apprennes à faire différemment, cette phrase tournait en boucle dans son esprit, telle une litanie qui refusait de disparaître. Ces mots devaient la réconforter, mais ils n’eurent pas l’effet escompté. Jorelle pouvait le voir dans le regard de son aînée, elle essayait réellement de l’aider, mais il lui était douloureux de les entendre. L’insulaire avait un feu en elle qui la consumait à chaque échec, et cela l’insupportait que personne ne comprenne ce qu’elle ressentait. La jeune femme se sentait inutile et vulnérable. Elle n’était pas encore prête à entendre un tel discours, car cela revenait à abandonner. Ce qu’elle se refusait de faire, car cela ranimait de mauvais souvenirs. La Mormont était à l’image de sa famille, une survivante, elle affrontait chaque problème et trouvait un moyen de continuer à se battre pour la vie qu’elle vivait. Cependant, même si elle n’avait gardé que très peu de souvenir de sa chute, elle n’avait pas oublié les sentiments qui l’avait submergé. Ils revenaient peu à peu. Se ravivant encore davantage lorsqu’elle marchait près du lac où lorsqu’elle observait Maève rire aux éclats. Dans ses moments-là, elle se retrouvait comme happée dans une autre sphère. Le monde qui l’entoure ralentissait et avait la sensation qu’un filtre qui la séparait des vivants. Les moindres mouvements devenaient aussi lent qu’un corbeau qui prenait son envol, les bruits environnements étaient engloutis par une sorte de vrombissement indescriptible et l’air qu’elle respirait devenait oppressant. Et alors Jorelle se souvenait de tout ce qu’elle avait ressenti. Quand son pied dérapa, elle fut terrifiée et refusait de partir de cette manière, mais il y eut un moment, à peine quelques secondes avant de fermer les yeux où elle n’entendit plus aucun son, et lâcha prise. Lorsque la douleur la paralysa toute entière, que l’eau glacée la recouvra toute entière, il était déjà trop tard. L’ours indompté avait baissé les bras et c’est tout ce qu’elle se souvenait de sa chute : la peur, le vent qui sifflait dans ses oreilles, le lâcher prise, la sensation d’étrangler et la plénitude. C’était tout ceci qui revenait à elle. Et Jory en avait honte, car elle ne s’était pas battue pour garder les yeux ouverts, pour vivre et voilà où elle en était.

Alysanne lui proposa de s’entraîner avec sa fille, l’idée était bienveillante, mais pour le moment Jorelle était incapable de le voir. Son regard était encore fixé au sol, haussa les épaules pour ne pas à avoir à répondre. Elle avait toujours cette litanie qui envahissait ses pensées. Elle ne savait pas s’adapter, faire autre chose, c’était de cette façon qu’elle se battait, comment pouvait-elle changer cela ? Et encore plus, comment pouvait porter des coups à ses adversaires sans force ? Depuis son accident, elle se demandait si les Anciens Dieux la punissaient, pourquoi avait-il décidé qu’elle tomberait d’une falaise, qu’elle serait sauvée par les eaux, mais qu’elle souffrirait pour devenir quoi ? Devait-elle subir tout cela pour devenir plus mature ? Était-ce une manière pour eux de la faire changer ? De l’endurcir ? La Mormont ne comprenait pas et cela ébranlait sa foi. Ce que son aînée allait s’apercevoir après avoir émis l’idée d’apprendre à Ed ce qu’elle ne pouvait plus faire.

Un voile de colère, perceptible pour sa sœur, s’installa dans le regard de Jorelle. Elle avait relevé la tête et s’il y avait eu des larmes qui avait ruisselé sur son visage de porcelaine, à présent il y en avait plus aucune trace. « Réellement ? Tu penses qu’on m’a envoyé Edwin pour que je puisse lui apprendre ce que je ne pourrais plus faire ? Les Anciens peuvent faire de drôle de farce ! », sa voix transpirait la frustration et la colère qui grandissait dans son cœur. Jorelle avait fait de gros travails sur elle, sur le pardon pour cette jeune ours qui avait provoqué sa fin, mais elle n’arrivait toujours pas à ne pas s’emporter. La Mormont se releva, se baissa pour récupérer sa lame et la rangea dans son dos. La colère avait été un bon moteur, mais elle ne pouvait pas être toujours dans cet état, mais elle transpirait dans sa voix : « Donc tu n’as pas d’espoir c’est ça ? Si c’est le cas, moi je n’abandonne pas, tu verras. Je ne serais pas un vieux soldat estropié qui a des disciples ». La jeune femme alla prendre une petite planche de bois dans une main et dans l’autre les petites balles faites de sables qu’elle utilisait. Elle les donna à sa sœur pour qu’elle lui lance, Jorelle lançait la balle pour se muscler les bras. Et avant que sa sœur se mette en position, elle se murmura à elle-même : « Je ne serais pas inutile ».
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MessageSujet: Re: Only in your eyes Δ Alysanne/Jorelle   Only in your eyes Δ Alysanne/Jorelle EmptyDim 6 Jan - 10:38



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L’an 301, lune 9, semaine 1

La situation donnait lieu d’échapper aussi bien à l’aînée qu’à la cadette. En effet, alors que les encouragements d’Alysane désiraient simplement entraîner une nouvelle opportunité par le biais d’une vision différente à Jorelle, voilà qu’elle constatait que quelque chose veillait à différencier tout cela. Le silence qui les entourait, l’impression d’avoir évoqué quelque chose qu’elle n’aurait as du. L’Ourse ressassait ses mots de manière à puiser dans ces derniers l’élément déclencheur qui aurait pu entraîner cette réaction, mais ne trouvait rien. Cela n’était pas dans ses cordes, de réfléchir avant de s’exprimer… Un trait de caractère qu’elles partageaient avec Jorelle et qui veillait, d’ordinaire, à attiser les moqueries plutôt que cette sorte de flottement qui planait sur elle. Les sourcils de la jeune femme se fronçaient sans retenue alors qu’elle jaugeait de la posture de sa petite sœur. Elle n’y comprenait rien du tout, et n’attendait qu’une chose, qu’une explication se confie à elle pour tenter de percer cette incompréhension totale. Le regard duquel elle se heurtait lui rappelait combien la difficulté de l’instant était palpable pour Jorelle. Et cela lui arracha une partie de son cœur alors qu’elle n’avait jamais voulu la heurter de cette manière. Qu’avait-elle pu dire pour engendrer un tel comportement ? « Quoi ? » se contenta t-elle de laisser échapper alors qu’elle laissait nettement percevoir ce flottement derrière lequel elle ne comprenait plus grand-chose. Après tout, n’était-ce pas un bon conseil que d’opter pour une vision différente pour mieux surprendre ses ennemis ? Si on lui avait dit qu’un jour ses conseils seraient aussi moralisateurs que ceux de Dacey, Alysane aurait ri au nez de celui qui aurait avancé cette idée. Mais pour une fois, l’Ourse comprenait son aînée. La manière dont elle pouvait ressentir les aléas qui lui échappaient alors que ce qu’elle concevait n’était autre qu’un meilleur pour les autres. Elle pouvait se projeter à sa place et endosser ce caractère plutôt ferme qu’elle n’optait généralement que pour ses enfants. Et cela lui faisait mal au cœur que de constater que sa sœur ne la comprenait pas. Le silence s’abattait un peu plus sur cette scène, la confinant derrière les toisons de neige qui n’avaient de cesse que de recouvrir les moindres espoirs dissimulaient dans cette forêt. Le froid glaçait bien une partie du cœur de l’île et il était probablement en train de geler également ce qui fondait cette dernière : celui des ourses. Les mots s’enchaînaient, veillaient à émettre des hypothèses sur les entraînements à venir. En vain. Selle cette colère surplombait le reste et tenait lieu de menacer les relations de sororité qu’elles se plaisaient pourtant à partager.

La blessure dépassait largement le stade physique, elle était bien plus profonde que ce que Jorelle voulait laisser entrevoir. Elle touchait son être tout entier, son entité à part entière et le rôle qu’elle avait eu à jouer jusqu’à aujourd’hui. Un rôle que personne ne lui reprochait et ne lui tiendrait rigueur pour ses changements, mais le cheminement n’avait pas encore été accepté par l’esprit de sa petite sœur. Voilà probablement ce heurt devant lequel Alysane était confronté. Cette acceptation qu’elle se devrait de tenir en exergue et de développer pour que Jorelle puisse faire la paix avec elle-même. Peut-être était-ce cela qui l’offusquait à ce point ? De voir la complaisance des autres pour lui venir en aide, alors qu’elle n’aspirait qu’à trouver une personne pour lui dire la vérité ? A moins que cela soit l’inverse. La complexité de cette réflexion incitait Alysane à souffler d’agacement, non elle n’était pas diplomate et oui il fallait lui dire clairement les choses de manière à ce qu’elle puisse venir en aide en retour. C’est ce qu’elle crut comprendre alors que sa jeune sœur prenait enfin la parole dans cette colère bien prescriptible. Apparemment, Jorelle n’acceptait pas son rôle de « mère », pas sous cette optique, pourtant il s’agissait bien là de la clé qui permettrait la survie de l’île aux ours. L’instinct maternel de l’Ourse fut touché en plein cœur alors que ses sourcils se fronçaient à nouveau pour tenter de comprendre l’empressement mais surtout la remise en question des Anciens Dieux à ce sujet. « Tout rôle de mère est d’instruire et de pousser ses enfants à se dépasser. Que tu le veuilles ou non Jo, Ed doit savoir se défendre et défendre les siens pour assurer la survie de tous. » Doucement, son regard toisa celui de sa sœur pour essayer de comprendre ce qu’elle pensait de sa réplique. Mais cela était compliqué. « Les Anciens ont probablement une idée de la manière dont tu te serviras de tout ce qu’il s’est passé. Personne ne pourra te donner de réponse à ce sujet. »

Son regard toujours fixe dans celui de sa sœur, Alysane appréhendait ce qui allait se passer. Quelque chose n’allait pas… Elle pouvait le sentir dans le silence de Jorelle, mais également dans cette sorte de retenue qu’elle voyait sur son corps. Et rapidement, ce qu’elle appréhendait vient à lui exploser au visage alors que sa jeune sœur se redressait, déterminée, et commençait à laisser sa colère s’exprimait par le biais de ses gestes. « J’ai jamais dis que j’avais pas d’espoir ! » la reprit-elle tout en s’offusquant à son tour. Les ourses avaient ce tempérament de feu qu’elles détenaient toutes et la patience n’habitait que très rarement leurs mœurs. Mais heureusement, la suite des paroles de Jorelle veillèrent à calmer ses ardeurs et l’incitèrent plutôt à adopter un sourire en coin devant sa volonté de continuer à se battre. Là elle reconnaissait bien sa sœur, toujours prête à combattre aussi bien ses ennemis qu’elle-même. Pourtant, il persistait cette retenue qu’elle n’aurait de cesse que de trouver par elle-même en acceptant sa condition. « Tu seras une vieille branche alors. » rétorqua t-elle dans le but de faire rire sa sœur. En vain… Bientôt elle se prendrait surement une des balles de sable qu’elle lui tendait. S’en saisissant dès que cela lui fut tendu, Alysane se redressa tant bien que mal avec son bidon à la place de son ventre et entreprit de lancer quelques unes des balles dans les airs. Son rythme était prévisible en raison de sa condition, pourtant, elle essayait de tenir la cadence et de feinter pour quelques lancés. « Tu vois qu’t’as d’nouveaux réflexes. » laissa t-elle échapper alors que Jorelle réussissait une fois encore à transpercer la balle. Cela lui faisait plaisir que de la voir réussir, de lui permettre de retrouver une confiance en elle et ses capacités. « Un peu plus et tu l’avais sur la tête celle là. » s’amusa t-elle tout en se mettant à rire. Après tout, même si elle l’entrainait, elle pouvait s’amuser.

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MessageSujet: Re: Only in your eyes Δ Alysanne/Jorelle   Only in your eyes Δ Alysanne/Jorelle EmptyLun 28 Jan - 11:25



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L’an 301, lune 9, semaine 4

Ce n’était que des sons qui se percutait à son oreille, des bourdonnements tout aussi inaudibles que de désagréables, devenant l’écho de ses propres battements de cœur. Elle le sentait battre dans sa poitrine, si fort que n’importe qui pourrait l’entendre résonner entre ses os. Et pourtant, même si aucun bruit ne semblait l’atteindre, Jorelle avait tout entendu, la moindre syllabe, chaque mot, jusqu’à son intonation. En réalité, c’était comme-ci elle assistait à cette scène à travers un voile cristallin, en n'étant pas tout à fait présente. Pourtant, elle n’avait raté aucune miette de cette discussion qui les menait, l’une comme l’autre, sur un terrain glissant.

Selon sa sœur, le rôle d’une mère était d’instruire, de pousser sa descendance à se dépasser pour défendre son peuple, mais Jory n’était pas une maman. Elle n’avait pas porté d’enfant en son sein, l’abritant à travers cette chaire qui la constituait. Il n’eut pas d’accouchement pour elle, l’insulaire avait trouvé Edwin dans un panier, emmitouflé dans une fourrure blanche, hurlant tant le froid et la faim le tenaillait. Ce petit ours était voué à la mort, mais elle lui avait offert une chance de survivre en le ramenant dans sa famille. Il était devenu sa responsabilité, mais cela ne faisait pas d’elle une mère. Elle n’était pas comme ses sœurs, s’occuper de lui n’avait pas déployer cet instinct maternel que beaucoup de femme semblait avoir. Et plus ce mot était utilisé pour la décrire, plus Jorelle se refermait sur elle-même. Cela représentait trop de pression pour elle, car ça lui rappelait qu’elle n’était pas dans la norme et ainsi, qu’elle n’était pas normale. Bien sûr, elle donnerait sa vie pour protéger Edwin, mais elle agirait de même pour le fils d’un pêcheur, pour n’importe qu’elle insulaire. Ce qui faisait d’elle une personne ayant une relation particulière avec l’idée du sacrifice, mais pas une mère au sens commun du terme. Alors lorsqu’elle entendit ce terme, la jeune femme serra ses doigts contre ses paumes de main, enfonçant ses ongles dans sa peau, laissant apparaître des croissants de lune dans celle-ci. Et en dehors de tout ça, par-dessous tout ce que Jorelle pouvait accepter d’entendre, elle ne supportait pas les morales.

Jory préférait se taire, se mordant aussi fort qu’elle pouvait l’intérieur de sa joue. Elle pouvait sentir le goût amer du sang qui provenait de sa morsure. Cela faisait déjà longtemps qu’elle préparait son entraînement, se privant elle-même la vue pour s’adapter au mieux à sa condition, donnant des exercices qui ressemblaient à des jeux, mais elle n’oubliait pas non plus qu’il n’était qu’un enfant.

Il était de fait connu que les Mormont pouvaient s’embraser tel un feu de joie et possédaient leurs propres temporalités. En un claquement de doigts une dispute pouvait se transformer en discussion sérieuse ou en crise de rires, mais malheureusement pour Alysane, sa jeune sœur n’était pas prête à passer à autre chose. Encore moins lorsqu’elle se fit comparer à une vieille branche. Mais une fois encore, elle serra les dents, bouillonnants à l’intérieur, sentant la moindre fibre de son corps se contracter tant l’effort était important. Elle ne disait aucun mot, mais tout son corps trahissait sa pensée qui assombrissait son regard. Les actions de sa sœur étaient emplies de bienveillance, mais ce n’était pas de ça qu’elle avait besoin. Elle ne voulait pas sa pitié, ni sa compassion, ni ses morales. Elle voulait simplement être écoutée, véritablement écoutée, que quelqu’un lise entre ses mots, qu’il entende toute sa fragilité et toutes ses craintes sans la juger, sans qu’elle se sente anormale.

Avec tout ses efforts, ses entraînements, Jorelle avait réussit à reprendre une certaine force, elle arrivait à tenir le rythme. À chaque fois qu’elle tapait dans une de ses balles de sables, elle y mettait toute sa fureur, tout son désespoir. Cela avait un certain effet thérapeutique, mais elle ressentait toujours cette ébullition en elle qui était prête à jaillir de sa personne. Un mot, une simple petite voyelle ébranlerait la moindre de ses convictions et laisserait ce flot de colère couler de sa bouche, mais elle n’arrivait plus à se taire, car ça devenait beaucoup trop douloureux : « j’avais déjà ses réflexes ». Ses mains, meurtries par ses propres ongles, laissèrent tomber ce bâton qui avait été l’extension de son bras. Et avant même de s’emporter, Jorelle se détourna de sa sœur en haussant la voix : « Je dois y aller ».

-----

Jorelle avait marché, longtemps, pour reprendre le contrôle sur cette colère qui la paralysait. Cela avait pris beaucoup de temps, peut-être parce que cette fois, le sujet de cette discorde la touchait de trop près. De toutes les enfants Mormont, elle était la plus imprédictible, certaine fois une insulte pouvait glisser sur elle sans qu’elle estime le moindre de monde avait été insulté et d’autres fois, elle explosait.  

Les bras chargés de bois, Jory s’avançait vers la maison de son aînée. Le poids lui tuait les bras et le dos, mais elle continuait, jusqu’au moment où elle atterrit devant cette porte. En toquant avec son pied, une des bûches tomba sur le sol au moment où elle vit le minois de sa sœur : « Marthe m’a demandé de rapporter du bois ». Elle rentra dans la maison sans y être invité et déposa le tous sur sa table : « elle est partie avec le jeune Tom, l’aider pour je ne sais quoi ».
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MessageSujet: Re: Only in your eyes Δ Alysanne/Jorelle   Only in your eyes Δ Alysanne/Jorelle EmptyDim 10 Fév - 10:35



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Plus elle s’exprimait et moins Alysane comprenait ce qui avait pu changer de cette manière la conversation entre Jorelle et elle. Elle pouvait concevoir les blessures qui avaient eu raison d’elle depuis sa chute, les responsabilités que cela impliquait et par conséquent la frustration qui allait de pair avec cette impression de ne plus être serviable. Néanmoins, l’aînée des deux Mormont ne pouvait s’empêcher de ressasser ce qu’elle avait pu émettre et la manière dont les choses avaient tourné de cette façon là. Etait-ce le fait d’appuyer sur les difficultés de Jorelle et par conséquent sur ce dont elle devait faire à présent ? Ou était-ce simplement la vérité qu’elle avait du mal à entendre ? Pour dire vrai, Alysane en venait à se demander s’il ne s’agissait pas de ce deuxième point, qui, avait tourné la situation de cette manière précise. Car plus elle se heurtait au réalisme et plus les comportements de Jorelle veillaient à se mettre sur la défensive. Chose qu’elle concevait tout à fait, puisqu’elle-même pouvait également ressentir de cette frustration en raison de son état actuel. Comment une femme enceinte pouvait-elle se battre en cas d’invasion ennemie ? Comment pouvait-elle redresser son épée à deux mains sans craindre de perdre l’enfant qu’elle portait ? Cela en était impossible, voilà pourquoi Alysane acceptait surement mieux sa situation que ce que sa petite sœur pouvait le faire. Aussi parce qu’elle savait que cet état n’était que temporaire et qu’elle finirait par retrouver son bouclier et son épée à un moment donné. Chose qui devait probablement faire défaut à sa sœur. Cependant, plus elles avançaient dans cette conversation et moins Alysane reconnaissait Jorelle. Ou était sa sœur prête à défier les lois de la nature pour se relever et affronter le monde ? Ou était son caractère passionné et aventurier qui n’était pas prêt à en découdre ? Depuis quand Jorelle se laissait berner par ses désillusions alors qu’elle désirait plus que tout rejoindre la Garde de Nuit.  Peut-être était-ce la succession d’évènements qui avait simplement eu raison d’elle ? Une mauvaise passe ? Ou la situation actuelle qui se révélait de plus en plus difficile pour l’ensemble des insulaires ? A dire vrai, Alysane n’était pas la plus douée pour lire entre les lignes, Dacey ou Lyra étaient surement les plus à mêmes de répondre à cette question plutôt qu’elle. Et c’était d’ordinaire ce comportement là qui les rapprochait Jorelle et elle, tant elles se ressemblaient sur ce point. Point qui leur faisait défaut aujourd’hui et qui amenait le cœur de la plus âgée à se tordre dans tous les sens tant elle voulait libérer la plus jeune de toute cette colère. Peut-être qu’en la laissant exploser au grand jour elle se sentirait mieux ? Après tout, Alysane était ainsi, pourquoi cela serait différent pour Jorelle ? Un nouveau soupir lui échappa devant cette situation qui lui était inconfortable. Si seulement, elle était en mesure de pouvoir prendre ce mal qui rongeait Jorelle pour mieux la libérer. Elle l’aurait fait sans retenue, les yeux fermés, mais surtout elle l’aurait enterrer dans un coin de son esprit pour que plus jamais sa sœur ne la ressente. Pour l’une des rares fois de son existence, Alysane comprenait Dacey.

Le silence accroissait un peu plus ce ressenti, ne cessait de lui renvoyer combien elle était inadaptée en cet instant. Pourtant, elle avait cru que parler d’Edwin serait une solution. Mais ce pauvre petit garçon paraissait être un moyen supplémentaire pour énerver un peu plus sa cadette. Alysane se maudissait intérieurement de ne pas parvenir à rassurer Jorelle. Plus elle lui tendait la main et plus elle avait l’impression que cette dernière la repoussait aux fins fonds de l’île. Comment remédier à la situation ? Cela en devenait de plus en plus impossible alors que l’enfermement de Jorelle traduisait son agacement. Pis encore, elle s’isolait à sa manière en voulant s’entraîner encore et encore. Et plus elle l’a voyait agir ainsi, plus Alysane comprenait que ce n’était pas la solution qui l’aiderait à affronter sa situation. Elle comprenait à présent que Jorelle avait besoin d’accepter sa condition, pas de se prouver qu’elle était capable de tout, mais bien d’accepter. Et comment le faire ? L’aînée avait jugé bon d’allier son amusement à la situation, en vain. Toutes les deux étaient démunies, si bien qu’Alysane ne savait plus comment faire. Il n’y avait aucune appréciation dans les comportements de la plus jeune, alors qu’elle réussissait à frapper ses coups, il n’y avait que de la colère qui devait s’exprimer par un moyen. Et alors que les choses auraient probablement pu exploser et donc soulager la jeune fille, sa décision de fuir coupa court à toute bonne intention. Laissant alors Alysane pantoise, fronçant ses sourcils signe de son incompréhension. Mais elle ne la retint pas. Au contraire, elle lui laissa l’opportunité de choisir son propre destin, de se laisser aller vers cette colère qu’elle retenait trop et qui la rongeait. Peut-être plus tard parviendraient-elles à se comprendre ? Voilà le message qu’elle essayait de traduire dans sa position de grande sœur alors qu’elle regardait la silhouette de Jorelle s’éloigner. Un regard attristé, Alysane se baissa non sans se tenir le ventre pour ramasser les quelques effets qu’elles avaient laissé là, avant de s’assoir sur cette même place que toute à l’heure, dans l’éventualité où Jorelle reviendrait.

Mais elle ne revint pas. L’Ourse attendit trente minutes avant de finalement se relever de sa place et se diriger vers sa cabane de bois. Soucieuse quant aux attitudes de sa petite sœur, elle cherchait le moyen de l’aider. Lorsqu’elle pénétra les lieux, l’humidité lui donna l’impression de ronger ses os et tant bien que mal, la jeune femme entreprit de rallumer le feu qui s’était éteint durant son absence. Marthe était absente ainsi que les garçons, probablement occupés avec leur père. Son ventre lui arracha une nouvelle grimace alors qu’elle effectuait des gestes qu’elle pouvait faire tous les jours. D’ici peu l’enfant naîtrait, elle en connaissait les signes avant coureur, et elle se demandait si il ne serait pas là d’ici la fin de la semaine. Pourtant, Alysane ne montrait rien, tant le sujet ne lui paraissait que secondaire en raison du reste. Plongée dans ses pensées, massant son ventre arrondi, la jeune femme finit par soupirer d’agacement alors qu’aucune bonne idée ne lui venait en tête. Etait-elle une si mauvaise sœur pour ne pas arriver à aider Jorelle ? Apparemment oui… Un bruit sourd l’extirpa de ses pensées alors qu’elle reconnaissait bien vite la voix de sa cadette à sa porte. Sa vision lui arracha un sourire en coin, heureuse de constater qu’elle lui revenait d’une certaine manière. « Merci Jo’. » rétorqua t-elle simplement. « Me dis pas qu’elle va devenir comme sa mère ! J’ai pas envie d’être grand-mère déjà ! » Alysane appréciait se moquer d’elle, cela faisait partie de son caractère. Et elle invitait toujours les autres à en faire de même. Son sourire s’agrandit alors qu’elle laissait son regard inviter sa sœur à la rejoindre près du feu, regard qui exprimait également sa gratitude quant à sa venue. « Laisse le bois là où il est, j’m’en occuperai plus tard. » en réalité il s’agissait là d’un moyen détourné pour ne pas montrer à Jorelle qu’elle n’allait pas bien, que son ventre lui faisait des siennes parce que les coups donnés par l’enfant la faiblissait. « T’as d’jà vu un feu follet ? » histoire de dédramatiser la situation, mais aussi pour lui prouver qu’elle ne lui en voulait pas pour toute à l’heure. Alysane n’attendait pas d’excuses, au contraire, c’était à elle de lui présenter les siennes pour l’avoir mené vers cette colère. Mais elle préférait que toutes les deux soient posées pour pouvoir amener le sujet.


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MessageSujet: Re: Only in your eyes Δ Alysanne/Jorelle   Only in your eyes Δ Alysanne/Jorelle EmptyLun 11 Mar - 23:28



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Jorelle ne pouvait pas expliquer pourquoi c’était ce souvenir qui lui revenait en mémoire, mais lorsqu’elle aperçut la douceur du regard d’Alysane, elle ne put s’empêcher de revoir ces images du passé. Ces temps-ci, cela lui arrivait de plus en plus, comme-ci que son accident avait fissuré une boîte qui préservait chacun de ses souvenirs et qu’à présent, ils se distillaient petit à petit. Pourtant, même si elle ne pouvait nier leurs véracités, la Mormont avait parfois l’impression qu’ils appartenaient à une autre, provoquant alors un sentiment d’étrangeté. Car en réalité, elle n’arrivait pas toujours à discerner du vrai du faux, est-ce que ces réminiscences étaient réellement les siennes ou son esprit lui jouait-il des tours ? Sa chute avait provoqué des séquelles sur son corps, certes, mais il n’était pas le seul à avoir subi des dommages. La jeune femme avait dû faire travailler son esprit, sa mémoire et certains souvenirs, effacés, lui avaient été rappelés. Et étrangement, à force de les entendre, elle avait la sensation de les revivre, sans être réellement certaine qu’ils venaient d’elle. Durant sa convalescence, la Fleurette venait raconter des histoires aux enfants qui avaient élu domicile dans sa chambre. Le plus souvent, c’était celle du petit garçon qui avait volé un clairon pour apprendre à en jouer. Et à chaque fois que les enfants réclamaient celle-ci, la Fleurette expliquait à quel point Jorelle aimait cette histoire et de quelle manière elle s’était prise pour reproduire cette invention. Si bien qu’à force, c’était elle la protagoniste du récit. La jeune femme ne comprenait pas pourquoi elle mettait un point d’honneur à le dire à chaque fois, mais le fait était qu’à présent, elle avait l’impression de s’en rappeler, sans en être vraiment certaine.

Cependant, pour cette réminiscence qui venait d’avoir lieu, Jorelle savait qu’elle l’avait juste oublié et qu’il revenait en surface à ce moment-là. Quand elle était enfant, on lui apprenait les maniements des armes, on la poussait dans ses retranchements pour qu’à chaque fois, elle trouve une manière de continuer la lutte. Une jolie façon de dire : continuer à survivre. Lorsqu’elle ne s’entraînait pas avec ses sœurs, la jeune Jory allait dans le village d’à côté et retrouvait ce vieux guerrier qui enseignait à ses petits-enfants les arts de la guerre. Cet homme, aux allures de géant, ne gâchait jamais sa salive pour des compliments non mérité. Il était dur, mais c’est avec lui que la Mormont avait le plus appris. Le soldat ne pouvait plus se battre aujourd’hui, plus comme avant du moins, il avait troqué ses épées contre des filets de pêche. Mais jamais il n’avait montré un signe de mécontentement, comme-ci qu’il avait été préparer à ça. De vivre une autre vie, d’enseigner et de continuer à lutter, mais différemment. Très jeune, Jorelle avait appris l’importance de l’unité, une valeur très chère à cette île et aux yeux de sa maison, mais c’est ce vieux pêcheur qui lui avait enseigner le plus important. Et alors qu’elle se retrouvait face à sa sœur, la demi Tully se rappelait ses paroles qui avaient eu tant d’impact sur elle, mais qui finalement, pouvait lui enseigner, des années plus tard, une autre leçon : il est facile d’armer son bras, le plus difficile est d’être désarmé et d’agir pour le meilleur de l’île. Elle n’a pas toujours besoin d’un guerrier pour continuer la lutte. On a tout un rôle à jouer, même si celui-ci ne nous plaît pas toujours. À l’époque, elle pensait que cet enseignement devait signifier que la Mormont devait d’avantage utiliser les mots que la force car les conflits peuvent se résoudre avec d’autres méthodes. Elle était très loin de réussir à agir de la sorte. Toutefois, à la lumière de sa discussion endiablée avec son aînée, son état actuel et de celui de ce vieux pêcheur disparut depuis longtemps, elle se demandait si cette pensée n’était pas une façon d’accepter sa nouvelle vie. Il avait réussi là où Jorelle échouait. En effet, l’île survivrait sans elle, les habitants pouvaient se défendre eux-mêmes et sûrement, ses talents actuels seraient plus utile autre part, mais lâcher prise ne faisait pas partie de ses prérogatives. Et si le vieux pêcheur à la peau tanné par le sel et dont les cheveux blonds perdaient leurs éclats à chaque fois qu’il partait pêcher n’aurait pas baissé les bras, peut-être qu’il serait encore parmi eux. Personne ne sut réellement ce qu’il s’était passé, il avait simplement disparu en mer. La mormont savait parfaitement qu’elle n’était pas juste avec cet homme qu’elle avait tellement idéalisé, mais elle n’était pas prête à suivre son exemple et préférait censurer tous les sujets relatifs à son accident.

La Mormont lui rendit son sourire et tout en allant déposer les bûches sur sa table montée sur patins, Jorelle répondit à son auto-dérision : « il y aurait bien plus effrayant, maman serait arrière-grand-mère ». Les filles de cette maison ne fonctionnaient pas de la même façon quand il s’agissait des hommes, si différente des autres dames et si différente entres-elles. De ce que Jory en savait, Dacey n’avait pas fréquenter beaucoup d’homme avant d’être enceinte de ce valois qui l’avait fait rire et avait aujourd’hui fondé sa propre famille avec celui qu’elle considérait comme son mari. Elle avait déclaré devant les anciens dieux son amour pour lui et cela leur suffisait. Quant à Alysane, elle a eu tous ses enfants avec le même homme, mais refusait, à l’image des ours, de le prendre officiellement comme époux. Il pourrait lui offrir des gemmes les plus brillantes, elle refuserait quand même. Jory était persuadé qu’elle n’avait partagé son lit qu’avec lui, mais jamais elle ne l’avait questionné sur ce sujet. Et il y avait Lyra, celle qui avait connu un mariage dans la violence, mais qui avait été annulée. Elle était celle qui attendait le grand amour et qui ne souffrirait d’aucune tromperie. De la même manière, l’insulaire ne l’avait jamais questionné sur ses relations avec les hommes. Il était amusant de constater que des femmes aussi libres ne discutent pas de ce genre de chose. Et puis il y avait Jorelle, celle qui n’avait pas besoin d’avoir de sentiment ou même de connaître son nom pour partager du bon temps. Certes, elle aurait pu être enceinte, mais l’ours faisait tout ce qu’elle pouvait pour éviter cette éventualité. Finalement, elle pourrait ressemblait à sa mère pour ça, avoir des enfants d’homme différent.

La jeune femme, toujours en train de lutter pour que les bûches restent en place, se laissa continuer à ses pensées : « ce qui est bien avec le fait d’avoir plein de tantes, c’est qu’elle peut suivre plein d’exemple différent ». Elle avait le choix et surtout celui de suivre son cœur, si elle voulait vivre une idylle avec ce jeune homme qui s'en met souvent plein la lampe, alors soit. Mais si elle pouvait trouver mieux… Jorelle continuait à sourire : « et t’inquiètes pas, elle a assez d’enfants autour d’elle pour en être dégoûté ».

L’insulaire avait bien perçu que le teint de sa sœur, d’habitude plus rosée était à présent aussi blanc qu’une poupée en céramique, mais elle avait considéré que c’était normal. Elle avait assez vu ses sœurs enceintes pour percevoir les changements dus à la grossesse. Alors elle n’en fit rien, elle préférait la laisser gérer sa souffrance et l’aider de manière détournée, comme par exemple, aller lui chercher du bois. C’était cette technique que les autres essayaient sur la quatrième fille Mormont, mais on ne retourne pas les stratégies du vieil ours. Jorelle s’installa à ses côtés et fut surprise de sa question : « une grosse luciole ?».
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V



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MessageSujet: Re: Only in your eyes Δ Alysanne/Jorelle   Only in your eyes Δ Alysanne/Jorelle EmptyDim 17 Mar - 11:53



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L’an 301, lune 9, semaine 1

Le passé savait être difficile et douloureux à sa manière. Aussi bien parce qu’il se révélait espiègle en rappelant des souvenirs qui décimaient une famille, mais également parce qu’il rappelait combien les années agissaient sur tout un chacun. Certes, l’expérience favorisait la bonne audace de tous, conférant ainsi certains réflexes non acquis dans la jeunesse, mais il émettait également ses réserves quant aux capacités qu’il était aisées de réaliser avant et plus compliquées dans le présent. Chacun portait son propre fardeau dès lors que le passé était mis en avant, chacun avait, à un moment donné de sa vie, à se confronter à des souvenirs nostalgiques, restait à savoir s’en détourner pour mieux appréhender le présent. Alysane en comprenait l’envergure pour Jorelle. Cela ne pouvait qu’en être d’autant plus évident alors que ses facultés physiques avaient changé depuis l’accident. La frustration avait fait son effet sur la plus jeune, état que l’Ourse comprenait pour en ressentir exactement les mêmes attraits de son côté. Certes, leurs situations étaient différentes à toutes les deux, mais pourtant le résultat en restait le même. Il leur fallait s’acclimater à leur condition, apprendre à faire avec, comme on avait pu le leur répéter à tout va. Et le plus difficile résidait dans le fait de parvenir à l’accepter. Combien de fois Alysane s’était-elle retrouvée devant le fait accompli alors qu’il lui était impossible de soulever le sac de rondins de bois ? Combien de fois avait-elle pesté contre les Anciens Dieux parce qu’ils l’obligeaient à devenir ainsi ? A se sentir affaiblie de cette manière et ne plus pouvoir répondre à ses responsabilités devant l’unité de l’île ? Le nombre était si conséquent que cela en était devenu une habitude, qui, s’amoindrissait à chaque fois qu’elle portait pour la première fois l’un de ses enfants et qu’elle comprenait qu’elle participait à sa manière à la prochaine unité des Ours. Jorelle, de par son accident, se trouvait contrainte à ne plus pouvoir exercer les mêmes tâches qu’auparavant. Néanmoins, il demeurait cette transmission que toutes les reconnaissait. Elle était celle qui contait le mieux, qui savait apporter cette étincelle suffisante pour amener la vie là ou les livres l’ôtaient. Ses détails n’avaient de cesse que de rappeler combien elle aimait vivre tout simplement, et elle était capable de le transmettre à qui voulait bien l’entendre pour apporter un désir de plus à la bonne survie de leur maison. Se battre faisait partie intégrante de leurs mœurs et leurs coutumes, si bien, qu’il leur semblait impossible de survivre ici, sans en effectuer le rôle prépondérant. Et pourtant, la survie mettait aussi en évidence autre chose : la transmission. Jorelle ne le comprenait pas encore, mais son aînée lui souhaitait d’accepter cette tournure pour mieux recouvrer sa force d’antan. Le chemin en serait difficile, ça, toutes le savait, mais elle y gagnerait bien plus. Et peut être en sortirait-elle victorieuse et épanouie enfin ? Les quelques heures qui les séparèrent toutes les deux eurent le bénéfice de rappeler à Alysane combien Jorelle et elles se ressemblaient. Souvent emportées par leurs impulsions, elles ne voyaient les messages cachés, quand elles y parvenaient, que bien plus tard et trouvaient toujours le moyen de se faire pardonner à leur manière. Elles étaient des sœurs et comme toutes sœurs arrivaient toujours le moment où les disputes délayaient les langues bien trop rapidement, sans même qu’elles ne pensent un seul mot. L’Ourse était souvent victime de son sarcasme et de son mauvais caractère, voilà pourquoi elle ne tenait pas rigueur à sa petite sœur de son énervement de toute à l’heure. Elle la connaissait et savait qu’elle finirait par lui revenir et toutes les deux sauraient trouver le moyen de se pardonner mutuellement.

Il lui semblait même que ce moment était arrivé alors que la porte de sa cabane s’ouvrait sans ménage. Laissant apparaître une Mormont emmitouflée sous d’épaisses fourrures, dont des flocons de neiges s’étaient incrustés par-ci par-là de son épaisse chevelure. Le sourire était apparu à la plus âgée des deux alors que la seconde dévoilait son caractère prévenant à son encontre. Il n’y avait pas besoin de mot, tout venait d’être pardonné en ce moment même. Au moins, elle n’aurait pas à chercher pendant des heures qu’une bonne idée s’impose à elle. Jorelle l’avait devancé et elle en était bien heureuse. « Grand-mamie Mormont ! » ne put-elle retenir avant d’exploser de rire devant cette appellation qui ne paraissait pas du tout naturelle. En effet, cela donnait un caractère sage à Maege, caractère qui n’était en rien pour la définir tant elle était intrépide aussi bien dans ses actes que dans ses paroles. La figure de l’Ourse sculptée dans le bois qui ornait la grand-salle de la maison mère s’imposa alors devant ses yeux, comme si cela signifiait tous ces messages qu’elles ne parvenaient pas à se délivrer. La transmission s’imposait une fois encore face à cette conversation que toutes les deux prenaient sans même en prendre réellement conscience. Et puis, rapidement, l’Ourse parvint à revenir à la réalité en secouant légèrement sa tête. Laissant pour cette fois le visage de sa propre fille, Marthe, se dessiner devant ses yeux. Son sourire n’en devint que plus grand alors que des souvenirs se mêlaient, lui rappelant combien la petite fille devenue grande bien trop tôt, lui était d’une fierté sans précédent. Elle détenait de cette force propice aux Mormonts, de cet héritage bien défini qui rappelait combien la nature avait un rôle primordial ici. Et puis, les éclats de rire de l’enfant se rappelaient à elle comme les siens auparavant. Comme lorsqu’elle s’échappait pour retrouver Edrick et élaborer de nouvelles aventures dans lesquelles ils n’avaient peur de rien. L’expérience avait favorisé leur apprentissage à tous les deux, tout comme elle avait su le faire pour chacune des Mormont. « C’est vrai que c’est pas la plus gâtée niveau enfants… » prononça t-elle tout en affichant une moue bien significative du fond de sa pensée. Marthe avait à sa manière beaucoup à donner. Elle devait remplir son rôle de Mormont, mais avait également à s’occuper de la plupart de la marmaille de ces dernières. « J’en viendrai presque à la plaindre en fait… Heureusement que vous l’amenez avec vous dans le Conflans, ça lui fera du bien de passer du temps avec vous deux. » Lourdement, ses épaules se relevèrent pour s’abaisser avec puissance et nonchalance. Mais ses yeux devinrent plus cyniques et son sourire plus rieur. « J’compte sur toi pour qu’elle soit moins dans les jupons de Dacey ! » lui confia t-elle comme pour répondre en sous entendus à sa remarque concernant les exemples de ses tantes.

Et puis l’invitation les mena à se retrouver l’une à côté de l’autre. Profitant de la chaleur du foyer juste devant elles, Alysane ne retenait pas ses grimaces en raison des maux de son ventre, caressant ce dernier avec insistance dans l’optique d’en calmer les quelques tracas. Et désireuse de rassurer sa sœur sur tout ce qu’elles avaient été amené à partager depuis toute à l’heure, l’aînée entreprit une conversation dont elle n’en connaissait pas le moins du monde le ressort. « Ouais ça là… Marthe m’a dit en avoir vu près du lac. J’ai trouvé ça bizarre, on en a déjà eu ici ? » Dans son souvenir, l’Ourse n’avait jamais eu l’occasion de voir ce genre d’évènement, de même qu’elle n’en comprenait ni la signification ni même la manière dont cela se concevait. Mais avec le retour de cette foutue magie, la Mormont ne s’étonnait presque plus de rien. « J’me suis demandée si ce serait pas un de ces dragons qui éclosent… Tu sais comme chez les Manderly, manquerait plus que ça… » suggéra t-elle sans grande conviction tout en vérifiant des réactions de sa petite sœur. Mais alors qu’elle ne s’y attendait pas, un coup depuis l’intérieur de son ventre vint à lui faire fermer les yeux tout en laissant échapper un gémissement douloureux. « J’en peux plus de porter des enfants… » laissa t-elle échapper tout en laissant son côté râleur s’exprimer et en se pinçant les lèvres pour retenir cette douleur qui la lançait. « Je t’envie, si tu savais… » lui confia t-elle avant de parvenir à ouvrir à nouveau ses yeux et à en plisser un tout en affichant une nouvelle grimace.


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MessageSujet: Re: Only in your eyes Δ Alysanne/Jorelle   Only in your eyes Δ Alysanne/Jorelle EmptyJeu 18 Avr - 15:08



Stand by me, but let me fly alone



L’an 301, lune 9, semaine 4

Jorelle était ce qu'elle était. Quatrième fille d'une grande fratrie uniquement constituées de femmes. Elle n'était pas l'héritière de sa maison, ni son émissaire et n'avait aucune influence dans les décisions politiques. Durant des années, elle fut la petite dernière, majoritairement élevée par ses sœurs aînées et par une nourrice souvent dépassée par son fort caractère. Jamais elle n'eut à être un modèle pour qui que ce soit et encore moins eut des responsabilités véritablement importantes. Non, Jorelle avait mené sa barque dans l'ombre de sa famille, virevoltant à sa guise et n'ayant eu aucune contrainte véritable. Un rôle qui lui convenait parfaitement, mais qui avait eu de l'influence sur son caractère, sa relation aux mondes et à son intolérance à la frustration. Cependant, aujourd'hui tout était différent. Elle n'était plus seulement la femme qui était facile à énerver, elle était celle qui avait adopté un sauvageon privé de la vue, celle qui avait survécu à sa chute et qui s'était relevé. Certes, Jorelle restait toujours en arrière concernant la politique de l'île, mais elle n'était plus la même qu'avant. Cette Mormont n'avait jamais eu à souffrir d'être la première, et ne pouvait qu'imaginer ce que pouvait vivre Marthe. Sa place dans sa fratrie lui avait permis tellement de choses, beaucoup plus de liberté, et jamais elle n'avait désiré échanger sa place. Jamais elle n'aurait voulu prendre le rôle d'une mère, car c'était ce que ses sœurs avait toujours fait pour Jorelle, lorsque leur mère avait quitté l'île pour le soulèvement du Nord. Et à présent, avec toutes ses nouvelles naissances, Marthe assumait ce même rôle. Mais au lieu d'exprimer cette pensée, que sa nièce endossait beaucoup trop de responsabilité, elle se mit à sourire, celui qui faisait gonfler ses pommettes. Ce faux sourire plutôt caractéristique qui ne signifiait qu'une seule chose, que la personne avait raison, qu'elle n'en pensait pas moins, mais qu'elle préférait se taire. Une censure de ses paroles valait mieux. Car si elle avait appris une chose, émettre un avis sur l'éducation de ses neveux pouvait être délicat et dangereux, surtout quand leur mère est enceinte. Oui, elle préférait largement préserver ce moment d'harmonie. Une prise de tête par jour était bien suffisante. L'insulaire sauta sur la porte ouverte laissé par Alysanne : « Oulah, tu me demandes un miracle-là ? Faut accepter qu'elle ait une tante préférée. Après tout, c'est comme les parents, ils ont des préférés dans la fratrie, non ? ». Tous le monde à des favoris, c'est dans la nature humaine après tout.

Jorelle s'installa à ses côtés, laissant les patins de ses chaussures se sécher aux coins du feu. Alysanne caressait son ventre, sans doute dans l'optique de calmer son enfant. Pour la quatrième fille Mormont, c'était trop... Étrange, surtout lorsqu'elle voit le bébé faire des bosses sur le ventre. Être enceinte, très peu pour elle. Par contre, entendre que des petites bestioles se ballade du côté du lac, ça c'était pour elle : « des lucioles oui, mais celle que tu décris non ». L'île était si grande, peut-être qu'il y avait eu une délocalisation des espèces animalières. Tout était possible dans ce monde du Nord, mais delà à avoir des dragons... En tout cas, elle n'espère pas que ca soit des dragons, ils mangeraient leurs ours : « je ne suis pas sûr qu'il passerait aussi inaperçue si ça avait été le cas ». Et puis les anciens dieux ne leurs feraient pas ça. Et c'est alors que ce bébé redonna un coup et obligea sa sœur à se concentrer sur cette douleur pour qu'elle passe. Ses yeux se fermèrent et lui fit une confession plus qu'étonnante pour elle : « tu m'envies ? ». En effet, Jorelle pouvait être envié pour beaucoup de choses, ses cheveux qui bouclent et dont les reflets aux soleils dénoncent son lien avec les Tully, sa faculté à lancer les assiettes comme personne... Mais sa sœur n'avait pas réellement précisé le sujet de sa jalousie.

:copyright: TITANIA


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Farewell Mother

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