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 Here You Stand (FLASHBACKpv-Lyra Mormont)

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MessageSujet: Here You Stand (FLASHBACKpv-Lyra Mormont)   Here You Stand (FLASHBACKpv-Lyra Mormont) EmptyDim 24 Jan - 16:57


     
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Lyra Mormont & Euron Greyjoy


Quelques jours avant la mort de Balon Greyjoy

Alors qu'il s'éloignait de la carcasse du navire échoué, ses pieds s'enfonçaient dans les galets de la rive qui roulaient sous ses pas. La mer qui léchait ses bottes était aussi glaciale et grise que le ciel qui la surplombait. La journée avait été sombre et froide. Cela avait donné naissance à un épais manteau de brouillard, enfanté par les nuages qui flottaient au dessus des forêts qui recouvraient les collines. Tandis que ses hommes marchaient vers le village, lui avait pris la direction opposée, qui le guidait jusqu'à une colline rocheuse. Cette fin d'après-midi était calme. Le hurlement du vent qui caressait les sapins était seul à oser troubler la tombée paisible de la nuit. Euron tenait sa hache dans sa main, bien qu'il ne compta pas s'en servir en ce jour. Il la laissait se balancer mollement au bout de son bras, comme une extension naturelle de son être. Perdu dans ses pensées, il grimpa l'amas de roche, ses bottes rappant de temps à autre contre la pierre humide et parsemée de lichen, et ses mains empoignant les prises qu'il trouvait pour l'aider dans son ascension. Sous l'effort, son souffle chaud se perdait en volutes de buée qui étaient aussitôt chassées par le vent. Arrivé au sommet, il repoussa d'un geste de sa hache un pan de son manteau couleur nuit et qui se collait à ses jambes sous la force de la brise. Il regarda un moment la mer puis son oeil se dirigea vers les habitations qui se trouvaient à peine à plus d'une centaine de mètres de là où il se tenait. Les villageois étaient rentrés chez eux pour souper, et seules les silhouettes de ses hommes pouvaient être vues, se faufilant entre les petites maisons de pécheurs.

Le calme était tel que l'on aurait pu croire le village abandonné si la vie qui l'habitait n'était pas trahie par les bougies qui éclairaient l'intérieur des baraques. Euron s'asseyait sur un rocher lorsque les premiers fracas se firent entendre. Cela ne suffit pas à attirer son attention. Le cri d'une femme y parvint, en revanche, tandis que la pauvre se faisait traîner hors de chez elle par un de ses muets. Bien vite, les cris se multiplièrent alors que la trentaine de chanceux qu'il avait choisi parmi son équipage pour ce pillage s'exerçaient à leur domaine de prédilection. On appelait à prendre les armes ici pour repousser les fer-nés, on criait à l'aide là-bas. Euron, lui, ne disait rien. Pas plus que ses hommes. Seule la nostalgie l'habitait alors que son regard caressait la vue qui s'offrait à lui et que l'une des cabanes prenait feu. Même s'ils étaient loin de lui, il savait que ses hommes s'en donnaient à coeur joie, qu'ils s'amusaient même. A défaut de pouvoir parler avec leur langue, ils adoraient toujours s'exprimer avec leurs armes. Une besogne que leur laissait volontiers leur capitaine, qui préférait réfléchir, et penser. Leur aspect devait en surprendre plus d'un dans la bourgade. Des fer-nés à la peau si sombre, était-ce vraiment possible? Un sourire mince étira les lèvres du Choucas.

Il tourna à nouveau son regard vers l'horizon brumeux. Il savait qu'à plusieurs lieues d'ici, dans cette direction précise, se trouvait Pyke. Il y avait tant de lunes qu'il n'avait pas vu les îles, et pourtant cela lui semblait si récent. Ce pillage faisait raisonner en lui les souvenirs de sa vie d'avant, alors qu'il marchait encore aux côtés de ses frères.

-Balon... murmura-t-il dans un souffle où se mélait une sorte de mélancolie et une étrange joie souriante; les yeux pleins de souvenirs. Une langue de brouillard vint lécher sa personne, se séparant autour de lui pour ensuite fuir vers l'intérieur des terres, poussée par le vent venu de la mer.

En contrebas, les coups d'épées et de haches retentissaient, les cris se perdaient dans la brume. Un écrin paisible pour un pillage.


     
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MessageSujet: Re: Here You Stand (FLASHBACKpv-Lyra Mormont)   Here You Stand (FLASHBACKpv-Lyra Mormont) EmptyDim 31 Jan - 22:04

Some saw the sun, some saw the smoke. Sometimes the wire must tense for the note. Caught in the fire, say oh, we’re about to explode. Carry your world, I’ll carry your world. Some far away, some search for gold, some dragon to slay. Heaven we hope is just up the road. Show me the way, Lord because I'm about to explode. Carry your world and all your hurt.
Euron & Lyra


Le petit port de l’Île aux Ours sentait le poisson et le sel, les algues et les embruns. Sur les planches humides du large ponton, reliant la terre et la mer, la pêche du jour était jetée sans ménagement avant d’être rangée dans de grosses caisses de bois, destinées au marché. Les plus belles pièces seraient vendues ce soir là et cuisinées dans la foulée avant de finir au fond de quelques estomacs, les autres attendraient le lendemain matin pour être présentées sur les étalages et digérées plus tard. Les marins allaient et venaient, déchargeaient les bateaux et venaient assister leurs femmes et leurs sœurs à préparer la viande marine. Les enfants et quelques chapardeurs se cachaient sous le petit pont, dans l’espoir de voir un saumon se glisser entre les planches de bois et tomber, par miracle, entre leurs mains. Les voix tonitruantes résonnaient, donnaient des ordres et les plus gaillardes chantaient, pour adoucir le dur labeur des travailleurs, tandis que les femmes discutaient et grondaient leurs époux, trop lents ou trop fainéants. Pourtant, malgré cette bonne humeur apparente, les habitants de l’île étaient préoccupés. L’été touchait à sa fin et l’automne frappait déjà à leurs portes, apportant avec lui son lot de problèmes et de soucis. Sortir en mer deviendrait plus compliqué en raison des blocs de glace à la dérive, provoquant de nombreux accidents. Chasser dans les terres s’avérerait également ardu en raison de la neige, des températures et des animaux plus à l’affut. Le contact avec le continent relèverait plus de la mission que de la routine. Et les raids s’intensifieraient jusqu’aux premières neiges trop importantes. Les sauvageons fuyaient le Mur qui devenaient dangereux à mesure que les rivières se recouvraient de glace et les fer-nés avaient besoin de quoi remplir leurs soutes et faire des stocks. Aussi, tous les villageois étaient à l’affut et au moindre danger, au moindre signe, avaient leurs armes à portée de main. Mais l’Île aux Ours avait été reprise d’entre leurs pattes il y avait plusieurs générations et, depuis, elle demeurait fière et libérée de leur joug. Ici, nous nous tenions debout.

Marthe jouait avec les autres enfants sur la plage, à récolter des galets et à se pousser dans l’eau, sous l’œil attentif de ma sœur ainée, Alysane. Comme les autres, nous tirions sur les filets et libérions les saumons, à l’affut des meilleures prises. Nous avions prévu une soupe de poissons pour le dîner. Tranquillement, en prenant notre temps, nous récoltâmes de quoi faire un repas convainquant et versions quelques pièces au pêcheur qui nous remercia d’un grand sourire édenté. Alors que nous prenions le chemin du retour après avoir salué nos connaissances qui elles aussi rentraient au chaud, une petite voix enfantine nous fit faire volte-face.

« Je peux rester jouer ? » nous demanda ma nièce, suppliante. « Nous commencions juste à nous amuser et… »

Sa mère renifla et hocha la tête. Le petite vint l’embrasser pour la remercier et Alysane lui ébouriffa les cheveux avant de lui demander de rentrer à l’heure du dîner. Mais l’oursonne qui s’empressait de rejoindre les autres ne semblait même pas avoir entendu les recommandations maternelles.

« Je permets trop de chose à cette enfant, » grogna ma sœur. « Un jour elle me fera lui promettre la lune et j’y consentirais gaiement. »

Je m’esclaffais sans lui répondre. Marthe était une enfant choyée, mais loin d’être gâtée. L’Ourse l’élevait comme une fille de l’île et il ne faisait aucun doute qu’elle comprenait son future et les enjeux auxquels elle serait plus tard confrontée. Mais elle demeurait encore une fillette et la priver de jeu avec ses camarades aurait été bien triste. Je devais avoir son âge lorsque Maege m’avait forcée à prendre les armes. À cette époque, j’aurais aimé rester une enfant un peu plus longtemps. Mais ma jeune nièce était bien entrainée et, aussi courte et large que sa mère au même âge, je ne me faisais pas de souci quant à son futur apprentissage.

Dans la forteresse de rondins, la cuisinière s’affaira avec les poissons dès notre retour et s’appliqua à les écailler en compagnie d’Aly tandis que j’entreprenais un énième rapiècement des pantalons de Lyanna. Notre mère, quant à elle, lisait une missive, et Jorah et Lyanna avaient disparu, probablement dans les écuries. J’eus un petit rire lorsque je vis ma sœur saisir avec une main dégoutée un petit poulpe encore vivant qui semblait s’être caché parmi notre marché.

« Ces trucs me dégoutent. Avec toutes leurs… tentacules. »

Je secouais la tête et posais le pantalon de Lya, recousu.

« Nous mangerons du Greyjoy ce soir ! J’espère juste qu’il aura meilleur goût que ces morues, » lui répondis-je.

Ma sœur eut un ricanement avant de l’écraser sans vergogne contre un coin de la cheminée pour l’attendrir.

Notre porte s’ouvrit à la volée et je sursautais, les yeux déjà à la recherche de mon arc. Un pêcheur, Martyn, nous dévisageait, hagard. Le pauvre homme semblait avoir vu un fantôme. Ou bien la Mort elle même.

« Les fer-nés ont jailli de la brume ! Ils nous attaquent ! »

Je bondis sur mes pieds tandis que je vis l’horreur se peindre sur les traits d’Alysane. J’avais moi aussi compris. Marthe était restée seule sur la plage avec les autres rejetons de l’Île alors que le marché nocturne se vidait.

« Ces foutues morues n’arrêteront donc jamais ! » grogna ma mère en saisissant sa hache.

J’attrapais mon arc et Alysane, toujours vêtue de ses côtes de mailles, saisit son épée. Elle et Maege sortirent les premières tandis que je passais devant les écuries pour ordonner à Jorah de veiller sur Lyanna et Jeor, resté dans son berceau. Nous ne pouvions pas laisser les enfants seuls et malgré leurs protestations, l’urgence de la situation leur fit comprendre leur place.

Des hurlements provenaient déjà du village où les familles, rentrées chez elle pour le dîner, étaient surprise dans leur demeure par les fer-nés. Nous accélérâmes le pas et, sans un mot, nous nous séparâmes. Ma sœur et ma mère pour la plage, au cœur de la mêlée, là où leurs lames trouveraient leurs cibles et moi à travers les bois pour gagner la falaise surplombant la crique. D’ici, mes flèches pourraient les transpercer avant même qu’ils n’aient le temps de lever les yeux au ciel pour voir le tireur. Arrivée au sommet, je constatais avec amertume que la nuit qui tombait et la brume rendaient ma vision floue. Cependant, j’avais confiance en mes capacités et après tout, on disait que je ne manquais jamais ma cible. Je pris mon temps pour encocher ma première flèche et viser la tête d’un de nos adversaires. La pointe traversa son œil pour ressortir à l’arrière de son crâne et j’entendis presque sous soupir surpris alors qu’il s’effondrait au sol.

Un long frisson glacé remonta le long de mon échine et, instinctivement, je me retournais. Mes yeux déjà habitués au crépuscule crurent remarquer une ombre sombre sur un apique voisin qui surplombait mon propre point de vue.  Pourtant, l’hypothétique silhouette disparut la seconde où je clignais des yeux. Je secouais la tête, persuadée d’avoir rêvée. Personne ne grimpait jamais ici. Personne autre que moi. Je me reconcentrais sur la bataille en contrebas et décochais une nouvelle flèche.

Ce soir encore, l’ours dévorerait le kraken.


  

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Valar Dohaeris

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MessageSujet: Re: Here You Stand (FLASHBACKpv-Lyra Mormont)   Here You Stand (FLASHBACKpv-Lyra Mormont) EmptyMer 10 Fév - 22:36


     
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Lyra Mormont & Euron Greyjoy



Un long cri strident et féminin déchira l'air embrumé. Il fut suivi de près par un cri de rage et un autre encore, plus rauque cette fois-ci, qui hurla dans une langue gutturale inarticulée et aux accents inconnus à cette région si froide.  Les boyaux fumants sortis de son ventre, un de ses hommes venait de tomber des mains des pécheurs. Pourtant, aucun tressaillement ne vint agiter celles d'Euron. Elles étaient calmes, posées sur le tissus rêche qui recouvrait ses cuisses et ses doigts ornés de bagues étaient détendus. Les yeux mi-clos, le vent glacé qui lui caressait doucement le visage semblait lui importer plus que la vie de cet homme qu'il avait trouvé au delà des océans.  Il l'avait pourtant reconnu, cette voix hurlante. Mais le capitaine avait perdu plus de marins qu'il ne pourrait, ou ne voudrait, prendre la peine de s'en rappeler et voilà longtemps qu'il ne frémissait plus en les voyant mourir sous ses ordres, pour et, parfois, par lui. On s'habituait aux vociférations des pillages, aux cris de détresse des mourants, aux rires monstrueux. Tout comme le forgeron ne sursautait plus au choc du marteau sur le métal, le coeur du Greyjoy était enchanté de la clameur des combats et du massacre, fut-il agrémenté des pleurs de ses propres hommes.


Ils avaient choisi Euron pour être leur capitaine, et non leur père. Les muets, qui s'en donnaient à coeur joie, n'étaient pourtant pas nombreux à se battre dans le village ou sur cette plage. Leurs silhouettes exotiques s'allongeaient sous la lumière des torches accrochées aux cabanons ou portées à bout de bras par les habitants. Ils s'agitaient comme des beaux diables. C'était a peine un tiers de l'équipage; les plus aventuriers, les plus curieux d'entre ses hommes. Euron pouvait imaginer d'ici la joie presque enfantine sur leurs mines féroces et barbues de découvrir des paysages si différents de ceux qu'ils avaient déjà vus. Leurs éclats de rires étranges ne trompaient pas, et firent lever un coin de ses lèvres au pli cruel. Cela faisait des semaines que les pauvres hommes n'avaient pu gouter à un véritable pillage, car longer la côte Ouest ne se faisait pas sans précaution lorsqu'on était pirate. Le Silence était trop reconnaissable, et il ne faisait pas bon s'appeler Greyjoy dans ces eaux. C'était ainsi. Mais L'oeil de Choucas n'était pas homme à jouer selon les règles d'un autre, et ce jeu de cache cache cesserait bien vite.  

Du haut de son point d'observation, il se serait presque amusé du spectacle si la lassitude et l'impatience n'irritaient pas son coeur. Peu à peu, le combat se déplaçait, et la foule envahissait le sable de la plage pour combattre l'envahisseur. Les oppresseurs et les oppressés se déversaient des ruelles étroites du port dans un mouvement semblable aux marées. La défense, aussi brute que l'attaque, s'organisait  dans le silence compris de ceux qui ne connaissaient que trop ces razzias venues de la mer.  D'ailleurs, voilà que son regard se portait à nouveau, comme irrésistiblement attiré, vers l'immense étendue d'eau. Il était presque impossible de la voir désormais dans la brume et l'obscurité. Toutefois, Euron se plaisait à percevoir les fades lueurs que reflétaient les vagues au loin entre deux langues de nuage. Et là, transparaissait le haut mât et la voile rangée, arrangement cruciforme et noir à l'allure sordide. Quelque part en dessous, la vierge de la proue observait de ses yeux aveugles la rive près de laquelle le bateau qui la portait était amarré. Bientôt, quelques prises allaient rejoindre les richesses inimaginables qu'abritait le ventre du navire. Ce seraient des gains bien maigres, qui ne faisaient clairement pas le poids face aux trésors d'Euron, mais surement une ou  deux femmes enlevées au village occuperaient l'équipage pendant les quelques jours de patience qu'il leur fallait encore traverser.

Ce raid n'avait d'autre but que de faire passer le temps, ce qui donnait clairement l'impression à l'homme grisonnant d'avoir lâché ses chiens dans un poulailler sans pour autant faire naître chez lui la moindre gène. Le scrupule était une bride dont il ne s'encombrait jamais. Ses yeux se fermèrent, désireux qu'il était de se reposer et de profiter de ce qui ressemblait tant à une soirée tranquille, quoiqu'un peu fraîche, pour le pirate. Ce repos improvisé ne dura qu'un instant.

Ce furent le bruit de pas et le sifflement d'une flèche transperçant l'air épais qui firent rouvrir l'oeil pâle du Choucas. Aussi vite, il se releva souplement, avançant jusqu'au bord de la petite corniche pour observer d'où le tir était parti. Sa hache fermement tenue dans sa main il eut juste le temps de jauger la silhouette féminine et l'épaisse chevelure noire de l'archère  avant que celle-ci ne se retourne brusquement, le forçant à reculer rapidement hors de son champs de vision. Malgré le péril de la situation, un rire enjoué roulait déjà dans sa gorge, étouffé par les cris voisins. Si ce n'en était de sa chance, il aurait pu mourir quelques instants plus tôt, d'une flèche dans le coeur par la volonté d'une fillette. Une idée subtile que de se poster ainsi pour tirer ses hommes comme des lapins, sur cette corniche de pierre. Mais la sournoiserie était le jeu favori d'Euron, et malgré son astuce, la jeune fille allait vite le savoir. Habilement, quoique assez lentement, ses pas le menèrent jusqu'à l'avancée rocheuse en contrebas. Passer dans les étroits sillons de pierre glissante sans bruit et sans chute  ne fut guère aisé et le silence auquel il réussit à contraindre son déplacement risqua plusieurs fois d'être trahi par le bruit d'une dégringolade.

Lorsqu'il surgit de la nuit et qu'il attaqua sa victime désignée sans une once d'honneur, il avait  empoigné sa hache plus haut sur le manche de cette dernière pour mieux en contrôler la frappe. Son arme levée, l'ombre menaçante réduisit en un éclair la distance qui la séparait de l'archère qui lui tournait le dos et abattit le fer de sa lame sur le carquois qui ceignait l'arrière de son buste. Un coup puissant et libéré. Aucune hésitation, simplement le frisson de voir ce qui pourrait se passer ensuite. L'insidieuse agression s'était faite sans un cri de sa part. Parfaitement serein, l'oeil du Choucas jaugeait celle qu'il venait de frapper -et il espérait bien que cette estocade avait brisé la plupart des flèches rangées dans le carquois- une once de moquerie allongée au fond de sa pupille. Mais alors qu'il se tenait bien droit, campé sur ses pieds, dans une attitude hautaine et arrogante qui laissait entendre qu'il n'espérait aucune contre-attaque, un léger sourire plissait le rebord extérieur de son oeil nu. Les embruns venaient poser une nouvelle brume de sel et d'eau sur ses vêtements ainsi que sur ceux de la jeune fille.  
Le vent hurlait à ses oreilles, agitait les mèches cendrées de sa chevelure. Il faisait claquer les pans de son manteau aussi sombre et luisant que le plumage d'un corbeau, aussi sombre et luisant que la chevelure de l'archère.


     
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MessageSujet: Re: Here You Stand (FLASHBACKpv-Lyra Mormont)   Here You Stand (FLASHBACKpv-Lyra Mormont) EmptyDim 14 Fév - 13:41

Some saw the sun, some saw the smoke. Sometimes the wire must tense for the note. Caught in the fire, say oh, we’re about to explode. Carry your world, I’ll carry your world. Some far away, some search for gold, some dragon to slay. Heaven we hope is just up the road. Show me the way, Lord because I'm about to explode. Carry your world and all your hurt.
Euron & Lyra


Le sifflement des flèches accélérait et leur pointe trouvait toujours leurs cibles. Je regardais leurs corps sursauter, étonnés et choqués, avant de s’effondrer dans le sable comme des pantins désarticulés. Ils allaient enfin rejoindre leurs dieux belliqueux et barbares, leur Dieu Noyé ou que savais-je encore. Au moins, ainsi, ils ne feraient plus de mal à personne. Ils nous laisseraient tranquille, à errer pour l’éternité dans les embruns de cette mer lugubre et immobile que l’on appelait la mort. J’aurais voulu qu’ils disparaissent. Tous. Qu’ils quittent ces rivages pour toujours et nous laissent enfin en paix. Mais chaque fois, telles de sangsues, des lancinantes litanies, ils revenaient toujours. Toujours pour hanter nos côtes, voler nos réserves, détruire nos maisons, assassiner nos familles, écraser nos vies. Dans la brume qui passait du crépuscule à la nuit, le brouillard grisâtre venait emporter leurs vies au large, tels des fantômes désincarnés, guides mystérieux et angoissant, qui les prenaient par les mains pour les mener vers le rivage éloigné, une bien jolie expression pour parler des mornes plaines de l’Inconnu. Et je me tenais là, spectatrice de ce massacre et alliée de la mort. Peut-être finalement était-ce elle qui nous manipulait tous pour peupler son royaume macabre. Peut-être était-ce elle qui commandait les bains de sang, l’envie, la colère et la jalousie… Ceux vénérant les Sept l’appelaient l’Étranger. Chez nous, elle n’avait pas de nom.

Dans le tumulte, en bas, il m’était de plus en plus difficile distinguer les alliés des attaquants et des ennemis. L’obscurité n’était pas pas la meilleure amie de l’archer. Malgré mes prunelles acérées, il me faudrait tôt ou tard abandonner mon poste pour descendre plus bas et me rapprocher des combats. Je n’aimais pas cela, mais je ne pouvais pas prendre le risque de jouer aux oiseaux, ainsi perchée, et de frapper à l’aveuglette en espérant toucher la bonne cible. De la même façon, je ne pouvais pas rester à rien faire en espérant que tout se terminerait vite et se solderait par une victoire des nordiens. Je ne me le serais jamais pardonnée. Alors, même si je détestais me trouver trop près de ces lames acérées, de ce sang bouillant et poissant le sol et de ces visages inhumains, déformés par la colère et la rage, il me faudrait y aller.

Des torches furent allumées et les flammes filaient entre les combattants comme des feux-follets, seules lueurs capables d’orienter les épées vers le camp adverse. Des étincelles vinrent embraser des toits et les hurlements redoublèrent en intensité. Des cris de détresse, des cris de fureur. Des hommes, des femmes, des enfants, des vieillards… Je repris mon souffle, tentant de calmer mon cœur qui s’emballait alors que j’imaginais le désastre qui se jouait en bas de la falaise. Et dans tout cela, où étaient ma mère et ma sœur ? Où était Marthe que nous avions laissé jouer sur la plage avec ses amis ? Ma nièce avait dû être dans les premiers à apercevoir les bateaux des fer-nés. Était-ce elle qui avait donné la première alerte ? En avait-elle eu seulement le temps ? S’était-elle réfugiée dans une maison ? Cachée à l’orée des bois ? Je me rappelais d’elle, à son âge. Terrorisée, cachée dans un buisson, les joues baignées de larmes en espérant que quelqu’un viendrait me sauver. Mais la fillette ne me ressemblait en rien. Elle tenait d’Alysanne et savait déjà se défendre. Cependant, que pouvait faire une enfant de sept ans contre un guerrier aguerri venu des flots ? Je scrutais les combats, désespérée, à la recherche de l’enfant. Mais la distance faisait qu’il m’était impossible d’observer nettement les traits et les visages des hommes et des femmes qui se battaient.

Un bruit de craquement sinistre fit dresser les cheveux de ma nuque. Avant d’avoir eu le temps de me retourner, je sentis nettement une lame s’enfoncer dans mon carquois. La force de l’attaque manqua de me faire trébucher en avant. Les battements de mon cœur s’intensifièrent et mes yeux se voilèrent, sous l’effet de l’adrénaline. Mes veines devinrent rivières de flammes, comme celles qui dévoraient en ce moment même les chaumières des pêcheurs en contrebas. Mon sang battait à mes tempes, occultant tout le reste. Durant un instant, le temps s’arrêta et je n’entendais plus que plus que le muscle de ma poitrine affolé, rythmé par les hurlements en contrebas. J’étais attaquée. Quelqu’un avait grimpé jusqu’ici sans que je le vois. Sans que je l’entende. Et j’étais attaquée. Attaquée au corps à corps.

Si mes réflexions durèrent moins d’une seconde, il me semblait avoir pensé pendant des heures. Les réflexes prirent le dessus et je me retournais vivement, tenant mon arc à deux mains et l’utilisant comme arme, dans l’espoir d’éloigner ou de frapper mon agresseur. Si elle ne se brisa pas, la hampe frappa les côtes de l’inconnu et je me reculais d’un pas, cherchant une flèche dans mon carquois. Mais l’attaque subie me fit tirer des débris de bois. La hache avait tranché nettement toutes les tiges de bois. Un instant, je restais hébétée, ridicule à regarder les morceaux de chêne s’émietter entre mes doigts tremblants et s’envoler avec le vent qui hurlait à nos oreilles et plaquait nos cheveux sur nos visages.

Enfin, je le toisais. Mes yeux bleus rencontrèrent cet unique œil rieur qui m’observait, comme désireux d’observer mes réactions. Je n’avais guère besoin de plus pour le reconnaître. Le fer-né qui hantait mes nuits et mes pires cauchemars depuis mes sept ans. Cet âge fatidique où la vie était restée accrochée à mon corps que grâce à l’intervention maternelle salvatrice. Et cet œil qui m’avait observée crier, me débattre en vain, appeler à l’aide. Cet œil qui n’était pas l’agresseur, mais l’instigateur. Cet œil dérangé et moqueur qui n’insufflait que dédain et sarcasme. J’avais espéré ne jamais le recroiser. Mais les Anciens Dieux étaient cruels et je l’avais déjà reconnu, il y avait quelques semaines alors que j’étais sur le continent, dans un port, à récupérer des lettres destinées à la famille Mormont et qui s’étaient perdues. Il avait été là, l’air de rien, à déambuler sur les pontons et seul mon alerte avait suffit à le voir s’enfuir et, je l’avais espéré, la queue entre les jambes. Le fantôme qui hantait les eaux grises de la Baie des Glaces était revenu.

Euron Greyjoy.

Bouleversée et tétanisée, je n’osais faire le moindre geste, de peur de le provoquer ou de la motiver dans ses attaques que je me savais incapable d’intercepter. Derrière nous, la mer s’écrasait, furieuse, sur les rochers. Nous nous toisions, en chien de faïence, attendant une réaction de l’autre. M’avait-il seulement reconnue ? Mon arc désormais inutile, je n’osais pourtant pas l’abandonner. Je le saisis de ma main droite, prête à m’en servir comme moyen de défense, même si le bois ne ferait pas long feu face au fer. De ma main gauche, j’attrapais la dague pendant à ma ceinture. Je ne savais pas réellement m’en servir, mais je ne pouvais pas rester là sans rien tenter.

« Vous… » sifflais-je entre mes dents serrées.

Je tentais de rester le plus calme possible, mais comment en serais-je capable ? Mes articulations souffraient de cette adrénaline qui se répandait dans mon corps comme un puissant poison. Il me maintiendrait en vie en me faisant réagir par réflexe. Mais que pouvais-je faire face au guerrier implacable agissant non pas par détresse, mais par expérience ? Que pouvait faire l’esprit apeuré face à celui si serein du fer-né ?  

  

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MessageSujet: Re: Here You Stand (FLASHBACKpv-Lyra Mormont)   Here You Stand (FLASHBACKpv-Lyra Mormont) EmptyDim 14 Fév - 23:36


     
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Lyra Mormont & Euron Greyjoy



L'iris noir se déplaçait, frissonnant et insaisissable sous la mince frange de cils, emportant avec lui le maelstrom bleu et changeant de la pupille.  Il se fixait un instant sur l'arc qu'elle tenait de sa main tremblante. Puis il se posait sur sa bouche. Sur la buée dont sa respiration nerveuse marquait l'air froid. Sur ses vêtements. Sur l'humidité qui constellait ses cheveux. A se mouvoir ainsi, l’œil d'Euron semblait doté d'une volonté propre tant son expression aiguë et dérangeante pouvait mettre mal à l'aise et donnait l'impression qu'une bête était tapie de l'autre côté de la paroi. Il la regardait. Encore. Et encore.
Entre lui et l'infortunée, il n'y eut, pendant un moment, que le silence pour les séparer. Un instant de mutisme total, qui éclipsa presque le rugissement des vagues et les plaintes du vent qui fouettait la côte. Comme une bulle qui les sépara quelques secondes du massacre en contrebas, et, des mille questions qui traversèrent alors l'esprit du Choucas, l'une d'elle vint alors s'imprimer dans son regard. Qui es-tu? Semblait dire les nuances louvoyantes de son œil, dessous son sourcil imperceptiblement froncé.

Rarement le capitaine du Silence prenait la peine de se questionner de la sorte. Les femmes, il ne leur montrait d'ordinaire pas plus de pitié qu'aux mâles, et les étrangers, quant à eux, ne méritaient presque jamais plus d'attention que celle que voulaient bien leur porter sa hache ou la soif de sang de ses hommes. Mais une chose l'intriguait chez cette fille. Une chose qui ne pouvait laisser indifférent un homme aussi curieux que lui. Un écho dans les souvenirs dont son esprit fourmillait, un écho d'une grande faiblesse, noyé sous sa vie aventureuse, mais bel et bien présent. Il la connaissait.
Comment cela était-il possible? Dans cette région si froide, les seules femmes qu'il connaissait avaient été emportées par les préceptes de l'Antique Voie. Le Choucas avait une très bonne mémoire, ce qui expliquait notamment pourquoi il était très maladroit de le provoquer, de l'insulter ou de simplement s'en faire un ennemi. Ces visages féminins pourtant se perdaient dans le sang qui avait jailli de leurs poitrines, ou disparaissaient, figés dans un cri silencieux, dans les eaux sombres alors que les mains du Grand prêtre les maintenaient sous la surface. Euron aurait été présomptueux en disant se rappeler de toutes. Son coeur noir  comme le charbon n'avait pas assez de place pour la compassion. Les capturer, les tuer. Ce n'était rien qu'un jeu. Une habitude sanglante qui malgré l'adrénaline avait un goût de routine dans sa bouche avide. Il ne se souvenait guère avoir épargné la moindre âme sur cette île, il n'y avait donc aucune chance qu'il en vienne à les recroiser un jour. Pas ici, pas libres. Sauf si...

Alors qu'il la fixait et que l'engrenage de sa mémoire retrouvait enfin l'élément manquant, un sourire froid naquit sur ses lèvres avant de disparaître dans l'expression de nouveau impassible et arrogante de son visage. Son propre flegme contrastait durement avec la terreur qui émanait de la jeune fille.  Il prit une grande inspiration et son regard quitta un instant son adversaire pour se poser, blasé, en contrebas. Ses hommes poursuivaient leur besogne, et ne semblaient pas avoir été perturbé par la chute soudaine de plusieurs d'entre eux, une flèche entre les yeux. Il laissa échapper un soupir et posa nonchalamment sa main gauche sur sa hanche. La hache pendait au bout de son autre bras, elle se balançait légèrement sous la pression des rafales, et il la tenait avec une apparente inattention qui lui donnait l'air d'un gamin traînant à ses côtés son jouet favori.
Alerté par un mouvement soudain de la brune, son regard revint vers elle,  une lueur malicieuse dans l'oeil. Le vent vint plaquer le col de son manteau contre son cou et ses cheveux cendrés étaient continuellement agités par les caprices de la bise marine. Elle s'était saisie de sa dague et tenait son arc comme une arme. Cette menace d'offensive ne semblait pas la convaincre elle-même, aussi il ne s'en inquiéta pas et accueuillit le geste en inclinant légèrement la tête, inquisiteur, comme pour la dissuader de s'en servir. Dardant sur lui ses yeux bleus elle gronda entre ses dents comme une bête blessée et un souffle amusé du capitaine lui répondit.

"Tu ne m'as pas oublié." Susurra-t-il  d'un ton appréciateur et suave."Alors que moi, je t'avais oubliée." Il s'avança d'un pas tout droit vers elle, sans même chercher à se mettre de biais pour parer une éventuelle attaque avec, inscrite sur son visage, une moue rieuse qui lui creusait deux fossettes sur ses joues aux pommettes acérées."Du moins, jusqu'à ce soir . "

Il y avait quelque chose d'étrange pour lui, à cet instant, non pas d'entendre sa voix à elle, mais bien de lui répondre. Ses doigts jouèrent sur le manche de son arme comme si elle le démangeait. Il avait navigué durant des semaines sans une seule fois parler à quelqu'un, puisque donner des ordres ne pouvait décemment pas être considéré comme une discussion. En mer, il pouvait rester des lunes sans avoir une véritable conversation, une effrayante capacité pour qui voyageait avec lui pour la première fois. Même sur les pontons de ce port du Nord, près d'une lune auparavant, il n'avait pas adressé un mot aux marchands et aux marins. Il s'était contenté de tendre les bourses remplies de pièces à cet ébéniste, à ce baleinier et à cet autre encore, qui vendait ses fruits.
Certainement dérangées par le vacarme et les lueurs effrayantes des torches, un groupe de mouettes se détacha des rochers avoisinants pour s'envoler dans la brume. Leurs cris avaient une once d'outrage dans leur tonalité.


"Tu es seule, ce soir"  souleva-t-il en remarquant l'absence de sa mère et il réduisit encore l'espace qui les séparait d'un pas décidé et menaçant. "Tu trembles. Vas-tu pleurer Mormont? " Se moqua-t-il sans s'en cacher en se rappelant de la dernière fois où il avait vu le visage poupon, noyé de larmes.


     
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MessageSujet: Re: Here You Stand (FLASHBACKpv-Lyra Mormont)   Here You Stand (FLASHBACKpv-Lyra Mormont) EmptyLun 15 Fév - 21:25

Some saw the sun, some saw the smoke. Sometimes the wire must tense for the note. Caught in the fire, say oh, we’re about to explode. Carry your world, I’ll carry your world. Some far away, some search for gold, some dragon to slay. Heaven we hope is just up the road. Show me the way, Lord because I'm about to explode. Carry your world and all your hurt.
Euron & Lyra


La tempête montait en puissance et le vent furieux agitait et courbait les branches des pins, perchés au sommet de la falaise. La bataille s’étalant sous nos pieds semblait gronder comme le tonnerre qui roulait contre les nuages, défiant le suivant d’hurler plus fort. Et dans ce ballet sauvage et dévastateur, une danse similaire et tout aussi violente, mais silencieuse voyait m’affronter à Euron Greyjoy. Il m’était désormais impossible de détourner le regard du fer-né. Un pas de travers, une seconde d’inattention et je le savais, je signais mon arrêt de mort. Lui aussi m’observait, me jaugeait, mais pas pour les mêmes raisons. Si je n’osais le quitter des yeux, c’était bel et bien par peur. Je ne me mentais pas à moi même. Cela était inutile lorsque nous nous trouvions dans de telles positions. J’en étais effrayée, oui. Il pourrait me tuer là, viser, lancer sa hache et me déchirer les chairs dans de sinistres craquements. La lame de fer de son arme ne souffrirait pas des bourrasques violentes qui fourrageait dans nos cheveux et plaquait nos vêtements contre nos corps transis de froid. Mes membres étaient ankylosés. Mes doigts gourds que je tentais de ne pas faire trembler étaient fermement serrés autour du manche glacial de ma dague. Je la tenais si fort que mes articulations me faisaient souffrir et que mes jointures blanchissaient. Quant à Euron Greyjoy, son unique œil fascinant et effrayant semblait me dévisager avec une certaine curiosité. Une curiosité malsaine et dérangeante qui me faisait frémir. Et les frissons qui faisaient claquer mes côtes les unes contre les autres n’étaient pas dus aux embruns glacés qui me fouettaient les joues et ses perdaient dans mes cheveux. Mes iris écarquillées croisaient les siennes, sereines et presque paisibles. Il ne faisait aucun doute que j’étais la proie, l’animal sauvage prit au piège et lui, le chasseur sans scrupule qui n’hésiterait pas une seconde. Pour le fer-né, qu’étais-je après tout ? Une victime de plus. Un meurtre qui viendrait rallonger sa longue liste et qui attendrait celui qui le suivrait. Il y avait bien longtemps que j’entendais des rumeurs sur le deuxième fils Greyjoy et l’aura funeste qu’il trainait derrière lui comme les chaînes d’un condamné. Mais loin de lui l’espoir de s’en débarrasser. Au contraire, il s’enorgueillissait de cette légende qu’il s’était construite et l’entretenait avec application. Pour moi, il était un cauchemar vivant. Un cauchemar qui venait de prendre muscles, peau et os au cœur d’une tempête qui, je le savais maintenant, ne laisserait pas l’Île aux Ours indemne.

Un sourire énigmatique plissa le coin de ses lèvres et je pris cela comme un signal que je ne pouvais ignorer. Je raffermis ma prise sur le poignard et sur le bois de mon arc. Si ma gorge se serra et que mes jambes menaçaient de me laisser en plan, je me fis violence, serrant les dents. De toute façon, où aurais-je pu aller ? Derrière moi, rien que le vide, la côte abrupte de la falaise et enfin, la plage où la marée commençait à monter et où les combats faisaient encore rage. La seule échappatoire était la forêt. Or, celle-ci se trouvait dans le dos du Choucas et pour l’attendre, il me fallait l’affronter. Et je n’étais pas dupe, me mesurer à lui au corps à corps était un suicide plus qu’un combat. Comme s’il eut lu dans mes pensées, il laissa nonchalamment trainer sa main sur le manche de sa hache.

Sa voix enfin résonna à travers la tempête. Ces intonations glaciales qui paraissaient néanmoins habitées par la vie me crispèrent d’autant plus. Pourtant, au milieu du chaos, je fus étonnée de le voir répondre. De le voir me considérer presque. Pourquoi prenait-il donc le temps de me voir, de me parler, si c’était pour me réduire en charpies plus tard ? D’ailleurs, plutôt que de briser mes flèches et mon carquois, me privant de tout moyen de défense, pourquoi ne pas plutôt m’avoir tuée de suite ? Il se serait ainsi épargné une perte de temps inutile. Et il aurait aisé pu planter l’épaisse lame dans ma nuque plutôt que dans le bois. Tout aurait été plus simple… Beaucoup trop simple. Je manquais de m’étrangler. Euron Greyjoy était un monstre, comme l’animal tentaculaires qui ornait le blason de sa famille. Il ne voulait pas en finir vite, non. Il était de ceux qui aimait jouer, comme un enfant arrachant les ailes des papillons et les laissant là, à terre, à l’agonie et à la merci de tous. Et voilà qu’il entamait la plus cruelle des passes et que j’étais impuissante. Il s’avança d’un pas confiant. Il ne risquait rien, il le savait. Il le savait. Il le savait. Et cette simple pensée, cette matière de me sous-estimer suffit à me donner la force de lever un menton tremblant et de rétorquer tout de même.

« Quel plaisir pour moi de vous entendre dire que vous vous souvenez d’une fillette. Une fillette, une parmi tant d’autre ! »

Je hurlais presque, pour couvrir les cris stridents du vent qui sifflait contre les pierres et entre les branches. Les mouettes vinrent répondre en écho à l’orage. Je ne tournais même pas la tête vers elle, malgré la surprise qui me souleva le ventre. Et pourtant, le sursaut provoqué par les oiseaux me força, contre mon gré, à moi aussi faire un pas en avant.

« Je ne vais pas pleurer, » répondis-je dans un souffle. « Parce que je suis ne suis plus une enfant sans défense. »

Je m’immobilisais sans le lâcher des yeux.

« Et ce soir, je ne me cache pas derrière ma mère. Et vous, vous ne vous cachez pas derrière vos hommes, n’est ce pas ? »

M’avait-il seulement entendu ? Avait-il vu mes lèvres s’agiter dans l’obscurité grandissante ? Bientôt nous ne verrions plus rien. Simplement l’éclat blanc de ma dague et la lueur macabre de sa hache. Et dans le noir, deux paires d’yeux brilleraient. Seulement l’une d’entres elles ne serait constitué que d’une bille étrange, hypnotisante et cruelle. L’œil unique d’un kraken sorti de l’eau pour venir défier la fureur de l’ourse sur son territoire.

Ce soir, j’affrontais mes cauchemars.  

  

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MessageSujet: Re: Here You Stand (FLASHBACKpv-Lyra Mormont)   Here You Stand (FLASHBACKpv-Lyra Mormont) EmptySam 20 Fév - 11:16


     
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Lyra Mormont & Euron Greyjoy



Le hurlement du vent faisait frissonner les hauts pins qui trônaient sur les collines et les falaises. Poussée par la bourrasque, l'herbe, rare et maigre, se couchait sur le sol là où les colosses épineux refusaient de ployer. Au milieu des ombres, les sordides flammes qui provenaient du village étaient les seules lueurs qui coulaient sur les visages déformés par la peur.  C'était si différent de cet après-midi ensoleillée qui avait accueilli son dernier passage sur cette plage. Les années avaient passées, mais le froid qui  lui brûlait la gorge était le même. Il s'en souvenait, maintenant. Mais tant de choses avaient changé. Ses cheveux étaient alors d'un noir aussi profond que les ailes d'un corbeau, ses traits étaient moins acérés, son ambition, encore cachée. Et cette petite fille au visage dégoulinant de larmes se tenait désormais devant lui, une dague à la main, lentement bouffée par les ténèbres qui les entouraient. Lorsqu'elle l'interpella à son tour dans un grondement vibrant de fierté, une chaleur diffuse le prit à la poitrine. L'orgueil était un sentiment auquel il ne répondait que trop bien. Elle pouvait, à raison, s'enorgueillir d'avoir cette moindre place dans la mémoire phénoménale de son agresseur, puisque rares étaient ceux à pouvoir s'en targuer. Mais tous ceux qu'il avait décidé de tuer n'avaient pas à leurs côtés une mère qui ouvrait les crânes des fer-nés comme un ours crevait des fruits avec ses griffes. Un silence sinistre répondit aux mots de la jeune femme. Et un regard plus fixe que jamais la dominait.

Elle avait beau grogner si près de lui qu'il aurait presque pu la toucher en tendant le bras, il n'était pas impressionné pour un sou. Il était  calme, inflexible. Un esprit plus abrupte que le sien aurait pris avantage de la situation de manière moins subtile, en la prenant ici et maintenant, sur ces rochers avant de répandre son sang et de le donner à boire au dieu noyé qui frappait la falaise en contrebas. Victarion l'aurait fait. Mais il n'était pas son frère et il ne se contentait pas de plaisirs si brutaux. La voir ainsi, aussi pâle et tremblante qu'une biche, lui inspirait même une sorte de tendresse sadique. Etre témoin de sa propre patience en train de mettre au supplice sa jeune adversaire lui procurait plus de satisfaction qu'aucun coup de hache. Malgré cela, il ne pouvait qu'imaginer l'angoisse de la brune, si seulement il s'était encombré d'une telle compassion. Ils étaient nés dans deux mondes si différents que de leurs valeurs jusqu'à leur quotidiens leurs clans parvenaient à peine à se croiser quand ils ne s'affrontaient tout simplement pas en face à face. Cet instant résumait leurs liens  tissés et déchirés à travers les siècles, qui pendaient en lambeaux au bout de leurs bras. A coups de griffes, à coups de haches. Les éclats perdus de leurs combats flottaient dans le passé morbide qu'ils partageaient sans s'en rappeler le point de départ, comme deux frères incapables de se rappeler l'origine précise d'une querelle qui n'aurait jamais de cesse.

Soudain, la nouvelle injonction de la Mormont arracha un souffle rieur au pirate. Non, décidément, il ne la prenait pas au sérieux. Pourtant il aurait bien aimé essayer. Et être redoutable face à un guerrier lambda ne lui serait d'aucune aide face à lui. Il le savait, et il savait qu'elle l'avait compris. La sous-estimait-il? Sans doute, peut-être, à quoi bon? Il était plus qu'évident qu'ils ne jouaient pas dans la même cour et il savait d'ors et déjà qu'il pouvait jouer avec elle comme bon lui semblait. Une joie sauvage et féroce illumina sa pupille glaciale sous l'ombre satisfaite de ses cils. Presque séducteur, il lui adressa un sourire dangereux alors qu'un élan de surprise la poussait s'avancer d'un pas vers lui. Aussitôt, il l'imita, sa botte attaquant à nouveau l'espace qui les séparait et qui se réduisait comme peau de chagrin. Leurs yeux bleus plantés comme des harpons dans le regard l'un de l'autre les liaient à travers le vide, devinant pour l'un l'éclat pâle de la dague, pour l'autre la silhouette bossue de la hache.

"Tu as grandi, et ta main tient une dague". Chuchota-t-il presque d'une voix grave, d'un ton sérieux, confirmant ironiquement les propos de son interlocutrice. "Mais tu ne vengeras pas les tiens ce soir".

Tu ne me tueras pas ce soir songea-t-il. La brune avait beau être armée, les chances qu'elle sorte vainqueur étaient aussi minces que le tranchant de sa lame. Elle reprenait un peu de contenance, ce qu'Euron ne manqua pas de remarquer, avant de l'apostropher à nouveau.

Ta mère...Je peux voir sa haine brûler dans tes yeux pensa-t-il en se souvenant de la carrure de cette femme monstrueuse et formidable. Ce regard figé de colère dont avait enfin hérité sa fille était pourtant loin de la rendre plus dangereuse pour le Choucas. Les propos provocants de l'archère titillèrent l'ego du capitaine tout en étirant un sourire narquois sur ses lèvres. Il la jaugea un instant. "Est-ce que j'ai l'air de vouloir me cacher?" Sourit-il lentement, moqueur, dans l'obscurité désormais presque totale, sa voix perçant les ténèbres de son timbre chaud et inquiétant. Se pensait-elle courageuse? Trouvait-elle de la fierté dans cette confrontation? Du point de vue d'Euron, cela ressemblait plus à un accident aux allures de suicide. Lui, se cacher derrière ses hommes? Pour ce qui était sa première véritable conversation depuis des semaines, il n'était pas tout à fait sûr d'avoir la patience de se laisser insulter , et ce, même si la verve de la jeune fille glissait sur lui comme de l'eau.
Mais lorsqu'on avait peur, il fallait bien trouver à se donner du courage. Elle avait peur. Peur de découvrir, lorsqu’en fin ils partiraient, les corps de ses amis, de ses soeurs. Peur de mourir, peur de lui. Lui qui ignorait tout cela. Il était de ces hommes qui pouvaient se passer de tout, qui ne connaissaient pas la peur de la perte. Que ses hommes tombent, que ses femmes soient égorgées, que ses richesses lui soient arrachées, que son navire soit coulé. Seul celui qui réussirait un jour à le défaire de son invincible égo pourrait clamer l'avoir mis à genou. Mais cet homme qui devait vaincre l'inconstant et imprévisible esprit de l'Oeil-de-Choucas n'était pas encore né et, peut-être, ne viendrait-il jamais.

Dans l'obscurité grandissante l'ombre de la falaise sur laquelle se tenait leur étrange duel se découpait sur la brume et l'écume, tous deux éclairés des rougeoiements des torches qui avaient envahi la plage. Les cris n'avaient pas cessé, mais ils avaient changé, et des pleurs se mêlaient désormais à leur mélodie discordante. Des bruits d'éclaboussures accompagnaient chaque corps qui tombait dans les flots


" Tu les entends mourir?" Lui demanda-t-il, un accent affectueux dans la voix. Un lourd silence les sépara une dernière fois, pendant un instant qui sembla une éternité. Il n'y eut plus que le vent qui les prenait dans ses bras glacés, plus que les embruns sur leurs visages.
Puis sa main froide traversa les ombres pour se saisir de celle de la jeune fille, comme pour la faire plonger dans les ténèbres, l’entraîner avec lui. Il resserrait sa prise sur le poignet avec un force débridée tandis que sa hache venait trouver sa place dans le creux de son cou blanc, le tranchant du fer effleurant sa peau avec la douceur d'un baiser. Ses doigts se resserraient encore et encore sur la main pâle qui tenait la dague.

" Tu penses que je suis un monstre, n'est-ce pas?" Son sourire avait disparu, mais pas la lueur rieuse de son regard."Pourtant tu es là, toi aussi. Tu les regarde de loin, comme moi. " En cadence avec ses mots, il s'avançait vers elle, collant presque leurs corps que seule sa hache séparait désormais. " Tes amis meurent là-bas. Ils se battent, tes soeurs, ta mère se battent en bas. Et pourtant tu es ici. Si tu vois en moi un monstre, ne crois pas que ton arc suffit à camoufler ta lacheté."Ses mots étaient calmes, mais acérés et pleins de venin.




     
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MessageSujet: Re: Here You Stand (FLASHBACKpv-Lyra Mormont)   Here You Stand (FLASHBACKpv-Lyra Mormont) EmptySam 20 Fév - 15:18

Some saw the sun, some saw the smoke. Sometimes the wire must tense for the note. Caught in the fire, say oh, we’re about to explode. Carry your world, I’ll carry your world. Some far away, some search for gold, some dragon to slay. Heaven we hope is just up the road. Show me the way, Lord because I'm about to explode. Carry your world and all your hurt.
Euron & Lyra


L’animal furieux et destructeur de la peur grouillait dans mon ventre et grattait mes entrailles comme les vers dévoraient le cadavre encore chaud d’un cerf tombé sur les griffes acérées d’un ursidé impitoyable. Entre lui et moi, il n’y avait qu’un pas, une seconde. L’espace se réduisait dangereusement et pourtant, mes yeux voilés voulaient le voir loin, si loin que je n’entendrais plus ses mots doucereux venir se lover dans le creux de mon oreille frissonnante. Ses phrases se perdaient dans mon esprit tourmenté dans le roulement d’un tonnerre lointain, résonnant contre les nuages obscurs qui annonçaient la noirceur de la nuit, et que j’imaginais peut-être, pour étouffer les hurlements de ma propre terreur déchirante. Dans l’immobilité de corps faits de pierres et de nos visages taillés dans le marbre, seul le mien était crispé et affichait une grimace de dégoût et d’angoisse qui pouvait laisser penser au masque funèbre d’une mort sanglante et violente. Pourtant, nous ne bougions pas. Nous observant comme deux bêtes curieuses, dont l’une savait pertinemment qu’elle avait l’ascendant et attendait simplement le moment propice pour bondir. L’autre patientait également, estimant le temps qu’il lui restait, les issues possibles à ce combat perdu d’avance. Et mal lui était de constater que toutes les options étaient verrouillées. Et dans ce combat de stances glaciales, seuls les cheveux et les vêtements s’agitaient, courroucés, comme habités par une ire et une personnalité qui leurs étaient propres. Possédées, ils s’enroulaient autour de nos faces, de nos corps trempés et grelottants, nous faisant disparaître au regard inquisiteur de l’autre, permettant un instant de rempli, un souffle, une inspiration prise rapidement, comme pour se dire que l’on était encore en vie. Puis, ils s’écartaient subitement et nous réapparaissions dans toute notre splendeur. Colère. Moquerie. Affolement. Confiance.

La bête déserta mon ventre pour remonter doucement et s’insinuer dans mes poumons. Chaque expiration était un supplice et ma cage thoracique s’alourdissait à mesure que je sentais l’œil du Choucas grignoter tranquillement et avec délectation la chair qui me servait de rempart. Mais impossible de baisser les yeux. Cela aurait été le premier pas vers ma perte. Mais également l’aveu murmuré de la défaite et cela, je ne pouvais l’accepter. Car, mêlée à l’angoisse, une fierté insoupçonnée m’obligeait à garder la tête haute et à continuer à fixer le kraken. Je me rappelais de ce qu’était l’Île et de cet orgueil que nous tirions à toujours, repousser les navires de fer-nés qui arrivaient, la bave aux lèvres, pour nous arracher père, mère, filles et fils. Cette impertinence que nous avions à défier les éléments, à continuer à vivre sur ce lopin de terre inhospitalier et à continuer à le défendre encore et encore contre cet envahisseur qui revenait sans-cesse comme une litanie dans la tête d’un fou furieux. Parce que ce morceau de forêt et ces côtes étaient devenus un refuge, une demeure et un foyer. Et que les femmes vivant sur ces plages étaient si différentes des autres. De toutes les autres que ces hommes de sel et de roc se plaisaient à violer, humilier et piller. Peut-être était-ce pour cela, finalement, qu’ils revenaient toujours. Car malgré les querelles, le sang et la haine, une fascination morbide était née entre ces deux peuples si différents et qui s’affrontaient saisons après saisons, dans la simple lignée d’une continuité, chacun trop buté pour poser les armes.

Qu’aurait fait ma mère à ma place ? Qu’aurait fait Dacey ? Alysane ? Jorelle ? Auraient-elles posé la dague que je serrais si fort ? Se seraient-elles rendues ? Certainement pas. Et je ne voulais pas faire ce plaisir à Euron Greyjoy. Car si je mourrais ce soir, je ne me laisserais pas vaincre par la couardise et la lâcheté. Malgré le rire mauvais qui s’échappa de sa gorge et qui serra la mienne, j’avais décidé de rester droite et inflexible, malgré les tremblements qui rongeaient mon corps comme la gangrène. Le Choucas ne me prenait pas au sérieux. Il me sous-estimait, il agissait avec condescendance. Cela ne pouvait pas être une mauvaise chose. Je n’avais pas la hardiesse d’Alysane aussi, je ne me formalisais aucunement de son mépris et de sa prétention. Si cela aurait suffit pour certain à incendier la flamme de la précipitation, cela ne fit, pour moi, que de me renforcer à camper sur ma position. Seulement, l’inverse ne devait pas se vérifier. Depuis qu’il était apparu, déchirant les brumes de son aura écrasante, je n’avais fait que le surestimer. C’était un guerrier. Un guerrier redoutable, certes. Mais ce n’était qu’un homme. Un poisson hors de l’eau et en territoire hostile. Perdu sur les terres des ours. Et ses pieds le guidèrent jusqu’à ma gueule.

Ses chuchotements, une fois encore, me donnèrent envie de hurler. Pourtant, je me contins et je l’écoutais. Il me hérissait le poil. Tous ses gestes, tous ses mots me révulsaient. Lorsque je parlais, je le faisais pour m’ancrer dans le présent, m’éviter de dérailler, de me laisser aller aux pulsions premières et animales de l’épouvante. Je parlais pour me donner confiance, pour me ragaillardir. Mais lui, il n’avait pas besoin de tout cela. Pourquoi prenait-il le temps de m’écouter, de me répondre ?

« Je ne suis pas là pour venger les miens ! » explosais-je. « Je suis ici pour protéger ceux qui restent ! »

A quoi aurait servi la vengeance, à ce stade ? Qui aurais songé à l’acte chevaleresque de ses amis, de ses proches disparus alors que l’on jouait sa propre vie ? Je n’étais pas faite de ce bois là. J’avais appris à survivre et l’on avait appris à me protéger. Dans la mêlée, mon premier réflexe avait toujours été de mettre les miens à l’abri. Ici, même s’il était question de ma vie et de la sienne, je ne pouvais pas oublier ceux qui, en bas, se battait tout comme moi. Malgré ses airs moqueurs et ses yeux froids, il rétorquait, encore et encore. Et je trouvais la force de lui répondre.

« Vous vous cachez derrière vos hommes, » répétais-je, me remémorant l’attaque surprise qui m’avait ravie l’enfance. « Vous vous cachez alors que les autres meurent en bas. »

Je pris une profonde inspiration qui m’arracha une grimace. La créature monstrueuse se glissa dans ma gorge et m’étrangla un instant. Ma voix ne parvint plus à jaillir durant quelques secondes et je me forçais à articuler. Il avait l’avantage. Et il préférait une confrontation verbale plutôt que physique où il était pourtant persuadé de sa victoire. Ses airs détendus m’horripilaient.


« Vous vous cachez derrière des mots. »

Soudain, je me rappelais des mots d’Alysane. Des mots qu’elle avait prononcés il y avait des années de cela. La peur était source de vie. Elle ordonnait au corps de bouger. Elle stimulait l’âme et les muscles. Elle était le symbole bestial de l’envie de s’arracher à la mort. Et Euron Greyjoy semblait avoir oublié ce sentiment.

Sa dernière interpellation me désarçonna et attira mon attention sur les combats qui résonnaient de bruit de fer. Il suffit d’une seconde. Et je sentis sa poigne froide se refermer sur mon bras et je manquais de laisser échapper ma dague. La douleur qui suivit son contact laissa échapper une exclamation teintée de surprise et de douleur de mes lèvres serrées. Et alors que mon premier réflexe fut de me débattre et de tenter d’échapper à son emprise, la morsure glaciale de la lame de son arme contre mon cou m’immobilisa complètement. Ma respiration s’accéléra et je sentis le goût amer de la mort se déposer sur ma langue et envahir ma bouche.

« Vous n’êtes pas un monstre, » crachais-je. « Parce qu’un monstre n’a pas de conscience. Alors que vous… Vous savez tout ce que vous faîtes. Non, vous n’êtes qu’un homme narcissique et cruel ! »

Il se galvanisait d’être un monstre, d’être une créature sortie des limbes des pires cauchemars pour terroriser les âmes perdues. Mais il n’était rien d’autre qu’un homme pervers et orgueilleux. Et cela, je le voyais clairement. Je n’étais pas stupide, dupe au point de me laisser avoir par des légendes, malgré ma peur et les bégayements de ma voix faibles.

« Ne confondez pas suicide et lâcheté, » répliquais-je en le fixant droit dans les yeux.

Il ne me connaissait pas. En réalité, il ne connaissait personne autre que lui. Seule sa petite personne l’intéressait. Cela aussi, je l’avais compris. Et s’il osait me comparer à lui, il faisait une grave erreur.

Et enfin, la peur me gagna toute entière et parla pour moi. Dans un acte de pur détresse, je laissais la lame filer contre la peau de ma gorge. Mais l’adrénaline qui enflamma mes veines à l’instant où je fondais sur le Greyjoy annihila la douleur. Ma main libre lâcha l’arc de bois désormais inutile et ceignit sa taille. Je n’avais aucune chance de le battre en corps en corps. Je l’avais su dès le début. Et il était temps de rencontrer le Dieu Noyé.

Avec la force du désespoir, je l’attirais et poussais sur mes jambes pour nous faire basculer de la corniche.


  

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MessageSujet: Re: Here You Stand (FLASHBACKpv-Lyra Mormont)   Here You Stand (FLASHBACKpv-Lyra Mormont) EmptyLun 22 Fév - 9:45


     
Here you Stand


Lyra Mormont & Euron Greyjoy



Sous sa main, le poignet glacé de la jeune fille était crispé, tremblant et rageur. Elle essaya de se débattre, mais y renonça. Elle préféra lui cracher toute sa verve, encore. Et Euron se laissait répondre, avec une docilité inquiétante et malveillante. Sans doute l'ivresse de retrouver ces côtes qu'il connaissait comme si elles étaient siennes était cause de cela. Evidemment, la jeune fille ne pouvait le comprendre. Elle ne se doutait pas du chamboulement qui habitait à ce moment précis le coeur réputé si froid du capitaine, ni du dessein qui le faisait palpiter de joie. Pourtant, il resta cette fois-ci silencieux devant ses invectives, préférant laisser l'éclat dubitatif de son oeil parler pour lui, même si elle ne pouvait qu'à peine le deviner.
S'il ne la tenait pas solidement, il n'aurait pu la voir dans l'obscurité qui les avait dévorés tous deux. Dans le noir, le froid lui semblait plus épais, presque solide, comme si on lui collait de la glace sur ses joues, sur son front, sur ses lèvres. Les embruns qui collaient ses cheveux et ses cils commençaient à geler, parsemant sa barbe naissante de cristaux d'eau salée. Parfois, il pouvait sentir son propre souffle venir balayer sa joue, comme un soufflet qui venait entretenir la brûlure du froid sur son visage avant de fuir, emporté par les rafales. Ce froid, qu'il accueillait et supportait comme un vieille maîtresse qui lui aurait fait du tord. Une pointe de mélancolie le prit alors qu'il se rappelait de son voyage et des îles flamboyantes et exotiques, regorgeant de secrets et de richesses. Qu'ils étaient loin désormais, ces jours passés à naviguer sur les eaux turquoises. Seul et libre.

Maintenant, il était debout, pris dans un tourbillon d'éléments où la terre était aussi glacée que l'air qui rentrait dans leurs poumons, que la mer aussi. Le seul signal qui donnait du relief à cet espace sombre et perdu était la présence diffuse  de la jeune fille ainsi que les voix en contrebas. A chaque fois que le vent hurlait par dessus sa voix haineuse elle hurlait plus fort, comme pour forcer au respect la tempête qui caressait le littoral. De ses mots cinglants elle semblait hurler contre le vent. Quant à celui à qui ces paroles étaient adressées, un rire silencieux vint réchauffer sa poitrine sans pour autant s'afficher sur son visage ou dans sa voix, qu'il gardait éteinte. Elle avait de si grands mots pour une si jeune personne. Cela le faisait sourire, et l’écœurait tout à la fois. Les bien-pensants des contrées vertes et leur philosophie humaniste n'avaient jamais eu d'écho sur les îles, et leur emprise sur leur morale était nulle. L'Oeil-de-Choucas qui, même parmi les siens, avait la réputation d'un homme sans scrupule ni limite, était donc un spécimen bien loin des filets des leçons de morales de la brune. Seulement guidé par son égo et sa liberté sans mesure, il n'était pas homme à se plier au devant des  hommes, et encore moins au devant des idées.

Lorsque à nouveau elle l'invectiva en l'accusant d'être narcissique et cruel, il rit chaleureusement en lui répondant tout à la suite:
" Tu es une jeune fille très perspicace" se moqua-t-il, tel l'animal qui avait été choisi par ses pairs pour le nommer sans prononcer son nom. Elle n'était pas la première à l'insulter dans l'espoir de réveiller une conscience, une raison sous le regard fou d'Euron. Mais qu'espéraient-ils donc? Lui, adorait la voie qu'il avait prise depuis ses jeunes années, ce chemin qui faisait même trembler son colosse de frère. Drapé dans son insolence, il s'était engouffré sur cette route sans devoir, sans barrière, sans loi.  Il était décidé à enterrer derrière lui tous ceux qui tenteraient de l'en extraire, alors que rien jusqu'à présent n'avait réussi à l’empêcher de déployer ses ailes. Mais derrière le chaos, le calcul était là. Si mince, comme un fil de lin vibrant sous le déluge de ses idées décousues et audacieuses; et il menait quelque part. C'était le chemin de l'horreur, mais aussi celui de la grandeur. C'était une promesse trop belle pour qu'il y renonça jamais, pas même avec l'ombre des morts planant au dessus de sa tête, quels qu'ils soient.

Mais à trop tourner autour de la bête blessée, le Choucas, perdu dans ses acrobaties aériennes, en avait presque oublié les puissantes griffes enfoncées dans la terre. Une vague vint s'écraser contre la falaise alors que la marée montante grignotait la plage qui tenait lieu de champs de bataille. Le bras de la mer avait frappé si dur que la corniche avait résonné sous leurs pieds, faisant vibrer le sol gelé ainsi que leurs jambes.
A ce moment là, le sourire arrogant mourut sur les lèvres d'Euron pour faire place à une expression plus sceptique. Ses sourcils se fronçèrent légèrement, intrigué par le changement qu'il lisait sur le visage de la Mormont sans pouvoir, pendant un instant, le comprendre.

« Ne confondez pas suicide et lâcheté» asséna-t-elle soudain, en harponnant de son regard la pupille du Choucas.
A ce moment-là, il n'avait plus besoin de mots de sa part pour savoir qu'elle avait décidé de tenter le tout pour le tout. Tout se passa le temps d'un battement de cil, et pourtant il put en disséquer le moindre instant, comme si le temps avait suspendu son vol.
Son oeil unique s'ouvrit sous l'effet de la surprise alors qu'elle s'approchait soudain pour le prendre par la taille. Le capitaine en eut le souffle coupé. Un geste sans équivoque. Un geste fou. L'ourse agrippait le choucas, collant leurs corps aux vêtements détrempés, serrant le torse du pirate d'une poigne surprenante pour un bras si mince. Son audace avait laissé filer le tranchant de la lame contre sa peau qui s'ouvrit en une plaie mince à la base de son cou. Le rire d'Euron se transforma alors en une ire telle qu'il en connaissait rarement. Elle osait prétendre le tuer ici, si près de son but. Cela, il ne pouvait l'admettre. C'était un outrage qui, s'il survivait, ne resterait pas impuni. Malgré sa façade stoïque, son ton gronda tel le roulement de la houle.

"Ne rates pas." lui conseilla-t-il tandis qu'elle le tirait vers le précipice avec une force formidable et inattendue. Sa voix profonde lui  avait promis tous les regrets du monde si elle venait à manquer son coup. Ce serait sa seule et unique chance de le tuer. Elle n'en aurait pas d'autre. Personne n'en avait jamais eu, et tous ceux qui en avaient rêvé étaient sous eux, dans les abysses sombres et froides qu'elle souhaitait rejoindre en sa compagnie. Alors qu'ils titubaient ensemble, et juste avant d'être emportés par le vide, Euron, devinant le déséquilibre trop grand pour tenter de revenir vers la corniche, poussa sur ses jambes de toute sa force pour les éloigner de la falaise tandis que tous deux se jetaient dans le vide.
La chute dura une éternité et n'exista qu'un instant tout à la fois. Le temps s'arreta, suspendu à leurs souffles retenu. Sa poitrine gonflée par l'angoisse était douloureuse,sa machoire était crispée. Leurs silhouettes enlacées avaient disparu de la corniche, emportées par la rage de celle qui entendait les voir s'écraser sur les rochers en contrebas, entourés par les hurlements du vent et ceux provenant de la plage, qui semblaient si lointains tout à coup. Le temps de la chute était trop frêle pour que, malgré ses efforts, Euron ne réussisse à se séparer du corps tendu de la jeune femme ainsi qu'il entendait d'une ruade qu'il décocha dans le vide. Tout ne fut que chaos. Le froid glacial qui fouettait son visage, la vitesse qui brisait leurs sens, le claquement sordide des pans de son manteau; seule la hache qu'il refusait de lâcher semblait concrète dans ce tourbillon de sensations. Perdu dans le noir, il tenta tout de même de frapper de son arme le corps de son assassin. La confusion de sensations qu'il éprouvait l’empêcha de savoir s'il l'avait touchée ou non, et, avant même qu'il ne tenta à nouveau de le faire, ils furent avalés par le silence le plus total. La chute les fit s'enfoncer profondément dans l'eau glacée et les sépara. Le Dieu noyé avait accueilli dans ses bras sombres et froids son enfant le plus ingrat.



     
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MessageSujet: Re: Here You Stand (FLASHBACKpv-Lyra Mormont)   Here You Stand (FLASHBACKpv-Lyra Mormont) EmptyLun 29 Fév - 22:30

Some saw the sun, some saw the smoke. Sometimes the wire must tense for the note. Caught in the fire, say oh, we’re about to explode. Carry your world, I’ll carry your world. Some far away, some search for gold, some dragon to slay. Heaven we hope is just up the road. Show me the way, Lord because I'm about to explode. Carry your world and all your hurt.
Euron & Lyra


La chute dura et ne dura pas en même temps. J’avais l’impression d’être suspendue entre deux instants. Le moment où mes pieds touchaient encore le sol et celui où mon visage percutait la surface de l’eau. Entre temps, je ne pouvais que fermement serrer le torse du Greyjoy qui sentait le sel et les embruns. Mes bras étaient comme soudés à son corps humide. De peur probablement. Mais également de rage. Je voulais qu’il tombe. Qu’il tombe avec moi. Si je me fracassais sur les rochers, lui également. S’il fallait que je meurs, il n’y avait aucune raison que je le fasse seule. Le moment où nous basculâmes tout deux dans le vide avait signé notre destiné. Je serrai les dents alors que le vent siffla à nos oreilles comme les cris aiguës de harpies enragées, nous préparant à entre dans l’autre monde. Le marin, s’il tenta de s’arcbouter pour se libérer de mon emprise, n’y arriva cependant pas. Je le sentis remuer. Une morsure glaciale me perfora les côtes.

Le seconde d’après, la mer nous avalait.

Étonnamment, ma première réflexion fut la surprise de rencontrer les flots déchainés et non pas les pierres anguleuses qui se gardaient bien d’être polies par la mer. Dans ma tête, dès l’instant où j’avais foncé tête baissé sur mon adversaire, le suicide était le seul mot qui m’apparaissait pour qualifier mon geste. Il n’y avait que cette porte de sortie. J’avais ouvert les bras à aux Anciens Dieux pour qu’elle m’accueille, comme ils avaient accueilli mes ancêtres. J’allais mourir au combat, sans faiblir. Et pourtant, voilà que l’eau salée s’engouffrait dans mes poumons et que je me débattais contre la force des vagues. L’impact m’avait séparée de mon agresseur et je tapais des pieds et des mains contre un adversaire invisible et omniprésent. Ma cage thoracique me brûlait. Ouvrir les yeux était impossible. D’ailleurs, à quoi cela aurait-il servi ? Il faisait noir, dans les profondeurs. Noir et froid. Si froid. Il me semblait que mes vêtements et ma peau étaient transpercés de toute part par une multitude d’aiguilles à la pointe aiguisée. Mon pauvre corps était maltraité et j’allais et venais, fétu de paille tourmenté par une force supérieure qui me dépassait. De plus, le contact avec l’eau avait fait retombé la fougue qui m’avait précédemment habitée. Je ressentais donc d’autant plus les picotements désagréables le long de mon cou et la douleur poignante entre mes flancs qui me pliait en deux. Je craignais également de me trouver propulser sur les falaises proches. J’y avais réchappée une fois, je ne voulais pas retenter ma chance. Mais où aller ? Où était le haut et le bas ? Ma langue devint pâteuse et mon esprit s’embruma. Je n’allais pas mourir noyée. Pas maintenant.

Mes bras s’étendirent en avant, désireux de percer la surface et mes jambes rouillées se mirent à battre frénétiquement, à la recherche d’oxygène. Enfin, par miracle, ma bouche quitta le monstre aqueux pour prendre une grande inspiration désespérée qui enflamma mon œsophage. Mais le bonheur fut de courte durée puisqu’une nouvelle vague recouvrit ma tête et me replongea dans l’obscurité. J’étais épuisée, à bout de force. Tous mes muscles tiraillaient, tiraient, brulaient. Mes cheveux collaient à mon visage, m’emprisonnant dans leurs toiles d’ébènes tandis que mes vêtements, alourdis par l’eau, me tiraient vers le bas et m’empêcher de bouger comme je le souhaitais, m’handicapant plus que je ne l’étais déjà.

Pourtant, une vague vint me vomir sur la plage et me visage percuta les galets mêlés de sable. Dans un tonnerre de crachotements je me mis à quatre pattes, rampant tant bien que mal, pressée d’échapper aux flots qui tentaient de me rappeler à eux. Je me trainais jusqu’à laisser uniquement mes pieds trainer dans l’eau avant de vomir mes trippes. Haletante et déboussolée, je mis quelques secondes à reprendre mes esprits. Je regardais mes mains vides, écorchées, d’un air absent. Dans la bataille, j’avais perdu ma dague. Je n’avais plus d’arc. Un hurlement non loin me fit lever le nez. À quelques mètres, les combats faisaient toujours rage. Je ne les avais pas remarqués jusqu’alors, trop occupée à m’étouffer. Des maisons flambaient, des femmes hurlaient, l’épée en main, tandis que les fer-nés abattaient leurs haches sans faire de différence. Pourtant, ce tableau horrifique m’apparaissait encore comme une fresque floue, sans queue-ni-tête. Comme si j’avais oublié ce qu’il se passait en dehors de mon propre combat. L’endroit où nous avions atterrit était cependant désert et notre chute avait dû passer inaperçue. La plage grisâtre était désormais rougeoyante et l’écume qui moussait sur le rebord oscillait du carmin ou rosâtre. Un nouveau haut le cœur fit trembler mon corps, mais je me retins.

Une arme.

Il me fallait une arme.

Une nouvelle pensée m’avait sautée à la gorge. Je devais trouver quelque chose pour me défendre. Vite. Cependant, lorsque je tentais de me redresser, un pincement fulgurant me fit grogner avant de retomber dans l’eau. Ma main droite se porta instantanément contre mes côtes et ma paume en ressortie rougie. Ma robe déchirée laissait apercevoir une longue balafre. Dans notre chute, le Greyjoy m’avait entaillée, je m’en rappelais. Je fis le même constat lorsque j’effleurais ma gorge. Déjà, le sang poissait mon col et le tissu sur ma hanche.

Je me retournais vivement. Où était-il ? J’espérais que les flots l’aient avalé, mais au fond de moi, je savais qu’Euron Greyjoy en avait réchappé. Comme le serpent qu’il était, il devait encore se terrer, attendant le meilleur moment pour frapper. L’urgence réussit à me redresser je clopinais tant bien que mal jusqu’à un corps. Le pauvre homme avait encore son épée courte, coincée à sa taille. Il n’avait pas eu le temps de la brandir. Il avait dû faire parti des premières victimes avant que les marins ne se dirigent vers le village. Sous son regard vide et trouble, je m’en saisis. La lame me semblait lourde et peu maniable, mais mieux valait de l’acier plutôt que de la chair pour se défendre. Je fis volte-face les yeux rivés sur la mer cramoisie. Dans les abysses, je savais qu’un serpent rodait.


  

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