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 Graveyard of buried hopes {Marianne}

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L'Émissaire du Conflans
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Valar Dohaeris


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MessageSujet: Graveyard of buried hopes {Marianne}   Lun 10 Sep - 17:11


Graveyard of buried hopes
Lucas Nerbosc
& Marianne Harlton


« Lestival | 301, lune 12, semaine 2 »

Lucas se redressa brusquement avec un puissant halètement. Des goutes de sueur froide coulaient le long de ses tempes alors que ses yeux cherchaient à se faire à l’obscurité pour reconnaître la pièce où il se trouvait. Ses oreilles bourdonnaient et il sentait son poux battre à tout rompre. Sa cage thoracique se gonflait de manière très rapprochée, le faisant grimacer à chaque nouvelle inspiration. Où était-il ? Le Nerbosc avait trouvé appui sur ses coudes, il se retrouvait presque recroquevillé contre la tête de lit. Il ne parvenait pas à se calmer, à se sentir en sécurité, pas tant qu’il ne savait pas où il se trouvait. Était-il dans son ancienne chambre à Corneilla ? Non il n’en reconnaissait pas les contours. Ca ne ressemblait pas non plus à la suite seigneuriale de Castel-Bois. Était-il de retour dans sa geôle froide et humide de Pyk ? L’air froid qui le fit greloter, l’absence de feu dans un âtre dans un coin de la pièce lui fit penser à cette éventualité. Sa conscience pourtant essaya de lui rappeler qu’il avait quitté les Îles de Fer depuis plusieurs mois pourtant. Mais les impressions étaient bien là. Une angoisse récente, des combats, des douleurs, des cris, des blessés, beaucoup trop de gens. Et cette nuit sombre, froide et humide à lui glacer les os. Basculant son poids sur un seul de ses bras, la main qu’il venait de libérer trouva naturellement son chemin jusqu’à son torse, là où chaque nouvelle bouffée d’air froid lui tiraillait le buste. Il se mit à palper délicatement pour trouver l’origine de son mal, mais la première pression lui tira un rictus ainsi qu’un grognement étouffé. Il ne s’arrêta pas cependant, continuant son étude pour délimiter sa blessure et en estimer les dommages. Il se rendit compte par contre que sa blessure avait été soignée puisque ce n’était pas sa peau qu’il sentait sous ses doigts mais bien un bandage en coton.

Il lui fallut plusieurs minutes encore pour reprendre un peu plus conscience et se rappeler que cette chambre qu’il ne connaissait pas bien, était une chambre du château de Lestival qu’on lui avait cédé en sa qualité de Nerbosc, à lui et à son épouse. Peut-être d’ailleurs que son ancien statut d’otage avait joué en sa faveur également puisque associé à une maison mineure à présent, ils auraient dû se trouver dehors, sous une tente avec les autres. Il se remémora ensuite les joutes de la journée passée. C’était donc cela qui avait causé ses blessures. C’était ces bruits de métal là qu’il avait entendu récemment, non pas les épées des conflanais face aux haches des fer-nés à Salvemer. C’était Marianne qui avait dû lui prodiguer ce bandage et non pas un quelconque mestre ou une soigneuse des Îles de Fer. Ca n’était pas des cris de panique qu’il avait entendu hier, simplement l’engouement de la foule. Il n’y avait pas eu de morts et les blessés n’était pas des blessés de guerre. Pourtant, malgré toute cette prise de conscience et cette reflexion, le bourdonnement ne cessa pas à la plus grande surprise de Lucas.

Le Nerbosc dégagea alors l’énorme fourrure qui leur servait de couverture pour quitter le lit et s’approcher de ce qu’il devinait être la cheminée. La lune était pleine et quelques rayons de l’astre parvenait à filtrer à travers les volets sommaires de la demeure. Il s’était enfin habitué à la pénombre des lieux. Il s’accroupit donc auprès de l’âtre, décidé à redonner vie aux flammes en espérant que cela rapporterait un peu de chaleur dans la chambre, mais également dans son coeur puisque ce dernier ne semblait pas décider à sa calmer. La gorge nouée, les mains peu assurées, il se saisit des bûches laissées de côté pour les installer en centre du foyer. Ses doigts se hasardèrent sur la tablette de bois au dessus pour attraper le briquet, non sans écoper d’une ou deux échardes dans l’action. Puis il se mit à faire ces mouvements qu’il était tant habitué à faire lorsqu’il prenait la route pour assurer son rôle d’émissaire pour allumer ce feu. Cependant, les minutes avaient beau passer, ses bras avaient beau s’activer pour lancer les premières flammes, rien n’y faisait. Dans son état fébrile, Lucas finit par perdre patience et envoya valser la pièce métallique et le bout de bois non sans bruit sur le carrelage de pierre. “Merde ! Putain !” Comme ses jambes menaçaient de le lâcher, il se laissa glisser au sol, prenant appui sur le mur, avant de nouer ses bras autour de ses genoux, désemparé. Le malaise était toujours là, il ne savait pas comment s’en débarrasser. Et ce putain de feu qui ne voulait pas s’allumer ! Mais ça n’est qu’à cet instant, avec un bruit de tissu qui se froisse qu’il releva la tête brusquement pour trouver le visage de sa femme, éclairé sublimement par les rayons nocturnes. Il la fixa un instant en silence, honteux, avant de rebaisser le visage vers ses genoux en se mettant à sangloter, la gorge toujours serrée.

[1]
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MessageSujet: Re: Graveyard of buried hopes {Marianne}   Dim 16 Sep - 10:51


Graveyard of buried hopes
Lucianne


« Lestival | 301, lune 12, semaine 2 »

Le calme assurait ou plutôt réassurait chacun des protagonistes de l’évènement. Le tournoi s’était achevé la journée même, clamant le vainqueur, remerciant chacun des participants en leur rappelant que leurs preuves d’honneur n’étaient plus à refaire. Les bruits sourds s’étaient tues dans le même temps que l’euphorie de toute cette agitation. Cela avait rappelé à tous à quel point l’Hiver était en route. A quel point sa froideur n’avait qu’un seul objectif : leur prédire des temps difficiles et douloureux. Pourtant la fête était parvenue à contrer cette pensée, néanmoins la réalité, elle savait se rappeler d’une manière violente et annihilant toute sorte d’illusion quelle qu’elle puisse être. Le temps serait bientôt à la survie et donc à l’élaboration de stratégie pour assurer la survie de tous. Le temps serait également à la bonne mise en œuvre de stockage, desquels la jeune fille tiendrait à apprendre de ses pairs afin d’en sauver le maximum. La Paix œuvrerait dans cette optique, du moins l’espérait-elle dans la mesure où l’union de tous se montrerait telle une force décuplée. Elle osait y croire, tant cela lui rappelait la mesure de toute cette générosité qu’elle avait pu recevoir jusqu’alors. L’évidence lui apparaissait d’une manière quotidienne à chaque fois qu’elle portait le regard sur son époux. Sans lui, Marianne n’aurait jamais pu réussir à entrevoir un avenir, un futur dans lequel Lucas tenait une place sans précédent. Depuis leurs fiançailles, la lady n’avait eu de cesse de préserver chacun des instants qu’ils partageaient. Pour ainsi puiser dans ces derniers, la force d’avancer. Cette entité, qui, lui avait appris que le renouveau ne touchait pas seulement les autres, mais qu’il s’était imagé sous la forme des bras du chevalier, dans l’étincelle si vivifiante de son regard, dans ses aspirations de paix, mais surtout dans cette bienveillance qu’il n’avait de cesse de donner aux gens qu’il aimait. Lucas lui avait tant appris, et lui apprenait encore. Si bien, qu’elle désirait plus que tout continuer à participer à ce bonheur qu’il méritait. Hélas, les évènements tragiques les ayant séparés, avaient émis des réserves sur cette volonté. L’impuissance avait réussi à se frayer un chemin dans cet amour qu’ils partageaient pour finalement essayer de les séparer d’une certaine manière. Le cœur de Marianne pleurait souvent les souvenirs déchus mais pourtant son espoir, malgré les épreuves, parvenait à lui instruire assez de volontés pour lutter contre toute cette peine. Si Lucas n’osait y croire, elle était à même de pouvoir le faire pour tous les deux. Voilà la leçon qu’elle avait su tirer de ce passé qu’ils avaient vécu en commun. Il se fallait qu’elle y croie, qu’elle se détermine plus que de raison à lutter contre les non-dits qui décimaient tant les couples entre eux. Jamais ne laisserait-elle le doute s’emparer d’elle. Pas même, si elle se sentait insuffisante à ses yeux. Lucas n’avait pas le droit d’avoir une épouse incapable, et encore moins de ne plus croire en cet espoir qui avait une place si importante pour lui. Aussi, malgré ses réticences, Marianne avait su porter sa confiance toujours intacte en son époux, en lui acceptant sa participation à ce tournoi. Participation, qui, se solda d’une difficulté supplémentaire qu’il s’était imposé. Elle l’avait reconnu dans son regard alors qu’elle l’avait rejoint juste après sa chute. Cependant, pour une fois de plus, le jeune homme l’avait écarté volontairement d’une douleur qu’il ne désirait pas lui confier. Le lieu et le moment n’avaient pas été approprié pour oser lui tenir tête, tout comme, elle avait espéré sur le moment que le fait de rejoindre ses amis, ceux qui avaient participé à le rendre tel qu’il était aujourd’hui, lui aurait été un soulagement certain pour se libérer de ce poids invisible. Sa naïveté l’avait emporté sur le reste. Si bien que les non-dits avaient eu raison de cette entrevue. Son cœur la tiraillait, l’emportait dans cet état d’insuffisance un peu plus encore. Elle se décevait elle-même de son comportement. Et plus elle réfléchissait à un moment de lui venir en aide, plus elle tentait de lui tendre sa main pour qu’il puisse la saisir, plus Marianne ressentait ce froid qui les séparait petit à petit l’un et l’autre. Mais elle ne le laisserait pas s’imposer plus qu’il ne le faisait déjà, elle ne le laisserait pas installer des situations irréversibles, aussi se promît-elle d’en discuter avec Lucas dès leurs retours à Castel-Bois. Au moment où, ils sauraient que leurs présences étaient bien réelles l’un pour l’autre.

Ses doigts assurés, avaient pu prodiguer les soins nécessaires au bon rétablissement de ce coup reçu en pleine poitrine. Silencieuse, Marianne s’était enquis de faire du mieux qu’elle le pouvait tout en rappelant à Lucas, une fois encore, qu’elle était fière de lui. Pour elle, aucune victoire n’était nécessaire, seule sa bonne santé l’était. Et il lui était revenu, comme il le lui avait promis à demi-mots. Voilà la seule raison qui lui importait, cela, mais également la bonne santé de Brynden. La nuit glaciale de Lestival leur avait rappelé une fois encore que l’Hiver était bien là. Certes, en était-il à ses prémices, mais il n’en restait pas moins que sa rudesse les obligeait déjà à chercher les meilleurs moyens de préserver la chaleur. Le sommeil, lui, tomba sans se faire attendre. Permettant ainsi à la jeune épouse de pouvoir se libérer de toute cette pression maintenue pendant la journée. Une nuit sans rêve perpétua cette idée. Une nuit dans laquelle aucun cris, aucun visage ne s’éteignait juste là sous ses yeux sans qu’elle ne puisse réagir. Comme à chaque fois qu’elle s’endormait, Marianne cherchait à établir un contact avec Lucas, qu’il soit par le biais d’une étreinte ou simplement en déposant sa main sur son torse. Cela la rassurait sur sa présence, mais également sur le fait qu’il était en bonne santé.  Combien de fois s’était-elle réveillée en pleine nuit se retrouvant seule dans la couche ? Trop souvent. L’épisode de Pyk leur avait laissé des séquelles à tous les deux. Et pourtant, au retour de Lucas, Marianne cherchait toujours à le retrouver pour le rejoindre et lui prouver qu’il n’était pas seul. Peu importe qu’il dorme au sol, ou bien qu’il se réfugie dans les écuries, dès lors que la jeune fille en prenait conscience, elle le rejoignait n’importe où sans se poser de question. Parce qu’elle ne pouvait pas le laisser seul, elle n’avait aucune idée de l’envergure du traumatisme qu’il avait subi, néanmoins elle connaissait très bien les sensations infligées par la solitude. Et elle ne désirait pas que Lucas en subisse les torts.

Un son brutal et métallique la réveilla en sursaut. D’abord inconsciente de sa source, Marianne cru que cela était le résultat d’un rêve en préparation. Sa main chercha naturellement Lucas à ses côtés, mais le froid qui saisit son bras et l’habitude de la pénombre lui apprirent qu’elle était seule dans le lit. Se redressant doucement, la jeune fille s’enquit de placer la couverture en fourrure sur ses épaules, dans le but d’aller le trouver. Ses pieds touchèrent rapidement le carrelage glacé, ce qui eut pour conséquence de la faire frissonner. Néanmoins, sa recherche lancée, ses yeux essayèrent de percer grâce aux divers reflets de la lune les divers coins de la pièce. Rapidement, la silhouette recroquevillée de Lucas lui apparut, l’amenant à franchir la distance qui les séparait. Malgré l’ombre de la nuit, Marianne parvint à reconnaître l’expression dans ses yeux. Cela lui fendit littéralement le cœur, l’amenant à se dépêcher pour le rejoindre. Les frissons de ses sanglots lui rappelèrent à quel point le froid le saisissait et déjà elle ôtait la couverture de ses épaules pour entourer les siennes. Elle pouvait avoir froid mais pas lui. « Tu es gelé. » souffla t-elle alors qu’elle s’accroupissait devant lui pour essayer de frictionner ses avant bras afin de lui apporter un peu de chaleur. Après quoi, son regard se dévia pour chercher une once de chaleur dans l’âtre. Malheureusement cette dernière se trouvait complètement évanouie. Instinctivement, Marianne entreprit de se rapprocher de ce dernier dans l’espoir de le raviver, mais son entreprise fut arrêtée par la bûche posée à même le sol. Désireuse de trouver des explications à cela, elle balaya rapidement la pièce et trouva l’élément capable d’émettre des flammes gisant un peu plus loin, lui rappelant le son métallique qui l’avait réveillé. Il ne lui en fallut pas plus pour comprendre les ressorts de ce tourment et rapidement, ce fut elle qui ramena les deux éléments ensemble dans le foyer. « La mèche est surement humide, ce n’est pas grave. » tenta t-elle de rassurer son époux avant de le rejoindre tout en délaissant le feu là où il était. Cela lui importait peu, tant que Lucas parvenait à se réchauffer et se sentir mieux. « C’est fini, tu n’es plus seul Lucas. Je suis là. » Ses mains cherchaient à nouveau à frictionner les avants bras de son époux alors qu’elle posait délicatement son visage au niveau de son épaule pour ainsi lui rappeler cette évidence certaine. Elle ne le laisserait pas seul. Si seulement elle pouvait prendre son mal être pour le libérer de ce dernier. « Je suis là. » lui répétait-elle de manière à ce qu’il comprenne qu’elle ne bougerait en aucun cas. « Nous resterons là le temps que tu juges nécessaire, d’accord ? Rien ne nous oblige à bouger, dis moi simplement ce dont tu as besoin. » Elle ne l’obligeait pas à la regarder si il ne le désirait pas, elle se contentait simplement de continuer à le réchauffer, même si ses frictions ressemblaient bien plus à des caresses rassurantes à présent.

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You make me feel
Don't leave me ☽ I guess this is what it's supposed to feel like.No, we don't talk, no, we don't talk, we don't talk anymore. I guess this is what it's supposed to sound like, the universe, the universe, universe is torn. I don't want to live without you. I can't live without you half the day
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MessageSujet: Re: Graveyard of buried hopes {Marianne}   Jeu 20 Sep - 16:42


Graveyard of buried hopes
Lucas Nerbosc
& Marianne Harlton


« Lestival | 301, lune 12, semaine 2 »

Lucas n’avait pas bougé d’un millimètre, affaissé au sol, les genoux repliés contre lui et la tête plongée par dessus, il se laissait aller à des émotions qu’il était incapable de contrôler depuis trop de semaines à son goût à présent. Il ne s’était pas senti si faible et impuissant depuis plusieurs lunes et la sensation ne lui avait nullement manquée. Il se rappelait ses réveils brusques lors de ses premières nuits de retour à Castel-Bois. Ce besoin de fuir le confort et le silence du lit conjugal pour aller se réfugier dans la fraîcheur et l’animation de l’étable, sur le foin, parmi les bêtes. Au bout de plusieurs semaines, il avait réussi progressivement à demeurer auprès de son épouse, contrôlant tant bien que mal ses crises d’angoisses, négligeant ses sueurs glacées. Il s’était forcé, rien de tout cela n’avait été naturel et plusieurs fois Marianne lui avait proposé d’en parler pour évacuer le trop plein d’émotions qui l’habitait. Mais non. Lucas avait toujours refusé de parler parce que comme il le disait si bien, il n’y avait rien à dire, il ne s’était rien passé, tout cela appartenait au passé, il ne se trouvait plus sur les Îles de Fer mais bel et bien sur le continent alors quel bien pourrait faire de ressasser de telles histoires ? La vérité était légérement différente puisque si l’émissiare du Conflans s’attachait autant à ne pas aborder le sujet, à le laisser dans l’ombre de ses souvenirs, c’était tout simplement parce qu’il était incapable d’y faire face. Il s’était passé tant de choses et si peu durant ces lunes qui l’avait vu vivre comme un otage. La violence du kidnapping et des premiers jours à se trouver à la merci de ses ennemis. La solitude de sa cellule, les insultes de ses geôliers, la nourriture qui ne remplissait pas son ventre, ses quelques blessures qui ne guérissaient pas aussi rapidement que d’habitude, son corps qui le trahissait peu à peu, la folie qui le guettait, la colère qui le dévorait jusqu’à la soumission finale. Etait-ce la honte d’avoir finit par accepter d’une certaine façon ce peuple responsable de temps de ses maux qui l’empêchait d’en parler ? C’était impossible à savoir puisqu’il ne voulait rien en dire et n’avait même pas songé jusque là. Encore une fois, incapable d’y faire face. Il essayait pourtant de se résoudre à laisser tous ces événement derrière lui, à les ignorer, à les oublier, mais sa simple volonté, aussi forte pouvait-elle être, ne suffisait pas. En était la preuve cette vision pathétique du Nerbosc au sol. Malgré toute son auto persuasion, la chose était impossible. L’honneur plus cher que la vie ? Balivernes ! Il faisait honte à ses mots, honte aux siens et à sa famille.

Et surtout à sa femme. Depuis qu’il était rentré, tout avait été différent. Les premiers instants où il l’avait revu, il s’était pourtant senti capable de tout oublier, simplement parce que son regard redécouvrait ces traits qu’il aimait tant, le contact de cette peau et de ces lèvres si douce, ce léger parfum et l’odeur de ses cheveux qui avaient toujours été synonymes de bonheur pour lui. Mais il s’était trompé. Même elle, n’avait pas suffit. Et il ne l’avait certainement pas aider à lui suffire. Incapable, bouleversé, honteux, énervé contre lui même de lui faire subir de telles affres. Mais cela non plus ne suffisait pas à le faire changer de comportement, à s’ouvrir à elle. Il y avait ce mur qu’il mourrait d’envie de pouvoir démolir, se montrer vulnérable pour elle, pour la retrouver et tout ce qu’il y avait de bon chez elle et qui le rendait meilleur lui. Parfois, alors qu’il l’observait à la dérobée et qu’il voyait  cette ride sur son front provoquée par ses tourments à lui, il se faisait la promesse de faire un effort, de lui permettre de l’aider à traverser cela. Mais le moment venu, il s’en montrait tout simplement incapable et ne s’en refermait que plus, la honte l’étouffant de faire un tel mari pour une telle épouse. Après tout ce qu’il lui avait promis alors que leur amitié naissait et ce qu’il avait rappelé devant les Anciens lors de ses voeux de mariage. Mais avant de partir pour Lestival, Lucas était persuadée d’avoir traversé le plus dur et de tenir le plus gros de ses émotions et de ce qui faisait défaut chez lui, sous contrôle. C’était justement pour cette raison qu’il avait insisté pour assister aux festivités. Pour retrouver ce semblant de vie normale et se prouver qu’il en était capable, malgré les avertissements et l’inquiétude de son épouse. Et voilà qu’il avait encore eu tort depuis le début et que c’était elle qui avait vu juste. Lui qui s’était senti si proche du but, de pouvoir vivre comme si de rien était, s’était fait rattrapé par une toute petite joute de rien du tout. Comment pourrait-il participer à d’autres ? Assumer son rôle d’émissaire dans tout le Royaume ? Servir son père ? Se battre à nouveau sur un champ de bataille pour défendre les siens s’il ne survivait pas à cette joute ? En cet instant, le Nerbosc aurait préféré périr comme son oncle ou son cousin sous les murailles de Salvemer plutôt que de devoir revenir remplir ce trou de vie laissé par un homme qui n’était plus lui. C’était un modèle qu’il ne remplissait plus, comme si les contours de son âme s’étaient modifiés de par son temps chez les fer-nés.

La voix de Marianne finit par percer parmi le trop plein d’émotions du chevalier. Il sursauta légèrement, stoppant aussi sec ses sanglots lorsqu’il sentit un poids chaud recouvrir ses épaules. La blancheur de la tunique de son épouse luit alors dans la nuit alors qu’il relevait un visage vers elle. “C’est parce que ce putain de feu s’est éteint et que j’arrive pas à le rallumer !” dit-il d’une voix basse mais avec un agacement et une déception distincts. Il soupira, laissant échapper quelques larmes et baissa à nouveau son visage vers le sol froid qui le supportait. Il ne le releva légèrement que lorsqu’il sentit que son épouse venait de s’installer à son niveau. “Tu n’aurais pas dû te découvrir, je ne veux pas que tu prennes froid, pas à cause de moi.” dit Lucas d’une voix plutôt dur malgré la bonne intention du propos, gigotant des épaules pour ôter la couverture et la rendre à sa propriétaire dont il ignorait les efforts sur ses avants bras. Il n’était plus qu’une épave, pourquoi fallait-il qu’elle en devienne une aussi à cause de lui ? Il le refusait tout bonnement. Ça n’était pas ce qu’il avait promis. Mais avant qu’il n’ait pu lui remettre l’épaisse fourrure sur les épaules, Marianne s’était écartée pour tenter de s’occuper du feu qu’il avait abandonné. Le calme de la Harlton semblait déjà plus perspicace que le temps qu’il y avait consacré. Au bout de quelques secondes elle lui confia que la mèche était humide, chose qu’il n’avait nullement remarqué durant ses nombreux essais. “Merde !” dit-il simplement. “Je vais aller emprunter celle de Brynden à côté… on ne peut pas rester sans feu…” finit-il par ajouter d’un air particulièrement décidé. Cette perspective sembla le soulager un instant puisque son mal être se fit légèrement moins virulent. A moins que cela ne fut la présence réconfortante de Marianne, dont il ne cessait de se priver depuis son retour pourtant. Mais l’idée que cela fut lié à un objectif le rassurait. Il était persuadé que si il était occupé à autre chose, son esprit n’aurait plus le loisir de le torturer autrement. Mais alors qu’il cherchait à se redresser pour se diriger dans les appartements de son frère au beau milieu de la nuit, une phrase de Marianne l’arrêta dans son élan. D’un revers vif de la main, il essuya ses joues humides l’une après l’autre, non sans retenir un soupir de frustration. “Je sais bien que je ne suis pas seul. Partout où je regarde depuis que je suis rentré, tu es là. Je le sais.” Il avait parlé plutôt durement une nouvelle fois, comme s’il le lui reprochait. Dans le fond c’était à lui qu’il en voulait. Il la voyait, évidemment, mais il était incapable d’en faire quoi que ce soit et plus Marianne se montrait présente, patiente et silencieuse à ses côtés, plus cette frustration et cette colère gonflait tant elle reflétait son incompétence. Puis finalement la colère du chevalier finit par éclater alors que son épouse faisait à nouveau preuve d’une bonté absolue. “Aussi longtemps que je le juge nécessaire Marianne ? Vraiment ? Même si c’est toute une vie ?! A quoi bon ? Pourquoi tu t’infliges ça ?” ajouta-t-il en se désignant, faisant tomber la fourrure au sol dans le mouvement. “Un bon à rien…” conclut-il en baissant à nouveau la tête. “J’ai besoin que tout disparaisse ! Est-ce que tu peux faire ça pour moi Marianne ?” dit-il finalement en relevant le visage, un air de défi dans le regard.

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