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MessageSujet: wicked game + Skar'   wicked game + Skar' EmptyVen 24 Fév - 21:24

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Ce qu'elle fait ici ? Cersei ne le sait plus. Elle contemple les regards qu'elle croise au détour de quelques errances. Elle s'emmure dans un mutisme qui ne lui ressemble pas. Elle fait ce qu'on lui demande. Du moins, elle agit comme le souhaiterait son Père. Elle le déteste pour cela. Elle le déteste pour ce qu'il la contraint à entreprendre. Cette alliance est ridicule. Elle la rabaisse au simple rang de Dame, au rang de gibier que l'on expose pour ne serait-ce qu'un peu de reconnaissance. C'est écœurant. Mais Cersei n'a pas son mot à dire. Elle n'a aucun droit au cœur de cette gigantesque tragédie. Elle est la somptueuse poupée que l'on passe de mains en mains. Elle est le trophée que l'on se partage. Cette réalité lui flanque la nausée. Alors, souvent, elle songe à Jaime et aux instants d'insouciances qu'ils eurent. Elle se revoit porter son armure et brandir son épée. Il ne lui reste plus que cela désormais: quelques souvenirs à jamais égarés. Le temps la malmène, mais elle sait que son heure ne tardera pas à poindre. Et, à son tour, elle pourra enfin dompter ce monde qui l'écrase et la heurte. Mais en attendant, les minutes se languissent et, Cersei se meurt lentement. Ses ressentiments l'enferment dans une spirale bien sombre. Elle ne cherche pas à s'en défaire. Au contraire, elle s'y complaît. Qui pourrait l'en blâmer ? Sa famille n'est plus qu'un pâle reflet du pourpre et de l'or.

Elle se déleste de ses vêtements, accompagnée d'une domestique qui, depuis quelques années maintenant, veille sur sa couche. Cersei ne lui offre qu'un bref regard. Elle n'est pas d'humeur à cousiner. Elle s'immerge dans l'eau fumante. La chaleur est douloureuse autour de ses muscles tendus. Ses traits se crispent un court instant, avant qu'elle ne savoure enfin l'accalmie qui règne autour d'elle. Cersei rejette sa tête contre le rebord de la cuve. Ses paupières se ferment et, l'espace d'une seconde, elle s'abandonne à l'instant. Des doigts aériens s'affairent dans sa chevelure doré. Alors, elle songe à ces quelques fois où Jaime la rejoignait lors de ses bains. Il peignait ses cheveux, puis passait l'étoffe sur sa peau. Elle frissonne puis, secoue tristement la tête. Jaime n'était pas que son frère, il était un tout. Et, aujourd'hui, Cersei n'est plus que l'ombre de ce qu'elle fut. Elle inspire profondément l'oxygène qui lui fait défaut et, esquissant finalement un rictus à la fois tendre et menaçant, elle déclare à la jeune femme: « Laisse-moi » L'hésitation se peint sur son visage. Elle ouvre la bouche mais ne parvient qu'à bredouiller quelques syllabes indistinctes. Cersei ricane. Elle distingue la crainte qu'elle inspire. Elle perçoit le mouvement de recul à peine dissimulé. Il n'y a pourtant pas de piège dans sa demande. Elle balaye l'air d'une main lasse. « Laisse-moi, te dis-je. Je me sécherai sans ton aide. » Le soulagement est grand pour la jeune domestique. Cersei soupire. « Oh, amène-moi Lady Skarithra.»

Un bruit de pas résonne dans son dos. Cersei inspire d'aise. Il ne lui reste plus qu'elle. « Skar...» Elle se tourne légèrement vers elle. Elles ne disent rien. Elles se scindent et s'apprennent secrètement. Elles n'ont plus jamais reparlé de ce qui les avait séparé autrefois. Cersei ferme les yeux. Elle s'efforce de ne pas y songer lorsqu'elle croise ses regards appuyés. Elle lui offre un sourire étincelant en guise de salutations. « Je ne t'ai pas aperçu de la journée. » Il n'y a pas de ressentiment dans le timbre de sa voix, seulement un peu de curiosité. « Qui as-tu croisé qui vaille la peine de me délaisser ? » Son minois redevient celui d'une adolescente indiscrète. Elle se redresse dans son bain, laissant ses cheveux retomber en une cascade d'or sur sa poitrine dénudée. « Aurais-tu quelques secrets à me dissimuler ? » La femme redoutable n'est jamais très loin. Et, si ses lèvres esquissent un accueillant rictus, ses yeux, eux, trahissent toute la fougue qui la caractérise. Elle incline sa petite tête sur le côté, attentive au moindre frémissement de son interlocutrice. Puis, fronçant les sourcils comme si elle reprenait pied avec la réalité, Cersei glousse doucettement. « Qu'importe. Tu aurais raison de t'octroyer un peu de bon temps. » Elle s'arrache à l'eau devenue tiède. « M'aiderais-tu à me frictionner ? »

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MessageSujet: Re: wicked game + Skar'   wicked game + Skar' EmptyVen 24 Fév - 23:35

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Il n'y avait, sans nul doute, aucun lieu semblable sur cette terre sainte. Hautjardin était une cité dévorée par les plantes. D'un balcon à l'autre, Skarithra pouvait observer grand nombres de fleurs, et chaque fois, des différentes des précédentes. Elle se surprenait même à penser que les végétaux étaient peut-être les êtres qui prendraient leur place, lorsque le temps des Hommes s'achèverait. Elle n'en cueilli aucun, tant elle respectait ceux-ci. Elle n'aurait voulu enlever une seule pétale de ce somptueux édifice. Pas même pour en offrir à quiconque. Pendant plusieurs heures, elle contempla simplement le Palais et ses extérieurs. Elle se prélassa dans les jardins, si bien qu'elle en oublia presque sa propre existence. Depuis toujours, elle avait souhaité voyagé. Si loin qu'elle n'en reconnaîtrait rien. Et rien, ici, ne ressemblait aux Terres de l'Ouest. Elle se serait aisément crue sur un autre continent. Et elle remerciait sans cesse Cerseï de lui avoir permis de trouver refuge ici. Elle se sentait désormais moins inutile. Elle se sentait faite pour quelque chose, ou plutôt, pour quelqu'un. Elle n'errait plus, seule, entre les pierres de son bastion. Elle était, finalement. Elle vivait.

Lorsqu'elle retrouva le chemin de la chambre de Cerseï, ce fut pour la rejoindre pour l'heure du dîner. En tant que Dame de Compagnie, elle se devait d'être présente lorsque sa Maîtresse était la plus encline à recevoir sa compagnie. Et elle la désirait principalement le soir, lorsqu'elle buvait quelques coupes de vin. Ces premières nuits à Hautjardin demeuraient pour elle un fardeau aussi lourd que son ivresse. La présence de Skarithra n'y changeait rien. Et elle savait qu'elle ne changerait rien à l'avenir non plus. Lady Lannister était ici pour discuter d'un mariage avec l'héritier de la Maison Tyrell. Rien ne lui donnait davantage la nausée. Mais elle se devait d'obéir à son père. Alors, elle était venue. Et Skarithra était venue également. En tant qu'amie de longue date, elle était encore la seule à qui Cerseï pouvait se confier, sans avoir peur de quelques conséquences funestes. Lorsqu'elle entra, ce troisième soir, Cerseï était seule. Ayant pris congé de sa servante, elle tenait visiblement à être en seule présence de Skarithra. Et, là, couchée dans son bain, elle lui offrit un léger sourire. La Dame de Compagnie referma la porte, et vint s'installer auprès d'elle, assise confortablement sur un siège qu'elle venait de se dédier.  A ce moment, elle put la contempler. Elle avait l'habitude de la voir ainsi. Elle avait déjà du choisir quelques tenues pour elle, mais ne l'avait observée dans telle position. Et elle ne le souhaitait pas. Et Cerseï le savait très bien. Skarithra lui en voulut, un instant, de ne pas l'avoir pris en compte. A sa remarque, elle ne répondit guère. A la seconde, elle sourit. « Serait-ce de la jalousie que je décèle en toi ? » Ces mots se perdirent. Cerseï était belle. Magnifique. Et ses cheveux, doucement confondus avec ses seins, lui firent l'effet du feu grégois. « Je contemplais simplement les magnifiques fleurs de Hautjardin. Mais n'aies aucune inquiétude, nulle rose ne pourrait te remplacer. »

Et elle se leva. Ce qu'elle n'aurait du faire. Skarithra fit preuve de toute son obstination pour ne pas perdre le contrôle de son propre regard. Elle l'avait rêvée, et ce de nombreuses années. Mais elle s'interdisait de la regarder. Elle n'avait pas le droit. Et sa raison primait sur son instinct. Elle avala sa salive, lorsqu'elle se leva. Elle soutint son regard, et dissimula son trouble. « Bien entendu. » Elle calma son coeur, d'une simple respiration. Et lorsqu'elle ouvrit sa cape pour l'inviter à l'étreindre, elle sentit les muscles de sa mâchoire se percuter furieusement. Elle l'engouffra contre elle, et cacha enfin sa nudité. Un instant, seulement, et elle le savait. Elle la contourna, pour doucement écraser le tissu contre son dos. Elle courba l'échine pour atteindre le bas de ses reins. Son regard, bien que contrôlé, ne put faire abstraction de ce qu'il se portait à lui, plus bas. Skarithra se fit violence, une fois de plus. « Ne pouvais-tu pas confier cette tâche à ta servante ? » Elle soupira. Elle aurait souhaité être ailleurs, loin de ce corps dénudé, même si cela aurait pu satisfaire son simple désir. Mais l'interdit, à ses yeux, était un délit insupportable. Elle lui fit de nouveau face, et porta le tissu, cette fois, sur ses hanches, puis sa taille, et enfin, ses bras. Et lorsqu'elle se rendit compte qu'il lui fallait continuer, elle se stoppa dans ses gestes, et la regarda au fond des yeux. « Est-ce pour me mettre dans l'embarras que tu m'as faite venir ? » Elle réussissait, sans nul doute. « Cerseï, je ne puis faire ceci. » Elle avouait là une vérité profonde, que la Lannister n'ignorait certainement pas. Elle avait simplement du l'enfouir quelque part dans son esprit, pour ne plus y penser. Elle oubliait que Skarithra n'avait jamais guéri. « Je vais rappeler ta servante. »

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MessageSujet: Re: wicked game + Skar'   wicked game + Skar' EmptySam 25 Fév - 1:22

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« La jalousie est un vilain défaut. » C'est l'unique facétie qu'elle parvient à répondre après cette accusation tacite. Cersei n'est pas jalouse, non. Du moins, c'est ce qu'elle prétend. Pourtant, son sourire n'est pas en accord avec ses dires. Elle la regarde longuement. Mais elle n'ajoute rien. Elle ne comprend pas ce qui la retient à Skarithra. Sa présence est un venin délicieux. Il se diffuse entre ses côtes comme le ferait une gangrène menaçante. Cersei ne l'a jamais évoqué. Elle fait celle qui ne comprend pas. Alors, elle hoche simplement la tête lorsque le compliment s'épanche à son oreille. Le rouge lui monte aux joues, mais elle ne cille pas. Elle reste figée dans un marbre indéfectible. Il lui a fallu des années pour le bâtir. Elle s'y est contrainte, telle une condamnée qui prétendrait au billot. Et, même Skarithra n'a pas eu l'honneur d'en distinguer les dessous. Cersei est une énigme. Ses songes sont un pèle-même qu'elle ne partage pas. Pourtant, il y a tant d'ombres dans son regard lorsque l'on s'y attarde davantage. Les faiblesses sont des entités qu'il se faut d'étouffer coûte que coûte. C'est son Père qui le lui a appris. Quelques fois, Cersei se surprend encore à ne plus rien éprouver. Mais comment le pourrait-elle, alors qu'elle l'enserre dans un hiver éternel ? Il n'y a que le souvenir de Jaime, finalement, pour lui rappeler que le myocarde n'est pas qu'un tas de cendre.

Cersei n'ouvre pas la bouche une seule fois. Elle savoure la soie contre son épiderme. Elle sent la tension crépiter autour d'elle. Mais, elle ne s'en préoccupe pas. Pour quelles raisons a-t-elle demandé une besogne pareille à son amie ? Elle n'en est pas certaine. De toute évidence, la plupart de ses frasques ne trouve pas de sens. Ses paupières se ferment. Elle se laisse bercer par les frictions qui lui sont prodiguées. Un souffle clandestin lui échappe. Cersei est langoureuse. Elle le sait. Mais elle n'en a que faire. Elle n'a jamais songé qu'à elle-même. « Je le pouvais. Mais elle n'est pas aussi délicate que toi. » Et elle glousse, effrontément, sans s'attarder une seule fois sur son insolence. Elle n'est pas Reine mais elle se comporte comme telle. Cela a été toujours ainsi, même lorsqu'elles étaient enfants. Ses yeux accrochent les siens lorsqu'elle lui fait de nouveau face. Elle distingue sa retenue et son hésitation. Cela lui vole un énième rictus évasif. Bien entendu, Cersei n'a pas occulté ce qui l'anime en sa présence. Mais, elle ne cherche pas à abréger son tourment. Elle reste droite, la tête haute, détentrice d'une influence bien sombre. Un frisson remonte le long de son échine et, elle ignore s'il s'agit du doigté délectable de Skarithra ou du joug qu'elle porte en son sein. Ses lèvres s'entrouvrent sur un second souffle. La domination est suave lorsqu'elle est feutrée. Elle grise et enlise.

« Pour quelles raisons serais-tu embarrassée ? » L'interrogation est sournoise. Mais, Cersei fait mine de ne pas véritablement comprendre. Jouer la comédie est une accoutumance qui ne l'abandonne plus. Alors, elle se penche imperceptiblement vers son visage pour scinder les tréfonds de son âme. Elle y voit la crainte et le désarroi. Elle y perçoit la fougue et la luxure. « Non », tranche-t-elle. Elle passe une première jambe par dessus le rebord de la cuve, puis une deuxième. « Si j'avais souhaité m'entretenir de cela avec elle, tu ne serais pas là. » Cersei s'approche. Son regard brille d'une malice menaçante. « C'est à toi que je l'ai demandé. Et, je t'ordonne d'en finir. » Sa respiration s'étrangle dans le creux de sa gorge. La totalité de son être est en attente. L'émoi lui brûle la tête. Et, bientôt, c'est l'univers autour d'elle qui s'enroule comme une pelote de laine. Cersei ne sourit plus. Toute son attitude démontre l'arrogance et l'assurance des Lannister. « Tu ne voudrais pas me décevoir, n'est-ce pas ? » Son timbre est chaud, pleins de velours et de promesses sans lendemain. Que fait-elle ? Elle-même l'ignore. C'est un capharnaüm déliquescent. Il y a ce mariage prochain. Il y a ce trône qu'elle ne verra plus qu'en rêve. Il y a la disparition de Jaime. Puis, il y a Skarithra. Cersei suffoque dans ce rôle de femme qu'elle n'a jamais souhaité. Et, ce soir, c'est l'impétuosité du Lion qui s'émancipe.

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MessageSujet: Re: wicked game + Skar'   wicked game + Skar' EmptySam 25 Fév - 1:53

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Elle était insolente, impétueuse, et insupportable. Tout de son corps lui balançait son irrespect. Comme si leur amitié n'avait plus aucun sens, ou qu'elle n'avait jamais existé. Cela ne faisait pas très longtemps que Skarithra se tenait à son côté quotidiennement. Et pourtant, déjà, elle se surprenait à la haïr. En quelques jours, seulement. Et combien de temps encore cela durerait-il ? Cerseï était la lionne que les soldats dépeignaient, finalement. Et Skarithra était en colère. En colère, car elle avait confiance en elle. En colère, car ce n'était pas cette Cerseï qu'elle se surprenait à aimer, car ce n'était pas cette Cerseï qu'elle se surprenait à aider. Lorsqu'elle sortit complètement de son bain, la Dame de Compagnie était encore immobile, devant elle. Elle ne flancha pas. Elle ne broncha pas. Elle n'en avait pas le droit. Elle ne voulait pas se réduire à cela. A sa question, elle ne répondit pas. Elle ne voulait pas lui faire ce loisir. Elle ne le désirait plus, à cet instant. Méritait-elle finalement son affection, en vue de sa conduite ? Soudainement, Skarithra en doutait. Mais elle ne pouvait se détacher d'elle si violemment. Elle ignorait, même, si elle en serait capable. Elle était à sa merci depuis son enfance. Elle avait toujours été à elle, même dans les étreintes de ses enfants, même dans les jouissances de son mari. Elle lui avait toujours appartenu, malgré la distance, malgré l'absence.

A peine eut-elle terminé sa phrase, que Skarithra s'immobilisa. Elle ignorait alors si la colère qui germait en elle était visible sur son visage. Mais le feu était si virulent qu'elle crut voir brûler son épiderme. Elle se mordit la langue, mais cela ne suffit pas à calmer ses tourments. Ce tourment nommé Cerseï Lannister, qui se jouait d'elle, qui prenait de la hauteur. Elle n'était plus son amie, dans son discours, elle n'était qu'une esclave, une simple putain qu'on aurait gracié en lui offrant des années de servitude. Etait-ce donc là ce qu'elle était, ce soir ? Etait-ce ce que Cerseï désirait qu'elle soit ? L'idée était si pénible qu'elle lui trancha les os. Personne, personne ne l'avait jamais rabaissée ainsi. Personne, personne ne l'avait jamais humiliée de la sorte. Elle se sentit mal aimée. Pire encore, elle se sentit trahie. Et son coeur écorché fut le seul à répliquer, d'une gifle frémissante sur son visage angélique. « Est-ce le véritable visage de Cerseï Lannister que je viens de gifler ? Ou est-ce ce masque d'indifférence que tu te complais à porter ? » Elle cracha sur elle. Elle était furieuse. Pire encore, elle était hystérique. Oh, oui, Cerseï avait du pouvoir sur elle. Mais elle refusait d'en être réduite à cela. Elle le refusait comme son corps refuserait une greffe, choisissant la mort à l'adaptation.

« Si je suis venue ici, jusqu'à Hautjardin, c'est pour t'accompagner dans l'épreuve que tu t'apprêtes à vivre. Si je suis à ton service, c'est pour t'aider, et non t'amuser lorsque tu trouves le moment opportun. » Elle s'étouffait avec sa colère et sa culpabilité. Car elle s'en voulait, profondément, de ressentir ce genre de désir entre ses reins. Elle s'en voulait que tout ne fusse pas plus simple. Elle s'en voulait d'être ce qu'elle était. Mais ça, Cerseï l'ignorait. Pire encore, elle ne cherchait pas à le savoir. « C'est donc cela que tu souhaites ? » Elle lança la longue cape humide à travers la pièce, et se tourna de toute sa hauteur vers sa plus vieille amie. « M'obliger à te toucher ? » Elle lui attrapa la main et l'attira vers elle. Elle passa son bras autour de ses côtes, de sa taille, et siffla entre ses dents. Si Cerseï pouvait être un lion, Skarithra pouvait être un serpent.  « Est-ce que cela t'amuse ? Tu apprécies ? Je peux continuer, si tu désires. Mieux encore, je pourrais peut-être te toucher ailleurs, à des endroits plus.. intimes ? » Elle fronça légèrement les sourcils et sourit doucement, finalement, comme illuminée d'une idée charmante. « Pourquoi se contenter d'avoir une simple servante ? Je pourrais être ta prostituée, au moindre coût, qui plus est ! » Et lorsque son visage se ferma, elle sentit son coeur se serrer. Se serrer, pressant quelques émotions à ses yeux ahuris. Elle aurait voulu la frapper encore. Elle aurait voulu lui faire mal, comme elle lui faisait mal en ce moment même. Mais elle se contenta de se détacher, de se détourner, et de demeurer à l'écart, croisant les bras pour dissimuler sa peine. « Par les Sept Enfers, rhabilles-toi, maintenant. Ce jeu a assez duré. »

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MessageSujet: Re: wicked game + Skar'   wicked game + Skar' EmptySam 25 Fév - 11:13

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Cersei est cruelle. Et, de sa cruauté s'épanche une profonde sensualité. Elle songe à Jaime, qu'elle tortura quelques fois, s'exhibant effrontément comme le ferait une simple fille de joie. C'est le pouvoir qui s'exhale entre ses reins. C'est la servitude qu'elle voit reluire honteusement dans un regard qui mouille ses draps, tard la nuit, lorsqu'elle se retrouve enfin seule avec ses démons. Sa volonté de conquérir est maladive. Et, alors qu'elle reste incroyablement impavide devant Skarithra, la jeune Lannister sent poindre une morsure tortueuse dans le creux de ses cuisses. Elle papillonne des cils. Son aplomb se fragilise. Mais, elle n'en montre rien. Elle s'immerge tête la première dans une spirale insensée qu'elle ne parvient pas même à appréhender. Cersei est menaçante. Cersei est impitoyable. Elle a le feu des grands Rois fous dans la peau. Elle consume d'une simple œillade. Elle est le monstre assoiffé de pouvoir que l'on redoute de croiser à travers soi. La jubilation est visible en cette nuit. Elle court le long de son échine, fleurit entre les parois étriquées de sa cage-thoracique. Cersei est une horreur de plus dans leur univers perfide. Et, la Bête se trouve seulement dissimulée derrière quelques traits angéliques. La Bête gronde pour toutes ces choses qu'on lui a dérobé. Elle se cabre et rugit la douleur des anciens et des nouveaux. Elle se perd dans une revanche sordide qui ne possède pas les bons otages.

L'impact est vif contre sa joue. Et, Cersei ne peut que tourner la tête sous lui, une main plaquée là où la brûlure se fait rude. Elle ne proteste pas. Sans doute a-t-elle mérité cette correction. Et, l'espace d'une seconde, la honte lui flanque la nausée. Pourquoi agit-elle ainsi ? Skarithra n'a jamais été indigne. Depuis le premier jour, elle s'efforce de ravaler ses émotions dans l'unique espoir de la contenter. Mais, Cersei ne tique toujours pas. Aucun pardon ne s'extirpe d'elle. Elle pose simplement ses yeux clairs sur son amie, les traits à la fois déterminés et craintifs. De quoi a-t-elle peur en cet instant ? Elle l'ignore, du moins, elle n'en est pas certaine. Elle ne bronche pas à son interrogation. Pour cela, encore aurait-il fallu qu'elle puisse lui répondre. Mais, qui est-elle finalement ? Cersei n'en a pas la réponse. Elle est ce qu'elle doit être, du moins, ce qu'elle se doit d'être aux yeux de son Père, des autres. Il y a de quoi se perdre finalement. Il y a de quoi ne plus savoir. Jaime n'est plus là. Et, son absence détruit, elle aussi, la moindre petite parcelle de raison. Cersei est seule. Elle se débat dans un étau qu'elle ne supporte plus. Que fera-t-elle de ce mariage dénué de toute logique ? Que fera-t-elle de cet époux ? Écarterait-elle les cuisses pour lui ? Avait-elle seulement le choix ? L'iode la surprend lorsqu'elle vient lui dévorer la rétine, mais elle la chasse d'un battement de cil. Elle ne doit pas flancher. Un Lannister ne cède jamais.

Le bras de Skarithra s'enroule autour de sa taille et, l'espace d'une seconde, elle pense se faner contre sa silhouette. Ses doigts se posent sur ses épaules. Ils intiment la limite à ne pas dépasser. Pourtant, son regard n'a rien de vindicatif. Il hésite. Il se balance d'un sentiment à un autre. Cersei inspire douloureusement sous sa poigne. Elle n'a plus rien de digne. Elle n'est qu'une putain qui attendrait son heure. L'allusion lui fait l'effet d'une bourrasque. Elle aimerait reculer, retrouver un peu d'air, mais elle reste captivée par la fougue qu'elle voit danser dans les grandes prunelles de son amie. « Tu n'oserais pas », souffle-t-elle. Il n'y a pas d'ordre tacite dans le ton de sa voix. Il n'y a qu'une pointe de défi qu'elle n'assimile pas totalement. L'étau se relâche et, rapidement, la fraîcheur revient enlacer ses membres. La souffrance de Skarithra fait écho à la sienne. Alors, elle reste là, idiote dans son célèbre mutisme. Cersei ne se rhabille pas. Elle contemple l'ombre de son amie trembloter sur le mur du fond. « Retourne-toi », intime-t-elle au bout d'une éternité. Elle s'approche. Elle prend le risque. De toute évidence, ses aspirations sont bien étranges cette nuit. Et, elle plonge ses grands yeux troublés dans les siens. C'est Jaime et la passion qui le submergeait qu'elle retrouve à travers elle. « Tu as envie de moi. » Ses mots sont écœurés quand elle les crache. Et, comme autrefois, lorsque c'est son frère qu'elle ébranlait, son regard n'a rien de révolté.

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MessageSujet: Re: wicked game + Skar'   wicked game + Skar' EmptySam 25 Fév - 11:59

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Skarithra aurait souhaité s'enfuir. Elle ordonna tacitement à ses jambes de trouver la porte, de trouver le couloir, de trouver le jardin, et de ne plus jamais revenir ici. Mais elle ne le pouvait pas. Ni elle, ni ses jambes. Elle ne pouvait pas quitter Cerseï. De son existence, elle était la Dame, et elle ne parvenait plus à s'en défaire. Elle était une maladie incurable qui se propageait en une vague dévastatrice. Et Skarithra était trop faible pour l'arrêter. Elle n'avait aucune barrière, pour elle. Devant Cerseï, elle était ce qu'elle était. Elle ne jouait pas. Elle ne mentait pas. Elle ne se cachait pas non plus. Et voilà quelle était sa sentence, pour avoir toujours été elle-même : l'humiliation. Elle était humiliée, jusqu'aux tréfonds de ses abysses. Rabaissée à cette fillette qu'elle avait été, et qu'elle serait toujours un peu. Dénigrée pour ses propres désirs, ses propres émotions. Quelle amie se permettrait tel châtiment ? Skarithra l'aurait bannie sur-le-champ. Elle aurait hurlé. Elle aurait certainement été abominable, à son tour. Elle lui aurait fait mal, plus mal que jamais. Mais il ne s'agissait pas là d'une amie parmi tant d'autres, dont elle n'aurait pas besoin à l'avenir. Il s'agissait de Cerseï. Et Cerseï était plus qu'une amie. Elle était la plus précieuse qu'elle possédait.

Skarithra observa longtemps le mur qui se tenait face à elle. Elle le pria de tomber sur elle, pour qu'elle quitte enfin ce corps infâme. Elle le supplia de toute son essence, pour qu'il la fasse quitter cet acte terrible. Mais rien ne vint la sauver. Pas même Cerseï, qui l'obligea de nouveau à lui faire face. Skarithra ne put lui cacher son trouble. Cette fois-ci, il était bien visible. Et elle ne pouvait l'annihiler. Elle ne pouvait nier les propos de la Lannister. Elle ne pouvait lui mentir. Elle ne l'avait jamais fait. Alors, elle inspira profondément, et tenta d'apaiser ses maux. Mais rien n'y faisait. Elle était une proie au fauve qui la fixait sans broncher. « J'ai toujours eu envie de toi. » Skarithra n'eut pas le coeur de lui mentir. Et pourtant, elle savait qu'elle aurait du. Elle ne s'écarta pas pour autant. Et elle n'écrasa pas non plus son coeur fou dans sa poitrine. Elle la jaugea comme elle la jaugeait. Sans une seule fois laisser son regard la surprendre à contempler sa nudité. « J'ai toujours eu envie de toi. » Et ce nouvel aveu oral lui explosa les veines. A cet instant, seulement, elle recula. D'un pas. Elle fuyait. Elle devait fuir. La situation était trop étrange. Et Cerseï, trop incontrôlable. « Est-ce là ce que tu désires entendre de moi ? Est-ce un moyen de me repousser ? De me faire peur ? De me tester ? » Elle leva les yeux au ciel, retenant un sanglot. Elle aurait tellement souhaité que cela soit plus simple. Mais rien ne l'était jamais. « Qu'attends-tu de moi, bon sang ? » Finalement, elle ne connaissait pas Cerseï.

« Est-ce ma souffrance que tu aimes tant ? » Dans son hystérie, et dans sa tristesse, elle ne trouva nul autre moyen que de percer l'abcès. Elle se jeta à corps ouvert, près de la table qui se tenait là, et se saisit du coupe papier qui traînait. Elle revint à Cerseï, et lui mit l'objet entre les doigts. Elle les serra. Elle les guida près de son ventre, lame menaçante contre sa parure. Prête à charcuter sa chair. « Vas-y, dans ce cas. Fais-moi souffrir, si cela te plait tant. » Et elle la regardait, dans les yeux, au fond des yeux, et elle sentait ses émotions s'animer sous ces prunelles qu'elle avait admirées. « Fais-moi mal, je ne crierai pas. Et ta servante viendra bien éponger ton sol, comme la gentille petite esclave de sa Majesté Cerseï Lannister, Reine de sa Chambrée. » Les mots étaient durs, et elle ne cessait de les détester, eux, qu'elle ne contrôlait plus.  « Ainsi, peut-être que je ne te décevrai plus. » Alors elle guida à nouveau sa main, et disposa l'arme sous sa gorge. Elle sentit sa fraîcheur menacer sa carotide. Elle sentit son coupant lui scinder l'épiderme. « Allez, finissons-en. Châties-moi comme je le mérite. Pour t'avoir aimée pendant des années, sans avoir une once de ta compassion. » Et elle avala sa salive. « Je préfère mourir milles fois de ta main, que d'en être réduite à un jouet. »

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MessageSujet: Re: wicked game + Skar'   wicked game + Skar' EmptySam 25 Fév - 13:49

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Elle a envie de vomir. Ce qu'elle voit ondoyer dans les prunelles de cette femme ne devrait pas être. C'est une infamie répugnante. Pourtant, Cersei ne s'arrache pas à son joug. Elle se perd dans cette tumulte confuse et sans dessus dessous. La crainte lui broie le sternum, mais elle ne s'en dérobe pas. Elle se jette, à corps perdu, comme un condamné à mort qui se raccrocherait à la vie. Il n'y a pas de décharge à son délire. Parce que cela ne peut-être que de la folie pure. Cela ne peut être véritablement elle. Et, elle s'en persuade; petite fille naïve et sans repère. Elle harponne ce sentiment passé qu'elle se méprisa d'éprouver autrefois. Elle ne reconnaît que lui. Il est ce qui la guide et la méprend. Elle l'idolâtre, jalousement, lorsque l'obscurité étend enfin ses bras décharnés. Cersei n'est qu'une adolescente esseulée. Elle se laisse choir sans broncher à travers les mailles d'une toile indéfectible. Elle entraîne le monde dans sa chute. Elle emporte le beau dans ses tourments. Cersei ne se préoccupe pas des autres. Qu'importe si la pureté tombe à genoux. Elle l'écraserait, de toute évidence, sans le moindre remord. Quelque chose se gangrène sous son épiderme. L'infection se propage sans vergogne aucune. Elle se meurt. Il suffit de s'en approcher pour l'entrevoir. Il suffit de tendre l'oreille pour le comprendre. Cersei n'est plus. L'existence lui a volé son innocence et sa clémence.

Ses muscles sont en alerte. Ils attendent l'absolution. Mais, elle ne viendra pas. Cersei a tendu la fourche sans savoir qui la brandirait à la fin. Ses traits sont durs, sans appel. Pourtant, il y a cette lueur délirante dans son regard. Il y a ce feu grégeois qui danse et se languit. Elle est l'un et l'autre. Tout son être souffle la brûlure et le givre. Il tangue d'une extrémité à l'autre. Cela ne signifie rien. Cela ne devrait pas être. Néanmoins, c'est un flot indistinct qui la submerge lorsqu'elle obtient confirmation. Cersei papillonne des cils, étourdie par l'information qui la transperce de part en part. « Ce n'était pas si compliqué.. » Mais son timbre se fait beaucoup moins assuré. La Lionne perd de sa superbe. Elle flanche. Du moins, elle vacille. Qu'attend-elle de Skarithra ? Elle-même ne le sait. Alors, elle secoue imperceptiblement la tête. Ou, peut-être l'a-t-elle seulement imaginé. Ce qu'elle perçoit dans l'ombre la sclérose. Elle voudrait fuir. Elle voudrait ne pas voir ce qu'elle distingue dans le regard de son amie. Mais, elle n'est plus en mesure d'appréhender le moindre geste. Elle est droite. Elle est froide. Elle n'est qu'une statue de marbre: atone et implacable. Cersei se heurte à sa pauvre conscience qui s'étrangle inexorablement. Elle déteste Jaime et ce qu'il lui a fait concevoir. Elle déteste Skarithra et ce qu'elle fait naître entre ses bras. Mais elle se hait, bien plus encore, de ne pouvoir détourner son courroux.

L'instrument est froid sous la bulbe de ses doigts. Cersei ne comprend pas. Ou, peut-être l'assimile-t-elle trop bien. Elle ne presse pas la lame contre l'épiderme. Elle contemple simplement le métal reluire sous les quelques flammes encore debout. Cela serait si facile. Mais, ce n'est pas ce qu'elle souhaite. Lorsqu'elle relève les yeux vers les siens, c'est un rictus élusif qui se dessine sur ses lèvres roses. Elle tourne le fer en direction de son propre sternum, sa main retenant la sienne sur le manche. Elle guide son geste, jusqu'à son nombril. La contiguïté lui vole un souffle scandaleux qu'elle ne cherche pas à retenir. « Ce n'est pas moi qui souhaite te traverser. » L'allusion est lourde. Elle les écrase de longues minutes. Et, Cersei abaisse une fois de plus la pointe du coupe-papier. Sa poigne se fait fébrile autour de ses phalanges. Alors, elle ferme les paupières pour ne pas contempler les dégâts de son hérésie. Elle ne veut pas constater sa propre démence dans les prunelles de Skarithra. Ce qu'elle entreprend ne trouve pas de résonance en son cœur. Il fait écho à une agitation moins noble. Mais, qu'importe finalement. Elle est faible et se laisse bercer de chimères aux griffures acérées. « C'est tellement répugnant. » Mais son venin n'est pas en accord avec ce qui semble vibrer derrière le masque. Alors, Cersei détourne finalement la tête, la poitrine animée de quelques inspirations douloureuses, le ventre chaud d'une flamme pernicieuse.

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MessageSujet: Re: wicked game + Skar'   wicked game + Skar' EmptySam 25 Fév - 14:19

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La lame était trop pernicieuse. Un instrument fourbe qui pouvait, à tout moment, les briser. Si elle venait à se teinter de rouge, s'en serait fini d'elles. Skarithra en était persuadée. Plus encore, lorsqu'elle devint elle-même la menace. Et lorsque la main de Cerseï la guida le long de son ventre. Elle était froide. Elle était brûlante. Elle était un peu tout. Et un peu rien en même temps. Skarithra ne décernait plus le masque, ni la réalité. Elle ne voyait qu'un amas d'émotions mal dissimulées, et d'autres encore, des mensonges entremêlés. Des noeuds qui ne se délasseraient jamais. Elle ne tenta nullement de les comprendre, ni même de les discerner nettement. Elle ne faisait qu'entendre. Ses autres sens semblaient l'avoir abandonnée là, et elle ne fut alors qu'une île dans une tempête déchaînée. Elle injura les Sept Dieux pour avoir mis sur sa route une femme telle que Cerseï. Elle aurait souhaité les punir, eux aussi, d'une colère divine. Mais ils n'étaient pas là, ils n'étaient pas elle, et ils n'étaient pas Cerseï. La Lannister demeurait maître d'elle-même. Ou peut-être était-elle finalement absente, laissant ses propres démons se déchaîner. Et c'était injuste. Injuste envers Skarithra, qui, toute sa vie, lui avait tout donné. Injuste envers Skarithra, qui l'avait aimée sans jamais la contraindre au fardeau.

« Nous y sommes, enfin. » Et sans broncher, sans bouger, Skarithra sentit l'arme entre ses doigts, devenir une partie d'elle-même. Là, contre sa peau encore ruisselante, elle la touchait. D'une pointe aiguisée qu'elle poussa davantage contre elle. Elle ne voulait pas lui faire mal. Elle ne voulait pas la faire souffrir. Mais elle appuya quand même, faisant grincer ses cellules, qui plièrent sous la menace. Skarithra n'en quitta pas ses yeux pour autant. Et, dans ses yeux sanglotants, une lueur de rage ignora l'avortement. « Voilà donc ce que tu penses de moi. » Elle lui en voulait. Elle la détestait. Pire encore, elle l'aimait toujours. Et elle se flagella pour cette pensée morbide. Ses pensées se confondirent. Elle ignorait soudainement quelle était la marche à suivre. Elle ignorait où tout cela les mènerait. Où tout cela conduirait, finalement. « Je suis la répugnance. Et je désire la répugnance. Je réalise que je la désire davantage lorsqu'il s'agit de toi. » Elle se répugnait elle-même. Des années durant, elle avait tenté de semer le parjure, et pourtant, elle ne l'avait occulté. Et aujourd'hui, elle se répugnait encore plus, lorsqu'elle comprenait qu'elle s'amourachait de la femme qui la mettait à mal. De Cerseï Lannister. D'un sadisme mutin.

« Je suis, finalement, de la même espèce que ton frère. Un monstre. » Car c'était ce qu'elle était, à ses yeux. Combien de fois lui avait-elle fait part de ses fureurs contre Tyrion ? Combien de fois lui avait-elle fait l'éloge de cette injure qui se baladait à ses pieds ? Skarithra sentit une larme lui arracher un sentiment. Une énième preuve de sa faiblesse. Une énième arme pour Cerseï. Elle lâcha prise. Le coupe papier chuta lourdement sur le sol, et son écho lui fit l'effet d'une blessure profonde. Sa cicatrice la tirailla, un instant. Elle avait l'art de se réveiller dans les moments les moins opportuns. Elle sentit ses crocs s'entrechoquer, face à la douleur physique, face à la douleur psychique. « Je te remercie pour ton honnêteté. » Elle approcha son visage du sien, et l'observa, longuement. Elle sentait son souffle s'emmêler au sien. Mais cela ne changea rien à son émotion. Rien à sa haine. « Désormais, je saurai où est ma place. » Elle s'écarta, péniblement, coeur fendu comme un vulgaire dessert princier. Elle attrapa la cape qu'elle avait auparavant jetée. Elle la lui tendit sans broncher. « Mais ne comptes pas sur moi pour te rhabiller. Fais-le toi-même. Et si cela te déplaît, congédies-moi. » Lorsqu'elle fut débarrassée de la tunique, elle joignit les mains devant elle, et remit son masque de totale indifférence. « A présent, comment puis-je vous servir, ma Dame ? » Elle n'avait plus le temps de mourir pour Cerseï.

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MessageSujet: Re: wicked game + Skar'   wicked game + Skar' EmptySam 25 Fév - 21:07

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La lame est une épine qui lui rappelle ses propres mœurs. Elle aussi, elle est une rose dont la tige épouse la chair et embrasse le sang. Elle est belle, c'est vrai. Mais, elle est venimeuse. Et, elle en pince jusqu'à la pureté lorsqu'elle se penche pour la savourer. Cersei tremble sous le geste qu'elle a entrepris. Elle n'est plus qu'une feuille que l'on ébranlerait d'un unique souffle. Cersei se flétrie sous cette pointe qui se presse davantage encore contre son épiderme. Son regard ne lâche pas celui qui la sonde. C'est une supplique silencieuse qui s'échappe d'entre ses lèvres à moitié closes. C'est un dessein bien déroutant qu'elle ne parvient plus à refréner. C'est une nécessité viscérale qui lui broie présentement les reins. Cersei se répugne pour ce qu'elle éprouve. Cersei s’écœure pour n'être plus qu'une simple femme. Alors, elle se penche légèrement vers cette lame tentatrice. La douleur lui vole un souffle dégoûtant. Elle voudrait s'en détourner, s'immerger à nouveau dans une accalmie chimérique. Seulement, les portes qui se sont entrouvertes ne se refermeront jamais plus. Elle est frémissante. Elle est saisissante, lorsqu'elle se tend contre le métal froid. Elle n'a plus rien d'une Reine à cet instant. Elle n'a plus rien de digne. Elle n'est qu'une infamie de plus. Finalement, Cersei n'est pas meilleure qu'un autre. Il n'y a que son sang pour l'arracher au commun de ses semblables. Il n'y a que son nom pour la dérober à la foule.

Cersei papillonne des cils lorsqu'elle lève ses yeux noirs en direction du plafond. Elle voudrait ne pas être ce qu'elle est. Elle voudrait ne pas se trouver là. Elle grimace lorsque le sentence tombe, comme si l'on transperçait son myocarde d'une pointe acérée. Les mots sont durs. Ils tranchent l'atmosphère. Mais, Cersei ne cherche pas à la contredire. Elle regarde simplement ailleurs. Elle est lâche. Ou peut-être est-ce son amie qui lui inspire ce sentiment. Elle l'ignore. Pourtant, lorsque la piqûre se fait moins rude et que l'objet s'effondre sur le sol, Cersei ne peut que fustiger Skarithra d'un œil inquisiteur. « Lâche, que tu es. » Et elle glousse. Son rire est menaçant, sans compassion aucune. Son rire est dément. Il n'a plus aucun sens dans leur réalité délirante. « C'est tout ? Moi qui pensais que tu aurais l'audace de me prouver le contraire. » Et elle s'éloigne à son tour. Elle se gonfle de cet oxygène qui lui faisait défaut jusqu'alors. Ses jambes flageolent. Mais, Cersei ravale la cohue indiscernable qui lui prend le thorax. Elle se croise à travers le reflet du psyché. Ses doigts courent de la pointe de ses seins jusqu'à son nombril. Son geste est lascif, plein de remords et d'aspirations inavouables. « Peut-être me désires-tu pas autant que tu le prétends. » Elle incline légèrement sa petite tête sur le côté. Ses prunelles scindent la silhouette qui les porte, puis croise à nouveau les siennes par delà le miroitement. Et, c'est un venimeux rictus qu'elle lui adresse.

Cersei s'enveloppe d'un déshabillé pourpre. Elle prend place sur le trône de sa chambrée. Ses yeux ne quittent pas Skarithra. Ils la sondent, l'enserrent dans un étau fielleux. Cersei l'emprisonne entre ses griffes, silencieusement, sans l'ombre d'un remord pour entacher son visage d’albâtre. Ses ongles se plantent dans les accoudoirs de bois, tandis qu'elle croise négligemment les jambes sous son interminable tunique.« Fais-moi plaisir. » Ses doigts remontent la soie le long de ses jambes. Le temps s'arrête et, elle ne sait pas combien de temps lui faut-il pour y dévoiler ses cuisses blanches. Cersei est vulgaire. Cersei est sensuelle. Et elle vacille d'un monde à l'autre. Elle entraîne Skarithra dans sa chute. Elle l'attire entre ses jambes, contre son sein. Elle lui offre la chair sur un plateau d'argent. Du moins, elle le lui fait croire. « Pouponne-moi. » Son regard se porte une fraction de seconde sur le flacon posté près de la fenêtre, puis l'enchaîne à nouveau. Elle arque un sourcil faussement innocent. Elle sait pertinemment ce qu'elle susurre à travers la faible lueur d'une bougie. Elle a conscience de ce qu'elle fait naître dans le creux des reins. Elle s'en amuse. Elle s'en nourrie. Cersei est un prédateur. Elle enchante puis se gorge de sang. Elle est le rôdeur que l'on ne voit pas immédiatement et qui ne manque pas sa proie.

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MessageSujet: Re: wicked game + Skar'   wicked game + Skar' EmptySam 25 Fév - 21:48

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Lâche, elle l'est très certainement. Lâche. Elle n'est qu'une enveloppe de peur et de regret. Elle n'est qu'un minuscule déchet que même la terre rejette. Elle n'est qu'un condamné que la foule ne regarde pas. Un orphelin jamais adopté. Une mère toujours avortée. Mais elle ne peut se jeter à ses pieds. Elle ne peut se laisser tenter. Cerseï est un soleil qui la brûlerait au moindre contact. Un astre incendiaire et magnifique, qu'aucun être ne pourrait s'approprier. Elle est impénétrable. Elle est inébranlable. Elle ce qui était, ce qui est, ce qui sera. Elle est née du néant, et mourra du néant. Elle est un guide dans les ténèbres, qui n'aspire qu'à les remplacer. Elle est un mirage chatoyant plus noir que l'obscurité. Elle est une encre indélébile, sur son coeur imbibé. Il n'y a nul échappatoire, nulle issue où se mouvoir. C'était... comme si la gravité l'attirait inexorablement vers elle. Et que rien ne pouvait l'en sauver, pas même sa volonté. « Quel courage y a-t-il à être ta putain ? » Aucun. Elle ne serait ni remerciée, ni payée, ni confortée. Elle toucherait un corps sans en contracter les émotions. Comme un pantin désarticulé qu'elle se complairait à manipuler. Elle ne lui ferait pas l'amour. Elle ne la baiserait même pas. Car ni amour, ni plaisir, ne viendraient rendre le tableau plus compréhensible. Et cette audace, que Cerseï appelle, Skarithra n'en a pas. Ou du moins, pas pour elle. Seulement celle qui lui permettrait de fuir. Seulement celle qui lui susurrerait le point de non-retour. Son instinct. Sa survie. Pour la quitter, complètement brisée. Ce ne serait pas Skarithra qui partirait, mais une femme brisée, dont les morceaux ne se recolleraient jamais. Avait-elle conscience qu'elle l'aimait ? Avait-elle conscience qu'elle mourrait pour elle ? Avait-elle conscience... qu'elle était sienne, sans qu'elle ne soit sienne en retour ? « Ce ne sont pas les épines de la rose, que je désire. Ce sont les pétales qui protègent son myocarde. » Elle disait la vérité, sans attendre qu'elle ne lui réponde. Elle disait la vérité, en sachant qu'elle serait détruite par elle. Elle disait la vérité, sans que rien ne lui soit offert en retour.

Elle tituba. Elle était seule devant l'effrontée. Elle n'avait nulle épée, nul bouclier. Un soldat devant des milliers de combattants. Et une armée se déversait sur elle, comme ce tissu qui dévoilait peu à peu l'épiderme de Cerseï. « Bien, ma Lady. » Et elle se faisait écrasée, poignardée, embrochée, par milles lances émotionnelles, que lui lançaient ces guerriers au visage de Cerseï. Elle était seule. Et elle mourrait, sous leurs pieds. Elle tomba à genoux, devant elle, comme une vulgaire esclave, comme une vulgaire propriété dénuée de volonté. Elle appliqua la pommade sur ses chevilles. Et plus haut allaient ses doigts, et plus charnel se faisait l'épiderme qu'elle caressait, plus les larmes se pressaient contre ses paupières. Plus elles coulaient, cascades miroitantes d'une âme enchaînée. Elle l'aimait, et elle la tuait en retour. Elle l'aimait ! Elle l'aimait depuis le premier jour, la première seconde, le premier instant ! Elle l'aimait, et toutes ses cellules l'aimaient aussi ! Et cet amour l'anéantissait. Et cet amour la mettait à genoux. Et cet amour la renvoyait à la terre. Elle n'était qu'un cadavre devant son bourreau, qu'une victime, devant son coupable. Elle ne disait rien. Elle ne disait jamais rien. Pour ne pas la blesser, pour ne pas la décevoir, pour ne pas l'attrister... pour ne pas la perdre ! Car elle ne voulait plus jamais la quitter, car elle ne voulait plus vivre sans elle, car elle était tétanisée, à la simple idée de lui dire adieu ! Et elle voulait  crier ! Et elle voulait hurler !

Et elle voulait mourir. Là, pour elle, si c'était ce qu'elle souhaitait. Là, à ses pieds, ses doigts flirtant avec ses douces écailles. Là, sans rien en dire, sans se défendre. Juste pour lui faire plaisir. Si c'était là le seul plaisir qu'elle pouvait lui offrir. Alors, quand ses doigts errèrent enfin à l'intérieur de ses cuisses, elle releva les yeux vers Cerseï. Et elle le vit. Ce désir, cette horreur, ce phénix dans ses yeux, fait de chair, fait de cendres. Et il brûlait, et il mourrait. L'ardent pénétrant, qui lui arracha un sanglot. Car elle se jouait d'elle. Car elle s'amusait d'elle. Car elle ne désirait rien d'autre. Elle n'en avait que faire, de ce qu'elle ressentait, de ce qu'elle était, de qui elle était. Elle n'aimait que cette sensation. Elle n'aimait que cette position. Elle n'aimait que la souffrance, que la violence, que la désolation. Et sa soumission, aussi. Skarithra lâcha un sanglot. Elle réalisait ce qu'elle deviendrait, juste pour elle. Elle était prête. Mais le choc était violent quand même. Elle avait espéré plus. Une erreur qui lui coûtait quelques larmes, quelques palpitations, quelques hyperventilations. Sa paume trembla, sous le tissu de sa diabolique Dame. Elle acceptait. Elle acceptait. Pour elle, elle acceptait tout. « Je serais tout ce que tu désires, Cerseï. » Elle lui intima, avortant l'étranglement. Lorsqu'elle leva son buste entre ses cuisses, ce fut pour attraper sa nuque, toujours agenouillée, toujours soumise, toujours esclave. Et elle le serait, aussi longtemps qu'elle le voudrait. « Tout ce que tu voudras, tout ce que tu me demanderas, je le serai. » Et là, dans ses quelques frasques, elle déposa son front contre sa joue, puis sa joue contre sa joue, puis ses larmes contre sa joue. C'était là la fin de l'amie qu'elle était. C'était là la fin d'une ère qui avait duré des années. S'en était terminé de leur tendresse, de leur affection, de leur amitié. Il n'y avait plus que le maître, et sa poupée. Il n'y avait plus que le dominant et le dominé. Il ne restait que le néant. « Je ferais tout pour toi. » Elle lui murmura, contre ses lèvres, contre son souffle, contre son âme. Et c'était vrai.

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MessageSujet: Re: wicked game + Skar'   wicked game + Skar' EmptySam 25 Fév - 23:29

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La Dame avance son pion. C'est la Tour qui, finalement, s'ébranle et se courbe. Cersei est conquérante. Le pouvoir est délicieux sur sa langue, dans le creux de sa gorge. Il s'exhale entre ses cuisses. Mais, Cersei n'est pas une Reine. Cersei est un monstre. Elle n'a pas de pitié. Elle n'a pas de clémence. Elle broie simplement le cœur entre ses griffes. Elle est un feu grégeois qui dévasterait tout. Elle est une apocalypse qui ravagerait le monde. Il n'y a pas de brides à son courroux. Elle se moque des larmes qui se versent en son nom. Elle n'a que faire du sang qui se répand par sa faute. Cersei ne regarde par en arrière, non. Elle écrase les carcasses qui s'entassent à ses genoux. Elle arrache les mains qui se joignent pour implorer l'absolution. Il n'y a pas de rédemption en ce monde. Il n'y a qu'elle, et ses désirs désinvoltes. La fillette qu'elle fut autrefois s'en était allée. Elle s'était noyée dans son hémoglobine. Cersei n'avait pas cherché à la secourir. Elle l'avait contemplé, simplement, sans l'once d'un remord. Elle avait enlacé sa jugulaire. Elle l'avait enseveli. Celle qui se dresse désormais face à Skarithra n'est plus celle qu'elle aima adorer dans l'ombre. La surprise est profonde, la douleur accablante. Elle ne se dépeint pas de son air satisfait. Elle a remporté la partie. Et, Cersei porte la jubilation comme une couronne. Il n'y a plus de négociations possibles désormais. Il n'y a plus que le vide qu'elle a laissé s'étendre derrière elle.

Cersei soupir lorsque le corps se brise à ses pieds. Sa tête se rejette vers l'arrière. Ses paupières se ferment. Le plaisir est grand. Il l'avale d'une traite, comme un gros félin famélique. Elle ne daigne pas écourter son tourment. Elle laisse les doigts abandonner leur distinction sur sa peau blanche. La tension lui monte au cerveau. Elle annihile toutes pensées raisonnées. Cersei ne se dérobe pas à cette mascarade mortifère. Qu'importe les sanglots qu'elle décèle, qu'importe la peine qui lacère. Elle est au dessus de tout cela. Du moins, elle s'efforce de l'être. Alors, lorsque les ongles viennent flatter l'intérieur de sa cuisse, c'est une plainte délicieuse qui vibre dans le creux de sa gorge. C'est un supplice, Cersei le sait. Elle s'en amuse. Qu'a fait Skarithra pour mériter pareil châtiment ? Rien. Et, l'ivresse réside justement dans cette parfaite injustice. La rupture est proche. C'est Cersei elle-même qui la menace de ses griffes acérées. La raison n'a plus d'emprise sur son éréthisme. Elle se perd. Elle sombre dans un engrenage dont elle ne connait pourtant pas les rouages. Elle est à l'image de son Père. Elle est à l'image de toutes ces pourritures qui peuplent son existence. Alors, Cersei contemple de nouveau son amie. Son regard n'a plus rien de tendre. Il brûle d'une vésanie cuisante. Il n'y a plus rien de sensé. Il n'y a qu'une appétence indistincte, qu'elle ne se risquerait jamais à admettre.

La déclaration lui vole un souffle brûlant. L'univers se dérobe à sa cause. Cersei ne sait plus. L'avidité tremble dans le creux de son abdomen. La bassesse suinte de son bas-ventre. Elle voudrait fuir, maintenant. Elle voudrait intercepter ce jeu dont elle ne reconnaît plus les règles. Mais, la silhouette de Skarithra se redresse d'entre ses jambes. La contiguïté l'emprisonne dans un étau délirant. Ses yeux sont fous, hagards lorsqu'ils s'accrochent finalement aux siens. La servitude est là. Et, elle se love contre son sein, dans la moiteur de ses cuisses. Cersei frémit. Elle ne veut plus entendre ces mots pleins de promesses. Elle ne veut plus sentir la chaleur qu'ils diffusent jusqu'à son bassin. Alors, elle secoue frénétiquement sa petite tête, les paumes retenant ses épaules vers l'arrière. «  Arrête. » Sa voix n'est plus qu'un gémissement éhonté. La pente est vertigineuse. Finalement, le précipice est là: contre le souffle sinueux de Skarithra. Cersei ne parvient pas à s'en défaire. Elle est prise au piège, comme le serait un agneau face au loup. Sa respiration s'emballe. Elle est vulnérable en cet instant. Elle n'est plus rien. « Je t'en prie, arrête. » La situation se renverse. La peur est là. Mais ce n'est pas Skarithra qui la tétanise. C'est ce qu'elle représente. C'est ce qu'elle provoque en elle. Et Cersei la hait. Et Cersei se hait.

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MessageSujet: Re: wicked game + Skar'   wicked game + Skar' EmptyDim 26 Fév - 0:15

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Cerseï implora, Cerseï s'évapora. A son tour, certainement, de vouloir se dérober. Il était tant aisé de fuir, lorsque l'on gagnait ce que l'on ne voulait pas vraiment gagner. Le Seigneur faisait demi-tour, lorsqu'il voyait l'armée se détourner et voler en éclat. Et il mettait toute sa fougue dans sa quête d'une issue moins latente. Cerseï s'emmurait, puis la muraille chutait, puis elle la reconstruisait, puis de nouveau elle tombait. Elle ne parvenait plus à la bâtir assez vite. Skarithra aperçut l'au-delà, et se demanda s'il était encore temps de faire marche arrière. Elle fit volte-face, et encore, et encore. Mais la tentation était trop forte à présent. Et elle s'était agenouillée. Et elle avait prêté un serment inviolable. Et elle avait tout jeté, sans espoir de reconquête. Alors, elle s'arma mentalement. Elle allait la détruire. Elle allait entrer et tout dévaster, à son tour. Sans le vouloir. Sans le comprendre. A cet instant, il n'y avait d'important que l'éclat de sa Dame. Et elle allait l'éteindre à jamais. De son simple frisson. « Tu as dépassé les limites. Il n'y aura pas de retour en arrière, Cerseï. » Lorsqu'elle sentit ses ongles lui harponner les épaules, elle eut un mouvement de recul. Un instant, seulement, où elle put entrevoir sa tenue, sa position, son regard. Et elle ne put en faire abstraction.

Sa poigne se resserra, autour de sa gorge. Elle pourrait l'étrangler pour la faire taire, mais ses mots n'ont pas d'écho dans son crâne encombré de cris désespérés. Elle aurait voulu naître dans un autre corps, dans un autre esprit, dans une autre vie. Elle aurait voulu être ce que Cerseï attendait tant. Elle aurait voulu lui offrir cette délivrance impétueuse qui ne semblait décidée à venir. Mais elle ne le serait jamais. Ni ce soir-là, ni le lendemain. Elle ne serait que Skarithra. Elle ne serait qu'elle. Et elle ne serait jamais assez. « Lorsque l'on joue, on gagne, ou on perd. » Elle écrasa davantage son corps contre le sien. Sa chaleur s'ébranla avec la sienne. L'une contre l'autre, elles étaient deux homonymes indistincts. Mais la Lannister ne pouvait s'en contenter. Elle avait besoin de tellement plus. Elle avait besoin de tout. « Tu as perdu. » Sa main, contre sa cuisse, se mit à trembler. Elle l'avait désirée si longtemps, elle l'avait rêvée si longtemps, que la réalité semblait insignifiante, si peu réelle, finalement. Skarithra oublia ses suppliques. Elle n'en avait cure. Elle était le lion, maintenant. Il était temps de se faire justice elle-même. Justice, pour ces années éradiquées. Justice, pour cette femme martyrisée. Justice, pour ce coeur écorché vif.

Elle serra. Là, sous sa main, elle serra sa petite gorge d'écervelée. Doucement, lentement, comme un piège qui s'étendrait sous sa jugulaire. Skarithra avait envie de l'étouffer. Et ses yeux, séismes océaniques, reflétèrent toute la rage qu'elle ressentait pour elle. « Je vais t'anéantir. » Elle grimaça, tant elle avait mal, à l'intérieur. « Je vais te détruire, Cerseï ! » Elle grinça, crachant sa peine, et non sa haine. « Je te hais ! » Elle l'embrassa. Sur son trône, à ses pieds, à genoux, elle l'embrassa comme l'esclave qu'elle était, comme une putain qui lui appartenait. Elle l'embrassa. Ou du moins, elle la percuta, sans comprendre la réelle puissance qu'elle mettait dans son geste. Sans savoir si sa main se desserrait. Sans savoir où son autre main montait. Elle n'avait plus d'emprise, ni sur elle, ni sur la situation qui se déroulait ici. Elle n'était plus. Elle avait disparu. Et elle l'embrassa encore, sans ciller. Elle la recula, elle la poussa, elle sentit l'impact contre le dossier jusque dans sa propre chair. « Frappes-moi, frappes-moi, ou je n'arrêterai pas ! » Elle criait. Elle n'avait plus conscience des chambres voisines, ni des gardes, à la porte. Elle s'en fichait. Plus rien n'avait d'importance, plus rien n'avait de sens ! Elle l'embrassait, elle pleurait, elle la désirait, elle la rejetait. « Frappes, Cerseï, frappes-moi ! » Sa voix se mua en une mélodie stridente, qui ne trouva d'ampleur que contre la gorge de son amie.

C'était terminé. Elle avait franchi les barrières.

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MessageSujet: Re: wicked game + Skar'   wicked game + Skar' EmptyDim 26 Fév - 1:32

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Cersei a peur. Ses cellules s'affolent. Ses songes s'efforcent de rejeter l'information. Elle voudrait l'empoigner. Elle voudrait la secouer jusqu'à ce que l'inconscience ne s'en suive. Elle hurle, mais aucun son ne détonne dans sa gorge. Elle supplie, mais aucun mot ne franchie ses lèvres. Elle s'agite sur son trône de papier. Le Lion n'est plus qu'une gazelle insignifiante. Ses doigts cramponnent le tissu avec frénésie. Ils repoussent et attirent le courroux qui lui fait face. Elle est ridicule. Elle est lâche, maintenant que le piège se referme sur son arrogance. Elle s'excuse auprès d'un au-delà qu'elle n'atteindra jamais. Elle invoque les anciens et les nouveaux Dieux. Elle implore ce frère qu'elle a tant aimé sentir jusqu'aux tréfonds de ses entrailles. Personne ne lui répond. Cersei est seule avec son insolence. Et, elle est petite à cet instant. Elle se claquemure dans une hystérie latente. Elle pousse, repousse et refoule. Mais elle chétive. Mais elle est fragile. Le masque se fissure, puis se brise contre la cage-thoracique de Skarithra. Les couleurs se disloquent, puis se ternissent. Il n'y a plus rien à envier, ni même à craindre. Cersei n'est plus qu'une fillette effarouchée. Elle se démène contre un ennemi qui n'est pas Skarithra. Elle se déchire contre elle-même. La rupture est douloureuse. Mais ce n'est pas son amie qui en est l'auteur. C'est elle. Elle s'est désarçonnée de son propre fait. Elle s'est broyée par la seule force de sa volonté.

« Non... » Sa voix se fêle. Elle n'a plus sa détermination passée. Cersei n'entend plus les sentences que lui crache son amie. Elle n'écoute que le tintement affolé de son myocarde. Il résonne partout: entre les parois de sa boîte crânienne, au cœur de son thorax, puis dans le creux de ses cuisses. Elle malmène le tissu qu'elle cramponne. Elle se raccroche à ce qu'elle peut. Mais tout se dérobe à sa détresse. « Skarithra. » Elle l'appelle une énième fois. Seulement celle-ci ne la perçoit plus. Et c'est sa poigne, finalement, qui répond à son alerte. Les phalanges enserrent sa gorge blanche. Cersei n'essaye plus de contenir sa fougue. Elle accueille les bourrasques dans quelques geignements. Elle ne sait plus où se rattraper. La chute est inévitable. Elle suffoque. L'oxygène lui manque. Ce n'est pas cette prise despotique autour de sa jugulaire. Ce n'est pas cette silhouette lourde de désirs et de frustrations contre la sienne. C'est cette brûlure délirante qui lui lèche les reins. C'est cette pensée tentatrice qui s'immisce à cette cacophonie. C'est cette concupiscence dégoûtante qui se faufile sous sa peau. « Non ! » Mais il ne s'adresse pas à Skarithra. Il s'adresse à sa propre fougue, à sa propre déchéance. Cersei s'exècre. Elle maudit ce corps de femme. Elle maudit l'eau qui lui brûle l'abdomen. Elle maudit les pulsations scandaleuses qui lui rappellent sa bassesse.

Le baiser est virulent lorsqu'il heurte finalement ses lèvres. Cersei glapie, mais elle n'essaye pas de s'en échapper. Elle y répond. Elle s'y enlise. Et cela lui flanque la nausée. C'est malgré elle, malgré le déshonneur qu'elle voit reluire au loin. Cersei a voulu jouer. Mais elle n'a pas gagné. Et la Reine n'est plus qu'une ombre désolée. La Reine a perdu sa couronne. Elle l'affronte, puis s'enfuie. Elle l'accueille, puis la chasse. Elle emprisonne sa mâchoire d'une main vive. Elle se cogne à son impétuosité. Elle lui rend son audace. C'est la totalité de son corps qui réclame la potence. C'est l'intégralité de sa démence qui proclame l'asservissement. « Non... » Mais il n'y a plus aucune conviction dans le timbre de sa voix. Il n'y a plus qu'une invitation clandestine. La main vagabonde poursuit sa tumultueuse ascension. Et, Cersei chancelle contre son buste. Ses bras s'enroulent autour d'elle pour ne pas définitivement sombrer. Mais, elle est déjà loin dans l'ivresse. Sa respiration se fait rude près de son oreille, haletante. Elle s'étrangle de ce carcan qui la retient depuis de trop longues années maintenant. Cersei ne sait plus. Elle voudrait interrompre la scène. Elle voudrait se détacher de sa propre conscience. Seulement l'euphorie est trop grande, et Skarithra bien trop forte. Alors, elle s'abandonne. Elle ne frappe pas. Elle relâche les brides de son nom. Elle admet cette caresse décadente. Et se meurt en impatience dans le creux de son épaule.

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MessageSujet: Re: wicked game + Skar'   wicked game + Skar' EmptyDim 26 Fév - 10:35

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MessageSujet: Re: wicked game + Skar'   wicked game + Skar' EmptyLun 27 Fév - 0:25

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