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 Sans langue de bois [Valena Allyrion & Cletus ALlyrion & Elbert Arryn]

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Val d'Arryn
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Val d'Arryn
Valar Dohaeris

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MessageSujet: Re: Sans langue de bois [Valena Allyrion & Cletus ALlyrion & Elbert Arryn]   Dim 13 Nov - 14:38

Sans langue de bois

An 300, Lune 7- Harrenhal - Conflans



Valena Allyrion & Cletus Allyrion & Elbert Arryn

Elbert hocha lentement la tête à la phrase de Valena. Il n'avait pas grand chose à ajouter à ses propos. Sa nièce n'avait pas tenté de comprendre ni d'analyser la situation. Elle avait simplement débattu rapidement, imposé ses relations, parler au nom d'un Prince et d'un Roi avant de donner sa sentence. En y réfléchissant bien l'attitude du Sand n'avait sans doute fait qu’accélérer le processus et alourdir la punition proclamée. Les dorniens semblaient vouloir le faire s'affirmer face à Rhaenys, chose qu'il n'avait jamais réellement faite car il avait toujours pensé à son peuple et à la paix. Il se permit néanmoins de corriger quelque peu la dornienne sur son titre.

«Je suis certes roi, mais surtout régent. Je m'efforce de laisser à mon fils un royaume en bonne santé et en bonne entente avec ses voisins. Je ne souhaite pas le voir régner sur des ruines encore fumante. Vous semblez excellemment bien cerner ma nièce. Comment pensez vous qu'elle réagira si je me dresse contre elle, et ce, même de façon totalement justifiée ?  »

La Allyrion tentait sûrement de le piquer dans le vif, de brûler son orgueil pour le faire ressortir. C'était, à ce qu'il pensait, une façon typiquement dornienne d'agir. Que devrait-il faire à ses yeux ? Marcher sur Port-Réal avec son grand cheval blanc ? Faire la morale à sa nièce qui ne l'écouterait probablement au vu du peu d'estime qu'elle portait pour le Roi Régent du Royaume du Nord ? Il était toujours plus simple de prendre les décisions pour les autres quand on était pas confronté soit même au problème. Peut-être que cette conversation allait lui ouvrir les yeux. Il écouta silencieusement la Allyrion continuer de décrier son inaction et placer une nouvelle défense pour son frère bâtard. Il ne vit pas le besoin de répondre étant donné que Lady Valena posait elle même les questions et y répondait. Ce fut ensuite au cadet de la maison Allyrion de passer à l'action. Il parla à nouveau, ses piques, ou plutôt « ses vérités » comme ils aimaient l'appeler firent mouche ce qui n'empêcha pas le régent de lui répondre.

«Et cela est triste mais vrai, Ser Cletus.  Pourtant vous devriez manifestez de l'empathie envers les relations entre Couronne. Si ma nièce se décide un jour de réunifier le royaume par un autre testament sortie des limbes de l'histoire ou qu'elle se décide que je ne lui suis plus d'aucune utilité et qu'elle parvint hypothétiquement à conquérir ou à rallier le Royaume du Nord sous sa bannière, combien de temps lui faudra t-il alors pour se tourner vers les îles de Fer et Dorne ? Les relations entre nos deux royaumes sont plus importantes que vous le pensez. En un sens, elle cimente votre indépendance.»

Le Régent bu un nouveau coup de vin écoutant calmement les propos du chevalier de la Gracedieu. Secouant sa coupe pour faire tourner le liquide, il en huma le parfum avant de reposer l'objet sur la table et de reprendre la parole.

«Dorne a bien plus que des friandises à offrir ? Ma table vous offre un repas et vous ne daignez pas en profiter. Dois je me sentir offenser ? Je ne porte pas de regard négatif sur Dorne, ni sur votre nom. Vous auriez déjà dût comprendre que je ne me bornais pas à condamner une maison et une région entière pour les agissements d'un seul membre d'une maisonnée. Je souhaite être en bon terme avec Dorne. Devrais je donc agir différemment de votre prince ? Vous semblez tous deux éclairés et me demander d'agir différemment. J'aurai un jour un entretien avec ma nièce mais cela arrivera très certainement après mes épousailles.»

Avoir les Stark de son côtés était un atout qui lui permettrait en cas de guerre de bénéficier d'une armée à la fois compétente et fidèle bien que longue au rassemblement et quelque peu diminué par l'assaut sauvageon. Unifier son royaume était une priorité mais il voulait à tout prix éviter la guerre. En pensant à ce sujet, il décida de le mettre sur la table.

«Avez vous déjà connu la guerre Ser Cletus et vous Valena Allyrion ? J'ai participé au matage de la révolte de Balon Greyjoy, j'étais présent lors du Siège de Port-Réal, lors de la libération des princesses Daenerys et Rhaenys. J'ai pût constater l’œuvre de Viserys à Goëville et j'ai affronter des hordes de sauvageons dans le Nord. J'ai vu de mes yeux ce qu'était la guerre et les horreurs qui s'y rattachent. Pouvez vous vraiment parler en connaissance de cause en me demandant de me dresser ouvertement face à la Reine du Sud ? »

L'argumentation valeureuse et fière des dorniens possédaient des forces et illustraient certes amèrement la vérité mais il était peut-être temps de retourner la situation et de voir comment il réagirait de façon théorique. Entre la réalité du terrain et ce que l'on pensait faire en de telle situation, il existait un monde aussi grand que Westeros, du Mur à Lancehélion.

«Transposons quelque peu la situation voulez vous. En admettant que je suive votre idée et que la reine réagisse comme le monstre d’ego que vous décrivez. Les relations entre les deux royaumes se détériorent ! La reine du Sud tente un coup d'état ou entre en guerre contre le Royaume du Nord. Votre prince vous enclin de le soutenir et par la même occasion de soutenir la Reine du Sud, sa nièce. Cette même femme qui priva de façon autoritaire et sévère, votre frère bâtard de sa langue. Honorerez vous le serment de vassalité prêter à votre suzerain ? Refuserez vous et vous dresserez vous contre le Prince Doran et la Reine Rhaenys, alors qu'au final vous n'êtes même pas une pièce dans leur jeu de Cyvosse, tout au plus un grain de sable sur le plateau ? Choisirez vous l'honneur ? La raison ? L’orgueil ? La vengeance ? Cette question s'adresse à vos deux personnes ! Suivrez vous les conseils que vous me formulez ou vous plierez vous à nouveau aux exigences du Prince Doran ?»

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MessageSujet: Re: Sans langue de bois [Valena Allyrion & Cletus ALlyrion & Elbert Arryn]   Dim 13 Nov - 20:55

Sans langue de bois

An 300, Lune 7- Harrenhal - Conflans



Valena Allyrion & Cletus Allyrion & Elbert Arryn

Malgré les nombreuses questions dont elle recherchait authentiquement les réponses et les provocations lasses, mais ouvertes de sa part, Elbert Arryn restait désespérément muet, l’ignorant tout au plus. Surprise par ce manque terrible de répartie, elle s’en trouva, elle aussi, la langue coupée, condamnée à le toiser avec un regard noir mêlant surprise et vexation. Il ne la considérait donc pas. Pourquoi se bornait-il à rester muet ? Ne savait-il pas quoi répondre ? Avait-il peur de s’exprimer ? La Reine du Sud s’était-elle cachée derrière une tapisserie ? Lui faisait-elle les gros yeux sans que les Allyrion ne puissent la voir ? Qui était donc cet homme ? Lui qui se faisait appeler Roi ?
Lorsqu’enfin il s’adressa à elle, il n’avança que le désir égoïste de laisser à son fils un royaume en paix. Ne comprenait-il pas qu’en laissant la Reine ainsi s’essuyer ses pieds crottés sur son visage, il ne laisserait plus du tout de royaume à sa progéniture ? La petite-fille du Fol mangerait tout si elle ne rencontrait aucune résistance. Peut-être son petit garçon d’un an devrait-il régner à sa place, finalement. La brune était certaine qu’il s’avancerait avec plus d’aplomb sur la scène politique que son père frileux. Elle haussa les épaules et ouvrit ses bras devant elle.

« Dans ce cas, ne faîtes rien. Laissez la Reine du Sud s’amuser avec vous et avec votre peuple. Vous semblez tant la craindre qu’elle continuera à vous marcher dessus sans que vous ne sourcilliez. Comme j’ai hâte de voir le Royaume en paix que vous laisserez à vos descendants. »

Puis, il se désintéressa complètement d’elle, reportant toute sa si précieuse attention sur son jeune frère. Pourtant, elle ne trouva aucune réponse aux interrogations de Cletus dans l’écho de ses paroles. Encore une fois, il se bornait à faire la sourde oreille. À rester neutre. Ce manque d’initiative qu’il faisait passer pour de l’honneur et du courage en s’appliquant à agir sous le masque de la paix exaspérait si profondément la dornienne qu’elle se retenait pour ne pas se lever et partir en claquant la porte. À quoi servait donc cette discussion ? À quoi servait-elle ?! Il ne répondait à rien, jouait au timoré. Même ses tentatives de dévier sur des négociations commerciales restaient stériles. Était-elle trop subtile ? Devait-elle écrire sa demande à la plume et la présenter ouvertement devant son visage ? Devait-elle s’agenouiller et pleurnicher pour le supplier de reprendre le contrat entre Dorne et le Royaume du Sud ? Était-ce ce qu’il souhaitait ?

« Qu’elle se tourne donc vers Dorne. Notre région n’a jamais été conquise par les dragons. Jamais. Nous ne nous sommes alliés au reste de Westeros que parce que nous le voulions bien. »

Un instant, elle se demanda pourquoi elle s’obstinait à parler puisque le faucon préférait l’ignorer. Il ne valait peut-être pas mieux que Rhaenys qui, elle aussi, n’avait rien écouté de leurs arguments lors du procès. Un roi faible pour une reine faible.
Pourtant, sa mention du buffet laissa son visage crispé en une grimace dégoûtée. Par les Sept, ils venaient de voir Daemon se faire couper la langue ! Valena sentait encore son sang chaud poisser ses paumes et ses doigts ! Et le Roi s’offusquait de ne pas les voir manger ? Fallait-il qu’ils mangent jusqu’à imploser ou vomir pour le satisfaire ?!

« Notre frère vient d’être mutilé sous nos yeux, » lui rappela-t-elle. « Vous excuserez notre manque d’appétit. Et si vous vous trouvez vexé pour si peu alors peut-être commencerez-vous bientôt à mieux vous entendre avec votre nièce. Par ailleurs, je ne vois pas le rapport de cette remarque maladroite avec les richesses agricoles de Dorne. Peut-être est-ce parce que vous me pensez plus stupide que mon cadet ? Dans ce cas, expliquez-moi, je vous prie. »

En quoi, en effet, les ventres contrariés des Allyrion et les mets proposés par le Roi du Nord venaient-ils compléter la remarque de Cletus sur la force commerciale de leur région, et en particulier de leur fief ? La lady avait beau réfléchir, les connexions ne se faisaient pas. Elle n’appréciait que très peu de voir le Régent tourner autour du pot et surtout tenter de faire jouer les choses en sa faveur en avançant des parallèles tirés par les cheveux.

Son monologue sur la guerre la laissa plus dubitative encore. Bien qu’il semblait sa rappeler de sa présence en l’appelant par son nom, sa question rhétorique la laissa de marbre. Encore une fois, où voulait-il en venir ? Éprouvait-il un manque de reconnaissance qui le faisait souffrir pour voir amener le sujet de manière aussi indélicate ? Elle applaudit lentement, l’œil torve et vide.

« Je vous remercie d’avoir connu la guerre et de nous éclairer à ce propos. Mais que cela vous plaise ou non, nous avons connu la guerre, Prince Régent Elbert Arryn. Des actes de guerre. L’assassinat de notre père dans le Bief, censée être une terre amie. La façon dont nous avons été traités aujourd’hui, dans le Nord, censée être une terre amie. La manière dont la Reine Rhaenys a réduit mon frère au silence alors qu’elle était sensée être une alliée. »

Les paupières mi-closes, serrant les poings sous la table, elle serrait les dents.

« Par ailleurs, pourquoi faites-vous mention de guerre ? Je ne vous ai pas demandé la guerre. Je n’en ai aucunement fait mention. Je vous ai simplement demandé ce que vous comptiez faire pour vous faire enfin entendre de votre nièce. Je vous ai demandé si vous souhaitiez, si vous alliez agir. Vous n’avez pas répondu. Ne voyez-vous donc que les combats et le sang pour vous faire entendre ? »

Cela en disait long et sur la Reine têtue et butée et sur le Roi qui devait donc être un bien piètre négociateur si la seule solution au problème trouvée était la lame et la mort.
Puis, une fois encore, il fut mention du Prince Doran et de ses décisions futures alors même qu’aucun corbeau n’avait encore été reçue de Lancehélion. Furibonde, la fille de Ryon laissa ses ongles s’enfoncer dans sa chaire, laissant des marques en demi lunes sanglantes sur sa peau mate.

« Pourquoi vous évertuez-vous tous à parler au nom de notre Prince ? Il ne s’est pas encore prononcé à ce sujet ! Le suzerain de Dorne gouverne une région indépendante et est un homme pacifique, il l’a démontré à de nombreuses reprises ! Pourquoi se rangerait-il dans un hypothétique conflit alors qu’il a toujours tenu la Principauté loin du sang ? Lors de la prise de pouvoir de Viserys nous n’avons pas pris les armes, mais notre indépendance, justement pour ne pas nous mêler de cette guerre entre dragons. Pourquoi voudriez-vous qu’aujourd’hui, Doran Martell se prenne d’une soudaine affection politique pour les Targaryen ? Car je note bien l’emploi du futur dans vos paroles. Vous êtes persuadé qu’il suivra votre nièce si elle se décidait encore une fois à vous piétiner. »

Ridicule. Cette tentative de se faire entendre était ridicule puisqu’une fois encore, personne n’était là pour écouter.

« Vous ne suivez aucunement notre idée en annonçant une guerre. Une nouvelle fois, aucune mention n’en a été faite de notre part. Mais si la Reine du Sud se décide à écraser la paix, je crains de ne voir personne se dresser face à elle. »

L’ultime vexation vint du dénigrement violent de la famille à la paume dorée. Ainsi, pour le Arryn, ils n’étaient que négligeables ? Une pièce de Cyvosse ? Un grain de sable ? C’était la goutte d’eau.

« Si nous sommes si insignifiants à vos yeux alors pourquoi nous recevez-vous ? Par pitié ? Pour offrir un semblant d’oreille attentive alors que ces choses là auraient dû être faites durant le « procès » ? Devrions-nous nous retirer pour éviter à votre Royale Régente personne d’autres gênes de la part de cancrelats ? »

Elle soupira.

« Si nous sommes si insignifiants, » reprit-elle. « Il ne sert donc à rien que je tente, en vain depuis le début de cette conversation, de vous proposer un contrat commercial ? Est-ce pour cela que vous êtes resté sourd à mes allusions ? Sourd à toutes mes questions ? »

C’était dit. Elle l’avait prononcé nettement. Peut-être n’avait-il pas saisi la subtilité de ses propos. Peut-être avait-il fait mine de ne pas les saisir. Désormais, il n’avait plus le choix. Il lui faudrait répondre.
Valena sentait sa patience s’étioler alors que le temps filait. Ses nerfs déjà mis à mal par le procès étaient une nouvelle fois malmenés. Elle était si fatiguée de ce jeu de dupes.





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MessageSujet: Re: Sans langue de bois [Valena Allyrion & Cletus ALlyrion & Elbert Arryn]   Dim 13 Nov - 22:34

SANS LANGUE DE BOIS

An 300, Lune 7- Harrenhal - Conflans



valena allyrion & cletus allyrion & elbert arryn

Plus le temps passait, moins la conversation allait vers quoique ce fût de constructif. Les langues se faisaient moins douces, moins prudentes, et les mots qui franchissaient désormais les lèvres du valois comme celles des dorniens étaient désormais si acides que l’amitié qui aurait pu naître de cette entrevue paraissait ne plus être qu’une utopie. Il n’y avait eu nul besoin du vin pour faire s’évaporer la distance et les propos courtois qui étaient supposés être de mise. Les esprits étaient déjà échauffés lorsqu’ils étaient entrés dans cette pièce, sans doute que cette réunion étrange aurait dû être reportée au lendemain, afin de permettre à chacun de se remettre des émotions que la fin précipitée du procès ne leur avait pas permis d’exprimer. Cette colère, cette frustration, aussi bien celles des enfants Allyrions que du jeune régent ressortaient, et alors qu’ils auraient pu s’aligner sur une même pensée, voilà qu’ils s’affrontaient, mettant à mal ce que chacun aurait pu tirer de ce dialogue qui n’en était plus un.  Le sujet de départ avait bien trop vite quitté la table des discussions pour se trouver remplacé par des questions beaucoup plus graves et sujettes à polémique sur l’avenir de Westeros. S’appuyant sur le dossier du fauteuil qu’il occupait, le cadet avait retiré ses mains de la table de bois pour les poser sur les accoudoirs, son visage s’était légèrement abaissé, bien que son regard clair resta planté dans les yeux bruns du nordien. Il n’écoutait plus que d’une oreille ce que leur disait le régent, et bien qu’il n’en perdit pas une miette, son esprit était ailleurs. Tandis que le valois leur répondait, sa réflexion l’avait mené à prendre du recul, à se faire observateur de la situation dans laquelle il se trouvait plongé avec sa sœur, afin que l’objectivité l’amena à voir ce sur quoi l’emportement et l’orgueil l’aurait aveuglé. L’odeur du feu de bois et le parfum des mets luxueux que le régent avait fait préparer pour eux embaumaient l’air, mais sans pour autant éveiller l’appétit du cadet Allyrion. Lui qui venait d’assister à la mutilation de son frère, il aurait bien du mal à avaler la moindre bouchée. La tournure que prenait la conversation n’y aidait pas non plus. A ses côtés, il sentait son ainée perdre la patience qu’elle s’était appliquée à montrer depuis le début de l’entrevue. La verve de cette dernière révéla toute l’étendue de l’énervement qu’avait provoqué chez elle l’entêtement de leur hôte à ne pas quitter ce langage diplomatique avec lequel il s’appliquait à éviter leurs questions pour leur offrir des réponses qui les menaient vers de tout autres sujets. « Nous sommes entrés dans cette pièce pour parler justice autours de quelques mets, et nous ressortirons en ayant déclaré une guerre entre le Nord et Dorne. Il est fou de voir ce que l’on peut accomplir en moins d’une heure de temps. » Il n’avait pas interrompu son ainée, dont la colère n’était guère plus dissimulée. Valena avait quitté son masque de lady pour redevenir celle qu’il avait toujours connue. Aussi ce n’est qu’après que celle-ci ait terminé de parler qu’il avait pris la parole, non sans avoir brisé le silence pesant qui avait suivi les mots francs de l’héritière du Soleil Noir. Des mots trop francs, trop durs, certainement, quand ils étaient adressés à un Roi. Mais ce que la brune avait dit n’en restait pas moins vrai. L’ironie des propos du cadet ne masquait cependant pas la certaine amertume qui perçait dans sa voix pourtant douce et basse. « Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais si je ne m’appelais pas Allyrion, apprendre qu’un “ grain de sable“ sans importance s’était vu privé de sa langue par une Reine me donnerait une furieuse envie d’en savoir plus. Car, assurément, la parole de cet homme valait son pesant d’or si cela a amené à ce qu’on le condamne au silence. » C’était un fait. La mutilation du bâtard de la Grâcedieu provoquerait une propagation de ce fâcheux évènement dans tout le Royaume du Sud, mais aussi dans le Nord, dans le Bief, et à Dorne bien entendu. Des excuses s’en seraient suivies que l’insulte ne connaîtrait pas pareil publicité dans Westeros. « Votre grâce, j’entends vos paroles, mais nous ne sommes pas ici pour discuter d’une hypothétique guerre entre le Nord, le Sud, Dorne ou qui que ce soit d’autre que vous voudriez y ajouter. » Ses yeux bleus s’abaissèrent un instant avant de retrouver le visage du jeune veuf. « Vous voulez nous amener à vous déclarer que nous ne ferons rien contre la reine de la Couronne du Sud. Vous avez donc une bien piètre image de l’honneur dont vous nous avez gratifié être dotés au début de cette entrevue. Notre allégeance, ne va, et n’ira jamais qu’à la Maison Martell, sachez-le. Les Targaryens n’ont jamais conquis Dorne. Leurs dragons n’ont jamais effrayés nos ancêtres. Les Martells sont les Princes de Dorne, et notre loyauté ainsi que nos armes n’appartiennent qu’à eux. » S’appuyant sur les accoudoirs, le cadet se releva pour aller se saisir un fruit avant de laisser retomber son dos contre le dossier damassé du fauteuil. « Maintenant. A moins que vous ne souhaitiez poursuivre ce débat d’intentions belliqueuses avec de pauvres grains de sables dont l’avis militaires ne devrait pas vous soucier, je propose que nous en revenions à la conséquence la plus coûteuse de cette histoire de langue coupée : le commerce. Le fait est que Dorne vient de perdre un partenaire commercial et le potentiel de cette association était loin, très loin d’être négligeable. La libre circulation des denrées et des biens par les Montagnes rouges. La prospérité amenée par les échanges qu’auraient fait naître un tel traité commercial, tout cela est perdu désormais. Dorne peut se suffire à elle-même, là n’est pas le problème. Nous bénéficions de relations privilégiées et anciennes avec de nombreuses cités d’Essos, des liens qui perdurent encore aujourd’hui. Mais qu’allons-nous faire de ces marchandises, maintenant que les frontières de la Couronne du Sud et du Bief nous sont fermées ? Comme ma sœur vous l’a fait comprendre, et comme elle vient de le répéter, nous ne saurions nous montrer plus clair qu’en vous proposant de reprendre ce que votre nièce a abandonné sur un coup de sang, sans trop réfléchir aux conséquences, mais ce n’est là que l’opinion d’une moindre pièce sur le grandiose jeu de cyvosse qu’est Westeros, aussi, n’y voyez pas une insulte envers la Jeune Reine. »



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MessageSujet: Re: Sans langue de bois [Valena Allyrion & Cletus ALlyrion & Elbert Arryn]   Lun 14 Nov - 0:22

Sans langue de bois

An 300, Lune 7- Harrenhal - Conflans



Valena Allyrion & Cletus Allyrion & Elbert Arryn

Lady Allyrion continuait dans ses propos d'inaction. Il n'attendait plus qu'à entendre le mot « lâche » pour être totalement satisfait. Il était vrai que Dorne n'avait jamais été prise par les dragons mais il ne fallait jamais dire « jamais ». Il suffisait d'une fois, d'une simple fois, pour changer une ligne immuable dans l'histoire. Il s'amusait réellement de la situation, non pas par plaisir mais par le simple fait que des évocations quelque peu insultantes puissent la faire sortir quelque peu des sentiers battus. Amusant de constater que, toute proportion gardée, elle agissait exactement comme celle qu'elle condamnait pour le procès et la sentence infligée à son frère. Il ne manqua pas de le faire remarquer sur un ton neutre.

«Je ne vous considère pas comme plus stupide que votre frère. Il est juste amusant de constater que des insultes ou plutôt comment les avez vous appelez ? Des vérités qui ne plaisent pas, puissent ainsi vous faire réagir de la sorte. Nous devrions tous les deux passez plus de temps avec ma nièce je le crains. L’orgueil est un défaut que nous possédons tous en des doses différentes malheureusement. Je ne tenais pas à vous insulter de la sorte. Je comptais simplement rompre le pain et le sel avec mes invités afin de leur témoigner le respect et la protection qui leur est dû. Veuillez excusez mon désir de respecter la symbolique et la tradition. »

La cadette des Allyrion se fourvoyaient complètement. S'il y avait des enfants de l'été, il y avait aussi des enfants de la paix et elle en faisait partie. Voir ses amis, sa famille tombée au combat, ses champs incendier, la misère, la désolation, la mort dans toute son ampleur. C'était cela la guerre. Sa comparaison donnait une tout autre impression. De multiples guerres se jouaient-elles dans les ruelles malfamées de Port-Réal ?

«Ce que vous avez connu n'est pas la guerre mais de l'injustice. Ni plus, ni moins. Et je vous souhaite de tout cœur de ne jamais a avoir à connaître les affres de la guerre, Lady Valena.»

Il n'appréciait pas sa façon de lui parler. Il sentait du dénigrement sur ses exploits de bataille ce qui ne lui plaisait pas. D'autant plus qu'elle provenait d'une région qui avait eut l'audace de déclarer son indépendance en pleine guerre et qui par on ne sait quel miracle, n'avait jamais pris un retour de flamme en pleine face. A croire que les Seigneurs de Westeros, tout comme lui, avait finit par se ramollir. Il se devait de lui expliquer les choses comme il le voyait et le ressentait.

«S'il y a bien une chose en ce bas monde qui ne meurt jamais, Lady Allyrion, c'est bien la guerre. Tôt ou tard, un prétexte quelconque sera trouvé et une nouvelle éclatera. Je n'ai jamais dit que vous réclamiez la guerre. J'envisage les possibilités qui découleront de mon opposition à ma nièce, contrairement à vous.»

Le fait que le Prince Doran se range du côté des Targaryens étaient une possibilité envisageable. Il n'aurait certainement aucune raison de se ranger du côté d'Elbert en cas de guerre. L'inaction pouvait tout autant le servir que le desservir alors qu'une aide au sens strict et dans la plus minimaliste de ses formes pouvaient lui apporter beaucoup plus. C'était une simple question de calcul.

«Je ne parle pas au nom de votre Prince. Ne confondez pas hypothèses et affirmation. »

L'histoire du grain de sable lui plaisait beaucoup. Il l'avait utilisé savamment et le résultat escompté était arrivé. Lady Allyrion s'était vexée, piquée dans sa fierté et cela la faisait déballer toute verve ainsi que sa proposition commerciale. Comme au Cyvosse, il fallait parfois tenter une manœuvre grossière et voyante pour pouvoir placer ensuite un coup de maître.

«Je vois que vous oubliez bien vite que l'une des rares paires d'oreilles attentives au procès furent les miennes. Une simple insulte, bien placée, semble vous faire oubliez ce qui a été fait en amont. Comme une certaine Reine avec votre Prince. Étrange coïncidence ne trouvez vous pas ? Dans une guerre globale, même la maison Arryn pourrait paraître insignifiante. Cette pique était placée là pour vous démontrez que nous pouvons tous réagir à vif. J'ai autant de respect pour un Seigneur d'une maison prestigieuse que pour un homme ou une femme né dans une maison bien moindre. La Maison Allyrion est l'une des plus prestigieuses de Dorne et loin de moi l'idée de vous réduire sincèrement au niveau d'un grain de sable. Si je vous ai invité ici c'était dans le but de m'excusez et de porter la responsabilité de cette histoire et non pas dans l'intention d'obtenir un traité commercial. La conversation semble néanmoins avoir dérivé sur ma propre incapacité à gérer ma nièce. Une vérité que me blesse profondément mais qui devait être dite et comprise. Si vous étiez mes sujets, peut-être devrais je vous prendre tous deux comme main ha ha ha.»

Son rire était franc et non moqueur. Il pensait réellement ce qu'il disait. Ses conseillers, voir même sa main ne lui avait jamais fait remarquer ou du moins de façon aussi appuyé que virulente. Des fois les leçons et remise en question venaient à des instants et de personnes auxquels on ne s'attendait pas. Ce fut maintenant au tour du jeune Cletus de jouir de l'attention du Arryn. Il partageait son avis sur la sentence appliquée.

«Ser Cletus, je vous rejoins sur le point de la sentence. Plus une punition est lourde, plus la faute se doit d'être grave et plus vous lui avez accordez du crédit.»

En effet, il n'était pas là pour discuter d'une guerre mais Elbert souhaitait simplement leur illustrer le fait qu'à situation retourné, les deux jeunes gens avaient préférer éluder la question.

«Vous avez entièrement raison. Nous ne sommes pas là pour parler de guerre mais je tenais à vous montrer que vous avez tous deux esquivés ma question, comme je l'ai fais également. Du coup dois je aussi suggérer votre inaction ? Vous me demandez d'accomplir ce que vous ne vous sentez pas capable de faire vous même. Je n'ai pas plus insulté votre honneur que vous n'avez insulté le mien.»

Il n'avait pas vraiment songé au commerce jusqu'ici. A vrai dire, c'était une belle opportunité mais il ne savait par où aborder le sujet. Si le Grand Argentier avait été présent dans la pièce, les choses auraient eut plus de facilité à se mettre en place. Au lieu de parler, le jeune homme se leva et se dirigea vers la Allyrion. Il posa un genoux à terre en signe de respect avant de reprendre la parole.

«Je vais répondre à votre question, Lady Valena. Je m’entretiendrais de mes griefs avec la reine après mon mariage. Ceux que vous connaissez, ceux dont vous ignorez l'existence et ceux qui viendront sûrement suite à de récentes décisions de ma part et je tâcherai que ce genre de bévues ne se répètent plus, dans les mesures de mes possibilités. Vous ne possédez pas, votre frère et vous, un style d'expression très orthodoxe mais il semble s’avérer efficace. Je tâcherais de faire honneur à votre prose et votre détermination.»

Se relevant le Arryn, retourna à sa place et but une petite gorgée de vin avant de se rasseoir. Avant de commencer à parler de commerce, le régent voulait s'assurer d'une chose : s'adressait-il vraiment au bonne personne où les dorniens s'apprêtaient-ils à faire quelque chose dont il avait si vaillamment reproché à Rhaenys et à lui même de faire ?

 «Ma nièce prendra certainement très mal le fait que je discute commerce avec vous mais peut-ont réellement m'en vouloir d'avoir récupérer quelque chose dont on s'est délesté ? Avant toute chose, une question me taraude ... parlez vous en votre nom ou en celui du Prince Doran en matière de commerce ?»

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MessageSujet: Re: Sans langue de bois [Valena Allyrion & Cletus ALlyrion & Elbert Arryn]   Jeu 24 Nov - 10:43

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L’œil sombre, les lèvres gercées et les traits durcis par les épreuves du jour, le regard furibond de Valena ne quittait pas les orbes du faucon. Un faucon sans serres et sans bec. Elle voyait dans sa fébrilité, sa manière toute particulière, mêlant élégance feinte et lâcheté, l’ombre de l’inaction que ses propos avaient eu durant le procès de Daemon. Tout au plus avait-il tenté de proposer ses solutions pour faire éclater un semblant de justice. Malheureusement, ses mots n’avaient eu aucun écho dans le grand hall lugubre d’Harrenhal et encore moins dans les esprits obscurcis de la Reine et de sa Main. N’osait-il pas s’imposer car son nom n’était pas Targaryen ? Se sentait-il inférieur à la dragonne puérile ? Ou alors était-ce dans sa personnalité que de rester en retrait ? Se plaignait-il de n’avoir aucune influence sur sa nièce par alliance ? Le prenait-il comme un fait accompli ? Se faisait-il passer pour une victime ? En tant que Roi Régent du Nord, il devait se battre pour ses terres et son peuple. Or, elle ne voyait rien ici dans le suzerain de ce qu’elle s’était attendue à déceler en pénétrant dans ce bureau lourdement meublé que les domestiques avaient tenté de rendre chaleureux. D’homme droit, fier et courageux que son esprit s’était représenté, elle ne pouvait être que terriblement déçue de la réalité. Déçue et agacée.

Dans le silence pesant suivant les mots durs de la lady, la voix de Cletus résonna, pleine d’amertume. L’acidité non dissimilée de sa langue ne fit que conforter son aînée dans sa propre impatience irritée. Ses doigts martelaient les accoudoirs de bois sculpté de son fauteuil au rythme des phrases rapides d son cadet. Il réaffirma haut et fort leur allégeance profonde envers la famille princière. Le fait qu’ils aient encore à se justifier de leur loyauté l’exaspérait si fort qu’elle craignait d’anéantir le peu de patience qu’il lui restait. Que voulait entendre le Arryn ? Qu’ils trahiraient les Martell à la moindre petite occasion de vengeance ? Voulait-il profiter de leur accablement pour leur faire dire des choses qu’ils regretteraient plus tard ? Il les sous-estimait.
Faisant écho à ses dernières paroles, le cadet des Allyrion amena enfin le sujet à une de leur principale préoccupation.

Lorsqu’enfin le Régent s’exprima, l’unique fille de Ryon crut se liquéfier tant son sang bouillonnait. Les veines de ses tempes explosaient et sa peau martelée d’adrénaline lui semblait être une rivière de flamme. S’amusait-il de la situation ? Etait-il là pour les tester, se divertir de leurs réactions ? Etait-il aussi cruelle que sa nièce de les piquer ainsi pour son simple petit plaisir après les avoir vu effondrés devant la sentence rendue par la fillette ?

« Je ne suis pas ici pour « m’amuser », » tonna-t-elle. « A quoi vous attendiez-vous en nous dénigrant de la sorte après avoir été témoin de la mutilation de notre frère et de nos esprits las ? A un sourire courtois ? A un gloussement jovial ? »

Le Régent n’était pas stupide et la dornienne n’était pas difficile à cerner. Il aurait dû se douter de la tempête qui l’attendait en osant les comparer à de la vermine. Il jouait avec le feu et Valena était prête à brûler.

« Ne me comparez pas à votre nièce. Car si je lui ressemblais réellement, peut-être mon emportement actuel aurait-il des conséquences plus désastreuses que ma voix forte et mes joues blêmes. Vous auriez également tourné sept fois votre langue dans votre bouche avant d'oser nous comparer à de vulgaires insectes. »

Et plus de langues auraient également été coupées.

Rompre le pain et le sel et saupoudrez les mets de quelques paroles indélicates. Drôles de traditions que celles des nordiens. Aussi drôles que celles consistant à tuer un lord dornien et à humilier l’ambassadrice et sa famille en tranchant la langue de son frère.
Elle balaya le sujet de la guerre qu’il s’évertuait à entamer d’un revers las de la main. S’il croyait que la paix n’était bafouée que dans le sang et le fer, il était naïf. Plus naïf qu’elle encore.

« Avec des hypothèses, Roi Elbert, je serais marchande itinérante ou Reine de Westeros. Je n’ai que faire des hypothèses approximatives, bancales ou cauchemardesques que vous tirez après avoir fait mention d'une guerre inexistante. Je suis ici pour parler des faits. Certainement pas de vos relations intimes avec votre nièce. »

Pour parler injustice et pour parler contrat commercial, voilà les raisons de leur présence. Mais une nouvelle fois, le faucon s’avança comme leur seul défenseur durant le procès. Les Allyrion l’avaient déjà remercié pour cela, bien que ses interventions fussent vaines. Que voulait-il de plus ? Fallait-il qu’ils se laissent écrasés, insultés, sous réserve qu’il avait eu la grâce de se ranger timidement de leur côté ?

« Merci pour cette pique dans ce cas, je trouve qu’elle tombe à point nommé, n’est-ce pas Cletus ? »

L’indélicatesse du Roi Régent l’outrait. Pourtant, son rire franc et soudain sembla dérider un instant le visage de Valena tout en détendant l’atmosphère. Il ne se rendait pas compte de ce qu’il disait. Considérait-il sa Main actuelle comme si incompétente pour qu’il ose s’imaginer la Lady de la Grâcedieu en tant que conseillère ? Elle ne serait certainement pas la meilleure, à la différence de son cadet, bien plus réfléchi et diplomate. Aucune remarque ne franchit le seuil de ses lèvres et elle se contenta d’hocher la tête, le fantôme d’un rictus dans le regard.

« Est-ce vraiment de l’inaction de notre part que de discuter ici avec vous pour faire valoir nos droits et vous proposer un contrat commercial ? Est-ce vraiment de l’inaction que de désirer rentrer à Dorne pour nous expliquer avec notre Prince et prendre les mesures nécessaires ? Que voudriez-vous que nous fassions ? Que je saute à la gorge de la Reine ? Ne confondez pas inaction et stupidité. Je ne vous demande d’ailleurs en aucun cas d’agresser votre nièce. Mais de vous affirmer. »

La levée inattendue du Arryn suivie de son genou à terre devant elle la laissa muette de surprise. La Roi du Nord se cassait-il vraiment devant elle ? Elle fut tentée de lancer un regard interloqué à son cadet, mais se borna à rester raide sur son siège sans quitter du regard le sommet du crâne aux cheveux bouclés du Régent qui s’offrait désormais à sa vue.
Mais ce ne fut pas ce geste qui l’apaisa, mais les mots qu’il prononça ensuite.

« Je vous remercie, » répondit-elle simplement d’une voix claire.

Le père du petit dragon se redressa avant de retrouver son siège. Il resta songeur un instant devant la proposition de contrat. Valena secoua la tête à la nouvelle mention de sa nièce. Elle n’avait cure des nouveaux caprices risquant de découler. Si elle s’en offusquait, elle ne valait pas mieux qu’une enfant rageuse de voir son jouet délaissé emprunté par un camarade. Elle avait tiré un trait sur l’abnégation, le pardon et les richesses de Dorne. Elle devrait en assumer les conséquences.

« Le contrat commercial nous liant avec le Royaume du Sud concernait l’ensemble de notre région, avec accord du Prince Doran. Ce sont les termes que feu notre père a négocié avant d’être assassiné, terme que j’ai moi-même repris lors de mes échanges avec votre nièce. Aussi, si nous reprenons ce même contrat, il sera fait en ces termes. »





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MessageSujet: Re: Sans langue de bois [Valena Allyrion & Cletus ALlyrion & Elbert Arryn]   Lun 12 Déc - 21:56

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Le ton était étrange et la conversation semblait perdre quelque peu pied, devant les assauts verbaux qui provenaient de chaque côté de la table. Négociation, débat et philosophie auraient pu faire bon ménage en d’autres circonstances, mais dans le cas présent, ils s’éloignaient dangereusement des seules questions qui auraient dues les préoccuper à cet instant précis, prenant par la même occasion le risque de découvrir de nouveau conflits, une chose dont ils n’avaient vraiment pas besoin. La façon de gouverner de la Reine du Sud, celle du régent, la véritable nature de la justice et de l’honneur, le sens du devoir, étaient des sujets passionnants, mais qui les faisaient marcher sur le fil du rasoir alors que ni les dorniens, ni le jeune Roi du Nord ne semblaient prêts à laisser de côté leur fierté propre pour arriver à s’entendre sur les espoirs que portait cette entrevue privilégiée. Le ton poli avait cédé la place à une verve bien plus piquante, et chacun jaugeait l’autre dans un exercice où la reine du Sud n’avait fait que survoler, trop aveuglée par son orgueil blessé par le bâtard pour voir le poison dans certaines paroles qui lui avaient été adressé. Le jeune régent, lui n’avait pas été sourd à ces piques à peine dissimulées, et il le prouvait à nouveau en ne cédant rien face aux deux dorniens qu’il avait invité à sa table, conservant un calme que beaucoup auraient déjà abandonné devant l’impertinence teintée d’arrogance des enfants du Soleil Noir. Mais si le dialogue était possible avec le Roi du Nord, sa patience n’était pas infinie, et la situation ne laisserait pas aux Allyrions le loisir de persévérer éternellement devant le Arryn. C’est à ce moment-là que le veuf évoqua l’idée de les prendre tous deux comme main, dans l’hypothèse où ils auraient fait partis de sa Cour, des paroles qui furent suivies d’un rire que le cadet devina franc, mais qui aurait sans doute couté cher au valois s’il avait été servi au bâtard de la Grâcedieu, qui n’y aurait alors vu que moquerie, et non pas des mots qui avaient valeur de compliment. Quand son ainée l’apostropha, Cletus tourna son visage portant encore les traits de l’enfance vers elle. La patience de cette dernière était mise à rude épreuve, leurs nerfs fatigués par le procès n’aidant pas à garder l’esprit parfaitement clair sur cette occasion qui leur était offerte de « sauver », d’une certaine manière, la mission confiée par Doran à leur défunt père. Le cadet de la Grâcedieu n’eut pas le temps de se tourner à nouveau vers le nordien que ce dernier avait déjà quitté son fauteuil et fait le tour de la table d’un pas décidé, pour venir poser un genou à terre devant la lady vêtue de rouge.

Ce geste de la part du Roi du Nord laissa le jeune dornien sans voix, tant il était inattendu et surprenant, de voir ainsi le jeune régent du plus grand Royaume de Westeros ployer le genou devant la fille du Soleil Noir. Cette démonstration d’humilité lui fit presque regretter de s’être montré si impertinent devant cet homme qui faisait là preuve de plus de bonté et d’honneur devant eux que personne avant lui. Un Roi qui prenait parti pour des hommes et une femme qui n’étaient pas ses sujets, qui faisaient devant eux la promesse de veiller à ce que l’injustice subie ne se répéta plus, qui faisait montre d’une humilité admirable dans un geste que l’on attendait pas de celui qui portait sur sa tête la Couronne d’un grand Royaume. Un geste qui aurait était bien plus à propos de la part d’un autre souverain, qui avait eût pour seule réaction de leur envoyer une tête accompagnée d’une lettre plus destinée à se dédouaner des faits qu’à véritablement obtenir le pardon des lords du désert de Dorne. Le regard clair du cadet suivi le jeune Roi alors que ce dernier regagnait son fauteuil.
« Il n’est pas ici question de politique. La Reine Rhaenys aurait bien tort de se considérer humiliée, ou même affaiblie par ce qui est, avant tout, une alliance commerciale. Elle ne peut vous en vouloir de penser d’ores et déjà à l’Hiver et à la survie de vos sujets. Bien que sa décision de fermer les frontières en jetant à la figure de Dorne un contrat commercial ait semblé précipitée, nous pouvons penser, si ce n’est seulement espérer, qu’elle savait ce qu’elle faisait en privant son royaume d’un tel appui. S’il est une qualité que nous devons reconnaître à Rhaenys Targaryen, c’est qu’elle va au bout de ses idées, aussi, j’imagine qu’elle n’est pas prête de regretter son refus de commercer avec notre principauté. »
Plusieurs lunes s’étaient écoulées depuis que le Soleil Noir était pour la première fois parti à Villevieille afin de discuter de ce contrat avec la Jeune Reine, plusieurs lune que ce même contrat était en suspens, à la fois acquis et inexistant, car rien n’avait jamais été approuvé ni signé. Aujourd’hui c’était le tour des enfants du Lord de reprendre le flambeau, quitte à ce que la mission laissée inachevée à la mort du vieux dornien doivent trouver son succès avec un tout autre partenaire commercial.  « Dorne produit beaucoup de choses, notamment agricoles malgré ce que le climat de notre région pourrait laisser penser. L’hiver ne pourra que faire prospérer plus encore nos cultures et nos greniers ne seront jamais vides le temps que durera l’Hiver qui s’annonce. Vin, fruits, céréales, que nous savons aussi transformer en des denrées plus pérennes, ce qui n’est pas négligeable quand on prend en compte la route que devront parcourir ces produits avant de parvenir au Nord. Mais également du bétail ovin en nombre et  dont le cheptel est en permanente croissance, dont la viande peut être salée, la laine tissée, et le lait transformé. » Le cadet marqua une pause, les liens se faisant naturellement dans son esprit qui s’était toujours montré prédisposé aux études, sa faculté d’observation et sa mémoire qui ne lui faisait presque jamais défaut le faisant parler comme il n’avait jamais vu que les commerçants le faire. « Dorne a de nombreuses alliances avec des villes d’Essos. Cependant, je doute que les marchands ayant établis leurs comptoirs dans la principauté pour y vendre ferronneries ou tapis ne restent longtemps satisfaits de voir la porte des Montagnes Rouges fermée à leur passage. Ils ne tarderont certainement pas à se tourner vers d’autres ports que celui de Lancehelion, bien qu’ils auront du mal, je pense, à se passer de la sécurité que Dorne prodiguait à leur commerce. Aussi, si la situation aux frontières n’évolue pas, nous auront tôt ou tard tout aussi besoin que vous de cette alliance commerciale. Car si notre peuple ne risque pas de mourir de faim, il est des choses que Dorne est forcé d’importer, et cela nécessite donc que nous puissions tirer profit de nos cultures. Sur ce point nous tenions à être parfaitement transparent avec vous, prétendre que la principauté pourrait se passer de commercer avec ses voisins serait un mensonge bien mal avisé. »




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MessageSujet: Re: Sans langue de bois [Valena Allyrion & Cletus ALlyrion & Elbert Arryn]   Mar 13 Déc - 12:30

Sans langue de bois

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A nouveau la dornienne prouvait que le sang chaud de Dorne bouillait sans ses veines. Il n'était vraiment pas difficile de les piquer au vif. Là était le nœud du problème. Tous avaient été blessé dans son orgueil et cette colère avait rejailli comme la lave d'un volcan. Seul le jeune Cletus avait su garder son sang-froid. Il était triste de constater que les traditions de son royaume n'étaient pas respectées mais ce ne serait pas la première étrangère à les bafouer. La dernière ne date n'était autre que celle contre qui elle lâchait sa colère et sa véhémence. Il ne dit mot préférant la laisser continuer ses propos blessant. Des fois, mieux valait se laisser prendre des coups pour pouvoir transformer la rage qu'ils engendraient en actions positives ! Elle le remercia finalement et reprit la parole à propos des échanges commerciaux.

«Nous n'en changerons pas les termes. Il faut que je connaisse les engagements que nous devons tenir envers Dorne avant de prendre une décision. Comme vous le savez, l'hiver est bien plus rude et présent chez nous que chez nos voisins du sud. Il me faut donc réfléchir à la faisabilité de tout cela, sans que cela ne mette mon peuple en danger où n'appauvrissent les envois vers le vôtre !»

Le jeune Cletus Allyrion n'était pas en reste lui non plus. Le cadet évoluait toujours dans un style contrastant avec celui de son aînée, beaucoup plus volcanique. Il parlait avec raison et ses propos confirma ce que le régent pensait de la situation. S'il vexait Rhaenys, il n' y avait aucune raison qu'elle lui en tienne rigueur, il ne faisait que maintenir une certaine unité du continent tout en aidant son peuple pour l'hiver ! Un roi qui pensait au bien être et à la survie de ses gens étaient à ses yeux un homme honorable. Il s’efforçait de persévérer dans cette voie. Lorsque le cadet parla à nouveau, on aurait pût croire que c'était un véritable chef artisan qui parlait. Il semblait être au courant de chaque étape de la culture, en passant par la fabrication et à la conservation. Ce petit avait de l'avenir et le Seigneur des Eyriés pensait qu'il devait le surveiller de près. Attentivement, le Régent écouta le petit homme avant de prendre la parole à nouveau. Ses phrases rejoignant celles prononcées la dernière fois qu'il s'était exprimé sur le sujet du commerce.

«Merci pour cet exposé ô combien intéressant Ser Cletus. Vous semblez avoir été aussi bien formé que votre sœur pour ce faire. Vous semblez être en mesure de fournir de nombreux produits d'excellente qualité et facture. Je réédite ma question précédente. Que doit offrir le Royaume du Nord en échange ? De l'or ? D'autres vivres ? Des tissus ? Je suis toute ouïe à votre proposition.»

Bien sûr en plus de son aval, il devrait présenter la chose à son Grand Argentier. Ce serait à lui d'analyser au mieux la situation sur le plan pragmatique de la gestion et de la comptabilité. A voir ce que cet homme en penserait.

«Votre proposition semble intéressante. Nous avons prévu de solides réserves pour l'hiver mais nous aurons toujours besoin de toute aide extérieure. Comme vous l'avez démontré, Dorne aura également besoin de notre soutien. Je pense que nous pourrions déboucher sur une solide alliance commerciale, qui pourrait nous être profitable à tous les deux. Dorne a mauvaise réputation aux yeux des étrangers. Je pense que vos produits pourraient redorer l'image ternie dont joui votre peuple, du moins dans mes contrées. Je pense que nous pouvons arriver à une bonne entente, une fois que mon Grand Argentier se sera également entretenu avec vous.»

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MessageSujet: Re: Sans langue de bois [Valena Allyrion & Cletus ALlyrion & Elbert Arryn]   Mar 20 Déc - 11:37

Sans langue de bois

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L’orage était passé. Malgré l’échauffement des esprits et l’ambiance lourde de sous-entendus qui avait pesé sur les épaules du trio, l’atmosphère s’était détendue. Légèrement. Toujours méfiante, irritée et éreintée, Valena restait sur ses gardes face à cet étrange roi qui s’offusquait de ne pas les voir manger et qui les titillait pour son bon plaisir alors qu’ils venaient d’assister à la mutilation de leur frère. Cependant, son genou à terre et sa promesse de discuter avec la Reine du Sud suffit à la convaincre de rester assise dans le petit bureau loin d’être accueillant pour négocier le contrat commercial avorté avec la Targaryen. Même si les paroles de sa sœur ne trouvèrent que peu d’écho chez le faucon, Cletus sauta sur l’occasion pour vanter les mérites agricoles et commerciaux de la Grâcedieu. Il était évident qu’il tentait de clore le débat en passe de devenir véhément entre le Régent et la Lady, débat qu’elle n’aurait pas abandonné si la situation commerciale de Dorne n’avait pas été abordée.

Un mauvais sourire ourla délicatement, imperceptiblement, les lèvres pleines de la brune lors de la prise de parole de l’unique fils de Deria. Malgré la politesse et la mesure de ses propos, elle connaissait assez son frère pour connaître chacun des accents de sa voix et savoir qu’il pensait à peine ce qu’il disait en mentionnant la petite-fille du Fol. Allons, déchirer un contrat commercial en plein hiver à cause de la verve d’un bâtard du désert ? Cela sur un coup de tête alors que voilà des lunes qu’elles s’échangeaient des corbeaux pour mener à bien la mission du dernier ambassadeur des Martell ? Qui donc était assez fou et ridicule pour agir de la sorte ? Bien sûr que non, elle ne savait pas ce qu’elle faisait. Après tout, elle n’avait jamais été destinée au trône et son accession à celui-ci restait encore bien mystérieuse. Faire des mœurs dorniennes une généralité en étendant à l’ensemble de Westeros le droit d’aînesse pour les filles et les femmes ? Avait-elle fait cela pour son peuple ou pour elle-même ? Comment les Six Couronnes avaient-elles accepté si facilement une telle décision ? Voilà une réaction bien étrange de ce peuple du nord, pourtant fermement convaincu de la supériorité naturelle des hommes. D’ailleurs, chacune des décisions de la Cruelle semblaient floues. En plus de cette drôle de loi, « en l’honneur de sa défunte mère » et la rupture du contrat commercial, elle s’évertuait, alors que le gel frigorifiait déjà le Nord et le Conflans, à reconstruire les ruines de Lestival ? Encore une fois, à quel point fallait-il être écervelée pour préférer des travaux architecturaux de ruines en pleine saison froide, aux besoins fondamentaux de ses gens ? Valena ne comprenait pas et ne cherchait plus à comprendre. La logique semblait être défaillante.

La description détaillée des richesses du fief de la Grâcedieu par son frère ne fut ponctuée d’aucun commentaire par la dornienne. Elle aurait pu être étonnée par le niveau de connaissances de son benjamin qui avait pourtant grandi loin d’eux, au cœur des Montagnes Rouges, et par son comportement étrange qu’elle avait pris pour un manque d’attrait pour la forteresse en déguerpissant pour Volantis dès le retour de son écuyage. Mais son tempérament discret et son intelligence digne du plus sage des mestres de la Citadelle ne le faisait que très rarement s’épancher sur son niveau d’érudition. Aussi, il était difficile pour ses interlocuteurs de connaître les limites de son savoir. Et il était évident qu’il s’était informé sur les travaux agricoles et commerciaux de son géniteur.
Le regard sombre de la jeune femme ne quitta pas les orbes du faucon. Céréales, vins, bétails, fruits… Oui, autre chose que des sucreries, comme l’avait si bien pensé Elbert Arryn.

« Comme l’a soulevé mon frère, nous avions besoin du Royaume du Sud pour les échanges. A Dorne, nous manquons de bois et de métaux comme le fer ou encore l’acier. Mais le Nord n’est pas en reste sur ces deux ressources. J’ai même entendu vanter les mérites du ferrugier, lors du banquet, » reprit-elle. « Mais bien sûr, l’or reste le moyen le plus pratique lors d’un échange. »

Elle acquiesça aux paroles du Arryn, ayant recouvré le visage dur et sévère ayant jadis été celui de son géniteur.

« Je suis également convaincue que nous pourrons déboucher sur une alliance commerciale durable. Je ne peux concevoir que les choses soient autrement alors que nous traitons avec un homme qui sait placer ses gens en priorité. »

Si Valena avait eu un aperçu des défauts du jeune roi, elle avait également pu constater ses qualités. Un homme d’honneur, quoiqu’un peu maladroit dans ses propos, qui était prêt à laisser sa zone de confort derrière lui pour confronter sa nièce sur son comportement. Qui était prêt à faire passer l’intérêt de son peuple avant le sien, car il était évident que l’échange avec la Targaryen ne serait pas aisé.

« Si les termes vont conviennent, nous discuterons avec votre Grand Argentier dès que vous le jugerez nécessaire. Il me faudra cependant rentrer à Dorne dans les plus brefs délais pour rencontrer notre Prince. »

La journée était interminable. D’abord, elle avait patienté des heures durant sur un banc froid lors du tournois, à observer sans grande attention les combattants. Puis, Ulwyck avait été blessé, il fallait encore qu’elle aille le visiter, et Daemon avait été emprisonné. Le procès n’avait fait que refaire jaillir la part tempétueuse et colérique que la brune s’était tant évertuée à enterrer après toutes ces lunes. Et voilà que Cletus et elle tentaient de sauver la part dornienne du contrat commercial face au Roi du Nord. Malgré la fatigue, l’adrénaline, la colère et un puissant sentiment d’injustice qui l’écœurait la faisait encore tenir debout.
Elle voulait qu’Elbert Arryn appose sa signature sur le parchemin signé de la main de Ryon Allyrion, de Doran Martell et de la sienne. Ainsi, elle pourrait au moins rentrer la tête haute chez elle et aurait de quoi faire valoir les droits des Allyrion face à Doran.





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MessageSujet: Re: Sans langue de bois [Valena Allyrion & Cletus ALlyrion & Elbert Arryn]   Sam 7 Jan - 14:36

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Laissant de côté le débat qui avait laissé planer le danger de voir les choses s’envenimer plus encore, la conversation se concentra sur le commerce, sujet infiniment moins propice à discorde, puisque chacun des deux partis avait son épingle à tirer de ce jeu. Ce fut avec un poli hochement de tête que le cadet répondit aux remerciements du jeune régent. Son regard s’abaissa pensivement alors que son ainée répondait à son tour. Si c’était avant tout de l’or qu’aurait tiré Dorne de son commerce avec le Sud, les ressources du Nord n’en étaient pas moins intéressantes pour la principauté. L’Hiver était déjà là. Et les dorniens ne faisaient qu’en goûter le commencement à Harrenhal. La fine couche de neige qui recouvrait la pierre sombre et le givre qui figeait les paysages du Conflans n’étaient rien comparés à ce que subiraient tôt ou tard les peuples du Nord et du Royaume du Sud. Un Hiver que Dorne ne connaîtrait jamais. Et ce fléau qui avançait, inlassablement, dans tout Westeros, avait des airs de miracle pour la Principauté. Le désert fleurirait, les Montagnes Rouges prendraient la couleur des pâturages, et les rives de la Sang-Vert seraient plus fertiles qu’elles ne l’avaient jamais été. De cette injustice les dorniens en tireraient avant tout profit, car ils avaient bien peu de raisons d’éprouver de la pitié pour les peuples du Nord qui se complaisaient depuis si longtemps à nourrir des rumeurs peu reluisantes sur la principauté. Si le Prince Doran était plus ambitieux il verrait l’ère qui s’annonçait comme l’occasion rêvée de faire de Dorne le centre de Westeros. C’est ce que pensait l’Allyrion, alors que ses yeux se promenaient sur les mets aimablement offert par le valois. Mais le Martell était aussi complaisant qu’il aimait à penser que sa principauté ressemblait à ses jardins d’eaux qu’il ne quittait que rarement. Que penserait-il de voir le contrat boudé par sa nièce trouver son aboutissement entre les mains du Nord ? Craindrait-il tant de froisser la fille d’Elia qu’il y mettrait un terme dès lors que la lady de la Grâcedieu aurait rejoint Lancehélion ? Chérissait-il la mascarade de paix qui se jouait entre Dorne et le Sud au point de préférer laisser son peuple s’appauvrir, pourvu que l’Histoire retienne que le Prince Martell n’avait jamais porté atteinte à l’orgueil de la Targaryen ? Si l’avis du Prince de Lancehélion sur l’écart du bâtard de la Grâcedieu était encore inconnu, le choix de ce dernier d’envoyer la fille orpheline du dernier ambassadeur pour parvenir, enfin, à la signature d’un contrat commercial, restait un véritable mystère. Etait-ce la peur de mal faire qui avait poussé la Princesse Arianne à ne pas quitter le confort du Palais-Vieux, ou tout simplement la paresse ? Et de son refus, pourquoi Doran n’avait-il pas réagit en nommant son frère Quentyn à sa place, quand personne Dorne n’ignorait la crainte de l’Héritière de voir un jour son père lui retirer ses droits sur le futur de la Principauté ?
La fatigue de cette journée qui semblait ne jamais vouloir se finir commençait à peser sur les épaules du jeune dornien. Une seule envie l’habitait, celle de prendre la route pour Dorne au plus vite. De retrouver ces dunes et ce désert qui lui manquaient déjà. Il savait pourtant que cela ne serait pas. Le banquet lui avait fait entrevoir un bonheur qu’il n’espérait plus, celui de retrouver celle qui ne quittait que rarement ses pensées. Dès que cela serait possible, il suivrait le Prince Oberyn dans le Val, mais l’existence de ce projet tout comme la raison de ce dernier, sa sœur Valena en ignorait tout. Lui annoncer ce départ vers le Nord devant le Régent serait bien mal avisé, quand il ne connaissait que trop les colères que pouvait provoquer chez la lady ce genre de cachoteries. « Lord Royce semble être un homme doté du même sens de l’honneur et de la justice que vous, votre grâce. Pendant le procès, il a été, avec vous-même bien entendu, le seul à véritablement écouter ce que nous avions à dire. Mais aussi prometteur qu’est d’ores et déjà ce contrat pour le Nord comme pour Dorne, les circonstances nous poussent à rentrer au plus vite à Dorne, ainsi que l’a dit ma sœur. » Tout en se tournant vers son ainée, il s’était redressé, son dos quittant le dossier du fauteuil alors que son avant-bras s’appuyait sur l’accoudoir de bois sombre et luisant. Si ils espéraient encore que leur Prince fasse preuve de compréhension et de clémence pour l’acte de leur frère bâtard, il n’oubliait pas qu’à la mort de leur père, le Martell avait eut pour seule réaction de jeter le voile sur ce qui n’était rien d’autre qu’une déclaration de guerre de la part du Bief. Mais si il n’y avait eut aucune conséquences au meurtre du Soleil Noir, une insulte avait à elle seule mené à la fermeture des frontière, à la fin d’un contrat commercial et donc d’une paix durable entre le Sud et la Principauté. Autant de faits qui semaient de terribles doutes dans l’esprit du cadet, quant à l’accueil dont ils seraient gratifiés à leur retour. « Le Prince Oberyn doit se rendre dans le Val, si le temps venait à nous manquer pour discuter tous les points de ce contrat avec le Nord, je me propose, si ma sœur l’autorise, de l’y suivre. Ainsi, si au départ de la délégation dornienne d’Harrenhal, le contrat n’était pas tout à fait établi, nous pourrions continuer à en étoffer les termes après votre mariage. »





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MessageSujet: Re: Sans langue de bois [Valena Allyrion & Cletus ALlyrion & Elbert Arryn]   Dim 8 Jan - 17:35

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Valena Allyrion & Cletus Allyrion & Elbert Arryn

Elbert écouta attentivement la Allyrion parler des richesses qu'il manquait à Dorne et trouva que son discours tenait la route. Valena fit tout de même une certaine éloge d'Elbert en prétextant qu'il plaçait la sécurité et le bonheur de son peuple dans ses priorités. C'était tout à fait vrai à ses yeux. Daenerys aurait fait de même, il en était convaincu et ce même si leurs avis divergeaient sur de nombreux points. Le Arryn hocha calmement de la tête mais ne prononça aucun mot lorsque la dame de la Grâcedieu parla de rentrer à Dorne dans les plus brefs délais. Il doutait qu'elle puisse prendre la route aujourd'hui même ou le lendemain. Son frère tout comme leur ami dornien nécessitaient encore des soins avant de pouvoir voyager en tout tranquillité. Du moins c'était ce que les mestres avaient suggérés. Libre à eux de prendre des risques mais le Régent du Royaume du Nord ne souhaitait pas être tenu pour responsable en cas d’aggravation des blessures. Pourquoi ne se prononçait-il pas ? Pour la simple et bonne raison qu'il commençait à être habitué aux deux jeunes gens et qu'il savait que le cadet avait tendance à parachever le travail de son aînée.

Le chevalier de la Grâcedieu lui fit un compliment envers sa Main, Andar et indiqua qu'il souhaitait, tout comme la femme qui gérait le fief de la maison Alyrrion, rentrer le plus rapidement possible à Dorne. Sa proposition de voir avec le Prince Oberyn qui comptait se rendre dans le Val pouvait certes être intéressante mais le jeune régent donna son avis sur la question. En effet, il voyait difficile comment un Prince exilé pouvait parler au nom de son frère. Ce même qui l'avait bannit de ses terres.

«Je préférerais que nous réglions rapidement cette affaire. Je n'ai rien de personnel envers le Prince Oberyn mais j'ignore s'il serait bien vu par votre Prince que je traite avec son frère qu'il a lui même banni de ses terres. Ne serait-ce pas quelque peu irrespectueux tant envers ses sa représentante, Lady Allyrion, qu'envers le Prince Doran lui même ? »

Il commençait à se faire tard et les dorniens avaient vécu pas mal de sensations fortes au cours de la journée. Il était donc normal qu'il puisse un peu se relaxer et se reposer. Le Grand Argentier s'occuperait dés le lendemain de cette affaire de la plus haute importance en compagnie de tous les protagonistes. Le Régent du Royaume du Nord marqua une pause avant de reprendre la parole sur un ton toujours aussi déterminé.

«Mon Grand Argentier pourra vous recevoir demain en ma compagnie. Il analysera votre proposition et nous pourrons signé rapidement un accord. Si cela vous va, je vous invite à entamer le repas. Si vous le désirez, vous pouvez bien évidemment regagner vos quartier et profiter du confort des lieux. Plus vite nous aurons traiter cette affaire et plus vite vous pourrez regagner vos terres. En tenant compte toute fois que pour le confort de votre frère et de votre ami, vous devriez vous assurer qu'ils seront bien apte à voyager sans danger.»

Le Régent laissa donc le choix au Allyrion de regagner leurs appartements ou de se sustenter. L'entretien politique et commercial était pour lui terminé.

© DRACARYS



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Sans langue de bois [Valena Allyrion & Cletus ALlyrion & Elbert Arryn]
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