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 La liberté n'a pas de prix [Pv Lyra Greyjoy]

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Valar Dohaeris

MessageSujet: La liberté n'a pas de prix [Pv Lyra Greyjoy]   Jeu 28 Avr - 4:19


La liberté n'a pas de prix

An 299 Lune 9 Jour 16

Le vent souffle et s’engouffre à travers la haute forteresse de Pyk. Terne et empreint de défiance est mon regard quand celui-ci se fixe sur cet édifice décharné aux allures d'un navire fantôme inanimé et prêt à sombrer à travers l'océan. La pierre noire reflète les ravages du temps et de l'eau salée contre ses parois arborant le bois d'une charpente moisie et des charnières rouillées tenant solidement en place par je ne sais quel miracle. L'allure austère de la forteresse et l'humidité qui proliférait telle le lichen sur la pierre donnait le ton de l'histoire de notre nation. Je marchais à une allure modérée enfonçant mes  bottes à travers le sable jonché des débris calcaires, de coquillages et du corail approvisionnant l'île dans sa simple subsistance. Mes sourcils se froncèrent  à la vu d'une silhouette encapuchonné me tendant un morceau de papier soigneusement roulé. Je dévisageais celui-ci sans prononcer le moindre mot ma mâchoire creusée par le froid, mon alimentation et mon tempérament forçait la crainte de ce visage à l'allure presque squelettique. Mes doigts récupèrent ce qui semblait être un message. Je toisais d'un mauvais œil cette tête aux yeux hagards qui ne tenait pas plus longtemps à côtoyer ma présence ni soutenir mon regard. Ma main droite instinctivement l'invita à se retirer prestement quand je la posais sur le pommeau de ma lame soigneusement attaché au ceinturon que je portais à la taille. Ayant éloigné le gêneur qui disparu aussitôt qu'il était apparut mes yeux se plissèrent pour mieux lire ce que cette mystérieuse missive portait à mon esprit éreinté.

Mes doigts tenant fermement le morceau de parchemin je commençais à lire scrupuleusement les mots couché à l'ancre de seiche. Mes yeux incrédules laissèrent peu à peu place à l'écarquillement de mes mirettes à la pigmentation bleu-azurin. À l'instar des prédateurs marins je recroquevillais mes doigts à l'ossature fine et vigoureuse sur le bout de papier que je froissais avant de m'avancer vers l'estran dont la marée avait déjà commencé à recouvrir la totalité de sa surface. L'éclaboussure des pans de mon pantalon suivit  du remous des vaguelettes de l'eau iodée cessèrent un court instant. Je lâchais le morceau de papier à travers l'écume laissant mes yeux rivés sur l'immensité de l'eau qui entourait ma personne. Je me remémorais son visage, l'oxygène qui s'échappait à travers ses narines. La peau albâtre qu'elle arborait à travers le remous des vagues. Mes avant bras tailladés par ses ongles s'acharnant à montrer l'envie de survivre qu'elle dégageait. Puis le silence avant que mon ouïe puisse percevoir à nouveau le bruissement de l'eau sur le sable et sur ma peau. Je revins brusquement à moi, mon regard posé sur l'eau et ce bout de papier qui avait maintenant disparue de ma vue. Je m'en retournais sur le rivage et prenait la direction des pics rocheux de Pyk.

J'arpentais le dédale des couloirs et des marches humides et froides de la forteresse. Mon visage s’illuminant au contact des torches qui peinaient à survivre dans cette lugubre demeure. Avais-je été  l'instigateur de tout ce qui se tramait ici ? Nullement besoin de moi pour cela pensais-je jouant de l'obscurité des lieux pour passé telle une ombre à travers les parois étroites et les chemins étriqués du bastion Greyjoy. Simple témoin ou spectateur de ce virement de bord auquel beaucoup s'attendaient ou espéraient au plus profond de leurs êtres. Laissons les se déchirer, laissons leurs le loisir de prendre conscience de cette ridicule guerre qu'ils instiguent envers leur propre famille. Je n'étais guère attiré par le pouvoir, il sciait que trop bien aux vieil homme que Gorold devenait avec le temps. Malgré la haine que je vouais à celui-ci et la jalousie qui transpirait d'un seul regard de ma part envers lui, je n'étais pas aussi prompte à trahir mon sang comme Victarion l'avait fait. Le mal qui en découlait était pourtant bénéfique à la sauvegarde de nos coutumes, de nos traditions, de notre identité auquel aucune crise identitaire n'avait sa  place ici. Euron voulait jouer avec le feu, danser avec ceux qui n'avaient jamais cesser de nous faire subir leur présomptueuse  et arrogante supériorité. Les cors sonneraient bientôt la levée des navires et c'est l'Enfer le seul et l'unique qui déferlerait sur Westeros qu'importe ou notre route nous mènerait mon peuple et moi. Notre roi avait joué avec le feu et fait l’affront qu'aucun ne pensait de lui capable d'accomplir. Tu t'éloignes de l'Antique voie, tu en payeras au centuple crois moi...

Enfermé dans les cahots il ne verrait plus la lueur du jour qu'au  travers des barreaux de sa cellule. Mes pas raisonnaient au sein du donjon. Je martelais le sol de grès d'un pas lourd et lent prenant mon temps et songeant à ce qu'il adviendrait de la sèche d'or. Mon corps se stoppa face à l'immense porte en bois et lourdement fixé aux gonds à la rouillure visible même en cette heure matinale. Difficile à croire ce qui se terrait derrière cette porte. Du revers de ma main droite, je crissais ma barbe forcé de me résoudre à ouvrir et pénétrer cette chambre. Les sourcils froncés je ne prenais pas la peine de tambouriner pour avertir de mon arrivé. Je pénétrais dans la pièce jetant par habitude de simples coups d’œil furtifs de part et d'autres des quartiers de la femme qui y était assignée depuis l'arrestation de son mari. Je pénétrais lentement mais sûrement mieux valait être prudent avec ce genre de créature aussi frêle d'apparence qu'une anguille dans ses agissements. Du bout des doigts je refermais la porte derrière moi, mon front marqué par le temps laissant apparaître une légère quiétude. On était jamais trop prudent sur les îles mais je n'avais rien à craindre de cette silhouette au physique gracile et à la taille menue. La chevelure brune se dessina devant moi et je laissais ma bouche entre ouverte dévoilant ma lèvre inférieure suspendu un laps de temps difficile à définir. Je m'avançais calmement à bonne distance de celle-ci récupérant sur mon passage un haillon ternis et quelques peu froissé. Un silence malsain se profilait ne laissant que le son brusque de mes bottes sur le sol en guise d'introduction. Je raclais ma gorge intérieurement avant de prononcer d'une voix rauque ces quelques mots.

« Lady Lyra je présume... Norne Bonfrère. » Lançais-je quoi qu'elle devait bien se foutre de qui j'étais réellement. « J'viens vous annoncer votre libération. » Déclarais-je toisant celle-ci de haut en bas et inversement de bas en haut sans en dévoiler d'avantage.

© LYLOU


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Valar Dohaeris

MessageSujet: Re: La liberté n'a pas de prix [Pv Lyra Greyjoy]   Dim 8 Mai - 12:32

Some saw the sun, some saw the smoke. Sometimes the wire must tense for the note. Caught in the fire, say oh, we’re about to explode. Carry your world, I’ll carry your world. Some far away, some search for gold, some dragon to slay. Heaven we hope is just up the road. Show me the way, Lord because I'm about to explode. Carry your world and all your hurt.
La liberté n'a pas de prix




Tout s’était passé très vite. Beaucoup trop vite. Euron Greyjoy menait la danse, regardant ses marionnettes se démener sous son œil unique. Et la seconde d’après, plus rien. Le chaos. Le kraken avait été renversé. Dans le tumulte et dans le trouble, je n’avais pas tout saisi. Mais son frère semblait avoir pris le pouvoir. J’aurais dû en profiter pour m’enfuir. Tenter de m’échapper. Quelqu’un m’aurait-il remarquée alors que l’on tentait de maîtriser le Choucas ? Quelqu’un m’aurait-il vu me glisser parmi les ombres et disparaître ? Je serrais devenue fantôme s’il le fallait. J’aurais pu regagner le port. Grimper sur un bateau. Revenir sur le continent. Conflans, Bief, Ouest, Nord, je me fichais de la destination. Tout était mieux que les Îles de Fer. Tout était mieux que les geôles de Pyk. Car je ne me voilais pas la face. En tant qu’épouse du suzerain tombé, j’allais être entraînée dans sa vertigineuse chute, que je le veuille ou non et malgré mes protestations. Je n’avais rien demandé de tout cela. Être une Greyjoy, m’afficher à ses côtés même si sa simple vue me donnait la nausée. Tout ce que j’avais fait, je l’avais fait pour le Nord. Pour l’Île aux Ours. Pour les Mormont.

Comment les choses avaient-elles dégénéré ainsi ?

Cette question, lancinante, hantait mon esprit. Impossible de penser à autre chose. Je tournais en rond dans mes appartements comme un lion en cage. J’avais été trainée hors du hall humide de la forteresse de pierres avant que je ne puisse penser à un moyen de fuir. Mes rêves de port s’étaient bien vite envolés lorsque l’on m’avait saisi par les bras et trainée hors du bain de sang qui se laissait deviner. Je m’étais débattue, bien sûr. J’avais crié, bien sûr. Mais plus j’y pensais, plus mes souvenirs devenaient flous. C’était étrange, mais j’avais l’étrange impression que tout cela ne m’était pas arrivée. À Lyra Greyjoy peut-être. Mais pas à Lyra Mormont. Et j’étais Lyra Mormont, même si mon nom hurlait le contraire. J’étais devenue une Greyjoy contre une promesse. Une promesse qui ne serait jamais tenue. Une promesse faite par Euron Greyjoy dont je ne savais à cet instant précis s’il était mort ou encore en vie, à croupir dans les prisons de son propre château. Tout cela… Tout cela pour rien. C’était ce qu’il y avait de plus dur à avaler. L’Île ne serait jamais en paix, malgré mes efforts. Malgré tout ce que j’avais fait… Dacey, elle, avait réussi à redonner l’estime perdue des Mormont. J’avais échoué. J’avais échoué et maintenant, je ne savais plus quoi faire. Âme égarée et perdue, j’attendais mon sort comme une condamnée attendait la mort. Qu’allaient me faire les fer-nés ? M’enfermer avec le Greyjoy ? Me pendre sur la place publique ? Pire encore ?

Je me laissais tomber sur le lit et pressais mes paumes contre mes yeux. Ainsi, j’espérais faire rentrer les larmes qui menaçaient de s’échapper. Mais mes yeux secs ne laissèrent rien filtrer. Peut-être n’avais-je plus aucun sanglot à revendre. Une petite tête écailleuse vint se blottir contre ma main glacée. Solitaire, à moitié ensevelie sous les draps cherchait elle aussi une source de chaleur. Comment ne l’avaient-ils pas remarquée ? Je n’en savais toujours rien. La petite dragonne s’était terrée, durant toutes ses semaines. Elle avait grossi un peu depuis notre première rencontre sur l’Île aux Ours.

Des pas résonnants dans le couloir me firent tendre l’oreille. Solitaire n’eut pas besoin de se le faire dire deux fois et se dépêcha. Elle disparut dans les plis de ma robe et se colla contre ma cuisse. Par réflexe, je portais ma main à ma ceinture, mais aucun poignard ne s’y trouvait. J’avais été désarmée depuis bien longtemps. Plus d’arc. Plus de dague. Si l’on venait pour m’emmener ou mettre fin à mes jours, je n’aurais que mes poings pour me défendre. Mais les ours n’avaient guère besoins de lame pour se défendre. Crocs et griffes leur suffisaient amplement.

Mes mains se transformèrent en poings lorsque l’on pénétra dans mes appartements transformés en geôles depuis peu. J’étais prête à mordre s’il le fallait. À me frayer un chemin de force jusqu’à la sortie. À devenir Alysane durant quelques minutes. Il le fallait. Il le fallait. Il le fallait.

Le cœur au bord des lèvres, j’entendis l’intrus se rapprocher dangereusement alors que je restais toujours le dos tourné, le visage offert à la lumière blafarde de la seule fenêtre. Un raclement de gorge finit par me faire tourner la tête. Je reconnaissais l’homme. Je l’avais vu, lors du rassemblement de fer-nés. En revanche, impossible de me souvenir de son nom. Un instant, son apparence me rappela Jorah. Mon cousin arborait la même barbe, la même carrure. Mais il n’avait aucune raison d’être ici, de se trouver là et cet instant précis. Méfiante, je toisais le combattant alors qu’il déclara son identité.

Ses dernières paroles me laissèrent aussi surprise que méfiante. Ma liberté ? Je m’étais imaginée être torturée, violée pour finalement être jetée à la mer et il venait m’annoncer ma libération ? Depuis quand les choses étaient-elles si faciles ? Je fronçais les sourcils, perplexe.

« Norne Bonfrère… » répétais-je. « Cela peut peut-être vous paraître étrange, mais j’ai du mal à croire à cette prétendue libération… »

J’étais épuisée. Ma voix tremblait. Non. J’étais effrayée, même si je n’osais me l’avouer.

« Vous me laisseriez filer alors que je suis l’épouse du kraken ? Pourquoi ? »

Ils auraient mieux fait de se débarrasser de moi. À quoi leur servais-je ? Je connaissais les pratiques des fer-nés. Ce dont ils n’avaient plus besoin disparaissait. Je n’étais pas paranoïaque. J’étais réaliste.

Je me relevais lentement alors que Solitaire s’agrippa à ma cuisse pour ne pas tomber. Je sentis sa queue s’enrouler autour de ma peau et ses griffes la perforer. Je ne sourcillais même pas. Je me plantais face au Bonfrère. Il n’avait pas l’air d’être un mauvais bougre. Mais j’avais appris depuis bien longtemps à ne plus faire confiance aux apparences. À ne pas faire confiance aux fer-nés.

On apprenait à l’ours à craindre le kraken.
 


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Valar Dohaeris

MessageSujet: Re: La liberté n'a pas de prix [Pv Lyra Greyjoy]   Dim 8 Mai - 23:51


La liberté n'a pas de prix


C'était une dame. Une véritable lady de surcroît et je pouvais entrevoir ce que Westeros offrait aux hommes fortunés empreint des frivolités qui accompagnent leurs chemins vers les cœurs de ces femmes parfois bien trop jeunes et bercées dès leurs enfance d’illusions. Trop poreuse, superficielles, arrangeantes étaient leurs coutumes et leurs manières pour pouvoir un jour naître sur nos îles ce genre de code de bonnes conduites et bienséances avec lesquels ils pensent pouvoir paraître plus humain que bête. L'on pouvait dire ce que l'on veut sur notre façon de vivre, notre système archaïque, vieux, dépassé pour les gens du continent. La violence, notre cruauté et la noirceur de nos âmes et d'autres adjectifs nous qualifiant tout simplement de monstre car c'est ce que nous étions pour leur soit disant couronne, leur royauté. Nous ne sommes que des monstres à leurs yeux et c'est le seul moyen qu'ils aient pour obtenir de leurs braves sujets le motif légitime de combattre sans avoir peur d'aucun de nous.

Je pouvais lire sur son visage la crainte et l'inexorable défiance qu'elle avait envers moi et tout ce que ma personne pouvait véhiculer comme image péjorative envers mon peuple et moi même. Je ne pouvais pas la blâmer elle avait été élevée ainsi. Et l'idée qu'elle se faisait des îles de fers était tout ce qu'il y a de plus réel. Être la femme d'Euron Greyjoy n'avait pas du arranger les choses. C'était plutôt un poids de plus, un boulet accroché à sa frêle et délicate cheville qui l'emporterait dans les profondeurs abyssales de la mer froide, glaciale en offrande au Dieu Noyé et à ses créatures. Je n'avais nullement l’intention de lui faire changer son regard sur nous cette image contribuais à ce que le monde nous craigne à juste titre. Que pouvais-je bien y faire ? Ou plutôt qu'est-ce que cela pouvait bien me faire ? L'expérience m'avait dévoiler chez les femmes des contrées de Westeros qu'elles n'étaient pas aussi virulentes et farouches que les nôtres. Mais, lady Lyra elle ne venait pas à proprement parler du continent. Elle n'était pas de ce genre non elle était d'une autre trempe. Elle avait vu le jour sur une île, elle y vécu jusqu'au jour où on l'a traîna de force ici. En cela elle était plus similaire à nous autres que n'importe quel autre femme de Westeros. L'île-aux-Ours au centre de la baie des glaces avait connue l'occupation des fers-nés autrefois. Qui sait ce qu'il adviendra dans le futur. Cette question resta en suspend dans mon esprit qui ne tarda pas à recentrer son attention sur la jeune femme face à lui.

Mes yeux la scrutaient attendant, écoutant cherchant une façon plus cordiale peut être pour l'aborder et puis si le temps manquait tant pis il lui ferait comprendre comment le monde tourne avec lui. J'observais d'un œil inquisiteur les poings fermés le long du corps de cette jeune femme qui me toisait telle la proie et le prédateur. Il n'était pas question d'une quelconque partie de chasse en mer. Et pourtant il y avait fort à penser qu'une fois Euron fait prisonnier elle devait s'être préparé à la vision d'un destin peut être aussi funeste que lui si se n'est pire. Si jeune et déjà si tourmentée. C'est à croire que leurs dieux aiment se jouer d'eux par simple manque de divertissement. Quand elle se releva aussi promptement et ternit son si joli visage avec cet air grave qui ne lui sciait guère je compris qu'il me faudrait user d'un stratagème plus élaborer. Enfin avec certaines limites néanmoins car j'avais beau être Lord et des responsabilités je n'étais pas plus doué en palabre qu'elle ne devait l'être au combat. Je soupirais esquivant son regard un instant vers le mur et écoutant péniblement ce qu'elle avait raison de me rappeler à moi même car je n'étais pas plus convaincu qu'elle dans cette affaire et encore moins en sachant que l'on m'avait choisit moi pour le faire. Je laissais celle-ci terminé avant de manipuler le haillon que je gardais jusqu'ici d'une main ferme.

« Vous n'êtes pas la seule à ne pas y croire. » Déclarais-je dévoilant mes dents et ma bouche entrouverte en continuant de la fixer sans perdre la moindre information pouvant trahir une cavalcade pour tenter de fuir. Et pour aller où ? Il n'y avait nul endroit pour elle sur cette île qui lui servirait d’échappatoire hormis cette mystérieuse lettre dont j'avais pris grand soin de faire disparaître. « Concernant votre mari si l'on peut le nommer encore ainsi... L'appeler le kraken ne fait pas de lui un dieu ou quoique se soit d'autres. » Reprenais-je en levant mes mains lentement et sûrement pour éviter de l’apeurer plus qu'elle ne l'était déjà. Dépliant le morceau de tissu je le tendais derrière elle avant de le poser sur ses épaules. Je ravalais ma salive reniflant légèrement d'un coup sec sentant une légère humidité emplir mes narines. « Il n'est qu'un homme parmi d'autres, fait de chair et de sang, avec ses faiblesses et ses défauts. » Terminais-je laissant mes mains retomber le long de mon manteau fait de cuir et teinté de noir. « La peur ne vous sauvera pas de cet endroit, de lui, de moi, des gardes. Vous voulez une réponse rassurante mais, je suis incapable de vous la fournir maintenant. » Terminais-je me rapprochant d'elle et lui empoignant le bras d'un coup sec rapprochant mon visage du sien et scrutant ses iris la mâchoire rétractée avant de déclarer. « Suivez moi maintenant ou pourrissez ici sur cette île à jamais. » Mon regard s'impatientait et j'avais envie de me convaincre qu'elle n'était pas une simple jeune fille dépourvu de courage comme on nous le laissait penser si souvent.

© LYLOU


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Valar Dohaeris

MessageSujet: Re: La liberté n'a pas de prix [Pv Lyra Greyjoy]   Sam 14 Mai - 15:49

Some saw the sun, some saw the smoke. Sometimes the wire must tense for the note. Caught in the fire, say oh, we’re about to explode. Carry your world, I’ll carry your world. Some far away, some search for gold, some dragon to slay. Heaven we hope is just up the road. Show me the way, Lord because I'm about to explode. Carry your world and all your hurt.
La liberté n'a pas de prix




Ma dernière question résonna dans la pièce comme un souffle glacé. Pourquoi, pourquoi, pourquoi ? J’en frissonnais. Oui, les fer-nés, tous autant qu’ils étaient, n’avaient aucune raison de m’épargner. En plus d’être l’épouse du lord déchu et haï par la plupart, j’étais une Mormont. J’étais une fille du Nord, une fille de l’Ours. Je méritais double peine. Nous nous étions massacrés durant des décennies… Des siècles. Nous avions et dialoguions encore par l’épée et le bouclier. Deux peuples opposés que nous avions, chacun de notre côté, appris à détester. Pour moi, depuis ma naissance, ils étaient nos ennemis viscéraux. Malgré ma nature conciliante et peu vindicative, j’avais appris très jeune à les craindre. À me méfier de cet horizon brumeux et incertain. À sentir mon cœur se contracter et la sueur poisser mes mains lorsqu’une longue silhouette sombre de navire s’approchait. Pendant un temps, j’avais tenu des comptes. Le nombre de barbares que mes flèches avaient transpercés. Puis, je m’étais aperçue qu’il n’y aurait pas de fin. J’avais perdu mes calculs, les délaissant pour ne me concentrer uniquement que sur mon arc et la pointe d’acier qui perforerait un œil ou une gorge. Peut-être même avais-je tué plus des siens que ne se l’imaginait Norne Bonfrère qui me toisait comme si j’étais une lady délicate, inoffensive et sans défense. Si j’avais été armée, là, à cet instant précis, aurais-je hésité ? Probablement pas. S’il avait conscience du sang sur mes mains, me regarderait-il de la sorte ? Serait-il venu pour me traîner dehors avec une promesse de liberté à laquelle je ne croyais guère ? Ferrait-il preuve d’autant de retenue ? Lui et tous les autres. J’avais déjà du mal à croire à ma sortie indemne de la rixe qui avait vu Euron Greyjoy condamné et jeté aux cachots. À croire à l’étrange solitude qui avait suivi la rébellion des Îles de Fer. Personne n’était venu dans mes appartements. Peut-être avais-je été oubliée. Peut-être, oui. Mais pas par tous, apparemment.

Lui non plus n’était pas dupe. Lui aussi était dubitatif. Instantanément, je me mis sur mes gardes. Contre moi, je sentis Solitaire s’accrocher plus fort encore. Peut-être saignais-je déjà. Je mordis l’intérieure de ma joue pour m’éviter de glapir. Norne Bonfrère était un émissaire. Il portait un message. Celui de ma libération. L’avait-on forcé ? Que lui avait-on promis en échange ? M’aurait-il tuée si la décision n’avait dépendu que de lui ? Probablement. J’imagine que la plupart des pirates que renfermait Pyk serait venus pour m’égorger et offrir mes entrailles à leur maudit Dieu s’ils n’avaient pas été dissuadés. Mais par qui ? Et surtout, encore une fois, pourquoi ?

Mon corps déjà tendu se rigidifia lorsqu’il évoque mon époux… Cette simple pensée me donner envie de me frapper la tête contre un mur. Il n’était pas mon mari. Ne l’avait jamais été. Je ne l’avais jamais considéré comme tel. Un goût amer envahit ma bouche avant de se déposer sur ma langue. Je me retins de grimacer tandis que mon estomac se tordait.

« Euron Greyjoy est loin d’être un dieu. Savez-vous pourquoi nous l’appelons comme ça ? »

Je me rappelais des mots exacts de ma mère lorsqu’elle avait répondu à ma question enfantine sur le kraken. À l’époque je n’avais pas encore idée. Je ne savais pas qui ils étaient, ni à quoi ils ressemblaient. Mais je sentais que les évoquer ne mettait pas vraiment les gens de bonne humeur.

« Car pour nous, il n’est même pas humain. Il ne vaut pas mieux qu’un monstre. »

Qui oserait massacrer des enfants jouant sur la plage ? Des vieilles femmes reprisant un pantalon, se réchauffant près d’un feu ? Des pêcheurs réparant un filet de pêche ? Et tout cela pour quoi ? Quelques sacs de nourriture ? Pour se divertir ? Plus que cela, j’avais aussi été témoin de la perfidie du Choucas. De cet esprit tordu qui me terrorisait tant.

Je sursautais et eu un mouvement de recul lorsqu’il déplia un long carré de tissu qu’il déposa sur mes épaules. Abasourdie, j’étais restée immobile. La cape usée sentait le sel et était poissée d’humidité. Pourtant, étonnamment, de sentir ce poids familier sur mes épaules me détendit. Je le serrais autour de moi dans un geste vain et inutile de protection. Un morceau de tissu ne ferait pas long feu contre la lame d’une épée. Cet acte gratuit me laissa dubitative et plus méfiante encore. Était-ce… de la gentillesse ? Ici, sur les Îles, je n’avais pas observé le moindre acte de bonté. Il n’y avait aucune chaleur, autant derrière les murs de pierres froides que dans les cœurs abimés des pirates. Aussi avais-je douté de leur capacité d’oblation et d’abnégation. Peut-être n’étaient-ils pas faits comme nous.

« Il n’est fait que de sel et de roc, comme vos îles, » sifflais-je.

Le Bonfrère s’affichait comme une menace. Une menace qu’il me fallait fuir. Comme je devais fuir ses lieux. Prendre un bateau, n’importe lequel. Filer vers cet horizon qui m’effrayait. Pour rentrer chez moi. L’accord qui avait été passé était désormais caduque. Tout cela, pour rien. Rien du tout. Des larmes et des cicatrices de plus. Je reniflais, sentant une boule familière se former dans ma gorge. Je n’avais pas besoin d’une réponse rassurante comme le prétextait l’émissaire. Je n’avais pas besoin d’être rassurée. J’avais seulement besoin de quitter les Îles de Fer. Pour toujours. J’aurais le temps d’être rassurée plus tard. Je m’accrochais à cette pensée. La peur… tout cela, c’était pour plus tard. Je n’avais pas le temps de me morfondre, de trembler à ne plus pouvoir bouger. Maintenant qu’Euron avait disparu, j’étais maîtresse de mes décisions.

L’homme m’attrapa par le bras et plongea ses yeux bleus dans les miens. Un gémissement de surprise et de douleur s’échappa de mes lèvres, mais je lui retournais son regard, sans le détourner.

« Emmenez-moi où vous voulez, » rétorquais-je en me faisant violence pour contrôler le tremblement de ma voix. « Si je reste ici, je n’aurais pas le temps de pourrir. Vous me feriez rencontrer votre Dieu barbare bien assez tôt. »

Non, je n’allais pas rester ici et mourir avec Solitaire. Si échappatoire il y avait, je m’y glisserais avant que la brèche ne se referme. Les Mormont avaient appris à survivre.

 


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Valar Dohaeris

MessageSujet: Re: La liberté n'a pas de prix [Pv Lyra Greyjoy]   Sam 14 Mai - 23:36


La liberté n'a pas de prix


L'écho du vent soufflant vaillamment arrivaient jusqu'aux oreilles emmurés dans cette forteresse humide et froide. L'on entendait son souffle de part et d'autres des brèches qui laissaient s’immiscer sa présence à la notre. La pièce était plongée dans l'obscurité. Un voile d'ombre auquel quelques bougies et torches véhiculaient un inquiétante quiétude à travers un  silence qui ne tarderait pas à disparaître aussitôt que les gardes se rendraient compte de la disparition de la jeune femme postée à quelques centimètres de moi. Le ressentiment qu'elle couvait en elle était flagrant,  un rien sur ce qu'elle avait été forcée d'être ici rendait cette jeune femme aussi malade que le premier ballot montant pour la toute première fois sur un boutre de guerre. Que pouvais-je bien y faire ? La vie est une salope que l'on soit  noble ou pêcheur l'on doit connaître la frustration d'une vie auquel on jette un regard méprisant et empreint d'un sentiment de colère et de tristesse menant certains à la folie. Quelque chose en moi pensait que cette jeune femme aussi apeuré et effrayé par son destin serait faire face aux péripéties qui barreraient son chemin. Reste à savoir si elle ferait le bon ou le mauvais choix.

Sa langue se délia et une pincée de courage sembla s’installer spontanément dans ses yeux, ses paroles qui n'avaient guère d'intérêts sur l'instant présent mais, en écoutant attentivement elle en disait long sur sa rancœur d'être ainsi associée à Euron Greyjoy. Impassible j'étais face aux déboires des petites gens se plaignant de leur malheurs mais, contre toute attente ce fut une toute autre chose qui sortit d'entre ses lèvres. J'observais un bref moment de silence approuvant ou méprisant bien ce qu'elle pouvait dire d'Euron s'était là sa véritable façon de penser. Je pouvais admirer le culot et l'audace de mettre ainsi sa voix à l'épreuve d'une dague acérer prête à lui couper ce qui lui servait de langue pour parler. L'ours ne naissait pas sans griffes et s'était peut être le premier échantillon que je pouvais voir de mes yeux venant d'une lady aussi frêle soit-elle. Aurais-je regretté de tenir des propos qui encourageaient sa haine et sa rage de voir un jour les Îles de Fers réduites en cendres et couler dans des profondeurs inconnues sans aucun retour possible des profondeurs sous-marines ? Probablement pas, il n'y avait aucun subterfuge, aucune illusion faisant son office sur ces îles. Seule la dure et cruelle réalité de ce monde que nous partagions ensemble et qui nous divisait pourtant. Un léger rictus se forma sur mon visage et ma poigne se raidit sur ce bras qui n'inspirait cas ma main de le rompre sans somation d'aucune sorte. Mes dents laissèrent ma langue fourchue expulser l'aigreur qui m'habitait et qui pourtant était la simple et pure vérité.

« C'est ce que nous sommes à vos yeux ? Des monstres ? ! » Grondais-je me retenant d'offrir une satisfaction déjà bien entamée chez elle face à ma virulente réaction. Je ne cherchais pas non plus à attirer l'attention des soldats qui rôdaient de part et d'autres des couloirs étriqués de cette pièce ou je serais forcé d'être reconnu de trahison. En réfléchissant moi même à la question j'avais depuis longtemps admis au sein de mon esprit que je faisais entièrement partie de cette idée que les peuples  de Westeros nous donnaient pour justifier eux aussi leurs crimes. Si nous avions été jadis des hommes libres, aujourd'hui nous étions devenu des voleurs condamner à mourir. Encore fallait-il que nous ayons goûter à cette soit disant liberté  au départ de toutes choses. Je me ravisais laissant ma hargne se contenir pour des événements plus enclin à son utilité. « Croyez le ou non, l'on ne naît pas fer-né on le devient. » Je soutenais son regard plongeant dans ces sphères qui lui servaient à regarder le monde comme on lui avait apprit tout comme moi à le voir avant de reprendre. « Le pillage, les massacres, le meurtre, c'est le seul choix qui s'offrait à nous. Pour pouvoir vivre nous devons faire la guerre, l'on ne peut avoir l'un sans l'autre ici bas. » Je m'arrêtais de parler. À quoi bon raisonner et défaire ce qui avait été à jamais lié et permit de nous diviser ? Le temps allait jouer contre nous si nous ne décidions pas rapidement de nous fondre dans la pénombre de la nuit. Ma main glissa le long de son bras avant de saisir plus mollement son poignet. Mes yeux exténués de l'homme que j'étais dévièrent des prunelles de la nordienne pour prendre la direction de la porte d'entrée. « Vos dieux ne valent pas mieux que celui qui règne sur cette île. » Déclarais-je sèchement telle un sifflement entre mes dents.

J'embarquais avec moi la jeune lady passant rapidement la porte et le dédale de couloirs et les escaliers exiguës qui nous ralentissaient dans notre progression. Je connaissais bien les recoins ou l'on ne peut percevoir ce qui ne peut être vu. Ainsi je portais une attention particulière à ce qu'elle emboîte mes pas sans perdre une seule seconde et quitter la fortification sans encombre. J'expirais un certains soulagement d'entre mes narines quand nous furent enfin à l'abri des regards nos pieds foulant le sable et la limaille de fer et de sel composant les côtes de cette île. J'avais reçu l'instruction de la mener près d'un embarcadère un peu plus loin d'ici. Contre toute attente j'étais forcé d'admettre qu'elle avait un potentiel de survie plus que je ne l'imaginais des donzelles de la noblesse. Ma main gauche apposée sur la dague fermement tenu par mon ceinturon restait à l'affût d'un potentiel gêneur, obstacle à cette entreprise. « Vous tenez le coup ? » Déclarais-je à l'abri des vents soufflants sur les dunes nous offrant une couverture médiocre mais, appréciée pour ce qu'elles étaient à cet instant. Je savais pertinemment sa réponse, elle n'avait pas le choix ou elle mourait sûrement. Ce qui en cette heure tardive semblait inenvisageable pour l'un comme pour l'autre.  

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Valar Dohaeris

MessageSujet: Re: La liberté n'a pas de prix [Pv Lyra Greyjoy]   Dim 22 Mai - 14:03

Some saw the sun, some saw the smoke. Sometimes the wire must tense for the note. Caught in the fire, say oh, we’re about to explode. Carry your world, I’ll carry your world. Some far away, some search for gold, some dragon to slay. Heaven we hope is just up the road. Show me the way, Lord because I'm about to explode. Carry your world and all your hurt.
La liberté n'a pas de prix




Des monstres. Je voyais à l’étincelle de satisfaction qui dansait dans ses yeux que Norne Bonfrère appréciait le qualificatif. Les fer-nés aimaient probablement se faire surnommer de la sorte, se gargarisant de la crainte et de la peur qu’ils inspiraient chez leurs victimes. Peut-être s’imaginaient-ils tous fantômes hantant les mers, silhouettes diaphanes sur les flots sombres, guettant les berges à la recherche de corps à déchiqueter et de richesses à piller. Se voyaient-ils réellement comme tels ? Se plaisaient-ils à se forger une légende en s’appelant aux même démons ? Malgré leurs méfaits et les vies passées qui s’écoulaient entre leurs doigts, ils n’en restaient pas moins humains. Des humains qui pleuraient, riaient, trahissaient et dont les blessures pouvaient les faire trépasser. Non, à mes yeux, les pirates des Îles de Fer n’étaient pas des monstres. Je ne faisais pas de généralités. J’avais rencontré Gysella Bonfrère, probablement sa fille ou sa nièce, de cela je n’en avais cure, et elle n’avait définitivement pas l’air d’une harpie. J’avais même éprouvé de la sympathie pour elle jusqu’à la découverte de ses véritables origines. Ils étaient nos ennemis, mais ils restaient faits de chair et de sang. Tous, sauf Euron Greyjoy. Il n’y avait que lui pour éveiller les sentiments bestiaux et instinctifs des ours traqués. Il n’y avait que lui pour me retourner l’estomac. Il n’y avait que lui pour me transformer en proie.

Que le devienne fer-né ou non, je m’en contrefichais. Le pillage, les massacres, le meurtre, c’est le seul choix qui s’offrait à nous. C’était ce qu’il avait dit. Le choix des faibles. Leurs Îles n’étaient pas riches en ressources et l’on pouvait difficilement faire pousser le moindre épi de blé sur leurs rocs humides. Séparés du monde, perdus en mer, il ne devait également pas être évident de se trouver rattaché au reste de Westeros. Les mœurs et les coutumes étaient différentes, après tout. Oui, ils ressemblaient à l’Île aux Ours en beaucoup de point. Mais nous n’avions pas choisi le sang. Nous n’avions pas choisi la mort. Il était probablement plus difficile de tisser des liens commerciaux et amicaux que de répandre la peur et de voler, mais nous l’avions fait. Nous nous étions adaptés pour survivre. Je ne comprenais ni n’écoutais ses arguments. Ils ne valaient rien. C’était se cacher derrière ses propres peurs. Finalement, peut-être me faisaient-ils pitié à ainsi se placer en victime. Nos dieux, malgré ses dires, valaient définitivement mieux que celui Noyé. Ils ne demandaient ni sang, ni morts, ni sacrifices. Ils étaient les protecteurs des forêts et de la nature. Pas les adorateurs des flots déchainés et arracheurs de vies.

Je ne pris même pas la peine de lui répondre. À quoi bon discuter avec quelqu’un qui proposait les meurtres comme seule solution ? Nous ne tomberions jamais d’accord. Et je préférais définitivement m’échapper de ce lieu damné plutôt que de discuter idéologie avec un mur. Il m’attrapa le poignet et me força à sortir enfin de ma prison.

Il connaissait la forteresse de Pyk. Ses pieds se posaient sans hésitation. À gauche. À droite. Une volée d’escaliers. Des couloirs interminables éclairés par la faible lueur des torches. J’aurais peut-être pu m’en sortir seule. Malgré ma méconnaissance du terrain, j’aurais probablement été capable de retrouver la sortie. Cependant, jamais je n’aurais pu me cacher ainsi des guerriers grouillants dans le château. Les passages qu’il me faisaient emprunter étaient déserts et l’on aurait pu croire qu’ils n’avaient pas été traversés depuis des lunes. Je le suivais avec appréhension. Cela n’était définitivement pas un piège. À quoi aurait servi une telle mise en scène alors qu’une exécution sommaire et rapide aurait été tellement simple ? Je craignais seulement ce qui m’attendait. Mais cela serait toujours mieux qu’une mort certaine à rester moisir dans ma chambre humide, attendant que l’on me jette à la mer.

L’homme inspira profondément lorsque nous atteignîmes l’extérieur. Je l’imitais, me sentant bien mieux. J’étais une ourse. Je vivais dans les bois. Être cloitrée entre quatre murs avait été un calvaire, même si cela n’avait duré que quelques jours tout au plus. En réalité, je ne savais pas exactement combien de temps j’avais tourné en rond dans ma cellule. Solitaire frétilla et je sentis un grondement de satisfaction dans sa gorge plaquée contre ma peau. Elle aussi avait senti l’air frais. Nous étions à deux doigts de la liberté.

Au loin, j’apercevais le port où se dandinaient les quelques bateaux restés là après la réunion de fer-nés. C’était cela, j’allais prendre la mer. Prendre la mer pour une destination inconnue. Allais-je rentrer chez moi, sur l'Île aux Ours ? Je n'y croyais guère. Pourtant, j'avais ce ridicule espoir au fond du coeur qui me fit marcher plus vite. Je mordis ma lèvre inférieure. Les vents soufflants ébouriffaient mes cheveux sombres et je dus les plaquer avec ma main libre pour y voir clair. Mes jupes sales fouettaient mes jambes et je craignais un instant qu’elles ne se soulèvent pour laisser entrapercevoir la dragonne dissimulée. Je délaissais donc ma crinière pour ma robe. Je ne sourcillais pas lorsque le pirate me posa sa question.

« Est-ce l’homme ou le monstre qui me demande cela ? » lui lançais en continuant d’avancer, grimaçante.

Les quelques butes de sables nous protégeaient un moment et rendaient la progression plus aisée.

« Je ne suis pas une fragile petite lady du continent, » lui rétorquais-je avec un premier faible sourire. « Je suis une Mormont. Ce n’est pas une légère bise qui me brisera. »

J’avais beau être la plus frêle des sœurs, j’avais moi aussi grandi en territoires hostiles. Et le climat des Îles de Fer ne différait pas tellement de celui de notre île. J’avais vécu bien pire. Cependant, la légère considération qu’il me portait me troublait légèrement. Qu’en avait-il à faire ? Pourquoi prenait-il tous ces risques ? Que risquait-il si on le prenait à me faire échapper ? J’avais trop de questions et malheureusement, le temps nous manquait. Mon instinct refoulait tout ce qui pouvait nous ralentir. Et les mots ne seraient que des bâtons dans nos roues. Pourtant, j’avais quelque chose à lui demander.

« Vous m’emmenez au port. J'imagine que vous ne me renvoyer pas chez moi. Où vais-je finir ? Pourquoi prenez vous tous ces risques ? »

Il avait définitivement plus à perdre qu’à gagner. Ne trahissait-il pas les siens en faisant disparaître la femme de celui qu’ils avaient condamné ?


 


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Valar Dohaeris

MessageSujet: Re: La liberté n'a pas de prix [Pv Lyra Greyjoy]   Mar 31 Mai - 3:57


La liberté n'a pas de prix


Les sourcils froncés et le visage grave que j'affichais était le résultat d'une vie rude qui ne laissait que peu de possibilités aux hommes et femmes vivant sur ces îlots que nous appelions foyer. Je ne voyais rien d'autres au loin que l'éclat de l'océan reflétant la lumière de cette sphère ronde que l'on appelle lune. Notre champ de vision était réduit et je sentais le vent souffler ardemment dans des directions si différentes les unes aux autres qu'il semblait impensable d'avancer convenablement à travers cette barrière naturelle soufflant à en ébranler les murs les moins épais et les plus poreux de la forteresse de Pyk. Je sentais les particules de sable siffler à mes oreilles, se heurtant contre la carcasse qui me servait de corps et que je donnerai un jour ou l'autre en pâture aux requins. Ma vie était peut être vouée à ressembler à ces carnassiers marins pour finir au fond des mers profondes et froides là ou même les rayons du soleil ne peuvent traverser l'obscurité.

Encore un peu de patience pensais-je en surveillant du coin de l’œil si aucune silhouette n’apparaissait pour nous barrer la route et rendre celle-ci quelque peu mouvementé. Les vigies du haut de leurs remparts n'avaient pas encore reçu de signalement concernant la disparition de l'oursonne de la prison qui lui servait de chambre. Les précautions prisent ultérieurement portaient leurs fruits s'était déjà ça de gagné. La jeune Mormont m'interpella pour savoir de qui l'homme ou le monstre que je représentais lui avait répondu. Elle ne manquait pas d'audace dans ses paroles qui gardaient cette manière noble de dire les choses. Cela rendait la chose à la fois incrédule et plutôt drôle à entendre pourtant je ne me précipitais pas pour lui répondre. J'étais à l’affût du bon moment pour nous éclipser et gagner les quelques cabanes de pêcheurs pouvant nous procurer une meilleure couverture nous faufiler jusqu'aux navires qui étaient supposer nous attendre et récupérer la jeune et courageuse lady. « Qu'aimeriez vous que se soit ? L'homme ? Ou le monstre ? » Déclarais-je jetant un dernier regard en arrière faisant un signe à celle-ci pour poursuivre notre objectif. La commissure de mes lèvres sèches se plia face aux paroles que j'avais envers elle. S'était une réponse sans en être une à proprement parler.

Nos corps à peine perceptibles camouflés par la pénombre de la nuit forçaient mes yeux à s'accoutumer rapidement pour ne pas emprunter une direction houleuse. Pas le temps de jacasser il me faudrait d'abord l’emmener et la mettre en sûreté. Nos déplacements s’accommodaient des obstacles et les cabanons de pêches nous accordaient leurs protection. Entre deux bâtisses j'observais le dos plaqué contre le bois craquelé et grossièrement positionné pour faire office de mur  la berge qui semblait vide d'hommes. « Non vous ne l'êtes pas, vous êtes une insulaire tout comme moi. » Répondant au sourire qu'elle laissa mystérieusement affiché sur son visage par un regain de fierté envers ses origines et ce qu'elle restait au fond d'elle même.

« Vous forcez l'admiration, une courageuse lady auquel votre aplomb n'échappe pas aux regards croyez moi. »

Déclarais-je m'apprêtant à me relever. Pourtant sa dernière question me stoppa net dans mon élan. Mes yeux allaient d'une direction à une autre cherchant à gagner le plus rapidement possible le navire censé nous attendre non loin de la berge. Et puis ses yeux captèrent mon attention. Plus particulièrement le ton qu'elle employa et me jetant d’innombrables questions auquel j'avais moi seul les réponses. Je laissais mon dos se positionner et me maintenais accroupis avant de déclarer.

« Imaginez un marin perdu en mer... Lors de son retour vers son île, son foyer. Celui-ci reçoit la visite d'un fantôme. Le fantôme lui dit... Qu'une fois retourné auprès de sa femme, une fois vaincu tous ses ennemis... Il devra faire encore une toute dernière chose avant de pouvoir se reposer. Il devra prendre une rame et marcher... Vers l'intérieure des terres et continuer... Jusqu'à ce que quelqu'un confonde sa rame avec une pelle. Parce qu'il sera arrivé quelque part ou nul homme n'a jamais été troublé par l'océan. Et que s'est la qu'il pourra trouvé la paix. »

Ma lèvre inférieure béante laissait entrevoir mes dents et un visage éprouvé fixant la jeune lady qu'il essayait d'amener en un endroit plus sûr que cette tour de grès ou elle était retenue prisonnière. «  C'est tout ce que je veux finalement. Tourner le dos à l'océan et enfin mener une vie tranquille... »

Terminais-je expirant l'air de mes poumons et détourner le regard en sachant pertinemment que la seule chance d’atteindre un tel but n’existait pas concrètement. Pourtant le mot qu'il avait reçu cette nuit inspirait chez lui ce fantasme, cette utopie de pouvoir croire et espérer qu'un jour il pourrait obtenir cette paix qui sonnait si joliment à son oreille. « Hrmr... Nous devrions continuer. » Déclarais-je et filant comme le vent entamions la dernière étape de ce périple jusqu'au boutre connu comme le « Vent Noir » auquel le capitaine n'était autre qu'Asha Greyjoy elle même. « En toute franchise lady Lyra... J'espère que ce navire vous ramènera chez vous. » Murmurais-je alors que je me redressais et me tournais vers elle mon manteau noir volant légèrement au gré du vent qui soufflait de moins en moins fort. « Mais elle sera sûrement plus apte que moi de vous répondre sur la question de votre destination. » Je laissais mes doigts sales gratter la barbe foisonnant sur ma joue et l'ossature de ma mâchoire. « Qu'importe le lieu se sera toujours mieux qu'ici j'imagine... » Terminais-je lançant un sifflement pour prévenir de notre arriver.   

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MessageSujet: Re: La liberté n'a pas de prix [Pv Lyra Greyjoy]   Ven 3 Juin - 21:35

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La liberté n'a pas de prix




L’œil bleu du Bonfrère fixait chaque tressautement, chaque mouvement dans le paysage, prêt à parer à toute éventualité malheureuse. Collée à ses talons, j’étais devenue son ombre. Je l’imitais, analysant mon environnement d’un regard critique et méfiant. Après tout, ce n’était rien d’autre qu’une traque. À un détail près. Ici, je n’étais plus la chasseuse, mais la proie. J’avais l’habitude d’arpenter les bois denses et profonds de l’Île aux Ours, arc en main, flèche sur le dos, à renifler la terre et à courser les lièvres dans la pénombre en sachant pertinemment que si je m’y mettais sérieusement, il y aurait de la viande dans la grosse marmite noire du foyer et que donc, il y aurait à manger sur la table le soir. J’avais toujours été une ourse. Aujourd’hui cependant, il me fallait me glisser dans la peau d’une hase aux abois. Sans les voir, je savais que l’ennemi pouvait surgir de n’importe où. Pire, je ne connaissais pas le terrain et il m’était difficile de me repérer parmi ces énormes rocs gris et cette eau omniprésente.  

Je n’osais imaginer ce qu’il nous arriverait à tous les deux si nous étions pris maintenant. L’épouse d’un homme déchu et un lord des Îles de Fer l’aidant à s’échapper. Était-ce de la trahison ? Mon geste était compréhensible, logique. Le sien l’était beaucoup moins. L’on se demanderait pourquoi il avait agi de la sorte. Pourquoi risquer sa vie pour la Mormont ? C’était un mauvais calcul de sa part. Mais encore une fois, Norne Bonfrère semblait savoir des choses que j’ignorais et je ne pouvais donc pas le juger avant d’en savoir plus. Pour l’instant, même si cela me coûtait, je lui étais redevable. Redevable pour ce qu’il mettait en jeu pour ma vie. Même si cela était pour de l’or, des femmes ou que savais-je encore, le fait était qu’il m’aidait.

Il ne répondit pas tout de suite à mon interrogation alors que nous nous mêlions aux ombres des maisonnettes de bois de pêcheurs. Elles ressemblaient étrangement à celle de mon île, avec leurs filets qui séchaient entre des tiges de bois. Muets tous les deux durant un temps, seul notre respiration étouffée aurait pu trahir de notre présence. Cependant, étonnamment, il n’y avait personne pour l’entendre. Le petit village entre Pyk et le port était désert. Tous avaient dû accourir à la forteresse des Greyjoy après la destitution du kraken. Peut-être pour tirer la couverture vers soi et essayer de se tailler une part dans la carcasse de l’agonisant. Sur les berges, quelques bateaux se dandinaient au rythme des vagues. La mer était calme et dans le noir, de petites lanternes brillaient, comme des lucioles au-dessus d’un étang.

Lorsqu’il me renvoya ma question au visage, je choisis d’emprunter le même chemin que lui et conservait un silence discret. J’étais probablement trop concentrée dans ma course, à relever ma robe déchirée pour éviter les obstacles et à reprendre notre souffle lorsque nous collions nos dos contre le bois humide des cabanes. Homme ou monstre ? Peut-être avais-je depuis trop longtemps réfléchi de façon manichéenne. Après tout, cela dépendait du point de vue. Nous étions probablement tous un peu des deux. Mais il était difficile de faire table rase d’un passé qui nous emprisonnait depuis des décennies. Depuis des siècles.

Ses mots à mon égard me laissèrent un instant surprise. Puis je secouais la tête avec un pauvre sourire. Je n’étais pas courageuse. La vérité était que j’avais peur. J’en tremblais. Dacey était courage. Alysanne était courageuse. Jorelle et Lyanna également. Mais je ne l’étais pas. Si je l’avais été, ne serait-ce qu’une seconde, je n’aurais jamais accepté le marché du Choucas dans le premier temps. S’il m’avait resté une once de fierté et de bravoure, je lui aurais rétorqué que nous n’avions pas besoin de sa « protection » pour survivre. Nous nous battrions, encore et encore jusqu’à ce que les fer-nés tombent. Pourtant, j’avais tremblé devant l’hiver menaçant. Et j’avais tremblé devant la pupille unique du kraken. Je n’étais pas assez stupide pour me voiler la face.

Nous n’étions plus très loin du port. Les lucioles s’étaient rapprochées et ressemblaient désormais nettement à des lanternes accrochées aux ponts. Accroupis derrières des caisses nauséabondes, contenant probablement des poissons pourris, je sentis Solitaire remuer alors que ses serres perforaient un peu plus ma chair pour se cramponner. Cette fois, je sentis nettement la douleur se répandre dans ma jambe et je dus mordre l’intérieur de ma joue pour ne pas gémir.

Les paroles du fer-né me laissèrent pensive. Lui aussi savait raconter des histoires. Le souci était que celle-ci n’était en rien imaginaire. Il contait la sienne, d’histoire. Il l’avoua lui même en se désignant. Un pirate qui tournait le dos à l’océan ? Finalement, cela n’avait rien de plus étonnant que de trouver une ourse perdue en mer. Peut-être nous ressemblions nous un peu finalement. Rien qu’un peu. Alors que mes yeux bleus toisaient ce visage fatigué par les années, je vis le monstre s’effacer. L’humain presque vulnérable qui en jaillit voulait me faire tendre la main pour lui venir en aide.

« J’espère qu’il la trouvera, sa paix, » lui répondis-je dans un murmure. « Il la mérite surement. »

J’acquiesçais lorsqu’il demanda à continuer. Je voulais quitter cet endroit le plus vite possible. Partir sans me retourner. Pour toujours.

Enfin, nous arrivâmes devant les boutres. Je n’en reconnus aucune et leurs noms ne m’apprenaient rien sur leurs propriétaires. Pourtant, Norne nous planta devant l’une d’entre elles et siffla un grand coup. Je manquais de sursauter. Des hommes montrèrent le bout de leur nez, eux aussi dissimulés dans les ombres. Ils ne réagirent pas à notre approche et je devinais donc que nous étions attendus. J’étais à la fois heureuse de m’enfuir et inquiète de ce que l’avenir me réservait. Cependant, je n’avais pas le choix et la moindre hésitation serait synonyme de mort.

« J’espère qu’il me ramènera chez moi aussi… mais je n’y crois guère, » assurais-je avec un sourire dans la voix. « Mais vous avez raison. Peu importe l’endroit, peut-être que j’ai une chance. Grâce à vous. »

Je lui attrapais les mains et les bloquais moins d’une seconde dans les miennes.

« Merci. »

Et alors que je grimpais sur le bateau vacillant, je me retournais une dernière fois vers sa silhouette sombre, se découpant sur le port.

« La prochaine fois, j’aimerais rencontrer l’homme plutôt que le monstre, » lui répondis-je enfin dans un souffle.


FIN

 


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