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 Fetch me my rapier, boy | pv Barristan Selmy

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Le Bâtard de la Grâcedieu
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Le Bâtard de la Grâcedieu
Valar Dohaeris

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MessageSujet: Fetch me my rapier, boy | pv Barristan Selmy   Ven 26 Mai - 23:31

Fetch me my rapier, boy

An 298 | Lune 12 | Semaine 2



Barristan&Daemon

Dans la chaleur pesante de l'après midi, l'ombre d'une tour s'épanouissait sur un espace large et ouvert sur les remparts. De cette esplanade  poussiéreuse  d'où surgissait l'écho des épées qui s'entrechoquaient et des corps qui grimaçaient sous l'effort, remontait la rumeur moite de l'entrainement des écuyers. Le souffle lourd, les épaules arrondies de muscles naissants et fatigués, la plupart des jeunes gens avaient déjà fière allure, de cette croissance rapide qui n'appartenait qu'à ceux qui étaient nés pour devenir des guerriers. Etouffée par l'ombre de ces futurs géants, la silhouette chétive de l'un d'eux s'épuisait non pas de combat factices ainsi que le faisaient tous ces autres camarades, mais dans un exercice bien plus singulier et autrement moins gratifiant que celui qui consistait à cribler de coups les flancs robustes d'un ennemi imaginaire. Le sabre qu'il tentait de faire tournoyer dans sa main lui échappa et son éclat argenté cogna d'un tintement léger contre le sol sali de terre. Un grognement furieux coula des lèvres du Hill. Se tournant vers l'homme qui veillait d'une autorité vaguement interessée son entrainement, le jeune ouestrien s'offusqua. Sa main, plutôt que d'aller rechercher son arme, s'appliqua sur son front pour en essuyer la transpiration qui y perlait.

"Pourquoi j'peux pas m'battre avec eux? Quitte à me couper, autant que ça soit par la lame d'un autre, et pas la mienne!" Dardant son regard sur le dornien, le garçon machait ses mots, avec pour faire danser ses paroles l'accent chantant et rude des campagnes.
Parmi tous ces jeunes gens en surchemise, lorsqu'ils n'étaient pas torse nu, suants comme des chevaux après un galop, la silhouette noire et à la veste fermée jusqu'au ras du cou du dornien paraissait presque celle d'un septon. La pudeur de la Gracedieu intriguait les hommes épuisés par la chaleur, lorsqu'elle n'était pas fustigée de quelques regards bien sentis qui semblaient lui reprocher de s'imposer telle torture. La pierre rose et granuleuse renvoyait les rayons du soleil avec la violence d'un miroir. Cela faisait des heures qu'elle n'était plus fraiche, même dans son ombre. Mais qui avait vu le désert ne craignait pas la touffeur suffocante de Port-Real. Tandis qu'il dépliait pensivement le parchemin qu'il avait reçu le matin même, Daemon ne gratifia pas son écuyer bâtard de son attention, ni même d'un signe pour l'encourager. Il était droit sur ses jambes, et ne paraissait pas l'avoir entendu. Lorsqu'il lui répondit, sa voix était plate.

"Tu pourrais essayer." Dans sa voix où s'insinuait encore l'accent de sa patrie, nulle foi en son élève, ni même l'ombre d'une sincérité feinte. Une constatation, tout au plus, qui avait des airs blasés.

"Vous m'en empéchez."Protesta le blond avec une grimace insolente.

Hochant la tête, le Sand lui confirma nonchalament ses dires, toujours sans quitter des yeux la missive où il reconnaissait l'écriture de Boadicée. Enviant certainement les petits groupes qui s'étaient formés au fil de l'heure qui venait de s'écouler, il entendit  son écuyer pousser un soupir léger et il devina qu'il passait sur eux un regard cupide. Bien que de basse naissance, le jeune blond avait une grande faculté d'adaptation qui- n'en déplut au rigoureux dornien qui le formait- aurait pu lui construire une place de choix parmi tous ces garçons qui ne bénéficiaient pas pour la plupart de la vivacité d'esprit dont il était doté et qui avait eu raison de la volonté du Sand en s'imposant à lui.   Cependant, la seule qualité que son maitre lui reconnaissait pour le moment était sa détermination et non son habileté ou sa dextérité. Maigre comme un chien des rues, trop distrait pour être agressif, il ne savait ni lire ni écrire. Il n'avait de chevalier que le rêve. Et c'est un bâtard..., songea le brun. Il avait parfois l'impression d'avoir fait une erreur en cédant à cette faiblesse que le garçonlui avait découvert, faisant de lui son obligé en plaidant leur bâtardise qui n'avait de commun qu'un patronyme de demi-orphelin.

" Ils manient l'épée depuis qu'ils savent marcher. Ce que je ne te dis pas, tu le sais." Répondit-il sèchement.

Le jeune garçon se ridiculiserait. Les épées, en bois comme en métal, lui glissaient d'entre les doigts comme s'il avait toujours eu les paumes couvertes d'huile. Au moindre effleurement, il lacherait son arme, et serait mis à terre. Lui faire pratiquer la danse du sabre, jeu prisé des jeunes de la principauté, pour entrainer son habileté, corriger sa maladresse était un pari risqué mais nécessaire. Ses singeries ratées ne manquaient pas de lui attirer les quolibets  et les sifflets des autres aspirants chevaliers. Et si ses mains commençaient à connaitre les gestes de la danse, ses yeux oubliaient bien souvent de s'y interesser, condamnant indubitablement ses jongles à l'échec. Plusieurs jours à s'abrutir ainsi ne lui avaient valu que de maigres progrès. On quittera la capitale sans qu'il n'ait réussi, se désola le Bâtard de la Grâcedieu.
Le brun n'avait pas besoin de lever les yeux de la lettre qu'il lisait, il lui suffisait pour le constater d'entendre le bruit régulier de la lame du sabre qui recontrait le sol et de deviner du coin de l'oeil la lumière qu'elle renvoyait, frétillant au sol comme une truite sortie de l'eau.

"Battez-vous avec moi, dans c'cas!"

"Non."Son ton placide sembla plaire à l'acharnement du garnement, qui lui sourit. Le Sand lui trouva l'air bête. Il espère sûrement que je le ménagerai devant tous les autres. Il sait que je ne voudrais pas que l'on voit à quel point mon écuyer est lamentable, et ça l'amuse. se laissa-t-il penser en relevant un regard noir vers le gamin. Ses yeux se plissèrent en un avertissement muet. Il n'avait fallu que quelques minutes au garçon lors de leur première rencontre pour comprendre que jouer avec l'orgueil du Sand lui apporterait satisfaction pour obtenir ce qu'il souhaitait lorsque la politesse glissait sur la carapace du dornien comme de l'eau sur un rocher.  
Sa main replia la missive, qu'il enfourna dans la poche de son vêtement avant de relever son regard vers la mer qui scintillait. Balayées par la brise marine, quelques mèches de ses cheveux bruns vinrent chatouiller son front tandis qu'il observait pensivement l'étendue de la baie. Ne cachant plus son ennui profond, il ruminait son souhait d'être béni d'un écuyer aussi talentueux que l'étaient Loras ou Ulwyck à cet âge, et non cet empoté.  Le silence fermé et imperturbable du Sand ne décourageait pas la voix du jeune Art de fuser régulièrement dans l'air tiède, et ce dernier n'avait jamais pris ombrage du mutisme de son maître, paraissant même y trouver un certain plaisir malin. L'apprenti s'étira comme un chat. Le sabre était toujours dans la poussière, couronnée de lumière.

"Cela dit...ça fait bien longtemps qu'je vous ai pas vu vous battre Ser. "sourit-il en ronronnant presque.

"Je ne veux pas me battre. Reprends ton exercice."Cette fois ci, les prunelles bleues du Sand se tournèrent vers le garçon, allant chercher les siennes et s'y enfonçant comme deux harpons. Des regards commençaient à se tourner vers eux. Daemon se sentit déglutir. Ses machoires se serrèrent d'elles-même tandis qu'il attendait que le garçon s'exécute -et priait pour qu'il le fit- en vain.

"Ne faites pas le timide, vous n'êtes pas si mauvais. Je suis certain que vous pouvez vous permettre un combat à la loyale. " répondit-il aussitôt, accompagnant ses paroles d'un geste qui invitait de ses bras ouverts quelque adversaire qui fut tenté par le défi. Un voile se déposa sur le visage anguleux du dornien  avant qu'un froncement dédaigneux du nez ne souleva sa lèvre, découvrant ses dents dansune grimace condescendante. Saisi d'une irritation qu'il connaissait bien désormais en la compagnie d'Art, le Sand du ravaler l'envie pressente qu'il avait de céder à sa requête. C'était un désir puérile, et il se sentait comme un grand frère désireux de remettre un cadet trop arrogant à sa juste place. "Ton arme."siffla-t-il entre ses dents, en se détournant négligement vers les créneaux, sans que sa patience ne vacilla. Ses bras se croisèrent sur sa poitrine comme pour mieux signifier au jeune entêté que son jeu s'arrétait ici. L'interessé le comprit, et ce fut paré d'une moue boudeuse qu'il se retourna pour ramasser le sabre. Daemon s'était éloigné de quelques pas lascifs vers la balustrade lorsque la voix de l'écuyer retentit à nouveau, claire et vive.

"Ha, ça par exemple! Regardez donc, Ser! Quelle armure! Pauvre ère, sous ce soleil, à son âge, j'en aurai presque de la peine pour lui...Regardez, Ser, regardez!

"Si tu le dis c'est que cela doit être vrai. "

Ces mots étaient aussi fluides que ceux de son maîtres étaient rares et mesurés à la fois par le mépris et par un austérité naturelle qu'il tenait de son père.

" Un pied dans la tombe, et l'autre à moitié   portant, m'est avis que vous n'aurez pas à transpirer beaucoup avant de le voir à terre. "

Sa mine fermée se fissura enfin. Les quelques mots du garçon, le fendirent d'un sourire puis d'un rire léger qu'il tenta de réprimer avant de le laisser couler d'entre ses lèvres, ce qui sembla ravir le bâtard aux cheveux pâles. Croisant son regard, il échangèrent un rare éclat de complicité, puis il lui intima de reprendre l'exercice d'un geste du menton. Il tourna ensuite son visage souriant vers l'étendue d'eau éclatante de bleu et de lumière. Aussi lentement que tombait le crépuscule, le dornien s'aperçut du silence respectueux qui avait fermé les bouches canailles des écuyers, des coups plus affermis et plus vigoureux des épées de bois, plus appliqués aussi. Intrigué par le changement subtil d'atmosphère, le Sand jeta un coup d'oeil par dessus son épaule enveloppée de noir. Son sourire mourut lentement sur ses lèvres. Il avait reconnu l'homme que ciblaient les piques de son écuyer.



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MessageSujet: Re: Fetch me my rapier, boy | pv Barristan Selmy   Ven 9 Juin - 11:38

Fetch me my rapier, boy

An 298 - Lune 12 - Semaine 2



Daemon Sand & Barristan Selmy


Ser Barristan venait d’être relayé par Ser Merlon Crakehall de son poste. Il avait passé presque la totalité de l’après-midi à se tenir devant la porte des appartements du Roi où celui-ci avait l’habitude de travailler. De temps en temps, un membre du Conseil Restreint ou quelque autre Seigneur ou gente Dame se présentait devant lui, requérant une courte entrevue avec le Roi. La plupart du temps, il leur fut permit d’entrer mais, passer une certaine heure, le Roi fit clairement savoir au chevalier qu’il souhaitait ne plus être déranger jusqu’à l’heure du dîner. Aussi le reste de sa journée se borna-t-elle à signifier un refus catégorique à toute nouvelle requête…sur ordre du Roi.

Il transmit l’ordre du Roi à Ser Merlon avant de quitter son poste puis se dirigea lentement vers le couloir menant à la cour du Donjon Rouge. Son dos le faisait souffrir et ses jambes étaient devenues raides et lourdes à force d’être resté si longtemps debout sans bouger. L’âge le rattrapait, et il craignait de se voir un jour reléguer à une tâche moins glorieuse que celle qu’il occupait depuis des années maintenant, tellement longtemps qu’il en était arrivé à voir régner trois Rois différents et à les servir tous trois avec la même dévotion et loyauté qui le caractérisent tant. Il était conscient que ses glorieuses années étaient derrière lui maintenant, mais ne se sentait pas encore suffisamment faible et vieillard pour ne plus être capable de donner le change au combat.

Au fur et à mesure qu’il avançait dans le couloir et s’approchait de la sortie menant à la cour, il commençait à entendre les bruits si familiers des entraînements. Les épées qui s’entrechoquent, les bottes qui grattent le sol sous les déplacements des hommes, soulevant gravas et poussières, les cris et autres exclamations, de douleurs ou de gaieté, qui souvent viennent ponctuer un entraînement digne de ce nom. Ces bruits multiples firent sourire le vieux chevalier, repensant à ses jeunes années d’écuyer puis de simple chevalier avant d’intégrer, très jeune, la Garde Royale. Cela lui donna envie d’aller voir cet entraînement de lui-même et de, pourquoi pas, donner quelques conseils aviser aux jeunes écuyers.

Plus il avançait vers eux, plus il sentait que sa présence avait été remarquée. Les jeunes gens marquaient d’abord un temps d’arrêt lorsque leurs yeux se posaient sur lui puis frappaient avec plus de précision, plus de force et cessaient de parler à tout va, concentrés sur leurs mouvements. Le Hardi marchait parmi eux, observant chaque groupe et donnant de temps à autre un conseil pour améliorer leur jeu de jambe, pour tenir leurs boucliers de façon adéquate ou pour mieux parer les coups de leurs adversaires. La plupart était des écuyers qu’il était habitué à croiser au Donjon Rouge. Il les saluait par leurs prénoms et avait toujours un mot d’encouragement pour eux et une salutation cordiale pour leur maître. Mais, à l’écart du reste, se trouvait un petit groupe qu’il n’avait encore jamais croisé, dont les visages de deux d’entre eux ne lui disaient vraiment rien. Il savait bien qu’une grande délégation du Bief était arrivée à Port-Réal et que parmi elle, se trouvait également Lord Tywin Lannister et quelques-uns de ses hommes. Si le jeune garçon avait toutes les caractéristiques physiques des gens de l’Ouest, celui qui se tenait non loin de lui, lui faisant dos et dont l’allure était aussi peu avenante qu’austère, lui semblait tout droit venu de Dorne. Intrigué, Ser Barristan s’avança droit vers eux.

Le jeune garçon l’avait vu en premier. Il avait semblé avoir fait une remarque sur lui à son maître mais lorsqu’il vit qu’il s’approchait d’eux, son air narquois s’évanouit aussitôt tandis que l’autre se retournait lentement. Effectivement…un Dornien… Mais que faisait-il donc ici, accompagné d’un écuyer de l’Ouest ? C’est alors qu’il fit le rapprochement entre ce qu’il avait sous les yeux et les rumeurs qu’il avait entendu depuis l’arrivée des Tyrell et des Lannister. On disait que Lord Tywin avait bravé ses préjugés sur les Dorniens en nommant un jeune homme, qui était ressorti vainqueur du dernier tournoi de Castral-Roc, dans sa garde personnelle des Manteaux Rouges de Castral-Roc et de Port-Lannis. Il savait donc qui était cet homme aux traits fins et à l’air supérieur et un rien dédaigneux qu’il pouvait lire sur son visage, tandis qu’il s’était lentement retourné vers lui. Cela n’empêcha pas Ser Barristan de le saluer néanmoins poliment, bien qu’il n’appréciait guère ni l’attitude moqueuse du jeune écuyer, et encore moins celle de son chevalier de maître.

Ser Daemon Sand de la Grâcedieu, je présume ? L’on fait grand cas de vos aptitudes au combat. Après tout, elles doivent être véridiques sinon l’homme intransigeant qu’est Lord Tywin ne vous aurait pas confié pareille position. Vous devriez les partager avec votre écuyer. Ce jeune garçon a de bonnes bases mais il lui faut encore s’entraîner. Une chance qu’il vous serve vous ; vous pourriez lui enseigner certaines parades dont seuls les Dorniens en connaissent le secret. Et cependant, vous vous tenez là, droit et supérieur, sans la moindre trace de sueur sur le visage. Si je peux vous le faire remarquer, ici, vous êtes le seul dans ce cas-là. Puis-je vous en demander les raisons, Ser ?

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MessageSujet: Re: Fetch me my rapier, boy | pv Barristan Selmy   Mer 14 Juin - 12:49

Fetch me my rapier, boy

An 298 | Lune 12 | Semaine 2



Barristan&Daemon

Barristan Selmy, chevalier de la Garde Royale...Le bleu pâle de ses yeux jaugea de pied en cap l'homme qui s'avançait vers eux, de ce pas calme et certains qui n'appartenait qu'aux hommes qui savaient qui ils étaient et qu'aucun imprévu ne semblait jamais pouvoir déstabiliser. Pas même un soleil un peu trop brûlant, et encore moins un écuyer à la langue trop vive. La sérénité prodigieuse et le contrôle que dégageaient le vieillard serrèrent le coeur du brun. Il ressemble à père, se laissa-t-il penser en se remémorant subitement l'image désormais floue et indistincte de la longue silhouette noire de l'Héritier, infaillible dans l'honneur comme dans la dignité.
Si il n'eut guère besoin de déporter son regard pour accuser son écuyer d'un éclair foudroyant, le dornien le vit pourtant rejoindre ses mains frèles et maladroites dans son dos ainsi qu'il avait l'habitude de faire lorsqu'il savait qu'arrivait la colère de son maitre et qu'il était fier de son coup. Cela n'aurait pas surpris le Sand que le blondinet fut parfaitement au courant de l'identité de l'homme qu'il venait d'insulter. Feindre l'ignorance et la naiveté pour obtenir ce qu'il voulait n'était pas étranger à l'adolescent. Daemon l'avait déjà vu instiguer des bagarres dans des tavernes à partir de rien, et il avait la désagréable d'être déjà profondément empétré dans le jeu habile de marionnettiste que le ouestrien se plaisait à user sur son entourage pour tromper son ennui ou venger sa frustration.
Bientôt, le jeune dornien dut abandonner ses pensées qui vagabondaient déjà sur la correction qu'il rêvait d'infliger à son drôle d'écuyer pour se concentrer uniquement sur la silhouette qui ne laissait plus le moindre doute quand à ses intentions. Le temps n'était plus à tourner le dos au chevalier. Avisant le vieillard, le Sand attendit avec une pointe d'étonnement logée au creux de la poitrine que l'homme exprima le mobile de son interruption. Un pli soucieux apparut entre ses sourcils bruns. Il était étrange pour le bâtard de se tenir ainsi devant le Selmy. Il avait déjà ressenti cela, cette impression de connaître la personne qui lui faisait face sans jamais l'avoir rencontrée. Le Prince Oberyn l'avait impressionné d'une manière semblable, quand il était plus jeune, il s'en souvenait. Mais l'orageois n'était pas Oberyn, et Daemon n'était plus un garçon. Trop de préoccupations hantaient les recoins de son esprit pour qu'il choisit d'ignorer l'attitude du chevalier légendaire. D'ailleurs, personne ne l'ignora autour d'eux. Si les chocs des épées factices et les grognements de ceux qui les maniaient résonnaient toujours dans l'air étouffant, recouvrant la rumeur du ressac en contrebas des fortifications et les cris des oiseaux marins, le son était devenu plus respectueux, plus timide. Aussi occupés essayaient-il de paraitre, le Sand comprit rapidement qu'aucune oreille n'était inattentive à l'échange que le Garde du Roi entama avec lui.

En quelques phrases que le chevalier de la Couronne semblait avoir savament soupesé avant de les laisser filer, l'entrevue changea. Le brun étrangla dans sa gorge l'envie puérile de se justifier qui le démangeait. En revanche, il ne put guère trouver de quoi panser la brûlure de son orgueil blessé. Le plaisir d'être reconnu du Selmy se consumma aussitôt qu'il était né. Personne ne souhaitait être abordé par un grand héro pour se faire réprimander comme un enfant. Son visage si rude et pourtant si expressif ne manqua pas de traduire son sentiment en s'obscurcissant soudain, se fermant telle une forteresse qui n'avait plus rien d'avenant, si tant était qu'il eut fait l'effort de se montrer sympathique envers l'homme.
Bien que la patience compta parmi ses rares vertues, la manie des Port-Réalais de venir à lui pour se plaire à  le mettre publiquement au pied du mur commençait serieusement à l'exaspérer. Mais que pouvait-il, et surtout, que devait-il répondre à ces piques, devant tous ces jeunes hommes d'ors et déjà acquis à la cause du grand guerrier? "Peut-être que je vous attendais, Ser." dirait Ulwyck avec le panache qui le caractérisait, puis il dégainerait son épée et bondirait sur le Garde Royale comme un jeune chien de rue, griffes et crocs en avant. Mais Daemon, malgré toute la hargne qui étranglait sa gorge, rechignait à agir ainsi. Le Sand ne pouvait se permettre de caricaturer plus encore l'image du dornien qui occupait déjà les esprits des apprentis combattants et de leurs maitres qui les observaient du coin de l'oeil. Si son ami tenait du chien sauvage et incontrolable, lui aussi possédait une sorte de ténacité canine viscérale qui lui interdisait de céder le moindre pouce de terrain, malgré tout le respect quelque peu ébranlé qu'il avait pour le frère juré.  

Il s'était contenté d'une brève inclinaison du menton pour saluer poliment, bien qu'avec une raideur non camouflée, le chevalier à l'armure blanche et mordorée. Un léger silence flotta dans l'atmosphère électrique avant qu'il ne consenti à le rompre. Ses yeux se plissèrent alors qu'il se redressait subtilement.

"J'imagine que j'aurai du mal à vous interdire de dire ce que vous avez déjà demandé, Ser." Son sarcasme était plus cinglant que ce qu'il aurait jamais souhaité adressé à cet homme qu'il admirait, aussi improbable son idolatrie pouvait-elle lui paraitre dans la colère qui grondait présentement entre ses côtes. L'outrage qu'il ressentait avait le gout amer de la gratuité. Etait-ce parce qu'il était dornien que l'autre le fustigeait ainsi -les Selmy étaient après tout des hommes de l'Orage- ou bien était-il si naturellement antipathique que même le si honnorable Barristan de la Garde Royale se sentait obligé de l'admonester sans qu'il ne lui ai jamais rien fait? Il connaissait Arthur Dayne, mais les écrits et les on-dit n'ont jamais rien dit de leur relation. Peut-être se détestaient-ils. Bien qu'il fut le fils malchanceux de la branche cadette du prodigieux clan des Météores, Daemon ne pensait pas moins au dernier porteur d'Aube comme un étranger. Un héro de son enfance, à égal valeur que Robert Barathéon et son marteau de guerre, que le Prince Oberyn et sa lance. Malgré l'aigue-marine de ses yeux, qui jurait bien souvent avec les prunelles d'onyx qui hantaient la Grâcedieu, il n'y avait qu'un seul nom cher à son coeur: celui de son père.
Quant au rouge de la cape qu'il ne portait pas en ce jour, mais dont l'ombre semblait le suivre, le bâtard se doutait qu'il devait peser sur la manière dont l'épéiste s'était adressé à lui. Un homme qui servait le père du régicide ne devait pas inspirer de grande sympathie au chevalier vieillissant, encore moins si son comportement ne lui convenait pas comme il s'était empressé de le lui faire remarquer. A ses côtés, l'écuya se déplaça légèrement, jetant au dornien comme au frère juré tour à tour un regard éclatant. La confrontation entre les deux hommes semblait l'amuser.

Daemon brûlait de répondre acidement au vieux guerrier. Il ne transpirait pas? La belle affaire. Le Soleil ne soumet pas les dorniens se laissa-t-il penser en devinant avec un mépris souverain les visages rougeaux de ceux qui, même en se contentant d'observer les combats, voyaient des perles de sueur glisser sur leur front lisse sous la morsure de l'astre du jour. Mais, encore une fois, il ne pouvait se permettre un comportement qui décridibiliserait le choix de Tywin Lannister, et son mérite par la même occasion. Sa voix trancha à nouveau l'air.
"Il n'a que les bases que je lui ai enseigné, ainsi qu'on me les a enseigné autrefois. Il apprendra, quand il sera prêt." lacha-t-il sèchement après avoir jeté un bref regard vers le-dit écuyer à la fin de sa phrase. Ses yeux attrapèrent de nouveau le regard souriant et pourtant autoritaire du vieil homme."Si vous vouliez me voir transpirer, vous arrivez trop tard. Je ne m'exerce aux armes qu'aux aurores. Seul." Le jeune écuyer du bâtard sembla vouloir dire quelque chose, mais la voix du chevalier couvrit alors la sienne avec fermeté:"L'entrainement vous déplait? Vous n'avez qu'à détourner les yeux." sembla-t-il achever ses rares paroles avant d'esquisser un demi tour vers la muraille dont on l'avait dérangé un peu plus tôt. Pourtant Daemon ne se retourna pas. A la place, il choisit de confronter à nouveau le chevalier. Vétéran de mille batailles ou non, le Sand ne pouvait supporter de se laisser insulter ainsi. La colère peignait ses intonations d'une rage froide. "Vous semblez douter de mes capacités au combat. Souhaiteriez-vous les éprouver pour soulager votre conscience, Ser Barristan? Ou me laisserez-vous en paix?"

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