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 The long chain of iron or gold, of thorns or flowers | Pv Loras Tyrell

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Le Bâtard de la Grâcedieu
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Le Bâtard de la Grâcedieu
Valar Dohaeris

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MessageSujet: The long chain of iron or gold, of thorns or flowers | Pv Loras Tyrell   Mer 10 Mai - 14:43

The long chain of iron or gold, of thorns or flowers

An 298 | Lune 12 | Semaine 2



Loras & Daemon

Une lumière pâle tombait sur ses épaules. Droit et rigide, il fixait le mur devant lui, tentant de faire abstraction de la curiosité malsaine que lui et sa compagnie de quelques soldats attiraient. L'enfant qu'il avait été avait toujours cherché le regards mais la donne avait changé. Personne n'aimait être observé comme une bête curieuse. Pas même lui et son orgueil si facilement flatté. Mais il était difficile d'y échapper; au coeur du Donjon Rouge, cela relevait de l'impossible. Tywin Lannister n'était pas homme à être ignoré facilement. Le soir tombait, et le suzerain de l'Ouest s'apprétait à sortir pour aller diner en bonne compagnie. S'il demeurait caché, les battants de bois sculptés derrière lesquels ce dernier se terrait attiraient l'attention des promeneurs- qu'un hasard calculé avait mené jusqu'à cette porte qu'ils observaient nonchalament- comme si leurs yeux brillants de curiosité espéraient parvenir à apercevoir à travers la frontière close la silhouette du vieux lion du Roc. Autour de leurs silhouettes fébriles, les rayons du soleil couchant s'éclataient en giclées de lumière sanguine sur les murs de briques rouges, dessinant les contours de leurs corps d'un hâlo doré. Froides sous leur visière, les pupilles pâles du Dornien les fixaient tour à tour, ignorant leur identité, ainsi que les babillages vides de sens dont ils se plaisaient à camoufler leur arrêt prolongé devant la porte du Lannister. Lorsque celui-ci durait trop longtemps, il suffisait d'un frémissement  de ses doigts sur la garde de son arme pour les convaincre de poursuivre leur route, lorque son regard désobligeant ne s'en chargeait pas. Si les soldats Lannister n'avaient jamais l'air commode, avec leurs manteaux d'amarante et leurs heaume à mufle léonin, la hargne naturelle du Sand se démarquait à côté de ses collègues dont l'aura hautaine et fière dissuadait pourtant aisément les visiteurs inopportuns de demeurer devant eux. Régulièrement, le métal mordoré de leur armure jouait avec le reflet du soleil couchant comme l'eau trouble d'un étang. C'était une garnison à l'allure rutilante, mais l'ombre de la déception de leur maître donnait depuis quelques jours un aspect morne à leur superbe, comme une antiquité splendide mais oubliée, laissée froide dans un coin obscur. Déjà, les couloirs murmuraient que le Lion quitterait bientôt la capitale, et qu'il le ferait les mains vides.

Les sourcils froncés, plus rigide que d'ordinaire, Daemon tenait sa main crispée sur la garde de son sabre tandis qu'il tentait de discipliner ses pensées. Trop souvent ces derniers jours elles l'avaient ramené entre les hauts murs moulés d'or de Hautjardin, dans l'écho glacial que lui évoquait la solitude et parmi ses cris amoureux qu'il ne reconnaissait plus comme étant les siens. Perdu dans ses pensées, il ne remarqua pas la nervosité soudaine des soldats  lorsque, tout à coup, une tête blonde surgit à sa hauteur, coupant le fil de sa réflexion et le prenant pas surprise. Le Sand tourna vers le passant son visage austère et posa sur lui deux yeux grand ouverts. Son regard ne tarda cependant pas à se plisser du mépris qu'il avait toujours affiché plus ou moins consciemment tandis qu'un frisson éphémère froissa son nez alors qu'il toisait la mine  du nouvel arrivant. Sa respiration se coupa. Loras. Durant le battement de cil que dura le passage du Tyrell devant lui, rien ne vint perturber le silence, si ce n'était un vol d'hirondelles qui piaillait au dehors. Puis, lorsque la rose finit par les dépasser pour s'éloigner de son pas tranquille et assuré, des murmures s'échangèrent aussitôt entre les gardes sous l'égide terne du Sand.
Si la Grâcedieu lui avait inculqué une très grande piété, le jeune bâtard comptait pourtant de rares succès dans les prières qu'il adressait aux Sept depuis son enfance. Cette fois-ci, pour la première fois depuis longtemps, les Dieux décidèrent de le favoriser. Dès l'instant où son amant disparu au détour du couloir, la providence fit sortir un soldat de l'appartement du Suzerain pour prévenir du roulement du tour de garde, répondant aux prières muettes du bâtard qui s'empressa de prendre conger pour s'engouffrer dans le couloir à la suite du jeune homme. Un seul éclat dans son regard d'ambre, un seul, lui avait permis de deviner qu'il réprouvait le moindre des choix qu'il avait fait depuis leur départ du fief des Tyrell. Le brun s'était accoutumé au clivage qui les séparait depuis plus de quarante jours désormais. Une bien triste vérité, à vrai dire, mais pas qui n'en était pas moins réelle. De l'indifférence appliquée, une absence plutôt qu'une présence, voilà tout ce qu'ils s'offraient l'un à l'autre. Il ne pouvait plus le supporter.

Sa cape carmine flottait dans son dos. Il pouvait sentir le velours pesant retombant régulièrement contre ses mollets, ses talons. Horrifié de voir que le passage était désert, il sentit son visage blémir et son coeur battre de frustration dans sa poitrine. Une angoisse pressée et soudaine comprima sa gorge, et il tenta de se rassurer pour résister à l'envie de courir à sa rencontre qui fourmillait dans ses jambes. Bientôt, il passerait lui aussi le tournant qui avait avalé le chevalier des Fleurs. Bientôt il entendrait ses pas. Bientôt... "Bientôt" était trop loin pour lui.  Quand le pas lent dont il devait brider sa démarche lui permit de finalement le retrouver, à peine caché par quelques demoiselles qui se retournèrent sur son passage pendant qu'il pénétrait les jardins, son regard farouche ne quitta plus dès lors le dos qui le devançait dans la tiédeur du soir.
Sa démarche, le maintien du buste, le mouvement des genoux, la manière de poser son pied chaussé de cuir, toute son allure était d'une grâce extraordinaire, très légère, à la fois délicate et fière, et plus belle encore par la candeur enfantine avec laquelle, chemin faisant, ses boucles retombaient sur son regard alors qu'il  jetait un regard ailleurs que devant lui, en souriant, esperait secrètement le Sand qui ne put voir son visage que quelques instants plus tard.
Accélérant le pas, le dornien rejoignit vite la silhouette qui le devançait. Sans crier gare, sa main se referma solidement sur le bras du Tyrell déviant soudain la route de ce dernier."Suis moi." lui intima-t-il brusquement lorsqu'il se fut assuré que personne ne les voyait.  Guidant le corps mince avec une fermeté qui trahissait son irascibilité pour l'amener avec lui plonger à l'abris des regards en s'enfonçant dans le bois sacré, il ne jeta qu'un seul regard derrière eux avant de se couler dans le sanctuaire.

Ce dernier était désert. A cette heure de la journée, il y avait toujours un repas auquel se montrer, une rencontre où se présenter. On ne priait que si l'on était assûré d'être vu en train de le faire. Au coeur d'un bosquet qui n'avait de sauvage que l'imitation de la nature à laquelle s'était essayé les jardiniers, en lieu et place de Barral se tenait un imposant chêne au tronc sombre et éclaboussé de fleurs rouges-sang. Ce n'est pas sacré, c'est juste un arbre, rumina-t-il silencieusement. Le fils de Ryon Allyrion était néanmoins soulagé que le tronc fut dépourvu d'yeux, et de bouche. Au petit septuaire de la Grâcedieu, les Sept étaient représentés sans visage, plus par l'oeuvre du temps qui en avait érodé la pierre que par une volonté des sculpteurs. Etrangement, il se rendit compte que l'endroit lui faisait penser à son foyer. L'odeur de la végétation alourdie par le soleil. L'écoulement de la rivière en contrebas. Les rumeurs des grillons qui se faisaient entendre. Il se souvenait de la sensation des bras raides de sa grand-mère qui l'enveloppaient de tissus noir en l'étreignant.

Poursuivant son chemin pour s'enfoncer toujours plus profondément dans cette cache qui ne le rassurait pas suffisament à son goût, son regard revint à Loras. Maintenant que son profil se détachait nettement, Daemon, plus que l'instant d'avant où il l'avait vu passer dans le couloir, fut frappé d'étonnement de la beauté du garçon et il dut se faire violence pour ne pas oublier pourquoi il souhaitait si ardemment le voir. Tu es enfin là soupirait naivement sa gorge serrée. Mais ses lèvres, ses yeux et son coeur tinrent un tout autre discours à l'interessé qu'il ne relacha pas, refermant même plus fort ses doigts sur le bras de ce dernier. Sous le tissus de la chemise, il pouvait deviner la chaleur de sa peau. Sa voix plate l'accusa froidement.
"La Capitale te réussit." Il le contemplait avec une froideur quelque peu gênée à l'image de celle dont il savait gratifiait les personnes qui lui était étrangères. S'arrêtant enfin, il se planta devant lui sans cesser de se plaire à maintenir l'étau de sa main sur le bras de l'autre."Tu as retrouvé tes repères." cracha-t-il sur un ton qui flirtait entre le reproche et la moquerie en avisant d'un regard acéré le visage qu'il baptisait d'un oeil presque écoeuré.  Il avait entendu les gardes se moquer. Il les avait entendu parler. Renly Barathéon.



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MessageSujet: Re: The long chain of iron or gold, of thorns or flowers | Pv Loras Tyrell   Lun 22 Mai - 17:19

The long chain of iron or gold, of thorns or flowers

An 298 | Lune 12 | Semaine 2



Loras & Daemon

Bien qu’il y avait quelqu’un qui l’attendait en bout de ligne, Loras ne semblait pas pressé ni angoissé d’arriver à temps. Il connaissait la patience de Willos, sa douceur habituelle ; il ne pensait pas que son frère lui tomberait sur la patate s’il arrivait quelques temps en retard. S’il avait hâte de voir son frère qu’il aimait malgré leurs différences caractérielles, il voulait cependant profiter le plus longtemps possible de la lumière colorée du coucher du soleil. Le Tyrell adorait cet astre qui servait de grosse bougie, mais il l’aimait encore plus lorsqu’il disparaissait sagement derrière l’horizon, aspergeant le paysage d’une aura dont la couleur unique colorait le ciel de manière différente chaque soir. Il adorait particulièrement lorsque le ciel d’Hautjardin s’éclaircissait d’un violet-rosé, caressant magnifiquement les fleurs omniprésentes. Alors qu’il traversait le corridor, les mains derrière son dos, le pas lent qui donnait l’impression qu’il allait parfois s’arrêter, ses yeux d’ambre regardaient curieusement le tableau qui se dessinait à travers les fenêtres. S’il n’y avait aucun sourire sur son visage, ce n’était pas par colère ou tristesse, mais par fascination. Pourtant, il n’y avait rien de nouveau sous le soleil de Port-Réal qui s’éteignait à nouveau, surlignant que cela faisait déjà trop longtemps qu’il était ici – en vérité, quelques jours à peine. Les journées s’écoulaient, mais elles se ressemblaient de plus en plus. Toujours la même chanson, toujours le même rythme. Peu de variations et toujours beaucoup d’ennui. Ce n’était peut-être pas pareil pour les gens qui aimaient les intrigues de nobles ou qui voulaient faire leur petite place politiquement parlant, mais Loras se contrefichait de tout cela. Il n’était ici qu’en pauvre visiteur. S’il appréciait Viserys Targaryen, par exemple, il n’avait ni l’intention ni l’envie d’avoir quoi que ce soit à voir avec la royauté. Pour lui, Hautjardin et le Donjon Rouge représentaient le même combat : un nid de nobles où tout devait être beau, calme et secret. L’ennui que semblait éprouver Loras n’étaient peut-être rien de moins qu’une lassitude d’un mode de vie qu’il semblait aimer, mais qui, en vérité, commençait de plus en plus à l’embêter. À ses pieds, son ombre dansait contre le mur, plus grande que nature. Glissant derrière lui alors qu’il dépassa la première rangée de fenêtres, elle se mêla à l’orangé qui enveloppait les murs.
Son regard rêveur, n’ayant plus rien pour l’occuper, vagabondait sur les quelques autres âmes qui habitaient le couloir et ses yeux s’agrandirent lorsqu’il remarqua les uniformes typiques des gardes de Tywin Lannister. Il ne les craignait pas, mais il redoutait d’y voir Daemon. Non pas qu’il n’avait pas envie de le voir, bien au contraire, mais pas dans ces circonstances. Pas dans cette situation où il ne pourrait pas lui demander de s’expliquer, de lui faire comprendre pourquoi il avait été si désagréable, pourquoi il l’ignorait de cette manière, dans un moment où il aurait eu besoin de tout le contraire. S’ignorer pour ne pas vendre leur précieux secret, d’accord, mais il y avait une marge non-négligeable entre cela et le comportement de son amant à son égard lors des derniers jours. Comme il ne pouvait pas faire demi-tour sans que cela ne paraisse étrange – et puisque ce n’était pas son genre –, la Rose Dorée ravala son malaise et redressa sa posture. La tête haute et les prunelles dorées se noyant à nouveau à travers de nouvelles fenêtres, il passa devant les gardes sans paraître écrasé devant leur tenue imposante, comme s’ils n’existaient pas. De son sourire presque invisible émanait une arrogance subtile qui lui permit de ne pas céder à ses propres caprices, à son envie naturelle de provoquer, alors qu’il sentait très bien la présence de son amant sans l’avoir pourtant vu concrètement. L’écho de quelques murmures voyagèrent temporairement avec lui lorsqu’il tourna dans l’autre corridor, la cadence de son pas certain l’accompagnant sagement.

Alors qu’il ne s’attendait pas à ce qu’on le suive, sourire satisfait illuminait ses joues roses alors qu’il entendait derrière lui l’écho des pas qu’il reconnaîtrait parmi tant d’autres. Il ne savait pas ce que lui voulait le bâtard après lui avoir fait subir son attitude désagréable, mais à l’instant présent il s’en souciait très peu : tout ce qui comptait était de savoir qu’il le suivait. Subtilement, le garçon jeta un œil par-dessus son épaule pour s’assurer que la silhouette encore loin était bien celle à laquelle il pensait. Lorsqu’en passant l’arche et que le marbre fit place à la pierre et à la pelouse il constata la présence embêtante de nombreuses jeunes filles qui encombraient son chemin, le garçon dut se retenir pour ne pas rouler des yeux de merlan frit. Comme il devait cacher son désagrément du mieux qu’il pouvait, Loras se força à leur sourire et à répondre sagement à leurs salutations. S’il y avait des moments où il savait apprécier cette présence, présentement ce n’en était pas un. Pas alors qu’il savait que l’homme qui leur faisait de l’ombre à toute et chacune se trouvait derrière lui. Pourtant, alors qu’il n’y avait plus d’autres âmes autour d’eux – les jeunes filles étant retournées à leurs occupations –, rien ne l’empêcha de sursauter lorsque la main de Daemon se referma autour de son bras fin. Et si au départ il se sentit agressé par la solidité de la poigne et les mots secs qui accompagnaient son geste, la confusion dominait et Loras fronça les sourcils en l’interrogeant du regard sans pourtant s’opposer à son ordre. Sa bouche s’entrouvrit pour laisser sortir une quelconque opposition faible, mais rien n’en sortit et son air s’assombrit vaguement malgré la présence de l’aimé qu’il arrivait malgré tout à apprécier et à trouver rassurante.  Il n’aimait pas du tout la façon dont il le traînait en direction du bois, mais il n’arrivait pas à chasser de sa tête le fait qu’il s’agissait de leur seul et unique contact depuis un long moment. Peu importait, Loras resta d’un calme inhabituel : le discrétion devait prendre le dessus sur son orgueil. S’il n’y avait rien d’ambigu dans l’action du Dornien, elle pourrait tout de même s’avérer traître si un seul regard mal placé les surprenait. Ce n’était pas normal, en soi, qu’un Dornien traîne un Biefois dans un lieu isolé et les Dieux savaient qu’aucun Biefois ne laisserait leur petite Rose Dorée se faire malmener par un sale bâtard Dornien, cela allait de soi. Légèrement angoissé, le regard du garçon balaya vivement les alentours et ne cessèrent de le faire qu’au moment où les arbres les avalèrent. Dès lors, ses yeux d’ambre se posèrent sur son amant et son attention veillait à ne pas trébucher sur une racine mal enterrée.

Cependant, ce ne fut que lorsqu’ils s’arrêtèrent en plein cœur du bois sacré que Loras pu enfin voir l’air froid qui s’inscrivait sur le visage de son amant et n’appréciait pas du tout cela. Enfin, c’était surtout qu’il ne comprenait pas. Il ne comprenait pas pourquoi il avait frôlé la limite du lourdement déplaisant depuis leur départ de Hautjardin et il ne comprenait pas non plus cette attitude soudaine. Qu’avait-il fait de mal ? Était-ce à cause des fiançailles ? Enfin, tout ce qu’il savait était que celui qui devait être en ce moment frustré était lui et uniquement lui, pas Daemon. L’adolescent soupira lourdement et leva les yeux au ciel ; il aimait Daemon, énormément, mais certaines choses resteraient toujours un mystère. « Mais de quoi tu parles ? » répondit-il dès lors qu’il termina de cracher son reproche. Les sourcils froncés, Loras plongea ses prunelles dans celles de l’autre et tira son propre bras pour tenter de le libérer de l’emprise de l’autre.  Il y avait dans cette manière dont il le regardait quelque chose de terriblement offensant qui fit briller au creux de ses yeux plissés une lueur confuse et blessée. S’il ne la voyait pas lui-même, il la savait cependant présente alors qu’il sentait sa gorge se serrer non pas de tristesse mais de colère et qu’il eut l’impression que ses jambes s’enfonçaient dans le sol doucement humide. Au-dessus de lui, les arbres cachaient le restant de lumière mourant et il savait qu’il ne tarderait pas à faire sombre et que les manteaux feuillus des végétaux cacheraient le scintillement des étoiles. Il ne verrait bientôt plus ce regard froid qui s’ancrait sur lui. Les lèvres pincées – et bientôt mordillées – et les joues légèrement gonflées, il le couvrait d’un regard fixe et sévère alors que sa main se serra autour du poignet de celle qui tenait son bras prisonnier.



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"No one's gonna take my soul away"
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MessageSujet: Re: The long chain of iron or gold, of thorns or flowers | Pv Loras Tyrell   Dim 28 Mai - 10:57

The long chain of iron or gold, of thorns or flowers

An 298 | Lune 12 | Semaine 2



Loras & Daemon

L'odeur moite de la végétation encore chaude de lumière qui les entourait était presque palpable tant elle paraissait lourde, ancrée dans l'air comme le parfum d'un encens. Le Sand étouffait de cette atmosphère pesante. Plus que tout au monde à cet instant, il aurait souhaité voir un orage d'été les surplomber dans le simple but de se sentir moins solitaire dans sa colère, qui lui semblait si vibrante dans cette touffeur trop paisible, presque endormie. Ses doigts étaient toujours crispés autour du bras de Loras. Sous la force de sa poigne, leurs extrémités s'en retrouvaient palies.
Le coeur battant, Daemon était suspendu aux lèvres de son amant, comme s'il attendait de lui une réponse à la question qu'il ne lui avait pas posé. Ou du moins, pas encore. Très vite, l'inquiétude et le silence le gagnèrent.  Cracher ce doute qui lui tordait les entrailles lui apparut bien plus douloureux et bien plus difficile qu'il ne s'y était attendu  en cédant à ses pulsions suspicieuses. Pire qu'un soupçon, les mots qu'il s'apprétait à formuler auraient, il le savait, un goût amer sur sa langue, tel l'aveu d'un échec, la confession d'une faiblesse. Et puis il y avait cet éclat indigné dans le regard de Loras qui menaça de le faire douter. Mais les enfants aussi avaient cet air là lorsqu'on les corrigeait jusqu'à ce qu'ils se rappelèrent leur bétise. Perdu dans ses pensées, il ne vit pas la main du Tyrell se soulever jusqu'à son poignet. Au contact de ses doigts sur sa peau, son bras se rétracta pour s'en échapper brusquement. Daemon l'accusa d'un regard farouche. Surpris, révolté de cette familiarité, le Sand s'était dérobé avec une violence sèche qui lui faisait renouer avec la sensation puérile qui le saisissait lorsqu'il était en colère et que sa Grand-mère, malgré son air rétif, se permettait de passer une caresse dans ses cheveux ou sur sa joue. Il s'écarta d'un pas. Sa main resta suspendue en l'air, crispée, le temps d'un battement de cils. Il parut hésiter à l'abattre sur l'autre. Puis, sans un bruit, sans une parole, elle retomba lentement le long de son corps. La chaleur du corps de Loras ne demeura que quelques instants contre sa paume avant d'être balayée par une brise légère.

"De quoi je parle?" Souffla-t-il d'une voix basse et lasse ponctuée sur sa fin d'un rictus mince ourlé d'une ombre mauvaise. Normalement silencieux, il détestait comme l'autre le forçait à sortir de son mutisme pour une situation et une explication qu'il détestait plus encore. De manière plus générale, ses colères noires étaient d'ailleurs systématiquement couronnées d'aphasie. En lieu et place de mots, les coups pleuvaient. "Mais de lui, de toi, de vous! Quelqu'un vous a vu." gronda-t-il sourdement. Figé par le chagrin, son visage était lisse d'une colère froide et ardente. Dans l'austérité de son expression, seuls ses yeux hurlaient. Malgré sa jalousie enflammée, il remarqua que sa propre voix l'avait trahi en vibrant d'un ton préoccupé sur ces quelques mots. Devant l'effarement de Loras qui perdurait, il se décida finalement à parler clairement. La franchise ne lui manquait pourtant pas habituellement, mais la jalousie étranglait ses paroles, et il n'avait jamais été bien habile avec les mots. "Je sais que tu l'as revu. Ce Barathéon..." Sa voix martela lentement mais avec hargne les trois dernières syllabes tandis que la haine viscérale de la principauté pour les contrées de l'Orage surgissait à nouveau sur ses lèvresà peine froissées par le mépris.

Tapis alors dans l'ombre de l'anonymat, il se rappelait encore parfaitement ses jours passés à Accalmie. Si les débuts de son service dans la Garde Arc-en-Ciel lui laissaient, malgré les évenements qui survinrent plus tard, un souvenir chaleureux et reconnaissant envers le jeune Cerf dont il se souvenait avoir espéré l'amitié, il se remémorait mieux encore les jours qu'il vécut là bas, dès lors que sa curiosité eut été happée par l'écuyer du Barathéon. Agissant en véritable catalyseur de son attention, l'intêret qui le poussait peu à peu vers Loras, d'abord inquiet puis de manière plus audacieuse, avait inscrit dans son esprit une brassée de souvenirs d'instants anodins et auxquels succédèrent certainement des moments plus dignes d'être rappelés, mais que son amour naissant avait laissé s'évanouir puisque le jeune Tyrell en avait été absent. A la faveur donc du chevalier des Fleurs, les vestiges de ce séjour étaient encombrés d'épisodes futiles, voire inutiles. La façon dont le jeune prodige avait un jour négligemment posé son arme sur son épaule. Le rire de ce dernier lorsque le cadet de Stannis laissait trainer dans l'air un de ces traits d'esprits dont il avait le secret et auquel tous les hommes sous ses ordres répondaient d'une joie ivre d'une camaraderie qu'il n'avait plus jamais vue ailleurs. Le fait qu'il lui parut important de retenir un soir au diner que le garçon aux boucles blondes avait détesté le dessert.  S'il était naturellement observateur, Daemon ne se soupçonnait pourtant pas d'avoir une telle mémoire. En comparaison, ses promenades nocturnes main dans la main avec Arianne et leurs déambulations dans les rues étroites et illuminés de la ville ombreuse lui paraissaient floues, négligées par la candeur. De celles dont il se souvenait parfois, le tableau lui apparaissait trop idylllique. Il commençait doucement à croire qu'il avait lui-même créé ces parts infimes de son passé. Il se souvenait aussi de la manière dont le chevalier au cerf et l'écuyer se regardaient encore lorsqu'il n'était pour eux rien de plus que le garde drappé de bleu, lorsqu'il n'avait pas encore décidé de prendre sa part dans ce bonheur qu'ils partageaient tous deux.
Comme autrefois  l'arrivée d'Ulwyck à la Grâcedieu, celle du jeune Tyrell dans son existence avait été pour lui le début d'une vie nouvelle. Ces derniers jours à la Capitale qui avaient remplacé ceux de l'interminable voyage depuis Hautjardin avaient été pénibles malgré son application à confiner ses inquiétudes dans son devoir. Son absence le lui avait rendu beaucoup plus proche. Le brun ne parvenait pas à y échapper. Sans s'en rendre compte, le chevalier des Fleurs avait étendu son empire sur le continent entier. Il n'existait aucun moyen qui eut permis au bâtard de s'y soustraire.
Apprendre un tel racontard de la bouche ivre de moqueries d'un soldat avait profondément blessé le dornien, et lui avait fait renouer avec une amertume qu'il avait longtemps cru ne jamais retrouver. Les rires légers de la cour de Lancehélion résonnaient encore à son oreille. Quant à l'éclat de fureur qui s'était saisi de lui en apprenant l'entrevue indiscrète des deux anciens amants, il marquait encore la paume de sa main de griffures rosées, là où le verre avait éclaté sous ses doigts. On avait pris cela pour de l'ivresse incontrôlée, et son écuyer avait cru en quittant sa présence le soir même voir dans les yeux éperdus de colère du Sand la déception d'avoir été instruit des fiançailles d'Arianne et du Prince Viserys.

Fatigué de soutenir le regard mordoré du garçon, il se détourna farouchement sans attendre qu'il lui eut répondu. Puis il s'éloigna, ne quittant l'ombre du prétendu Barral que pour rejoindre celle, plus familière, de quelques cyprès, tout près de la balustrade qui surplombait la rivière. Ses pas sourds qui s'enfonçaient dans l'herbe humide accompagnaient son souffle lourd. A deux mains, il retira son heaume qu'il posa sur le grès du balcon. Ce dernier était si bien envahi de végétation, de lierre et de jeunes arbres qu'il fallait pousser les branches fines pour apercevoir l'éclat du soleil mourant sur les eaux sombres de la baie. Son regard se buta à fixer l'horizon que l'on devinait à peine. Il ravala les larmes sèches qui lui serraient la gorge. Ce qui lui faisait le plus mal n'était pas les sentiments peut-être encore vivaces de Renly, et cela n'était pas non plus cette rencontre qu'au fond de lui il savait fortuite et anodine. Il connaissait les travers de Loras, les vices de son ego. Savoir que le garçon ait espéré avoir conservé entre ses mains le coeur du Cerf, ne serait-ce qu'un instant, lui donnait envie de crier. Mais ses lèvres restaient closes.



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MessageSujet: Re: The long chain of iron or gold, of thorns or flowers | Pv Loras Tyrell   Mer 14 Juin - 4:41

The long chain of iron or gold, of thorns or flowers

An 298 | Lune 12 | Semaine 2



Loras & Daemon

Le silence, plus que jamais, lui paraissait lourd et étouffant, une noyade lente dont la fuite serait sa seule issue. Lui qui aimait le silence doucement fissuré par les murmures propres aux bois, naturels ou artificiels, lui qui aimait le silence tout simplement, n’y trouvait présentement rien d’agréable. Un ennemi plutôt qu’un ami, qui amplifiait les pensées hyperactives qui se chamboulaient dans sa tête, qui l’empêchaient de garder son regard solidement fixé à son amant, les yeux déviant vers les seuls rayons de lumière mourante qui se faufilaient parmi les feuillages. Sans savoir encore ce que nous lui reprochions, le Tyrell souhaitait s’enfoncer dans le sol, être avalé par les racines et les mauvaises herbes ; il n’était encore qu’un gamin caché au fond d’un jeune homme, un gamin qui n’aimait pas les réprimandes, que nous soyons fâchés contre lui. Plus les doigts de Daemon s’enfoncèrent dans son bras, resserrant leur poigne, plus il sentait l’angoisse et la colère amère, l’injustice, gronder dans sa gorge. Sa mine boudeuse tomba, ne laissant sur son visage qu’une inquiétude justifiée et des sourcils confusément froncés. Et il fut soulagé lorsque sa propre main serrée autour du poignet du dornien chassa l’emprise qu’il avait sur lui. Loras n’aimait pas cette attitude. Il n’aimait pas cette impression que l’autre, parce qu’il avait osé lui donner son cœur, le traitait comme une vieille poupée de tissus. Il était son amant, oui, mais il n’avait pas à accepter d’être traité de cette manière et, s’il n’était pas confus, il ne manquerait pas de le lui faire savoir. Pourtant, dans la violence et la sécheresse qui avait accompagné le geste de l’autre, la Rose Dorée y reconnu quelque chose de sa propre attitude enfantine et à travers cela, il parvint à se reconnaître en lui, même si l’idée ne l’enchantait pas. Distraitement, le garçon passa ses doigts là où la main l’avait serré, laissant sur sa peau recouverte d’un tissu vert-eau une marque pâle qui s’estompa lentement. Lorsque Daemon se décida finalement à parler, Loras mobilisa toute son attention. Inspirant longuement, comme nous le faisions lorsque nous étions irrités, le Biefois écouta ce qu’il avait à lui dire.

Autant le Tyrell parut encore plus irrité lorsque le Dornien lui relança la question comme s’il savait de quoi il parlait – alors qu’il n’en avait aucune idée ! – , autant était-il sincèrement interloqué lorsqu’il mentionna un « vous ».  Le jeune homme battit des cils, l’air de chercher à comprendre. « Nous ? » Renvoya-t-il, dans un murmure qui semblait amplifié par l’absence de bruits ambiants ; petite question qui semblait absurde dans ce lieu où il n’y avait personne d’autre qu’eux. Un petit monde où il n’y avait que les arbres et l’imitation de nature pour avaler leur colère et leur confusion. Ne voyant pas où il voulait en venir, il l’interrogea du regard. Rapidement, son irritation s’était muée en une curiosité particulière. Même si Daemon ne l’affichait pas ouvertement, Loras le connaissait suffisamment pour savoir que quelque chose n’allait pas comme cela devait être. Quand les syllabes « Ba-ra-the-on » franchirent les lèvres de l’autre, le garçon poussa un soupire lourd et incrédule. C’était absurde ! « Bons Dieux… », soupira-t-il à nouveau alors que quelque chose au fond de lui voulait rire. Il n’avait absolument pas l’air de celui qui avait été pris la main dans le sac, loin de là, mais plutôt de celui qui semblait chercher un sens à tout cela. Il avait envie de lui demander si c’était une blague, mais il se contenta de secouer la tête. Il n’était pas bien mieux, Loras. Dans les faits, il aurait probablement réagi de la même façon que son amant… Il comprenait la jalousie, mais il arriva à se demander si Daemon réagirait de cette manière à chaque fois qu’il parlerait à quelqu’un qu’il considérerait comme un potentiel rival… Alors que son pied droit piétinait le sol de terre comme un enfant impatient, son regard doré soutenait celui bleu ciel. Instinctivement, il cherchait à le rassurer silencieusement, qu’il se calme au moins un peu.
À ce moment même, alors qu’il n’arrivait pas à dire quoi que ce soit, il aurait voulu inviter Daemon à s’asseoir près de lui, collés et dos contre le plus gros arbre du boisé, et le prendre dans ses bras. Poser ses lèvres sur son front, sur ses joues, sur le bout de son nez, et lui dire, une main se lovant dans ses cheveux, qu’il n’avait rien à craindre, qu’il n’aimait personne d’autre que lui. Il voulait le rassurer et s’excuser pour quelque chose qu’il n’avait pas fait de mal. Si Loras était généralement égoïste et impulsif, ce n’était pas la même chose lorsqu’il aimait passionnément. Que ce soit envers Margaery ou envers Daemon, il tenait compte de leurs sentiments, vivaient à travers eux de façon à ce que leurs ressentis influencent les siens. Il vivait pour eux, simplement. C’était une autre histoire lorsqu’il était jaloux ou lorsqu’on le provoquait, évidemment. Il n’était pas un saint et il avait déjà, de temps en temps, fait des scènes absurdes à sa sœur pour des stupidités et ils se disputaient parfois, c’était naturel, mais il s’excusait toujours. Lorsque le Sand se défit de son regard et s’éloigna, il voulut le rattraper, mais il savait que son homme était parfois à prendre avec des pincettes. Il se contenta de le suivre silencieusement, triturant les manches de sa tunique et passant une main dans ses cheveux, concentrant ses doigts sur quelques mèches qui assoupissaient sa crainte.  Alors que son pas se fit plus trottinant, ses yeux balayèrent le sol pour s’assurer de ne pas trébucher sur une racine.

Si nous lui donnions le choix, il troquerait le bois pour un village bondé de gens. Là où il ne serait pas seul avec lui-même, pas seul avec la crainte de perdre l’homme qu’il aimait pour une futilité. Il voulait des voix autour de lui, des présences humaines auxquelles s’accrocher. Il voulait sa sœur pour lui dire que ce n’était pas lui qui était en tort. Alors que Daemon s’arrêta face au garde-fou, Loras ne fit plus un pas de plus. Il l’observait de loin, muré dans son absence de mots convenables. Il observait chacun de ses mouvements, comment les déplacements de ses bras faisaient bouger sa cape et comment ses cheveux tombèrent sur sa nuque lorsqu’il retira son casque. Sa gorge se serra et il croisa ses bras contre sa poitrine. Se surprenant à aimer chacun de ses gestes comme de petites pierres précieuses, il comprit, sans pourtant l’avoir oublié, pourquoi l’attitude de l’autre lui faisait si mal. Il y avait un peu du manque de confiance qui le blessait beaucoup et il y avait cette crainte de ne pas arriver à lui faire comprendre que Renly Baratheon n’était rien de plus pour lui. Loras était un beau parleur, mais pas un bon parleur. Lui qui avait passé sa vie à s’exprimer par la colère, par les poings, par la bouderie, se retrouvait sans repère dans une situation où les mots étaient de mise. Il avait envie de se coller à l’autre, passer ses bras autour de sa taille et poser sa joue contre son dos ; compenser sagement les dizaines de jours qu’ils avaient passé sans réels contacts. Loras tourna la tête, les lèvres pincées, et observait les alentours pour s’assurer qu’il n’y avait personne d’autre. Lorsqu’il se sentit prêt, il s’approcha du Dornien.
« Ne t’inquiète pas pour rien, Daemon… » Entama-t-il, un peu hésitant. Ses mains se posèrent sur la barrière de bois et ses longs doigts la tapotèrent sagement, quelques épines sauvages perçant sa peau de temps en temps. Son regard se perdit, doucement rêveur, sur l’étendue d’eau en face d’eux. C’était beau. « Je ne l’aime plus depuis longtemps. Plus comme avant. Ce n’est qu’un ami, rien de plus… Je crois que c’est pareil de son côté. Je le connais suffisamment pour dire qu’il a forcément passé à autre chose, il n’est pas du genre à perdre son temps inutilement. »  Enfin, c’était ce qu’il espérait. Renly, même s’il ne l’aimait plus d’amour, était cher à ses yeux et, même si son orgueil serait très flatté du contraire, il espérait qu’il ait trouvé son bonheur ailleurs, que son absence ne lui fasse pas de mal. « J’ai pris de ses nouvelles, c’est tout. Tu sais pourquoi c’est important pour moi ? Parce que c’est un ami, oui, mais aussi puisqu’il y a des chances qu’il soit le futur époux de Margaery. Je ne peux pas l’ignorer alors qu’il me passe sous le nez dans un couloir ! Sais-tu comment mon père réagirait de savoir que j’ignore notre chance de conclure une alliance avec l’Orage ? » Il rit doucement et secoua la tête. « Il serait capable de me bouder pendant des jours. » Pendant ce court instant, sa voix inquiète s’était muée en quelque chose de plus enfantin, de plus riant. Il espérait que ce qu’il venait de dire rassurerait Daemon, qu’il verrait qu’il n’avait rien à craindre face au Cerf. Sans trop penser, sa main frôla la sienne et ses doigts se nouèrent aux siens. Ils étaient loin du monde, cachés par les végétaux et le soleil qui se couchait. Il avait envie de serrer sa main en dehors des quatre murs de sa chambre, là où le vent se mêlaient à leurs cheveux. « Je t’aime, Daemon. Tout ce que tu es. Et tout ce que tu es est tout ce dont j’ai besoin. Je ne veux pas que tu en doutes. Jamais. » Enfin, il y avait quelque chose qui laissait un goût amer sur le bout de sa langue. Cette rumeur qui circulait depuis peu. Son homme serait marié à Arianne Martell. Si cela secouait son propre feu jaloux au fond de ses entrailles, il ne voulait pas le ramener tout de suite à la surface. Il avait senti le malaise de Daemon et il ne voulait pas tourner, pour l’instant, le couteau dans la plaie. Il n’était pas d’un naturel logique, mais il n’était pas assez inconscient pour croire que cela arrangerait la situation. « Me fais-tu confiance ? » Le garçon laissa ses mots s’éteindre au moment où il mordilla sa lèvre inférieure, craignant la réponse qu’il pourrait obtenir. Impatient, le cœur battant au creux de sa poitrine, il tourna les yeux vers son amant.


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MessageSujet: Re: The long chain of iron or gold, of thorns or flowers | Pv Loras Tyrell   Jeu 15 Juin - 16:44

The long chain of iron or gold, of thorns or flowers

An 298 | Lune 12 | Semaine 2



Loras & Daemon

Loin derrière la barrière dense de végétation, des hommes erraient sous les arcades de pierre rouge, ne se doutant probablement pas de l'étrange échange qu'abritait la frondaison du Bois Sacré. La main gauche du Sand reposait sur le front de son heaume tandis que l'autre retombait simplement le long de son corps. Un vent léger soufflait sur les buissons et glissait sur la silhouette raide vêtue de rouge qui faisait face à la Néra.
Malgré le parfum étouffant des plantes échauffées par le soleil couchant, la senteur n'égalait en rien l'air doux qui soufflait sur le Palais de Hautjardin. Même si loin du chaos de la vieille ville, les relents âcres des bas quartiers et le parfum prenant des algues qui couvraient les rochers en contrebas leur parvenaient avec autant de distinction que s'ils s'étaient assis sur les galets, au bord des eaux opaques de la Baie. Par moment l'éclat que renvoyaient les flots sombres lui faisait brièvement plisser ses yeux pâles importunés par la lumière éclatante. Bientôt, le vert et le carmin disparaitraient. Toute la forteresse deviendrait bleu-noire, et avec elle, la ville dont les toits, les coupoles et les clochers dévalaient les collines jusqu'au port, où on s'affairait déjà à allumer des torches.

La conscience aigue du regard de son amant sur son dos lui importait peu à cet instant. Il lui en voulait trop inconsciemment pour espérer des mots de lui, et aurait préféré qu'il quitta sa compagnie pour lui laisser le temps de brider sa colère irraisonnée. Nulle ride ne déparait son front lisse. Et pourtant, ses épaules et son dos lui pesaient comme ceux d'un vieil homme. Peut-être était-ce  l'engourdissement dû au poids de la prodigieuse armure ornementée qu'il portait depuis de longues heures. Peut-être était-ce simplement l'homme qu'il était devenu. En ressentant l'hésitation de l'autre dans son dos, une irritation fulgurante saisit son coeur. Ses mâchoires se crispèrent. Si les mots manquèrent de passer ses lèvres pincées, le regard noir dont il fustigea les flots marins suffit à exprimer ses pensées. Qu'il parte gronda-t-il silencieusement. Celui-là même qui avait entrainé le garçon dans les bosquets ne souhaitait plus que le départ de ce dernier. Il n'avait plus rien à lui dire, et n'était pas vraiment disposé à l'écouter.
Décidément, la vie dans une garnison paraissait si simple, si évidente comparée aux tourments du coeur. Lui qui se plaignait continuellement à qui voulait l'entendre de la grossiereté de ses compagnons de régiment en venait presque à les regretter, eux pour qui aucun problème n'était jamais réellement sérieux et ne pouvait se régler que par une pinte dans une taverne. Au moins le devoir occupait son esprit trop prompt à la suspicion.

Lorsque la chevelure doré de Loras glissa à ses côtés, le bâtard releva légèrement le menton, espérant bien faire comprendre par là son agacement. Les tout premiers mots qui s'échappèrent des lèvres du Tyrell assombrirent derechef son visage déjà fermé. "Ne t'inquiète pas pour rien". Pour rien..., rumina cyniquement le fils de Ryon tout en retenant une grimace narquoise.
Daemon avait grandit jusqu'à l'âge d'homme loin de la patrie qui avait accueillit son enfance. Désormais, même lors de ses prières, les images et les mots lui revenaient flous, à demi-effacés par des souvenirs que le temps étiolait injustement pour les remplacer par ceux de cette vie si différente. Le Sand s'était même rendu compte récemment que son accent -qui pourtant avait jailli fort et immanquable dès ses plus jeunes années de part son éducation par les dorniens des sables- commençait à s'estomper lui aussi. Ses "r" roulaient plus discrètement, sa langue chantait moins.  Un seul trait hérité du tempérament de sa patrie s'était enracinné suffisament profondément dans son coeur pour que quelques années de voyage et de maturité supplémentaires ne réussirent à en venir à bout. Il était jaloux, mais d'une manière encore plus injuste que l'ordinaire le laissait imaginer des hommes de sa trempe, et à l'humeur si soupçonneuse. Le bief recelait pourtant de maints garçons à la voix douce et aux mains tendres, aux lèvres pleines et aux traits charmants. Ainsi couverts de chaines d'or et d'argent, de coliers ornés de gemmes et de riches vêtements, il eut été facile de penser que la méfiance du Dornien leur fut généralement dédiée. Ce n'était pourtant pas le cas. Il ne les aimait pas certes, mais le brun ne les jalousait pas. Il les méprisait simplement. Si la colère dans ces instants de dédain frustré pouvait lui venir aisément, l'angoisse, la vraie, ne lui venait jamais qu'en contemplant l'idée qu'un véritable rival se présenta au devant du Tyrell. De toutes évidences, le Barathéon ne pouvait compter que dans cette dernière catégorie.
Le sentiment qui lui tordait l'estomac était violent, et loin de la rage froide qui l'habitait habituellement lors de ses humeurs belliqueuses. Même à Dorne, sa possessivité avait inspiré maintes moqueries, et presque autant d'avertissements. Le Prince avait pourtant tenté de le défaire de cette émotion dangereuse, à sa manière cependant. Il le revoyait repousser ses cheveux de jais de son front, et fixer sur lui ses yeux au noir si sauvage en tentant de le convaincre que l'amour était assez grand pour être partagé. Une évidence pour le peuple libertin de la Principauté. Mais il en allait autrement dans son esprit comme dans son coeur qui avaient très tôt appris du comportement austère, irréprochable et implacable de ses proches parents.

"Il n'est pas du genre à renoncer non plus..." rappela-t-il cyniquement entre ses dents serrées. Sa cicatrice à la joue gauche en témoignait.

Pour le sortir de ses sombres pensées qui s'enflammaient à chaque mot que disait le jeune homme sur son ancien amour, il fallut la chaleur de la main de ce dernier. Frôlant d'abord subtilement la sienne, elle surprit le bâtard. Il voulu retirer sa main. Il n'y parvint pas. La sensation des doigts de Loras entrelacés aux siens arracha un frisson au dos de sa main qui demeura cependant parfaitement immobile. Les paroles de son amant étaient trop raisonnables et sensées au gout de son hire encore fraiche. Il laissa Loras emprisonner doucement sa main dans la sienne sans pour autant encourager la tendresse qui menaçait de le faire flancher de la moindre pression, de la moindre caresse qui aurait eu le malheur de communiquer sa reddition à l'autre. Les choses étaient ce qu'elles étaient, et son coeur, dans son entêtement, triomphait des petits riens débilitants. Souvent, il restait de marbre.
Les mots qu'il lui dit ensuite, cependant, serrèrent sa gorge. Son émotion fleurissante le prit lui-même de court. Il avait déjà entendu ces mots pourtant. Mais ça n'avait  jamais été que derrière les portes closes de la chambre de Loras, environnés tous deux de lumière et de chaleur, parmi les oreillers moelleux qui les accueillaient sur le lit comme un jardin de soie fleurie peinte et brodée, de satin floral et de brocard aux dessins complexes. Cela réveillait en lui les souvenirs enfouis qu'il partageait avec Arianne, et le rappelait aux sensations oubliées d'une affection simplement échangée au grand jour. Daemon n'avait jamais avoué à Loras combien il était douloureux pour lui de camoufler un sentiment dont on lui avait appris à être fier, bien qu'il devina sans peine que l'autre n'avait pas besoin de l'entendre pour le comprendre. Ce petit instant qui n'appartenait qu'à eux, aussi sombre et turbulent pouvait-il être, plaisait au Sand malgré sa hargne. C'était un bien maigre échantillon de la liberté qu'il rêvait pour eux. Pendant un instant, il inspira les embruns sans colère et se souvint de ce que leur amour était.

A la question qu'il lui posa finalement, il réfléchit quelques instants. Son regard butait toujours sur l'étendue d'eau salée, refusant avec la pudeur honteuse qui succédait à un sentiment trop cruel et irraisonné de croiser celui du garçon. Il connaissait pourtant d'ors et déjà la réponse, et cette dernière donnait des airs ridicules à ce qu'il venait d'imposer à son amant. Le Sand, qui détestait tant se donner en spectacle, avait conscience maintenant de son erreur bien qu'il dut constater que malgré toutes les démonstrations du monde le sentiment de jalousie qui serrait sa poitrine comme des ronces ne disparaitrait pas. Après quelques interminables secondes, il aquiesca sobrement. Après avoir jeté un bref regard en biais vers le profil de son amant, il détourna à nouveau les yeux pour les baisser vers les reflets éclatants qui tombaient sur la surface polie de son heaume en perçant l'ombre des feuillages frissonnants au dessus-d'eux; puis il se mura dans un nouveau silence buté.

"Margaery ne pourrait pas espérer de meilleur mariage." consentit-il à admettre peu après d'un ton contraint et plat qui ne respirait pas l'enthousiasme malgré la sincérité que sa rancoeur ne camouflait qu'en partie. Il n'ignorait pas la valeur qu'avait la soeur cadette de Loras aux yeux de ce dernier et espérait naivement que ces quelques mots suffiraient à faire entendre les excuses que son orgueil refusait de présenter dans les règles de l'art. Et qui pouvait, en connaissant le caractère aimable et prévenant du cadet des Cerfs, doutait un jour que la fille Tyrell serait heureuse avec lui, et de trouver en son coeur un ami à défaut d'un véritable mari. Daemon était incapable de rassurer Loras sur son propre mariage, mais il n'admettrait jamais à haute voix qu'il était reconnaissant envers le Barathéon de retirer du coeur du chevalier des Fleurs le poids d'une inquiétude supplémentaire. Sa soeur en sécurité et bien entourée, Loras n'aurait de soucis que les siens. Il inspira et ses épaules se soulevèrent."Ne parlons plus de lui s'il te plait." souffla-t-il d'une voix plus claire et pressée, la gorge serrée. Accompagnant sa supplique, ses doigts jusque là étendus vers le vide se refermèrent à leur tour sur la main de Loras, pressant amoureusement la chaleur de sa peau contre la sienne.




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MessageSujet: Re: The long chain of iron or gold, of thorns or flowers | Pv Loras Tyrell   Mar 11 Juil - 4:03

The long chain of iron or gold, of thorns or flowers

An 298 | Lune 12 | Semaine 2



Loras & Daemon

Lové au coeur d’une forêt artificielle qui l’engloutirait de solitude si Daemon décidait de le laisser seul, de partir avec sa rancœur et son amertume, Loras craignait sa réaction. Il était parfois si impulsif qu’il négligerait ses émotions en faveur de ses réactions exagérées. Mais cela, la Rose Dorée ne pouvait pas le lui reprocher : elle était identique. Il aurait lui aussi pu faire une scène par rapport à cette stupide rumeur qui courrait les couloirs du Donjon Rouge, le confronter et lui demander pourquoi il ne lui avait pas dit. Mais c’était justement cette conscience de l’impulsivité de l’autre qui l’empêchait de répliquer. Il ne doutait pas du tout que son amant ait pu prendre une telle décision dans sa jeunesse et il savait que lui-même aurait pu agir de cette manière si l’un ou l’autre d’entre eux avait été une fille. Simplement, il ne se complaisait pas à cette idée que son homme puisse être marié à une femme qu’il avait déjà aimée et il se sentait, intérieurement, comme un petit animal qui montrait les crocs en défendant une de ses possessions qu’on tentait de lui voler. Alors qu’il constata que la main du Dornien ne se fermait pas instinctivement sur la sienne, qu’elle restait si froide sous son contact pourtant chaud, Loras sentit son cœur s’accélérer et son souffle se serrer au fond de son nez. Il n’aimait pas cela. Cette distance si marquée malgré leur proximité. Subtilement, il la serra un peu plus pour lui faire comprendre qu’il n’avait pas le droit de se faufiler, que sa place était à côté de lui et nulle part ailleurs. «Et je ne suis pas du genre à m’envoler aussi facilement. » Répliqua-t-il au cynisme de son homme avant de continuer à s’expliquer, manquant de rouler des yeux de merlan frit sous l’absurdité des craintes du Dornien. Même s’il était légèrement vexé, son regard et ses lèvres pincées ne se détournèrent pas du beau visage de l’autre qu’il ne se lassait pas à regarder malgré les circonstances, malgré l’eau bleue presque argentée et brillante qui titillait le profil de son regard, tachée par l’ombre noire des feuilles qui frétillaient au gré du vent. Malgré l’air calme et l’aura agréable du boisé – à force de vivre à Hautjardin, il avait constaté que les teintes de vert étaient apaisantes –, l’angoisse ne cessa de serrer le diaphragme et le cœur du garçon alors que la réponse tardait à venir. Il craignait profondément que l’autre ne lui fasse pas confiance, que chaque fois qu’il passait à Hautjardin, il partait avec la résignation que Loras succomberait aux charmes d’autres garçons. Mais c’était illogique, n’est-ce pas ? Enfin, considérant la scène qu’il venait de lui faire…
Instantanément, lorsque Daemon acquiesça et effaça ses craintes, le sourire naturel du Tyrell revint s’installer sur ses lèvres roses et toute la pression sembla abandonner tout d’un coup ses épaules, lui permettant d’assumer presque agréablement l’absence de mots qui suivit momentanément, mais quelle ne fut pas sa surprise lorsque Daemon, dans un effort qui lui avait probablement demandé d’écraser légèrement son amour propre, affirma du positif quant à la possible union entre Margaery et Renly. Un doux rire, volatile et heureux, franchit ses lèvres et s’heurta en un faible écho contre les troncs des arbres massifs, éclata du fond de sa gorge. « Et je n’ai plus envie d’en parler ! » S’exclama-t-il, heureux de sentir les doigts de l’autres se refermer sur les siens. Profitant de la profondeur du bois, de l’ombre des arbres, Loras s’approcha un peu plus et déposa un baiser sur la joue de l’homme qu’il aimait. C’était la première fois qu’il se permettait de le faire à l’extérieur et il y avait, dans ce simple geste, quelque chose de libérateur. Il aurait voulu pouvoir montrer au monde à quel point il aimait Daemon, mais il n’en avait pas le droit et il ne l’aurait jamais ; les choix venaient toujours avec des conséquences, autant difficiles soient-elles à accepter.

« Tu sais, j’ai mal vécu le voyage… » Marmonna-t-il en se décalant lentement, sans pourtant lâcher la main du Dornien. Son regard doré se détourna et se perdit contre l’étendue qui séparait le Donjon Rouge du reste du monde. Il se demanda momentanément à quel point l’eau était profonde. Il se rappela aussi toutes les fois où il s’était demandé – à Accalmie, à Villevieille ou à La Treille – ce qu’il y avait de l’autre côté de l’eau. Il savait qu’il y avait Essos d’un côté, mais de l’autre ? Il n’avait jamais posé la question à un mestre… « Il y avait toujours Cersei, c’était embêtant, mais pire que cela : j’ai cru que je t’avais peut-être vexé ou quelque chose comme cela.» Soupira-t-il distraitement, alors qu’il était occupé à mentalement compter les feuilles qui obstruaient sa vision. Doucement, son pouce caressa la main de son amant. « C’est normal que nous nous soyons ignorés, nous n’avons pas le choix de faire autrement – j’ai l’honneur de ma famille sur mes épaules et tu as celui de Dorne et de Tywin Lannister – , mais j’aurais préféré que tu ne sois pas déplaisant. Je crois que m’ignorer aurait été suffisant, tu ne crois pas ? » Il laissa tomber l’étendue magnifique pour se concentrer sur Daemon, son regard le caressant doucement. Il se sentait coupable. Il avait ravalé son orgueil pour assumer qu’il se faisait des histoires, comme toujours. Il paniquait, il craignait le pire, alors que rien n’en valait la peine. Même si son amant était parfois difficile à lire, il ne voulait pas croire qu’il aurait pu sincèrement être capable de le blesser. Parfois, la naïveté de Loras dépassait l’entendement. S’il en avait parlé à Margaery, elle lui aurait probablement dit de ne pas s’en vouloir, qu’il avait raison de penser comme il pensait et que ce n’était pas de sa faute, mais l’amour était probablement la plus grande faiblesse du Tyrell, il en dépendant comme tout le monde dépendant de l’air et de l’eau, c’était vital. « J’ai besoin de soutient, en ce moment. J’ai celui de ma sœur, oui, mais ce n’est pas suffisant. J’ai besoin du tient aussi, plus que celui de n’importe qui. » Un sourire de dépit souleva momentanément ses pommettes et le vent tiède du soir caressa tendrement sa nuque. À l’instant même, il constata que ce dont il avait de besoin en ce moment était sa mère et des excuses, mais il n’en dit rien. « J’ai peur… » Marmonna-t-il entre ses dents comme il l’avait fait si souvent, enfant, lorsqu’il demandait à Renly de le protéger des orages. Mais ce n’était pas des orages dont il avait peur présentement, même qu’il serait rassuré de les entendre crier et déchirer le ciel. En ce moment, il avait peur de tellement de choses qu’il ne savait pas par où commencer. D’autant plus qu’il ne s’ouvrait que très rarement à ce sujet, refusant de montrer ses craintes qu’il n’assumait même pas, étouffé par l’orgueil et la fierté.  


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MessageSujet: Re: The long chain of iron or gold, of thorns or flowers | Pv Loras Tyrell   Dim 30 Juil - 23:16

The long chain of iron or gold, of thorns or flowers

An 298 | Lune 12 | Semaine 2



Loras & Daemon

La joie légère qui éclata au bord des lèvres du Tyrell rembrunit de plus belle le Sand qui se renfrogna, contrarié de le voir exulter de la sorte. Le rire d'enfant de Loras lui avait fait  pincer  les lèvres en un pli frustré. Mais lorsque ce dernier déposa un baiser sur sa joue, sa peau se rosit doucement et il ne fit rien pour s'en écarter. Ses épaules vêtues de l'armure au Lion s'affaissèrent. Le regard qu'il tourna vers son amant était toujours dur de son désappointement, mais ses yeux, eux, étaient brillants. Sentir Loras si près de lui, si simplement aussi, et, durant un instant, sentir sur sa peau sa respiration se méler à celle de la mer qui faisait frissonner les branchages appaisait quelque peu les blessures encore fraiches de sa jalousie. Il appréçia un peu mieux dès lors le contact de sa main prisonnière de la sienne.

Posant plus franchement le bleu de ses prunelles sur le profil du jeune homme, le Sand l'écouta parler. Quand la question du voyage- interminable périple de quarante jours mené au pas afin d'épargner les dames dans leurs carosses des désagréments d'une route parfois inégale- fut remise sur le tapis, Daemon senti son dos se raidir, sachant pertinnement les reproches que l'on s'apprétait à lui faire. Un fin sourire mutin souleva un coin de ses lèvres et son regard retrouva l'éclat immaculé du soleil dans les eaux de la Baie. Une sensation orgueilleuse réchauffa sa poitrine. Jamais il n'avait si bien camouflé, ni si clairement exprimé sa jalousie retorde au grand jour, et de voir son amant s'en plaindre représentait, à ses yeux, l'apogée de son coup bas. C'était sans doute bas de sa part de prendre ainsi la chose, mais cette petite vengeance le satisfaisait pleinement à cet instant. D'ailleurs, il n'y gouta finalement que peu, et la sensation victorieuse disparut bientôt dans l'écho de leur complicité retrouvée.
"T'ignorer aurait été bien trop poli. Les dorniens ne sont pas connus pour faire dans la mesure avec vous autres, Tyrell." Souffla-t-il d'une voix leste avant de rajouter:"Je devais y mettre tout mon art pour éviter les soupçons." Je devais, et je le voulais, s'avoua-t-il silencieusement à lui-même. Etre désagréable le jour avait été  plus facile que de supporter avec dignité le poids de sa jalousie, de ses craintes aussi, bien qu'il rejoignit son lit tous les soirs avec le lourd sentiment d'avoir été parfaitement infect; et qu'il devait à chaque fois lutter pour trouver le sommeil et pour ne pas céder à l'envie de se lever pour partir s'excuser auprès du jeune garçon. Le brun s'était entêté dans sa méchanceté, se réjouissant même des regards interloqués et sombres que lui jetaient discrètement son amant et qu'il avait capturé comme des petites victoires lui qui avait au cours de sa vie rarement été en position de se jouer du coeur des autres, fut-ce d'une manière aussi puérile que celle qu'il employa. Pourtant, le bâtard, comme toutes les âmes fières, se sentait encore dans son bon droit, et il n'était effleuré d'aucun sentiment de culpabilité, si ce n'était celui d'avoir pris le risque qu'ils fussent vus.

La nuit ne tarderait plus à tomber désormais. De fins nuages avaient envahi l'horizon, diffusant autour d'eux d'éclatantes teintes rouges et pourpres qui étaient peu à peu englouties par le bleu froid de l'obscurité. Déjà, la fraicheur du soir faisait trembler les feuilles.
Tournant et retournant dans son esprit la pulsion qui l'avait guidé jusque dans ces sous-bois,  Daemon se rendit compte de l'égoisme de sa démarche alors que la triste réalité de l'avenir proche de son amant lui revenait sans jamais l'avoir quitté. Il se sentit alors presque chanceux de se trouver là en compagnie du Tyrell, dans cet instant volé, grâce à ce sentiment violent qui assombrissait encore ses traits à cet instant et qui n'avait d'autre justification que sa propre méfiance. Sentiment dont il avait reconnu l'arbitraire, mais dont il ne pouvait se défaire, pas même avec toute la volonté du monde.
Il trouva donc une manière différente d'assumer son travers, et préféra se taire plutot que de continuer à plaider sa cause ou encore chercher à faire avouer à Loras des tords dont il était innocent. Son naturel taciturne avait enfin repris le dessus mais la colère paresseuse demeurait lovée dans son estomac. C'était le lot de ceux qui brillaient par leur manque d'épanchement que d'être sujet à des colères que l'on jugeait souvent sans raison. Son père aussi était ainsi. Le bâtard se souvenait encore avec quelle virulence il lui en avait fait le reproche étant plus jeune, accusant ce travers déplaisant avec force cris et provocations. En comparaison, le jeune chevalier qui tenait sa main réagissait avec bien plus de maturité. Le regard qu'il portait sur lui avait quelque chose de mélancolique, quelque chose de fier, aussi.
"Je doute fort que Dorne compte sur moi pour son honneur." rajouta-t-il peu après, presque amusé malgré l'accent morne de sa voix. Des Martell, il n'y en avait plus guère qu'une qui devait encore le tenir dans son estime. La servir, elle, lui était naturel, mais les sacrifices qui découlaient de sa loyauté lui coutaient, bien qu'il les fit sans se poser de question, guidé par un instinct résigné.
Ce soutien entier que Loras lui demandait  en faisait malheureusement partie. Il ne pourrait jamais venir le rejoindre chaque soir dans sa chambre pour le réconforter, ni même être seulement près de lui ainsi qu'il l'aurait voulu car sa présence lui serait bientôt arrachée lorsqu'il repartirait pour Castral Roc. Jamais Daemon ne pourrait venir simplement vers lui dans la journée pour lui soutirer un sourire, le rassurer de quelques mots légers. Et quand bien même eut-il été libéré de sa fonction nécessaire auprès du suzerain de l'Ouest, que le dornien n'imaginait pas comment il lui aurait été possible d'approcher Hautjardin régulièrement sans finir par éveiller les soupçons.

La maturité qu'il lui avait trouvé un peu plus tôt avait vite cédé le pas devant l'enfant qu'il avait connu autrefois et qui était encore là, lové sous les muscles et sous l'orgueil qui, bien souvent, tentait de le masquer à sa vue. Préoccupé par l'aveu que venait de lui faire le blond, le bâtard avait resserré ses doigts autour des siens. Sans quitter des yeux le doux visage du fils de Hautjardin, il savait qu'il aurait du chercher à cet instant les mots que l'autre voulait entendre, quelques paroles qui auraient pu appaiser ce tourment qui ne prendrait jamais vraiment fin; mais il n'en fit rien. Le talent des mots ne lui venait naturellement que pour les piques dont il avait fait son apanage, et il lui était d'autant plus difficile de le feindre pour un usage plus aimable lorsqu'il se savait en tord et qu'il refusait de le reconnaitre. Il ne put, néanmoins,  maintenir longtemps son silence buté et maladroit. J'ai peur, avait soufflé son amant. Une confidence rare dont il connaissait le prix.

"Je sais." se contenta-t-il d'affirmer sobrement.

Ses doigts se ressérèrent autour de la main du bieffois. Se penchant vers lui, il approcha son visage du sien jusqu'à appuyer doucement son nez et son front contre la peau chaude de sa joue. Malgré la douceur du contact, il se dégageait de lui une gravité nouvelle lorsqu'il rompit le silence pesant de sa voix terne.
"Pardonne-moi." Disant cela, une expression calme fit fondre ses traits jusque là fermés par la nervosité. S'il ne pouvait se résoudre à lui présenter ses excuses, au moins pouvait-il lui demander de le blanchir de ce coup de sang qu'il savait loin d'être le dernier, mais aussi de cette absence qu'il lui ferait souffrir durant les lunes à venir.
Rompant doucement le contact ténu qui les unissait, il l'observa sans  le regarder vraiment, tentant -vainement- d'imaginer ce qu'il pouvait ressentir, lui qui n'avait jamais aimé les femmes ainsi qu'on le lui demanderait bientôt. Mais plus que la nuit de Noces qui se rapprochait à grands pas, d'autres craintes semblaient harrasser son amant s'il en jugeait par son air perdu qui faisait pâlir ses traits. Le dornien comprit qu'il n'aurait pas d'autres chances pour répondre aux prières du garçon.  Il paraissait effrayé. Et il  n'avait que seize ans.

" Mais il n'y a rien que je puisse faire que je n'ai déjà décidé." avoua-t-il du bout des lèvres, le coeur lourd, mais la voix froide de sa résignation. Une présence fantomatique et muette, occasionnelle et soumise au bon vouloir de Lord Tywin Lannister, peut-être quelques lettres, mais surtout des prières, voilà le maigre pouvoir que lui accordaient les circonstances pour réconforter le jeune garçon. Les prières qu'il adressait déjà aux Sept pour le Tyrell étaient nombreuses, sincères, ardentes, mais le Sand doutait fort que ces litanies monacales aient le moindre poids dans la balance émotionnelle du garçon qui tendait à rechercher des marques d'affections bien plus démonstratives que quelques mots disciplinés adressés à quelque esprit divin.

" Ta soeur a bien de la chance. Elle peut être auprès de toi lorsqu'elle le désire pour te réconforter, pour t'approcher et te parler. Je ne pourrais pas." argua-t-il, parfaitement convaincu, et désolé dans son regard qui avait une lueur dure à défaut de l'être dans ses mots qu'il assénait sans flancher. Sa langue portait rudement ses paroles; de cette même rudesse qu'il employait autrefois pour secouer Arianne lorsque cette dernière se laissait aller à la facilité d'un caractère trop fort et capricieux plutôt qu'à sa raison."Tu ne peux pas continuer à avoir peur comme cela. Tu ne dois plus te lamenter non plus. Tu es le Chevalier des Fleurs." Poursuivit-il, sévère dans ses mots, doux dans ses yeux. Ses sourcils bruns étaient froncés en un arc sérieux.  Il aurait aimé lui prouver que, quand bien même Cersei y dormirait, les draps de leur lit ne seraient jamais vraiment froids. Mais le bâtard n'était pas homme à bercer d'illusions son entourage, encore moins l'homme avec lequel il voulait partager sa vie, aussi décousue fut-elle, et il répugnait à exprimer la plus petite promesse si cette dernière lui semblait irréalisable. Il se tourna alors vers l'autre, se plaçant devant lui. Sa main libre remonta jusqu'au cou, puis au visage de ce dernier, soulevant du bout des doigts le menton du garçon pour mieux attraper son regard dans le sien."Je sais qu'il faudra plus que toute la fureur de Cersei pour te briser." susurra-t-il de sa voix déterminée, chaude d'un sourire que ses lèvres n'exprimaient pas. "Ces épreuves, tu devras les affronter sans moi...mais tu ne seras pas seul." Tu as déjà mon soutien Loras, avait-il eu envie de lui crier au visage.


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MessageSujet: Re: The long chain of iron or gold, of thorns or flowers | Pv Loras Tyrell   Lun 31 Juil - 16:13

The long chain of iron or gold, of thorns or flowers

An 298 | Lune 12 | Semaine 2



Loras & Daemon

« L’honneur d’un pays repose sur tous ses hommes, peu importe leur sang. » Affirma-t-il d’une voix si douce qu’elle frôlait le murmure. Tout comme l’honneur d’un homme reposait sur toutes ses pensées, sur tous leurs sentiments, aussi peu nobles soient-ils, voulait-il ajouter. L’honneur était d’autant plus important lorsqu’il savait que son père viserait inexorablement celui de Dorne s’il savait qu’un dornien visitait parfois la chambre de son fils prodige. Son père et tous ceux qui croiraient que la Rose Dorée si précieuse du Bief avait été vicieusement abusée. Le Bief avait besoin de tout et de rien, surtout de rien, pour taper sur Dorne, c’était ainsi. Loras ne doutait pas le moins du monde que pour le moment, autant méprisait-il son choix, que tout l’honneur de Daemon reposait sur Tywin Lannister, mais un jour ou l’autre le Destin le ramènerait à sa terre natale. On pouvait arracher l’homme de sa terre, mais jamais la terre de l’homme. Et Daemon appartiendrait toujours à Dorne, jamais à l’Ouest. Tout comme Cersei Lannister appartiendrait toujours à l’Ouest, jamais au Bief.  Mais cette petite pensée, Loras ne l’exprimait pas. Un simple petit sourire, un ricanement tué dans l’œuf, la remplacèrent plutôt. S’il avait osé l’affirmer, elle aurait probablement été accompagnée de son amertume égoïste qu’il préférait.  L’étendue mouillée devant lui brillait à tel point qu’elle semblait avoir avalée la lueur vive de ses yeux qui s’était éteinte aussi vite qu’elle s’était rallumée, oubliant vite les joues nouvellement rosées de son amant. À l’instant même, il aurait donné son âme pour pouvoir y mettre un pied, puis l’autre, et se laisser flotter sur le dos, le regard abreuvé du ciel coloré et, bientôt, des étoiles qui lui rappelaient les histoires que sa mère lui racontait lorsqu’il n’était encore qu’un enfant. Or, le contact doux et tiède du nez de son amant contre sa joue encore un peu ronde le sortit rapidement de ses pensées aquatiques, enlaça et réchauffa son cœur comme une couverture au petit matin. Dès lors, il eut l’impression d’avoir à nouveau douze ans, capricieux comme lorsqu’il avait demandé au Dornien de l’amener avec lui lorsqu’il quitterait Accalmie. Sous le nez de l’aimé, sa joue se gonfla doucement et son souffle se fit un peu plus rapide, son cœur à la timidité paradoxale se perdant à chaque geste affectueux de l’ainé. Il frotta amoureusement sa joue contre son nez, s’amusant de ces gestes furtifs et éphémères.

Le jeune homme régurgita. La voix froide du Sand, même s’il y était habitué, était déconcertante. Parfois, il se demandait s’il avait réellement des sentiments, s’il était autre chose que pulsions et jalousie. Mais il avait appris à l’aimer comme tel, à s’habituer à ce caractère qui se dissociait de ceux qu’il avait aimé avant et de tous ceux pour qui il aurait pu tomber si personne n’avait eu son cœur et son âme entre ses mains. Pourtant, il ne voulait pas douter que tout cela puisse l’affecter ; il avait confiance en ce qu’il éprouvait envers lui. L’or de ses yeux glissa sur le beau visage de l’autre, l’aima d’un regard un peu tendre et un peu triste. Il ne se lasserait jamais de le regarder.  Loras secoua la tête. « Je n’ai pas à te pardonner pour cela. Tu ne peux pas faire plus que ce que tu fais déjà, je le sais très bien et je me suis habitué à ne t’avoir avec moi que dans ma tête et dans mon cœur. Tout ce que je veux, tout ce que je peux exiger, c’est que tu ne cesses pas de penser à moi. » Soupira-t-il en haussant les épaules, un mince sourire toujours accroché à son visage d’ange et un regard qui ne respirait plus la résignation ni la tristesse, mais une petite nostalgie. De sa main libre, l’adolescent tritura une feuille qui dormait sur le bois du garde-fou, la décapita doucement entre son pouce et son index. Cette absence était devenue toute naturelle et, malgré tout, faisait partie de lui. Pourtant, en ce moment même, il se demandait pourquoi il acceptait de souffrir ainsi. Pourquoi il ne se permettait pas de se dire que cela avait assez duré, qu’il pouvait penser un peu à lui-même et mettre fin à cela. Retourner vers Renly qu’il savait très bien à l’affut de tout signe, prêt à gagner Hautjardin dès lors que Loras lui enverrait une lettre exigeant sa présence. Le vent tiède souffla sur son visage, faisant valser des mèches de sa chevelure dorée contre sa peau douce et pâle et lui rappelant par son calme qu’Accalmie n’était plus là où son cœur battait. Abandonner son amant serait autant, sinon plus, douloureux que d’assumer son absence, puisqu’il savait qu’à travers celle-ci il finirait toujours par revenir. « Margaery ne peut pas m’embrasser et m’aimer comme tu le fais. » Affirma-t-il d’une voit sagement rieuse, tentant de glisser un peu de joie à travers la lourdeur de leurs voix et de leurs paroles, de la fatalité qui se dessinait devant lui. « Elle finira par partir, elle aussi, elle n’a pas le choix. Ils m’ont mis entre les mains un mariage qui me force à briser la promesse que nous nous étions fait : aucun ne partira sans l’autre, quoi qu’il arrive. » Il baissa les yeux, le sol semblant soudainement plus intéressant que tout le reste. Instinctivement, sa main s’agrippa à celle de son homme comme s’il se sentait défaillir, comme pour s’empêcher de tomber. La pire constatation était de réaliser qu’il ne serait plus là, malgré lui, pour protéger Margaery, pour la réconforter lorsqu’elle aurait besoin de lui. Alors que le bâtard continuait à lui parler, Loras mordilla ses lèvres et accusa péniblement chacun des mots, mais il ne montra aucune opposition envers la main de son homme qui glissa contre son cou, lui tirant un frémissement réconfortant, et sur son visage qu’il voulut blottir dans la main tendre. La bouche entrouverte, son regard s’accrocha au sien, le bleu de ses yeux ne fit qu’une bouchée de sa fragilité.

« Je suis Loras Tyrell avant d’être le Chevalier aux fleurs. » lança-t-il, solidement et convaincu, le regard toujours fixé sur les prunelles dorniennes. Ce surnom avait toujours laissé Loras dubitatif. Autant il aimait sa popularité, elle le laissait amer. Amer d’une virilité vaguement amputée par un surnom contradictoire et des moqueries qui l’accompagnaient, mais aussi amer de l’image qui en découlait. Loras le chevalier parfait. Loras le prince charmant. Loras qui n’avait le droit d’avoir peur de rien, qui n’avait pas le droit d’être faible. Mais, en vérité, Loras n’était pas un chevalier parfait ni même un prince charmant. Il était lui, tout simplement. « Et Loras Tyrell a le droit de se lamenter parfois. Il a le droit d’être triste et fâché, aussi. » À contre-cœur, il secoua la tête. À toujours vouloir être fort, il finirait un jour par craquer définitivement. Sa sœur le forçait à parler alors qu’il s’enfonçait toujours plus dans le silence. Elle ne voulait pas le voir se replier sur lui-même, mais il ne voulait pas que les gens puissent voir qu’il était autant humain que tout le monde. « Ce n’est pas vrai que je ne serai pas seul. Je l’ai toujours été. Que vous soyez présents à mes côtés – toi, Margaery, Garlan et même Willos –, j’ai toujours été seul. Je l’ai choisi ainsi. » Pour impressionner, pour se protéger lui-même de choses qu’il ne pouvait pas tout-à-fait contrôler. L’or de ses yeux se brouilla un peu et il battit des cils pour se défaire de cette sensation désagréable qui serrait sa gorge sèche. Pour un court instant, Loras brisa la distance qui le séparait encore de son amant. Il voulut lui voler un baiser, un seul, mais il s’arrêta à mi-chemin, quelque chose chatouillant le bout de sa langue. « Honnêtement, je ne déteste pas encore Cersei Lannister. Elle n’est pas agréable et elle semble ne pas m’apprécier du tout, mais je ne peux pas détester quelqu’un que je ne connais pas. Elle ne me brisera pas, malgré tout. Pour l’honneur de ma famille, je ne peux simplement pas assumer une telle fatalité. » Loras Tyrell était ce genre de petit être impulsif, mais non pas aveugle pour autant. Il n’était pas non plus tout-à-fait mature, mais lorsqu’on prenait le temps de l’écouter et de le laisser parler à son rythme, à sa manière, on pouvait saisir des bribes de sa propre logique de maturité bourgeonnante avant que tout ne s’effondre à nouveau. « Ce mariage me dégoûte, mais je ne veux pas la détester pour autant. Tu sais pourquoi ? » Demanda-t-il sincèrement, le regard dur. « Parce que s’il advenait que nous ayons des enfants, je ne veux pas qu’ils regardent ceux de Garlan et Leonnette et ceux de Willos et Daenerys en se demandant pourquoi leurs parents ne peuvent pas se supporter. Ils n’auront rien demandé et, pourtant, ils auront autant besoin d’un père que j’ai encore besoin du mien. » Cracha-t-il, quelque peu plaintif. C’était probablement le morceau mariage qui écorchait le plus son orgueil et son côté capricieux. Il n’avait pas envie de devoir coucher avec une femme, mais il n’aurait pas le choix de le faire. Sa grand-mère et Tywin Lannister n’étaient pas dupes. Si la Lannister ne faisait pas d’enfant parce qu’il ne la touchait pas, les faits trouveraient un moyen de lui retomber sur le nez. C’était probablement cette absence de choix, de liberté, plus que le mariage en tant que tel qui le dérangeait. Il s’était bercé d’illusion, depuis son enfance, qu’il serait libre comme l’air, un grand chevalier qui n’aurait à se soumettre à aucune contrainte désagréable… Les rêves et les illusions étaient de belles choses, mais lorsqu’elles s’effondraient, elles devenaient insupportables au point d’en devenir physiquement douloureuses.


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MessageSujet: Re: The long chain of iron or gold, of thorns or flowers | Pv Loras Tyrell   Mer 2 Aoû - 23:14

The long chain of iron or gold, of thorns or flowers

An 298 | Lune 12 | Semaine 2



Loras & Daemon

Les senteurs âcres des grands cyprés se mélaient à la douce humidité des fougères du sous bois, aux relents salés de la baie qui traversait les feuillages et à l'herbe chaude. C'était un parfum à la fois familier et étranger.  Quand l'émanation piquante des pins parasols ainsi qu'on en trouvait dans sa patrie chatouillait son nez, une autre, plus sucrée et plus lourde, venait la recouvrir: l'odeur des feuilles de tilleul et de buis, qui le ramenait inexorablement à ses souvenirs les plus récents et les plus riches. Hautjardin. Comment ce Palais pouvait lui sembler désormais plus proche que son propre foyer? Ce sentiment avait fait sa place dans son coeur et pourtant, l'absence de la Grâcedieu la lui rendait plus présente à cet instant.

"Tous ses hommes" avait dit Loras. Même les bâtards. Daemon savait l'adolescent sincère dans ses paroles, et loin des préjugés qui prévalaient d'ordinaire dans sa région à l'encontre des mal-nés, bien qu'il devinait encore sous la chape de l'encouragement, la silhouette aigrie de la désapprobation. Cette dernière lui était déjà apparue, quelques semaines auparavant, lorsqu'il s'était présenté à son amant avec, pour la première fois, la longue cape de velours rouge coulant dans son dos.
La nostalgie dans les yeux d'or fondu trouva un écho égal dans son coeur. Le temps où ils s'étaient recontré était loin derrière eux désormais, révolu, comme une époque entière que l'on ne reverrait jamais. L'heure où il se plaisait à rejoindre Hautjardin, à traverser les roseraies jusqu'au secret de la chambre de Loras était sans doute perdue, elle aussi.  Il avait été si facile pour eux de croire que leur proximité à Accalmie serait facilement imitée hors de ces murailles. Ils avaient été bien naifs. Il songeait à toutes les nuits qu'il avait passé dans la forteresse frappée par les vents hurlants, allongé sur sa paillasse, éveillé, à l'aimer en silence.  Pouvaient-ils réellement vieillir ensemble, avec tant d'amertume pesant sur leurs poitrines? Oui, se répondait-il aussitôt, tenace et obstiné. C'était une responsabilité qu'il embrassait, que d'apprivoiser cette vie nouvelle que la réalité leur imposait d'ors et déjà, sans savoir si ils y parviendraient, ni où cela les ménerait.
 La remarque du blond sur ses baisers manqua de lui arracher un petit rire dépité. Il le retint dans sa gorge, de peur de franchement laisser éclater, l'oeil brillant. Ses doigts pinçèrent légèrement le bout du menton du Tyrell pour le taquiner avant de le relacher.
"Ravi d'avoir su me montrer utile!" maugréa-t-il gaiement, dans un sourire cynique.
Margaery était sa soeur. Fils unique, il n'avait guère d'outils pour lui permettre de comprendre pleinement le lien qui pouvait unir deux être issus du même sang, mais il pouvait cependant envisager et tolérer la complicité qui en découlait. Sa soeur, se répétait-il, même si l'impression d'être relégué au rôle de mignon n'était pas vraiment pour lui plaire. Déglutissant, le brun laissa son regard parcourir les traits de son amant. Ce maigre détail ne l'empécherait pas de l'aimer pleinement, et ne l'empécherait jamais. Il avait aimé une Princesse qui ne lui appartiendrait jamais, et un Prince qu'il avait du partager avec plus d'hommes et de femmes qu'il ne pourrait en compter, il pouvait bien soufrir un garçon secret et fier et qui ne se confiait jamais. Mais, étant donné que c'était ce que le Tyrell s'apprétait visiblement à faire, il ne pouvait pas se plaindre.

"Je ne peux pas présumer de ce que vos vassaux peuvent penser, mais leur montrer un peu du Loras Tyrell que je connais ne serait sans doute pas pour leur déplaire..." Lorsqu'il avait presque réfuté le surnom qui l'avait rendu célèbre, Daemon avait cru reconnaitre dans l'éclat mordoré de ses prunelles, la sombre indignation révoltée qui brillait autrefois dans le regard de la Princesse quand elle devait trahir sa nature pour plaire à son père. Il se rendait maintenant compte de l'erreur qu'il avait commise en choisissant de lui rappeler ce titre officeux.  "Ils pourraient aimer cela plus qu'ils ne s'y attendent. Plus que tu ne le penses."

Perclu d'arrogance, Daemon était persuadé de connaître Loras. Il avait très tôt présumé d'être lui-même doté d'une conscience aigue de la nature humaine, lui qui avait lu dans l'esprit de la Princesse comme il l'aurait fait d'un livre ouvert. Cette évidence qui les liait encore à ce jour en dépit du gel de leur relation était ce qu'il avait connu de plus comparable à la chaleur d'une soeur. Mais Loras n'était pas Arianne, et le Sand n'allait pas tarder à le comprendre désormais, quand la maturité qu'il avait apprécié apercevoir en lui sembla tout à coup se retourner contre lui, dans ce regard accusateur qu'il ne reconnaissait pas. Dans ses mots qu'il prononça.
Malgré la douceur tiède du soleil mourant sur leur peau, et la respiration paisible de l'océan, le dornien se sentit pris d'un engourdissement proche de celui que provoquait le froid. Il s'était figé net. Si bien que lorsque le cruel enfant ne fut qu'à un souffle de ses lèvres, il n'y eut pas le moindre frémissement sur le visage de pierre du Sand pour l'accueillir, qui baissa à peine ses paupières tendres pour le voir approcher, ni pour l'inviter à aller au bout de son geste, auquel l'autre renonça finalement.
La solitude qu'il se souhaitait à lui même laissait le Capitaine dévasté. Fortement contrarié, aussi. Surtout. Il ne comptait plus le nombre de fois où il s'était introduit dans le Palais des Tyrell après des jours de voyages, des régions entières traversées à bride abattue, au risque d'être remarqué, trouvé et capturé. Parfois pour une nuit, parfois même pour moins que cela. Et pourtant il se disait seul. Le Sand hésita un instant, ses yeux bleus fouillant les siens. Pas de circonstances atténuantes, pas de pitié. Cependant, Daemon fouillait encore désespérement les moindres recoins de son cerveau dans l'espoir de trouver une raison de l'attendrir. Il la trouva, mais sur le visage de l'autre, et dans l'imperceptible frémissement qui brouilla le regard intransigeant et amer dont il le couvait. C'était presque comme si Loras n'avait pas vraiment prononcé ces mots et qu'ils sortaient tout droit de la bouche d'un autre, mais son inconscient s'accrocha au baiser qu'il avait vu se dessiner sur ses lèvres autant qu'un homme qui se noyait pouvait faire durer sa dernière bouffée d'air. Le garçon changeait devant lui -ou se révélait- et le coup était dur à encaisser. Il l'avait espéré énigmatique. Insaisissable. Mais jamais il ne l'avait pensé seul.

Triste à en crever, il n'en montra rien, se promit de ne plus commettre cette erreur à l'avenir, et écouta l'autre parler comme un bambin enfin sage. Comme un adulte qui cessait enfin de considérer le plus jeune avec la condescendance dont les années chargeaient le regard. A l'aboutissant des paroles du Tyrell, il aperçut, pour la première fois, l'abnégation dont il était capable. Une pudeur, comme une ombre dans ses yeux.
"Je comprends." affirma-t-il d'une voix rauque. Il lui sourit faiblement."Je suppose qu'il faut bien penser à l'après, et non pas qu'à la cérémonie," admit-il enfin. Le brun n'avait pas imaginé que Loras se fut projeté si loin dans son avenir. Ce dernier lui apparut sous un jour nouveau. "Cersei est implacable, et amère, mais elle n'est pas stupide. Elle aimera vos enfants. Mais j'ai peur qu'elle ne voit pas les choses du même oeil que toi. C'est une femme fière et qui a tant perdu. Elle les retiendra sûrement auprès  d'elle, et ne fera guère d'effort pour feindre de l'affection envers toi."Le brun haussa un sourcil amusé avant de s'exclamer:"Quel dur travail t'attend!..." A mesure qu'il parlait, son regard s'était baissé vers la main de son amant, qu'il tenait encore entre ses doigts et qu'il avait à peine soulevé, dans une observation futile qui n'était qu'une échappatoire pour que l'autre ne croisa pas dans ses yeux, la lueur âpre qui y luisait. Loras n'était plus un enfant, plus tout à fait tout du moins.
Relevant la tête, il appuya, sans prévenir, ses lèvres exigeantes sur la bouche du Tyrell. Il pensait à tout ce qu'il ne disait pas. Il pensait à tout ce qu'il avait omis à la faveur de jalousies futiles. Il resserra ses doigts sur la main de Loras. Cersei était une garce, mais elle était aussi certainement la femme la plus vive d'esprit que le Sand ait rencontré. Elle saurait pour eux, comprit-il; elle saurait, de cette intelligence féline dont elle seule était dotée, comme un instinct tranchant qui n'épargnait aucun secret et dont sa méfiance usait à discrétion et qui faisait défaut à son père, aveuglé par une droiture dont elle ne jouissait pas. Elle se réjouirait d'une telle information, si seulement elle n'était pas tant débordante d'orgueil. Fille du traitre, soeur du régicide, vieille fille infertile que l'on mariait à un jeune éphèbe, jamais elle ne serait assez bête pour ajouter à cette liste déjà trop longue ce paragraphe où tous la sauraient mariée à un sodomite. Elle les tuerait tous plutôt que de les entendre dire cela. Moi le premier, pensa-t-il, et un rire ravi, effronté, roula derrière ses dents tandis qu'il se détachait du baiser dans un sourire. Bouffi d'insolence dornienne, risquer la mort au contact de la lionne ne lui paraissait qu'une vague contrariété. Mais la prudence de son père ne manquerait pas d'imprégner ses décisions à l'avenir, il le savait.

Posant son regard sur les boucles blondes agitées par la bise marine, sur les pomettes encore rebondies de son amant, il souffla, sincère: "Il me tarde de les rencontrer." Son ton était chantant de l'accent de sa patrie, et doux. Imaginer Loras en père le déstabilisait d'une manière charmante. Sa détermination à réussir dans ce domaine l'amusait plus encore, et il regretta de ne pouvoir jamais réellement partager ces instants précieux que connaitrait bientôt celui qui lui faisait face. Pour sa part, il devrait demeurer dans l'ombre, observateur attentif et amoureux de ce spectacle auquel il ne prendrait jamais part, mais qu'il ne raterait pour rien au monde, n'en déplaise à la mère de ces enfants à venir. Il sourit à nouveau. Il avait tout oublié de Renly Barathéon, et ses soupçons.


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MessageSujet: Re: The long chain of iron or gold, of thorns or flowers | Pv Loras Tyrell   Jeu 24 Aoû - 18:12

The long chain of iron or gold, of thorns or flowers

An 298 | Lune 12 | Semaine 2



Loras & Daemon

Le regard fixé sur son amant et les oreilles noyées par ses mots qui lui réchauffaient le cœur comme de toutes petites flammes, toute la tristesse qui salissait son visage fondit graduellement, laissant derrière elle un voile d’espoir et de confiance. Il prit cette incitation, cette supposition que le peuple aimerait certainement le voir comme il était réellement – et non pas comme le masque qu’il s’efforçait de porter et qui s’endurcirait de jour en jour, menaçant de se fendre d’une manière que lui-même ne souhaitait pas –, comme une confirmation que Daemon l’aimait bel et bien pour ce qu’il était. L’orgueil de la Rose dorée était immense, mais il ne s’étendait pas encore – et ne le ferait probablement jamais – jusqu’à la sphère de l’amour, là où il se sentait toujours plus faible que jamais, craignant toujours de ne pas aimer assez ou de ne pas plaire suffisamment ; il se perdrait s’il savait qu’un jour Daemon détournait son regard de lui à tel point il vivait à travers cet homme. Un peu perdu, le garçon serra plus fort la main de l’autre qu’il ne voulait pas sentir glisser d’entre ses doigts, s’éloigner et s’enfoncé dans la noirceur qui naissait lentement, mais sûrement. À ce moment même où il se laissait emporter dans un dilemme mental qui n’avait pas lieu d’être pour l’instant ( à savoir garder ou faire tomber le masque ) et qui trouverait forcément son compte plus tard, il voulut se blottir au creux des bras chauds et protecteurs de son homme et y rester longtemps, oublier qu’il partirait à nouveau aussi rapidement qu’ils s’étaient croisés, mais tout ce qu’il lui restait pour l’instant était ce baiser avorté par ses paroles de résilience qui accompagnaient le retour de la confiance sur son visage et au fond de ses yeux que l’on disait toujours vifs. Il avait cependant senti l’immobilité de son amant, sa froideur quant à ce geste d’affection et il ne savait pas ce qu’il devait en penser.. Pourtant, plutôt que de s’inquiéter, il choisit de mettre cette absence de réaction sur le dos du lieu, sur les efforts plus grands que les siens qu’il faisait pour garder leur relation secrète ; il ne voulait pas se blesser à nouveau avec ses croyances stupides, ses insécurités adolescentes. S’il remettait toujours en doute l’affection du Dornien, il finirait probablement par le perdre. Sur son visage, un sourire qui semblait porter quelque chose à mi-chemin entre la moquerie et la sérénité s’installa.  
« Le mariage n’est pas demain, si je ne fais qu’y penser je ne vivrai plus. » Admit-il, en riant doucement. Sa petite sœur lui avait déjà dit qu’il avait un bien gros défaut : celui de ne pas penser plus loin que ce qui l’inquiétait, d’obséder sur une seule chose qui lui semblait alors sans issue. Heureusement, lorsqu’il pouvait parler avec Margaery, ses inquiétudes lui semblaient moins lourdes et moins envahissantes par après; elle lui permettait de respirer tout comme le faisait la présence de Daemon, aussi sporadique soit-elle. « Je ne demande pas de l’affection, au contraire. Cependant, à Hautjardin elle n’aura pas le choix de me respecter ; ce que les jardins cachent n’est jamais aussi doux que l’odeur de ses fleurs. » Affirma-t-il en haussant les épaules. Évidemment, ce que les jardins cachaient étaient sa grand-mère et son héritage ; la Reine des épines et toutes ces petites fleurs qui souhaitaient suivre ses pas. Olenna n’était pas méchante, mais elle savait fort probablement la nature de Cersei Lannister et elle saurait, espérait-il, la remettre à sa place si elle abusait autant au niveau de son comportement envers lui qu’envers les autres habitants du château. On disait de Cersei qu’elle était une femme vicieuse et rusée, or Olenna Tyrell avait quelques dizaines d’années d’expérience supplémentaires dans le domaine. Amusé, il suivit le regard que son amant déposa sur sa main. C’était en effet un travail complexe qui l’attendrait, mais il finirait bien par s’y faire ; on n’avait jamais réellement le choix, seulement l’illusion de l’avoir. Lorsque les lèvres de Daemon volèrent finalement les siennes, la constatation qu’elles lui avaient manquées bien plus qu’il ne l’avait imaginé le frappa violement au cœur et il sentit ses jambes ramollir comme la première fois qu’il l’avait embrassé. Affaiblit par l’inquiétude et la tristesse que lui avait imposé l’attitude de l’homme durant le voyage, il s’accrocha à cette marque d’affection comme si elle était la dernière. Glissant sa main libre sur l’armure qui recouvrait son torse – qui le privait d’un contact qu’il recherchait avidement –jusqu’à son épaule, il s’agrippa à lui d’un seul bras et sembla refuser de laisser ses lèvres chaudes le quitter. Ici, perdus au fond d’une forêt artificielle, personne ne les verrait à une telle heure – espérait-il. Il ne mourrait pas pour un seul et simple baiser qu’il avait espéré depuis une quarantaine de jours. Sentant l’odeur du bois se mélanger à celle toute naturelle de son chevalier d’amour et le vent rafraichir sa peau, cet échange avait quelque chose de tout surréel, mais de magnifique. Cela n’était arrivé jusqu’à présent que dans ses rêves.

Lorsque le Dornien rompit l’étreinte, Loras ne s’écarta pas immédiatement. Il frotta doucement le bout de son nez contre le sien, y déposant finalement un bisou dont l’innocence l’amusait lui-même avant de dénouer son bras d’autour de son cou et de s’éloigner légèrement sans pourtant lâcher sa main. À la remarque sur ses futurs enfants, le Tyrell ne put retenir un rire vif et sincère. Il ne s’était jamais imaginé père, lui qui n’était encore un enfant – pourtant, à son âge, son père avait déjà eu Willos –   et qui en plus n’aimait que les hommes. Se voir père aurait été accepter la fatalité d’un mariage qu’il ne voulait pas. « Moi aussi j’ai hâte de les rencontrer. » Son ton presque naïf portait encore l’éclat de son enfance et il ne se rendait probablement pas compte de la lueur pétillante qui s’empara de ses prunelles. Ce qui lui plaisait dans cette idée, c’était de savoir qu’il y aurait des petites âmes, de petites fleurs, qui compterait sur lui et qu’il pourrait aider à grandir peut-être un peu mieux qu’on l’avait aidé lui ; c’était la seule chose positive qu’il voyait dans ce mariage. « J’ai hâte de voir ce qu’ils seront et ce qu’ils deviendront. J’espèrerai le meilleur pour eux, ils le mériteront. » Puis il fronça les sourcils sans pour autant avoir l’air inquiet. « Ils ne te connaîtront pas comme étant l’homme de ma vie et celui que je porterai toujours au fond de mon cœur, mais comme étant celui qui protège leur grand-père, mais c’est mieux que rien.  Si cela n’avait pas été ni étrange ni traître, j’aurais aimé pouvoir en nommer un en ton nom, Daemon. »  Il tendit son bras pour caresser tendrement la joue de l’autre, son regard doré avalant ses prunelles bleues, avant de laisser sa main glisser de sa mâchoire jusqu’à son épaule sur laquelle il laissa ses doigts se reposer calmement. « À mes yeux, tu es un homme admirable et tu as accompli des choses que beaucoup de bâtards n’auraient jamais pu faire. Tu es capitaine de la garde de Tywin Lannister, tu te rends compte ? Tu ne peux pas savoir à quel point je suis fier de toi. » Même s’il n’approuvait pas entièrement ce choix –  essentiellement pour des raisons purement égoïstes –, il ne pouvait pas nier sa fierté ni le fait que les réussites de l’homme qu’il aimait le comblaient d’une joie et d’une satisfaction pures. Il hocha doucement la tête. « Chaque fois que je pense à toi, je me rends compte de toute la chance que j’ai de t’avoir dans ma vie et de pouvoir dire que tu es mien. Même dans tes absences – qui me semblent parfois durer une éternité – tu es avec moi, dans mes rêves et dans mon cœur. » À nouveau, il brisa l’écart entre lui et son amant. Se dressant un peu sur la pointe des pieds pour ne pas le forcer à avoir à se pencher légèrement, il colla son front contre le sien. « Même marié et père, je serai toujours à toi. Seulement à toi. » Ses lèvres se pincèrent en un sourire tendre.



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MessageSujet: Re: The long chain of iron or gold, of thorns or flowers | Pv Loras Tyrell   

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