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 Le sang de la paix || rp solo Rhaenys, Valena Daemon

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Le Dragon Ensoleillé
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Le Dragon Ensoleillé
Valar Dohaeris

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MessageSujet: Le sang de la paix || rp solo Rhaenys, Valena Daemon   Mar 31 Mai - 10:57




Le sang de la paix


Le soleil se levait paisiblement sur Villevieille. Une journée belle s’annonçait du moins en apparence. Rhaenys ne semblait pas être victime de ses nausées matinales ce matin-là, ce qui la mit de bonne humeur et un doux sourire régnait sur les lèvres de la jeune Reine malgré tout ce qui se déroulait en ce moment. Elle se surprit même à plaisanter avec sa servante, tandis qu’elle se préparait. La journée ne semblait pas pouvoir s’obscurcir à ses yeux, tout était dans les meilleurs conditions pour que tout se passe bien et que rien ne vienne gâcher la joie qui l’entourait. Certes Rowen était toujours épris de sa bouteille, la situation avec les Iles de Fer n’avançait pas mais elle ne vit ces troubles comme des détails auxquels elle ne voulait guère penser.

Mais la réalité des choses et sa journée de Reine revint vite. A peine eu-t-elle mis un pied en dehors de ses appartements qu’elle fut assaillit par son programme. Réunion avec une partie de son conseil restreint et entrevue avec le Seigneur de la Gracedieu afin de discuter plus en détail des frontières entre Dorne et le Bief. Les relations entre les deux régions, se réchauffait considérablement ces dernières semaines, jamais il n’y avait eu un tel rapprochement entre les deux. Bien sûr, les biefois étaient mécontent, mais personne n’osait contester le rapprochement, ouvrant les frontières, favorisant le commerce. L’hiver venait, il valait mieux se faire des amis que des ennemis. Dorne avait un potentiel non négligeable et tous savait de quoi la région du Soleil était capable. L’impulsivité et la passion qui animait chaque dorniens étaient à craindre, leur soif de vengeance également. Rhaenys n’était pas rancunière pour rien.

La réunion avec son conseil fut brève, elle eut des nouvelles de la situation avec les iles de fer, et tout semblait stagner, aucun message de Lord Mallister ne lui satisfaisait pour qu’elle puisse prendre les armes contre les insulaires. Bien qu’une question se posait. Pourquoi les snekkars étaient armés ? Mais tant qu’elle n’avait pas de réponse à cette question, elle ne prendrait pas les armes inutilement. Rhaenys ne voulait pas sacrifier des hommes pour rien. Elle ne voulait pas les envoyer se battre, verser leur sang si c’était pour entrer dans un conflit sans fin avec les Iles de Fer. Elle ne les enverrait uniquement pour avoir la paix dont elle rêvait, dont elle voulait voir le jour. S’il fallait utiliser la force pour cela, elle le ferait. Elle ne serait pas une Reine passive. S’il fallait le sang pour la paix, alors le sang coulerait. Quitte à être crainte. Elle aurait sa paix par la force si la diplomatie échouait.

Une fois terminé, elle se rendit dans la grande salle où elle siégeait pour recevoir les doléances du peuple ou les émissaires. Ainsi elle rencontrait Ryon Allyrion, seigneur de la Gracedieu. Un sourire sincère s’installa sur le visage de la jeune femme qui alla le saluer. Au fil des semaines, le vieux Lord et la jeune Reine avaient développé une certaine empathie l’un envers l’autre. Le Soleil Noir appréciant sincèrement la fille d’Elia Martell. Mais tout allait s’obscurcir. Alors qu’il commençait à discuter sur les frontières quelqu’un cria « attention ». Les six gardes de la jeune Reine se déployèrent autour d’elle, mais il était trop tard. Un homme vint planter une dague dans le cœur de l’émissaire dornien sous le regard effarait de Rhaenys. Les lames chantèrent dans l’air tandis que l’assassin prenait fuite. La brune sortit de sa torpeur et un ordre trop sec, ne lui ressemblant pas s’échappa de sa gorge.
« Arrêtez le, ramenez le moi, MAINTENANT ! »

Trois de ses gardes partirent en courant à la poursuite du meurtrier. Rhaenys s’effondra sur le corps du vieil homme qui agonisait. Des larmes s’échappèrent des yeux de la jeune femme, secouant la tête négativement, refusant de croire ce qu’il se passait. Ses mains frêles se saisirent de celle du vieux seigneur, murmurant des excuses vaines. Personne ne pouvait le sauver, l’Etranger l’emporta et avec lui peut-être la promesse du réchauffement entre Dorne et le Bief. Le hurlement de la jeune Reine déchira l’air, hurlant sa colère, sa tristesse, sa haine envers ceux qui avait comploté pour réduire à néanmoins ses efforts pour réchauffer l’entente entre les deux régions.

Les gens de la cour présent, semblaient également sous le choc. Ce fut Gerold qui prit les choses en main, attrapant fermement le Dragon Ensoleillé par la taille, l’entraînant dans un lieu isolé et ordonnant aux autres, d’évacuer le corps sans vie du lord de la Gracedieu. Rhaenys était hors d’elle, déboussolé. Le bief avait comploté contre elle, son mari ne rendrait pas justice envers ce peuple qui ne l’aimait guère. Alors elle rendrait justice elle-même. Elle ferait régnait l’ordre, et ne laisserait plus personne mettre à mal sa diplomatie, son autorité. Elle ne laisserait plus personne s’en prendre aux dorniens se trouvant dans le Bief.
« Je veux la tête de l’assassin, apportez moi sa tête ! Et prévenez mon oncle, Oberyn de se montrer prudent. Visiblement la rivalité entre les dorniens et les biefois ne se terminera jamais et je refuse qu’on s’en prenne à ma famille. Ils veulent la guerre, je vais leur faire la guerre et ils ploieront le genou devant moi.
-Calmez-vous, Rhaenys, vous parlez sous la colère. Cela ne vous mènera nulle part. Soyez juste, rendez la justice comme il se doit, dans le calme et l’impartialité. Ser William vous apportera la tête de l’assassin mais ne commettez pas d’erreur en vous en prenant au peuple du Bief, au peuple de votre époux, tenta Gerold afin de la résonner. »

Les paroles atteignirent néanmoins la jeune femme, qui hocha la tête et tenta de se calmer. Cela ne servait à rien de s’emporter ainsi, elle le savait. Mais le choc était grand. Elle ne s’attendait pas à ce qu’un assassin agisse sous ses yeux. Les minutes passèrent et finalement le tueur fut retrouver arrêter et immédiatement exécuté. Un navire fut préparé pour que le corps du vieux Lord puisse être retourné à sa famille afin qu’il ait des funérailles entourés des siens.

Rhaenys écrivit rapidement une lettre au Prince de Dorne, relatant la situation, s’excusant de ne pas avoir pu protéger. Puis elle écrivit aux enfants du lord de la Gracedieu.

« Lady Valena Allyrion, ser Daemon Sand,
C’est le cœur lourd que je vous envoie cette lettre que vous recevrez en même temps qu’un triste convoi. Quand vous ouvriez cette missive et lirez ces lignes, vous saurez déjà pour la mort de votre père, lord Ryon Allyrion. Je vous écris aujourd’hui en toute humilité, la tristesse et colère me saignant le cœur. Votre père était un homme incroyablement bon, que j’appréciais grandement. Il a lâchement était assassiné par un biefois sous les yeux de toute la cour alors qu’il s’entretenait avec moi. Je n’ai de mots pour exprimer la colère que je porte envers le peuple du Bief à l’heure actuel et j’ai fait en sorte que justice soit rendu pour votre père. Je vous fais parvenir avec cette lettre, la tête du lâche ayant défié la paix que nous tentions de mettre en place. L’homme n’a guère eu de procès, il n’en méritait nullement devant un tel acte de lâcheté et barbarie.

Je vous envoie toutes mes condoléances pour cette terrible perte, et je ne doute guère Lady Valena que vous saurez dirigé la Gracedieu avec autant de sagesse que feu votre père. Et j’espère que malgré cet acte qui n’est nullement de mon fait et qui m’attriste grandement, que les relations entre Dorne et la Couronne ne seront pas d’avantage mise à mal.
Mes plus plates excuses,
Rhaenys Hightower,
Reine du Sud des Sept Couronnes. »

Le navire partit le lendemain de l’assassinat et la jeune femme porta le noir du deuil pendant les trois jours qui suivirent afin de montrer son attachement à l’émissaire de Dorne et à cette région d’où venait sa douce mère Elia Martell.


AVENGEDINCHAINS




The burning desire, To live and roam free, It shines in the dark, And it grows within me.
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Valar Dohaeris

MessageSujet: Re: Le sang de la paix || rp solo Rhaenys, Valena Daemon   Dim 12 Juin - 18:32

Some saw the sun, some saw the smoke. Sometimes the wire must tense for the note. Caught in the fire, say oh, we’re about to explode. Carry your world, I’ll carry your world. Some far away, some search for gold, some dragon to slay. Heaven we hope is just up the road. Show me the way, Lord because I'm about to explode. Carry your world and all your hurt.
Le sang de la paix



La vie était étrange. Elle offrait. Puis elle reprenait. Plus durement encore qu’auparavant. Elle bousculait tout sur son passage et venait s’agripper à votre bras pour tenter de vous faire chanceler, tomber. Et là, alors que rien ne laissait présager, alors que vous pensiez remonter la peine, réussir à vous en sortir, elle arrachait ce que vous serriez si fort entre vos doigts pour le piétiner. Le détruire. Le réduire en cendres. Et vous restiez là, avec vos grands yeux ébahis, sans réellement comprendre ce qu’il était en train de se passer. Impuissant et confus, c’est tout un pan entier de votre existence qui est réduit à néant.

Valena n’avait pas cru les paroles des hommes de son père, revenus étonnamment plus tôt que ce qu’il avait été prévu de Villevieille. Des foutaises. Voilà tout ce qu’ils racontaient. Des mensonges et des contes. Ils partageaient avec son père un caractère peu porté sur l’humour aussi, la jeune femme avait pertinemment confiance qu’ils ne se moquaient pas d’elle. Non, tout ceci n’était qu’un terrible malentendu.

Comment Ryon Allyrion, lord de la Gracedieu, avait-il pu mourir assassiné par un bieffois vindicatif ? Par un stupide coup de poignard dans le dos ? Sous le regard de la Reine du Sud ? Tout cela était ridicule. Ridicule ! Déboussolée, je n’avais pas compris les paroles de nos hommes. Pourquoi s’obstinaient-ils à mentir ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?

Enfin, elle avait compris.

Ils disaient la vérité. Elle le voyait aux plis soucieux creusant leurs fronts. À leur bouche morne et sans sourire. À l’éclat de leurs prunelles disparu. Ils rentraient du Bief la mort dans l’âme.

Ils ne mentaient pas.

Une rage incommensurable envahit alors le corps de l’héritière de la Gracedieu. Une colère et une ire comme elle n’en avait encore jamais ressenti. Même pas lorsque Daemon était rentré, plus mort que vif, une aura de désespoir flottant au-dessus de son corps brisé. Non, car là encore, il était resté un espoir. Mince, mais présent. Mais lorsque l’Étranger avait déjà accompli son triste office, que restait-il si ce n’était la fureur et la souffrance ?

Son visage se décomposa. Tout son sang s’était retiré de ses veines maintenant desséchées. Comment respirer, déjà ? Comment faisait-on lorsque notre cage thoracique était oppressée ainsi ? Comment marcher ? Comment bouger ? Elle crut s’effondrer, mais ses muscles tétanisés l’obligèrent à rester droite, le visage figé dans la glace.

Il y eu un instant de flottement après l’annonce macabre.

« Prévenez ma mère, Cletus et Daemon, » fut la seule chose que sa gorge serrée parvint à prononcer.

Elle tourna les talons et partit se retrancher dans ses appartements, sans un mot de plus.

*

Elle se rappelait la souffrance. De ce puis sans fond dans lequel vous étiez plongé, enfoncé dans les profondeurs, en pensant que plus personne sur cette terre ne pourrait jamais entendre vos hurlements déchirant la nuit. De vos poumons, obstrués, gangrénés par ce mal étrange qui vous fait passer pour mort. Elle s’était attendue à exploser. A fondre en larme et hurler. À éventrer son lit et à promettre vengeance et mort. C’était ce qu’elle faisait, en temps normal. Mais ce n’était pas « un temps normal ». C’était un jour de deuil. Le deuil de son père. C’était chose étrange de se dire que jamais plus elle ne reverrait ce visage sévère et dur, paternel modèle à la patience infinie. L’annonce de sa mort l’avait murée dans le silence. Elle n’avait pas laissé s’échapper le moindre sanglot. La moindre affliction. Le moindre tressaillement. Elle, si facile à lire, était devenue aussi insensible qu’une pierre. Et elle s’en effrayait. Elle n’avait pas le droit de craquer. Pas maintenant. Pas maintenant alors que tout reposait sur ses épaules. Comment devait-elle faire face à sa mère et à ses frères ?

Toute la famille s’était retranchée derrière les remparts du palais d’albâtre. L’atmosphère y était irrespirable. Valena ne voulait parler à personne. Ne voulait voir personne. Elle aurait voulu s’enfuir et tout oublier, mais il lui fallait veiller sur ce fief autrefois adoré, désormais détesté. Car la vie ne s’arrêtait jamais. Ne prenaient aucun répit. Toujours résonnerait les voix et les pas des domestiques. Ils ne respectaient rien. Valena aurait voulu que tout s’arrête et s’immobilise. Que plus rien ne bouge. Que plus rien ne respire. Pourquoi en avait-il le droit alors que son père l’avait lâchement abandonnée ? Mais cette ire l’absorbait toute entière et effaçait un instant cette peine immense qui rongeait peu à peu la violence de son coeur.

Elle s’enferma dans le bureau paternel où reposait encore des papiers inachevés et des missives en cours de rédaction. Certaines, terminées, n’attendaient que sa signature. Son regard se perdit sur ce surnom dont Dorne l’avait affublé. Le Soleil Noir. Son écriture fine et nerveuse noirçissait des pages et des pages de parchemins. L’héritière n’avait pas le courage de les lire. Elle aurait pu croire qu’il rentrerait. Qu’il rentrerait simplement pour les signer. Ce n’était pas quelque chose de compliquer. Il rentrerait de Villevieille et retournerait tranquillement à son bureau pour finir son travail. Il le faisait d’ordinaire. Il l’avait fait pendant des années. Valena se rappelait de sa réserve inhabituelle et de sa joie lorsqu’elle épiait ses retours à la dérobée, cachée derrière les colonnes immaculées de la forteresse.

Mais il ne rentrerait plus et elle restait cachée.

Le travail l’annihila durant les jours qui suivirent le retour des hommes des Allyrion. Dehors, les oiseaux et les voix continuaient de chanter.

« Ne cesserez-vous donc jamais... » implorait-elle d’une voix brisée.

Une part d’elle hurlait pour le repos et les larmes tandis que l’autre réclamait vengeance. La mort. N’était-ce pas la meilleure façon de tout occulter ? Bien sûr que si. Elle n’entrevoyait aucune autre solution. Valena n’avait pas besoin de voir sa famille. Elle s’y refusait. Elle ne voulait pas qu’on la voit pleurer, s’étrangler dans son sommeil avec ses propres larmes ou présenter un visage gonflé et rougi par le chagrin. Elle était engluée dans une situation qui la dépassait. Observée par cet immense oeil sombre qu’on appelait la peine. Remuer ciel et terre pour se libérer de ce carcan qui menaçait son existence était inutile.

*

Le corps était arrivé.

Valena n’avait pas eu besoin de tendre l’oreille pour le comprendre. La course effrénée des domestiques et les éclats d’affliction venant de la cour le lui avait bien fait comprendre. Il était temps pour elle de se montrer. De s’afficher digne de l’héritage pour lequel elle avait été élevée et éduquée depuis sa naissance. Elle en avait toujours rêvé. Elle avait douté de son propre frère pour ce titre. Elle s’était haïe pour ce titre. La jeune femme s’était toujours crue prête, sans réellement en comprendre les tenants et les aboutissants. Aujourd’hui qu’elle comprenait, elle ne s’était jamais sentie aussi incertaine de sa vie. Comme elle aurait voulu revenir en arrière. Comme elle aurait voulu tout changer.

Elle s’habilla seule. Une robe noire, triste et austère. Ses yeux gonflés étaient encore rougis des larmes qu’elle ne s’était même pas rendue compte avoir versées. Digne. Il fallait qu’elle le soit.

Elle quitta sa tanière avec un dernier regard pour les documents abandonnés sur le bureau. La tête haute, le menton fier, elle traversa la forteresse qui était désormais pleinement sienne. Dans la cour baignée d’un soleil éclatant, sa mère et ses frères l’y attendaient déjà. Sa génitrice portait les stigmates du chagrin sur son visage. Elle ne voulait pas affronter leurs regards alors que les hommes portant la dépouille de Ryon Allyrion traversaient les portes de la Gracedieu.

Une dernière fois, il lui fallait affronter ce père adoré qu’elle n’avait peut-être jamais compris.



  

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Valar Dohaeris

MessageSujet: Re: Le sang de la paix || rp solo Rhaenys, Valena Daemon   Dim 12 Juin - 23:06


   
Le Sang de la paix


Daemon Sand & Valena Allyrion & Rhaenys Hightower



An 299, Lune 9

"Ser?"

Timide et inquiète, la voix du garde interrogeait la silhouette vêtue de blanc. Cette dernière était tournée vers lui, mais demeurait amorphe. Sur les traits du soldat, la culpabilité de porter une telle annonce se reflétait, aussi identifiable qu'injustifiée. Ses mains étaient raidies, craignant la réaction imminente du bâtard. Au cœur des murs d’albâtre, sa voix fluette sonnait faux, et fort, il le savait et chuchotait comme s'il s'était trouvé dans un sanctuaire. Le jeune homme semblait craindre de seulement respirer, s'imaginant que le moindre de ses souffles menaçait d'ébranler la forteresse en prise au désarroi. Une douleur dont il venait de faire part au fils de cette maison. Le garde entrouvrait à nouveau ses lèvres pour répéter sa question lorsqu'il fut coupé par le souffle exsangue et abattu du Sand.

"Allez vous en."

Sec et impénétrable, son ton était à l'image du masque de fer qui cachait ses traits. Le jeune garde hésita un instant, échangeant un regard avec le mestre qui se tenait à la porte de la chambre du chevalier, avant de finalement prendre congé, la tête basse. Harian tourna son regard vers l'ainé de Valena, fronçant des sourcils soucieux devant le silence et l'immobilisme de ce dernier. Ses épaules se soulevaient doucement, trop lentement pour signifier qu'il ne pleura sous son masque. Et sa main tremblait.

"Daemon..."Inquiet, le timbre de la voix du mestre était pourtant ornée d'une once de sévérité, espérant sans doute dissuader le bâtard de céder aux larmes ou pire encore, à la colère. Mais c'était à peine si le Sand l'entendait, et, alors que les mots de la Reine du sud lui revenait, sa main fébrile s'appuya sur une commode, faisant tomber un encrier par ses tremblements qui l'agitait, tandis qu'elle semblait chercher à s'agripper à cette réalité qu'il ne reconnaissait plus.

"Allez vous en..."soupira faiblement le bâtard, dans un sanglot étranglé, vérifiant ainsi les craintes du Mestre de la citadelle qui s'approcha en tendant un bras secourable au jeune homme.

"Daemon, assieds-toi et..."

"ALLEZ VOUS EN!"Eclata soudain la voix jusque là si fragile dessous le métal ouvragé. Dans un grand geste, ses bras balayèrent le dessus du meuble, rejetant contre le mur ou le sol les objets qui étaient posés dessus qui churent bruyamment. Pris d'un force nouvelle, le bâtard traversa la pièce, se dirigeant d'abord vers sa table de chevet qu'il débarrassa tout aussi violemment que la commode, avant de se redresser et de regarder fébrilement à gauche puis à droite, à la recherche d'une direction qui le mènerait il ne savait où et sans prêter attention au Mestre qui tentait de l'approcher pour l’apaiser. Ce dernier tendait des mains prudentes vers le corps couvert de bandages sous le lin blanc de ses vêtements, n'osant contrarier la violence du bâtard, le laissant exulter la rage tout en veillant à ce qu'il ne se blessa pas. De nombreux objets vinrent rejoindre les précédents tombés au sol, ruinant le peu d'ornements qui avait jamais trouvé sa place dans l'austérité de la chambre du Sand. Il haletait. En proie à la panique et à l'angoisse pure, comme s'il se trouvait lui-même confronté à sa propre mort, mais c'était bien pire, puisque le Lord était mort à des lieues d'ici et qu'il était trop tard depuis longtemps, bien avant qu'ils ne reçurent la funèbre missive. Non. A nouveau,ses doigts tremblants et douloureux cherchaient quelque chose à briser. Quelque chose...Détruire tout ce qui n'avait plus sa place sous son regard désespéré puisque rien n'était plus comme avant. Et ne le serait plus jamais.

Soudain, alors qu'il se dirigeait en boitant vers la porte, ses jambes tressaillirent, avant de lui faire défaut, de se dérober sous lui et de le faire tomber lourdement contre le mur. Harian se précipita pour rejoindre la silhouette qui se recroquevillait maintenant au milieu des objets fracturés et gâchés. la colère l'étouffait, la peur, encore plus. Et il détestait cette sensation de tomber dans le vide, happé par le néant d'une absence qui s'était transformée en inanité. Il venait de le comprendre. Le Lord avait été si présent dans ses pensées, tandis qu'il souhaitait le voir venir à son chevet, tandis qu'il le maudissait de ne point se présenter à lui, ou encore qu'il craignait de ne pouvoir lui expliquer cet élan qui l'avait poussé à partir, des lunes auparavant. Il se souvenait encore du jardin, de la grande table où les seigneurs de Dorne s'étaient réunis et où il avait vu la sombre silhouette du Lord pour la dernière fois.
Peu importa désormais à quel point son coeur hurlerait fort pour l'appeler, le Lord ne reviendrait pas.  Lui qui avait craint pendant de nombreux jours de mourir avant de revoir le Soleil noir, c'était lui qui était finalement parti comme il l'avait toujours fait, sans un mot. Et le poids de son absence était insupportable.
Maintenant, il n'y avait plus que le mur froid et dur contre lequel il s'appuyait, que son souffle douloureux qui rebondit en échos et remontait jusqu'aux hauts plafonds comme la plainte de sa voix brisée.

"Père!" Cachés et implorants, ses pleurs coulaient sous son masque autant que dans sa voix. Harian s'était accroupis à côté de lui, et posa sa main sur son épaule."Père..."

_____________________________________

La Grâcedieu était morne. Endeuillé jusque sur ses murs que le soir assombrissait. Endeuillée jusque dans ce silence inhabituel qui s'était saisi d'elle et qui l'entourait d'une chape de malheur qui ne semblait vouloir quitter son enceinte. Le lieu qui était autrefois, à l'image des berges de la Sang-vert, plein de vie, était devenu une prison de chagrin pour la famille qui l'habitait. Et lorsque les habitants des rives levaient respectueusement leurs regards vers les hauts murs, c'était pour porter sur eux un regard désolé et impuissant. Ce n'était pas le rôle des petites gens de s'inquiéter du sort des seigneurs, mais tous s'interrogeaient sur cette suite de calamités qui s'abattait sur la forteresse blanche, qui était plus solitaire et fermée que jamais au coeur des habitations de terre ocre. Pauvres gens. semblaient dire leurs moues attristées, teintées d'interrogations. Mais la vie continuait, et les enfants du fleuve avaient tôt fait de reprendre  la continuité de leurs activités, délaissant le fardeau du deuil de celui qui avait tant fait pour eux à son épouse, et à ses enfants.

Un exercice auquel le bâtard avait bien du mal à se plier.  Debout sur le chemin de ronde, il avait péniblement quitté le fauteuil qu'on lui avait installé là pour s'appuyer contre la pierre réchauffée par le soleil et qui, aussi lisse et blanche pouvait-elle être, lui semblait vivante sous ses doigts gantés.
Daemon fixait son regard pâle et rougi sur l'horizon. Il ne s'était pas tourné vers les côtés verdoyantes du fleuve, et leur avait préféré l'immensité aride du désert. Son aura de misère et de beauté, sa constance possédait une stabilité qui le rassurait en ces temps difficiles. Cette vue du désert n'avait guère changé depuis qu'il était petit et il trouvait dans le paysage d'aujourd'hui, les mêmes détails dans la roche escarpée et tranchante, taillée par les vents, qu'autrefois. La gorge serrée, il attendait. Préférant supporter la patience qu'il n'avait jamais eu plutôt que d'affronter une réalité trop rude, il ravalait un sanglot naissant lorsqu'il sentit soudain un regard se poser sur son épaule fatiguée. Ses yeux pâles rencontrèrent ceux, tout aussi bleus et humides, de Cletus, alors qu'il tournait son visage de fer vers lui. Le jeune garçon venait de rentrer de la demeure des Ferboys, rapatrié pour l'enterrement qui aurait lieu bientôt. L'écuyer revenait certainement des appartements de leur mère, Déria, qui était effondrée, éplorée depuis des jours et qui ne devait pas avoir, malgré sa bonne volonté, apporté le soutien que le regard d'azur de son cadet quémandait timidement à ce moment-là. Ses traits étaient aussi épuisés par le chagrin que l'étaient ceux de son ainé alors qu'ils se mesuraient l'un l'autre, sans réellement savoir ce qu'il convenait de faire à cet instant, ni ce que l'autre voulait. Il avait pris en taille, et ses épaules étaient plus larges que dans son souvenir. Bientôt un homme. Mais tandis que Daemon le jaugeait, il ne voyait que le petit garçon qu'il avait toujours été à ses yeux. Les circonstances auraient été différentes qu'il l'aurait sans doute congédié violemment, ou tout du moins ignoré et méprisé. Mais l'heure n'était pas à l'inimitié, ni aux conflits. Lorsque le bâtard tourna à nouveau son regard vers l'horizon, il y avait dans son geste quelque chose d'autre que le dédain dont il insultait souvent ce petit frère qu'il n'arrivait pas à aimer. Il y avait une acceptation, une tolérance à valeur d'invitation dans leur relation faite de déchirements. Et les deux demi-frères se tinrent alors côté à côté dans un silence parfait. Leurs prunelles épiaient la même direction.
Ils regardaient par dessus les remparts, comme dans l'attente de ce miracle que les enfants dans leurs cœurs espéraient encore. Mais toute l'éternité ne leur ramènerait jamais leur père. Ryon Allyrion n'était désormais plus qu'un souvenir, et la peur de l'oublier, de perdre ce repère dans leurs mémoires semblait à ce moment-là, l'attache qui liait temporairement les deux frères, comme si l'espérer ensemble arrivait à vaincre pour un temps, l'angoisse de l'absence et du néant.

_____________________________________

Cette reine...Ses excuses...Elle devrait trouver bien plus pour apaiser la blessure.  Car rien n'était plus difficile à guérir que le désarroi honteux d'une mort empreinte de hasard, et de lacheté. Comme une mauvaise blague.  Mais ce n'était pas une farce, et leur père était mort.  Bel et bien mort. Daemon se tenait péniblement debout dans la cours aux côtés de sa mère et de son demi-frère. Leurs vêtements étaient aussi noirs que la nuit, faisant ressortir la paleur du teint de Déria et de son fils, ainsi que le fer qui avait remplacé le visage du bâtard. Le soleil était aussi éclatant que leurs mines étaient sombres, et sa lumière découpait de leurs corps affligés de longues ombres étirées, qui semblaient fuir le cortège qui arrivait vers eux.

"Valena"Avait-il chuchoté si doucement que personne ne l'avait entendu, en remarquant sa soeur qui s'approchait, bien qu'il tint son regard bas. Une brise venue du désert souleva la poussière de la cour ainsi que les voiles ténébreux de ses vêtements. Il ne l'avait pas vu depuis qu'ils avaient appris la nouvelle. Un accord tacite entre eux qui avaient tant de mal à exprimer leurs sentiments, mais le bâtard n'en avait pas été moins inquiet de l'absence d'éclats de sa soeur, si prompte à s'embraser. Il n'y avait eu que le silence. Un silence et une présence fantomatique qui, lui avait-on dit, passait le plus clair de son temps dans la paperasse, ne lui rappelait que trop un autre fantôme. Etouffé par le chagrin et une sombre résignation, ses yeux se levèrent, terrifié à l’idée de contempler cette silhouette si différente et si semblable pourtant à l’homme que l’on pleurait ce jour. Il portait sans doute un masque de fer, mais sur les traits de sa soeur, ce qu’il vit  fut le visage de son père.


   
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Valar Dohaeris

MessageSujet: Re: Le sang de la paix || rp solo Rhaenys, Valena Daemon   Ven 1 Juil - 9:05


         
Le Sang de la Paix
La Grâcedieu



   
Valena Allyrion & Daemon Sand & Cletus Allyrion


C’était la fin de l’après-midi. Traversant  les fenêtres de la chambre, la lumière du soleil déclinant colorait l’air de la pièce, plongée dans un calme studieux. Une chaleur pesante avait envahi l’intérieur de la forteresse Ferboys, que même la fraicheur de la nuit à venir aurait bien du mal à chasser d’entre ses murs. La sérénité de l’instant ne laissait en rien présager que le quotidien du jeune écuyer se trouverait bientôt briser par une nouvelle venant d’au-delà de la frontière au pied de laquelle il vivait depuis plusieurs années. Plume à la main, plongé dans sa rédaction, Cletus ne bougea pas lorsque la porte de sa chambre s’ouvrit presque sans faire de bruit. Dans l’encadrement de bois sculpté, le garde se tenait, silencieux et immobile, n’osant dire à voix haute ce qu’on lui avait ordonné d’aller annoncer au cadet Allyrion. Faisant un pas à l’interieur de la pièce, le cliquetis discret de son armure sorti le jeune dornien sa concentration, car il se rendait enfin compte de la présence de ce visiteur inattendu. Son visage encore presque enfantin levé vers lui, l’écuyer sentit l’inquiétude monter en lui, alors qu’il tenter de trouver des réponses dans l’expression défaite du garde vêtu de sable et de noir. Seulement, aucun mot ne sortit de la bouche de ce dernier, qui ne trouvait pas en lui la force d’annoncer une si terrible nouvelle au garçon qu’il avait vu grandir dans le fief des Ferboys.« Qu’y a-t-il ? »Plongé jusque-là dans son mutisme, le soldat dornien souffla d’un ton bien plus abrupt et dur qu’il ne l’aurait voulu « Votre père a été assassiné. »
La nuit était tombée, et les Montagnes Rouges étaient déjà bien loin derrière eux, alors que le groupe de cavaliers levaient un nuage de poussière dans leur sillage. Son oncle n’avait pas souhaité attendre, et quand bien même il eût du  hisser lui-même son neveu éploré sur son pur-sang, il ne leur avait fallu qu’un instant pour quitter Ferboys. Ils voyageraient de nuit, malgré la fatigue, pour au plus vite retrouver la Grâcedieu et ses murs immaculés. Personne ne disait mot, et tous surveillaient du coin de l’œil la silhouette abattue qui chevauchait aux côtés du chevalier Ferboys. Des larmes silencieuses ne cessaient de venir se perdre dans le foulard que le jeune écuyer avait remonté sur son visage, bien que le vent fût pour une fois absent de la route qui traversait le désert. Perdu dans ses pensées, le jeune dornien ne comptait que sur la docilité de l’entier à la robe clair qui le portait, et dont la bride qu’il ne tenait que du bout des doigts reposait sur l’encolure musclée de l’animal. Il n’avait pas le tempérament de sa sœur et de son frère, et son doux caractère que tous connaissaient à Ferboys avait rendu plus déchirant encore la vision de son chagrin, pareil à celui d’un enfant. Son oncle lui avait dit tout ce qu’il savait, tout ce que la missive envoyée par la Grâcedieu contenait d’informations sur ce qu’il s’était passé. Mais Cletus n’en était pas encore à chercher des coupables, des hommes ou des femmes sur qui rejeter la faute de cette mort indigne du Lord. La peine était trop grande pour qu’il s’en soucia déjà, et peu lui importait de connaître pour l’instant des détails qui ne changeraient rien à cette terrible vérité : La Grâcedieu était en deuil du Soleil Noir.


﴾۝﴿


La demeure des Allyrions était plongées dans un silence pesant, comme si l’eau de la sang-vert avait submergé tout entière la forteresse blanche, d’habitude si pleine de vie. Les  pas de Cletus le menèrent comme d’instinct à la chambre de sa mère. Il accéléra alors qu’il remontait le grand couloir qui longeait la muraille sud, quand des sanglots lui parvinrent, faisant à nouveau perler les larmes qu’il pensait avoir toutes pleuré aux coins de ses yeux en amande. La chambre seigneuriale était plongée dans un chaos que les servantes avaient bien du mal à ordonner, tandis que leur lady était allongée sur son lit, sa silhouette élancée secouée de soubresauts. Les jeunes filles quittèrent la pièce dès qu’elles aperçurent le cadet Allyrion, passant à côté de lui non sans lui adresser un regard plein de compassion. « Mère… » Immobile et penaud, le jeune écuyer ne savait que faire devant le triste spectacle qu’offrait sa génitrice, et qui l’effrayait. La lady Allyrion s’était relevée, tournant vers son fils son visage à la peau tirée et creusée par les larmes, alors que ses cheveux blonds dont elle prenait tant soin d’ordinaire tombaient en désordre dans son dos. Ses immenses yeux bleus étaient rougis, et leur expression mêlant douleur et chagrin frisait presque la folie. Elle s’était précipité vers lui, avait violemment couvert son front et ses joues de baisers douloureux, avant de s’effondrer dans ses bras, les mots qu’elle lui adressa se perdant dans de longs cris qui finirent de briser l’espoir de Cletus de trouver auprès de sa mère le réconfort qu’il avait tant attendu depuis Ferboys. C’était lui qui la soutenait, l’entourant de ses bras. Mais cela, la lady ne s’en rendait pas compte.
Combien de temps avait-il passé auprès de sa mère, il ne pouvait le dire. Cletus n’avait quitté la pièce que lorsque la lady s’était laissée aller au sommeil qu’elle n’avait peut-être plus trouvé depuis qu’elle avait appris la mort de son époux. Le cadet Allyrion avait encore sur lui les vêtements de son voyage depuis Ferboys, et ces derniers portaient les traces de la chevauchée de plusieurs jours dans le désert dornien. Il ne savait pas vraiment où ses pas le menaient, dans les dédales de couloirs de la demeure de sa famille, il cherchait simplement quelqu’un avec qui il puisse partager son chagrin, quelqu’un qui comprenne sa douleur. Le vent du soir l’attira au dehors des pièces éclairées, pour l’emmener sur les remparts, où ses yeux se posèrent sur la silhouette voilée de son ainé. Qu’en était-il de leur relation, à présent qu’ils avaient perdu leur père ? Silencieusement, le jeune écuyer s’approcha de son frère, sa peine lui faisait oublier la prudence qu’il aurait appliquée en d’autres circonstances. Sans un bruit, la brise découvrant le visage de metal, Daemon se tourna vers lui, dans un geste qui n’intimait nul avertissement ni même de menace. Les prunelles bleues perçaient l’obscurité naissante pour se planter dans les siennes. Et alors que le chevalier de la Grâcedieu le jaugeait, Cletus attendait, patient mais décidé, le signe qui lui indiquerait qu’il pouvait le rejoindre. Le jeune écuyer avait été l’un des premiers à voir ce masque de fer couvrir les traits détruits par le feu du Sand. Aussi cruelle soit-elle, cette nouvelle apparence n’avait guère effrayée le cadet Allyrion, dont l’esprit encore candide mais clair s’était simplement soulagé de voir son ainé en vie, là où même le mestre avait douté de ses capacités à le sauver. Avec ce visage de métal, avec le vide laissé par la mort de leur père, Valena, Daemon et lui-même se devraient de continuer, de se tourner vers l’avenir et non pas se morfondre sur un passé déjà trop plein de douleur et de malheur pour leurs jeunes vies. Ils étaient l’héritage du Soleil Noir, l’avenir de la Grâcedieu. Voyant son frère se tourner à nouveau vers le désert, Cletus s’approcha, ses mains derrière son dos, son regard se perdant dans le même horizon de dunes et de ciel que contemplait son ainé.



﴾۝﴿


Aucun mot ne fût échangé entre la veuve et ses deux fils. Debout dans la grande cour, leurs silhouettes toutes vêtues de noir contrastaient avec les murs immaculés de la forteresse, où le soleil venait rendre aveuglant le blanc de la pierre. La lumière venait frapper la peau, pâle et fatiguée, du visage du jeune écuyer, alors qu’ils attendaient. La nouvelle qui les avait tant fait pleurer ces derniers jours, qui les avait tant fait souffrir, allait d’ici peu devenir une réalité à leurs yeux. Et comme il redoutait ce moment. Il avait peur. Peur d’affronter cette image qu’il n’avait fait qu’imaginer, du corps de leur père. Peur de voir ce que la mort avait fait de l’impressionant Lord, qui a ses yeux d’enfants, lui avait autrefois presque semblé immortel. Il n’avait jamais vu de cadavre, et les questions qu’il se posait à lui-même ne faisaient qu’empirer l’idée qu’il s’en faisait. Le visage de leur père serait-il creusé et pâle ? Sa peau aurait-elle perdu le teint dont avait hérité Valena, pour prendre la blancheur sale de la poussière ? Ses yeux noirs seraient-ils fermés, ouverts ? Mais surtout, après des jours de voyage et une mort causée par une blessure, la dépouille du Lord dégagerait-elle la même odeur pestilentielle que les charognes que l’on trouvait souvent lors des rondes dans les Montagnes Rouges ? Ce dernier point lui serait bien difficile à accepter. Pour lui, mais aussi pour sa pauvre mère, dont le regard d’habitude si vif avait perdu tout éclat.
Le bruit des sabots annonça l’arrivée du corps, et l’instant d’après le convoi macabre pénétra dans la Cour blanche, les portes monumentales de son entrée ayant été laissée grandes ouvertes dans l’attente de son arrivée. Aussitôt leur mère sanglota de nouveau, sans pour autant détourner son regard du cortège. Le cadet Allyrion n’y parvenait plus. Trop effrayé par ce qui attendait toute sa famille, il réalisait à peine que le Soleil Noir venait de faire son dernier voyage. « Valena. » La voix de son ainé et la présence qu’elle annonçait lui fit tourner la tête, alors que ses yeux rougis par les larmes se posaient sur la silhouette sombre de leur sœur. Elle était grande, impressionnante et intimidante d’une façon qui ne leur était que trop familière. Plus que jamais, elle ressemblait à celui qu’ils avaient tant aimé et craint, et qu’aucun d’eux ne pouvait se vanter à dire qu’il le connaissait vraiment. C’était la première fois que Cletus la voyait depuis son retour précipité de Ferboys, depuis qu’ils étaient orphelins de père. La lady de la Grâcedieu. C’était ainsi que tout le monde l’appellerait désormais.

     

         
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