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 [FlashB] Orgueil et préjugés l Lyra & Harrion

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MessageSujet: [FlashB] Orgueil et préjugés l Lyra & Harrion   [FlashB] Orgueil et préjugés l Lyra & Harrion EmptyLun 15 Aoû - 13:41


Orgueil et préjugés

Lyra Mormont & Harrion Karstark
Rage
Etait-ce encore lui qui animait ce corps… Son bras dont l’extrémité portait son épée semblait avoir une volonté propre. Autours de lui se mouvaient des ombres qu’il transperçait avec une haine bestiale. La lame réclamait le sang, il l’aurait juré. Elle s'abreuvant avec délice du fluide rouge sillonnant sur ses flancs d’acier, en redemandant encore, encore et toujours plus. A l’étrange lueur crépusculaire du ciel, elle rougeoya, poussant un sifflement sinistre, donnant au bras qui la tenait plus de fureur qu’il était possible d’en contenir, le poussant dans une danse mortelle. Tue… Tue… Tue pour moi… Tue-les tous...
Et aveuglément, il obéissait. Son unique désir était de répondre à cette indicible soif où chaque mort lui donnait toujours plus de plaisir et plus il tuait, plus il avait besoin de retrouver cette volupté, ce délice malsain incontrôlable.
Une fois de plus, l’épée fut plongée dans un corps et il s’en délecta. Si ses autres victimes n’avaient ni visage, ni forme distinctes, celle-ci avait une longue chevelure rousse dont les fils de soie ondulaient calmement au gré de la brise qui les caressaient. Il ouvrit un peu plus ses yeux. La tête baissée, le front presque posée contre son torse, il ne parvenait pas à voir le visage de cette femme que sa lame transperçait alors.
Plus rien ne semblait exister. Le plaisir s’enfuit en une seconde et le ciel se teinta d’un voile pourpré menaçant. Il venait de faire quelque chose de mal, il le ressentait jusque dans ses tripes. Mais pourquoi devrait-il s’en soucier ? Que faisait cette femme sur un champ de bataille ? Le sang de l’inconnue coulait le long de sa longue robe blanche et le coeur d’Harrion s'emballa. Il venait de commettre un crime impardonnable. La tête de la femme bascula doucement en arrière, se révélant à son bourreau qui ne supportait même plus le contact de son épée et qui pourtant ne parvenait pas à la lâcher. Il savait qui elle était et il ne voulait pas regarder mais il était figé. De grands yeux d’un bleu azuré se posèrent sur lui indulgents et doux. Cyrenna Locke, sa mère, venait de mourir dans ses bras de sa faute.

Douleur
Paralysé par une douleur qui le traversait de part en part, il la regarda s’effondrer, son corps quittant l’acier rassasié dont les gouttelettes cinabres perlaient dans un tintinnabulement insupportable. Lui qui ne pleurait jamais sentit une larme courir le long de sa joue, parfait composé d’un insondable chagrin, de souffrance et de terreur. Et tandis qu’il croyait être arrivé au sommet de l’horreur, son regard put enfin contempler ce qu’il avait cru être des ombres informes, des ennemis. Les yeux équarquillés par l’épouvante, il reconnut les visages de ses victimes. Torrhen, Eddard, Alys, Rickard… Ses frères, sa petite soeur, son père… Tous gisant sans vie, étripés de sa propre main.
En une seconde, il passa de la douleur à la folie.
Son intellect ne supportant plus ces images, il se réveilla en un sursaut violent. Son bras gauche balayant tout ce qui se trouvait à sa portée. Une table de chevet portant des linges, un bol d’eau fraîche, une petite bassine d’eau bouillie et d’autres choses qu’il était incapable d’identifier, tout alla s’éclater contre la pierre froide du sol de la chambre avec fracas. L’esprit encore embrouillé par l’horreur, il avait perdu tout repère.
Les yeux grands ouverts, il semblait pourtant ne rien voir de ce qui l’entourait et n’entendre qu’un bourdonnement constant. Tout ce qu’il percevait encore était qu’il était dans un lieu inconnu et qu’il n’était pas seul. Avaient-ils perdu la bataille ? Où l’avait-on emmené ? Pourquoi avait-il si mal…  Soudain, il n’eut qu’une seule certitude : il ne devait pas rester là. L’immobilité c’est la mort.
Les nerfs complètement à vif, il tenta brusquement de se relever et c’est comme si sa poitrine était parcourue d’une immense décharge qui le plaqua sur son lit, lui coupant la respiration. Il réalisa que son bras gauche était emmailloté, collé contre son abdomen, entravant ses mouvements un peu plus. Malgré le supplice, il préféra pourtant cette douleur à ce qu’il venait de vivre. Il devait savoir si Eddard, Alys et les autres étaient en vie. Leur était-il arrivé quelque chose ? Leur avait-il fait du mal ? Impossible ! Il s’en serait rendu compte… Certainement…

Une ombre se pencha sur lui et le toucha. Quoi que ce fut, ce ne pouvait pas être ami. Les sauvageons avaient dû l’emmener quelque part et voulaient le faire parler, ou bien le torturer pour le plaisir ? Ces monstres ne connaissaient aucune limite. Et bien ils allaient être déçus. Il allait succomber, mais il ne partirait pas sans leur faire regretter de ne pas l’avoir achevé sans attendre. Si son adversaire ne mourait pas, il aurait mal… très mal… Sa main droite jaillit et il attrapa l’ennemi. Il sut qu’il était parvenu à ses fins lorsqu’il sentit la peau d’un autre sous ses doigts fermement refermés. Bien loin d’être en possession de ses véritables moyens, il usa de toute la force qui lui restait, jusqu’à la dernière goutte, se promettant que seule la mort le ferait lâcher prise.
Il ignora à quel instant ou bien de quelle façon mais il perdit connaissance, s’enfonçant dans les eaux troubles de son inconscient.

Il naviga longtemps entre l’éveil et le sommeil, un repos parsemé de quelques sursauts de conscience. Marmonnant des mots parfois incompréhensibles, il se révélait calme puis soudain agité mais une voix douce à son oreille parvenait à le rasséréner. Il parvint à reconnaître Eddard qui le rassura sur l’état de santé de Torrhen, apaisant l’héritier, limitant ses phases de turbulence.

***


Doucement il s’éveilla d’un sommeil sans rêves, s’extirpant des ténèbres les plus denses pour refaire surface. Ses paupières étaient encore trop lourdes pour qu’il puisse ouvrir ses yeux mais il parvenait à percevoir les sons autours de lui. Une femme… non… deux femmes parlaient. Tandis qu’il ne reconnaissait pas l’une, l’autre lui était familière. Sa poitrine était douloureuse mais cela restait supportable. Peu à peu, ses pensées rentraient dans l’ordre. Il se souvenait de la bataille près de Winterfell contre les sauvageons, de Torrhen puis de sa blessure. Les sauvageons avaient été terrassés puis on l’avait emmené à Winterfell pour qu’il reçoive les premiers soins.

Au prix d’un effort insoupçonnable, il parvint à ouvrir ses yeux. Ses iris pellucides firent le tour de la pièce. Les candélabres étaient éteint et face à lui, d’étroites fenêtres laissaient entrer la pâle lueur du matin. Il observa les deux silhouettes féminines. L’une était simplement vêtue et était sans le moindre doute une domestique. L’autre en revanche avait les atours d’une dame et lui tournait le dos. De longs cheveux noirs, une taille fine… il aurait juré la connaître.  

Il déglutit et bougea doucement sa tête, contractant d’abord les muscles de son visage. Excepté un léger pincement, aucune douleur alarmante ne se manifesta malgré son état un peu vaseux. Encouragé par cet heureux résultat, il entreprit de bouger le reste de ses muscles mais il comprit vite que c’était une mauvaise idée lorsque la douleur le transcenda sur la gauche.

Humf…

Il retiendrait la leçon pour sûr… Sa plainte étouffée avait attiré le regard de la brune, dévoilant ainsi son visage. Lyra Mormont. N’était-elle pas prisonnière d’Euron Greyjoy ? Qu’est-ce qui avait bien pu la délivrer… la guerre ou la diplomatie ? Elle approcha de son chevet et il détesta immédiatement cette situation. Lui blessé, alité… Qu’importait son malaise ou la douleur. Son orgueil reprit le dessus, lui interdisant de montrer ses faiblesses. Il tenta de se redresser et son corps le rappela immédiatement à l’ordre. Il amorça une grimace qu’il retint à la dernière seconde.

Lady Mormont… Je ne m’attendais pas à vous trouver à Winterfell…


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MessageSujet: Re: [FlashB] Orgueil et préjugés l Lyra & Harrion   [FlashB] Orgueil et préjugés l Lyra & Harrion EmptyLun 15 Aoû - 16:39

Some saw the sun, some saw the smoke. Sometimes the wire must tense for the note. Caught in the fire, say oh, we’re about to explode. Carry your world, I’ll carry your world. Some far away, some search for gold, some dragon to slay. Heaven we hope is just up the road. Show me the way, Lord because I'm about to explode. Carry your world and all your hurt.
Orgueil et préjugés




Pelotonnée sous les peaux de bêtes recouvrant son lit, Lyra gardait les yeux grands ouverts. Là, dans cette chambre de Winterfell où brûlait un feu réconfortant, elle avait beau se sentir en sécurité, il n’en demeurait pas moins qu’elle était glacée jusqu’à l’os. Elle sentait le froid gagner ses orteils recroquevillés et ses doigts qu’elle refusait de regarder, de crainte qu’ils ne lui apparaissent bleuis et gonflés. La désagréable sensation que des centaines de minuscules aiguilles transperçaient sa peau s’éparpilla à travers ses membres comme l’eau d’une rivière sinueuse à travers les craquelures d’une terre aride, remontant le long de ses mollets, de ses cuisses et de ses épaules, pour finalement venir se loger au creux de son ventre comme un gros animal affamé. Elle sentait les gerçures éclater ses chaires alors que la créature de son estomac grondait. De peur ou de colère, elle n’aurait su le dire. Peut-être les deux. Peut-être aucun. Elle avait beau tenter de se réchauffer, de serrer plus fort les couvertures contre son corps grelotant, elle savait pourtant au fond d’elle que ce froid incroyable qu’elle ressentait n’était aucunement dû à l’Hiver et aux souffles glacées qui heurtaient sans pourtant ébranler la grande carcasse grise des Stark.

D’avoir revu sa sœur n’avait été qu’une courte accalmie dans cette peur constante qui l’habitait maintenant comme un parasite sournois. Elle était là à chaque instant, lui suçant le sang, lui léchant les os et grignotant ses entrailles sans qu’elle puisse y faire quoique ce soit. La plupart du temps, elle arrivait à la combattre sans trop grimacer. Lorsque le soleil pâle du Nord brillait et qu’elle se tenait en compagnie de Dacey ou des siens, elle en faisait presque fi, sans pourtant oublier qu’elle se terrait là, quelque part, et qu’elle ne tarderait pas à ressurgir comme un monstre de cauchemar. Mais le soir, la nuit, la donne changeait. Ses crises d’angoisse s’accentuaient et elle devait souvent se mordre le poing jusqu’au sang pour s’empêcher de trembler et de hurler. Elle se revoyait dans les appartements de Pyk qu’elle avait appris à appeler geôles. Elle s’imaginait roulée dans un coin du lit froid et poisseux, le plus loin possible du corps qui sommeillait à ses côtés. Elle ressentait nettement encore et encore la douleur fulgurante qui avait déchiré son bas ventre lorsque pour la première fois le Choucas avait réclamé son dû. Les yeux remplis de larmes de souffrance et d’humiliation, elle s’était faite violence pour ne pas en verser une seule. Elle les avait toutes ravalées et gardées au fond de la gorge dans un sanglot inaudible. Mais elle avait signé pour cela. Cela, elle l’avait accepté. Et c’était sûrement cela qui lui faisait le plus horreur et qui la répugnait le plus. Incapable de se débattre, impossibilité de se défendre. C’était cela ou la rupture du contrat stipulant que l’Île aux Ours serait épargné. Et quel contrat cela avait été. Il avait brûlé en même temps que l’on jetait Euron Greyjoy au fond d’une cellule obscure, dans le ventre de la forteresse de Grès. Et alors, l’ourse avait attendu la mort. Elle ne savait aujourd’hui ce qui avait été le pire. L’obligation de partager son intimité avec le Choucas qui se félicitait de la promener derrière lui comme une bête sauvage qu’il aurait réussi à enchaîner ou celle de rester cloîtrer des jours durant en sachant que l’on était promise à finir violée et noyée par des fanatiques.

Ses muscles se contractèrent à cette simple pensée et elle dû se mordre la langue pour retenir un pleur. Elle se refusait tout bonnement à sangloter maintenant. Elle l’avait fait dans les bras de sa sœur la veille et cela suffisait. Maintenant, il ne lui manquait plus qu’à se persuader que tout cela était fini. Que tout cela était derrière elle. Oui, « plus qu’à ». Avait-elle été un jour aussi vulnérable et fragile ? Était-cela l’image que les femmes Mormont donnaient ? Certainement pas. Et elle ne voulait pas être celle qui ferait mentir leur réputation. Reniflante et le cœur toujours serré, elle s’obligea à détendre ses membres et à s’étirer. Désormais, elle était seule sur sa couche et elle ne risquait plus de frôler cette peau maudite. La fraîcheur du fond du lit lui éclaircit les idées et elle s’obligea à se retourner. La peur rendait ses articulations gourdes et douloureuses et il lui semblait qu’elle grinçait comme une vieille charrue rouillée.

Elle se trouva nez à nez avec Solitaire qu’elle n’avait pas entendu grimper à ses côtés dans son état de transe. La dragonne dormait à poings fermés et elle observa un instant ses narines noires vibrer au rythme lent de sa respiration profonde. Cette vision la tranquillisa et elle finit par fermer les yeux.

Pour la première fois depuis longtemps, Lyra dormit d’un sommeil sans rêve.



*



Les couloirs du château étaient parcourus de soubresauts bruyants en dépit de la nuit. Se furent les exclamations étouffées des domestiques qui tirèrent la Mormont hors de sa chambre. Encore à moitié ensommeillée et trop amorphe pour s’émerveiller de sa nuit sans cauchemars, elle passa sa tête par l’entrebâillement de sa porte. Dehors, le ciel était encore noir et de gros flocons laiteux tombaient sans discontinuer. Quelle heure pouvait-il bien être ? Un valet qui passa devant son nez la toisa d’un air abasourdi. Elle l’appela vers elle.

« Que se passe-t-il ? » lui demanda-t-elle d’une voix encore lourde de sommeil.

L’autre hésita entre lui répondre franchement et lui conseiller de poursuivre sa nuit. Il se mordit les lèvres.

« C’est que, l’dy Lyra, les blessés ne dorment pas très bien en c’moment… Y’en à qui s’réveillent et qui s’plaignent que ça fait mal sans connaître l’heure du jour ou d’la nuit… »

À bien l’observer, elle remarquait désormais les lourds cernes oscillant entre le bleu et le violet qui pendaient sous ses yeux fatigués. Le pauvre jeune homme avait lui aussi été trainé hors de sa couche sans espoir de pouvoir y retourner. Il tenait dans ses bras une grande bassine d’eau claire et fumante.

« Je vais vous aider, » déclara-t-elle simplement.

Elle n’arriverait pas à se rendormir de toute façon. Et elle préférait aider les victimes de l’attaque des sauvageons plutôt que de ruminer encore… Cela lui changerait les idées et elle ne pouvait pas se déroger lorsqu’il était clair qu’elle pouvait donner un coup de main. Le domestique tenta de répliquer, mais il comprit que ses tentatives étaient vaines.

« Laissez moi au moins appelez des suivantes pour vous aidez à vous vêtir… »

Elle secoua vivement la tête et déclina la proposition avant de décliner l’offre et de refermer la porte. Elle ne voulait pas prendre le risque que quelqu’un entre et découvre la saurienne cachée dans sa chambre. Elle avait d’ailleurs stipulé que personne ne rentre. D’ailleurs, une Mormont n’avait besoin de personne pour s’habiller. Elle enfila la robe trop large et trop longue que sa sœur lui avait offert la veille pour remplacer ses guenilles et après un dernier regard pour Solitaire qui avait préféré le devant de l’âtre de la cheminée durant la nuit, suivit le serviteur qui l’avait patiemment attendue.

L’identité du blessé qu’il lui présenta la laissa coite de stupeur. Harrion Karstark gisait dans une nappe de sueur, son visage endormi tordu par une expression d’horreur pure. Son hébétude passée, elle entreprit de se mettre à l’œuvre et demanda à ce que l’on pose le récipient sur le chevet à ses côtés. Elle aurait aimé savoir ce qu’il lui était arrivé, comme il avait fini ici, délirant et pétrifié, mais elle se retint de poser la question. Elle observa un instant ces traits qu’elle avait connu hautains, moqueurs et confiants et dont il ne restait plus qu’une grimace terrible. Son cœur se fendit. Ainsi, lui aussi n’avait pas été épargné…

Soudain, deux billes d’un gris d’acier l’observèrent sans la voir. L’héritier de Karhold souleva son imposante carrure d’un coup de coude rageur et elle constata que l’effort tachait les bandages de ses côtes de rouge. Elle voulut s’approcher, mais il jeta bassines et linges propres par terre dans un fracas de fer et d’éclaboussures. Lyra recula d’un bond vif et tendit mécaniquement son bras devant le petit valet qui avait glapit de surprise. Les yeux fous, Harrion scrutait la pièce sans la reconnaître, grognant comme une bête furieuse. Il voulait se relever.

« Il délire ! » s’épouvanta le jeune homme.

Les plaies commençaient à se rouvrir et la jeune femme imagina sans mal la douleur qui devait zébrer le corps du blesser. Le pas sûr, elle s’approcha et entreprit de le maintenir couché. Mais à peine sa main avait-elle touché sa poitrine que des doigts brulants agrippèrent son avant-bras comme un noyé à sa planche. Ses ongles griffèrent sa peau blanche et avec un cri, la troisième ourse entreprit de se débattre. Elle avait cependant sous-estimé la force qu’il restait au blessé et sa poigne se révéla bien plus puissante que ses malheureuses tentatives pour en réchapper.

Le domestique mut par des réflexes insoupçonnés ramassa la bassine renversée et se décida à frapper le bras du Karstark. Lyra l’en empêcha cependant d’un froncement de sourcils. Son autre main serra celle de l’homme si fort que ses jointures blanchirent.

« Allons, allons, je vous ai connu bien plus aimable ! » gronda-t-elle comme une mère gronderait sa progéniture.

Après quelques minutes, la main crispée d’Harrion finit par lâcher prise probablement à cause de l’épuisement. Il retomba mollement sur sa couche et grogna encore un peu avant que sa respiration ne se calme.

« Il faut vous soigner, m’lady Lyra ! » s’inquiéta le valet.

Elle fit non de la tête.

« Occupons-nous plutôt de changer ses bandages pendant qu’il est tranquille. Nous nous soucierons de moi plus tard. »

Soulever le corps massif du blessé se trouva être beaucoup plus facile à dire qu’à faire. Ils ne furent pas trop de deux pour mener à bien leur mission et la troisième fille de Maege se demanda comment son compagnon aurait fait s’il ne l’avait pas trouvée en chemin. En détachant les linges poisseux, elle fronça le nez à cause de l’odeur de pus et de sang, mais également en reconnaissant nettement les blessures. Des flèches.

Les pansements refaits et le sentiment du travail bien fait accompli, Lyra frotta ses mains l’une contre l’autre avant que les picotements de son bras ne la rappellent à ses propres griffures. Sur le chemin du puit, elle croisa Eddard Karstark qu’elle gratifia d’un petit sourire contrit et d’un hochement de tête avant de se dérober. Elle n’avait pas envie de discuter de son subit retour à Winterfell. Pas maintenant.



*



« Comment va-t-il ? »

La servante glissa un œil par dessus son épaule pour surveiller le blessé comateux.

« Mieux. Enfin, mieux que cette nuit, » soupira-t-elle. « Votre bras vous fait-il souffrir ? Je peux… »

« Je vais bien, » lui assura Lyra avec un sourire. « Il faudra m’apprendre votre petit secret, je n’ai plus mal. Plus mal du tout. »

L’infirmière de fortune rosit sous le compliment. L’ourse se trouvait beaucoup plus à l’aise à l’exercice de la discussion avec les domestiques qu’avec les autres nobles. Cela avait toujours été ainsi, à l’exception de quelques uns de ses plus proches amis. Elle regarda un instant son bras bandé. Les griffures avaient laissé de profonds sillons boursouflés et rosâtres auréolés de bleu, mais enfin, elle avait connu pire.

Un froissement derrière elle et un gémissement rauque lui firent tourner la tête. Les yeux hagards du Karstark regardaient autour, mais ils n’avaient plus rien à voir avec les iris terrorisées de la nuit. Il la reconnut et la toisa, un instant surpris, avant de reprendre le dessus et de se composer un visage impassible. L’ourse s’approcha de lui et laissa claquer sa langue contre son palais de désapprobation.

« Vous devriez rester allongé, » lui dit-elle dans un conseil qui s’apparentait plus à un ordre.

Elle s’appliqua à doucement poser sa paume contre son épaule nue pour le renfoncer dans ses oreillers. Elle remarqua sans mal la grimace qui menaçait de tordre sa bouche.

« Je vous retourne la remarque, » répliqua-t-elle avec sourire fantomatique. « Mais peut-être m’attendais-je à vous trouver en meilleure forme… »

Lyra ne fit aucune remarque sur son comportement nocturne. Comme chaque homme blessé autant dans sa fierté que dans sa chaire, il était inutile de mettre le doigt sur des faiblesses qu’il se mettait tant de mal à dissimuler. Il était inutile de lui demander comment il se portait. Elle aurait peut-être aimé le titiller s’il avait été capable de se défendre, mais cela n’était visiblement pas le cas, même s’il se donnait l’air de pouvoir le faire. Sans lui demander son avis, elle épongea son front moite de sueur.

« Que vous est-il arrivé ? » lui demanda-t-elle d'un ton soucieux.

Il ne faisait aucun doute que les sauvageons étaient la cause de ses blessures, mais cette invasion venue d’au-delà du Mur résonnait encore comme des murmures étranges à ses oreilles. Elle n’avait pas été là lors de l’attaque et ne savait encore pas exactement le pourquoi du comment ni comment les choses s’étaient déroulées.


 


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MessageSujet: Re: [FlashB] Orgueil et préjugés l Lyra & Harrion   [FlashB] Orgueil et préjugés l Lyra & Harrion EmptyMar 16 Aoû - 18:08


Orgueil et préjugés

Lyra Mormont & Harrion Karstark
Les gens ne soupçonnaient pas à quel point être orgueilleux pouvait être parfois compliqué et épuisant. Cela demandait de la rigueur et beaucoup de discipline. Sa blessure le lançait terriblement mais rien au monde n’aurait pu le lui faire avouer. RIEN. Harrion avait bien d’autres qualités que la vanité, il était aussi têtu et férocement acharné.

Le contact de la main fraîche de Lyra, bien qu’il fut doux, ne lui laissa que peu de choix. S’il luttait, la souffrance qu’il en retirerait serait décuplée et pour quel résultat ? Il ravala sa fierté et se convainquit que finalement, ce lit n’était pas si désagréable… Pour l’instant du moins; cela dit, il était clair que la main de la jeune femme ne serait bientôt plus assez forte pour contenir ses prétentions. D’ailleurs il n’apprécia pas le ton péremptoire qu’elle emprunta. Aucune femme ne lui donnait jamais d’ordres dans son domaine et… soit, il n’était pas dans son domaine… Cela dit ce n’était pas une raison. L’Ourse avait toujours été piquante avec lui, ne perdant jamais une occasion de le contrarier. Aussi noble fut-elle, la demoiselle n’avait pas du tout les manières que l’on prêtaient à une Dame de son rang sur le continent. Loin de tenir à sa place comme il se devait, Lyra n’hésitait pas à répliquer là où une Dame convenable gardait sa langue derrière ses dents.

Tandis qu’il jurait sur les Anciens Dieux que cet écart n’arriverait pas une seconde fois, il remarqua le bandage au poignet de la noble. La marque de cette blessure l’arracha de sa vindicte et il fronça son regard d’acier. Jetant une œillade à la fille Mormont, il demeura pourtant silencieux sur le sujet. Sans doute avait-elle écopé de ce sévice dans les Îles de Fer lorsqu’elle était encore leur prisonnière… Les épreuves qu’elle avait traversées méritaient qu’il s’efforce de ne pas paraître trop désagréable. Bien qu'il n'en montra rien, la savoir à nouveau chez les siens, en sécurité, le satisfaisait car c'était là qu'était sa place.

Il savoura l’éponge fraîche et humide sur son front, l’accueillant de bonne grâce. Il ferma un instant les yeux, inspirant profondément, ignorant la brûlure de sa blessure. A sa remarque, il se laissa aller à un sourire, fugace, tandis qu’il rouvrait ses paupières.

En meilleure forme…? Je ne vois pas de quoi vous voulez parler… Ai-je l’air d’aller si mal que ça ?

Lorsqu'elle aborda les raisons de sa présence ici -dans cet état-, il se rembrunit. Ces souvenirs n'étaient jamais les plus agréables mais après tout, elle méritait sans doute une explication.

Les sauvageons sont parvenus à franchir le Mur. Leur nombre était suffisant pour que la Garde de la Nuit s'en trouve dépassée et à passé nos premières défenses, ils eurent le champ libre pour descendre vers le Sud, ne rencontrant que peu de résistance.” Il observa un bref instant le plafond grisâtre et froid, un air maussade au visage.

Le temps que nous soyons alertés et qu'un bataillon se mettent en marche, ils avaient rapidement progressé, pillant les fermes et les villages sur leur route. Nous avons alors décidé de les laisser approcher de Winterfell. C'était un risque mais nos chances s'en trouvaient doublées. Embusqués sur les flancs du Bois-aux-Loups nous les avons attendu.

Il pinça ses lèvres en fronçant ses sourcils un bref instant. Visiblement mal à l'aise, il ajouta d'une voix plus discrète.“Pourrai-je avoir un peu d'eau.” Ne pas être en capacité de prendre n'était-ce qu'un verre tout seul l'agaçait au plus haut point mais il demeurait pourtant calme et résolu. Aujourd'hui il dépendant d'elle, mais pas pour tous ses besoins... il l'espérait.
Harrion redressa la tête, aidé par la Mormont, et but quelques gorgées qu'il savoura, revigoré. Se reposant de nouveau sur l'oreiller, il passa distraitement sa langue sur ses lèvres en inspirant calmement. “Merci.” Ajoutat-il simplement, son regard pers se logeant dans ceux de sa guérisseuse.

Ils manquent de subtilité mais il ne faut pas sous-estimer leur force. La bataille qui en découla fut comme de nombreuses autres identiques... sanglante.

Les yeux dans le vague, il repensait maintenant à Torrhen qu'il avait cru perdre dans cette mêlée sauvage. Il chassa ses démons d'un bref mouvement de tête pour reprendre son récit sur un ton un peu plus léger, voire caustique. “Puis... très certainement effrayés par un affrontement direct, des archers mal intentionnés firent de moi leur cible.” Acheva-t-il dans un rictus. Il n'était pas question d'en révéler davantage sur cet épisode, du moins, pas pour l'instant.

Il demeura silencieux un moment mais son regard se posa de nouveau sur Lyra. “Votre sœur, lady Dacey, doit être très heureuse de votre retour dans le Nord. On n'a pas cru bon de m'informer de cet événement...” L'héritier Karstark avait tant bataillé pour partir à l'assaut des Îles de Fer suite au rapt de la jeune femme qu'une part de lui s'irritait de n'avoir pas été dans la confidence d'une quelconque action pour sa libération. Il brûlait d'en savoir davantage mais son éducation et la pudeur lui interdisaient de formuler ce qu'il avait en tête. Discrètement -du moins l'espérait-il- il observait la silhouette fragile de la seconde fille de Maege Mormont et la trouva bien pâle et ses yeux semblaient avoir perdu de leur éclat. “Comptez-vous rester longtemps à Winterfell ?



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MessageSujet: Re: [FlashB] Orgueil et préjugés l Lyra & Harrion   [FlashB] Orgueil et préjugés l Lyra & Harrion EmptyMer 17 Aoû - 19:00

Some saw the sun, some saw the smoke. Sometimes the wire must tense for the note. Caught in the fire, say oh, we’re about to explode. Carry your world, I’ll carry your world. Some far away, some search for gold, some dragon to slay. Heaven we hope is just up the road. Show me the way, Lord because I'm about to explode. Carry your world and all your hurt.
Orgueil et préjugés




Etonnamment, Harrion obéit sans rechigner lorsque la jeune ourse lui demanda dans un ordre voilé de se rallonger. Lyra en fut satisfaite, mais se garda bien de laisser un sourire flotter sur ses lèvres. Si le jeune homme ne protestait pas et se montrait si docile, peut-être était-il plus mal en point que ce qu’elle avait pensé en premier lieu. D’ordinaire, il aurait rétorqué, se serrait débattu avec lui même pour lui prouver que tout allait bien et surtout pour cacher les faiblesses qu’il tenait tant à cacher derrière le masque de l’orgueil. Il ne put que faire une moue, mécontent d’être ainsi traité comme un petit garçon. Lorsque ses yeux gris tombèrent sur son avant-bras labouré, bien caché derrière les bandages blancs légèrement tachés de carmin, la jeune femme ne put qu’en être gênée, détournant le regard et laissant retomber ses manches retroussées sur sa peau blanche, mine de rien. Elle ne sut si ses joues blêmirent ou rosirent. Elle retira presque précipitamment ses mains de son front pour échapper à ses iris inquisitrices et serra le torchon au-dessus de la bassine d’eau, substituant son travail en tant que guérisseuse à son embarras.

Heureusement, la distraction de sa sueur épongée et le soupir d’aise soufflé par l’héritier l’amena à sourire. La Mormont s’en trouva aussitôt détendue et les muscles de ses épaules qu’elle avait inconsciemment remontées jusqu’à ses mâchoires retombèrent. Sa question lui arracha une exhalation plus prononcée que les autres et elle secoua la tête d’un air vaincu tandis qu’elle pinçait les lèvres. Il était allongé dans un lit qui aurait très bien pu être sa dernière couche, trop faible pour se redresser et les flancs percés de trous qui visiblement avaient du mal à cicatriser. Même si son visage n’accusait pas véritablement la fatigue qu’il devait avoir emmagasiné, ses traits étaient tirés et ses yeux manquaient d’éclat. Enfin, elle se demanda un instant si sa fierté ne l’obligeait pas à se créer ce masque annihilant ses véritables souffrances. Il était indéniable qu’un autre guerrier se serait probablement plus plaint s’il arborait les mêmes blessures que le Karstark. Mais malgré ce bel effort de sa part, il n’en restait pas moins qu’il semblait tout ignoré de ses frasques nocturnes. S’il en avait été conscient, Lyra était persuadée qu’il se serrait montré plus bourru et moins enclin à la conversation. Elle ne savait pas encore ce qui l’avait tourmenté au point de le tirer hors de son lit malgré ses plaies et ses souffrances, mais n’osait lui demander. Comme un enfant, il ne servait à rien de le contrarier. Ainsi, il lui rappelait beaucoup Lyanna qui, trop fière pour s’avouer vaincu, boudait lorsqu’une fièvre soudaine la prenait.

« Aye, aye, » soupira-t-elle en triturant la serviette dans la bassine brulante. « Vous m’avez l’air en pleine forme… »

Mais son ton signifiait bien qu’elle en pensait tout l’inverse.

Lorsqu’il se décida à lui raconter ce qui l’avait amené ici, elle se saisit d’une vieille chaise branlante, abandonnée dans un coin de la pièce qu’elle rapprocha pour s’asseoir à son chevet. Attentive, elle écouta patiemment ses récits. Enfin, elle apprenait ce qu’il s’était passé ce jour là, alors qu’elle croupissait à Dix-Tours en se rongeant les sangs, priant les Ancieux Dieux pour qu’elle réussisse à s’échapper si jamais Asha ne tenait pas ses promesses. Ainsi, les sauvageons avaient attaqué en nombre. En grand nombre. Elle n’était pas surprise. Il fallait plus qu’une poignée de ses sauvages désorganisés pour flamber des hectares entiers de champs, assassiner des familles entières de fermiers et mobiliser une telle armée nordienne… Mais qu’ils aient dépassé le Mur et la Garde de Nuit relevait du miracle. Pire, qu’ils aient attaqué Winterfell était tout bonnement impensable. Comme l’expliquait le blessé, cela avait fait parti d’une stratégie. Le sens aigu de l’observation de Lyra lui indiqua que ce choix de la part des soldats et des Stark avaient été le bon choix. Un bon moyen de tous les rassembler au même endroit et de mettre fin à leurs agissements en un coup… Seulement, cela avait également été un pari dangereux. Et s’ils avaient échoué ? Et si les sauvageons s’étaient imposés et avaient renversé la forteresse ? Il n’y aurait plus eu aucun rempart… Mortifiée, elle s’imagina un instant sa sœur enceinte jusqu’au yeux tentant de repousser des hommes sanglants et armés jusqu’au dos. Un frisson la prit et sa gorge se serra. Tout cela alors qu’elle avait été si loin… Elle n’avait pas été là lors de l’enlèvement de Dacey par Ramsay Bolton. Et encore une fois, elle avait brillé par son absence lors de l’attaque du Nord. Elle s’en voulait. Comme toujours. Peut-être les choses auraient-elles été différentes si elle avait chevauché aux côtés de sa mère lors de la bataille ? Peut-être qu’Harrion n’aurait pas été blessé. Peut-être qu’Eddard Stark ne serait pas mort. Il n’y avait aucune vantardise dans cette pensée humble. Elle ne se jugeait pas capable de changer à elle seule le cours d’un combat. Cependant, il suffisait parfois d’un grain de sable dans le cours des choses pour en changer à jamais l’issue.

Perdue dans ses pensées, elle n’avait pas senti ses poings se serrer ni entendu la demande de l’homme allongé. Elle secoua la tête, reprenant ses esprits.

« Pardon ? Oh oui, bien sûr, » marmotta-t-elle.

Elle ne nota même pas à quelle point la situation d’Harrion devait lui peser et s’exécuta presque mécaniquement. Elle attrapa la cruche et passa un bras derrière les épaules massives du jeune homme. La troisième ourse attendit patiemment que sa soif se tarisse avant de la réinstaller confortablement. Il termina son récit en se montrant laconique. Lyra ne lui en demanda pas plus.

« Je sais très bien de quoi sont capables les archers, » déclara-t-elle d’une voix blanche.

Dans le geste de lâcheté qui avait mis l’héritier à terre elle y voyait sa propre couardise. Après tout, n’avait-elle pas, elle aussi, choisi la facilité en refusant de combattre Euron Greyjoy ? Elle se mordit la joue si fort que le goût métallique du sang envahit sa bouche.

« C’est donc ainsi qu’est mort lord Stark… » chuchota-t-elle d’une voix faible. « J’aurais dû être là. »

Elle se rappelait encore de la confiance de feu Eddard Stark lorsque, lors du Banquet, il l’avait conviée à participer à la réunion des lords en tant que représentante de la maison Mormont. Cette confiance, elle la lui avait bien rendue. N’était-ce pas le devoir des vassaux que de protéger leur suzerain ?

Le silence demeura quelques minutes. Un silence dérangeant dans lequel Lyra entendait ses propres respirations lentes et moribondes. Elle était accablée et la peur grossissait, griffant ses poumons, l’étranglant presque. Elle ne fut sauvée que par la voix d’Harrion qui résonna une fois encore. La jeune ourse déglutit et se recomposa un visage serein.

« Je ne suis rentrée qu’hier. Avec l’arrivée de l’Hiver, la route du Neck est rapidement devenue difficilement praticable. Nous avons tardé. »

Et quant bien même un domestique l’aurait-il dit au blessé, il ne faisait aucun doute que dans son état où se mêlaient terreurs nocturnes et divagations, il n’aurait guère pu y réagir. Mais de cela, la fille de Maege ne dit rien.

Elle prit sa dernière question sur le ton de la plaisanterie. Un petit rire se glissa entre ses lèvres.

« Je viens à peine d’arriver, souhaitez-vous déjà me mettre dehors ? »

Il y avait longtemps qu’elle n’avait pas rigolé. Là encore, ce son qui paraissait étranger à ses oreilles manquait de joie et de naturel.

« Je n’en ai encore aucune idée. Mais je… »

Elle s’interrompit, regarda ses mains et les serra sur ses genoux qu’elle gardait collés l’un contre l’autre.

« Je n’ai pas envie de revoir les côtes pour l’instant. Pas tout de suite. »

La mer personnifiait cette terreur qui la réveillait souvent en sueur la nuit, la tête bourdonnante et le souffle court. Elle craignait qu’en s’approchant de l’eau, il ne devine sa proximité et n’arrive pour finir son œuvre. C’était idiot, elle en avait conscience, mais cette peur du large n’était pas irraisonnée. Du moins, pas pour elle.

« Et puis, il me faut moins aussi guérir… Estimez que nous sommes tous les deux en convalescence, » termina-t-elle en se mettant à son niveau.

Cependant, la nature de leurs blessures était bien différente. Cet aveu de faiblesse lui arracha un nouveau soupir, mais il lui semblait s’être déchargée d’un grand poids. Elle n’avait rien pu dire à Dacey. Comment aurait-elle pu contrarier sa sœur alors qu’elle attendait un enfant ? Non, non, elle voulait la préserver. Elle avait aujourd’hui d’autres problèmes et d’autres soucis en tête. En revanche, jamais elle n’aurait cru pouvoir dire cela à Harrion Karstark. Elle aurait eu plus de facilité à en parler à la vieille guérisseuse qui avait badigeonnée son bras d’onguents. Après cette déclaration, il lui sembla que son visage d’ordinaire si avenant et chaleureux se fermait comme une huître. Peut-être avait-elle parlé trop vite.  


 


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MessageSujet: Re: [FlashB] Orgueil et préjugés l Lyra & Harrion   [FlashB] Orgueil et préjugés l Lyra & Harrion EmptyJeu 18 Aoû - 21:08

Orgueil et préjugés


Harrion avait observé Lyra avec attention et vit sur son minois le masque qu'elle s'évertuait à porter face à lui. C'est une chose qu'il reconnut sans mal étant donné que lui-même l'utilisait de façon récurrente pour dissimuler à peu près tout ce qu'il ressentait réellement. Perdue dans ses pensées, la jeune femme délivrait bien plus d'éléments qu'elle ne l'aurait certainement souhaité et cela le mit mal à l'aise et même bien davantage.
Le silence s'installa un instant, devenant pesant, puis Harrion le brisa.

"Pardonnez-moi, je pense que je vais essayer de dormir un peu." Dit-il non sans une certaine froideur.

Il n'avait aucune envie de dormir. En réalité, il était contrarié, en colère et ne parvenait pas à faire obstacle à ses émotions qui le submergeaient par vague. D'ordinaire, l'héritier de Karhold n'avait pas un caractère facile mais cela pouvait être bien pire lorsqu'il était blessé. Le ton qu'il employa pour parler à Lyra fut bien plus cassant qu'il ne l'aurait voulu. Il n'avait rien contre elle, bien au contraire mais son état le rendait vulnérable et il ne souhaitait pas s'exposer au regard de la jeune femme, ni lui faire subir son irritabilité.
Lorsque la Mormont quitta sa chambre, une domestique entra pour changer ses linges. La pauvre femme fut renvoyée sans ménagement, lui ordonnant de quitter sans attendre ses appartements, devenant passablement exécrable. Il ne voulait plus voir personne, ni rien entendre.
Alors que la porte allait se refermer sur elle, une de ses consœurs venait apporter des bandages propres. L'autre l'en empêcha, retenant la porte presque close.

"Non, il ne veut voir personne."

"Mais le Mestre a demandé de plus grands bandages pour ses blessures..."

"Il s'en occupera plus tard. Tu l'as bien vu, quand il délirait il a agrippé lady Mormont au poignet et lui a fait vraiment mal. On ne sait pas comment il peut réagir. Laissons faire le Mestre."

"Très bien..."

Lorsqu'il réalisa ce que venait de dire la servante, le chevalier fronça ses sourcils. Comment cette petite vipère osait proférer de telles accusations ! Comment osait-elle répandre de tels mensonges... La colère se propagea en lui telle une fièvre. Il voulait quitter son lit, quitte à ramper, pour lui faire passer l'envie de fabuler à son sujet. Son bras droit chercha à se raccrocher au haut de son lit. La brusquerie de son geste fit basculer la table basse et les quelques ustensiles qu'elle contenait, se répandant au sol dans un bruit tonitruant. "Peste ! "

La douleur le rappela à l'ordre en une seconde, lui coupant la respiration. Les élancements furent si puissants qu'il dut rester immobile pendant un long moment. Il était bien puni et le pire était à venir. Peu à peu il calma sa respiration, fermant ses paupières. S'énerver de la sorte ne lui rapporterait rien de bon.

Plus les secondes passaient, plus les paroles de la servante résonnaient dans sa tête. Pourquoi mentait-elle... Harrion n'était pas homme à frapper les femmes et encore moins une Dame comme Lyra -aussi Mormont soit-elle. Le son de la table de chevet s'écroulant ajoutait à son trouble. Il avait déjà entendu cela. L'héritier de Karhold résista longtemps à d'obscurs souvenirs mais ceux-ci, tel un épais brouillard qui se lève, lui revinrent. Même si le cauchemar restait flou, il se souvenait de sa crise délirante, de la violence de son réveil et de son désir de meurtrir l'ombre au-dessus de lui. Les pièces reprenaient leur place doucement et dans une atroce clarté. Le souvenir du regard gêné et fuyant de la Mormont lorsqu'il avait posé ses yeux sur son bandage acheva de le convaincre. La domestique n'avait pas menti.
Il serra les dents en lâchant un profond soupir. Quel imbécile avait-il été... Et pour couronner le tout, il avait froidement chassé la noble de sa chambre alors qu'elle prenait soin de lui.

"Je crois que les lettres ne suffiront pas..." Dit-il pour-même, les dents serrées.

Il ne dormit pas, du moins pas avant plusieurs heures car l'épuisement eut raison de lui, l'enveloppant dans un sommeil amer.

***

Deux jours après, à Winterfell

Des voix s'élevèrent dans le corridor. Il n'était pas loin de midi et la journée promettait d'être agitée.

"Seigneur Karstark, vous ne devez pas vous lever c'est bien trop tôt !"

L'héritier de Karhold avait déjà quitté la couche où il était installé encore peu de temps auparavant. Des bandages ceignaient encore la partie gauche du haut de son abdomen, entourant complètement son épaule, mais aujourd'hui, ils n'étaient pas souillés par le sang, prouvant qu'il était en bonne voie de guérison. Pour le reste, il était torse nu et portait un pantalon noir qu'il avait préalablement enfilé.

"Je me sens très bien."

Le vieux Mestre se tenait près du patient, les bras le long de son corps, nippé de sa modeste toge brune usuelle. Une domestique l'accompagnait, tenant dans ses bras des vêtements propres, sur ordre du fils de Rickard. Harrion se dirigea doucement vers une table non loin de là et versa un peu d'eau d'une cruche en faïence dans un calice d'acier.

"Les points de sutures risquent de ne pas résister. Vraiment Seigneur je me dois de vous demander de vous abstenir !"

Aux mots du soigneur, le chevalier arrêta son geste, la coupe demeurant près de ses lèvres sans les toucher.

"Vous voulez que je reste ici ?" Lança-t-il d'un ton qui ne présageait rien de bon.

"Oui... Pour votre bien." Répondit le Mestre, légèrement hésitant.

Le convalescent but lentement l'eau de la coupe avant de la reposer. Lentement, il se tourna pour faire face au Mestre, son regard cérulé se braquant sur lui.
Le Karstark quitta ensuite son statisme et se dirigea vers une armoire où ses effets personnels étaient entreposés. Après avoir ouvert la lourde porte de bois sculptée, il se baissa -et s'il ressentit une quelconque douleur, il n'en montra rien du tout- pour saisir un objet long et fin : le fourreau d'une arme. Se redressant, il se dirigea d'un pas décidé vers le Mestre qui ne savait pas à quoi s'attendre. Là, le Nordien au tempérament volcanien tira furieusement la lame de son étui. Le Mestre écarquilla les yeux mais resta figé sur place, une peur incrédule traversant son visage qui devint soudain livide. Là, Harrion saisit la main moite du Mestre et y colla la dague, l'obligeant à resserrer ses doigts sur la garde. Plantant ses yeux d'un bleu glacial dans ceux du guérisseur, le noble se dressa devant lui, de toute sa hauteur, donnant au vieil homme l'impression d'être minuscule sous son ombre.

"Voici la seule chose qui pourrait m'empêcher de sortir."

Interdit, le Mestre entrouvrit la bouche mais aucun son n'en sorti. Harrion était conscient de sa brutalité mais il était au bord de l'implosion. Il s'approcha davantage du Mestre, la pointe de l'arme touchant le ventre musculeux du Karstark. Penché, les yeux plantés dans les siens, sa voix se fit murmure.

"Je vais devenir fou si je reste une minute de plus ici."

"Mais..."

"Mestre... J'en ai besoin."

Le visage du guérisseur se détendit, se rendant à l'évidence, il n'avait pas le choix car rester ici n'avait, pour Harrion, rien de sain... Le fils Karstark le remercia d'un mouvement discret de la tête et se détourna de lui, se dirigeant vers la domestique qui, penaude, tenait dans ses bras une chemise propre. Il la saisit sans la regarder. Le Mestre reposa la dague sur la table de chevet. Il n'en demeurait pas moins inquiet et se risqua donc à une dernière suggestion.

"Accepteriez-vous au moins qu'on vous accompagne ?"

Le vieil homme fit signe à la servante, l'autorisant à quitter la pièce. La femme se retournant se rendit compte de la présence de Lyra sur le pas de la porte et s'inclina face à elle.

"Ma Dame."

"Lady Mormont." Dit le Mestre en inclinant sa tête à son tour.

Harrion leva les yeux sur Lyra, puis détourna la tête. Il enfila sa chemise, non sans esquisser une grimace. Une fois l'effort ayant pris fin, l'homme s'adressa à elle.

"Ma Dame... Le Mestre craint de me  laisser me promener sans un chaperon."

Après un instant où il garda le silence, le chevalier leva ses yeux azurés... Posant sur elle un regard énigmatique qu'il n'avait encore jamais eu.

"Auriez-vous l’amabilité de le rassurer en m'accompagnant ?" Dit-il d'une voix exempte de froideur.

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MessageSujet: Re: [FlashB] Orgueil et préjugés l Lyra & Harrion   [FlashB] Orgueil et préjugés l Lyra & Harrion EmptyVen 19 Aoû - 22:28

Some saw the sun, some saw the smoke. Sometimes the wire must tense for the note. Caught in the fire, say oh, we’re about to explode. Carry your world, I’ll carry your world. Some far away, some search for gold, some dragon to slay. Heaven we hope is just up the road. Show me the way, Lord because I'm about to explode. Carry your world and all your hurt.
Orgueil et préjugés




Même enfant, Lyra n’avait jamais éprouvé ni jalousie ni déception quant à ses capacités face à celles de ses sœurs qui la surpassaient en beaucoup de points. De ses faiblesses, elle n’avait jamais baissé la tête de honte ou de gêne et les acceptait avec le même air fataliste et souriant. Les choses étaient ainsi et il ne servait à rien de se morfondre sur ces bras trop faibles pour brandir une masse ou sur ce cœur trop tendre qui ne pouvait que lui nuire sur l’Île aux Ours. Lorsqu’Alysane la renversait lors du combat au corps à corps ou que l’esprit acéré de Lyanna faisait des siennes, elle ne pouvait que s’esclaffer, consciente de ses propres limites qu’elle avait depuis longtemps fait siennes.

Face à Harrion cependant, elle se sentit soudain ridicule. La jeune femme pinça ses lèvres gercées si fort en suppliant les Anciens Dieux pour qu’elle ravale les mots qu’elle avait si naïvement prononcés qu’elle cru un instant qu’elles allaient éclater. Quelle mouche l’avait piquée ? Pourquoi s’être livrée maintenant après avoir laissé choir le masque assez longtemps pour que son vrai visage n’apparaisse ? La faiblesse et la fragilité de l’héritier alité l’avaient mise en confiance et elle s’était laissée aller aux confidences à demi mots. Elle même était épuisée. Ses paroles avaient jailli comme l’eau claire d’une cascade, sans qu’elle ne parvienne à les retenir ou à les contenir. L’étrange humeur bavarde du blessé et l’atmosphère sereine de la chambre l’avait faite baisser une garde qu’elle avait pourtant tenue devant Dacey. Et le visage fermé du Karstark qui évitait maintenant son regard la conforta dans ses doutes. Elle avait bel et bien fait une erreur en se laissait aller de la sorte. Un climat d’embarras avait soudainement soufflé sur la pièce.

Elle ne sut si elle devait remercier le jeune homme lorsqu’il lui demanda de quitter la pièce en mettant les formes ou en être blessée. Car derrière cette soudaine envie de sommeil, il était évident qu’il souhaitait simplement l’évincer. D’une part, elle était heureuse de fuir cette confrontation qui lui semblait-il l’enfonçait dans ses tourments en la mettant face à ses propres démons et de l’autre, elle se sentait repoussée si vivement et sans ménagement après s’être ouverte à lui qu’elle avait l’impression de tomber en mille morceaux.

Drapée dans sa fierté et avec un sourire contrit, elle se redressa en repoussant la petite chaise branlante. Dans le silence pesant qui s’était installé, les pieds raclant contre la dalle froide avaient des airs de tonnerre.

« Bien sûr. Remettez-vous vite, » le salua-t-elle d’une voix ténue avant de tourner les talons.

Ses accents n’étaient ni trop secs ni trop larmoyants, mais il était indéniable qu’elle trembla légèrement sur la fin de sa phrase.

Dans le couloir, patientant derrière la lourde porte, la domestique qui avait soigné son bras et une autre suivante l’observèrent partir à grandes enjambées, pressée de se soustraire aux regards des autres. C’était de cela dont Lyra avait besoin. De la solitude. Finalement, elle n’en avait pas eu assez dans le Neck. Sa lune d’errance l’avait-elle rendu si maladroite à s’exprimer et à tisser des liens ?

Dans ses appartements, la dragonne sommeillait toujours d’un sommeil de plomb, lovée près de la cheminée. La jeune ourse arriva à temps pour en raviver les flammes qui mourraient au creux d’une bûche calcinée. Au moins, personne n’était venu dans sa chambre, comme elle l’avait ordonné. Elle se laissa choir sur la peau de bête. Les poils sentaient la cendre et le bois brûlé. Elle y enfouit son nez et resta là, à réchauffer ses os grelotants.




*




Regardant sans voir, ne sachant si ses cibles étaient des amis ou des ennemis, elle décocha son premier trait, posa sa main sur son carquois pour en tirer une deuxième flèche et l’encocha alors que son premier projectile n’avait encore percé aucune chaire. Celle-ci fit mouche alors qu’elle visait le troisième corps, simple silhouette noie qui était habillée d’ombres. Ses adversaires, poulets apeurés coincés dans une grange humide, ne comprirent qu’ils étaient attaqués que lorsqu’elle décocha sa quatrième. Ils ne le savaient pas encore, mais ils étaient déjà perdus.

Lyra avait tranquillement eut le temps de choisir l’ordre de ses objectifs avant de bander la corde de son arc. La première pointe transperça le premier homme dans le dos, assez haut. Elle ne le vit pas, mais sentit le fer se glisser entre ses os pour venir embrocher son cœur. La flèche ressortit par un poumon, laissant apparaître sa tête sanguinolente dans son torse. L’ombre qui était maintenant un fer-né, lança un regard surpris autour de lui, sans pour autant identifier son meurtrier. Il échoua dans le sable après avoir trébuché en avant. Les trois autres flèches avaient également rempli leurs objectifs. L’une s’était fichée dans un œil, l’autre avait éclaté une gorge et la dernière avait touché un front, faisait loucher le dernier homme avant qu’il ne titube.

L’archère n’éprouvait ni remords, ni tristesse. Elle ne s’apitoya d’ailleurs pas sur leur sort. Ne l’avaient-ils pas cherché, en venant harceler ses côtes ? Avec un contrôle parfait, elle baissa son arme et voulut faire demi tour pour rentrer à l’abri des frondaisons de la forêt.

Le vent se levait. Ce détail la troubla assez pour qu’elle s’immobilise et regarde par dessus son épaule. Un homme déambulait sereinement sur la grève entre les cadavres. Il s’approchait et avait le regard tourné vers la jeune ourse, quant bien même était-elle cachée dans la forêt. Il la voyait. Mais Lyra n’avait pas besoin de plisser des paupières pour l’identifier. Elle savait, elle sentait ce que représentait cette forme menaçante. Qui elle représentait. Une peur sourde l’étrangla et lui serra les entrailles si fort qu’elle crut en vomir.

Fuir cet œil inquisiteur était la meilleure option.

Mais elle était pétrifiée, n’étant capable que d’observer, impuissante, le Choucas venir, toujours plus près, cette même expression neutre sur le visage. Alors qu’elle remuait comme un beau diable, elle se rendit compte que ses chevilles, ses poignets et son cou étaient emprisonnés dans des colliers de métal noir, reliés au sol par de lourdes chaînes. Plus elle se débattait, plus le bruit devenait assourdissant. Elle sanglotait, hurlait à la mort et griffait sa peau dans l’espoir de se libérer. Son instinct la pressait de disparaître, retournait son estomac et manquait de la rendre folle. Euron Greyjoy, arrivé à sa hauteur, sourit.

Dans un dernier cri, elle ouvrit de grands yeux écarquillés. Guettant à droite et à gauche les ombres, elle s’assit dans son lit et ramena ses jambes sous son menton avant de les serrer entre ses bras tremblants.

Elle mit quelques secondes à reconnaître l’intérieur de Winterfell et non pas son horrible chambre de Pyk. Sa respiration saccadée et sifflante se rassérénait à mesure que son environnement redevenait familier. Ses joues étaient mouillées de larmes. Elle les essuya d’un revers de main. Elle cacha son visage dans ses genoux.

« Ce n’est qu’un mauvais rêve… » murmura-t-elle pour elle même. « Rien qu’un mauvais rêve… »

Le ronflement sonore de Solitaire lui répondit.




*



Deux jours plus tard


Ce matin là, Lyra avait une mission. Ramenez de quoi manger à la saurienne. Depuis son retour à Winterfell, la jeune femme ne mangeait guère, victime d’un écœurement constant, et préférait donner tous ses repas à la créature blanche qui, trop heureuse, n’en laissait généralement pas une miette. Pourtant, elle ne cessait d’en demander plus et lorsqu’elle avait trop faim, se mettait en tête de ronger les meubles. La Mormont ne souhaitait pas prendre le risque de voir des domestiques rôder autour de ses appartements aussi préférait-elle se rendre seule aux cuisines.

Pourtant, le chemin qu’elle empruntait n’allait pas du tout dans la direction qu’elle s’était fixée. Machinalement, sans qu’elle y pense réellement, elle se dirigeait vers les appartements d’Harrion. Elle prendrait des nouvelles. Discuterait avec la vieille guérisseuse et avec le mestre. Avec un peu de chance, l’héritier dormirait et ne se rendrait même pas compte de son passage. Après leur dernière entrevue, elle ne souhaitait pas réellement s’attarder à son chevet. Était-elle dotée d’une nature compatissante et bienveillante, elle était encore fragile et ses nerfs à fleur de peau ne la disposait pas vraiment à une nouvelle conversation avec le blessé.

De l’autre bout du couloir, de grandes exclamations retentissaient. L’écho et les paroles prononcées trop vite l’empêchaient d’en comprendre le sens aussi se rapprocha-t-elle à pas de loup.

« Accepteriez-vous au moins qu’on vous accompagne ? »

Une servante manqua de la percuter et elle se perdit en excuses bafouillantes avant de révérencer, suivie par le mestre. Par dessus son épaule, Lyra constata avec surprise que le blessé était debout et ne flanchait pas. Il s’habilla rapidement et elle détourna des yeux. Sa presque nudité alors qu’il était allongé et tremblant de fièvre il y avait deux jours ne l’avait pas dérangée outre mesure. Il n’était alors qu’un blessé ayant besoin d’aide alors. Mais aujourd’hui, la donne avait changé et elle s’en trouva intimidée, sans rougir cependant.

Ce ne fut pas le regard perçant qu’il lui lança qui la fit sourciller, mais bien sa question. Il la congédiait comme une malpropre et voilà qu’il demandait maintenant sa compagnie ? Vraiment, elle n’y comprenait plus rien. Elle hésita un instant, soucieuse de sa langue qui semblait vouloir se délier si facilement en sa présence, mais également du repas de Solitaire. D’ailleurs, était-ce vraiment sage de le laisser gambader comme un jeune cabri dans l’enceinte du château alors que ses blessures n’étaient pas encore totalement refermées ? Le moindre mouvement trop brusque, le moindre effort et tout le travail de guérison serait réduit à néant. Elle jeta un regard soucieux au mestre qui lui fit un signe de tête engageant.

« Au bon endroit au bon moment, me semble-t-il, » finit-elle par acquiescer.

Elle lui présenta son bras pour qu’il s’en saisisse. En le regardant de plus près, elle nota que son visage blafard et fatigué avait repris des couleurs. Elle en fut satisfaite. Son manque de froideur à son égard la surprenait et l’espace d’un instant, elle se demanda si l’on n’avait pas échangé Harrion Karstark avec un autre homme.

« Vous avez l’air en meilleure forme. C’est sincère, cette fois-ci. »

La prudence serait de mise aujourd’hui et elle n’en dirait pas plus que ce qu’elle désirait.

« Où comptiez-vous donc aller de la sorte ? » lui demanda-t-elle. « Je peux aller chercher votre frère Eddard, si vous le souhaitez. »

Il n’y avait aucune amertume dans sa voix. Elle se doutait simplement que le jeune homme recherchait plus la compagnie des siens que la sienne. Il en aurait été de même pour elle.   


 


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MessageSujet: Re: [FlashB] Orgueil et préjugés l Lyra & Harrion   [FlashB] Orgueil et préjugés l Lyra & Harrion EmptyVen 26 Aoû - 17:21

Orgueil et préjugés


Une fois qu'il fut rassuré, le mestre quitta la chambre, laissant le Karstark se vêtir. Silencieux, il s'assit sur le bord de son lit pour enfiler ses bottes, puis se releva pour se parer d'une seyante tunique noire finement ouvragée à l'étoffe épaisse -propice au climat local- au col mandarin, boutonnée sur le devant. Le contact du vêtement relativement serré sur son épaule et sa poitrine lui fit serrer les dents mais il ne se montra guère plus démonstratif. Lorsqu'il fut prêt et qu'il sortit aux côtés de la jeune femme, celle-ci lui tendit généreusement son bras pour mieux l'aider à se déplacer. Si chaque pas tirait terriblement sur le haut de son corps encore zebré par les tirs ennemis, son orgueil, lui, n'avait subi pas le moindre dommage. A ce geste, il se contenta d'abaisser légèrement sa tête brune vers elle, ses lèvres s'étirant en un fin mais sincère sourire.

"Ne le prenez pas mal ma Dame mais je souffrirai moins de prendre votre bras que de tenir le vôtre."

Le Nord n'était pas une terre où les faibles subsistaient longtemps. A vrai dire, l'hiver et la rigueur de la vie les balayait d'un seul souffle et ceux qui restaient devaient devenir aussi rudes que ce qu'ils devaient affronter au risque de subir le même sort. Même s'il était encore blessé, il aurait fallut que ses meurtrissures commandent à son corps et son esprit pour qu'il accepte un tel soutien. Il ne s'en offusqua pas pour autant et de deux pas à la lenteur calculée, il se trouva bientôt à son côté. C'est non sans galanterie qu'il tendit à son tour l'avant bras droit (donc le côté qui n'avait pas à souffrir de sa blessure) vers Lyra.

"Ne craignez pas pour ma sécurité."

Il n'en dit rien et pourtant il pensait bien que si à ce stade il était incapable de se déplacer seul, il ne méritait simplement pas de le faire. C'est donc sans en faire la demande explicite qu'il attendit que la Mormont se tienne à son bras et lorsqu'elle accepta, ils traversèrent les corridors enluminés par quelques appliques à la flamme vive et au fer forgé.

Lorsque l'Ourse le complimenta sur sa bonne mine, le Karstark garda son regard devant lui.

"Mes soigneurs ont fait du bon travail."

Un compliment dissimulé qu'elle perçut peut-être, mais il ne le rendit pas limpide, sans doute par orgueil. Sa suggestion concernant Eddard ne le surprit guère. De quelle façon aurait-elle souhaité être en sa compagnie alors qu'il l'avait si mal traitée quelques jours auparavant... Mais voilà, Harrion n'était jamais très à l'aise dans le domaine des excuses. Pas qu'il ne ressentait jamais la nécessité d'en faire, il redoutait davantage de se dévoiler et d'être rejeté, sachant également que ne pas en faire ne l'en préservait pas davantage...

"J'aimerais prendre un peu l'air. Je pense qu'une bouffée d'air frais me ferait le plus grand bien. Cela fait longtemps maintenant que je ne suis pas allé au bois sacré de Winterfell."

Il ferma les yeux et sa tête se baissa alors qu'il observait le sol quelques secondes. Cette fois il n'y couperait pas, il le savait... Sa conscience le rappelait à l'ordre et de toute manière, il ne souhaitait pas que l'hie garde à l'esprit une image de lui aussi amer.

Passant sous une alcôve au plafond bombé, ils montèrent une volée de marches peu larges qui menait au ponceau qui reliait le donjon à la tour d'arsenal. Une fois la lourde porte de bois ornée de fer passée, un souffle frais s'engouffra dans le couloir, fouettant son visage, glissant sur lui, le vent d'hiver laissant dans son sillage un doux frisson hérissant sa peau. L'intérieur du château des Stark avait la propriété d'être particulièrement bien chauffé, même lors du plus rigoureux hiver. Les sources chaudes captées en profondeurs remontaient jusque dans les murs par un ingénieux système de canalisations, réchauffant ainsi l'atmosphère. Du fait, lui qui avait naturellement toujours chaud avait ces derniers temps l'impression de bouillir de l'intérieur.

Depuis tout le temps qu'il était enfermé dans sa chambre, les odeurs du dehors et le froid du Nord lui avaient manqué plus qu'il ne pouvait l'imaginer. Malgré la fraîcheur, le soleil resplendissait, picotant ses joues pâles habillée d'une barbe courte. Sur le ponceau, sur leur gauche, les deux nobles avaient une vue sur la cour principale où se passaient les jeux et tournois. A cette heure, ne restaient que des hommes à l'entraînement, croisant le fer avec leurs aînés pour apprendre les bottes qui leur sauveraient peut-être la vie lors d'un combat. Sur leur droite, la porte Est donnait sur la route royale, traversant la ville d'hiver dont on percevait les colonnes fumantes çà et là.

Le paysage des alentours du château baignait dans une agréable lumière hiémale et l'on percevait même de multiples chants d'oiseaux. L'effort que lui demandait ce cheminement était considérable. Pour lui, c'était une véritable épreuve et paradoxalement, cela lui faisait un bien indescriptible. Ils rencontrèrent peu de badauds, essentiellement des gardes et chacun d'eux les salua sur leur passage. Une fois arrivé à la tour d'arsenal, ils descendirent les marches en colimaçon pour passer la porte ouvrant sur le bois sacré. Une forte odeur d'humus s'enroula dans chaque parcelle de ses poumons. A leurs pieds et contre l'une des façades de l'hostellerie, l'étang de source chaude remontait des profondeurs, diffusant alentours ses vapeurs douces. Près de lui, l'énorme barral trônait, somptueux et triomphant, ses larges racines à l'écorce blanche allant se perdre de part et d'autre de son tronc volumineux. Son feuillage incarnat dévorait l'espace, donnant à ce jardin des couleurs uniques et mystiques. Un lieu de vie et de sérénité.

Harrion inspira profondément, un calme inusité l'envahissant. Il n'avait pas lâché le bras de Lyra et devant ce spectacle, il eut un léger sourire tendre. Il se souvenait de sa mère, elle qui croyait aux anciens dieux et qui tenait les arbres esprit comme sacré, leur prêtant des pouvoirs que peu pouvaient encore imaginer. Lui y avait cru longtemps... avant qu'elle ne s'éteigne. Ce souvenir, douloureux, lui arracha une moue de dédain et de regret. La douleur à sa poitrine se raviva soudain et il eu un ostensible mouvement le faisant se contracter. Fermant un instant les yeux, il baissa la tête, le ton de sa voix se faisant à peu plus grave.

"Lorsque vous étiez à mon chevet l'autre jour, j'ai été grossier et je le regrette."

Il attendit quelques secondes puis il se tourna face à elle, laissant le bras de la demoiselle reprendre sa place naturelle. Si le volume de sa voix état peu fort, il était indéniable qu'il était sincère, même s'il encaisserait la désaffection de l'Ourse sans faillir.Ses yeux pers glacés s'ancrant dans les siens, il reprit.

"Je comprendrais que vous souhaitiez éviter une balade bucolique ennuyeuse au bras d'un blessé de guerre au sale caractère..."

Malgré cette marque de dérision, il garda un visage parfaitement sérieux et ne la lâcha pas du regard.


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MessageSujet: Re: [FlashB] Orgueil et préjugés l Lyra & Harrion   [FlashB] Orgueil et préjugés l Lyra & Harrion EmptySam 27 Aoû - 19:45

Some saw the sun, some saw the smoke. Sometimes the wire must tense for the note. Caught in the fire, say oh, we’re about to explode. Carry your world, I’ll carry your world. Some far away, some search for gold, some dragon to slay. Heaven we hope is just up the road. Show me the way, Lord because I'm about to explode. Carry your world and all your hurt.
Orgueil et préjugés




Dans un froissement de robe longue, le mestre disparut de la petite pièce, emportant les domestiques dans son sillage. Lyra se trouva en tête à tête avec le Karstark, chose qui n’était encore jamais arrivée. Toujours, lors de leur rencontre puis de leurs retrouvailles par la suite, il avait gravité autour d’eux les atmosphères festives et musicales des banquets et des réceptions données par les Stark que cela soit pour les Moissons ou pour diverses rencontres entre lords du Nord. Jamais il n’y avait eu qu’eux dans le silence. Aussi, la jeune femme se trouva bien étonnée de constater cette étrange ambiance dans laquelle elle voyait évoluer l’héritier pour la première fois. Inconsciemment, elle avait associé leurs entrevues rapides et quelques fois profondément cordiales –même si une fierté toute particulière teintait généralement leurs échanges- à des contextes particuliers. Dans ce contexte précis, elle perdait ses repères, mais ne s’en montra aucunement intimidée.

L’aîné de Rickard avait toujours été bouffi d’orgueil. D’aussi loin qu’elle puisse se souvenir, ce défaut fort prononcé chez le jeune homme avait été le trait de caractère qui lui avait sauté au visage sans qu’elle puisse réellement s’en départir. Harrion Karstark était arrogant et il n’y avait pas à tergiverser là-dessus. Il le lui avait prouvé à de nombreuses reprises. Leur première rencontre, par exemple. Lui devait être âgé de quatorze ans et elle n’en avait que huit. Elle revoyait encore nettement l’immuable château de Winterfell et comme il lui était apparut inébranlable et incroyablement grand à cette époque. Elle se souvint de l’air narquois de l’adolescent au soleil pâle brodé sur la poitrine qui avait observé la délégation Mormont arriver. « Tiens, voilà les sauvages, » avait-il rigolé en bourrant son coude dans les côtes de son cadet. Piquée au vif, Lyra avait sagement attendu de descendre de sa monture, resserré son pourpoint de chasse légèrement trop large et avait lâché en passant devant lui « Tu peux nous appelez sauvages autant que tu veux, mais au moins nous n’agissons pas comme tel contrairement à toi. » Le tutoiement et la pique non dissimulée n’étaient clairement pas bien passés.
Aujourd’hui, en le regardant patiemment batailler avec ses chemises pour se vêtir seul, serrant les dents pour retenir ses grimaces de douleur et refusant même son bras, elle revoyait ce jeune garçon trop fier, le rictus railleur et goguenard remplacé par un sourire d’homme honorable ayant à cœur de protéger son égo. La troisième fille de Maege n’en tint pas rigueur, mais mesura la situation un instant avant de se saisit du bras présenté en prenant grand garde à ne pas trop s’y accrocher. Ses jambes étaient elle même un peu faibles. Après tout, elle n’était rentrée que depuis quatre jours et il en faudrait bien plus pour qu’elle récupère toutes ses forces.

« Hé bien, ce n’est pas pour votre sécurité que je m’inquiète, mais pour la mienne, » lui répondit-elle avec un petit sourire. « Nous rirons peut-être moins quand nous finirons tous les deux le nez dans la neige. »

Elle riait autant de lui que d’elle car vu d’un œil extérieur, la paire qu’ils formaient ne paraissaient pas bien vaillante. Lui, le bras gauche encore bandé et plaqué contre son torse, le visage pâle d’avoir passé tous ces jours loin de l’extérieur et de l’air frais et elle, flottant dans la robe trop grande de sa sœur, les joues creuses et les yeux encore brillant de fatigue.
Lyra acquiesça sans un mot lorsqu’il mentionna le rôle des soigneurs dans sa guérison.

Il ne répondit pas à sa proposition d’aller chercher Eddard et l’entraina d’un pas confiant à travers le dédale du fief des Stark. Elle sourcilla lorsqu’il mentionna son désir de visiter le bois sacré.

« Je ne vous savais pas attentif aux Anciens Dieux, » dit-elle sans réellement attendre de réponse.

Le caractère sérieux et rigoureux du jeune homme laissait peu de place au mysticisme et à la croyance en d’esprits de la nature sans visage. S’il ne le lui avait pas dit, elle lui aurait prêté d’autres sentiments à ce sujet qu’il aurait probablement qualifié « d’enfantillages pour les imbéciles. » En y réfléchissant, elle se rendit compte que, finalement, elle ignorait beaucoup de choses sur lui.  

Arrivés sur la passerelle courant les hauteurs de Winterfell, la troisième ourse fut surprise du vent glacé qui agitait ses longs cheveux noirs et rabattait les pans de son châle et de sa robe contre son corps frissonnant. Instinctivement, elle s’accrocha un peu plus au bras qui la soutenait, ravivant les douleurs de son avant-bras griffé. À l’abri et au chaud derrière les murs de la forteresse, elle avait oublié que dehors, l’hiver avait laissé son empreinte.
Si le regard d’Harrion fut attiré par la cour du château, celui de Lyra se porta sur les profondeurs insondables du Bois aux Loups. Il lui semblait alors respirer à nouveau, goûtant à une liberté toute nouvelle qu’elle n’avait pas su si précieuse avant d’être cloitrée comme un animal de foire. D’ailleurs, c’était bel et bien à cela qui paraissaient ressembler tous les deux. Deux jeunes créatures redécouvrant le monde qui les entourait après avoir été enfermées, prisonniers derrière des barreaux.

Le bois sacré n’avait pas changé depuis qu’elle avait pour la première fois posé les yeux dessus. Il y régnait toujours cette aura mêlant étrangeté et recueillement, loin des tumultes agitant Winterfell. L’ambiance poussait aux chuchotements, même s’il n’y avait personne pour écouter les conversations. Ils s’arrêtèrent devant la source d’eau chaude, au pied du barral le plus imposant. Son écorce blanche et laiteuse était craquelée et pleine de nœuds. Le visage gravé en son centre avait les yeux ouverts et vides qui auraient pu déranger un Sudier ou un étranger, mais certainement pas un Nordien. Certains aurait pu voir dans les plis de sa bouche une grimace effrayante, mais Lyra, elle, n’y voyait qu’une moue affligée et compatissante. Autour d’eux, les feuilles rouges tombaient comme des larmes de sang. La jeune ourse ne s’était pas rendue compte à quel point cela lui avait manqué… Elle laissa ses doigts effleurer le bois blanc.

Le bras du jeune homme à ses côtés se contracta douloureusement et la troisième ourse reporta immédiatement son attention sur lui. Elle en était sûre, il en avait trop fait. Les yeux fermés, le visage crispé, elle resta muette de stupéfaction lorsque pour la première fois elle l’entendit s’excuser. Il se détacha d’elle pour lui faire face, en dépit des blessures encore fraiches qui rendaient sa silhouette rigide.

« Je ne peux pas nier que vous ayez été grossier… » commença-t-elle, un air indulgent sur le visage.

Mais ne l’avait-il pas toujours été envers elle et envers sa famille ? Si elle n’avait jamais accepté cette manière condescendance qu’il avait de traiter les Mormont, elle avait appris à l’ignorer et à en jouer. Mais jamais au grand jamais il n’avait cherché le pardon après de tels affronts et Lyra ne le lui en avait d’ailleurs jamais demandé. La première impression qu’elle avait eue de lui avait été bien mauvaise et elle l’avait conservé jusqu’alors, même si elle préférait tenter de lui trouver de bons côtés. Or, aujourd’hui, elle n’avait pas besoin d’essayer. Il lui dévoila une facette toute nouvelle de sa personnalité. L’avait-il toujours eue ? Ou bien était-ce une nouveauté ?

« Mais je ne peux que vous demandez pardon pour ma propre maladresse. Vous étiez fatigué et je… »

Elle baissa à son tour les yeux et serra si fort les mains l’une contre l’autre qu’elles en blanchirent. Pouvait-elle à son tour mettre sa fierté de côté ? Elle pinça les lèvres et fronça les sourcils. Elle était embarrassée de se souvenir des idioties qui étaient sorties de sa bouche alors qu’elle s’était trouvée à son chevet.

« Je ne pouvais m’arrêter de parler, » termina-t-elle.

Les iris pâles du Karstark fixaient les siennes et elle lui rendit son regard sans faillir. Dans la tranquillité sereine du bois sacré, elle n’était plus intimidée. Elle était cependant désireuse de changer de sujet. La troisième ourse ne voulait pas revenir sur ses troubles aveux que chacun ferait mieux d’oublier.
Elle rit doucement, dissimulant sa bouche rieuse derrière sa main.

« Il me semble que nous nous promenons déjà, » sourit-elle en plissant les yeux. « Et si votre présence m’importunait tant que cela, il y a bien longtemps que je m’y serais soustraite. D’ailleurs, cette balade est loin d’être ennuyeuse. »

Elle s’agenouilla sur le bord de la source chaude. Les vapeurs brûlantes montant des eaux troubles léchèrent son visage glacé. Sa main tapota le sol à côté d’elle, invitant Harrion à la rejoindre. Lyra avait remarqué la soudaine faiblesse du jeune homme et avait envisagé qu’une courte pause serait bénéfique. Elle ne lui fit pourtant pas part ouvertement de sa pensée, craignant qu’affichant ainsi sa souffrance, il n’en prenne ombrage et s’entête à continuer de marcher.

« Et je m’accommode de votre sale caractère depuis de nombreuses années maintenant. Il m’est impossible d’abandonner maintenant ! » affirma-t-elle d’une voix douce.    


 


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MessageSujet: Re: [FlashB] Orgueil et préjugés l Lyra & Harrion   [FlashB] Orgueil et préjugés l Lyra & Harrion EmptyLun 19 Sep - 21:00

Orgueil et préjugés


Aucune réplique ne passa ses lèvres lorsqu'elle s'excusa à son tour des mots qu'elle avait prononcé l'autre jour à son chevet. Harrion préféra ne pas l'embarrasser de nouveau en restant indéfiniment sur ce sujet qui ne la mettait que fort peu à l'aise. Même s'il avait été surpris de telles confidences, Lyra n'avait pourtant pas à s'excuser. Les deux êtres n'avaient jamais eu de liens étroits mais tous deux avaient révélé une part vulnérable de leur âme et étrangement, il se sentait plus proche d'elle à cet instant que de nombreuses personnes.

Tandis qu'il la regardait s'asseoir près de la source chaude dont les vapeurs voilaient l'atmosphère, il la soupçonna de vouloir le ménager. Sa réponse lui arracha un sourire avant qu'il ne hausse ses sourcils. "Pourtant je vous ai largement épargné." Dit-il avec un humour dissimulé en s'installant près d'elle. S'asseoir était une petite épreuve car il tordait son buste dans une position qui tirait sur tous les muscles de son corps. Il eut l'impression qu'on enfonçait une petite dague dans sa poitrine, mais cette douleur qui lui coupait le souffle, il pouvait maintenant la tolérer sans trop le montrer.

Le temps que son corps ne s'habitue à la position assise la douleur s'estompa. Le clapotis de l'eau bouillante était agréable et il cessa de se battre contre la sérénité qui souhaitait l'envahir de nouveau. Cet instant était pour lui comme une renaissance et tandis que ses pensées l’emmenaient çà et là, il se remémora soudain le cauchemar et la blessure qu'il avait infligé au poignet de l'Ourse.
Consterné, il ferma ses paupières sur ses perles au bleu diaphane. L'ironie de sa dernière phrase le frappant comme un coup au visage. Mordant sa lèvre inférieure, il reporta son attention sur la taillade bandée de la Mormont. Il dut se résigner à l'admettre. Lyra était une jeune femme courageuse qui gardait ses douleurs enfouies sous de délicats et rassurants sourires. Il l'avait écorchée -certes, sans le vouloir- mais jamais elle n'avait instillé le moindre reproche.
Le feuillage d'un rouge sang qui les couvrait se déchargeait peu à peu de ses pétales, formant un lit pourpre sur le sol et sur l'onde aux luisants reflets. Une feuille tomba sur le haut de sa tête et dès qu'il sentit ce contact, il leva son bras indemne et l'attrapa doucement avant de la froisser entre ses doigts. L'hiver vient pensa-t-il. Harrion se souvint soudain que sa maison lui manquait...

"Votre île ne vous manque-t-elle pas un peu ? Je dois avouer que j'ai beau trouver Winterfell accueillant, j'ai hâte de reprendre la route pour Karhold. Outre le fait que c'est mon foyer, peu de choses égalent l’attrait de ses régions."


"A l'aube la forêt frisonne de la nuit froide et un voile opalin la recouvre dans un silence étrange et apaisant. Parfois, le chant des loups le brise mais curieusement je le trouve... rassurant. Des rivières dévalent des vallées encaissées dans un son chantant et lorsqu'on sort de sentier battus il n'est pas rare de trouver des résurgences donnant de superbe cascades à l'eau cristalline. Même lorsqu'il y fait froid, le parfum de la sève des bouleaux et des mélèzes embaume l'atmosphère."
"Voudriez-vous m'y accompagner ?" Dit-il sans préambule, comme si cette idée lui était venue à la seconde. En réalité il se souvenait parfaitement des mots de la jeune femme lorsqu'il était alité.
Voyant l'air surpris de la nordienne, le Karstark trouva préférable de justifier cette invitation soudaine. "Et bien... la dernière Mormont a être venue chez nous était votre sœur Dacey, il y a de cela fort longtemps. Les relations diplomatiques entre nos deux familles sont pour le moins... insignifiantes, pourtant nos maisons servent la même bannière. Je pense qu'il serait bénéfique pour chacun d'entre nous que nous commencions à mieux nous connaître." Acheva-t-il en tournant doucement la tête vers le côté opposé, là où il savait que Lyra ne verrait pas son visage. Une grimace déforma ses traits tandis qu'il pinçait ses lèvres, retenant un juron à sa propre encontre. Il était d'habitude bien plus éloquent et il regretta de ne pas avoir réfléchi davantage avant de lui faire une telle proposition. Les onguents ne lui épargnaient décidément rien...

Il eut envie d'ajouter qu'elle serait au plus loin des côtes qu'elle désirait tant ne pas revoir de si tôt mais il s'abstint.

"Mon père serait d'ailleurs ravi de vous avoir à sa table, j'en suis certain." En réalité, non, il n'en était pas certain du tout et il le laissa volontairement percevoir dans le ton qu'il emprunta. Il savait déjà quel moue le vieux Rickard ferait en lisant sur le vélin la venue de la jeune femme. Mais Harrion avait ses arguments et son statut d'héritier lui conférait une autorité nouvelle sur son paternel -chose dont il n'abusait que très intelligemment.
"Et puis, tout nordien qui se respecte devrait y passer au moins une fois dans sa vie..." Dit-il sur un ton un peu moins tendre, y glissant cependant un rictus. Secrètement, il espérait peut-être trouver une quelconque façon de s'excuser de l'avoir violentée.

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MessageSujet: Re: [FlashB] Orgueil et préjugés l Lyra & Harrion   [FlashB] Orgueil et préjugés l Lyra & Harrion EmptyLun 26 Sep - 23:26

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Orgueil et préjugés




« Pourtant, je vous ai largement épargnée. »

Lyra leva son visage vers l’homme dans son dos, un sourire fendant soudainement ses lèvres. Jamais elle n’aurait cru Harrion, synonyme de la sévérité et de l’austérité du Nord, capable d’une pointe d’humour de la sorte. Il lui semblait d’ailleurs ne jamais l’avoir vu aussi souriant qu’en ce jour. Encore une fois, elle se rendit compte que sa personnalité avait bien plus de facettes que celles bien peu plaisantes auxquelles elle s’était limitée jusqu’alors. Se rendre compte de ses erreurs n’était jamais plaisant, mais la troisième ourse n’aurait pu être plus ravie d’avoir autant fait fausse route.
En ce qui concernait son caractère grognon, en revanche, elle voulait bien le croire. Pourtant, elle tendait à croire de plus en plus que cette étrange bonne humeur qu’il arborait aujourd’hui ne tenait pas d’un miracle. Chose impensable jusqu’alors. Comment aurait-elle pu deviner que sous ce masque d’orgueil froid et misogyne se cachait une bienveillance discrète qu’il semblait tant tenir à protéger ? Car l’héritier avait eu la délicatesse et l’élégance de ne pas la relancer sur ses babillages fiévreux d’il y avait deux jours. Cela n’aurait fait que l’embarrasser et le Karstark semblait l’avoir bien compris.

Il grimaça de douleur en s’installant et d’instinct, la jeune ourse tendit les bras vers lui pour lui venir en aide. Puis, elle se ravisa et les rangea sagement le long de ses côtes avant de les serrer autour de ses genoux contre lesquels elle appuya son menton. Il mit quelques secondes à trouver une posture dans laquelle son épaule le ferait moins souffrir et elle attendit patiemment sans prononcer un mot.

Près des sources chaudes et fumantes de Winterfell, encerclé par cette forêt de barrals protecteurs et mystiques, il était difficile de ne pas se laisser envahir par la nonchalance et la langueur. La vapeur caressait la peau de Lyra, remontant nonchalamment de ses bras et de ses jambes jusqu’à ses épaules, sa nuque et sa poitrine. L’hiver venait. Mais ici, les températures étaient si agréables et faisaient fondre la neige si bien que l’on aurait pu se croire dans le Conflans au beau milieu du printemps. Seuls les environs nus et escarpés témoignant encore du caractère nordien de leur localisation. Si l’archère appréciait la sérénité de l’instant –elle avait après tout toujours plus chéri le silence et les bruits de la nature que les paroles des hommes- cela ne semblait pas être le cas pour Harrion. Un rapide regard vers lui la confronta à des paupières closes et à un froncement de sourcils frustré. Son front était barré d’une ligne soucieuse. Sa blessure le torturait-il à ce point ? Elle savait qu’une promenade, aussi petite soit-elle, était une mauvaise idée. Elle aurait dû insister pour qu’il garde le lit et au diable son orgueil !
Elle ouvrit la bouche pour lui demander ce qui n’allait pas, mais le jeune homme ouvrit subitement les yeux et laissa glisser son regard le long de son bras dont la manche relevée laissait apercevoir le bandage blanc recouvrant ses griffures. Elle pinça les lèvres et fit mine de n’avoir rien vu tout en réajustant négligemment sa robe pour que sa peau échappe à son regard. Elle avait déjà oublié cet incident et il ne servait à rien qu’il se tracasse encore à ce propos. Peu désireuse d’amener un sujet qui romprait la soudaine harmonie entre le soleil et l’ourse, elle choisit encore une fois de se taire.

Dans la nouvelle quiétude, la voix grave de l’héritier s’accommodait étrangement bien avec les roulements lancinants de l’eau. Elle fut surprise qu’il s’intéresse à elle, mais peut-être encore plus par l’envolée lyrique inattendue qui jaillit d’entre ses lèvres. Curieuse, elle l’observa s’animer alors qu’il vantait les mérites de sa région et de la Baie des Phoques, si éloignée de la Baie des Glaces où elle avait grandi. Et la question qui s’accrocha l’air de rien à sa description la laissa pantoise. Prise au dépourvue, elle ne sut que répondre, n’étant plus capable que de le regarder avec des yeux ronds. Que lui valait cette soudaine proposition ?
Il se dépêcha d’enchaîner sans que Lyra n’ait le temps de répondre. Parlait-il tant, d’habitude ? Un instant, il lui rappela sa gêne lorsqu’elle lui avait conté à demi-mots ses mésaventures sur les Îles de Fer… Partageaient-ils depuis toujours tant de points communs sans en avoir conscience ? Ou plutôt, en en ayant plus ou moins conscience, mais préférant les cacher sous un voile de fierté refusant de voir ses torts ? Tournant sa tête sur le côté, elle ne vit pas sa grimace, mais la jeune ourse n’eut aucun mal à déceler sa pudeur qui fit naître un petit sourire amusé sur ses lèvres. Il se trouva renforcé à sa remarque sur lord Karstark.

« Oui, bien sûr, je suis certaine que votre père sera ravi de m’accueillir en votre demeure, » répéta-t-elle, l’ironie dans sa voix à peine perceptible.

Car il était de notoriété commune que le seigneur vieillissant de Karhold ne portait guère la sauvagerie des Mormont dans son cœur. Il avait fait preuve de son animosité à leur égard à de nombreuses reprises et ne se cachait pas vraiment pour faire savoir qu’il exécrait leurs mœurs. Ses sentiments ne s’étaient guère arrangés depuis le mariage de Dacey et Robb alors qu’il aspirait à marier sa propre fille avec l’ainée de feu lord Stark.

« Je ne savais pas que vous souhaitiez mieux me connaître… Et pour être honnête, je ne savais pas que je souhaitais mieux vous connaître également, » avoua-t-elle.

Sa timidité n’aidant pas, elle n’arrivait à se résoudre à le regarder, les fumeroles dansant devant ses yeux ayant trouvé un intérêt nouveau. Elle tendit la main comme pour s’en saisir, mais la brume filtra entre ses doigts écartés comme un feu-follet.

« Il me semble que je me suis fourvoyée sur beaucoup de choses vous concernant, » dit-elle avec un sourire d’excuses.

Elle reposa sa main dans la terre meuble du sol, appréciant ce contact qui lui avait tant manqué alors qu’elle était prisonnière des blocs de grès au milieu de la Mer du Crépuscule.

« Mon île me manque, » dit-elle. « Mes sœurs, ma mère me manque. Même mon chien me manque. »

Elle rit en repensant à Mouton, la bête brune qualifiée de répugnante par Lyanna.

« Mais je serais ravie de vous accompagner à Karhold. Tant que vous me promettez de ne pas me perdre en route. »

Harrion avait raison. Leurs maisons respectives étaient depuis bien trop longtemps en froid et peut-être la nouvelle génération se devait-elle d’enterrer la hache de guerre pour repartir d’un pied nouveau. Et cela lui permettrait d’échapper un peu plus aux rivages tout en revoyant Alys. Mais surtout, elle pourrait passer un peu plus de temps en compagnie du Karstark qui, elle en était certaine, était capable de la surprendre encore.
   


 


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MessageSujet: Re: [FlashB] Orgueil et préjugés l Lyra & Harrion   [FlashB] Orgueil et préjugés l Lyra & Harrion EmptyMer 28 Sep - 17:17

Orgueil et préjugés


A sa remarque sur son auguste paternel, le visage de Harrion s'éclaircit d'un sourire. Rickard était un sacré personnage et bien souvent, il était précédé par sa réputation. Le mariage de Robb Stark et Dacey Mormont était... plutôt très mal passé. Ce jour-là, Harrion s'était tenu avec calme, face à son père, les bras dans le dos, lui annonçant la nouvelle que l'on venait de leur rapporter. Rickard avait explosé, sa voix tonitruante faisant presque vibrer les murs. Son héritier avait écouté ses diatribes sans l'interrompre, sachant bien que sa colère pouvait d'un instant à l'autre changer de destinataire. Ce jour là, les Mormont en avaient pris pour leur grade et même les Stark.
Pour une fois, son fils avait eu un avis moins tranché. La nouvelle ne lui fit pas plaisir, loin de là, mais il s'y résolu bien plus vite que son père. La visite de Dacey à leur domaine l'avait d'ailleurs marqué. La jeune femme s'était présentée en armure, coupant la chique à son père qui avait  demandé à voix haute si cela n'était pas juste une blague. Autant dire que ce soir-là, le soupé à la table des Karstark avait été... folklorique.
Harrion avait trouvé cette excentricité bien commune des Mormont et s'il avait pensé aux premiers abords que la venue de la Mormont n'était qu'une provocation, il avait accepté l'idée que ce n'était en fait qu'un geste diplomatique se voulant bienveillant. Très vite, il en était venu à la conclusion que batailler aurait été une perte de temps. Dacey était devenue sa suzeraine et il lui vouerait donc respect et allégeance.
Cela dit, il préféra ne rien dire de ce passage pour ne pas l'effrayer davantage. Lyra savait qui était Rickard et il était sûr qu'elle saurait faire face. D'autant plus que cette fois, les circonstances seraient grandement différentes.

Lorsqu'elle s'étonna qu'il veuille mieux la connaître, Harrion se sentit un peu trop... exposé. Par de discrètes œillades, il observa les proches alentours pour s'assurer que personne ne surprenne cette conversation... du moins, il pensait surtout à Eddard. Si ce dernier avait été dans les parages, à n'en pas douter que l'héritier aurait entendu parler de cette histoire jusque dans la tombe.

Il l'étudia un instant sans dire un mot. Les yeux de la jeune femme s'étaient détournés pour observer les volutes vaporeuses de la source chaude. A l'aveu de la Mormont, le Karstark eut l'ombre d'un sourire. Lui qui ne laissait jamais rien ni personne l'atteindre, il n'était pas étonnant qu'on le voit juste comme un homme suffisant et caractériel. Il aurait d'ailleurs été bien mal placé pour la juger étant donné qu'il n'était pas irréprochable sur ce point. Cela dit, le noble pensait que de façon générale, seuls les sentiments de ceux à qui l'on tenait comptaient réellement. Et parfois, on se surprenait à vouloir qu'une personne en particulier entre dans ce cercle car la façon dont ses yeux se posaient sur vous parvenait à percer vos défenses. Voilà qui était inquiétant... Harrion se détourna de Lyra, observant à son tour les arabesques brumeuses dessinées dans l'air stagnant. D'une main distraite, il posa ses doigts sur son épaule blessée. La douleur raviva son orgueil. Pourquoi était-ce lorsqu'il souhaitait être en pleine possession de ses moyens qu'on l'en privait ? Il serra les dents et bougea sa tête sur le côté pour détendre ses muscles endoloris. Il lui tardait de pouvoir faire à nouveau des gestes aussi simples sans avoir l'impression que de petits poignards se glissaient sans cesse dans ses chairs.

La voix de Lyra le tira de son exaspération, lui confiant que son foyer lui manquait, le rappelant ainsi à sa propre nostalgie. Il n'en pouvait plus d'attendre et bientôt plus rien ni personne ne pourrait plus le retenir.

"Mais je serais ravie de vous accompagner à Karhold. Tant que vous me promettez de ne pas me perdre en route."

Elle acceptait. Bien qu'il n'en montra rien, une part de lui était surprise et agréablement. Après ce qu'elle avait vécu, Harrion n'aurait pas été étonné qu'elle refuse, cela aurait paru compréhensible après tout. Il appréciait ce côté aventurier de sa personnalité et plus important encore, c'était là une grande marque de confiance car elle lui confiait sa sécurité.
"Je vous le promets. Cependant, il vous faudra m'écouter et faire ce que je vous dirai Lady Mormont." Acheva-t-il dans un rictus mutin en la regardant de côté, le menton légèrement relevé. C'était une plaisanterie, cependant, et ce même s'il ne le précisa pas, il attendrait d'elle qu'elle l'écoute s'ils venaient à se trouver en difficulté, car il n'était pas question qu'elle se mette en danger. Mais cela, ils auraient bien le temps d'en parler.

Son sourire se fana et ses traits se firent plus sérieux.
"Vous serez bien entourée... et je ne vous lâcherai pas."
Ayant le désir de la rassurer, il montra d'un coup d’œil son bras en écharpe.
"Je sais qu'actuellement je ne suis guère convainquant mais je puis vous garantir que le quidam qui en viendrait à me sous-estimer s'en mordrait les doigts."
Il acheva sa phrase dans un nouveau sourire, plus ténu, tout comme l'était devenu le son de sa voix grave. Plus d'une personne se serait demandé s'il était sérieux ou non. Il lui fallut seulement croiser son regard cérulé pour balayer ses doutes éventuels. Après tout, qu'y avait-il de plus dangereux qu'un animal blessé et acculé ? D'autant plus lorsque l'animal en question était pugnace au naturel...

Mais le temps filait et son ventre se mit à gémir d'impatience. Il n'avait rien ingurgité de véritablement solide depuis des jours. Le mestre tenait à lui faire avaler des sortes de bouillons de légumes et de plantes aux propriétés soit disant thérapeutiques. Il devait convenir que cela semblait très bien fonctionner, cela dit, il était maintenant prêt à tuer pour de la viande... ou pas loin.

Embarrassé que son ventre prenne la liberté de faire autant de boucan, il se racla la gorge, reprenant une certaine contenance.
"Je crois qu'il est temps pour moi de prendre un bon et vrai repas." Dit-il tout en se levant, presque sans arborer la moindre grimace. Déjà qu'il supportait mal les ordres mais quand ces derniers l'obligeaient à réprimer ses exigences alimentaires, sa tolérance se réduisait comme peau de chagrin. Harrion Karstark avait décidé de leur rappeler à qui ils avaient à faire.
Une fois debout, il fit preuve d'obligeance et tendit sa dextre à l'Ourse pour l'aider à mieux se relever. Lorsqu'elle fut face à lui, le chevalier ne lâcha pas immédiatement sa main, pencha sa tête légèrement vers elle, un air mystérieux et complice au visage.
"Un odieux larcin dans les cuisines de Winterfell vous intéresse-t-il ?"






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MessageSujet: Re: [FlashB] Orgueil et préjugés l Lyra & Harrion   [FlashB] Orgueil et préjugés l Lyra & Harrion EmptyDim 2 Oct - 11:25

Some saw the sun, some saw the smoke. Sometimes the wire must tense for the note. Caught in the fire, say oh, we’re about to explode. Carry your world, I’ll carry your world. Some far away, some search for gold, some dragon to slay. Heaven we hope is just up the road. Show me the way, Lord because I'm about to explode. Carry your world and all your hurt.
Orgueil et préjugés




Karhold. Combien de fois en avait-elle entendu parler ? Lors de leurs rares rencontres à Winterfell et dans les nombreuses lettres qu’elles s’échangeaient, Alys était souvent intarissable sur le sujet. Tant en bien qu’en mal, d’ailleurs. Tantôt la Baie aux Phoques était le plus bel endroit du monde, les forêts y étaient les plus mystérieuses et les plus féériques et le lendemain, l’endroit devenait le plus gris, le plus misérable et le plus ennuyeux de tout Westeros. Sa vision de la région dépendait énormément de son humeur. Aussi, Lyra n’avait guère pu s’en dresser un portrait fidèle, celui-ci oscillant souvent en fonction des mots de l’unique fille des Karstark. La jeune femme avait toujours été d’un naturel curieux et l’exploration comptait parmi ses passe-temps favoris. Cependant, depuis sa dernière escapade dans la Baie des Glaces, elle s’était trouvée inquiète et beaucoup plus timorée. Ses aventures dans le Neck en compagnie de la fer-née Halys semblaient l’avoir vaccinée. Or, étonnamment, la décision de s’éloigner un peu plus encore de l’Île aux Ours pour se rapprocher de la demeure des Karstark ne l’angoissait pas autant que ce qu’elle aurait cru. Elle qui s’était promise de rentrer au plus vite auprès des siens… Mais peut-être n’était-elle pas encore prête à revoir sa maison en rondins et sa génitrice.

Lorsqu’elle accepta cependant, le visage d’Harrion resta neutre, arborant le même masque sévère qu’à l’ordinaire. Mais là où la troisième fille de Maege n’y aurait autrefois vu que de la froideur et de l’arrogance, elle y décelait maintenant une certaine réserve et une pudeur qu’elle n’aurait jamais pu déceler avant cet échange.
À sa promesse de ne pas l’égarer dans les bois et les steppes glacées séparant Winterfell de Karhold, elle tourna cependant vivement la tête et le toisa, les sourcils arqués. Elle ne perçut tout d’abord pas l’humour dissimulé derrière ses mots, mais le léger sourire sur ses lèvres finit par lui arracher à son tour une petite moue rieuse.

« Vous devriez savoir qu’on ne dit guère aux Mormont ce qu’ils… ce qu’elles doivent faire. Cela pourrait vous jouer des tours. »

Certains avaient longtemps essayé et étaient repartis l’égo blessé. Ou pire encore. Le plus bel exemple restait sa mère, Maege. Rien ne la prédestinait un jour à être Lady Mormont, chef de famille et dirigeante de l’Île aux Ours. Après tout, elle avait un frère ainé et un neveu en âge de diriger… Mais les hommes de la famille semblaient condamnés à ne faire que de mauvais choix et l’Ourse avait été là pour rattraper leurs erreurs. Malgré la disgrâce tombée sur Jorah, elle s’était relevée, après pris le problème à bras le corps et s’était montrée plus féroce et plus rude que jamais pour protéger l’honneur amoché de sa maison.

Le sourire de l’héritier mourut cependant lorsqu’il tenta de la rassurer en lui affirmant qu’elle serait bien gardée. Pas comme la dernière fois, semblait-il lui dire. Un grand froid l’envahit alors, malgré la chaleur tiède des volutes et de l’eau clapotant devant eux. Elle se rappelait encore la tempête, la mer déchaînée et le corps de la jeune Selane, étendu sur le bois humide du bateau, la gorge tranchée par la main du Greyjoy. Elle se souvenait sans mal de cet unique œil froid qui l’avait scrutée sans qu’elle ne parvienne à s’échapper alors que tous les marins et les marchands autour d’elle tombaient sous les lames des pirates fer-nés.

Son regard porté sur son bras blessé lui laissa apercevoir la fierté entachée du jeune homme. Bien sûr, Lyra avait entendu parlé du rôle qu’il avait joué dans l’invasion des sauvageons.

« Vous n’avez pas à rougir pour cela ! » s’anima-t-elle soudain. « Vous étiez prêt à protéger Winterfell, les Stark et ma sœur de votre propre vie ! Je vous en serais éternellement reconnaissante. »

Dacey, enceinte, n’aurait guère pu s’imposer face à des ennemis s’ils étaient parvenus à pénétrer dans la forteresse des suzerains du Nord. Malgré ses talents de combattantes, elle se serait trouvée en fort mauvaise posture. Et la rage et la hargne des attaquants s’étaient illustrées lorsqu’ils avaient fait tomber Ned Stark, pourtant armé de Glace et fort de ses années d’expérience au combat. L’archère n’osait imaginer ce qu’il aurait pu arriver à son aînée et à l’enfant qu’elle portait dans son ventre.

Dans le silence du bois sacré, une longue plainte résonna longuement. Harrion se racla la gorge de gêne alors que son estomac persistait à gémir. Encore une fois, Lyra se trouva surprise d’observer et surtout d’entendre ce signe de faiblesse si humain et si naturel provenant d’un homme comme lui. C’était idiot de sa part de s’imaginer qu’il n’était jamais trouvé tenaillé par la faim, mais il était si souvent morne et rigide qu’elle n’avait, pendant longtemps, eu aucun mal à la confondre avec une statue. Et une statue n’a pas le ventre qui crie famine.
Elle saisit sa main tendue et se releva sans qu’il ne sourcille.

« Cela serait puérile, ser Karstark, » le gronda-t-elle en lui faisant les gros yeux.

Puis son visage se fendit d’un sourire radieux alors qu’elle l’entrainait à sa suite, en trottinant presque.

« Mais vous vous adressez à une des meilleures chapardeuses, bien que je reste une débutante face à ma sœur Jorelle. Suivez-moi, la jeune Arya m’a plusieurs fois guidée à travers d’obscurs passages en échange de quelques leçons de chasse. »

Elle se rappelait encore de comment la petite louve l’avait presque suppliée de l’accompagner à la chasse au lièvre, un petit matin après un banquet. Si elle s’était montrée réticente dans un premier temps, les yeux mouillés et son attitude revêche lui avait tant rappelé sa jeune sœur Lyanna qu’elle avait fini par céder.

Arrivés dans la cour boueuse de Winterfell, la jeune ourse se rendit compte qu’elle tenait encore les doigts d’Harrion dans les siens et elle s’en défit rapidement avec un regard de gêne. L’air de rien, elle l’invita à le suivre alors qu’elle s’enquillait dans un petit renfoncement qui s’avérait entre un couloir nu, éclairé de simples torches, emprunté uniquement par les domestiques du château. Leurs pas résonnaient en écho contre les murs de pierres grises. Finalement, ce n’était pas si différent qu’une partie de chasse. Même si d’ordinaire, Lyra préférait être seule.

Ils finirent par déboucher dans le couloir juste devant les cuisines. Une délicate odeur de viande grillée embaumait tout l’endroit et elle crut presque entendre l’estomac creux du Karstark souffrir une fois encore.
Elle se souvint soudain de son premier but de la journée. Nourrir Solitaire qui devait toujours dormir devant le feu de sa cheminée.

« Restez ici, je m’occupe de cela, » lui affirma-t-elle dans un hochement de tête.

L’épaule blessée du fils de Rickard risquait de leur porter préjudice, mais elle n’en dit rien.

Elle pénétra dans les cuisines, l’air de rien. La cuisinière la repéra immédiatement et ouvrit la bouche de surprise.

« Bonjour, » sourit-elle. « On m’envoie chercher de quoi nourrir les blessés. »

Le mensonge n’était pas un de ses plus grands talents, mais après tout il y avait un peu de vérité dans ce qu’elle disait. Aussi, les mots sonnaient plus juste que si elle avait dû broder un tissu d’affabulations. La vieille femme hocha la tête, sans demander son reste avant de retourner à sa tambouille.

Lyra fourra quelques tranches de bœuf séché dans ses poches qu’elle servirait à sa dragonne plus tard. Pour Harrion, elle récupéra un gruau étrange mêlant quartier de viande et pommes de terre, mais malgré ses efforts pour trouver un met un peu plus fameux, il semblait que la nourriture réservée aux malades et aux blessés de Winterfell n’était pas la plus fine des Sept Couronnes.

« Lord Karstark est servi, » rit-elle en lui présentant l’écuelle d’acier encore fumante.

   


 


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MessageSujet: Re: [FlashB] Orgueil et préjugés l Lyra & Harrion   [FlashB] Orgueil et préjugés l Lyra & Harrion EmptyMer 5 Oct - 20:15

Orgueil et préjugés


Sous un subreptice froncement de ses sourcils, il s’étonna sans trop le montrer de l’ardeur que Lyra eut dans la voix, défendant son orgueil écorné. Il n’avait nullement honte pour les cicatrices encore fraîches qui lézardaient son torse mais demeurait la fatale sensation de ne pas être en possession de ses forces et capacités réelles. Malgré sa place confortable d’héritier d’une riche maison du Nord, le monde dans lequel ils vivaient ne laissaient pas sa place aux faibles. Il se remettrait et vite. Il n’en avait aucun doute et ne laisserait pas le choix à son corps.
Quoi qu’il en soit, les mots de Lyra le touchèrent car elle exprimait son estime et sa reconnaissance. Les relations qu’il avait avec les Mormont n’avaient jamais été d’une grande chaleur, loin de là, mais c’était bien la première fois que l’une d’entre elle lui parlait avec tant de déférence. Oui, il était prêt à se sacrifier pour Dacey Stark, sa suzeraine, mais il réalisa avec stupeur qu’elle n’était pas la seule Ourse pour laquelle il était prêt à gagner de nouvelles estafilades. Il cessa de la regarder un instant, souhaitant ne pas se trahir.

Lorsqu’elle accepta sa proposition de chapardage, le Karstark abaissa ses défenses, se contentant de sourire simplement, retrouvant en un regard ses heures enfantines. Les doigts de Lyra se refermèrent sur les siens, l’emmenant dans sa folle course jusque vers les cuisines. Visiblement, il n’était pas le seul à être pressé de se remplir la panse. Bien que la vitesse de la jeune femme soit compensée par les grandes foulées de Harrion, ce dernier dût accélérer le pas pour tenir le rythme. Cela tira quelque peu sur sa blessure, mais il oublia très vite ce pincement, trop occupé à suivre la cadence, non sans un certain amusement. A regret, il sentit les doigts délicats échapper à son emprise, mais il aurait été mal venu de tenter de les retenir. S’engouffrant dans les corridors éclairés par les candélabres, il suivait la gracile silhouette qui ouvrait le passage. Le Karstark avait vraiment l’impression d’être un resquilleur et s’amusait de cette situation inattendue. Lorsque Lyra se retourna sur lui pour lui demander de patienter, il lui offrit le regard du complice prêt à accomplir un méfait.

Lyra dans les cuisines, il garda le dos contre le mur de pierres grises puis... croisa le regard d’une jeune domestique d’à peine seize ans qui ouvrit de grands yeux bruns étonnés de croiser un homme comme lui dans cet endroit. Comme elle en resta figée, à le fixer bêtement, il finit par lui sourire, amenant à ses lèvres son index, poussant un “chuuut” discret, encourageant l’oiselle à garder la bouche fermée. Il n’y avait là aucun enjeu mais il était d’humeur badine. La fille finit par décrocher son regard du seigneur pour continuer sa route, esquissant un sourire timide, disparaissant au tournant du couloir. Juste à cet instant, la fille de Maege fit de nouveau son apparition. Le plat qu’elle tenait parvenait à lui faire envie malgré son aspect peu avenant. Il fallait dire qu’il avait tellement faim qu’il était prêt à dévorer un ours -au figuré bien sûr.

Reconnaissant que la jeune femme risque ainsi sa vie juste pour le nourrir, il ne put empêcher un sourire de fendre son visage. La voyant les mains vides, il allait lui demander si elle n’avait finalement pas faim mais dans son dos il entendit une voix. “Oui. Messire Karstark est juste devant les cuisines.
On repassera pour la discrétion…” Lâcha-t-il en reportant son attention sur la jeune Dame. “Harrion ! Je t’ai vu…” L’héritier leva les yeux au ciel, reconnaissant la voix de son frère Eddard, sans même l’apercevoir encore. “Je dois encore travailler mes capacités d’occultation...
Lyra lui rendit un sourire et lorsqu’il la pria de prendre le gruau, elle déclina son offre avec douceur, arguant qu’il en avait sans doute plus besoin qu’elle.

Avec la promesse de se revoir très vite pour le voyage menant à Karhold, ils se quittèrent, un peu précipitamment, il fallait l’avouer. Harrion la regarda s’éloigner puis disparaître, juste avant qu’Eddard ne fasse irruption dans son dos, posant une main sur son épaule.


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