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Toutes les nouveautés de la MAJ sont à retrouver ici ! This hurricane chasing us | Skarithra 3725701551
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 This hurricane chasing us | Skarithra

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Valar Dohaeris

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MessageSujet: This hurricane chasing us | Skarithra   This hurricane chasing us | Skarithra EmptyMer 22 Mar - 23:37

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Do you really want me
dead or alive
to torture for my sins ?





Sourire, voilà l'unique chose qu'elle faisait ces temps-ci. Elle souriait lorsque l'on passait à côté d'elle. Elle souriait lorsque l'on s'adressait à elle. Elle souriait lorsque l'on évoquait ses possibles fiançailles. Elle souriait pour un oui, pour un non. Mais en dessous se terrait une lente agonie. Elle souffrait d'un mal pernicieux qui, doucement, gangrenait jusqu'à la moindre de ses cellules. Et bien qu'elle s'évertuait à ne pas y songer, Cersei ne pouvait nier l'évidence: elle sombrait. Ce n'était pas cette alliance prochaine. Ce n'était pas l'absence de son frère. Ce n'était pas sa condition de femme et le nom qu'elle portait. Non, ce qui l'asticotait du matin au soir était plus sinueux encore. Et cela se déversait à travers son organisme. Cela se propageait comme le ferait un poison mortel. Il n'y avait plus d'échappatoire pour elle. Cersei en avait conscience. La porte qu'elle avait elle-même entrouverte s'était refermée sur son passage. Voulait seulement faire demi-tour ? Elle l'ignorait dans le fond. Ou, peut-être connaissait-elle la réponse sans oser se l'admettre. Mais elle n'était pas prête pour cela. Pire encore, elle ne devait pas l'être. Ce que l'on esquissait à l'horizon pour elle allait à l'encontre de cet aveu qui brûlait pourtant en son sein. Elle n'avait pas le droit d'échapper à cette voie sur laquelle on l'avait soigneusement placé. Cersei n'était qu'un pion. Elle le savait. Et la seule insubordination qu'elle pouvait encore s'octroyer se trouvait dans le choix de ses apparats. C'était absurde, bien entendu. Avait-elle seulement une autre option ?

Oui, elle en avait une. Elle pouvait encore choisir d'enfreindre les règles. Elle pouvait opter pour la clandestinité. Et, c'est ce qu'elle fit lorsqu'elle réclama la présence de Skarithra. Cela n'était pas un caprice de petite fille gâtée. Elle avait simplement besoin de la voir. Les seules entrevues qu'elles s'autorisaient depuis la fois dernière n'étaient plus solitaires. Cersei avait promis. Skarithra, également. Pourtant, la jeune Lannister manquait une fois de plus à son devoir. C'était viscéral. C'était infernal. Et cela l'empêchait de manger, de dormir. Cela l'empêchait de respirer. Skarithra était partout même lorsqu'elle n'était pas présente. Parfois Cersei se pensait folle. Peut-être était-ce le cas. Peut-être avait-elle définitivement perdu l'esprit en laissant la jeune femme embraser ainsi sa peau. Et c'est ce qu'elle crut une fois encore, quand la blonde fit irruption dans sa chambrée. Quelque chose se tordit entre ses côtes. Le pincement se répercuta d'une cellule à l'autre. Aliénée, elle l'était. Alors, elle ne dit rien. Elle se précipita vers elle, comme le ferait une amante éplorée, pour se pendre à son cou. Sa bouche percuta la sienne dans un baiser à peine contenu. Elle se gorgeait d'elle, égoïstement, tel un gros félin affamé. « J'ai besoin de te sentir », souffla-t-elle contre ses lèvres. Cela n'avait aucun sens. A dire vrai, il n'y avait jamais eu aucune logique entre elles. Elle l'emprisonna plus fort encore contre son cœur. Cela ne devrait pas être, elle le savait. Cela était dément, elle le savait. Mais l'heure n'était plus au légitime. Et elle l’inhuma au cœur de sa chaleur, ne lui laissant aucune issue pour s'y dérober.

Les yeux rivés vers le plafond, Cersei écoutait le sifflement de sa propre respiration. Silencieusement, elle attendait l'apparition d'un sentiment qu'elle ne connaissait que trop bien ces temps-ci: la culpabilité. Seulement, celle-ci ne vint jamais. Acceptait-elle enfin la situation ? Elle n'en était pas certaine. Du moins, elle ne le pouvait pas. Pourtant, cette fois-ci, elle ne demanda pas à Skarithra de s'évanouir dans l'oubli. Au contraire, elle captura son poignet entre ses doigts lorsqu'elle la sentit s'agiter à ses côtés. Elle ne lui intima pas expressément de rester. De toute évidence, Cersei était encore trop fière pour cela. Elle lui adressa simplement un regard moins offensif. Les barrières qu'elle avait érigé jusque là s'émiettaient lentement, tandis qu'elle laissait la jeune femme s'immiscer quelque part où elle ne devrait pas être. Elle inspira profondément, battant des cils pour chasser un trouble pudique, puis sourit avec amusement: « Je crois que nous... que j'ai brisé une fois de plus ma promesse. » Elle passa une main sur ses traits déconfits. Serait-elle, un jour, capable de ne plus céder aux sursauts qui l'animaient lorsqu'elle songeait à son amie ? D'ailleurs, pouvait-elle encore la considérer ainsi ? Cersei secoua paresseusement sa petite tête blonde. La situation était inconfortable. Et elle ne le devait qu'à elle-même. « Je me demandais... où... as-tu appris à... faire cela ? As-tu... connu d'autres femmes ? »  

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Valar Dohaeris

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MessageSujet: Re: This hurricane chasing us | Skarithra   This hurricane chasing us | Skarithra EmptyJeu 23 Mar - 0:28

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Skarithra avait tenu. Quelques jours étaient similaires à une année, à ses yeux. Une année à respecter sa promesse. Mais ce n'était là qu'apparat, pour mieux la bercer dans l'illusion selon laquelle elle tenait parole. Piètre mirage dont elle aimait les moeurs, auxquels elle crut, dans quelques brises matinales. Ces quelques jours n'avaient pas été très salvateurs. Skarithra n'avait eu que trop le temps de penser. Les premières heures, elle fut satisfaite de cette distance, heureuse, de pouvoir, enfin, fuir ces chaînes qu'elle avait aux poignets. Plus tard, elle s'était sentie devenue folle, en repensant à Elle. Rattrapée par sa tignasse chimérique, ses traits diaboliques, ses yeux hystériques... Et elle les voyait, partout, dans chaque couloir, chaque pièce, chaque lit. Et elle secouait la tête, pour les chasser, mais ils revenaient, sans aucune pitié. Cerseï lui manquait. Pas cette Cerseï qu'elle avait pu dénuder. Pas elle, non. Elle. Son amie. Celle avec qui elle avait ri. Etrangement, même en présence d'une servante, elles n'avaient pu retrouver l'étincelle. Pas un rire. Pas un sourire. Pas un regard. Qu'avaient-elles à se dire, maintenant ? De quelle manière pouvaient-elles se contempler, à présent ? Skarithra n'avait de cesse d'avoir peur. Peur que la servante ne se rende compte de quelque chose, ou l'un des gardes, ou un passant, ou même un Seigneur. N'importe qui. Tout le monde pouvait les voir, se fuir, sans s'enfuir. Et enfin, aujourd'hui, elle avait peur. Peur de cette nouvelle condition. De cette nouvelle amitié. De cette nouvelle facette de son avenir. Cerseï se cachait derrière une muraille. Skarithra se cachait derrière la sienne. Un cessez-le-feu qui durerait éternellement. Et, infiniment, tout le monde retiendrait son souffle. Autant mourir, s'en est plus court.

Elle chassa un insecte de ce gigantesque paravent qui lui servait de couvre-chef. Il piailla avant de se volatiliser. La servante - espionne qui l'avait suivie pendant un temps, si bien qu'elle se demanda si ce n'était pas encore le cas - vint à sa rencontre à cette seconde précise, et les deux êtres se croisèrent, sans même s'en rendre compte. « Lady Cerseï vous demande. » Skarithra baissa les yeux, quelques instants. Ce n'était plus là l'émotion qu'elle avait aimée, autrefois, en entendant son simple nom. Elle sourit, alors, de sa propre stupidité. Fut un temps, elle avait été perdue aux simples échos de ce nom. Puis, elle en avait été furieuse, à peine avait-on commencé à le prononcer. Et aujourd'hui, elle en était mélancolique. Y avait-eu un jour où elle avait souri, hâtée, émerveillée, de la retrouver quelque part dans la cité ? Il était loin, ce jour... Trop loin pour qu'elle ne se souvienne de sa date exacte. « Je vais m'empresser de la rejoindre. » Elle se leva, tout en ajustant - signe habituel - sa longue robe de soie. Lorsqu'elle joignit les mains devant elle, et qu'elle débuta sa marche, elle fronça soudainement les sourcils. « Ne venez-vous donc pas ? » lui demanda-t-elle, tout en se détournant. La servante, sur le point de quitter les lieux, écarquilla doucement les yeux. « Oh, non, Lady Cerseï m'a demandé de porter ce message, puis de retourner à ma chambre. » Les quelques banalités qui suivirent, Skarithra ne les retint pas. Et lorsqu'elle fut devant la porte de Cerseï, elle les avait déjà oubliées. Ce panneau de bois représentait le dilemme de sa vie. Elle avait là deux possibilités. L'ouvrir, briser sa promesse, se soumettre, se mettre en danger. La laisser fermer, respecter son serment, dominer, se mettre en sécurité. Mais, comme toujours, si sa raison lui dicta une chose, sa main, elle, en fit une autre.

Et Skarithra ne fut violentée par la réalité que de longues minutes plus tard, alors que son dos claquait contre le matelas, lui brisant le souffle. Qu'avait-elle encore fait ? Elle l'ignorait. Elle n'avait plus aucun contrôle. Et à quoi bon se battre ? Elle finissait toujours par déposer les armes. Elle ferma les yeux, quelques instants. Par les Sept, qu'elle était stupide. Elle aurait du faire demi-tour. Avant que Cerseï ne recommence, au lieu de lui obéir, comme un bon petit chien. Elle se maudit. Elle se raidit. Elle froissa les draps, en tentant de quitter la couchette. Elle n'avait nullement envie de parler. Pas encore, pas cette fois, ni aucune autre, elle ne recommencerait pas. N'est-ce pas ? En sentant cinq petits doigts la retenir, Skarithra se détourna pour observer Cerseï. Emmitouflée sous son drap, qu'elle semblait vouloir changer en labyrinthe sur ses courbes, la Dame de l'Ouest la regardait, figée, rougie, encore moite. Skarithra inspira profondément pour chasser son trouble, ses émotions, et toutes les pensées qui se pressaient dans sa petite caboche. Comme celle qui disait qu'elle avait aimé cela. Comme celle qui disait que Cerseï était belle. Comme celle qui disait qu'elle l'aimait comme une dégénérée. Elle inspira encore. Skarithra ne répondit pas à sa phrase. Elle le savait déjà. Tout était dit. Qu'avait-elle de plus à dire ? Cependant, elle, n'en ria pas. A sa question, cependant, elle fronça les sourcils. « Depuis quand cela t'intéresse-t-il ? Je croyais que ce n'était là qu'actes dégoûtants à tes yeux. » Si elle était sur la défensive, son ton, lui, se voulait calme et net, indolore et précis. Elle se méfiait. Car elle connaissait parfaitement Cerseï. Elle connaissait ses manipulations, ses ruses, ses pièges. Elle ne connaissait que cela. Elle se détourna, une seconde, préférant zieuter la chambre qui se prosternait devant elle. Elle ne pouvait pas regarder Cerseï. Elle ne pouvait pas le dire à Cerseï. « Personne ne me l'a appris. » Elle soupira, lentement, alors que ses épaules s'affaissaient sur son buste. Elle posa doucement son front sur sa paume, et se massa le visage d'un revers de main. « Parce qu'il se trouve qu'il n'y a eu personne d'autre. » Elle secoua doucement la tête, tout en se reprenant. « Je veux dire, à part Kresteïn, bien entendu. » Et elle disait vrai. Elle n'avait jamais... Jamais. « Je l'ai souhaité, un jour. Mais... Je n'y suis pas parvenue. Je suis restée... tétanisée, devant cette fabuleuse femme, dont tous les hommes de Westeros seraient tombé amoureux. Je suis restée assise, là, à penser à toi. Je lui ai donné le double de sa paie... Elle n'a pas compris et, elle m'a demandé  : Pourquoi me donnez vous cela, je ne vous ai même pas touchée ! Ce à quoi j'ai répondu, tout en souriant : Vous m'avez offert bien plus qu'un minois indécent, ma chère, vous m'avez rappelé quelqu'un qui vaudrait milles plaisirs tels que vous. Et je suis partie, alors qu'elle riait, elle riait, tant elle était heureuse, avec tout cet argent. Alors que moi, j'étais malheureuse, parce que même riche, je n'avais rien sans toi. » Elle ferma les yeux. Elle pesta pour elle-même. « Pardonnes-moi. Ce n'est pas quelque chose que tu devrais entendre. »

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MessageSujet: Re: This hurricane chasing us | Skarithra   This hurricane chasing us | Skarithra EmptyJeu 23 Mar - 2:32

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Cersei n'osa plus la regarder après cela. Si la culpabilité ne l'ensevelissait pas, la honte, elle, lui colorait déjà les joues. Il n'y avait aucune raillerie dans son interrogation. Il n'y avait aucune curiosité mal placée. A dire vrai, ce qui l'avait poussé à lui demander une telle chose se résumait en une seule explication: l'embarras. Depuis qu'elles se côtoyaient ainsi, Cersei n'avait jamais esquissé l'ombre de la moindre caresse. Au départ, cela avait été simplement par principe. Désormais, cela n'était que par gêne. Pourtant l'envie la taraudait quelques fois. Et, cette fois encore, cela l'avait effleuré. Elle soupira discrètement. Comment pouvait-elle songer à l'embraser, elle aussi, de ses mains, de sa bouche ? Une femme de son rang n'avait pas le droit d'agir ainsi, ni même d'y songer. Elle regretta immédiatement d'ouvrir plus encore des failles qu'elle se devait d'ignorer. Skarithra était une femme. Et jamais elle ne pourrait être plus que cela. Alors, doucement, Cersei relâcha le poignet qu'elle n'avait toujours pas délaissé. Sa main resta quelques secondes en suspend, hésitante peut-être, puis retomba dans un léger froissement de drap sur le matelas. Ce qu'elle ressentait dépassait une frontière qu'il n'était pas bon de franchir. Elle se fustigea, silencieusement, la mine pourtant impassible, presque sereine. Avouer ce qui la déroutait écartèlerait un coup de plus le précipice qui s'étendait déjà sous leurs pas. Une voix lui rappelait, cependant, que son amie avait le droit de connaître les recoins sinueux de son esprit. Sans doute parce qu'elle le lui devait après tout ce qu'elle lui avait infligé. Ou, simplement parce qu'elle souffrait, quelque part, de se fondre en elle sans ne rien obtenir en retour. Cersei ferma les paupières pour y masquer son agitation. Elle n'avait plus rien de cette lionne infaillible. Cette nuit, elle n'était qu'une jeune femme; partagée entre le désir et l'appréhension.

Le timbre de Skarithra fut dur lorsqu'il résonna enfin dans la chambrée. Et Cersei se tendit, instantanément, comme le ferait une épouse violentée. Elle ne lui en voulait pour cela. Elle lui avait donné de nombreuses raisons pour se montrer méfiante ainsi. Alors, la jeune Lannister ne tiqua pas. Elle soupira simplement. L'attitude qu'adoptait son amie n'était que le résultat de ce qu'elle avait causé par pure folie. Parce qu'elle était folle dans le fond. Elle était folle de cette bouche pleine. Elle était folle de ce regard brûlant et froid. Elle était folle de ces mains enjôleuses, salvatrices et délicieuses. Cersei se redressa promptement, ne cherchant pas à retenir la soie qui couvrait sa silhouette jusque là. Elle étouffait. Elle suffoquait de se savoir avide et dépendante. Car elle ne pouvait faire comme si cela n'était pas évident: Skaritha tenait les rennes de son corps. Elle possédait les aspirations de son âme. « Il me semble ne plus en être là », rétorqua-t-elle à son tour sur le même ton. Cersei ne voulait pas admettre pleinement qu'elle aimait cela. Elle n'en était pas encore prête. Au lieu de cela, elle la gratifia d'un regard appuyé dont le sens ne pouvait tromper personne. Un jour, elle le lui dirait. Un jour, elle lui avouerait qu'elle ne se sentait vivante que lorsqu'elle se perdait en son cœur. Mais, en attendant, Cersei ne parvenait qu'à lui offrir des bribes d'aveux. Sa respiration se fit inexistante lorsque son amie lui conta la vérité. Elle n'avait donc jamais goûté à cette eau avant elle. Cela lui vola l'esquisse d'un sourire. Elle en était sincèrement touchée même si l'embarras la gagnait une fois de plus. Elle était la première. Et cela signifiait plus que ce qu'elle ne l'aurait imaginé.

Cersei effleura son bras comme seule réponse. Que pouvait-elle ajouter à cette confession ? Rien. En revanche, son geste était là pour apaiser les maux qu'elle voyait danser en elle. Timidement, elle se mouva sur le matelas pour approcher son corps du sien. Elle ne releva pas les yeux vers elle après cela. Songeuse, elle s'immobilisa sur un point qui n'avait d'existence que pour elle. Skarithra l'aimait. Cela n'était pas nouveau, pourtant, Cersei le comprenait seulement. Cela ébranla une fêlure qui la contraignit à déposer ses doigts contre sa poitrine. Skarithra l'aimait. Cela lui pinça le cœur l'espace d'une fraction de seconde où elle se demanda ce que cela changeait à sa vie. Aucune réponse ne lui vint. Pourtant, quelque chose se transcenda entre ses côtes. Ses prunelles, profondément troublées, se posèrent enfin sur les siennes. Et elle l'observa, ainsi, sans prononcer le moindre mot. Une émotion qu'elle ne comprenait pas se diffusait doucement en elle. Elle réchauffait une part d'elle-même qu'elle avait occulté et dont elle ne connaissait plus le nom. Un frisson vint l'enlacer un instant, avant qu'elle n'ouvre la bouche pour murmurer maladroitement: « J'aimerais que tu me montres... la manière dont tu aimerais véritablement... m'aimer. » Cersei trembla contre l'épaule de la jeune femme qu'elle effleurait tout juste de la sienne. Elle déposa délicatement sa paume contre sa joue et, prudemment, embrassa le coin de ses lèvres. Ce n'était pas un mensonge cette fois-ci. Ce n'était pas une quelconque fourberie de sa part. Et, par ce baiser innocent, Cersei espérait l'en assurer. « Finalement, j'ignore ce qu'est... l'amour avec une femme. » Parce qu'elles ne faisaient que se heurter l'une à l'autre chaque fois qu'elles s'enlaçaient. Parce que Cersei ignorait de quelle manière lui rendre ses étreintes. Elle sourit, incertaine et confuse.« Je suis ridicule. » La Cersei qu'elle présentait à la face du monde n'était plus. Il ne restait plus que la jeune femme dont les souffles s'affolaient d'une profonde appréhension.

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MessageSujet: Re: This hurricane chasing us | Skarithra   This hurricane chasing us | Skarithra EmptyJeu 23 Mar - 19:28

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Cerseï s'agitait, et le monde avec lui. Skarithra ne la regardait plus. Son souvenir la tarauda, un instant. Cette femme, qu'elle était allée voir, des années plus tôt, n'avait été qu'un prétexte pour ne plus être tentée par une quelconque Lannister. Elle n'avait été qu'une fuite inexorable de ses propres songes. Skarithra s'y était rendue sans aucune dérobade, en le clamant haut et fort. Ayant perdu son mari, ceci n'avait plus d'importance, désormais. Et pourtant, le petit peuple avait du beaucoup en rire, ou en être choqué, dans leurs foyers, dans l'auberge, et même dans le bordel. Les clients l'avaient regardée passer, effarés de voir Lady Drox au sein de ce qu'ils pensaient être leur propriété. La putain, elle, avait gardé pour elle son étonnement. Elle avait simplement fait son travail. Elle ne devait pourtant pas en penser plus que cela. Skarithra l'avait saluée d'un simple signe de la tête. Elle n'avait pas offert un quelconque espoir à la jeune femme, de la voir repartir avec beaucoup de satisfaction. A peine était-elle entrée dans la chambre, que celle-ci s'était refermée sur elle. Les murs s'étaient rapprochés, et des barreaux s'étaient naturellement forgés à la fenêtre. Karlina, s'appelait la putain. Elle l'avait choisie avec précaution. La plus belle de la Cité, et la plus chère. Elle n'avait pourtant pas acheté son silence. Il aurait été bien inutile. Et plus ses vêtements étaient tombés sur le sol, plus Skarithra avait senti la nausée lui monter aux bronches. Son visage, son teint, ses cheveux, ses cuisses, ses seins, son ventre, ses épaules, rien n'avait appartenu à Cerseï, cette nuit-là. Et, pour ce fait, Skarithra avait quitté les lieux, bien rapidement. Et les villageois avaient jasé encore plus. Elle n'était pourtant pas ce qu'ils croyaient. Elle n'était pas qu'une femme aimant les femmes. Elle n'en aimait qu'une, et cela la dévorait.

Elle releva doucement les yeux, pour observer son amante. Amante. Elles l'étaient, à ce jour. Et Skarithra ne parvenait pas à assimiler l'information. Comme si, quelque chose l'ôtait de sa charogne, pour lui offrir un véritable extérieur sur la situation. Et, de là, elle pouvait les voir, elles-mêmes, se désosser mutuellement. Elles étaient dans l'illégalité. Pire, elles étaient en plein danger. Juste pour quelques frasques de plaisir mêlé de pouvoir. Et pourtant, lorsque Skarithra entendit Cerseï parler, elle fronça les sourcils. Elle doutait. Elle doutait de sa sincérité. Elle hésitait. Elle avait tant envie de la croire. Et sa maladresse était si rare, inexistante, qu'elle ne savait comment l'assimiler. Elle demeura longuement interdite, tout en l'observant. Comment répondre à telle question ? Elle-même ne se l'était jamais posée. Elle avait tant repoussé l'inévitable, qu'il en était devenu utopique, et qu'elle n'en rêva jamais. Seul son baiser, là, aux commissures de ses lèvres, la fit papillonner des cils, et comprendre, au fond d'elle, quelque chose d'étrange. Et si, finalement, Cerseï était sincère.. ? Et si, dans le néant, se profilait finalement une étincelle ? Skarithra en sentit son coeur palpiter. L'espoir était une arme si puissante. Une délivrance belliqueuse et trompeuse. « Tu ne l'es pas. » Elle secoua doucement la tête, et déposa, au bas de son dos, sa paume chaleureuse. Elle vibra, au contact de son épiderme, comme si elle le découvrait encore. « Ou le sommes-nous toutes deux, car j'ignore tout de cela également. » Comment pouvait-elle seulement savoir ? Elle n'avait jamais connue de femme. D'autre, femme...

Elle se leva, doucement. Complètement nue, elle sentit le vent lui labourer les veines, et le soleil, lui brûler la peau. Elle soupira d'aise. Et elle envia, secrètement, celles et ceux qui pouvaient faire cela, sans craindre le jugement d'autrui. Elle n'était pas de cela. Ou alors serait-elle déjà dehors, à clamer son doux penchant pour les blondes. Et elle sourit, de plus belle. « Je suppose que cela n'est en rien bien différent de ce qu'un homme peut offrir à une femme. » Elle se dirigea vers l'étagère, où étaient entreposés plusieurs verres à pieds, que Cerseï utilisait d'ailleurs beaucoup ces derniers temps. « Certaines diront qu'ils sont plus bestiaux, plus sauvages. Elles ne disent pas à quel point elles peuvent être pareilles. » Elle se pavana, une seconde, errante sous les rayons de l'astre géant, et puis, versa dans les deux verres, ce vin qu'elles aimaient tant partager. « Saches que tout ce que tu pourras entendre, tout ce que tu penseras savoir, tout ce que tu croiras, sur la manière dont je pourrais t'aimer, tout cela, tout sera bien loin de la réalité. » Elle contempla le mur qui se dressait désormais face à elle, et fut heurtée, soudainement, par une pensée plus sombre. « Mais... je suppose que la question ne se pose pas réellement, n'est-ce pas ? Que pourrais-je donc t'offrir, si ce n'est la sensation d'être belle, d'être aimée, d'être éternelle ? Les milles façons dont je t'aimerais se trouvent au-delà de cette chambre, au-delà de cette Cité, au-delà de cette vie. » Elle remplit soigneusement la seconde coupe, et se trouva, en pleine harmonie, avec le liquide pourpre qui se noyait devant elle. « Ce que je peux t'offrir n'a d'importance que si tu peux m'offrir quelque chose en retour. L'amour est comme un arbre et la terre. As-tu déjà vu un arbre flotter dans les airs, sans elle ? Non, bien sûr que non. Il ne peut grandir, s'épanouir, fleurir, que grâce à la terre. Comme eux, l'amour n'est qu'un mirage, lorsqu'il ne provient que d'une seule entité. » Puis, elle se retourna vers sa Dame, et s'approcha de nouveau d'elle, pour lui tendre un verre. « Mais il n'est pas lieu de parler de ce genre de choses maintenant. Tu n'es pas prête, et je crois que je ne le suis pas non plus. Tout s'est déroulé si vite. Prenons donc un remontant, et ne pensons plus à hier, à demain, veux-tu ? » Elle lui offrit un regard tendre, et un sourire homonyme. « Je t'en prie, rions, enlaçons-nous, embrassons-nous, parlons de tout, de rien, mais pas de ce sentiment qui me fait aussi peur que les Sept Enfers. »

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MessageSujet: Re: This hurricane chasing us | Skarithra   This hurricane chasing us | Skarithra EmptyVen 24 Mar - 0:50

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Stupide, elle l'était. L'amour lui était un sentiment étranger qu'elle se plaisait à effleurer uniquement en rêve. Parfois elle songeait à Jaime, à ce qu'ils avaient éprouvé l'un pour l'autre. Mais était-ce réellement cela l'amour ? Était-ce réellement se mêler à son propre sang dans une étreinte sans danger ? Elle l'ignorait. De toute évidence, elle n'avait connu que lui. Et, lorsqu'elle voyait les flammes qui dansaient à travers les prunelles impétueuses de Skarithra, Cersei ne pouvait que s'interroger. Était-ce aussi renversant qu'elle le laissait transparaître ? Elle aurait aimé comprendre. Mais elle se tut. Son amie ne désirait pas épiloguer là dessus et, bien que perplexe, elle le comprenait. Elle non plus n'aimait pas s'étendre sur ce qui l'avait relié à Jaime. Alors, elle baissa les yeux, étouffant ses interrogations et ses doutes. Ce soir, ce n'était pas le conflit qu'elle recherchait. Qu'était-ce ? Là encore, elle n'aurait su le dire. Elle éprouvait seulement une certaine quiétude qui, lentement, la poussait à abattre les barricades derrière lesquelles elle se terrait jusque là. Elle ne l'avouerait pas mais c'était l'unique présence de son amie qui, secrètement, apaisait les orages de son âme. Il y avait quelque chose d'incroyablement doux à la voir ici; dénudée de tout apparat, de tout rang, de tout nom. A cet instant, ce qu'elles étaient l'une et l'autre n'avait plus aucune importance. A cet instant, ce qu'elles représentaient aux yeux de tous n'avait plus aucune raison d'être. Elles n'étaient que deux femmes qui, dans l'ombre d'une chambrée, s'enlaçaient tour à tour pour échapper à cette existence dénuée de sens.

Longuement, son regard suivit le contour de ses courbes tandis qu'elle s'offrait aux derniers rayons ensoleillés qui persistaient encore. Pour la première fois, Cersei se surprit à la penser belle. Et splendide, Skarithra l'était. Elle le savait pourtant. Seulement, cela lui apparut plus clairement encore, alors qu'elle progressait autour d'elle. Elle en détourna les yeux. Ses pommettes prirent une teinte légèrement rose. Où était la Cersei qu'elle s'efforçait de maintenir droite ? Où était la Cersei qu'elle s'évertuait à bâtir sous des remparts inébranlables ? Sur le sol, comme la totalité de leurs vêtements. Elle avait disparu. Et si cette perte la terrifiait dans un sens, cette absence lui permettait, cependant, de retrouver enfin celle qu'elle fut par le passé. Se saisissant du verre que vint lui tendre son amie, Cersei lui répondit par un simple sourire. Peut-être était-ce préférable de ne pas s'interroger. Le moment était bien trop salvateur pour venir l'entacher d'un quelconque mystère. De toute évidence, ni l'une ni l'autre n'avaient de véritables réponses à se délivrer. Alors, mieux valait vivre ces quelques heures d'insouciances plutôt que de les souffrir. « Tu as probablement raison. » Et elle leva le cristal vers elle, comme pour fêter un événement qui n'avait de sens que pour elles. Cersei n'était pas encore prête pour admettre le frémissement qui faisait trembler son cœur. Cersei n'était pas encore prête pour s'abandonner à cet énigmatique sentiment qui lui ravageait l'âme. Ce qui lui manquait pour cela était un signe. Et, seul Skarithra pouvait le lui donner.

Néanmoins, quelque chose continuait à l'asticoter dans un tréfonds nébuleux dont elle ne saisissait rien. A son tour, la Dame s'extirpa du satin qui la couvrait en partie. Se postant face à la brèche qui laissait encore passer la brise du soir, Cersei contempla le monde s'éteindre paisiblement. Quelques rires, plus bas, lui vinrent aux tympans et la firent sourire rêveusement. Elle aussi, elle avait ris de la sorte autrefois. Elle aussi, elle avait occulté, quelques fois, le monde et ses suppliques. Elle inspira lourdement l'air qui lui manquait, puis tourna que partiellement la tête vers son amie. « Si je n'étais pas Cersei Lannister. Si je n'étais pas tout ce que cela implique... » Cersei papillonna des cils. Son myocarde palpitait dans sa poitrine de femme. Que faisait-elle ? Que voulait-elle ? Elle n'en était pas certaine. Pourtant, elle reprit: « Si nous n'étions pas ici. Si je... » Mais elle ne pouvait pas dire cela. Alors, elle se tourna à nouveau vers l'horizon qui s'étendait fièrement devant ses courbes mises à nue. « Que ferais-tu ? » Rêver un peu, voilà ce qu'elle voulait. Ne plus être elle l'espace d'un instant, voilà ce qu'elle demandait à Skarithra. En avait-elle le droit ? Où était les limites à ne pas franchir pour ne pas égratigner un peu plus le cœur de son amie ? Cersei secoua doucement ses cheveux blonds. Elle aurait aimé que les choses ne soient pas ainsi. Elle aurait aimé ne pas être là. Elle aurait aimé ne pas être elle.

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MessageSujet: Re: This hurricane chasing us | Skarithra   This hurricane chasing us | Skarithra EmptyVen 24 Mar - 18:16

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Cerseï. Elle était bien loin de l'enfant qu'elle avait connue, autrefois. Bien loin, à présent, de ce sourire candide, naïf, innocent. Encore frêle face au monde, curieuse d'en découvrir les parcelles, jouissant de chaque instant. Et Skarithra n'était plus cette petite amoureuse, elle n'était plus la future dame, elle n'était plus l'adolescente en devenir qui s'amourachait de son amie. Elles avaient changé. Changé, au point de ne plus réellement se reconnaître mutuellement. Les dix années qu'elles avaient passées séparées n'avaient pas facilité la connaissance qu'elles avaient mutuellement d'elles. Et aujourd'hui, elles en étaient là. Toutes deux, dénudées aux yeux des cieux, à contempler ce bleu qui s'étendait à perte de vue. Skarithra la contempla, tendrement, une pointe de désir créant l'étincelle entre ses reins. Qu'elle l'aimait. C'en était infernal, parfois. Mais elle n'en dit rien. Elle ne disait plus vraiment ce qu'elle souhaiterait dire. Dans ce monde, après tout, on ne le pouvait pas. Elle but, à sa santé, à la leur, comme si rien n'existait autour d'elles. Et ensuite, elle la rejoignit. Là, elle observa ses cheveux s'emmêler aux courbes du vent. Elle aurait voulu y passer ses doigts, et s'y perdre pour toujours. Mais il n'y aurait aucun toujours, pour elles. Il n'y aurait rien de bien palpitant. Si ce n'était ce secret qu'elles partageaient désormais.

Skarithra demeura longuement interdite, à sa question. Elle ne rassemblait pas ses pensées, car milles venaient à elles à l'appel de cette interrogation enchanteresse. Un instant, la Dame sourit. Et, le verre flirtant à ses lèvres, elle laissa danser les chimères, pour la première fois, dans ce ciel qui doucement lui donnait froid. « Si tu n'étais pas une Lannister... Si nous n'étions pas... ce que nous sommes. Je ferais tout, absolument tout, avec toi. » Et c'était vrai. Elle le pensait, sincèrement. Elle voyait en songes des choses irréalisables, des choses impossibles, et pourtant, elle aimait à croire qu'elles pourraient les accomplir ensembles. « D'abords.. Je t'aurais rencontrée autrement. Au détour d'une auberge, entre deux légumes chez un marchand, entre quelques froissements de robes dans un bal... Que sais-je. Je t'aurais certainement aimée dès le premier regard, dans cette autre vie. Je t'aurais invitée à boire, à nous promener, à danser. Je t'aurais embrassée quand tu me l'aurais permis. Et, de fil en aiguille, je serais allée voir ton père, pour lui demander ta main. En imaginant un instant qu'il ne s'appellerait pas Tywin Lannister, peut-être aurait-il pu me donner son accord ! Ensuite, je t'aurais fait ma demande, près de la rivière bordant Castral Rock, ou peut-être près de l'océan, au coeur de l'écume. Je t'aurais épousée.

Puis, les années passant, je t'aurais offert la vie que tu aurais aimé avoir. Je t'aurais emmenée visiter Winterfell, lors d'un hiver tremblant, pour regarder les flocons nous ensevelir, et nous battre dans le manteau blanc. Je t'aurais emmenée au Mur, pour voir les Sept Royaumes de haut, et les Royaumes qui n'ont pas de Roi, qui se trouvent au-delà. Je t'aurais emmenée à Dorne, flirter avec les dunes de sable blanc. Je t'aurais emmenée à Valyria pour chahuter avec les âmes défuntes des dragons d'autrefois. Je t'aurais emmenée à Essos, pour écouter leurs habitants chanter pour nous. Nous aurions goûté tous les vins des Sept Couronnes. Nous aurions caressé les courbes de chaque bordure de l'océan. Nous aurions chevauché au-delà des milles plaines qui ornent nos contrées. Nous aurions caressé l'écorce de chaque arbre qui pousse sur nos terres. Et nous aurions été heureuses. Je t'aurais embrassée chaque soir avant de t'endormir. Je t'aurais enlacée chaque jour un peu plus, à force de voir mon amour grandir. Je t'aurais fait l'amour chaque nuit, tant je t'aurais aimée. Oh, nous nous serions disputées, sans nul doute. Mais, je t'aurais offert milles présents pour que tu me pardonnes. Des fleurs, des vêtements, des bijoux, comme le font les hommes. Et encore davantage. Des chevaux, des navires, des cités, des royaumes, je t'aurais tout donné, tout ce que tu aurais demandé. Je t'aurais offert les Sept Couronnes, je t'aurais offert le Trône de Fer, si tu me l'aurais demandé. Et si nous n'étions pas de simples femmes, je t'aurais offert les Sept Dieux, les Sept Enfers, les Sept Cieux et les Sept Terres. Voilà l'illusion dans laquelle je me berce, parfois... Qu'il est beau, ce mirage, lorsqu'il passe, des ses voiles de lys... Dans ce rêve, je t'aurais aimée, et pourtant, je ne puis que constater, que je t'aurais aimée moins qu'aujourd'hui. Imagines donc ce que je pourrais t'offrir, en cette vie, si je t'aime davantage. »

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MessageSujet: Re: This hurricane chasing us | Skarithra   This hurricane chasing us | Skarithra EmptyVen 24 Mar - 19:52

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Se perdre, c'est ce qu'elle désirait à cet instant. Et oublier les chaînes qui la retenaient ici, dans cette Cité qui n'était pas la sienne, auprès d'un homme qu'elle n'aimerait jamais. Alors elle ferma les paupières sur cette réalité qui ne lui convenait pas. Elle laissa la brise danser entre ses mèches blondes. Elle la laissa enlacer ses membres pour y mordre doucement son épiderme. Si le vide s'était trouvé là, Cersei s'y serait jetée sans hésiter. Ce qui l'appelait en secret ne pouvait épouser la tâche qu'elle se devait d'accomplir. Ce qu'elle souhaitait et ce qu'il lui fallait faire ne pourraient jamais se rejoindre. Et Cersei se trouvait là, perdue entre deux mondes, sans aucune possibilité de s'échapper. Elle inspira, puis expira lourdement. Skarithra lui faisait miroiter des chimères auxquelles elle aurait aimé se pendre. Mais cela n'était pas nouveau. Seulement, elle ne les remarquait que maintenant. Elle se surprit à les effleurer en songe, à s'abandonner entre leurs bras délicieux. Si elle n'en avait pas le droit dans cette vie, peut-être pouvait-elle y céder en rêve. Qui serait là pour l'en empêcher ? Personne, mis-à-part elle-même. Sans aurait-elle dû s'en arracher sur-le-champ. Mais la Lionne s'était assoupie. Ne restait plus que la jeune femme d'autrefois qui, de sa tour d'ivoire, aspirait à plus encore. Où était donc passée celle-ci ? Cersei ne le savait plus. Elle ne la percevait que rarement, dans des instants comme celui-ci, où elle oubliait le reste pour un temps.

Elle ne se retourna pas lorsque Skartihra conta une existence qui ne serait jamais la leur. Elle ne tourna que très légèrement la tête pour l'écouter davantage. L'aurait-elle aimé, elle aussi, dans cette réalité ? Elle l'ignorait. Cersei n'avait jamais imaginé qu'il lui était possible de s'enticher d'un homme. Alors s'éprendre d'une femme lui paraissait encore confus. Néanmoins, elle fit semblant d'y croire comme le ferait un fidèle au pied de l'autel. Et elle y crut, l'espace d'une seconde, où elle sentit le soleil de Dorne venir caresser sa peau blanche. Un sourire étira brièvement ses lèvres roses, avant que l'illusion ne s'envole sous les rires qui remontaient du pied de sa tour. Alors Cersei ouvrit de nouveau les yeux. Peut-être aurait-elle apprécié cette vie. Seulement, celle-ci ne serait jamais la sienne. Quelque chose se brisa en elle après cet aveu. Quelque chose enserra si fort son myocarde qu'elle crut qu'il s'en mourrait à son tour. Elle porta ses phalanges à sa poitrine et, dans un vain effleurement, se surprit à vouloir l'apaiser. Elle n'était pas ridicule, finalement. Elle était pathétique. La grande Cersei se fissurait. Qu'avait-elle véritablement à elle ? Rien. Et, même le vent s'évertuait à lui glisser entre les doigts. Elle n'avait aucun contrôle sur sa destinée. Les ficelles se trouvaient entre les mains d'êtres plus puissants encore. Et, Cersei ne pouvait qu'en exécuter leurs désirs. S'ils s'accordaient avec les siens n'avait aucune importance. Elle se devait d'être une autre avant de n'être qu'elle-même.

« Soyons elles, ce soir. » Cersei lui fit alors face de nouveau. Quelque chose dansait au cœur de ses grandes prunelles hagardes. « Soyons elles, ici, dans cette chambre qui peut les accueillir sans s'offusquer. » Un peu d'insouciance dans leur univers sans dessus dessous. Un peu d'hérésie dans leur cœur engourdie. Cersei s'approcha; le dos droit et le regard décidé. Elle déposa ses paumes sur les épaules de son amie et, se redressant légèrement sur la pointe de ses pieds, vint déposer un baiser sur ses lèvres pleines. Tout ceci n'avait aucun sens. Et tout ceci n'en aurait jamais aucun. Même les plus forts possédaient leur faiblesse finalement. Même les lions pouvaient, quelques fois, courber l'échine. « Soyons elles », répéta-t-elle dans un souffle tremblant. Ce qu'elle faisait, Cersei l'ignorait. Elle occultait l'autour simplement. Peut-être il y avait-il un brin d'insubordination qui se terrait là dessous. Peut-être était-ce, pour elle, une manière de déroger aux règles que lui imposait son père. Peut-être était-ce une convoitise plus profonde encore. Ou peut-être n'était-ce là que de la pure folie. Elle ne le saurait jamais. Et, cela importait peu. Cersei emprisonna le poignet de son amie. Et, sans détourner une seule fois ses yeux brillants d'une lueur inconnue, elle guida ses doigts contre sa clavicule. Délicatement, elle les fit effleurer un sein, son sternum, son abdomen, puis la frontière entre l'innocence et l'indécence. « Emmène-moi où tu le souhaiteras. » Elle la tenait entre ses griffes. Cersei en avait conscience. Mais pour l'heure, et même si elle l'aurait préféré, il n'y avait aucune fourberie dans son attitude.

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MessageSujet: Re: This hurricane chasing us | Skarithra   This hurricane chasing us | Skarithra EmptyMar 28 Mar - 18:05

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C'était insupportable. Elle lui appartenait, corps et âme. Elle n'avait qu'à la toucher, qu'à lui parler, qu'à la regarder, et Skarithra s'agenouillait devant elle comme un pantin. Elle se haïssait, d'une part. Et d'une autre, elle se sentait à sa place. C'était étrange, ça faisait mal, mais c'était comme ça. Elle ne luttait pas contre les Enfers qui se déchaînaient sous ses petits pieds d'esclave. Elle voulut pleurer. Mais il n'était pas temps pour les larmes. Elle voulut crier. Mais il n'était pas temps pour les plaintes. Son myocarde se déchaînait, et dansait avec les monstres. Comme sa main, qui, elle dansait sur ses courbes. Skarithra aussi, aurait voulu que tout ceci soit vrai. Elle aussi, elle aurait souhaité n'être que ces deux femmes qui s'aiment. Elle aussi, elle aurait souhaitée être aimée. Aimée, comme elle aimait Cerseï. Mais ce n'était pas le cas. ça ne le serait jamais. Sous ses doigts, son épiderme brûlait. Skarithra ignorait si elle voulait reculer, ou avancer. Alors, elle ne fit rien. Elle l'observa, regard teinté de désir, teinté de détresse. Qu'était-elle, qui était-elle ? Elle n'était pas la Skarithra qu'elle venait de décrire. Elle n'était pas la Skarithra heureuse. Elle était la Skarithra malheureuse, perdue, anéantie. Elle faisait milles rondes, mais ne trouvait jamais de bras où trouver le repos. Elle se fatiguait, elle s'épuisait. Elle courait pour quelqu'un qui ne l'attendait pas, bien loin, devant elle, dont elle n'apercevait que la silhouette. Une ombre qui se disloquait dans la nuit...

« Je ne peux pas. » lui intima-t-elle. Elle avait peur, de cette Skarithra-là. Elle avait peur d'elle-même, de ce qu'il y avait à l'intérieur. Elle avait peur d'ouvrir un peu trop son âme, et de laisser lui échapper. Elle avait peur de faire face à ses propres émotions, ses sentiments, ce qu'elle cachait, là, profondément. Elle avait peur de ne plus pouvoir les annihiler. Elle avait peur qu'ils la hantent toutes les nuits, tous les jours. Elle avait peur de sentir ses côtes se briser, une à une, à chaque pas que ferait Cerseï pour rejoindre Loras sur les marches du Septuaire. Elle avait peur de ne plus vouloir quitter cette chambre. Elle avait peur de ne plus pouvoir quitter Cerseï. Et elle savait que cela la conduirait certainement à une chute prématurée, quelque part, ici, ou là. Une mort rapide et indistincte, dont on ne pourrait accuser personne. Des mains de Lannister, qu'elles soient de Tywin ou Cerseï. Un jour viendrait la mort, un peu plus rouge, grâce à son sang. « J'en suis incapable... Je... Je suis trop lâche... » Sa voix se brisa contre les échos de quelques rires. Et elle remonta sa main, contre le bas de ses reins. Elle fuyait ce qu'elle lui offrait, ce qu'elle lui demandait. Elle n'était qu'un couard, recouvrant la sécurité de sa tanière obscure. Elle ne put que baisser les yeux, la fuir, un peu plus. Et pourtant, elle ne put s'écarter d'elle. Comme si, malgré tout, elle ne pouvait l'occulter. « J'ai... J'ai peur de cela. »

Sa gorge se serra sur ses mots honnêtes. Et chaque syllabe lui arracha une palpitatino démesurée. L'impact lui donna le tournis, un instant. Ses jambes furent soudainement absentes, et pourtant, elles tinrent bon, et la soulevèrent encore. Skarithra releva finalement les yeux vers elle, et lui offrit un sourire nerveux, un sourire désolé. Elle l'était, désolée. Elle qui aimait tant lui faire plaisir, lui obéir. Et aujourd'hui, elle semblait en être incapable. Elle s'approcha d'elle, et l'enserra. Reins, contre reins, seins, contre seins. Ses bras l'enveloppèrent complètement, et cherchèrent une ébauche de courbes, quelque chose, sans savoir quoi. Et, simplement, elle posa délicatement son front contre le sien, et sa main, contre sa joue, et son souffle, contre son souffle. Elle se sentait là en insécurité totale, et pourtant, tout son corps semblait se détendre, trouver une place qui lui était depuis toujours destinée. Elle l'observa, là, dans les pétales de ses iris, et y trouva, dans l'horizon, une pointe de ce quelque chose qu'elle n'avait jamais vu : un sentiment. « J'ai peur de me rendre compte... que je ne peux pas faire semblant. » lui dit-elle, en secret, comme si des centaines de spectateurs pouvaient les entendre. Mais cela la rassurait. Et cela la calmait. Comme si, en chuchotant, cela les rapprocherait encore plus. « J'ai peur de te dire ces choses qui nous ferons fuir. J'ai peur de les entendre, j'ai peur de les comprendre. Car si, pour toi, cela ne sera qu'une parenthèse parodique de nos vies.. pour moi, mon Amour, ce sera sincère... réel. »

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