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 Écailles et Fourrure [Viserys & Lyra]

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Valar Dohaeris

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MessageSujet: Écailles et Fourrure [Viserys & Lyra]   Lun 7 Aoû - 15:07

Écailles et Fourrure

An 299, lune 1, semaine 2



Viserys & Lyra

Doucement, le feu crépitait dans l’âtre noire. Une faible odeur de bois brûlé et de cendres baignait la pièce d’une atmosphère lourde et tiède, contrastant avec la lumière pâle du Nord qui noyait la chambre. Un tison grattait frénétiquement les restes d’une bûche calcinée. Avec une profonde inspiration, l’ourse délicate roula sous les épaisses couvertures de fourrures et ouvrit un œil. Son regard gris encore voilé de sommeil rencontra les yeux bleus d’une domestique embarrassée. Prise au dépourvue, celle-ci se dépêcha de se redresser pour la saluer. Dans sa précipitation, elle manqua de laisser tomber son instrument métallique sur les dalles sombres. Par chance, elle était assez éveillée et assez habile pour le rattraper à la volée. Ses joues se colorèrent de rouge alors qu’elle révérençait à nouveau.

« Je suis navrée Lady Lyra, » s’excusa-t-elle prestement. « Je ne pensais pas à vous réveiller… C’est simplement que j’ai vu que votre feu s’éteignait et… »

La Mormont se redressa sur l’épais matelas en s’étirant.

« Et vous ne vouliez pas que je gèle jusqu’au trépas, » termina-t-elle avec un sourire tranquille.

L’autre acquiesça vivement.

« Je vais aller chercher vos suivantes pour qu’elle s’occuper de vous habiller, » décréta-t-elle, comme pour se faire pardonner.

Mais l’archère repoussa sa proposition d’un revers de main encore un peu las.

« Je peux le faire seule, mais je vous remercie pour votre sollicitude. »

Elle n’eut pas besoin d’en dire plus pour que la servante saisisse le message et comprenne qu’il était temps pour elle de partir. Avec un hochement de tête gracieux, elle disparut dans le couloir en prenant bien soin de claquer la porte derrière elle.

Un frisson parcourut l’épiderme nu de l’ourse tout juste sortie du lit. Elle se contorsionna pour atteindre le châle d’épaisses peaux de daims qu’elle avait elle-même chassés il y avait de cela quelques lunes sans pour autant se lever. Lyra s’y emmitoufla et resta assise quelques instants sur le rebord du sommier, les jambes serrées contre sa poitrine. L’odeur du cuir tanné était forte et pouvait de fait rebuter certains hommes et certaines dames, habitués aux senteurs suaves et capitonnées des parfums et autres eaux délicates créées par les mains d’un alchimiste futile et superficiel du Bief ou des Terres de la Couronne. Que dirait une noble lady de la Treille ou de Hautjardin en l’observant ainsi, échevelée, enroulée dans des restes d’animaux morts, assassinés par ses propres flèches ? Comment l’appellerait-elle ? Une sauvageonne, une paysanne, tout au plus. Même pas une servante qui se devait d’être présentable. Certainement pas Lady Lyra, comme l’avait fait la domestique.  
Mais la troisième ourse avait depuis longtemps abandonné l’idée de comprendre et surtout de se conformer aux morales sudières devenue normes lui dictant le moindre de ses gestes pour être digne d’être appelée fille de lord. Malheureusement, si Lyra avait l’étiquette de noble collée sur le front, son géniteur n’était pas un seigneur et ni son comportement, ni sa manière d’être ne trahissait sa soi-disant noble naissance.

Avec une grimace, elle posa doucement la plante de ses pieds au sol. Même la fourrure brune posée là n’empêchait pas le froid de se glisser jusqu’à ses orteils. Elle s’ébroua avant de se mettre debout. Le granite des pierres formant les murs et le sol était constamment chauffé par les sources d’eaux chaudes sur lesquelles Winterfell avait été construit. Ainsi, les dents s’y claquaient moins que sur l’Île aux Ours.

La fille de Maege oscilla légèrement en se mettant debout, son talon couvert d’une vilaine ampoule.

« Maudites chaussures ! » grogna-t-elle en levant les yeux au ciel.

Il y avait longtemps qu’elle n’avait pas délaissé ses confortables bottes de chasse pour des souliers que certains prétendaient plus dignes de son rang. Et l’euphorie, la joie et les rencontres du banquet lui avait fait oublier la douleur de ses pieds le temps d’une soirée. Aujourd’hui, elle lui revenait en pleine figure. Pourtant, elle avait connu pire. Bien pire.
Sans se presser, elle enroula ses deux chevilles de tissus imbibés d’onguent résineux à l’odeur de mousse qu’elle avait eu la bonne idée d’emporter dans sa besace.

Une bassine d’eau claire, chauffée par les flammes renouvelées de la cheminée, avait été apportée par la servante. Lyra se rinça méticuleusement le visage avant d’enfiler sa robe de voyage toute simple, dénuée des rubans et de la finesse de la toilette qu’elle avait porté la veille.

Alors qu’elle enfilait ses bottes, un rapide regard à l’extérieur lui indiqua qu’il était encore tôt. De rares cheminées étaient surmontées de fumée claire, se mêlant par volutes au ciel immaculé du matin. Dans la cour, une neige immaculée recouvrait tout, y compris les tuiles noires des toits. Encore intacte, aucun pas n’était venu la souiller. Pourtant, il était à parier quand dans moins d’une heure, le si beau manteau hivernal serait transformé en boue puis en gadoue par le passage pressé des invités et des domestiques du château. Intérieurement, l’ourse songea qu’elle serait peut-être la première à le profaner.

Son arc et son carquois l’attendaient, appuyés contre l’unique commode rustique, alignée à la perpendiculaire de son lit, de ses appartements. Elle s’en saisit avant de se faufiler jusqu’au Grand Hall où elle était persuadée de trouver de quoi rapidement se remplir la panse avant de partir chasser. Dans les couloirs, elle ne croisa personne si ce n’était quelques valets les yeux encore lourds de sommeil, arborant des cernes violacés. Pour tous, la nuit n’avait pas été facile et ils en payaient les conséquences. La plupart des invités devaient encore ronfler comme des bienheureux. L’archère elle-même devait avoir fière allure.

Dans la salle de réception, les tables n’avaient pas encore toutes été vidées des assiettes, coupes et plats qui les ornaient depuis la veille. Dans certaines marmites encore chaudes, des restes de poulet et de bouillies impossibles à identifier refroidissaient. Certains convives semblaient avoir quitter les lieux il y avait peu. Sur son passage, les cuisiniers baissèrent la tête en guise de salut silencieux et Lyra les imita.

La chasseuse déambula quelques secondes, à la recherche d’une auge plus ou moins propre avant que ses yeux ne se posent sur une silhouette qui, comme elle, venait de pénétrer les lieux. Rigide, ses doigts se resserrèrent sur les rebords de l’assiette de fer. Le dragon. Le dragon venu escorter le Jeune Loup. L’ourse n’avait guère eut le temps de lui parler lors du banquet donné en l’honneur du retour de Robb Stark, mais il avait été impossible d’ignorer sa présence. Présence qui l’avait taraudée toute la soirée. Depuis combien de temps un Targaryen n’était-il pas venu dans le Nord ? À Winterfell ? Depuis la Reine Alysanne ? Ce n’était pas leur place. Les dragons n’avaient rien à faire dans la neige. En particulier depuis que le Fol avait assassiné deux Stark.
Cependant, le Prince Viserys s’était excusé. Et l’âme sensible de la troisième ourse y avait vu l’éclat discret, mais authentique et sans contrefaçon de la sincérité, malgré les réticences du couple Stark. Aussi, elle s’était promise de faire un effort et d’oublier les mises en garde ancestrales de ces ancêtres, vomissant fuel et horreurs sur les Targaryen et leurs méfaits passés. Après tout, le jeune prince l’avait dit lui-même, aujourd’hui était l’aube d’une ère nouvelle où l’harmonie et les alliances leur permettrait de survivre jusqu’au lendemain. Telle était la nouvelle conjoncture de Westeros.

Ce fut pourtant la gorge serrée, anxieuse, les rouages et les écrous de son cerveau tournant à vive allure qu’elle vint à la rencontre du frère du Roi. Elle s’inclina respectueusement devant lui.

« Prince Viserys, » le salua-t-elle d’une voix feutrée. « Êtes-vous matinal, vous aussi ? »

Lyra était la plus avenante des ourses, mais elle devait également mettre sa réserve de côté avant d’engager une conversation. Et quelle conversation serait moins naturelle que celle d’un dragon et d’une ourse ?


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MessageSujet: Re: Écailles et Fourrure [Viserys & Lyra]   Lun 7 Aoû - 20:14

Écaille et fourrure

Winterfell | Année 299 Lune 1 Semaine 1 | Viserys et Lyra


La nuit est sombre, et pleine de terreur, c'étaient les premiers mots que Mélissandre avait susurré à l'oreille du prince Viserys quand celui-ci l'avait accueilli à Peyrdragon, il y avait bien des années. Ces mots avaient fait écho en lui, bien que la prêtresse rouge ignorait sans doute pourquoi. Les cauchemars, étaient une constante présente dans la vie de Viserys, il avait eu des périodes ou il trouvait peu le sommeil, ou ses rêves étaient assiège par des songes mauvais. La mort, la douleur, les spectres... Les vieilles légendes. Les écarts de son père dont il avait étaient témoins pour certains à son plus jeune âge.

Tout cela était des rêves dont il avait l'habitude, il s'était habitué au cauchemar, il les avait repoussées, avec les mixtures, le lait de pavots, et la fumée qu'il avait ramené d'Essos, cette drogue que le conjurateur lui préparait et qui avait pour vertu de l'apaiser. Depuis qu'il avait posé, le pied dans les terres septentrionales, le prince n'était pas accompagnés de son âme damné. Le conjurateur Momir était parti vers une destination bien plus importante pour exécuter la volonté de son prince.

Mais le manque de ses services se faisait cruellement sentir et au final bien qu'entouré de Ser Barristan et d'une escorte sure, Viserys sentis sur lui le poids de la solitude. Et cette nuit, les cauchemars étaient revenus, mais cette fois-ci, c'était un nouveau. Il avait rêvé d'un dragon aux écailles brillantes s'élevant vers le soleil, un dragon aux écailles dorées éclatante. Sa radiance réchauffait le cœur de Viserys alors qu'il admirait sa majesté. Mais cet instant de félicité ne dura et bientôt le dragon parfait s'écrasa au sol, visiblement agonisant. Le prince entendait sa respiration rauque s'affaiblir et ses écailles dorées noircir jusqu'à devenir aussi sombre que le verre dragon. Puis peu à peu voir le gigantesque saurien tomber en poussière. Le jeune prince poussa un petit crie de désespoir, et se réveillant en sueur dans la chambre qu'on lui avait attribuer à Winterfell.

Un de ses serviteurs entra en trombe dans les appartements, regardant si son maître allait bien. Le Dragon de l'Est le congédia d'un geste de la main impératif, sans un mot et se redressa pour s'examiner dans le miroir. Il était affreux... Les cheveux en bataille et ce regard illuminé un peu fou qu'il avait déjà pu voir dans les yeux de son père jadis. Qu'est-ce que cela pouvait signifier ? Il n'y avait eu qu'un dragon doré a sa connaissance Feux-du-Soleyl le dragon d'Aegon II Targaryen. Le jeune prince glissa ses doigts dans ses cheveux argenté, les démêlants et les arrangeant, cherchant de quoi les arranger, tandis qu'il essayait de comprendre. Cela lui sauta aux yeux après quelques minutes, le dragon doré, c'était lui. Il ne pouvait y avoir aucune perfection dans ce monde semblable à la sienne. Il était Feux-du-Soleyl. Cela ne pouvait être Rhaegar en terme de métaphore, il était bien trop aigris et vieux pour cela, quant à Aegon, il n'avait pas une majesté équivalente à la sienne. Se pouvait-il qu'il soit en danger ici dans le nord ?

Il se souvenait des regard hostile de tous ses nordiens... Il avait senti la haine de certains alors qu'il prêchait la paix pour apaiser leurs courroux. Se pourrait-il que certains ambitionnais de se débarrasser de lui. Non, il ne le permettrait pas. Il se savait protéger à Winterfell, les nordiens étaient attaché a leur coutume et il avait partagé le pain et le sel. La menace serait présente sur les routes. Il signifiait à Ser Barristan d'être aux aguets contre toute tentative d'embuscade et d'être deux fois plus vigilant. Il avait vu un dragon mourir et ce n'était pas un vain avertissement.

Il examina ses cernes léger, et esquissa une petite moue de contrariété en voyant cette imperfection sur son visage. Il devrait hélas s'en contenter, la moitié de ses décoctions et autre artifice étaient encore présent dans ses mâles et vu le temps qu'il allait rester à Winterfell. Tant pis, il n'était pas désiré, il n'allait pas faire autant d'effort... Il exécuta vivement quelques coups de peigne pour mettre ses longs cheveux en ordre, bien que lui donnant un style quelque peu négliger et s'aspergea de décoction du bief afin de se donner une odeur agréable.

Enfilant des vêtements aux couleurs argentée et noire, il s'emmitoufla de sa cape d'hermine blanche et se dirigea lentement hors de ses quartiers. Ses pas l'amenèrent vers la salle de réception, peut-être qu'un serviteur pourrais lui donner de quoi grignoter en attendant un repas plus officiel.

Ses yeux améthyste se posèrent sur la lady qui l'apostrophait. Ils étaient visiblement seuls dans la grande salle. Il fit un effort pour se retrouver qui s'adressait a lui, et se souvint assez rapidement qu'il s'agissait d'une des filles Mormont.
"Lady Lyra."
Il inclina la tête respectueusement, offrant un sourire à la demoiselle.
"À vrai dire, habituellement non... Sauf bien sûr si j'ai des obligations. Mais j'ai bien peur de n'avoir pu trouver le sommeil cette nuit."

Le Dragon de L'Est était visiblement content qu'on lui adresse la parole, le banquet n'avait pas était si probant que cela niveau relation, et avoir une discutait même banale faisait plaisir au prince, il s'installa lentement à proximité de son interlocutrice, pas trop non plus.

"Peut-être le climat ou les événements d'hier soir, cela peu laisser un esprit vagabonder et ne pas trouver le sommeil." Affirma-t-il sur un ton amical. Il avait fait le premier pas hier soir, et il savait que la route qui conduirait a la paix et donc a ce que le nord reste tranquille serai bien longue. Il se devait de faire encore des efforts-là ou Rhaegar restait distant sur son trône de fer.


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MessageSujet: Re: Écailles et Fourrure [Viserys & Lyra]   Dim 13 Aoû - 22:05

Écailles et Fourrure

An 299, lune 1, semaine 2



Viserys & Lyra

C’était la première et peut-être la dernière fois que Lyra pouvoir observer un dragon de si près. Le Prince Viserys avait une peau de neige, presque translucide aux veines bleutées sillonnant ses tempes et l’épiderme trop fin de son cou. Ses cheveux, de la même couleur dérangeante, auréolaient son front d’un éclat trop pâle et lumineux dans l’obscurité matinale du Grand Hall de Winterfell. Son visage était élégant, presque féminin, doté de traits encore juvéniles. Ses yeux violacés et fiévreux étaient pourtant éclairés d’une lueur bienveillante que la jeune femme accueillit avec un léger sourire. Il était élancé, fin, presque maigre lui semblait-il, sous ses épailles fourrures et manteaux, accoutrements d’ordinaire apanages nordiens par excellence. Un Sudier ne devait guère être habitué à évoluer ainsi vêtu. Un habitant de Port-Réal, enfant du soleil et de la chaleur, de sang de royal en prime, devait porter des chemises de lins et de soie, brodées de satin et de fils d’or et d’argent, la nuque et les poignets lourds de bracelets torsadés et ornés de pierres toutes plus précieuses les unes que les autres. Une vie de luxe éphémère et sophistiquée que Lyra ne considérait pas vide de sens, certes, mais dont elle peinait à saisir le sens. À quoi occupaient-ils tous leur journée ? Que faisaient-ils s’ils ne chassaient pas, s’ils n’entretenaient pas leur feu, s’ils ne recousaient pas leurs vêtements, s’ils ne défendaient pas eux-mêmes leurs terres ? La jeune ourse était peut-être naïve, mais pas écervelée et elle comprenait bien que le Roi et les siens étaient de rang trop élevé pour plonger leurs mains dans la boue et laissaient donc faire leurs basses œuvres à des sous-fifres, bien trop heureux de se rendre utiles et prêts à faire preuve de zèle pour monter dans l’estime sacrée des Targaryens. On ne tâchait pas des mains si blanches, si pures, si diaphanes. Pourtant, pour l’archère -et elle pensait dans le Nord tout entier- les seigneurs et leurs suzerains gagnaient le respect de leurs bannerets et de leurs soldats en agissant, en se salissant et en se souillant.
Un monde. Voilà ce qu’il y avait entre les nordiens et les sudiers. Cependant, la fille de Maege était curieuse et désireuse d’en apprendre plus. Après tout, le frère cadet de Rhaegar avait eu la volonté de venir découvrir la région la plus septentrionale de Westeros alors qu’il y avait des décennies qu’un dragon ne s’était pas aventuré si près du Mur. Si les raisons d’une telle visite lui étaient propres et lui appartenaient entièrement, sa démarche était louable et méritait le respect. Du moins, à ses yeux.

Lyra fut agréablement surprise d’entendre son prénom prononcé sans une once d’hésitation par le jeune homme. Il se souvenait d’elle. Malgré la valse des noms, des titres et des visages de la veille, probablement brouillés par l’alcool et la musique, il était parvenu à se rappeler. Ce simple détail la touchait et la laissait appréhender l’échange sous des auspices plus positives encore qu’à l’origine.
La confession du dragon sur sa nuit d’insomnie était appuyée par les cernes sombres pesant sous ses iris améthystes. La froideur de ses hôtes l’avait-il glacé si fort qu’il n’était pas parvenu à se réchauffer la nuit venue dans son lit ? Ses rêves avaient-ils été tourmentés par d’obscures pensées, songes venant habituellement peser sur nos épaules, soupirs mesquins d’une âme turlupinée, lorsque l’on se trouve pour la première fois dans un lieu inconnu ? Lyra ne connaissait que trop ce sentiment. Elle réprima un frisson alors que les souvenirs terrifiants de Pyk profitaient d’un instant de faiblesse pour venir hanter sa mémoire. Imperceptiblement, elle s’ébroua pour les chasser.

Le Prince Viserys apporta un éclairage sur les raisons de sa nuit blanche et la jeune femme accepta les explications d’un hochement de tête compatissant. Il devait probablement parler de ses excuses rabrouées par Catelyn Stark lors du banquet donné en l’honneur de Robb Stark. La chasseuse comprenait la position rigide et ferme de la suzeraine, mais elle voulait également voir de l’honnêteté dans les mots du dragon.

« Peut-être, » admit-elle, l’air vaguement désolé. « Je sais qu’il est aisé de parler ainsi, mais ne vous tourmentez pas pour cela, Votre Grâce. »

Elle déglutit en réajustant son carquois sur son dos.

« J’ai trouvé votre démarche très courageuse, hier soir. Il n’est pas facile de s’excuser de la sorte, devant un parterre d’inconnus, plutôt hostiles pour la plupart de surcroit. »

Sa voix douce et délicate résonnait doucement dans le silence de cathédrale de la salle de réception de Winterfell, seulement dérangé par le vacarme discret des marmites pleines de mélasse et de pilons froids que l’on déplaçait et des assiettes que l’on empilait sans un mot.

« Malgré l’ambiance générale, j’espère que certains partageront mon opinion. En attendant, je vous supplie de tenter de comprendre notre ressenti… Certaines blessures mettront du temps à être pansées. »

D’ordinaire peu loquace, en particulier de bon matin où la jeune femme profitait généralement du calme et de la sérénité muette de l’aurore pour disparaître à la faveur de l’ombre rassurante de la sylve, les mots coulaient sans qu’elle s’en aperçoive réellement, désireuse de prouver la bonne foi de sa région auprès de son royal visiteur.

Sa dernière déclaration se termina un peu brusquement et la laissa légèrement hébétée et gênée. Aussi elle garda le silence quelques secondes, guettant la réaction de son interlocuteur. Elle pinça les lèvres.

« Me voilà bien bavarde, » rit-elle, embarrassée. « Peut-être êtes-vous venu ici dans l’idée de manger un peu ? Devrais-je faire appeler un domestique pour vous servir ? »

Lyra n’avait pas vraiment faim et préférait s’ouvrir l’appétit avec un peu d’exercice d’habitude. Cependant, elle ne pouvait guère fausser compagnie au Prince Viserys et lui préférer son arc et ses flèches.

Dehors, la demeure des Stark commençait à s’éveiller tranquillement et des voix plus nombreuses résonnaient dans la cour intérieure du château. Bientôt, le Grand Hall serait rempli de ventres affamés en quête de nourriture et d’eau pour sustenter les excès de la veille.



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MessageSujet: Re: Écailles et Fourrure [Viserys & Lyra]   Lun 14 Aoû - 2:48

Écailles et Fourrure

Winterfell | An 299 Lune 1 Semaine 2 | Viserys Targaryen, Lyra Mormont


Le dragon de l'Est cligna des yeux un instant, visiblement surpris par l'attitude de la nordienne, il s'était tellement préparé à l'hostilité depuis la fin du banquet qu'une attitude amicale et civile l'avait propre déstabilisé pendant un léger laps de temps. De même que ces connaissances vis a vis de l'étiquette, dans le nord seul deux personne l'avait traité avec un certain respect jusqu'a présent. Robb, et sa mère, il était relativement surpris de l'attitude de la jeune mormont notamment au vu de ce qui s'était passé au banquet.

Le jeune prince esquissa un sourire, alors que ses yeux améthyste se posaient sur Lyra pour la détailler en silence. Il se sentait visiblement flatté par ces dires. Ainsi, elle l'avait trouvé courageux ? Bien sûr qu'il l'était, n'était il pas le meilleur des dragons ? Le cœur dans sa poitrine se gonfla de fierté, alors qu'il sentait ce feu si agréable qu'était l'orgueil lui réchauffé la poitrine et le mettre dans de bonnes dispositions envers la jeune fille.

"Je vous remercie pour vos propos, je ne m'attendais pas a les entendre de la bouche d'une habitante du Nord. Il me touche bien plus que vous pouvez l'imaginer. Je déplore seulement les faits, j'aurais aimé être plus utile à la paix, mais j'ai bien peur que ma jeunesse et mon inexpérience n'ont fait qu'empirer les choses en fin de compte. C'est mon second voyage en dehors des terres de la couronne, et mon premier au Bief était bien différent de celui-ci."

Il glissa sa main sur le pendentif autour de son cou, le tripotant légèrement avant de le libérer, comme pour vérifier s'il était toujours là. Le bijou était de fort bel ouvrage, en or, sur lequel était gravée l'image d'une grande tour sur lequelle, c'était posé un dragon, avec pour seule chose insolite, ce qui pourrait s'apparenter à une sorte de pierre noire a son centre.

Il secoua légèrement la tête, quand celle-ci lui demanda si elle devait appeler un serviteur pour qu'il puisse manger. Ce n'était pas à elle de le faire, s'il voulait quelque chose, c'était à lui de le demander.

"Non ,c'est inutile lady Lyra."

Son regard valyriens se posa sur l'arme et sur carquois et l'arc, penchant légèrement sa tête sur le côté, d'un signe de curiosité.

"Vous allez chasser ou vous entraîner à l'arc ?" L'intérêt du prince transpirait dans son intonation, alors qu'il posa son regard sur celui de la nordienne, ne lui laissant pas le temps de répondre

"Montrez moi."

Furent les seuls mots du dragon de l'Est en lui adressant un regard entendu. Le Dragon de l'Est était bien curieux de voir ce que pouvais bien faire la jeune mormont avec son arc et ses flèches. Dans le sud ce genre de scène, il ne l'aurait jamais vu, et il était ici maintenant, cela serait une expérience inédite que de voir cela. Il n'y avait nul jugement, après tout, il allait épouser la princesse d'un pays ou les femmes étaient pour certaines bien plus grande combattante que les hommes.

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