RSS
RSS
Les liens utiles

Règlement
Contexte
Intrigues
Annexes
Avatars
Divers Bottins
Personnages non jouables
Postes Vacants
Scenarios
Invités
Partenariats


 
AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Pensez à nous envoyer vos plans si vous en avez Wink
Nous avons besoin de monde dans l'Ouest, l'Orage et le Conflans! Points à la clé !
Le staff est majoritairement en absence/ralentissement actuellement, pour des raisons plutôt
importantes, alors merci de prendre votre mal en patience concernant
les plans & cie,
on fait ce qu'on peut ♥️

Partagez | 
 

 [FlashBack] Une ivresse efface mille tristesses | Alesander & Lyarra

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage
Invité
Invité
avatar
Valar Dohaeris

MessageSujet: Re: [FlashBack] Une ivresse efface mille tristesses | Alesander & Lyarra   Mar 27 Sep - 0:54

Une ivresse efface mille tristesses
Alesander & Lyarra | An 297
Alesander soupira doucement. L'attitude qu'elle lui décrivait, il la connaissait bien. Les hommes et les femmes étaient une drôle d'espèce : même s'ils refusaient la soumission, toujours ils finissaient par y trouver un certain confort et à refuser de dégager des rangs. C'avait toujours été comme ça et le Staedmon doutait fort bien, malheureusement, que les êtres d'esprits comme ils étaient oseraient un jour bouger pour faire changer les choses. Les vivants étaient une espèce déprimante. Oui, c'était le mot juste, pensa-t-il.  À regarder l'humanité aller, il finissait par se blaser un peu. Pourtant, de ce groupe d'êtres vivants il faisait également partie. Ironique. D'un geste un peu las, sans pourtant affecter sa bonne humeur naturelle, il haussa les épaules, son regard fixé sur la nordienne.  « Pour préserver leur honneur, beaucoup refusent d'affirmer que les femmes peuvent être aussi douées que beaucoup d'hommes dans à peu près tous les domaines. C'est malheureux, je crois, puisque ce sont ces gens qui, pourtant, pourraient permettre à la cause d'avancer un peu. Mais voyez-vous, l'image est toujours plus importante que le bien être des autres. Saufs pour certains individus, mais ils sont rares.  » Bien qu'il ne le mentionna pas, Alesander faisait partie de ces gens. Peut-être pas au niveau de son opinion sur les femmes, mais au niveau de bien d'autres choses diverses. Comme tout être vivant, il n'était pas parfait. Et, peu importait, il n'avait jamais eu l'intention de l'être. Il s'aimait bien dans son imperfection.  « Je pense que Westeros en entier devrait suivre votre modèle et celui de Dorne. Peut-être qu'une femme à la tête d'une maison mal dirigée par un homme réglerait beaucoup de choses. Mon père, par exemple, était un horrible lord. S'il n'y avait pas eu ma mère derrière lui, Broad Arch aurait été dans un pire état que celui dans lequel on me l'a laissé. » L'homme adorait feu son père, mais il ne pouvait absolument pas nier les tords qu'il avait commis.  

La jeune femme lui demanda s'il avait une épouse ; sur le coup, son sourire s'estompa et son regard se durcit un peu avant d'accueillir la vibrance d'une tristesse bien visible. Si ce n'était que le concept de s'unir à une femme, de lui imposer son nom de famille et tout ce qui allait avec, il l'aurait pris en riant. Alesander, dans l'absolu, ne comprenait pas cette course au mariage. Évidemment, il pouvait comprendre si un homme n'avait pas de frère pouvant procréer et continuer la lignée, mais dans d'autres cas... À quoi bon ? Il avait deux petits frères, Hewlett et Theobald qui pouvaient lui servir d’héritiers et qui semblaient également flatter de l'esprit la perspective d'un mariage à venir.  Et puis, il ne comprenait pas l'intérêt non plus de se fâcher pour une simple question posée par un individu vivant sur des terres où se marier était, en général, une norme et une nécessité. Mais présentement, le contexte en était tout autre. Ils parlaient de la situation des femmes, des demoiselles intelligentes et de tout ce qui gravitait autour de ce concept là. Malgré lui, il n'avait pas pu s'empêcher de penser à Leona, cette jeune femme qu'il avait réellement aimée et dont il n'avait jamais réussi à accepter le départ de ce monde, trop rapide et bien trop hors de son contrôle. Aussi absurde que ça pouvait paraître, lord Staedmon s'en voulait au plus profond de son cœur de ne pas avoir pu contrôler ces variables, de ne pas avoir pu faire en sorte que tout se finisse autrement. Dans son âme encore triste, il blâmait le mestre de Broad Arch et, encore aujourd'hui, il le regardait avec un fond de mépris dans ses prunelles brunes. Semblant ailleurs, l'homme se mordit la lèvre inférieure. « Je n'ai pas d'épouse, non. » Lança-t-il d'un ton qui pouvait paraître froid, légèrement dur, mais lui-même se surprit de sa voix. Il se sentit coupable, sur le coup. Elle n'avait rien demandé de mal, ce n'était pas de sa faute. Alesander n'était pas ce genre d'individu froid qui, dès que quelque chose lui déplaisait, ne sentait aucun regret à mettre à risque une possibilité d'entente positive. Il était bien plus du genre à prendre sur lui dans ces moments-là. Personne n'avait à payer pour ses ressentis désagréables, si ce n'était que lui. D'un effort marqué, l'homme de l'Orage releva son regard vers la femme du Nord, tentant un petit sourire. « Mais j'ai aimé une femme. Il y a quelques années de ça. Je devais l'épouser, mais elle est partie bien trop tôt. J'étais encore jeune et insouciant, ça m'a pris un moment avant de réaliser et, surtout, à accepter la perte. Leona, qu'elle se nommait. Elle était jolie ; des cheveux presque noirs et de grands yeux bleus.  » L'insouciance dont il avait fais preuve dans sa jeunesse lui donnait envie de s'esclaffer d'un rire jaune, amer. Si, à vingt-quatre ans, il avait cru pouvoir se remettre rapidement de la mort de Leona, aujourd'hui, à vingt-neuf ans, il portait encore un deuil qui, bien qu'il avait eu le temps de s'estomper un peu, le hantait encore. Il était surpris, parfois, lorsqu'une autre femme réchauffait ses draps et qu'il voyait surgir devant ses yeux, sur le tableau noir des paupières éteintes, l'image de son aimée qu'il n'avait pourtant connue que deux ou trois ans.  Sa gorge se serra vaguement, mais Alesander avait cette capacité de ne pas laisser ses émotions dépasser ses yeux et sa gorge lorsqu'il le fallait. Si ces mêmes émotions osaient devenir trempées, la honte le tourmenterait.  « Elle n'était pas que jolie. Intelligente, aussi. Énormément. Je l'écoutais parler et je me disais qu'à côté d'elle, je devais avoir l'air stupide. Je pense que si elle l'avait pu, elle aurait été aussi adéquate que tous les mestres que j'ai pu croiser dans ma vie. Elle m'apprenait toutes sortes de choses. Malgré elle, elle m'a ouvert les yeux et j'ai pu apprendre à voir plus loin que le bout de mon nez, que ce que je connaissais déjà et ce quoi j'étais habitué. Écoutez, elle m'a même montré à faire des couronnes de fleurs. Avez-vous vu beaucoup d'hommes faire des couronnes de fleurs ?  » Un rire un peu plus franc, taché de nostalgie, accompagna ses derniers mots qu'il prononça sans aucune honte du tout.  

L'ombre de Leona flottant toujours dans sa tête, il ne s'empêcha cependant pas d'essayer de passer à autre chose, mentalement. Sa main empoigna sa coupe qu'il porta à ses lèvres pour une nouvelle gorgée. Bien qu'il y avait déjà un bon moment que sa seconde coupe était en sa possession, elle n'était qu'à moitié vide. Il buvait lentement. « Je doute que ça vienne de mon débit, pour être honnête. J'aurais plus tendance à croire que c'est parce que je bois lentement. Il y a assez longtemps que j'ai bu de l'alcool pour la première fois, j'ai pu constater que je ne me sentais pas tellement embrouillé lorsque je buvais lentement ou en mangeant. Mais j'essaie de ne pas trop boire, lorsque je ne suis pas chez moi. Plus jeune, je le faisais, mais maintenant j'essaie de profiter du plus d'instants possibles dans mon état normal.  » Un sourire se dessina à nouveau, assez large, sur son visage, bien qu'une certaine lueur sombre dormait encore au creux de ses yeux. S'il disait vrai, il savait pourtant la raison majeure de cette décision. Il buvait pas mal, à Broad Arch, mais Hewlett finissait souvent par subir les conséquences de son irresponsabilité, prenant sur lui la violence de son frère dominé par l'alcool. Bien qu'il refusait de l'entendre, Evelyn n'avait pas tord du tout lorsqu'elle accusait Alesander de l'état mental d'Hewlett. Si, adolescent et jeune adulte, il se serait fiché de l'image qu'on avait de lui dans une taverne, il souhait désormais éviter le plus possible ce genre de situations pour éviter de ternir la réputation déjà presque inexistante de Broad Arch.
electric bird.

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar
Valar Dohaeris

MessageSujet: Re: [FlashBack] Une ivresse efface mille tristesses | Alesander & Lyarra   Mar 27 Sep - 16:08

Une ivresse efface mille tristesses

Début de l'An 297 à Cidre



Alesander & Lyarra

Encore une fois, elle suivait tout à fait son idée. L’honneur est une bonne chose mais également un problème pour permettre l’avancée de ce monde. L’image est au-dessus du reste et elle en avait été témoin lors de son séjour à Port-Réal. Ce n’étaient qu’une bande de nobles plus intéressés par les parures et les coiffures, les sourires faux et les flatteries, elle l’avait vu. C’est pour cette raison qu’elle ne se serait jamais plu au Donjon Rouge, elle a tendance à toujours dire les choses sans vraiment réfléchir au politiquement correct et surtout, elle a le don pour toujours mettre le doigt sur les sujets sensibles, simplement parce qu’elle ne prend pas de pincettes pour parler, parce qu’elle est franche et honnête. Mais elle n’est pas mauvaise, loin de là. Elle fut d’ailleurs flattée par les paroles de son interlocuteur. Disait-il cela pour lui faire plaisir ou parce qu’il le pensait réellement ? Elle ne savait pas trop. Il avait beau parler de « son exemple », il ne parlait pas d’elle particulièrement mais des femmes – voire des hommes – avec ses pensées et ses ambitions. Il disait aussi qu’une femme à la tête d’une maison pouvait être une bonne chose. Il est vrai que, peu importe le positionnement d’une femme sur la question, un regard féminin sur la politique ou la gestion d’un domaine est toujours une aide précieuse. Les hommes et les femmes sont différents pour cela, pour leurs priorités, pour leur vision des choses. « En fait, je ne pense pas qu’un seul homme devrait diriger une maison, ni même une seule femme. C’est une complémentarité, deux visions divergentes qui peuvent se retrouver et s’accorder. Je ne parle pas forcément de mari et femme, ni de mère et fils, mais simplement un héritier avec une femme qui serait choisie pour apporter un regard supplémentaire. L’idée existe déjà, avec la présence des mestres dans la plupart des maisons Westerosis, mais encore une fois, les Mestres sont uniquement des hommes. » C’était sa vision de la chose. Si encore, les héritiers pouvaient être des femmes, les choses seraient bien changées.

Lyarra avait effectivement le don de parler des sujets sensibles ou déplacés. Pourtant, quand elle avait demandé à Lord Staedmon s’il avait une épouse, elle avait tenté de se rattraper pour préciser qu’elle pensait ça parce qu’elle était persuadé qu’il avait une femme à aimer. Ça pouvait paraître assez paradoxale comparé au reste de la conversation, ça pouvait passer pour une pensée limité, se dire qu’un seigneur est forcément marié. Mais ce n’était pas ce qu’elle voulait dire. Elle sentait, non pas l’influence, mais la petite touche féminine qui avait touché ce personnage. Elle est maladroite dans ses propos et dans ses questions, l’alcool est certainement la cause de cette maladresse. Mais elle voit que cette question le dérange, elle voit son visage se fermer soudainement et commence à se sentir mal d’avoir été aussi stupide. Elle hésite un moment à lui dire qu’elle retire sa question, qu’il n’a pas à répondre. Quand soudainement il répondit, d’un ton un peu froid, du moins plus que ce qu’il avait été jusque-là, il répondit sèchement que non, il n’en avait pas. Lyarra était sans voix, elle le regarda avec de grands yeux, non pas parce qu’elle était surprise qu’il ait personne mais par rapport à ce changement de ton qui cachait quelque chose. Mais il revint à un visage moins fermé et une intonation un peu plus douce, poursuivant sa réponse. Il confirma qu’il avait aimé quelqu’un et le visage de la petite Cerwyn s’illumina. Elle aimait les histoires d’amour, les vraies, celles qui ne nécessitent pas d’obligation et qui changent une personne. Il raconta l’histoire de cette femme, il l’avait aimée il y a quelques années et fut surprise de savoir qu’il devait l’épouser. Elle se demanda rapidement dans son esprit pour quelle raison il ne l’avait pas épousée ? Etait-ce une roturière ? Une femme de joie ? Il y avait de nombreuses raisons possibles. Mais la réalité était toute autre et beaucoup plus dure. Cette jeune femme avait perdu la vie. Il lui dit également son prénom et lui donna une description brève sur sa chevelure et ses yeux. Deux choses qui devaient probablement le hanter depuis. Elle avait envie de lui prendre les mains pour le consoler, mais elle avait déjà été trop déplacée pour le moment. Elle garda ses mains crispées sur sa coupe, la portant alors à sa bouche pour boire une nouvelle gorgée et éviter de dire une bêtise. Elle avait bien fait puisqu’il continua sur sa description, il disait d’elle qu’elle était intelligente en plus d’être jolie. Il la compara même à un mestre, la jugeant capable de les égaler. Elle eut un large sourire, elle se retrouvait un peu dans cette Leona et il comprenait alors pourquoi il avait cet opinion des femmes et qu’il pensait qu’un jour les femmes puissent devenir mestre, que cette idée ne soit pas totalement absurde. Elle lui avait appris des choses, Lyarra espérait un jour aussi pouvoir apprendre tout un tas de choses à un homme. Elle réalisait que cette femme avait fait beaucoup pour cet homme, pour qu’il soit ce qu’il était aujourd’hui. Elle comprenait mieux pourquoi il s’était refermé. Sa perte avait dû être difficile, encore plus que si elle avait été sa fiancée qu’il ne connaissait à peine. Elle compatissait à sa peine. Puis il évoqua un souvenir, qu’elle lui avait appris à faire des couronnes de fleurs et sa remarque fit exploser Lyarra de rire. Elle ne pouvait pas s’en empêcher, c’était assez drôle comme image. « En effet, j’en connais très peu, mais je vous imagine bien avec de jolies fleurs ornant votre tête, cela vous donnerait un air plus doux, je suppose. » Elle ne connaissait pas cette Leona, mais elle aurait aimé la connaître, lui poser des questions, savoir comment elle faisait pour apprendre autant de choses à quelqu’un, comme rendre un homme bon. Mais elle ne dit rien par rapport à ça. « Je suis désolée qu’elle soit partie aussi tôt. Mais si vous gardez autant de souvenir et que vous ne les laissez pas vous abattre mais au contraire les utilisez comme une force, alors vous ne l’aurez pas aimée pour rien. » Elle ne savait pas grand-chose de l’amour, mais elle voyait les choses de cette manière. « Je suis désolée d’avoir posé cette question, je ne pensais pas que j’obtiendrais une telle réponse… »

Elle avait quand même eu l’intelligence de changer de sujet et de parler de leur débit d’alcool. Elle avait remarqué qu’il semblait avoir une coupe plus vide que la sienne. Il avait sûrement plus l’habitude de boire qu’elle, non pas que ce soit quelque chose de visible, mais il avait plus d’années d’expérience. Mais il expliqua qu’il n’avait pas particulièrement un débit important mais qu’en buvant lentement, il arrivait à être plus résistant. Lyarra, elle, avait beau tenter de boire lentement, elle sentait que ça lui montait à la tête. Elle était un peu faible face à l’alcool. « Je suis d’accord avec ça, quand je vois que certaines personnes boivent au point de ne plus pouvoir se contrôler, j’ai un peu de mal à comprendre. Ça devrait être un plaisir, non pas un moyen de changer d’état. Mais vous semblez être quelqu’un de sage, c’est bien, vos gens de Broad Arch doivent être fiers d’avoir un seigneur comme vous. » Elle prit une autre gorgée de son cidre avant de le mettre de côté. « Qu’allez-vous faire après ? Allez-vous rentrer sur vos terres ou comptez-vous rester dans le Bief encore un moment ? En ce qui me concerne, je dois retourner à Hautjardin dès demain, je n’aurai pas l’occasion de profiter de Cidre très longtemps, je ne voudrais pas inquiéter mon frère et toutes les autres personnes qui m’ont laissée partir seule. » Elle aurait aimé éventuellement parler au seigneur Fossovoie pour éventuellement lui confier son frère, mais ce ne serait pas pour cette fois-là. « En attendant, je vais profiter de ce cidre comme je le peux, tout en étant raisonnable. Sachez que parler avec vous est un plaisir, je ne m’attendais pas à faire ce genre de rencontre en arrivant ici. Je retiendrai tous vos conseils et toutes vos paroles. Merci beaucoup pour avoir partagé votre point de vue sur des questions qui me tiennent à cœur. »



© DRACARYS
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar
Valar Dohaeris

MessageSujet: Re: [FlashBack] Une ivresse efface mille tristesses | Alesander & Lyarra   Dim 9 Oct - 0:07

Une ivresse efface mille tristesses
Alesander & Lyarra | An 297
L'éclat de rire de la jeune femme surprit Alesander. Non pas négativement, mais plutôt d'une façon qui le poussa à rire lui aussi. On disait bien que le rire était contagieux, n'est-ce pas ? Lui-même avait envie de rire lorsqu'il s'imaginait avec des fleurs sur la tête. Plus jeune, il boudait un peu, mais maintenant le souvenir qu'il en gardait était bien trop précieux pour le nier d'une façon ou d'une autre. Des larmes de rires montèrent brièvement à ses yeux, jusqu'à ce qu'il finisse par se calmer, écoutant la jeune femme parler. L'homme ne répondit rien. Que pouvait-il bien répondre, après tout ? Elle n'avait pas tord et Alesander voulait laisser cette pensée telle qu'elle se présentait, sans lui ajouter ses mots légèrement ternis de tristesse. Sa mère lui avait toujours dit qu'on ne pouvait pas vivre une vie sans événements malheureux et que lorsqu'ils survenaient, il fallait toujours en tirer un petit peu de positif pour ne pas se laisser totalement emporter. Ce « bien » n'était pas de la joie, ni du plaisir, mais de la force et de la résilience. Les gens qui ne pouvaient apprendre à bâtir ces deux caractéristiques n'auraient pas les habiletés nécessaires pour se remettre d'une terrible situation. « Ne vous excusez pas. Vous ne pouviez pas savoir. » Son ton de voix se voulu rassurant. L'homme ne pouvait pas lui en vouloir pour quelque chose de si futile. S'il commençait à se frustrer contre tous les gens qui le froissaient avec leurs questions, il n'apprécierait plus beaucoup de gens. Certes, il aurait probablement la mine basse pour le reste de la soirée, lorsqu'il serait seul, mais ce n'était que de sa faute à lui. Ses prunelles se posèrent sur sa coupe encore à moitié pleine qu'il ne tarda pas à récupérer et à vider le restant du liquide. Sagement, il déposa le contenant sur la table en bois, s'apprêtant à redonner son attention à la nordienne.  

Sur le coup de ces multiples questions, le Staedmon sembla songeur. S'il était du genre particulièrement minutieux concernant tout ce qui touchait l'organisation et la gestion, l'homme était beaucoup plus brouillon lorsque ça concernait sa propre personne. À vrai dire, il n'avait pas réellement pensé à ce qu'il ferait après. L'air légèrement confus, il battit des paupière pour se défaire du flou visuel qu'imposait le départ mental. « Vous savez... Autant j'aime mon fief, autant je n'ai pas réellement envie d'y retourner immédiatement. J'ai reçu une lettre de mon frère, ce matin, et si ce qu'il me dit est vrai, je peux me permettre quelques jours de plus loin de chez moi. » Doucement, il soupira. Alesander avait bonne estime d'Hewlett, mais parfois il se demandait s'il était judicieux de lui faire confiance. Cependant, il avait envie de prendre le risque. Tant qu'il y avait un mestre à Broad Arch, il savait que si son frère entreprenait une connerie aux conséquences désastreuses il pourrait compter sur l'érudit pour remettre le jeune adulte sur le droit chemin. D'un main distraite, il fit lentement tourner sa coupe désormais vide sur la table. « Je pense que je resterai un peu dans le Bief. Pourquoi pas ! J'en profiterai pour aller voir ma sœur, sur le chemin du retour. J'irai peut-être voir quelques connaissances, aussi. Des gens que j'ai rencontrés au courant de mes voyages. Je ne sais pas si on me reconnaîtra, mais qui n'essaie pas n'obtient pas grand-chose, je suppose ? » Les avants bras appuyés sur la table, il avait laissé le verre tranquille. Son ton riant reflétait la réflexion qui se déroulait dans sa tête au même moment. Il ne savait pas réellement s'il s'agissait d'une bonne idée de se présenter sans prévenir personne, mais de mémoire les biefois étaient plutôt conviviaux ; il ne voyait donc pas le problème. Au pire, si on lui réservait un accueil négatif, il n'aurait qu'à partir. Dans les faits, il avait surtout envie de profiter des champs biefois et de leur habituel soleil avant de se renfoncer dans l'humidité lourde et le ciel continuellement gris de l'Orage. « Si vous voulez, nous pourrions faire un bout de chemin ensemble, demain ? Il y a bien longtemps que je n'ai pas mis les pieds à Hautjardin... » La dernière fois qu'il y était allé, c'était pour un tournoi. Quand exactement, il ne saurait vous dire. Il se souvenait des paysages fleuris et de l'ambiance pratiquement tirée d'un conte pour enfants. Ce n'était pas du tout ce qu'il appréciait ; c'était certainement pour ça qu'Alesander n'y était pas retourné depuis longtemps. L'orageois ne semblait pas du tout insistant: il comprendrait si la jeune femme refusait. Peu de jeunes femmes accepteraient de faire de la route seule avec un homme qu'elles ne connaissaient pas.

Un petit sourire triste orna le visage de l'homme. Non pas seulement car ce qu'il s'apprêtait à dire le concernait lui et sa personne, mais surtout par empathie. « Certaines personnes n'ont pas d'autres moyens que l'alcool pour vivre avec leurs problèmes. C'est compliqué à comprendre, certes, mais ce sont des choses qui arrivent. Certaines personnes mangent, d'autres gardent tout à l'intérieur, d'autres préfèrent boire. Ça ne banalise pas le geste, cependant, ça ne fait que l'expliquer. » Alesander haussa les épaules. Il avait connu son père qui, à la fin de sa vie, s'était retourné vers l'alcool pour noyer ses insécurités. La pomme n'étant pas tombée loin de l'arbre, il était chanceux d'avoir autour de lui des gens pour réguler au mieux possible sa propre consommation. Attention difficile, certes, mais qui l'empêchait de s'emporter trop souvent.  Lorsqu'elle le remercia, l'homme secoua la tête et agita la main l'air de dire que ce n'était pas la peine. Après tout, c'était elle qui avait posé les questions, il était bien normal pour lui de leur accorder une réponse. En fait, il croyait plutôt que c'était à lui de la remercier. En effet, chaque question posée était une occasion pour le receveur de faire de l'introspection, offrait un travail à faire sur soi-même et donnait la possibilité d'apprendre à mieux se connaître. Peu importe à quel point le questionnement était futile. « C'est tout un honneur pour moi aussi, je dois l'admettre. Elles sont rares les fois où je croise, en ce genre de lieux, des gens avec qui il fait bon parler de choses presque sérieuses. » Doucement, il laissa un rire fuir d'entre ses lèvres, jetant un regard sur les gens autour. Il était encore tôt, l'ambiance n'avait pas dégénérée, mais il savait fort bien que si la jeune femme s'était pointée ici plus tard, elle n'aurait peut-être pas apprécié son expérience. Il se rappela, un moment, sa jeunesse insouciante où il passait trop de temps entre batailles et alcool. Aujourd'hui, sa stupidité de jeunesse ( bien qu'elle ne soit pas si lointaine ) avait le don de le rendre à la fois honteux et attendrit. Sur son visage, un air nostalgique. Distraitement, il fouina dans la poche de son vêtement pour en sortir quelques pièces. S'en départir lui laisserait un goût amer au fond de la gorge, mais il n'avait pas vraiment le choix. « Mes conseils ne sont pas là pour être suivis à la lettre, vous savez. Ils sont là pour nourrir vos réflexions et, à partir de là, créer vos propres façons d'agir. Je n'ai peut-être pas l'air aussi éclairant qu'une bougie, mais j'aime savoir que mes mots trouveront une place dans votre mémoire. Moi aussi, j'aurais aimé être mestre, mais mon tempérament n'est pas vraiment compatible avec la profession. » L'homme haussa les épaules. Il ne savait pas si la jeune femme aurait souhaité être mestre, mais en considérant la question de tout à l'heure, il se permettait de supposer. Il y avait, au fond de ses yeux, quelques choses de doux. D'une certaine manière, les derniers mots de la jeune femme l'avaient touché.
electric bird.

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar
Valar Dohaeris

MessageSujet: Re: [FlashBack] Une ivresse efface mille tristesses | Alesander & Lyarra   Mar 11 Oct - 14:14

Une ivresse efface mille tristesses

Début de l'An 297 à Cidre



Alesander & Lyarra

La curiosité fait partie intégrante de la personnalité de Lyarra. Elle qui s’était méfiée de cet homme au départ, elle avait fini par sympathiser tout en posant beaucoup de question à son interlocuteur. Le cidre avait peut-être joué légèrement sur la décision de poser certaines questions, mais c’est surtout que Lyarra avait beaucoup de mal à résister sans poser les questions qui lui traversent l’esprit. Elle s’en voulait d’avoir posé des questions trop indiscrètes, des questions dont les réponses ont gêné la Cerwyn car elle voyait que ça mettait mal à l’aise d’une certaine façon son interlocuteur. Mais finalement, dans l’ensemble, elle trouvait que cet homme était quelqu’un de bien à connaître, une personne intéressante, aux idées et aux avis qui font et feront beaucoup réfléchir la nordienne.

Lyarra songeait à ne plus rester très longtemps. Elle ne devait pas dépenser tout son argent en cidre, elle devait le garder précieusement pour le repas du lendemain. Et puis, elle n’avait plus envie de boire davantage, non pas que la compagnie du seigneur Orageois soit désagréable, mais il valait mieux être raisonnable et rentrer à l’auberge avant que la taverne devienne un endroit peu recommandé pour une jeune fille comme la Cerwyn. C’est pour ça qu’elle lui avait demandé ce qu’il comptait faire après, enfin, le lendemain. C’était une manière de conduire la conversation vers une fin. Elle aurait probablement pu échanger encore de bonnes heures avec lui, mais il était temps de mettre un terme et, qui sait, ils pourront continuer leur discussion un jour ou une lune prochaine. Il expliqua alors que malgré l’amour  qu’il portait pour son fief, il n’avait pas envie d’y retourner tout de suite, ce qu’elle comprenait parfaitement. C’était exactement pareil pour elle, sauf qu’elle n’était pas la Lady de Castel-Cerwyn et qu’elle n’avait pas obtenu l’autorisation pour s’en aller. Le seigneur orageois semblait dire qu’il pouvait rester un peu plus longtemps loin de chez lui. Il évoqua la possibilité de rester dans le Bief pour voir diverses connaissances à lui, dont sa sœur particulièrement. Il proposa même de faire un bout de chemin avec Lyarra car ça faisait longtemps qu’il n’avait pas mis les pieds à Hautjardin. Lyarra n’était pas trop certaine, mais elle ne pouvait pas rester méfiante, après tout il avait prouvé qu’il était quelqu’un de respectable, alors avoir une escorte jusqu’à Hautjardin ne ferait sûrement pas de mal. « Eh bien, volontiers. Nous pourrons peut-être nous dire des choses que nous n’avons pas encore dites et le voyage sera tout de même moins ennuyant que si nous le faisons seul. Je pourrai vous présenter à mon frère, si vous allez jusqu’à Hautjardin, il trouvera sûrement plein de questions à vous poser. »  Une fois qu’il aurait sermonné son aînée, en fait. Même s’il avait laissé sa sœur se rendre à Cidre seule et sans escorte, il est fort probable qu’il la sermonne à son retour, surtout si elle arrive avec un étranger à ses côtés.

Lyarra termina son verre, doucement, même si elle comptait rentrer, il n’était pas question de boire trop vite et de prendre le risque que ça monte trop à la tête. Même si le cidre était bon, il y a parfois un reste dans le verre qu’on doit finir et qui est toujours un peu difficile parce qu’on n’en veut plus. Mais elle ne voulait pas gâcher et elle savait qu’elle ne profiterait pas de ce genre de cidre avant un moment. Bien sûr, avant de repartir le lendemain, elle avait prévu d’acheter une ou deux bouteilles de Cidre pour pouvoir faire déguster à Cley. Il a beau n’avoir que treize ans, il est déjà un fervent amateur des différents alcools de Westeros et même d’Essos. Alors qu’elle attaquait les dernières gorgées de sa coupe, Lors Staedmon fit des explications de son point de vue sur les raisons qui poussaient certaines personnes à boire avec excès. Ce serait apparemment une question de problème, une sorte de croyance que l’alcool peut résoudre les dits problèmes. Alors pour eux, l’alcool serait comme un dieu ? Elle se demandait alors si dans d’autres contrées certaines personnes vénéraient un dieu du vin ou de l’alcool. Ça doit être une religion assez intéressante cela dit. « Je vois ce que vous voulez dire. Quand je veux régler ou oublier un problème, généralement je lis un livre. » Elle essaya de ne pas préciser qu’elle s’enfuyait, chose qu’elle avait faite il y avait plus d’un an et qui l’avait menée jusqu’ici. Elle ne voulait pas passer pour une lâche qui n’affronte pas ses problèmes, même si finalement, face à l’alcool, ce n’était pas pire ou mieux.

Toutes ces belles paroles échangées annonçaient la fin de la rencontre, le moment de rentrer, ça y est, elle y était. Elle était tiraillée entre l’envie d’aller rejoindre son lit, de dormir et l’envie de continuer à parler avec cet homme. Mais l’esprit de la Cerwyn commençait à s’embrouiller et le sommeil était ce qui semblait le plus convenable dans sa situation. Il était vrai que rencontrer des personnes aussi intéressantes de manière aussi inopinée, dans des lieux qui à première vue ne s’y prêtent pas. Malgré tout cette taverne a offert à Lyarra – et apparemment également à Lord Staedmon – un agréable moment assez instructif. Le seigneur orageois ajouta une dernière chose, il expliqua que ses conseils et ses dires n’étaient pas à suivre à la lettre mais devaient servir à réfléchir. Lyarra eut un sourire. Elle le laissa finir sa phrase, disant qu’il aurait sûrement voulu devenir mestre aussi si son tempérament le lui avait permis. Elle répondit alors : « Ne vous en faites pas, je n’ai pas l’habitude de prendre ce qu’on me dit tel quel, j’aime beaucoup, comme vous le dites, faire mes propres réflexions dessus, tout en comparant avec d’autres expériences, d’autres témoignages et surtout par rapport à mon propre avis initial, mes arguments, mes croyances. Mais ne vous en faites pas, vos idées et conseils, j’en ferai bon usage. » Vint alors la dernière gorgée. Lyarra sortit de sa bourse quelques cerfs d’argent et les déposa sur la table. Elle ne savait pas si c’était le prix exact de ses consommations, mais ça ferait l’affaire. Elle se leva alors de sa chaise et s’inclina face à son nouvel ami, Lord Staedmon. « Je vous remercie encore une fois pour cet agréable moment. Si vous tenez toujours à faire un bout de chemin avec moi demain, je partirai probablement à la mi-journée, le temps de faire le tour de la ville et d’acheter ce que je dois acheter. Je vous attendrai devant l’entrée de la taverne. Passez une bonne nuit, messire Staedmon et si nous ne nous voyons pas, je vous souhaite un bon retour sur vos terres, en espérant vous revoir un jour. » Elle lui adressa un dernier sourire avant de tourner les talons et de se diriger vers la porte de sortie. Elle n’avait pas vu le temps passer, la nuit tombait. Fort heureusement, son auberge n’était pas trop loin de là, elle n’avait pas à marcher trop longtemps. Même si elle était restée assise un moment, ses jambes étaient tellement engourdies qu’elle n’aurait pas pu marcher plus. Ce fut en tout cas, une très bonne fin de journée pour Lyarra.


© DRACARYS
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Valar Dohaeris

MessageSujet: Re: [FlashBack] Une ivresse efface mille tristesses | Alesander & Lyarra   

Revenir en haut Aller en bas
 
[FlashBack] Une ivresse efface mille tristesses | Alesander & Lyarra
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2
 Sujets similaires
-
» [FlashBack] Une ivresse efface mille tristesses | Alesander & Lyarra
» L'automne en mille morceaux!
» Tiens tiens tiens... Comme on se retrouve... {Flashback} [Ryuuku Gakuen]
» Le Lac aux Mille et un Secrets
» Une nuit d'ivresse humaine

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Dracarys :: La tannière de Westeros :: Derrière les flammes du passé :: Archives 1ère fois :: Archives Dracarys 2.0 :: RP terminés-
Sauter vers: