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 Les coeurs brisés doivent se relever Ft Marianne

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Le Paon d'Argent
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Le Paon d'Argent
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MessageSujet: Les coeurs brisés doivent se relever Ft Marianne   Sam 13 Mai - 15:52





 
Les coeurs brisés doivent se relever
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Semaine 4, Lune 12, An 298

 
Ces visites à Castel-bois semblaient toujours suivre les pas de l'étranger, entre venir chercher Tybolt après la mort de son père, ensuite pour être auprès de Lucian lors de son dernier souffle, puis à présent soutenir Marianne après la fin tragique de son époux, il y avait toujours une raison funeste qui la menait dans la région du Conflans. Rien ne laissait présager que ça soit le Paon d'argent qui se déplace, Tybolt était le plus proche de cette partie de la famille, mais voilà, quand Azilys avait pris connaissance de la lettre de Lord Harlton et demander à son frère combien de temps il serait parti, étant persuadé de le voir rejoindre cette fille si précieuse, elle s'étonna de constater qu'il ne comptait pas bouger de Montargent. La colère s'empara d'elle, il connaissait Marianne depuis toujours et pourtant la laisser tomber au moment où elle avait le plus besoin de lui. Sans réfléchir davantage, elle décida que c'était elle qui allait soutenir cette cousine qu'elle connaissait si peu et qui d'ailleurs n'avait jamais eu franchement de discussion posée. Faisant préparer ses valises, son paon Silver, ainsi que son époux. Elle préféra emmener qu'une servante et deux gardes pour les escorter, nul besoin d'être beaucoup, quoique l'époux de Marianne soit justement mort sur une des routes qu'ils allaient emprunter.

Là, elle se trouvait dans son fiacre, sa servante près d'elle et son paon à ses pieds, cet animal était devenue pire qu'un enfant à ses yeux et il était hors de question qu'elle le laisse à Montargent en son absence. Durant le long voyage, elle avait partagé la couche de son époux, il lui était encore étrange d'être mariée, mais surtout de ne pas avoir envie de lui arracher les yeux à chaque instant, non elle s'habituait à lui, même si pour le moment, elle estimait bien plus Silver qu'Humfrey. Les claquements des roues sur la route, la plongeait dans ses pensées qui ne pouvaient s'empêcher de rejoindre ceux qu'elle avait elle-même perdus et c'était cette perte qui lui faisait songer que Marianne et elle n'était pas si différente, si on oubliait son amour pour le peuple. Réellement, Azilys n'avait émis aucun commentaire sur la raison de son départ précipité, même Tybolt avait dû se retrouver surpris de voir sa soeur vouloir réconforter leur cousine, mais comme souvent, personne ne pouvait réellement savoir comment le Paon d'argent réagirait à une situation.

Arrivés à Castel-bois, ils furent accueillis par le seigneur de la maison. Revoir cet endroit lui rappelait tellement la perte de Lucian, c'était en ce même lieu qu'elle avait choisi de se venger et de devenir l'épouse d'Humfrey Swyft. Oui, depuis la dernière fois qu'elle s'était rendu en ce lieu beaucoup de choses avait changé et pourtant, cela ne remontait que de quelques mois. Là, elle demanda à son époux de s'occuper de Silver, tandis qu'elle prit la direction de la chambre de Marianne. Celle-ci n'avait pas bougé de cet endroit depuis qu'elle était revenue de son mariage, il fallait que ça change, que Marianne se bouge et ne devienne pas un amalgame de la mère d'Azilys. Il n'y avait rien de pire que le désespoir et pour le vaincre, il fallait faire preuve de force de caractère et surtout de fermeté. Même si Marianne ne lui ressemblait pas du tout niveau caractère, Azilys allait tout de même lui apprendre à s'endurcir pour survivre à sa peine, puis elle ne lui demanderait pas d'abandonner son peuple bien-aimé, seulement d'arrêter d'ouvrir son coeur à tort et à travers. Rentrant dans la chambre, elle fit un geste à une servante de Castel-bois de sortir et vint se placer auprès de sa cousine.

- Je sais que je ne suis pas Tybolt, que de m'avoir à tes côtés ne vas pas te réconforter, encore moins combler la perte de ton époux, mais je suis décidé de rester là tant que tu n'iras pas mieux.

Sa voix avait été douce et à la fois déterminée, un ton que Marianne n'avait jamais dû entendre de la part de Paon d'argent. L'obscurité régnait en maître dans la pièce, Azilys sans attendre de réaction vint à pousser les grands rideaux pour laisser la lumière entrée et décida même d'ouvrir la fenêtre.

- L'air frais et la lumière te feront le plus grand bien.

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MessageSujet: Re: Les coeurs brisés doivent se relever Ft Marianne   Dim 21 Mai - 12:27





 
Les coeurs brisés doivent se relever
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Semaine 4, Lune 12, An 298

 
L'obscurité devenait un allié. Une merveilleuse amie dans laquelle la jeune fille était à même de pouvoir compter depuis deux semaines maintenant. Les jours n’avaient pas eu raison de son chagrin, rongeant doucereusement les espoirs qui avaient veillé à lui permettre de se relever au cours de son existence. Plus rien n’avait le même attrait, le même goût, voire la même couleur. Tout ne lui devenait qu’un pâle reflet de ce qu’elle avait pu connaître avant sa perte. Avant que son cœur n’en vienne à se dissiper dans son être de manière à se figer dans les différentes parties de son corps. La douleur lui paraissait de plus en plus insurmontable alors que les regards n’en devenaient que plus intenables. Marianne disparaissait, s’évaporait, ses plus belles qualités avaient été dissoutes et détruites à tout jamais dans le crépitement de ce feu qu’elle avait contemplé. La journée n’avait pas été suffisante pour que l’image s’imprègne de manière permanente dans son esprit, la nuit n’avait pas été d’un conseil non plus. Aussi, elle était restée là devant ce brasier une journée de plus, sans manger, sans même daigner se relever pour ainsi retrouver sa couche. A quoi bon le faire ? Elle n’existait plus. Elle était partie avec lui, emportée par ces brigands qui avaient eu raison de la bravoure de Torvald, son Torvald. Son cœur ne répondait plus. Il n’envisageait même pas  une seule once de renouveau. Toute la force l’avait quitté en même temps que la chaleur de ses flammes éloignées lui avait donné l’impression de ne pas parvenir à sécher les larmes silencieuses qui perlaient continuellement le long de ses joues. Sa tête lui donnait l’impression d’être prise entre les mailles d’un étau, dont les joncs se serraient de plus belle et l’empêchaient de dormir. La faim l’avait quitté elle aussi, serrant un peu plus son estomac devant cette injustice dont elle était victime. Mais pourtant, son esprit osait envisager que le souvenir devait être respecté. Combien de fois son chevalier lui avait fait promettre de lui survivre ? Combien de fois l’avait-elle coupé lorsqu’il évoquait cette tragédie de manière à lui affirmer que jamais ils n’auraient à être séparés de la sorte. Sa naïveté de l’instant avait cru que l’Amour aurait raison de l’Étranger, que la justice n’en ressortirait que plus victorieuse devant les aléas d’un monde enclin à la désuétude. Ses remords la rongeait alors, lui assignant des peines qu’elle ne parvenait pas à tarir. A quoi bon ? Elle n’était qu’une ombre de plus, qu’un oubli de plus. Plus rien n’avait de cesse que ce désir de rester prisonnière de ce bonheur perdu. Jamais plus, elle ne serait à même de pouvoir exister. Cette simple pensée veillait à raviver les soubresauts de sa mélancolie dès lors qu’elle osait les envisager. Même ses intentions de survivre la quittaient dès l’instant où les souvenirs se pressaient et oser lui rappeler de ces instants de bonheur qu’elle ne connaîtrait jamais plus. L’enfermement lui avait parut être la meilleure solution. La solitude désireuse d’accompagner sa nouvelle amie pour ainsi lui permettre de survivre à sa manière. Dans l’ombre, dans l’oubli, mais surtout dans ce désespoir qui ne la quitterait probablement jamais.  Allongée sur son lit, la jeune fille caressait encore la place tenue par son défunt mari. Désireuse de sentir à nouveau cette chaleur qui veillait à la faire sourire, elle se heurtait pourtant à une froideur qui n’avait de cesse que de lui rappeler sa solitude. Alors elle s’emmitouflait dans sa cape, cachant son nez dans cette dernière de manière à se rappeler l’odeur qui lui était attribuée. Cette odeur qui s’imposait à elle telle une évidence et qu’elle avait l’impression de perdre à mesure que l’étoffe se chargeait de son propre effluve. L’impression d’étouffement grandissait alors qu’elle dissimulait ses pleurs dans cette laine qui se voulait pourtant chaude. Cependant, elle restait aussi froide que la pierre, aussi humide que les fourrés les plus reculés de ses bois, aussi acariâtres que  les brisures des parchemins qu’on lui avait fait apposé de sa signature depuis plusieurs jours déjà.  

Ainsi la lady de Castel-Bois devenait ce fantôme qu’on ne lui connaissait pas. Cette ombre emprise d’une douleur incommensurable qu’aucun onguent n’était à même d’apaiser. Plus rien n’avait de cesse que les pleurs qui ornaient les cernes de ses yeux comme des habitudes qu’elle n’avait jamais pu éradiquer. Ainsi son existence se devait de traverser les pertes les unes après les autres. D’avoir à survivre face à cette douleur pour rappeler à tout un chacun qu’importaient les efforts, ces derniers seraient toujours vains. La Fortune n’était pas bonne et encore moins gracieuse, elle se plaisait à aviver des intérêts dans les cœurs des plus faibles pour les briser en mille morceaux dès que la méfiance s’estompait. A quoi bon continuer ? Pourquoi s’enquérir du bonheur alors que ce dernier n’existait pas ? De nouvelles larmes perlaient, gonflant ses yeux, asséchant sa gorge à force de réprimer ses sanglots. Sa voix autrefois fluette et enjouée, restait enfermée dans son gosier. Le silence lui paraissait la meilleure arme pour affronter son mal, la meilleure défense pour parader les ordres qu’on osait lui donner. Pourtant son regard lui, ne cessait de renvoyer l’image de sa douleur qu’elle ne parvenait pas à franchir pour l’heure. Il s’échangeait parfois avec les personnes les plus à même d’avoir son confiance, trouvait même refuge dans les élans de compassion de Camelya. Mais la parole, elle, lui manquait. Comme si cet effort lui était trop grave. Comme si poser des mots lui était interdit, comme si en prononcer ne ferait que lui faire croire qu’elle était passée à autre chose. Alors qu’elle ne désirait pas oublier l’intensité de sa voix lorsqu’elle lui avait avoué pour la dernière fois son amour. Ce dernier qu’elle n’oublierait jamais, qu’elle ne délaisserait jamais non plus au profit d’un autre. Tant ce dernier lui avait tant apporté. La scène lui donnait l’impression de repasser en boucle sous ses yeux, cherchant des alternatives pour le sauver ou pour partir avec lui. Lui accordant des instants de paix même si ces derniers n’en devenaient que dérisoires. Il n’en restait pas moins qu’elle s’enfermait un peu plus dans sa solitude à mesure que ses intentions se brisaient. Si bien qu’elle n’avait pas entendu le mouvement de la cour. Plus aucun son ne semblait vouloir résonner jusqu’à ses oreilles depuis, sa curiosité lui faisait défaut. La difficulté d’affronter le reste du monde se présentait comme un obstacle qu’elle ne parviendrait plus jamais à franchir. A quoi bon ? Elle ne désirait pas se heurter aux regards des autres. A ces pitiés ou ces énervements qui ne feraient que lui renvoyer une image qu’elle connaissait déjà : son image. Tous se vantaient de la décrire comme une pauvre paysanne d’un petit fief, ainsi Marianne leur laissait l’occasion d’assouvir leur jalousie sans rétorquer. Elle n’en avait plus la force, ni même le désir. Au contraire, elle préférait s’installer sur ce fauteuil dans sa chambre et caresser du bout de ses doigts le pommeau de l’épée de son époux. Un geste qu’elle traduisait comme une continuité quant à ces caresses qu’elle veillait à lui offrir dans le creux de ses mains. Hélas, la froideur du fer contrastait complètement avec la chaleur de sa peau absente.

Combien d’heures s’écoulèrent avant que la porte de sa chambre n’en vienne à être poussée de la sorte ? Combien de minutes avaient séparé le monde extérieur de celui qui se forgeait dans l’esprit de la jeune fille ? Pour tout avouer, la question tangible quant à cette représentation du temps importait de moins en moins la lady, dans la mesure où elle parvenait à se convaincre qu’elle était impatiente que sa propre heure finisse par arriver. Le mouvement qui commença à émerger du fond de la pièce ne daigna pas la faire bouger d’un moindre millimètre. Les yeux toujours posés sur l’attirail qu’elle caressait, la silhouette donnant l’impression d’avoir à subir le poids entier d’un monde bien trop grand et vaste pour qu’elle puisse le supporter, même la voix lointaine qui lui donnait l’impression d’être celle de sa cousine n’eut pas d’effet. Elle n’y parvenait pas. Du moins, elle préférait laisser son esprit avoir raison d’elle et ne pas lui faire admettre que la réalité était ici et qu’elle n’était pas dans un songe. Que venait-elle de lui dire ? Les mots lui semblaient vides à mesure que leur signification lui échappait. Néanmoins, Marianne n’eut d’autre choix que de froncer ses sourcils et avoir un mouvement de recul au moment où le jour perçait aux travers les fenêtres de sa chambre. Le regard toujours rivé vers son lien vers le passé, elle n’était même pas certaine de reconnaître la voix de sa cousine. « Vous perdez votre temps… » furent les premiers mots qu’elle parvint à prononcer. Sa voix donnait l’impression de s’éveiller à moins qu’elle n’en soit que le témoin de cette charge de désarroi qui pesait dans sa gorge. De nouvelles larmes s’échappèrent de ses yeux et vinrent inexorablement s’écraser sur le fer illuminé de l’épée. « Je ne veux voir personne. » D’ordinaire encline à favoriser la conversation et à transmettre ainsi ses joies les plus profondes, Marianne se présentait là comme une faiblesse qu’il se fallait délaisser.


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MessageSujet: Re: Les coeurs brisés doivent se relever Ft Marianne   Lun 29 Mai - 10:42





 
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Semaine 4, Lune 12, An 298

 
Le chagrin de la perte d'un être cher, Azilys connaissait très bien ce sentiment et n'avait jamais réagi de la même façon pour les morts de ses proches. Pour sa mère, elle avait voulu se montrer forte pour les petits et surtout s'était retrouvé terrorisé par son père qui lui avait demandé de ne jamais révéler la vérité sur le suicide de sa mère. Pour Aliénor, elle avait laissé les larmes la submerger, ses cris de détresse s'étaient répercuté dans tous Montargent, avant de reprendre le dessus et décider pour ce fait d'ignorer la personne responsable, Tybolt et finalement pour Lucian, la vengeance avait pris le dessus et elle ne s'était écroulée qu'auprès d'Alyx, des jours plus tard. En tout cas, à chaque fois, elle était remontée en piste, ne se laissant pas embarquer par la valse des sentiments destructeurs, c'était une Serrett, la fille d'Albéric, il était dans son sang de rester digne et forte. Le sang, que même si elle avait du mal à se l'avouer et n'irait pas le dire à voix haute, Marianne possédait aussi de par sa mère. 

Beaucoup devaient se demander pourquoi Azilys avait choisi comme objectif d'aider Marianne . Elle qui ne l'avait jamais épargné. Déjà, la réaction de Tybolt l'avait poussé à agir en contresens, s'il ne voulait pas la soutenir, elle le ferait, puis au fond d'elle, la Paon d'argent savait très bien pourquoi elle rejetait celle si fière d'être un arbre aux racines puissantes, Marianne lui rappelait trop Aliénor et Lucian, de par leurs innocences et leurs sourires. Des êtres pas assez forts pour survivre à l'étranger, alors s'attacher à Marianne, était un trop grand risque dans son esprit empli de vengeance, mais là son instinct protecteur avait eu raison d'elle. Elle était rentrée dans la pièce, avait ouvert les rideaux puis la fenêtre. Bien décidé de l'empêcher de succomber à la tristesse. Si elle n'avait pas réussi à sauver les deux personnes qui comptaient le plus pour elle, elle n'échouerait pas avec Marianne.

« Vous perdez votre temps… »

La Harlton était installée dans un fauteuil, épée près d'elle. Une image qui ne venait pas s'en rappeler, les moments de grandes déprimes de sa propre mère. Celle-ci pouvait rester des jours dans sa chambre qui se trouvait dans la plus haute tour de Montargent, à pleurer au bord de la fenêtre ou bien rester le regard dans le vide comme si son existence n'était déjà plus sur cette terre. Il pouvait même arriver des fois qu'elle explose de nerf tout simplement, criant des phrases incompréhensibles et dont une seule chose pouvait la calmer, cette mélodie si particulière à son coeur, une mélodie qui avait accompagné toute la vie d'Azilys jusqu'à ce jour tragique.

« Je ne veux voir personne. »

Encore une fois, elle faisait face à l'impitoyable effet de ceux qui laissaient leur coeur à nu sans se protéger. Marianne était méconnaissable, une coquille sans vie. Ne s'était-elle pas embarquée dans une lutte perdue d'avance ? S'avançant vers sa cousine, elle n'allait pas lui donner raison et surtout n'allait pas abandonner après tout le voyage effectué pour la voir. 

- Et, je fais toujours le contraire de ce que tu souhaites. Puis, si tu continues à pleurer sur cette épée, elle viendra à rouiller... Il faut te ressaisir Marianne.

Ayant approché une chaise près du fauteuil. Elle faisait l'effort d'oublier les convenances du vouvoiement, se disant qu'ainsi, la brunette aurait l'impression d'être plus proche d'elle et donc proie à l'écouter. Ce n'était qu'une sorte de manipulation comme une autre, mais pour une fois, Azilys utilisait ses talents pour une juste cause, quoique la pérennité de Montargent restait la plus grande des causes à servir, dans son esprit.

- Je sais ce que tu ressens, tu penses que ta vie s'est arrêtée, qu'elle ne vaut pas la peine d'être vécue vu que ton époux n'est plus, mais tu ne dois pas écouter cette voix intérieure, tu dois te battre contre elle et me prouver que les racines de ton arbre survivront à n'importe quelle tragédie.

Prenant sa main dans la sienne, sa voix était douce et rassurante, comme lorsqu'elle remontait le moral de ses proches. Une réaction, que peu, pouvait se vanter d'avoir vu. Le Paon d'Argent était prêt à tout tenter, même de la mettre au défi de la surprendre, de lui prouver sa supériorité comme elle l'avait fait au mariage, mais rien ne semblait agir et finalement, emporté par les souvenirs du passé, elle laissa échapper d'un murmure :

- Ne baisse pas les bras comme ma mère l'a fait.

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MessageSujet: Re: Les coeurs brisés doivent se relever Ft Marianne   Mar 6 Juin - 9:53





 
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Semaine 4, Lune 12, An 298

 
L'obscurité submergeait l’être de la jeune lady. Telle une victime prise dans cette toile épaisse et brumeuse, la jeune fille ne percevait plus les aléas de la vie. Le jour devenait la nuit alors que cette même noirceur revêtait pour quelques heures encore les affres du soleil. Ce dernier ne la réchauffait plus, ne lui laissait nulle occasion d’illuminer ne serait-ce qu’un détail le plus incertain. Il n’y avait plus rien, plus aucune vie, voire même plus aucun espoir alors que l’absence grandissait plus que de raison en son sein. L’Amour était-il si difficile à affronter ? Ce dernier lui avait appris à déguster des instants dont les goûts n’étaient que calme et sérénité et voilà que tout avait basculé sans même qu’elle n’ait pu seulement l’envisager. Jamais, elle n’aurait cru souffrir de la sorte. Comme si, une force supérieure lui avait arraché le cœur afin de le serrer fermement et brutalement dans sa propre main. Comme si, ce dernier n’existait plus, mais surtout comme si jamais plus il n’aurait de raison d’être soulagé. Depuis cette stèle, on lui avait répété que le temps finirait par estomper la peine. En vain. Ceux-là ne connaissaient rien aux sentiments qu’elle éprouvait et à cette détresse qui l’habitait  violemment depuis qu’il n’était plus. Torvald. Même le simple souvenir de son nom veillait à alimenter ses pleurs afin de raviver cette flamme incandescente qui ne s’éteindrait probablement jamais. Faire face était probablement la meilleure des solutions à adopter. Mais pour l’heure, l’objectif était trop douloureux à affronter, trop difficile pour oser envisager ne serait-ce qu’un simple mieux. Les jours s’enchaînaient et donnaient simplement l’impression de n’être que des répétitions de la veille, comme si son chevalier était parti en mission et qu’elle attendait son retour. Retour qui n’aurait jamais de raison d’être. Sa route avait quitté la sienne pour toujours, la laissant seule face à des démons qu’elle avait cru avoir enterré pour toujours. La solitude devenait son amie la plus fidèle, alors que les larmes, elles, revoyaient l’image d’un hommage éternel. Son enfermement grandissait à mesure que les visages osaient l’affronter. Marianne ne parvenait même plus à déceler quelles émotions les habitaient. De la compassion ? De la pitié ? De la tristesse ? De l’énervement ? A vrai dire, cela ne l’importait plus tant ces derniers s’avéraient être aussi brumeux que cette réalité qu’elle côtoyait. Même Camelya, qui d’ordinaire, parvenait à la faire sourire, avait abandonné ses aiguilles et sa bonne humeur pour rester dans un coin sans oser les parler. A quoi bon ? La veuve donnait l’impression d’être physiquement présente, alors que son esprit, lui, revivait une fois de plus cette attaque dans les forêts. Son épée sur ses genoux, elle l’admirait comme si il s’agissait là du dernier lien à même de lui accorder une chance de le retrouver. Témoin de cette fierté qui l’habitait à chaque fois qu’il la relevait, Marianne caressait le pommeau de cette dernière comme si il lui était possible de caresser cette main qui l’avait abandonné. Tout ceci n’était donc qu’un constat de plus pour prendre conscience que le combat était vain. Elle, qui, s’était tant donné pour prouver que la nature humaine n’était pas aussi corrompue que ce que les grands osaient le prétendre, elle, qui, avait toujours œuvré pour le bien des autres avant même oser envisager son propre bonheur. Voilà comment, le sort s’était joué d’elle. En lui ôtant la personne qui parvenait à raviver son espoir et lui apporter assez de force pour ainsi conduire de nouveaux projets. Pourquoi ? La question restait suspendue à ses lèvres alors que des images la renvoyant à des années en arrière lui prouvaient combien l’injustice savait s’abattre sur ceux qui le méritaient le moins. Son père avait été une de ces victimes, l’état de son oncle permettait également de mettre en exergue qu’il en était de même pour lui et finalement Torvald avait été emporté par cette même inégalité. A croire que la famille Harlton était victime d’une malédiction ou d’un sort visant à éteindre cette lignée… A croire qu’ils ne méritaient rien, si ce n’était la peine, la douleur et l’oubli. Oubli dont Marianne désirait en être victime à présent. Malheureusement ou plutôt heureusement, certaines personnes ne l’entendaient pas de cette oreille. Et lorsque la porte grinça pour annoncer l’arrivée imminente d’une tierce personne, la silhouette de la jeune femme ne donna pas l’air de se mouvoir pour en exprimer une curiosité quant à son identité. Au contraire, tapie toujours dans l’ombre, elle resta de marbre et figée et ce même si la voix qui fendait l’air lui était connue et quelque peu surprenante.

Azilys Serrett, sa cousine qui avait toutes les raisons du monde de la haïr et de la laisser pour compte, se tenait juste là devant elle, déterminée à la sortir de sa torpeur pour affronter le monde tel qu’il se présentait à elle. Si les Dieux désiraient rire d’une farce, en voilà une qui devraient probablement les ravir. Ses lèvres tremblantes parvinrent à se mouvoir afin de laisser son désir s’exprimer quant à cette solitude qu’elle désirait maintenir. Son lien restait indicible, dans la mesure où les larmes qui ruisselaient de ses joues vinrent s’abattre sur le fer brillant de cette épée. Ses yeux ne se redressèrent pas, désireux d’accompagner pour quelques temps encore le chemin de Torvald de l’autre côté. Peut être son fantôme se tenait-il juste là à ses côté ? Peut être avait-il même apposé sa main sur son épaule de manière à la soutenir face à son absence ? Marianne ne pouvait pas briser ce lien, pas maintenant. Elle renifla au moment où sa cousine lui expliqua que ses actes pourraient avoir un effet néfaste sur le fer et comme pour répondre à cette remarque, la jeune fille s’empressa de se saisir d’un pan de sa robe pour essuyer la lame doucement sans dire un mot. Se ressaisir. Ce terme sonnait en écho dans son être tout entier alors qu’elle ne concevait même plus la signification de ce dernier. Comment pouvait-on se ressaisir lorsque notre Amour s’en était allé si violemment ? Pouvait-on seulement envisager un mieux ? La jeune Harlton se confrontait une nouvelle fois à l’un de ces discours qu’elle avait pu entendre, un de ceux qui mettaient en exergue que personne ne pouvait comprendre ce qu’elle ressentait. Son chagrin l’aveuglait et elle préférait se terrer dans son silence plutôt que répondre d’une manière ou d’une autre. Un son sourd lui donna l’impression de se présenter comme celui d’une chaise tirée au sol. Sa cousine était certainement déterminée à vouloir la faire réagir. Un sourire ironique se dessina d’ailleurs doucement sur l’embrasure de ses lèvres au moment l’évocation de l’Arbre lui rappela la relation qu’elles entretenaient toutes les deux. Leur conversation passée avait été un échec pitoyable, pourquoi vouloir lui rappeler maintenant qu’elle l’était à ses yeux ? « Le gel a parfois raison de la force d’un arbre et le tue à petit feu… » Elle renifla une nouvelle fois avant de porter sa main au niveau de sa joue pour estomper les larmes qui coulaient. « Je sais que… » Une légère pause dévoila que la proximité qu’Azilys avait établi veillait à la troubler voire même à la faire se questionner sur le pronom a utiliser. « … tu… connais le chagrin et la tourmente qui en découle. Je sais que vous voulez tous mon bien mais… il m’est impossible de connaitre un mieux. » Les yeux toujours rivés vers le bas, la jeune fille se mit à se pincer la lèvre à l’intérieur de sa bouche pour tenter de contenir cette nouvelle vague de soubresauts qui la menaçait. « Ce fut la perte de trop… » avoua t-elle pour la première fois alors qu’elle ne tenait plus ses sanglots. Qu’avait-elle à perdre face à sa cousine ? La veuve savait que sa crédibilité n’était plus à faire et tant bien même, elle se fichait complètement de ce qu’Azilys penserait d’elle à cet instant.

Ses pleurs la submergeaient, alors qu’elle essayait de forcer sur sa mâchoire pour les faire taire. En vain. Pourtant, la main que sa cousine lui présenta pour ainsi s’apposer sur la sienne fut l’élément qui lui permit de relever doucement ses yeux afin de les projeter sur sa silhouette. La surprise  s’immisçait devant sur ses traits alors que l’incompréhension d’un tel geste visa à faire trembler davantage ses lèvres. Un tel geste n’était pas anodin et pourquoi, alors qu’elle savait très bien qu’elle ne l’appréciait pas, l’avait-elle envers elle ? Les dires qui suivirent résonnèrent dans sa tête alors qu’elle reniflait encore une fois. « Ta mère ? » La jeune fille ne parvenait pas à élaborer les connexions qui existaient entre son état et celui de la mère d’Azilys, même si elle concevait que les pertes qui avaient accablé la dame de Montargent s’avéraient être insurmontables, il n’en restait pas moins qu’on lui avait rapporté que cette dernière s’était éteinte des suites d’une maladie. « Je crains ne pas comprendre le rapprochement entre nous. » Sa tête se secouait délicatement de droite à gauche pour laisser exprimer sa négation face à cette révélation alors que ses yeux s’embrumaient à nouveau et trouvaient refuge cette fois dans la main qu’elle tenait. « J’ai senti la sienne devenir glacée… On aurait dit une roche figée dans la glace. J’ai vu la vie s’envoler de son regard au moment où j’ai fermé ses yeux pour toujours… » Le dire aurait pu être signe de délivrance, peut être l’était-il d’ailleurs ? Mais pour l’instant, Marianne pleurait encore alors qu’elle se heurtait devant l’injustice de ce monde. A croire que personne n’était épargné et surtout pas elle. « Je tiens à m’excuser des tragédies que la maison Serrett vit à cause de mon nom et comprends pourquoi tu ne me portes pas dans ton cœur. »

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MessageSujet: Re: Les coeurs brisés doivent se relever Ft Marianne   Dim 11 Juin - 20:57





 
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Face aux sanglots de Marianne, le Paon d'Argent ne savait pas trop comment réagir. Alors, elle lui attrapa seulement la main, un geste non manipulateur comme cela aurait pu l'être, mais qui était bien présent pour tenter de la rassurer. Thorvald était la perte de trop pour sa cousine, elle vint à se demander qu'elle avait été sa perte de trop pour elle . Surement Lucian qui la poussa dans la vengeance. De nature différente, il paraissait normal qu'elle ne réagisse pas de la même façon face aux tragédies. Finalement, plus elle examinait l'état de la Harlton, plus l'image de sa mère s'imposait dans son esprit, tout comme sa mélodie, la même qu'elle avait chanté pour accompagner Lucian jusqu'à son dernier souffle. Une impression oppressante s'empara d'elle et elle laissa échapper un murmure au sujet d'un des secrets de la famille, un secret qui n'était connu à présent que par elle.

« Ta mère ? Je crains ne pas comprendre le rapprochement entre nous. »

Se mordant légèrement la lèvre inférieure, Azilys se retrouvait autant surprise. Pourquoi avait-elle laissé cela s'échapper ? Qu'est-ce qui se produisait chez elle ? Voilà que la mélancolie de sa cousine l'emportait sur cette voie dangereuse des souvenirs. Ne lui lâchant pas la main, Marianne vint à poser son regard sur leur lien et la suite de sa phrase lui donna froid dans le dos.

« J’ai senti la sienne devenir glacée… On aurait dit une roche figée dans la glace. J’ai vu la vie s’envoler de son regard au moment où j’ai fermé ses yeux pour toujours… »

Ce n'était pas une scène qu'elle aurait voulu imaginer et pourtant son esprit allait dans son sens. La dernière fois qu'elle avait vu Thorvald, c'était à son mariage et à présent, elle ne le voyait sans vie, les yeux vitreux et blanc. Un nouveau frisson la parcourut. Les paroles de sa cousine avaient réussi à l'atteindre bien plus qu'elle aurait pu s'en douter.

« Je tiens à m’excuser des tragédies que la maison Serrett vit à cause de mon nom et comprends pourquoi tu ne me portes pas dans ton cœur. »

Être désolée pour une personne n'était pas courant chez Azilys et pourtant, là, elle se sentait vraiment mal pour elle. Même si la Serrett trouvait Marianne idiote à avoir donné son coeur à un homme du peuple, elle n'avait jamais souhaité sa mort, même quand Lucian était mort sous sa garde.

- Les tragédies de ma famille ont commencé bien avant notre rencontre, j'en t'ai voulu pour Lucian, je l'avoue, mais tu n'es pas responsable de sa présence à Castel-bois, ni même de l'accident avec le cheval. 

Le responsable restait toujours Tybolt dans son esprit, c'est lui qui avait pris la décision de l'envoyer dans le Conflans, tout comme de marier Aliénor à un des fils Cendregué. D'un coup, son regard se planta dans un miroir non loin d'elles, là, elle resta comme hypnotisée face à cette image si semblable à sa soeur. Mais si Aliénor possédait exactement les mêmes traits qu'elle son caractère différait.

- Tu sais, tu leur ressembles... Aliénor et Lucian... Vous ouvrez vos coeurs sans aucune limite, vous ne voyez que le meilleur chez les autres. Bercer dans cette innocence que j'ai tenté de protéger par peur de la voir les détruire comme elle a détruit ma mère. 

À la fin de sa phrase, sa voix avait semblé s'étrangler dans sa gorge. Jamais, elle ne l'avait dit ouvertement. Enfermant cette histoire tout en fond de son esprit, enfermer à double tour comme la promesse faite à son père. La vérité pouvait-elle aider Marianne ? Lui faire comprendre qu'au final, il y avait des raisons qui la poussaient à ne pas la porter dans son coeur, des raisons bien différentes qu'elle devait s'imaginer.

- J'aimerais que tu gardes cela pour toi. Tout comme ma soeur, elle rêvait d'un mariage d'amour, d'un homme beau, un grand chevalier et elle a eu le malheur d'épouser mon père. Tu ne l'as pas connu, mais tu peux imaginer qu'en vue du départ de Tybolt de Montargent, ce n'était pas un homme facile. L'épouser, vivre auprès de lui, la détruite. Elle ne sortait que très peu de sa chambre, fredonnant toujours le même air de musique. Quand, on avait la chance de la voir, elle nous racontait des histoires sur les sirènes et un jour, elle a seulement voulu les rejoindre... Ma mère est morte à cause de ses rêves brisés et la première fois que je l'ai vu sourire, elle se tenait au bord d'une falaise, fredonnant son air de musique. Elle a choisi la mort à sa famille... Mon père m'a fait promettre de ne jamais le révéler que ce ne serait pas une bonne image pour les Serrett, je l'ai donc fait, ce jour-là, je suis devenue le Paon d'Argent et je me suis promis de tout faire tout mon possible pour qu'Aliénor ne finisse pas comme elle...mais je l'ai perdu quand même, comme Lucian. Je ne peux pas m'attacher à toi à cause de ses raisons...tu leur ressembles trop, mais je ne te laisserais pas, tu vaincras la mélancolie.



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MessageSujet: Re: Les coeurs brisés doivent se relever Ft Marianne   Lun 26 Juin - 15:05





 
Les coeurs brisés doivent se relever
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On disait du temps qu’il portait du baume dans les cœurs meurtris, qu’il apaisait les tourments les plus difficiles pour laisser un quotidien s’installer. Portant de nouvelles ressources, puisant dans les soubresauts de la difficulté, on lui vantait de nombreux mérites alors que tant d’autres le maudissaient pour ce qu’il engendrait. La désolation ressemblait-elle à cette peine qui lui semblait insatiable ? Saurait-elle un jour l’apaiser ou du moins lui permettre de trouver repos ? A croire que les Sept se plaisaient de jouer d’elle et de sa famille. A croire que la malédiction dont elle était victime ne trouverait jamais d’antidote pour l’arrêter. A croire que seule la fin était nécessaire pour ainsi arrêter ses tourments les plus douloureux. La vie méritait-elle d’être vécue alors que son cœur pleurait à tout va des pertes qui l’affligeait. L’orpheline devenue veuve à seulement deux lunes de son mariage. L’enfant devenu adulte bien trop tôt et l’adulte devenu personne affligée et lasse de son existence en seulement quelques jours. Est-ce que cela s’arrêterait un jour ? Le Mal était-il aussi nécessaire que cet acharnement qui paraissait vouloir s’immiscer plus que de raison au sein de la demeure Harlton ? Torvald. Son visage se dessinait encore juste là devant ses yeux alors qu’elle caressait du bout des doigts cette lame qu’elle n’aurait jamais cru être le dernier lien qui aurait pu les rapprocher l’un de l’autre. Cette lame qui avait faillit mais qui pourtant resterait à tout jamais son unique défense contre le monde entier. Cette lame contre qui elle vouait une haine sans précédent mais qui, pourtant, resterait pour toujours sa rédemption quant à cet espoir qu’elle avait perdu. Lui reviendrait-il un jour lui aussi ? Le visage de celui qu’elle aimait s’éteignait à mesure que les souvenirs la transportaient vers cet unique passage, ce dernier au revoir, cet adieu qu’elle n’était pas certaine de surmonter un jour. Sa peau glacée contre la sienne, son regard disparaissant petit à petit pour laisser place à cette rigidité qu’elle ne pensait plus connaître, ou du moins pas avec lui. Les pleurs ne parvenaient pas non plus à avoir raison de cette douleur, ils n’effaçaient en rien ce souvenir mais l’y attribuaient une importance dont elle n’arrivait pas à se défaire. Et puis, ce noir l’enveloppait intégralement, la berçait d’une manière houleuse et enivrante de manière à la déstabiliser complètement. Méritait-elle de continuer son chemin ? Hélas son caractère déterminé allait à l’encontre de ses mauvaises pensées pour oser lui insuffler la force nécessaire pour oser croire en un mieux pour le lendemain. Sa solitude l’affligeait, dans le même temps que ses désirs de la maintenir l’énervaient tant cela allait à l’encontre de ce qu’elle était autrefois. Autrefois. Pourrait-elle à nouveau devenir Marianne à nouveau ou resterait-elle à tout jamais cette âme en peine qui n’osait entrevoir aucune joie dans ce qui l’entourait ? Seul le temps pourrait répondre à cela, encore lui, toujours lui. Et plus ce dernier passait, plus la jeune lady tendait à le maudire de lui infliger autant de douleurs, autant d’injustices, mais surtout autant de mépris à son égard. Que lui avait-elle fait pour qu’il agisse ainsi contre elle ? Jamais, elle n’avait osé dénigrer qui que ce soit et voilà comment sa dévotion était remerciée ? A croire que ce monde n’était enclin à n’apporter que grâces et bonnes augures que pour ceux dont la méchanceté coulait dans des veines bien trop ambitieuses pour elle. A croire qu’elle n’avait pas sa place au sein même de ce dernier, alors qu’elle s’était battue pour le bien fondé des siens. La disgrâce s’abattait sur elle, comme la peste pouvait choisir ses victimes au hasard. Elle n’était qu’un pion de plus, qu’un jeu de plus pour ceux qui décidaient de son sort. Et cette douleur ne faisait que grandir à mesure que ses moments esseulés la conviaient à songer aux diverses frasques qu’elle avait pu entendre au court de son existence. Des instants de tourments qui ravivaient à chaque fois les soubresauts de son âme pour la plonger une fois de plus dans cette forêt au moment où ces brigands abattaient leur courroux sur l’être de celui qui détenait le monde dans son cœur.

Ses pensées la perdirent pour quelques temps de plus, laissèrent, par ce biais, s’échapper de nouvelles larmes non dissimulées qui roulaient d’une manière drue le long de ses joues. Les cernes de ses yeux n’auraient jamais raison de la fatigue qui n’en devenait que le témoin physique de son manque de sommeil. Et puis la nuit persistait malgré la douceur et la chaleur de ce soleil à peine évoqué. La jeune Harlton ne parvenait toujours pas à comprendre les raisons pour lesquelles sa cousine se tenait juste là à ses côtés. Sa main dans la sienne, toutes les deux enfin réunies. Un tableau qui l’aurait animé d’une joie incommensurable en d’autres temps. Des retrouvailles qu’elle se serait plu à chérir de tout son cœur, si seulement ce dernier n’était pas mort. Peut être que les temps s’étaient écoulés de telles manières que le songe avait pris le dessus sur la réalité ? Pourtant, ce contact lui semblait réel et ne cessait de l’accommoder d’une sorte d’apaisement rongé bien vite par de la culpabilité à mesure que les mots s’échangeaient. Bien sûr, son esprit, trop fatigué, ne parvenait à émettre des liens directs entre ce qu’elle entendait et ce qu’elle écoutait. La combinaison des deux lui était bien trop difficile dans le même temps que son incompréhension visait à satisfaire la soif insatiable de son chagrin. Pourtant, le regard dans lequel, elle venait tout juste de se plonger, lui révélait un attrait qu’elle n’avait jamais eu l’occasion de connaître jusqu’alors. Même si, ses larmes lui ôtaient toute vision nette et précise, il n’en restait pas moins, qu’il lui semblait percevoir une once de stupeur dans le regard de sa cousine. Voire même de la compassion. Marianne baissa naturellement son regard pour ainsi couvrir une nouvelle vague de ses sanglots incessants alors que sa main serrait davantage celle de sa cousine, cette même main, qui, malgré leurs différents savait réconforter son cœur à jamais meurtri. Aucun mot ne sortit d’entre ses lèvres au moment où ses excuses se confondirent dans l’espace clos. Les dires de sa cousine eurent raison sur tout le reste et l’affligèrent d’une vague de pleurs un peu plus importante. Le typhon l’entraînait vers le bas, la submergeant par diverses vagues d’attaques alors qu’elle se concevait comme responsable de toutes les peines des autres. La juxtaposition entre leurs pertes se corrélaient tellement, que Marianne en venait même à admettre que sa responsabilité en était entière. Néanmoins, elle préféra garder le silence, veillant simplement à garder intact ce lien qu’elles maintenaient ensemble. Et puis, les mots tombèrent comme s’il s’agissait de fer. Abaissant ses épaules, lui laissant ainsi admettre l’intégrité exacte des termes employaient par la lady de Montargent. « Je… » Le reste de son intention mourut dans sa gorge dans le même temps où sa difficulté pour respirer accroissait davantage les tourments de ses sanglots. Que pouvait-elle réellement répondre à cette description, si ce n’était qu’elle avait conscience de qui elle avait été. Devrait-elle s’en vouloir d’avoir au moins tenté d’y croire ? Oui. Le résultat était tel à présent, qu’elle parvenait elle-même à prendre conscience de l’ampleur de son idiotie. Elle était morte avec Torvald et lui survivre lui était tellement difficile qu’elle ne savait pas si elle y parviendrait. « Le Bon prévaut toujours sur le Mauvais et pourtant voilà que l’inverse recommence encore. Mon caractère est ce qu’il est, peut –être même changera t-il à présent, mais une chose est sûre survivre aux autres est probablement la tâche la plus difficile qui nous incombe. » Ses mots lui avaient échappé alors qu’elle espérait intimement que ces derniers trouvent une résonnance dans l’âme de sa cousine. Toutes deux étaient en train de survivre pour les leurs et même si leur façonnement était différent, il n’en restait pas moins qu’elles se ressemblaient. « J’étais bien trop jeune pour me rappeler de la manière adéquate à adopter pour affronter la perte de mon père. Mais la perte d’un époux… » Sa voix se serrait à nouveau, guidant son timbre vers des tonalités plus aigues. « Mon pauvre Torvald… » Sa tête s’abaissait plus que de raison alors que ses yeux se fermaient à mesure que les pleurs engendraient des soubresauts plus prononcés. Sa perte entraînait sa propre défaillance et alors que le monde se noircissait autour d’elle, Marianne ne savait plus comment réagir. Elle pleurait encore, au moment où sa cousine commença à se confier à elle. Des confidences qui parvinrent à apaiser doucement ses tourments, dans le même temps qu’elle captait son attention en direction de cette histoire inconnue. Et alors que son visage restait toujours ancré en direction de leurs mains, la jeune lady ressentait à nouveau de la peine la submerger devant les détails évoqués par Azilys. Ainsi avait-elle souffert de la perte de sa mère d’une manière aussi injuste que terrible. La compassion reprenait de ses droits, lui intimant le courage nécessaire pour venir ramener sa main libre par-dessus celle qu’elle tenait déjà. « Je te présente mes condoléances pour une telle perte. » Doucement, la jeune lady parvenait à redresser son regard pour essayer de retrouver celui d’Azilys, qui lui donnait l’impression de se perdre sur leurs silhouettes dessinées sur le miroir. « Si je peux te faire une promesse c’est bien celle de te dire que la mélancolie n’aura pas raison de moi. Tout comme je lui ai promis de lui survivre, je te fais le gage de ne jamais laisser l’opportunité au chagrin de m’entraîner vers l’Etranger. » Peut être qu’elle ne la croirait pas. Ou au contraire, lui permettrait-elle de prendre conscience qu’elle était différente de ceux qu’elle avait connu. « Tu es digne de ton nom et tu es très courageuse. » s’enquit-elle de rajouter avant de finalement fermer légèrement ses paupières pour que les larmes qui se formaient dans le coin de ses yeux puissent s’échapper et venir s’écraser contre les pans de sa robe. « Ton secret restera le mien. » veilla t-elle à rajouter pour ainsi permettre à Azilys d’apaiser ses interrogations concernant la confiance qu’elle pouvait donner à sa propre cousine.


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MessageSujet: Re: Les coeurs brisés doivent se relever Ft Marianne   Dim 9 Juil - 15:15





 
Les coeurs brisés doivent se relever
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Pourquoi lui avoir ouvert son coeur ? Pourquoi avoir trahi son secret ? Azilys venait de s'étonner elle-même en agissant ainsi, mais elle se perdait dans les souvenirs, dans les sensations si communes de la tristesse. Marianne le disait si bien, elles étaient les survivantes de leurs familles, c'était à elles de vivre sans leurs proches, pas l'inverse. Pourtant, Azilys ne voulait pas se faire plaindre, s'estimant plus forte que le chagrin. Jamais celui-ci ne viendrait la terrasser, s'étant toujours renforcé, se protégeant avec son dédain et son manque d'attachement. Oui, elle savait comment éviter de souffrir, la seule personne encore vivante à ce jour qui pourrait la détruire restait sa meilleure amie, Alyx, autrement, elle avait fait en sorte que tous les autres n'atteignent pas son coeur. C'était plus simple ainsi. Et, ceci le Paon d'argent l'expliqua à sa cousine toujours effondrée. Marianne n'était pas responsable, elle n'était qu'une victime du sort, ainsi que de son amour trop fort pour les autres. Pourrait-elle changer ? Azilys en avait un grand doute, mais peut-être était-ce l'épreuve de trop ? Peut-être allait-elle s'endurcir et voir le monde pareil au regard de la Serrett. De toute façon, à présent, elle connaissait l'un des plus grands secretsd'Azilys, la mort de sa mère, l'évènement tragique qu'il l'avait fait devenir le Paon d'argent. Bien sûr, il n'évoqua pas le meurtre de son père, ceci Marianne ne le comprendrait pas. Comment le pourrait-elle sans avoir côtoyé Albéric ? Pour sa soeur, elle l'avait tuée et à présent, Azilys réfléchissait tout comme lui. Sa digne héritière. Toutes ses pensées se bousculaient dans son esprit, tandis qu'elle observait toujours son reflet dans le miroir, comme pour sentir la présence d'Aliénor à ses côtés.

« Je te présente mes condoléances pour une telle perte. Si je peux te faire une promesse c’est bien celle de te dire que la mélancolie n’aura pas raison de moi. Tout comme je lui ai promis de lui survivre, je te fais le gage de ne jamais laisser l’opportunité au chagrin de m’entraîner vers l’Etranger. »

Sentant sa main se mettre par-dessus la sienne et son regard se posa sur elle, Azilys vint à quitter la vision du miroir pour croiser les yeux de sa cousine. Sa promesse lui faisait chaud au coeur et elle voulait y croire, Marianne se devait de survivre, de déjouer la mélancolie. 

« Tu es digne de ton nom et tu es très courageuse. »

Là, ses yeux s'arrondir par la surprise, jamais on lui avait dit qu'elle était courageuse, non ce n'était pas un qualificatif qu'on employait à son égard. Touchée, elle lâcha la main de Marianne, simplement pour aller chasser les larmes qui coulaient sur ses joues d'un geste délicat. 


« Ton secret restera le mien. »

Il lui était étrange de se sentir proche et en confiance avec celle qu'elle avait tant méprisée. Preuve qu'Azilys était le genre de personne à juger d'abord avant d'essayer de connaitre une personne. Lui offrant un sourire doux, elle ajouta d'une voix calme et emplit d'émotion : 

- Il sera à présent notre secret. 

Elle se senti libre, ce lourd secret ne pesait plus sur son coeur. Oui, elle respirait beaucoup mieux d'avoir pu le dire à voix haute. La mort de sa mère avait hanté ses pas, mais à présent, elle pouvait avancer seule, sans ce fantôme. Voyant de la nourriture sur un plateau, non loin d'elles, Azilys ne résista pas à venir chiper un petit bout de viande et le mettre dans sa bouche. Les cousines passèrent le reste de la journée, ainsi, ne parlant pas forcément, mais étaient présentes l'une pour l'autre. 



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