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 Sunset Blood | pv Aegon Targaryen

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Le Bâtard de la Grâcedieu
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Le Bâtard de la Grâcedieu
Valar Dohaeris

Ft : Gaspard Ulliel
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Date d'inscription : 24/08/2015

MessageSujet: Sunset Blood | pv Aegon Targaryen   Lun 8 Mai - 19:00

Sunset  Blood

298 | Lune 12 | semaine 2



Aegon & Daemon

Malgré sa nonchalance, il se dégageait de lui l'attention rigide propre aux militaires. C'etait un homme qui bougeait comme si les Dieux les plus sévères le regardaient, et dont chaque geste était particulièrement calculé et précis. Son dos était droit, son pas mesuré, trop solennel pour être immédiatement perçu comme élégant. Ce n'était pas la démarche féline d'Oberyn ni le pas conquérant d'un Lannister, mais une marche raide et sans fioriture, héritière de l'austérité qui courait dans les veines humbles des religieux Seigneurs de la Grâcedieu. Le regard qu'il portait devant lui était trop froid, trop évidemment hautain pour que l'on y décela la préoccupation qui y dormait. Les mâchoires serrées d'anxiété, le Bâtard de la Grâcedieu traversait les couloirs sans un regard pour les âmes pourtant nombreuses qui y grouillaient. Son expression était fermée, tout comme ses poings.
Sur ses épaules coulait une lourde cape rouge sombre dont l'un des pans aux boutons détachés avait été négligemment rejeté en travers de son cou par dessus son épaule gauche, formant ainsi un amas savant de plis amarante sur sa poitrine. Le cape était neuve, le pourpoint en dessous, l'était beaucoup moins. Ce dernier était noir comme de la suie. Quatre ans d'usage régulier avait fini par se voir, notamment depuis que la lourde armure de capitaine l'enfermait régulièrement, frottant les coutures et griffant le velours de veinules claires. Sur l'un comme sur l'autre, des gouttes d'eau claires vibraient au rythme de sa marche, glissant parfois jusqu'au sol à la brusquerie d'un pas.Au dehors, le ciel était encore sombre, brouillé de la légère pluie d'été qui était tombée durant l'après-midi, parant les pavés de la cour et les feuilles des arbres de reflets luisants. Des jardins humides remontait jusque dans les couloirs le parfum propre à la végétation après l'orage; Alourdi par la tiédeur du crépuscule prochain, ce dernier masquait l'odeur de pierre de la forteresse.

Les murs étaient tous rougeâtres. Le long des couloirs étaient disposés régulièrement de grands candélabres de fer forgé, qui, dépourvus de flamme pour les animer, ressemblaient à de hauts entrelas d'os noirs et brûlés. Naturellement observateur, les détails du château royal lui sautaient pourtant aux yeux plus que de raison, son attention vagabonde abrittant le malaise qui menaçait de le saisir alors qu'à chaque pas, le sentiment d'inadaptation qui l'habitait s'enracinait plus profondément dans ses entrailles.
Le brun avait tant pris l'habitude d'être coincé dans son carcan forgé de discipline et d'obéissance qu'il était obligé à présent de constater que, lorsque les ordres venaient à manquer, il se trouvait presque égaré, sans aucun repère, perdu dans l'étiquette qu'on ne lui avait jamais enseigné -du moins en était-il persuadé puisqu'il ne parvenait pas à s'en rappeler la plus petite règle aujoud'hui. Pataugeant dans l'incertitude de ce qu'il était autorisé ou non à faire au coeur de cette cour dont il ne savait rien, le bâtard avait très tôt pris l'habitude de prendre le maquis et de se réfugier dans sa chambre lorsqu'il se trouvait libéré pour un temps de son devoir. A l'abris des murs peints de sa chambre, Daemon se sentait non seulement plus libre, mais aussi plus en sécurité. Incapable de mentir convenablement, ou de prétendre le moindre interêt pour quelque discussion que les convenances auraient pu être amené à lui imposer, le Sand savait que le Donjon Rouge pouvait devenir l'écueil de sa dignité aussitôt que ceux plus doués à ce jeu de dupe se rendraient compte de ses lacunes. Et si ce dernier cas ne venait pas à se vérifier, son âpreté naturelle aurait, de toutes les manières, tôt fait de se charger de lui fournir une toute autre réputation.
Comme si son humeur noire autant que son trouble s'affichaient autour de lui comme une ombre, il vit quelques étrangers pomponnés et couverts de brocards se tourner vers lui sur son passage. D'instinct, il accéléra le pas, repoussant ceux qui génaient sa route.
En dehors de la lice, le bâtard n'aimait guère les regards que l'on posait sur lui, qu'ils furent désobligeant ou amicaux, s'irritant même souvent ouvertement de ces coups d'oeils qui empoisonnaient sa chère solitude. S'il était doté d'un naturel patient mais intransigeant d'ordinaire, les quarante derniers jours s'étaient chargés de le pousser dans les derniers retranchements de son amabilité, d'achever ce qu'il consentait habituellement de bonne humeur, se contentant de ne lui laisser qu'un filet de dignité pour contenir tous ses sentiments sous le masque de son arrogance. "Un connard insolent et pédant", "un autre matamore dornien",persifflaient-ils sur son passage. Sa fierté, loin de vexer les habitants du château, était plus que jamais sujette à moquerie, et il soupçonnait les garnisons des Tyrell d'y avoir aidé.
Autour de lui il n'était pas une discussion qu'attrapait son oreille qui n'eut comme sujet une moquerie sur un tel ou un ragot sur tel autre. Il était clair désormais pour lui que les aspics, leurs esprits tailladants et leurs langues de vipère avaient leur place ici. Et il comprenait mieux aussi pourquoi les Allyrion se tenaient à l'écart de ce monde vénéneux. Leur rudesse d'esprit flirtait presque avec une innocence puérile, et jamais leur franchise ne pourrait égaler la méchanceté qui suintait des reproches déguisés que les nobles de la cour se plaisaient à glisser dans leurs bavardages.

Que ne pouvait-il rester tranquille dans la pièce qu'on lui avait attribuée, à lire, ou encore simplement dormir loin de ces serpents. Et voilà que l'innatendu le tirait hors de sa chambre comme un renard contraint hors de son terrier. Entre ces murs, la solitude à laquelle il aspirait n'existait jamais vraiment. Depuis le voyage détestablement long depuis Hautjardin, son humeur était particulièrement échaudée d'une rage froide et particulière à son caractère ombrageux, qui n'accordait plus sa bienveillance qu'à la seule personne de Tywin Lannister. La présence lointaine et boudeuse de son amant y était pour beaucoup, bien que son orgueil avait rechigné à l'admettre pendant longtemps.

Mais ce n'étaient pas son amertume, ni sa jalousie qui froissaient sa mine à cet instant précis. La cause de son tourment n'était rien autre qu'un petit bout de parchemin plié entre ses doigts, griffoné de quelques mots succints. Déstablisants. Lorsque son écuyer était venu le réveiller en plaquant sur son visage le papier, Daemon avait cru à une farce de sa part.  Il avait craint de devoir partager une discussion avec un noble quelconque, puis redouté d'être convié à un diner; des peurs qui lui semblaient soudain foncièrement acceptables. Pour la première fois de sa vie, le Sand en vint presque à souhaiter qu'il n'eut pas à affronter l'exercice qui l'attendait seul.  Il devait rencontrer le Prince. C'était encore un adolescent, mais lorsque la porte qu'il cherchait apparue soudain au détour d'un couloir, l'avantage des années lui apparut soudain bien mince. L'appréhension fébrile qu'il avait ruminé tout au long de son trajet se matérialisa dans la brusquerie avec laquelle il tendit le message aux gardes qui encadraient l'ouverture. Sa nervosité le rendait plus irascible que d'ordinaire, aussi préféra-t-il  garder le silence lorsque les deux gardes s'échangèrent le mot en lui jetant des regards suspicieux. Droit comme un i, presque au garde à vous malgré l'alanguissement naturel de sa silhouette, le fils ainé de Ryon les observa d'un regard aussi défiant que déterminé, couronné de sourcils bruns légèrement froncés. Finalement, après une consultation silencieuse du regard, une moue approbatrice fit fondre les traits du plus agé des soldats. Alors que le plus jeune se mouvait puis se faufilait dans l'entrebaillement de la porte pour annoncer le visteur à son maître, le Sand déglutit, et ce, plus difficilement qu'il ne voudrait bien l'admettre. Ce n'est qu'un enfant, se répétait-il sans cesse. Le futur roi, mais rien qu'un gosse. Pas plus agé que Loras. Une pensée qu'il regretta aussitôt. Aussi jeune pouvait-il être, le Tyrell ne manquait pas de l'impressionner parfois. Souvent, même. Et puis, c'est le fils d'Elia se rappela-t-il sans grande conviction. Les enfants de la Princesse étaient nés loin de Dorne, et de leur mère, Daemon ne savait que ce qu'on lui en avait raconté. Sang Martell ou non, ils étaient tous des étrangers.






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